H A R M O N Y


 
AccueilFAQS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 ASAF AVIDAN

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
liliane
Admin
avatar

Féminin Nombre de messages : 12971
Age : 66
Localisation : dans la galaxie
Date d'inscription : 02/05/2008

MessageSujet: ASAF AVIDAN   Mer 13 Fév - 19:34

ASAF AVIDAN

«Pousser ma voix vers l’aigu, c’est comme me scarifier, et cette sensation m’a fait du bien, m’a fait ressentir physiquement la douleur et m’a permis de la traverser.»


Asaf Avidan (né en 1980) est un auteur-compositeur-interprète et musicien israélien.

Sa voix, si particulière, lui a valu d’être comparé à Janis Joplin, Robert Plant et Jeff Buckley. Il a aussi été qualifié de “nouveau Messie” (Rolling Stone Mexico), d’“ange à la voix rauque”, de “force de la nature” voire d’“enfant de l’amour de Dylan & Joplin”.

Fin 2006, en tournée solo dans le pays, Avidan réunit les musiciens qui deviendront The Mojos.



En 2007, le groupe se retrouve pour la première fois en studio et enregistre les 15 titres de “The Reckoning”, savant mélange de Rock, Folk et Blues. L’album sort en mars 2008 et sera, l’année suivante, disque de platine en Israël ! “The Reckoning” sort en Europe en 2009 et recueille d’excellentes critiques. L’album se classe à la 8e place sur iTunes France.


Le deuxième album “Poor Boy/Lucky Man” sort en septembre 2009 en Israël et sera disque d’or en 5 mois ! Sorti en Europe en avril 2011, il est nommé album du mois par la radio FIP et le quotidien Libération en France, et par le magazine allemand Eclipsed.

Fin 2011, Asaf Avidan & The Mojos annoncent une “pause créative illimitée”. Asaf Avidan poursuit sa carrière et continue de tourner en solo. Il enregistre, seul, un nouvel opus intitulé “Different Pulses” (sortie en France le 28 janvier 2013).

http://www.universalmusic.fr/asaf-avidan/biographie


Dernière édition par liliane le Sam 16 Fév - 16:59, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://www.artmony.biz
liliane
Admin
avatar

Féminin Nombre de messages : 12971
Age : 66
Localisation : dans la galaxie
Date d'inscription : 02/05/2008

MessageSujet: Re: ASAF AVIDAN   Mer 13 Fév - 19:46

DIFFERENT PULSES
Sortie le 28 janvier 2013







Tracklisting:


1. Different Pulses
2. Setting Scalpels Free
3. Love It Or Leave It
4. Cyclamen
5. 613
6. Thumbtacks In My Marrow
7. Conspiratory Visions Of Gomorrah
8. A Gun And A Choice
9. Turn
10. The Disciple
11. Is This It?


Dernière édition par liliane le Jeu 14 Fév - 18:19, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://www.artmony.biz
liliane
Admin
avatar

Féminin Nombre de messages : 12971
Age : 66
Localisation : dans la galaxie
Date d'inscription : 02/05/2008

MessageSujet: Re: ASAF AVIDAN   Mer 13 Fév - 19:49

Asaf Avidan : «La musique comme exutoire»






Il est le nouveau phénomène de la scène musicale. Asaf Avidan, dont la voix incroyable est comparée à celle de Janis Joplin, a frappé un grand coup en publiant l'album Different Pulses. Un disque porté par le single One Day/Reckoning Song que les radios diffusent en boucle et dont on ne se lasse pas. Le chanteur israélien, connu dans son pays pour avoir formé le groupe de folk-rock baptisé The Mojos, connaît désormais une notoriété internationale. Il ne l'a pas volé tant son talent apparaît évident. La partie n'était pourtant pas gagnée d'avance. «Je pense que si j'étais britannique ou américain, cela aurait été plus simple, confie l'auteur devant les caméras du Live-Le Figaro, dont il est le nouvel invité. Il y a quelques années encore, il était encore tabou de chanter en anglais en Israël. Donc, même si j'ai un large public dans mon pays, j'ai aussi dû emprunter un chemin sinueux.» Et Asaf Avidan d'ajouter: «Et puis, les choses sont plus compliquées en Israël parce qu'il faut prendre un avion pour aller n'importe où. Vous ne pouvez pas juste prendre un van pour aller jouer ailleurs»

Sa passion pour son art semble éminemment forte. «Le fait que je sois Israélien n'a jamais joué un rôle très profond. Cela n'a rien à voir avec ma musique. Je pense que le public en a conscience. Je ne suis pas un artiste israélien mais un artiste qui vient d'Israël. Ce qui est une grande différence.»

«Un outil de plus dans ma thérapie»

Il est également revenu sur les raisons qui l'ont conduit à épouser cette carrière plutôt qu'une autre. «J'ai toujours voulu trouver un exutoire pour mes sentiments, explique-t-il encore. J'ai tout essayé dans ma vie. Quand j'étais très jeune, j'ai fait du théâtre, puis de la sculpture et de la peinture. Et ensuite j'ai trouvé le cinéma. Mais après j'ai découvert l'animation. J'ai cru que cela me suffisait. Mais le processus est long. Il faut beaucoup de patience pour ça.. Même si c'est pour un festival de court-métrage, cela nécessite quand même des mois et des mois. Voire une année.»

La musique lui a ouvert d'autres perspectives. «Je pouvais vraiment avoir une émotion et la retranscrire immédiatement, la regarder, comme si je recyclais mes sentiments intimes. Je me suis aperçu que c'était ce que je voulais faire. Cela m'a fourni un outil de plus dans ma thérapie.» Le chanteur, qui a été atteint d'un cancer à l'âge de 21 ans, s'est volontiers dévoilé dans notre émission, avec des mots d'une grande justesse. «Cela m'a permis de me sentir plus mortel. Cela m'a aidé à me souvenir que je ne suis pas là pour toujours. Mais j'ai toujours eu un problème avec la vie et la mort.» Sa quête? «Trouver la raison de ma présence ici. Et s'il y a une raison, essayer de trouver de l'espoir. Je pense que cela a toujours été un thème dans mon travail.» Un travail qui ravit désormais des millions de fans.
http://www.lefigaro.fr/le-live/2013/02/08/03018-20130208ARTFIG00536-asaf-avidan-la-musique-comme-exutoire.php


Dernière édition par liliane le Jeu 14 Fév - 18:24, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://www.artmony.biz
liliane
Admin
avatar

Féminin Nombre de messages : 12971
Age : 66
Localisation : dans la galaxie
Date d'inscription : 02/05/2008

MessageSujet: Re: ASAF AVIDAN   Mer 13 Fév - 19:59

Asaf Avidan transcende la douleur

Le chanteur-compositeur israélien de 32 ans est le phénomène de cette rentrée avec "Different Pulses", un album porté par une voix qui tient de la grâce.




Si l'on avait des doutes sur ce que raconte le timbre de voix écorché d'Asaf Avidan, une explication de texte viendrait vite les chasser. Dans Different Pulses, il est question de blessures, de peine, de douleur. Tout le champ lexical de la souffrance, décliné en des métaphores parfois très dures. Mais le jeune homme récuse l'idée d'un album sombre. "Au contraire, il parle d'espoir : comment on le trouve, comment on le perd. Évidemment, il s'agit d'un travail introspectif, ce qui implique d'explorer ma part sombre. Mais ce n'est pas un album dépressif." Tout de même, à le lire, le trentenaire semble éminemment torturé. On insiste, citations à l'appui : "Ma vie est comme une blessure, je gratte, alors je saigne", et plus loin "La mort grandit en moi comme un arbre planté dans ma poitrine." Il sourit, poliment, posément. Silhouette frêle, coupe à la Travis Bickle, le taxi driver de Scorsese. "Si vous lisez la suite, vous constatez que je dis que l'écriture me nourrit, qu'elle m'aide à avancer." À chasser la mort justement, lui qui, dix ans plus tôt, était au corps-à-corps avec un lymphome.

Malentendu

Une rémission et une rupture plus tard, il quitte Tel-Aviv et le studio d'animation dans lequel il travaille pour Jérusalem, la musique et un groupe, The Mojos. Le succès est immédiat. "Je ne me l'explique pas, confie celui qui aujourd'hui encore se considère comme à part sur une scène israélienne qui l'a pourtant adoubé. Sans doute étais-je là au bon endroit, au bon moment." Deux autres albums vont suivre avant que le jeune homme ne prenne la tangente, dépassé par le phénomène. "Je désirais écrire de la musique qui ne soit plus confinée à un style ni à un groupe précis." Ce sera Avidan in a box puis Different Pulses, longue plainte glaciale entre pop et électro qui sert surtout d'écrin à la voix du jeune homme. Voix à l'écoute de laquelle toute la critique se pâme, à juste titre. Et le public suit puisque, vingt-quatre heures seulement après sa sortie, Different Pulses était déjà numéro deux des ventes iTunes.

L'engouement ne s'explique pas seulement par la qualité de l'opus, mais pourrait tenir au malentendu suscité par le remix à (énorme) succès d'un précédent titre, "One Day", par le DJ Wankelmut. En 2011, porté par Internet et Youtube (73 millions de vues), le morceau s'est mué en machine à danser, déferlant dans tous les clubs. Oui mais voilà : Asaf Avidan n'est pas vraiment fan de cette version 2.0. D'ailleurs, il a longtemps refusé aux DJ les droits de s'approprier le titre puis il s'est fait prier par Sony, sa maison de disque de l'époque, pour autoriser sa diffusion en radio. On dit même que ce serait la cause de son départ de la Major. "Si je devais écrire mon histoire, il est sûr que cet épisode n'en ferait pas partie. Mais aujourd'hui, je trouve une sorte de beauté au fait qu'un artiste n'ait pas le contrôle sur son art."

Fuir le mainstream

Reste qu'il ne faut pas trop insister sur le sujet. Il aurait refusé le Grand Journal parce que la programmation de Canal+ exigeait de lui qu'il joue "One Day", condition, reconnaissons-le, quelque peu indélicate envers un artiste qui vient faire la promo de son nouvel album. L'anecdote est savoureuse et dit beaucoup de celui qui fuit le mainstream, même lorsque ce dernier avance masqué sous le sceau du branché. "Je regardais hier les top 10 des ventes iTunes selon les pays... : ce sont les mêmes ! Et pour l'essentiel, il s'agit de musique fast-food." Il en fait pourtant partie, de ce classement, et on lui argue que, sans être calibré pour les grandes ondes FM, Different Pulses est un album plutôt accessible. Il le reconnait volontiers. "J'essaie de faire ce que j'estime être de l'art, mais je ne prétends pas faire de l'avant-garde ni même de la musique alternative. Je veux seulement écrire sur ce qui se passe en moi."

Il serait donc vain de chercher un témoignage générationnel dans ses textes. "Je refuse l'idée d'appartenir à une catégorie et j'écris de manière très égoïste, non pas pour provoquer des choses chez les autres mais plutôt pour avoir un écho de ma propre existence." Il n'y a pas non plus chez ce fils de diplomates, réformé après quelques mois d'armée - "je ne dormais plus, je cauchemardais" -, la volonté de parler de politique. "Aussi loin que je puisse aller pour voir ce qui me trouble, ça n'a rien à voir avec la situation politique ou sociale. Tout ça ne m'intéresse pas, ce n'est qu'une façon de nous masquer la vraie question : pourquoi sommes-nous là ?" Rencontré quelques jours seulement après les élections législatives en Israël, où le parti centriste de Yaïr Lapid a créé la surprise, il ne rechigne pourtant pas à donner son avis. "La notion de centre me fait peur, elle me semble trop floue", avant d'évacuer : "Le gouvernement n'est pas une entité différente, la population est tout aussi responsable que les politiques au pouvoir."

Les different pulses qui donnent son nom à l'album sont donc exclusivement siennes, pas celles d'un territoire marqué par le conflit, encore moins celles, musicales, de la génération MP3. "Je veux seulement trouver un sens à ma vie par la musique..., même si je sais que c'est aussi ridicule que de prétendre trouver Dieu."

Charlotte Pons

http://www.lepoint.fr/musique/video-asaf-avidan-ou-la-douleur-transcendee-01-02-2013-1622782_38.php
Revenir en haut Aller en bas
http://www.artmony.biz
liliane
Admin
avatar

Féminin Nombre de messages : 12971
Age : 66
Localisation : dans la galaxie
Date d'inscription : 02/05/2008

MessageSujet: Re: ASAF AVIDAN   Mer 13 Fév - 20:13



TOURNEE 2013


23/03 AMSTERDAM
24/03 EINDHOVEN
26/03 LUXEMBURG
27/03 BRUSSELS
29/03 BEAUVAIS
30/03 CAEN (le Cargo)

02/04 RENNES (l'Etage)
03/04 ANGOULÊME (la Nef)
04/04 TOULOUSE (le Bikini)
06/04 LYON (le Transbordeur)
09/04 PARIS (l'Olympia)
10/04 LILLE (le Splendid)
12/04 STRASBOURG (la Laiterie, festival Artefact)
13/04 DIJON (la Vapeur)
14/04 BASEL (le Casino)
16/04 LAUSANNE
18/04 MARSEILLE (le Cabaret)
19/04 NICE (théâtre Lino Ventura)
21/04 ZURICH
23/04 MILANO

03/05 FRANKFURT
05/05 HAARLEM
06/05 UTRECHT
08/05 STUTTGART
09/05 MUNICH
27/05 HAMBURG
28/05 BERLIN
30/05 BIELEFELD

02/06 HOYERSWERDA
04/06 VIENNE
06/06 LONDRES

Dates supplémentaires :

Olympia Paris : 22 et 23 septembre 2013

26/09 GRENOBLLE
29/09 LYON
30/09 MARSEILLE


FESTIVALS


Solidays, Longchamp : 28 au 20 juin 2013
Garorock, Marmande : du 28 au 30 juin 2013
Cognac Blues Passion : 2 au 7 juillet 2013
Main Square Festival, Arras : samedi 6 juillet 2013
Les Déferlantes d'Argelès : du 7 au 10 juillet 2013
Lives au Pont du Gard, à Uzès : 12 juillet 2013
Musilac, Aix les Bains : 14 au 17 juillet 2013
Crazy Week Nice : 17 juillet 2013
Revenir en haut Aller en bas
http://www.artmony.biz
liliane
Admin
avatar

Féminin Nombre de messages : 12971
Age : 66
Localisation : dans la galaxie
Date d'inscription : 02/05/2008

MessageSujet: Re: ASAF AVIDAN   Jeu 14 Fév - 17:51







"The Disciple"

Lying on the floor, I hear it pounding down the door
All them fuzzy, awful thoughts are floating into shore

See these broken strings, you tore them with your lazy heart
The wind in our open, tired grave - it's tearing us apart

Cry! Oh angel cry
Your favorite disciple is tearing out his eyes

All the things these eyes have seen, this time they've really crossed the line
I think I'll pack up all my shit and cross to Palestine

Strip down all my clothes, I'm gonna run into the wild
Leave you with my bitter wounds, leave you with my pride

Cry! Oh angel cry
Your favorite disciple is tearing out his eyes
Revenir en haut Aller en bas
http://www.artmony.biz
liliane
Admin
avatar

Féminin Nombre de messages : 12971
Age : 66
Localisation : dans la galaxie
Date d'inscription : 02/05/2008

MessageSujet: Re: ASAF AVIDAN   Sam 16 Fév - 16:58

L’évidence Asaf Avidan



L’album de l’Israélien Asaf Avidan procure une expérience forte et rare, croisant la sensualité glaciale de Portishead et la liberté de Jeff Buckley. Le fruit d’un parcours chaotique. Critique et écoute.

Ce matin, le bonheur a le visage délicat et juvénile d’Asaf Avidan. À peine son bonnet de laine ôté, sa crête de jeune coq redressée, sa langue se met à darder joyeusement du verbe, chaque question donnant lieu à une réponse précise et panoramique. Quel sens donner à Different Pulses, chanson-titre de son troisième album, le premier en solo ? :

“Elle est assez explicite et contient toute la philosophie du disque. Il s’agit de l’interaction et du conflit permanent qu’il y a entre l’espoir et la perte de l’espoir. Quoi que je puisse faire, il en sera toujours ainsi. Ces ‘différentes impulsions’ rythment ma vie. Elles encadrent la seule loi possible, désespérante et stimulante, en ce monde. À l’image de Sisyphe qui montait son rocher au sommet de la colline pour aussitôt le voir redescendre, nos actions sont marquées par le sceau de l’échec mais aussi de l’obstination.”

Il est rare de rencontrer un musicien de rock coiffé à l’iroquoise comme au temps du punk’s not dead qui soit à ce point réfléchi, articulé et dont les chansons exhibent aussi crûment le noyau dur de la vie. Et puis, vous initiant à une forme de sensualité glaciale, il y a ses chansons envahies par une voix radicalement étrange et qui pourtant ne vient pas d’ailleurs. Une voix déchirée et déchirante, terriblement humaine quoique d’un genre indéfini, qui rampe sur le fil du rasoir, qui pendule entre extase et agonie. Décrire la nature singulière de ce timbre revient à convoquer dans la même sphère sonore Björk et Roy Orbison, Jeff Buckley et Eartha Kitt. C’est dire si cette voix est androgyne et passionnée. Les mots non plus n’ont rien d’anodin, qui systématiquement vont tripoter du côté de la douleur, de l’épuisement, de la maladie, de la mort, du côté du corps et même de la viande. “Mon album, prévient-il, c’est comme une opération chirurgicale sans anesthésie.”

“Ma vie est comme une plaie que je gratte pour mieux saigner.” Ainsi s’ouvre Different Pulses dont le beat lourd et solennel conduit une sorte de marche funèbre. D’ailleurs, deux lignes plus loin, “La mort est comme un arbre planté dans ma poitrine.” Chez Asaf, le corps cache tant de choses inattendues. Dans Setting Scalpels Free, quelque chose comme un doo wop lynchien, “un prophète change l’eau en vin” dans son estomac et “un bossu fait sonner les cloches” dans son thorax. Et puis il y a la noirceur orbisonienne de Cyclamen, soit L’Écume des Jours de Boris Vian en mode electropop, avec ce parallèle entre le nénuphar qui pousse dans les bronches de la Chloé du roman et le cyclamen qui envahit celles du personnage de la chanson, alité, entubé, en mal d’oxygène.
C’est assez de métaphores tragiques, d’organes douloureusement personnifiés pour que, par contraste, le visage rayonnant d’Asaf en cette matinée d’hiver nous interroge. Certes, il y a la vie. Ou mieux, l’instant présent que le chanteur israélien entend savourer. À Paris pour la promotion de ce disque, le premier pour un nouveau label, il est entouré d’une équipe qui le materne comme un petit Jésus.

Il y a trois semaines, il envisageait de s’installer dans la capitale française avec Michelle, sa compagne. Histoire de fuir l’hystérie que promettent les élections israéliennes… “Tout ça me déprime. Je n’allume plus la télé. Je ne veux plus être nourri par cette peur qui seule va rendre possible la réélection de Netanyahu. Mais cette peur, je la retrouve partout où je vais…” Pour ce fils de diplomate, né à Jérusalem en 1980, qui a passé une partie de son enfance en Jamaïque, la posture serait presque convenue. Celle du bobo de gauche s’indignant en boucle mais au final impuissant face au populisme ambiant incarné par un Premier ministre qui n’a jamais cru possible un processus de paix en Israël.

Sauf qu’Asaf n’a rien du pacifiste planqué dans son loft. Quand il a atteint ses 18 ans, âge où tout Israélien est appelé à effectuer son service militaire (trois ans pour les hommes), il a joué le jeu. “Tous les élèves de la classe de l’école d’art dont je sortais ont cherché à contourner le problème en obtenant la plus mauvaise note aux tests physiques, afin d’être aiguillés vers les sections les moins exposées comme la documentation ou le cinéma. Moi, je ne voulais pas bluffer. Je voulais rendre à mon pays ce qu’il m’avait donné. J’ai obtenu 97 points sur 97 et bien que je n’aie rien d’un athlète, j’ai été incorporé dans l’infanterie mobile, l’un des corps les plus exigeants.”

Au bout de quelques mois, ses certitudes sévèrement fissurées, il est sujet à des troubles psychologiques, fait des cauchemars, se réveille en pleine nuit en hurlant, au désespoir de ses camarades de chambrée. Le moment de rupture vient après un entraînement particulièrement éprouvant qu’il exécute plombé par trois nuits d’insomnie consécutives. “Nous devions marcher 65 kilomètres dans le désert avec un barda de 60 kilos. Puis courir les deux derniers kilomètres et à l’arrivée faire des séries de pompes. J’ai terminé le parcours Dieu sait comment. Je ne me suis évanoui qu’au moment des pompes. Je me suis réveillé à l’hôpital militaire avec des tubes dans les bras. On m’a réformé après un séjour en psychiatrie. J’ai continué à faire des cauchemars pendant un an.”

C’est ici le moment décisif, celui où le processus de création se met en marche. Un cancer du système lymphatique l’isole dans une bulle et une rupture amoureuse le laisse désemparé : il découvre la fécondité paradoxale de certaines expériences négatives. “Chaque traumatisme aura été source d’inspiration. Ces épreuves ont contribué à faire de moi ce que je suis aujourd’hui : un chanteur de blues, quelqu’un qui va au plus profond puiser dans la douleur afin de s’en montrer digne et de pouvoir s’en défaire.”

Cette référence au blues, peu audible sur l’album, renvoie à la formule plus stoïcienne que masochiste “It serves you right to suffer” (“souffrir t’est profitable”) que John Lee Hooker utilisa sur l’une de ses complaintes parmi les plus lugubres et vitales, comme pour souligner cette capacité qu’a la vie à toujours conquérir quelque chose, même dans ses défaites, même dans ses plus apparentes dégradations. “Quand j’ai rompu avec cette fille, ce n’était pas seulement une rupture. Je venais de passer six ans avec elle. Elle était mon premier amour. Elle représentait tout ce que je connaissais de la vie d’adulte. J’avais tout construit autour de cette relation. Je n’imaginais pas que cela puisse se briser un jour. Je venais de terminer des études de cinéma d’animation à l’université et j’avais commencé à travailler dans un studio, à réaliser des spots publicitaires pour les enfants. Cette rupture m’a littéralement anéanti. Elle m’a aussi aidé à comprendre que je n’étais pas fait pour ce travail, que ce que j’avais à exprimer ne pouvait être contenu dans ce seul cadre.”

Lui qui, hormis deux accords plaqués sur une guitare, n’a jamais fait de musique se met à écrire des chansons pour régurgiter tout ça. Plein de chansons. De quoi remplir deux albums – The Reckoning et Poor Boy/Lucky Man – qu’il enregistre avec The Mojos, ce qu’Israël a sans doute produit de plus classique en matière de rock’n’roll, la voix d’Asaf lancée sur des rampes à la Robert Plant en surplomb de beats lourds et de chorus de guitares enflammées. Un triomphe. Et un tube, One Day, qui tourne en boucle sur les ondes de Galei Zahal, la radio de l’armée ! “Nous étions parmi les premiers à chanter en anglais dans un contexte de patriotisme exacerbé où c’était mal vu.”

En 2011, fatigué par trois années ininterrompues de concerts un peu partout dans le monde, et jusqu’en Chine, il suspend sa collaboration avec The Mojos pour se tourner vers Tamir Muskat du groupe d’electro oriental Balkan Beat Box. Muskat, sorcier du mix, va habiller les titres de Different Pulses de parures sonores composites, ou rétrofuturistes comme on dit, où sont fixées ses attentions pour le trip-hop, le dubstep, pour Moby, Ennio Morricone, la twanging guitar et le son fifties en général. Un lit de braise et de glace sur lequel Asaf vient se coucher comme un lépreux béatifié, l’amour et la mort en guise de piliers de baldaquins et, cupidon aux flèches empoisonnées, Leonard Cohen lui soufflant à l’oreille des “broken hallelujahs” d’une impressionnante grâce létale. Tel ce Is This It final où désirs d’aimer et de mourir finissent par se confondre. “La chanson pour moi n’est pas un art mais un outil qui permet de mieux me comprendre, qui m’aide à vivre. Une thérapie.” Prions pour qu’il ne guérisse pas trop vite.

par Francis Dordor

http://www.lesinrocks.com/musique/critique-album/levidence-asaf-avidan/

Revenir en haut Aller en bas
http://www.artmony.biz
liliane
Admin
avatar

Féminin Nombre de messages : 12971
Age : 66
Localisation : dans la galaxie
Date d'inscription : 02/05/2008

MessageSujet: Re: ASAF AVIDAN   Lun 29 Avr - 11:11





Revenir en haut Aller en bas
http://www.artmony.biz
liliane
Admin
avatar

Féminin Nombre de messages : 12971
Age : 66
Localisation : dans la galaxie
Date d'inscription : 02/05/2008

MessageSujet: Re: ASAF AVIDAN   Jeu 9 Mai - 9:57

Love It or Leave It


Revenir en haut Aller en bas
http://www.artmony.biz
liliane
Admin
avatar

Féminin Nombre de messages : 12971
Age : 66
Localisation : dans la galaxie
Date d'inscription : 02/05/2008

MessageSujet: Re: ASAF AVIDAN   Mar 30 Sep - 17:07

Asaf Avidan dévoilera son nouveau single le 6 octobre

Asaf Avidan termine actuellement son troisième album, dont la sortie vient d'être annoncée par son label. Il faudra encore patienter jusqu'au mois de janvier 2015 pour en découvrir la teneur, mais un premier extrait arrivera en radio prochainement.


Actuellement sur les routes pour assurer une série de concerts acoustiques, Asaf Avidan peaufine son troisième album. C'est que vient de révéler le label Polydor (Universal Music) par la voix de son directeur Eric Lelièvre. D'après l'un de ses derniers tweets, le chanteur israélien sera de retour chez les disquaires en janvier prochain avec « un excellent album ». Aucune autre information n'a filtré à ce sujet, mais il sera possible d'écouter son premier single dès le 6 octobre, date de son envoi aux radios.


Sur la scène des Folies Bergère en début de semaine, Asaf Avidan se produira à Avignon le 2 octobre, à Perpignan le 4, à Bordeaux le 5 puis à l'Opéra de Vichy le 7. Des représentations sont également prévues à Grenoble le 9 et à Mulhouse le 14. L'occasion pour le chanteur de défendre ses premiers morceaux, dont le tube "One Day/Reckoning Song", "Love It or Leave It" ou encore "613", et peut-être quelques extraits de son prochain disque.

Sorti en janvier 2013, le dernier album "Diffrent Pulses" d'Asaf Avidan s'est écoulé à près de 130.000 exemplaires en France. Un succès surprise porté par le remix de la chanson "One Day Reckoning Song" réalisé par Wankelmut. Cette version a fait danser la France entière mais n'est absolument pas représentative de la patte d'Asaf Avidan, davantage empreinte de folk et de blues. Le chanteur de 34 ans devra donc jouer serré s'il veut à nouveau se faire une place sur le devant de la scène, sans l'aide d'un DJ cette fois-ci.
Jonathan HAMARD

http://www.chartsinfrance.net/Asaf-Avidan/news-93850.html
Revenir en haut Aller en bas
http://www.artmony.biz
liliane
Admin
avatar

Féminin Nombre de messages : 12971
Age : 66
Localisation : dans la galaxie
Date d'inscription : 02/05/2008

MessageSujet: Re: ASAF AVIDAN   Mer 1 Oct - 18:40

OVER MY HEAD is the 1st single from the upcoming new album - "Gold Shadow".
Sortie le 7 octobre 2014


Revenir en haut Aller en bas
http://www.artmony.biz
liliane
Admin
avatar

Féminin Nombre de messages : 12971
Age : 66
Localisation : dans la galaxie
Date d'inscription : 02/05/2008

MessageSujet: Re: ASAF AVIDAN   Jeu 9 Oct - 18:01

Revenir en haut Aller en bas
http://www.artmony.biz
liliane
Admin
avatar

Féminin Nombre de messages : 12971
Age : 66
Localisation : dans la galaxie
Date d'inscription : 02/05/2008

MessageSujet: Re: ASAF AVIDAN   Jeu 18 Déc - 11:01

Revenir en haut Aller en bas
http://www.artmony.biz
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: ASAF AVIDAN   

Revenir en haut Aller en bas
 
ASAF AVIDAN
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Asaf Avidan & the Mojos - One Day / Reckoning Song (Wankelmut Remix)
» ASAF AVIDAN
» EDITORIAL du numéro 100 de la revue « Engagement » de l’ASAF
» Lettre de l'ASAF du 15/02/2015
» La sélection de l'ASAF de Juin 2015

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
H A R M O N Y :: LA MUSIQUE ADOUCIT LES MOEURS :: TOUTE LA MUSIQUE QUE J'AIME.... :: BLUES AND FOLK :: BLUES - SOUL MUSIC-
Sauter vers: