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 Ollivier Pourriol - ON/OFF

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liliane
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MessageSujet: Ollivier Pourriol - ON/OFF   Mar 23 Avr - 11:05

ON/OFF
Ollivier Pourriol



Quatrième de couverture :

« Les rôles sont simples. Moi je passe les plats. La blonde, les questions de blonde. Le chauve, les questions de chauve, la politique, la dette, tout ça. Et toi, tu es encore jeune mais tu as des cheveux blancs, il faut que tu donnes de la hauteur. Un éclairage différent.

— Différent à quel point ?
— Comme tu sais faire. Le philosophe ! Une pensée en quelques mots, un truc qui ne soit ni de la politique, ni de la question primaire, un truc... intelligent, quoi.
— Intelligent combien ?
— On n’est pas à Normale sup’. Intelligent, mais pas trop. »

Ollivier Pourriol est romancier et essayiste, traduit dans une dizaine de pays. Il a notamment publié Le Peintre au couteau (Grasset, 2005), Cinéphilo (Hachette littératures, 2008) et Éloge du mauvais geste (NiL, 2010). Créateur de Studio philo, il anime des conférences sur la philosophie et le cinéma. Pendant la saison 2011-1012, il a été chroniqueur permanent au « Grand Journal » sur Canal Plus.


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liliane
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MessageSujet: Re: Ollivier Pourriol - ON/OFF   Mar 23 Avr - 11:06


Difficile de se faire une place dans le Grand Journal au milieu de tous les chroniqueurs. Le philosophe Ollivier Pourriol, recruté pour "donner de la hauteur à l'émission" au milieu de Michel Denisot, Ariane Massenet et Jean-Michel Apathie, l'a appris à ses dépens. S'il n'a pas marqué par ses interventions durant le show minuté de Canal+, il pourrait bien faire parler de lui pour son livre choc On/Off, à paraître lundi aux éditions NiL, et dont Puremédias publie les bonnes feuilles.
Dans les coulisses du Grand Journal

L'émission de Canal + est un succès, tellement que ses chroniqueurs parviennent toujours à se recaser. Charlotte Le Bon, l'ex-Miss Météo est au casting de L'Ecume des Jours, au côté de son ancien collègue Omar Sy, qui enchaîne les projets Outre-Atlantique et Yann Barthès pourrait bientôt faire l'acteur. Mais il y en a un qui garde un goût plutôt amer de son expérience télévisuelle. Après le livre choc de deux journalistes sur l'affaire Florange, décrivant les relations houleuses entre Montebourg et Ayrault, c'est au tour du livre d'Ollivier Pourriol, ex-chroniqueur du Grand Journal de faire du bruit. Le philosophe y raconte les coulisses du show minuté de Canal+. On/Off y dépeint avec humour et cynisme les dessous et secrets de fabrication de l'infotainment sans jamais citer qui que soit. Il rapporte des phrases qu'il a entendu ici et là.

Best of des phrases rapportées :

Ollivier Pourriol y raconte les étapes qui ont jalonné son CDD, de son recrutement à la non-reconduction de son contrat en passant par les coulisses des quotidiennes. "On n'a pas de place pour une chronique, c'est à toi de prendre la parole" lui explique-t-on une fois embauché. A la fin de son premier jour, le philosophe est "miné", ses moindres interventions sont dirigées dans l'oreillette, il se pose des questions sur son rôle dans l'émission. "Pour une heure de boulot par jour, je touche le loto chaque mois" lui confie un autre chroniqueur. "Fais ce qu'on te dit, ce sera plus simple. Fais nous confiance. Il faut finir par une question. C'est comme ça, c'est le format" commence-t-on à lui conseiller.

Le romancier doit livrer du "prêt à penser". Lire les livres qu'il présente durant sa chronique ? Une perte de temps. "Mais tu ne comprends pas, personne ne te demande de les lire (...) Tu peux le respirer, le livre" lui explique son rédacteur en chef. Son astuce ? "Lire la première page, la dernière page et la page 100" comme ça s'il doit choisir un passage il citera une phrases de la page 100. Apathie lui conseille d'être "moins cérébral, plus dans l'humeur". Et bien sûr son contrat prend fin. Il est gentiment remercié. "Alors, toi, un jour, tu vas écrire un livre pour te venger. Tu vas pas nous rater" lui lance un patron de l'émission. Et il avait vu juste...
http://www.purebreak.com/news/le-grand-journal-ollivier-pourriol-ex-chroniqueur-balance-sur-les-coulisses-du-show/56135
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MessageSujet: Re: Ollivier Pourriol - ON/OFF   Mar 23 Avr - 11:11

"J'ai pris un risque et suis prêt à assumer les conséquences"


[Version longue de l'entretien avec le philosophe Ollivier Pourriol, ex-chroniqueur du "Grand Journal" de Canal+ et auteur d'un livre féroce sur cette émission intitulé On/Off]


Lors de votre rencontre avec les responsables du "Grand journal", aviez-vous conscience que vous alliez jouer le rôle de "l'intello de service" ?

J'étais prévenu sur le format. Je pensais que je pouvais m'y inscrire et avoir au moins une minute par jour.

Ce qui ne fut pas le cas. Est-ce cela qui fut le plus difficile à vivre ?

En effet. Que l'on vienne vous chercher et qu'on ne vous donne pas de place, vous met d'emblée dans une position problématique.

A vous lire, "Le Grand Journal" fonctionne selon la loi de la jungle avec ses prédateurs et ses proies. N'avez-vous pas forcé le trait ?

A travers cette comédie, j'analyse la satisfaction éprouvée par le téléspectateur et ce que cela signifie d'être exposé dans une émission de ce type. L'exposition peut répondre à un supplice. Quand on expose quelqu'un, on l'attache et on attend qu'il meure. Dans l'exposition, il y a cette possibilité de violence collective augmentée par Twitter et les réseaux sociaux.

La télé-réalité aurait-elle déteint sur les talk-show ?

Je ne sais pas si on peut dire cela. Ce qui est certain, c'est que, dans la structure même de la télévision est inscrite, la possibilité de la violence collective. Ce n'est pas un emprunt à la télé-réalité mais une inscription dans cette possibilité structurelle.

En acceptant, quelle était votre ambition ?

Je voulais faire du journalisme d'idées à l'anglo-saxonne, à la manière de Malcom Gladwell dans le New Yorker. Parfois, j'y suis parvenu comme avec Nicolas Sarkozy. Après lui avoir passé un extrait d'Ordet, de Carl Theodor Dreyer, il a essayé de donner une leçon d'esthétique qui fut très instructive. On aurait pu continuer de la sorte avec d'autres invités politiques en les faisant réagir à une scène de leur film préféré car, cela est révélateur de leur psyché et de ce qui les anime. De même, quand Marine Le Pen me récite "Charogne" de Baudelaire, j'estime que l'on appris des choses sur elle, moi le premier. Les rares fois où j'ai réussi à faire cela, c'était un peu en contrebande.

Outre le fait de pas intervenir, de voir votre chronique supprimée, on vous interdit de parler des poètes morts ?

Ce fut vraiment le moment fondateur, avec celui où l'on m'explique qu'il ne faut pas lire les livres mais les humer. Dire cela à un écrivain, c'est nier ce qu'il est par nature.

Avez-vous compris pourquoi ils vous ont gardé toute la saison alors que dès le début ou presque rien ne les satisfaisait ?

C'est un vrai mystère. Peut-être est-il difficile de changer de cheval au milieu du gué. Ou peut-être ont-ils voulu tenter une expérience d'art contemporain. Un philosophe muet sur plateau, ça revêt un certain mystère. Je me souviens, lorsque Valéry Giscard d'Estaing fut invité, je n'ai pas pu dire un mot. A la fin de l'émission, il est venu me voir et m'a dit : "Pourquoi vous ne parlez pas, le philosophe ?". Je lui ai répondu par une phrase d'Alain : "Je suis le gardien de la forme humaine". Plus tard, dans l'ascenseur, il a demandé à l'assistante pourquoi le philosophe ne voulait pas lui parler. C'est intéressant, non ? Cela veut dire que le silence d'un philosophe garde du sens. Pour explorer ce mystère, j'ai donc fait ce livre.

De votre côté, vous ne cachez pas que vous restez pour le salaire (10 000 euros/mois), le "salaire de la honte", cette honte d'être un homme et qui paralyse. Vous faites référence de manière audacieuse à Primo Levi.

Je ne parvenais pas à trouver les mots pour exprimer ce que je ressentais. Et puis, en relisant Si c'est un homme, quelque chose a résonné en moi, car lui-même explique, prudemment que l'inversion des valeurs qu'il a connues dans le Lager peut se retrouver dans la vie quotidienne. On peut observer des choses qui ont la même racine ; et cette cette racine est le renoncement. Le plus délicat fut d'arriver à structurer cette analyse, modulée ici avec Gilles Deleuze, qui a dit lui-même que l'on peut parler de la honte d'être un homme, même pour des choses minuscules.

Ecrire ce livre était-ce une manière de mettre cette honte à distance ?

Bien sûr, c'est lui donner une forme. Comme le dit Deleuze : "Sans cette honte d'être un homme, il n'y a pas de raison de faire de l'art". Pour autant, le but du livre n'était pas de faire une thérapie personnelle. Cette honte dont je parle, je l'ai ressentie personnellement mais il s'agit ici autant de la honte de celui qui la vit que celle de ceux qui la regarde.

Pourquoi avoir la forme d'une comédie dans laquelle les personnages n'apparaissent qu'à travers des dialogues anonymes ?

Parce que les personnes sont interchangeables. Ce qui vaut, ce sont les énoncés que je rapporte et mets en perspective. Une même phrase peut changer de sens entre le début et la fin de l'année. C'est ce qui arrive aux mots dans cet univers. Et puis, en donnant cette forme, en laissant les voix "off" anonymes, j'évite le déballage et le règlement de compte.

Pourtant, certaines personnes ont réagi, comme le producteur et réalisateur du "Grand Journal", Renaud Le Van Kim...

Et sa réaction est pour le moins paradoxale. D'un côté, il dit ne pas reconnaître l'entreprise qu'il dirige ; et d'un autre, il imagine que pour avoir été si précis, j'ai dû enregistrer leurs conversations. Il faudrait savoir...

Après ce livre, votre participation à l'émission "Le Cercle" sur Canal+ Cinéma est-elle remise en cause ?

On/Off ne parle pas de Canal+ mais du "Grand Journal" qui n'est pas produit par la chaîne. On verra bien s'ils ont suffisamment de distance et d'humour pour qu'un livre n'implique pas de décisions irréversibles. Cela dit, j'ai pris un risque et je suis prêt à en assumer les conséquences.

Christine Rousseau

http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/04/19/ollivier-pourriol-j-ai-pris-un-risque-et-suis-pret-a-assumer-les-consequences_3162768_3246.html


Dernière édition par liliane le Mar 23 Avr - 11:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ollivier Pourriol - ON/OFF   Mar 23 Avr - 11:20

ON/OFF : MORCEAUX CHOISIS

Un petit tour et puis s'en va. Ollivier Pourriol, chroniqueur éphémère dans "Le Grand Journal" la saison dernière, n'avait pas brillé par ses interventions en plateau. Mais ce philosophe, recruté pour "donner de la hauteur à l'émission" par le rédacteur en chef, incarner l'intellectuel de la bande aux côtés d'Ariane Massenet ("la blonde") et Jean-Michel Aphatie ("le chauve"), a profité de cette année cathodique pour prendre des notes. Il les livre dans "On/Off", un ouvrage paru le 11 avril 2013 aux éditions NiL.

En avant-première, puremedias.com vous livre ses meilleurs passages. Un récit désopilant, parfois cynique, souvent très drôle sur les coulisses de l'émission la plus en vue du PAF, dirigée depuis neuf saisons par Michel Denisot. Le livre n'est que scripts d'émissions et recueil précis de dialogues avec la production, la rédaction, les techniciens, la direction, à tel point qu'on se demande s'il n'avait pas toujours un dictaphone planqué sous sa veste. Certains protagonistes sont cités par leurs initiales, d'autres apparaissent de manière anonyme. Mais les indices semés au fil des conversations révèlent souvent leur identité.

"On/Off" ne surprendra probablement aucun des professionnels de la télévision. Ces codes, anecdotes, décrits par Pourriol, sont communs à la plupart des talk à la télévision. Mais l'ouvrage a le mérite de décrypter les méthodes de fabrication de l'infotainment, ces formats où l'information et le divertissement se mêlent et se confondent à la télévision. Confronté à une crise d'image depuis plusieurs mois, "Le Grand Journal" ne sortira probablement pas grandi de cette incursion dans ses coulisses. "On/Off", c'est l'histoire d'un recrutement raté. Celle d'un romancier, parfois confondant de naïveté, tombé dans le grand chaudron de la télé.

1. Le recrutement

"Tu ne peux pas demander une chronique comme ça"

Dès la première page, Olivier Pourriol raconte son recrutement, son entretien avec le rédacteur en chef, sa première rencontre avec Michel Denisot. Les fuites dans la presse autour de son nom. Ses hésitations à accepter l'offre qui lui était faite. Mais un beau jour, quand un "chauffeur" vient le chercher pour une ultime réunion, "c'est bon signe" lui indique un membre de l'équipe. Il est recruté, démarre le 20 août, ne sait pas encore très bien ce qu'il va y faire, dans cette émission, ni même combien il gagnera.

Puis, à quelques jours de la rentrée télé, on lui apprend qu'il n'aura finalement pas de chronique. "On n'a pas de place pour une chronique, c'est à toi de prendre la parole", lui explique-t-on. Un des membres de l'émission lui décrypte le message : "Tu ne peux pas demander une chronique comme ça (...) Tu vois la plage ? Quand tu arrives trop tard et que tout le monde a déjà étalé sa serviette. Là, c'est pareil. Passer de l'huile dans le dos de ta voisine. Aller chercher une glace au maître nageur. Devenir pote avec le mec des parasols. Te rendre agréable. Indispensable mais pas trop".

2. La première

"Je touche le loto chaque mois"
Dès la première, en septembre, Ollivier Pourriol découvre l'univers impitoyable d'une émission réglée au millimètre. On lui explique, gentiment dans un premier temps, que son micro sera coupé quand il n'aura pas à prendre la parole, qu'il doit, pour exister, "avoir le réflexe de commencer à parler avant d'avoir quelque chose à dire". Il découvre les ordres dans l'oreillette sur le timing. "Trop long", "Trop court", "Tu n'as pas posé de question". Parler en étant sans cesse dirigé, ne jamais dire plus que le conducteur de l'émission ne lui permet.

Après la première, très rock'n roll, il file à la soirée de rentrée de Canal+, y rencontre l'un des chroniqueurs, cité anonymement. Il le met en garde sur l'ivresse du pouvoir de la télévision. "Pour une heure de boulot par jour, je touche le loto chaque mois, et je peux rincer tout le monde, la famille, les amis, moi. Au moment de l'addition, c'est toujours ma tournée. Grand prince", lui explique-t-il, lui suggérant de "se souvenir de sa vie d'avant" pour ne pas perdre pied.

3. Bizutage

"Si tu l'écoutes, tout est formidable"

Pourriol se pose trop de questions sur son rôle au sein de l'émission. Mais n'en pose pas assez aux invités. Voilà ce qu'on lui reproche. "Fais ce qu'on te dit, ce sera plus simple. Fais nous confiance. Il faut finir par une question. C'est comme ça, c'est le format". Premières critiques dans la presse après ses prestations hésitantes, sur les réseaux sociaux. Pourriol est "miné", déjà, après seulement quelques numéros. Se demande ce qu'il fout ici.

Mais on lui demande de taper plus fort, pour contrebalancer avec Michel Denisot, "qui astique et pompe les invités". "Ca fait des années qu'on subit ça. Si tu l'écoutes, tout est formidable. Aucun esprit critique, jamais", lui explique un adjoint de la rédaction lors d'un briefing. Il s'améliore, obtient les félicitations du producteur, qui vante les mérites du format de son émission. "On est statutaires. Comme Vogue. Quand les gens lisent Vogue, c'est pour savoir ce qu'ils doivent penser", lui explique-t-on. Pourriol doit, comme les autres, fournir aux téléspectateurs du prêt-à-penser. Il découvre rapidement les joies du montage, quand une émission est enregistrée, ses propos coupés. Les techniciens lui conseillent de parler plus fort que son voisin, ou sur les applaudissements, "pour empêcher les points de montage". Toutes les astuces sont bonnes pour exister.

4. Les livres

"Quelqu'un qui arrive à la page 100, c'est qu'il a lu le livre"
Homme de lettres, Olivier Pourriol aime lire, présenter ses coups de coeur, y accorder une large place dans l'émission. Mais ce n'est visiblement pas ce qu'on lui demande. Ses choix littéraires doivent être "dans l'actu". Et pas ailleurs. Il rappelle à son équipe qu'avaler trois livres du jour pour le lendemain, c'est mission impossible. "Mais tu ne comprends pas, personne ne te demande de les lire (...) Tu peux le respirer, le livre", le rassure un rédacteur en chef adjoint. Un autre chroniqueur a son astuce pour lire tous les livres des personnalités reçues chaque soir sur le plateau : "Je lis la première page, la dernière page et la page 100. Comme ça, je connais le début, la fin. Et si on parle du livre, je parle de la page 100. Quelqu'un qui arrive à la page 100, c'est qu'il a lu le livre". Lire des citations à l'antenne d'un poète, d'un philosophe, d'un grand écrivain ? Interdiction, là aussi. "C'est excluant" pour le téléspectateur, lui assure son boss.

5. Le clash

"Sois moins cérébral"

Depuis des semaines, on le tanne pour présenter des livres avant Noël. Pourriol s'exécute, travaille dur pour une sélection originale. Mais au dernier moment, sa chronique saute, au profit d'un doc maison sur le FN. A la répet, Pourriol ne donne pas la date de diffusion, se fait sermonner par le "boss", Denisot. Le réd' chef en remet une couche. "Tu me casses les couilles", lui lâche Pourriol, à 7 minutes de l'antenne. Troublé, fatigué, il demande un remontant, une vodka, il a la "rage". Dès janvier, ses amis lui conseillent de se "casser". Jean-Michel Aphatie, face à sa détresse et au détour d'un café, lui suggère d'être "moins cérébral", "plus dans l'humeur". "J'ai l'impression d'arriver dans un dîner de famille comme une pièce rapportée, un étranger ou un huissier. Après l'émission, tout le monde disparaît sans un mot, c'est assez mystérieux, on dirait un tour de magie. Vous vous voyez souvent en dehors ?", lui demande Pourriol. "Jamais", tranche Aphatie.

6. Fin de saison

"Il faut être différent, mais pas trop"

Rapidement, Ollivier Pourriol sait qu'il ne sera pas reconduit la saison prochaine. Mais personne ne lui dit rien, il sollicite un rendez-vous avec l'un des patrons de la chaîne, l'obtient. "On a besoin de gens différents, qui ne viennent pas de la télé. En même temps, on n'a pas le temps de les former. Donc ça prend ou ça prend pas. On a besoin de fraîcheur, mais d'une fraîcheur qui cadre avec l'émission, qui rentre dans des cases. Il faut être différent, mais pas trop, c'est quand même de la télé", lui explique-t-on. Pour compenser cette mise à l'écart prochaine, on lui propose en fin de saison d'avoir une chronique quotidienne, pendant un mois. Puis les rédacteurs en chef se ravisent, en un week-end, "c'est vraiment compliqué de changer l'émission si tard dans l'année".

"Tu vas écrire un livre pour te venger"

La suite, on la connaît. Pourriol ne rempile pas, est remplacé depuis septembre par un autre intello, Augustin Trapenard. Lui a trouvé son style, sa place. Sans doute mieux armé. Un ex-chroniqueur, à Cannes, lors d'une soirée, lui résume l'année qu'il vient de vivre. : "Si tu te fais virer, ce ne sera pas parce que tu as été mauvais, mais que l'intelligence, on n'en a rien à foutre". "Deux semaines de chronique en un an d'antenne, je n'ai jamais autant gagné d'argent à rien foutre", confiait-il quelques jours plus tôt au rédacteur en chef. Les aléas de l'antenne, les petits arrangements entre amis, les moments d'extrême tension notamment quand Nicolas Sarkozy débarque à quelques jours du premier tour, Olivier Pourriol les a vécus et les livre avec une force amusante du détail. "Alors, toi, un jour, tu vas écrire un livre pour te venger. Tu parleras du nain qui t'empêchait de faire des citations et de l'abruti qui corrigeait toutes tes phrases. Tu vas pas nous rater", s'amusait, un soir, l'un des patrons de l'émission. Il ne croyait pas si bien dire...

http://www.ozap.com/actu/coulisses-de-canal-le-livre-choc-d-un-ex-chroniqueur-du-grand-journal-ollivier-pourriol/446527
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