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 L'ORIGINE DU MONDE de GUSTAVE COURBET

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Bridget

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MessageSujet: L'ORIGINE DU MONDE de GUSTAVE COURBET   Dim 10 Fév - 20:42

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L’origine du monde Gustave Courbet 1866







L’origine du monde Gustave Courbet, 1866
Huile sur toile, 46 x 55 cm Paris, Musée d'Orsay depuis 1995



Ce tableau est resté caché, secret pendant plus d'un siècle. Pendant longtemps, deux textes seulement le décrivaient, l'un de Maxime Ducamp publié en 1877, l'autre de Edmond de Goncourt quelques années plus tard.


Alors qu'on le croyait à jamais disparu, soudain, en 1967, il apparaît dans un livre du docteur Zwang, Le sexe de la femme. Photographie unique d'un photographe anonyme qui ne cessa ensuite d'être dupliquée avec des informations contradictoires sur sa localisation entre Budapest et Paris.











En 1982, lors d'un entretien télévisé réalisé par Jean-Paul Fargier, le trou de la vierge où Philippe Sollers est interrogé par Jacques Henric, André Cuny révèle avoir vu le tableau chez Lacan, caché derrière un tableau d'André Masson.

Jacques Lacan, comme les précédents possesseurs du tableau, avait trouvé un moyen de le soustraire au regard commun pour mieux le faire briller lorsqu'il apparaissait dans des conditions exceptionnelles à ses visiteurs.




L'histoire d'un tableau




Khalil-Bey (1831-1879) est le premier propriétaire du tableau. Il possède à Paris une collection d'une centaine d'œuvres, l'une des plus belles du moment (Delacroix, Chasseriaux, Ingres, Courbet).
Ce riche diplomate, possède des chevaux, attire le tout Paris, à pour maîtresse Jeanne de Tourbay (1837-1908), l'une des grandes demi-mondaines qui tient salon.



Khalil-Bey souhaite acquérir Venus et psyché, tableau aujourd'hui disparu. Mais Courbet vient de le vendre. Il propose de réaliser pour lui "la suite", Le sommeil. Son nu le plus audacieux.




L'origine du monde est-elle une commande ou un cadeau pour faire passer le prix élevé : 20 000 francs alors que La femme au perroquet était estimé à 6 000 francs par l'administrateur des beaux-arts ?

Pour l'historienne Michèle Haddad, Khalil-Bey serait rentré à Paris en 1866 pour soigner de sa syphilis. Il aurait alors pu commander une Icône de la source de ses plaisirs et de ses tourments, une sorte d'ex-voto, d'image pieuse dans laquelle il vénère la puissance qui éloigne et rapproche de la mort. Quoi qu'il en soit, il dissimulera le tableau dans sa salle de bains derrière un rideau vert, couleur de l'islam.

Qui a posé ? Jeanne de Tourbay, la maîtresse du commanditaire, Joe l'Irlandaise la maîtresse du peintre, la femme brune du sommeil ou une anonyme sur une photo pornographique qui aurait pu servir de modèle.

Le tableau ridiculise la fausseté de l'académisme, celle d'un Cabanel et dépasse Ingres et même, L'Olympia de Manet qui fit scandale un an auparavant.







Olympia , Edouard Manet ,1863
Huile sur toile 130.5 X 190 Orsay




En 1868, Khalil-Bey vend sa collection mais L'Origine du monde ne passe pas en vente publique. En 1889, Edmond de Goncourt après une visite chez le marchand d'art Antoine de la Narde en décrit que derrière "un panneau extérieur représentant une église de village dans la neige, il vit un ventre de femme au noir et proéminent mont de venus sur l'entrebâillement d'un con rose.
Devant ce tableau je dois faire amande honorable à Courbet : Ce ventre c'est beau comme la chair d'un Corrège."



En 1913, Berheim jeune vend L'origine du monde et son cache, tableau également de Courbet, à deux collectionneurs hongrois, le baron Herzog et le baron Hatvany qui emportent les deux tableaux à Budapest.


En 1944, le château est pillé et Hatvany fuit en France. En 1948, il récupère une partie de ses tableaux dont L'origine du monde qui entre en France caché dans une valise diplomatique.



En 1955, Jacques Lacan et sa femme Sylvia achètent L'origine du monde à Paris. Jacques Lacan a rencontré Sylvia Bataille, la femme de Georges et l'interprète de La partie de campagne de Renoir chez André Masson, qui vit avec la sœur de Sylvia.

Accroché à Guitrancourt dans leur maison de campagne, le tableau est caché derrière un panneau, non pas le paysage sous la neige, resté à Budapest mais par un tableau spécialement commandé par les Lacan à André Masson.
Masson reprend les courbes du nu de Courbet et compose un paysage érotique qu'il appelle Terre érotique.


Après la mort de Lacan, en janvier 1981, Sylvia prête le tableau pour une exposition à Brooklyn de 1988 puis en 1992 à l'exposition Masson qui a lieu à Ornans.

En 1993, Sylvia meurt. En 1995, ses héritiers par dation remettent à l'état le tableau de Courbet qui entre au Musée d'Orsay.




http://www.cineclubdecaen.com/peinture/analyse/dvd/courbetdvd.htm



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MessageSujet: Re: L'ORIGINE DU MONDE de GUSTAVE COURBET   Lun 11 Fév - 20:23




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Après Caravage et Léonard, Courbet



Faux scoop -



Une nouvelle fois, une « redécouverte » extraordinaire d’une œuvre d’art fait l’événement et se propage comme une traînée de poudre dans la presse qui, décidément, ne retiendra jamais la leçon.
Le plus drôle est que les vraies trouvailles, celle d’un sublime Bronzino au Musée des Beaux-Arts de Nice, ou d’un Zurbarán, dans une petite église de Normandie pour ne prendre que deux exemples récents, n’occasionnent presque jamais un tel ramdam.



Cette fois-ci, c’est Courbet qui s’y colle. Comme vous pourrez le lire partout, Paris-Match publie une exclusivité « mondiale », ce qui est un tantinet mesquin : un tableau chiné par un amateur 1400 euros représenterait la tête de la femme peinte dans L’Origine du Monde, qui serait une partie d’une grande toile découpée.



Nous vous laissons lire les péripéties de cette « enquête » ici, ou là. Et nous vous renvoyons à l’article d’André Gunthert sur son blog de L’Atelier des Icônes pour lire le premier et l’un des rares, avec celui de Slate, à se montrer plus que dubitatif.



Le montage ne fonctionne évidemment pas, et André Gunthert l’explique clairement : « Dommage que le mouvement du buste, tourné vers la gauche, ou celui du drapé paraissent incompatibles avec la position de la jeune femme du portrait.


Dommage que la pose envisagée par le croquis de Match soit d’une niaiserie difficilement conciliable avec le style de Courbet autant qu’avec le réalisme de “L’Origine…” ».











Oui, tout cela est dommage, comme il est dommage que les conservateurs du Musée d’Orsay, sans doute tétanisés par l’enjeu et qui savent bien qu’il s’agit d’un scoop frelaté, ne veuillent pas le dire franchement sous prétexte qu’ils auraient « un devoir de réserve s’agissant d’œuvres en mains privées ».


Cela ne les empêche pas - et c’est heureux - de passer leur temps à publier ou à exposer des œuvres de collections particulières et on se demande ce que serait l’histoire de l’art s’ils appliquaient réellement ce principe.

Et comme il est dommage qu’un expert effectivement (pour une fois) reconnu de l’artiste puisse faire preuve d’une telle légèreté.




On aura beau comparer « l’écartement des poils du pinceau, la longueur des coups de brosse (sic) », tout cela ne fait pas une preuve, il faut d’abord regarder. Cette tête de femme n’a, selon toute vraisemblance, rien à voir avec L’Origine du Monde, ce qui n’empêche pas Paris-Match de lui accorder aujourd’hui (sans conditionnel) une valeur de 40 millions d’euros...

« En matière d’art, les théories les plus fumeuses ne sont pas forcément les meilleures » lit-on dans leur article. On allait le dire.



Didier Rykner / La Tribune de l'Art






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MessageSujet: Re: L'ORIGINE DU MONDE de GUSTAVE COURBET   Lun 11 Fév - 20:32



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"L'Origine du monde" : le poids des mots, le choc du faux



Par Philippe Dagen Historien d'Art / Le Monde











L'Origine du monde est aujourd'hui la toile la plus célèbre de Gustave Courbet. Cette gloire a un revers : elle est livrée à toutes les élucubrations.
Ainsi apprend-on dans un article signé d'Anne Cécile Beaudouin dans le dernier numéro de Paris Match, le 3 325e de l'hebdomadaire, que l'"on a retrouvé le visage de L'Origine du monde" - comprenez le visage de la dame qui aurait posé pour ce tableau où ne se voient ni tête, ni bras, ni jambes, mais seulement le ventre et le bas-ventre.


Belle histoire, quoique assez prévisible : un amateur appelé "John" - il tient à rester anonyme -, un jour de pluie à Paris, un brocanteur pour s'abriter, la toile qui arrête le regard, un achat à bas prix et, après des recherches, la révélation. L'oeuvre est non seulement un Courbet, mais un fragment d'une plus grande, dont L'Origine du monde serait une autre partie.



Suit la reconstitution de ce qui se serait passé. En 1866, Courbet peint La Femme au perroquet que l'on admire à New York au Metropolitan Museum, ici qualifiée de "nu très académique", ce que nul n'avait remarqué jusqu'alors.
Pourquoi faut-il qu'il soit devenu "édulcoré" ?

Parce qu'il y en aurait eu un autre, nu de face, sexe et toison pubienne livrés à la vue, la tête renversée, les bras relevés, sur lequel se poserait le susdit perroquet : la version hard.
Cette toile, le collectionneur turc Khalil-Bey la voit dans l'atelier et veut l'acheter. "Courbet propose de la lui vendre selon un nouveau cadrage. D'un coup de couteau, il coupe la toile. Finalise (sic) le plissé du jupon, cède le bas à Khalil-Bey, conserve le haut." Un coup de couteau...


Et pas un coup de hache, pour couper le bois du châssis ?
Et pourquoi ce découpage ?


Aucun des contemporains qui ont vu l'oeuvre - Maxime Du Camp surtout - ne dit mot d'une telle opération.

Et pourquoi Khalil-Bey aurait-il accepté d'emporter un morceau et non l'oeuvre entière ?


Des preuves ? La conviction de "John", qui aurait emporté celle de l'expert Jean-Jacques Fernier, dont les avis ont été souvent contestés.
Et des indices matériels : les deux peintures auraient été exécutées sur le même genre de toile, avec la même trame, et par la même main.
A en juger d'après les photographies de Paris Match, la proximité stylistique est douteuse. Ni la lumière, ni la touche, ni la texture de la peau, ni le chromatisme ne sont homogènes. A supposer que ce visage soit de Courbet, il daterait de ses débuts.



La similitude des textiles n'est pas plus probante : tous les peintres parisiens avaient les mêmes fournisseurs, peu nombreux.
Embarrassantes aussi quelques erreurs. Passons sur ce monogramme CG qui se cacherait dans l'oreille de la femme : un moment d'égarement de l'amateur chercheur.

Plus ennuyeuse la mention de l'étude partielle pour La Femme au perroquet, que l'"on n'a jamais retrouvée". Elle figurait néanmoins dans la rétrospective Courbet au Grand Palais en 2007, numéro 180, et appartient à Jeff Koons.

Mais elle diffère si profondément par le style de la tête redécouverte qu'il aurait été en effet préférable pour la démonstration qu'elle ait disparu.

Dans la même exposition était aussi L'Origine du monde, dont rien ne signale dans le catalogue qu'elle serait une partie découpée dans une toile plus grande. Et pour cause : son format, 46 × 55 cm est aussi celui de La Réflexion (1864), de la Femme aux dahlias (1871-1872) et de nombreuses natures mortes de Courbet.
C'est un "10 Figure" dans la typologie française des formats standards.



Mais le plus gênant se trouve dans la reconstitution de ce qu'aurait été la toile avant découpe. Pas besoin d'être anatomiste pour remarquer que, pour que ces épaules soient attachées à cette poitrine et ce ventre, il faudrait des seins très bas - ou une gorge très haute - et une colonne vertébrale d'une rare souplesse : le modèle de L'Origine du monde est à demi couché vers la droite alors que le cou et le visage du tableau réapparus sont tournés vers la gauche.



Pour un peintre aussi attentif à la réalité des corps que Courbet, cette absurdité serait pour le moins étrange. A moins que se cache là la clé de l'énigme.
Comme les odalisques d'Ingres, la modèle de Courbet jouissait de quelques vertèbres supplémentaires qui lui auront permis une élasticité hors du commun. La version "hard" de la Femme au perroquet était donc en vérité un hommage rendu par Courbet à Ingres, dont le Bain turc se trouvait alors chez Khalil-Bey, heureux possesseur au même moment de L'Origine du monde...


On plaisante, évidemment.


Philippe Dagen / Le Monde




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