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 VINCENT DELERM

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Nine
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MessageSujet: VINCENT DELERM   Mar 27 Mai - 14:17

VINCENT DELERM




Dans la lignée un peu bancale de son père écrivain qui s’attache à la description minutieuse et drôle des petits plaisirs quotidiens, Vincent chante les drames familiers de l’existence. Il se situe lui-même dans la lignée d’une tradition qui évolue avec le temps, celle de la chanson à textes estampillée "rive gauche". Sa devise ? Trouver la légèreté en chaque chose.

:star: live FANNE ARDENT (la CIGALE)

http://www.youtube.com/watch?v=NjCYH4r1xrc

dEterminisme familial



"Je regarde grandir Vincent. Il vient d’avoir huit ans. Je sais un peu ce qu’il devient dans la tendresse, quand il nous dit: "Plus tard, je serai facteur. Comme ça, je vous verrai tous les matins! Et puis il éclate en sanglots…"" Ainsi débute la chronique de Philippe Delerm, dans "Le Bonheur, Tableaux et Bavardages", un recueil publié en 1986 avant le succès que l’on connaît.


Fils unique de Philippe Delerm, auteur de La Première Gorgée de Bière qui a séduit, en trois ans, près d’un million de lecteurs, Vincent Delerm naît à Evreux le 31 août 1976. Dans une famille de professeurs de Lettres où la culture des activités parallèles est de rigueur. En effet, ses parents occupent tous deux un second métier. Philippe, son père est aussi écrivain et Martine, sa mère, navigue entre ses talents d’illustratrice et d’auteur de romans policiers pour enfant.


Très jeune Vincent voit beaucoup de spectacles et découvre l’extase de la scène : Jean-Michel Caradec, Yves Duteil, Philippe Chatel, la tournée d’adieux des Frères Jacques… La musique est pour son père la culture première, au moins autant que la littérature. Un de ses albums préférés est sans doute l’album d’Alain Souchon Toto, 30 ans, rien que du malheur. Il grandit aussi en compagnie de Barbara et de Gilbert Laffaille, puis à 10 ans, à l’écoute de Souchon et de Françoise Hardy, il se dit que plus tard une fois grand, il sera amoureux et triste. Bizarre, mais le projet d’être amoureux et déçu lui plait.


En 1993, le lycéen crache ses 17 ans avec une bande de copains dans un groupe de coldwave -Triste Sire- tendance Cure et Joy Division. Pendant qu’il écrit à la maison des chansons très Rive Gauche composant des piano-voix plutôt fleur bleue. Mais c’est par admiration pour Michel Berger et William Sheller qu’il se décide à étudier le piano. En autodidacte, pour s’accompagner. Ce grand écart durera jusqu’en 1997. Vincent commence alors ses études de Lettres Modernes à l’université de Rouen, se voyant prof pendant une dizaine d’années, tout en chantant. Des études qui se révéleront fondatrices : il se lance dans le théâtre, participe activement à une troupe et se prend de passion pour le cinéma, en particulier celui de François Truffaut, auquel il consacrera en 1999 son mémoire de maîtrise "François Truffaut, cinéaste écrivain". Sans pour autant quitter son piano avec lequel il met peu à peu sa vie en musique. Son enfance, surtout, dont la subtile nostalgie imprègne la plupart de ses textes.


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MessageSujet: Re: VINCENT DELERM   Mar 27 Mai - 14:20

LES PLANCHES COTE ORCHESTRE


Malgré son attirance pour la scène, il demeure insatisfait de ses performances dramaturgiques et théâtrales. Le pianiste autodidacte préfère alors se tourner définitivement vers la chanson. Pourquoi? Parce qu’elle se trouve justement à la croisée des chemins du cinéma, de l’écriture et de la scène. Une belle solution. Des débuts timides et c’est la panique qui le prend quand il s’aperçoit que les maisons de disque ne se bousculent pas pour lui manifester leur soutien..

Sa première scène, c’est en 1998, à la salle Ronsard de Rouen, qu’il la foulera avec sa veste de chanteur solo. Mais les choses sérieuses débutent en 1999 après avoir composé quatre des titres qui figurent aujourd’hui, dans son premier album. Ses influences? Pas mal d’écrivains britanniques ou les textes de chansons anglaises des Smith ou de Pulp. Il aime une écriture sociale, dans le sens des rapports entre les gens. La tournée des petits lieux parisiens peut alors commencer: le Limonaire, le théâtre des Déchargeurs…


Quand il arrive à Paris en 2000, il aime beaucoup se balader dans la rue Robert-Estienne dans le 8ème arrondissement où François Truffaut qu’il vénère, avait ses studios, ses petites habitudes, sa boulangerie. Bien sur, il connaît un peu la capitale quand jusqu’à ses dix ans, il rend visite à sa grand-mère, square Carpeaux, mais Paris reste pour lui une fascination. Le chanteur affectionne le Saint-Michel des éditeurs, cette gentille nostalgie des cinémas d’art et d’essai de la rue Champollion, ces parties de flâneries chez les bouquinistes des quais mais aussi les grands cafés parisiens, pas les bons plans conseillés dans les guides mais ceux avec croque-madame et calcaire sur la carafe. Aussi beaucoup les souvenirs empruntés à des films: Tati, puis Truffaut évidemment, et les Lino Ventura des années 70 ou encore les comédies de Philippe de Broca.

Les rencontres opportunes




Il continue donc ses classes dans les cabarets du Marais, devant des publics restreints. Un soir, l'écrivain Daniel Pennac, Vincent Frèrebeau, patron du label Tôt ou Tard, ainsi que Thomas Fersen, seront dans la salle. Mais avant tout, la grande chance de Vincent c’est la rencontre en 2000, avec François Morel, comédien chez les Deschiens, la troupe de Jérôme Deschamps. Quand celui-ci reçoit la démo, tombé sous le charme il la fait circuler notamment dans les couloirs de la radio France Inter et dans ses tournées où il la donne aux programmateurs des salles que la troupe investie. C’est grâce à lui s’il passe dans la grande émission phare de France Inter, Sur le Pont des Artistes. Le samedi 19 février 2000, entre Thomas Fersen et les tziganes des Yeux Noirs, il est le petit nouveau sur les ondes. Seul au piano le temps de deux chansons, Vincent Delerm, 23 ans, s’y fait un prénom. Avec une cinquantaine de chansons en poche, il n’a pas encore enregistré d’album et squatte le théâtre des Déchargeurs une fois par semaine les hivers 2000 et 2001 où il partage l’affiche avec Matthieu Vermeulen. Il y fait la rencontre de Thomas Fersen. Celui-ci, emballé, lui propose la première partie de ses concerts en juin 2001 à la Cigale puis le fait rentrer chez Tôt ou Tard, sa maison de disques. Un peu après, c’est lui que l’on retrouve dans cette même salle, son nom en tête d’affiche.



Fin avril 2002, sort son premier disque. Chez Tôt ou Tard, l’écurie des Têtes Raides, de Thomas Fersen et de Matthieu Boogaerts. Sur le disque, il s’est notamment entouré du virtuose Cyrille Wambergue, pianiste de Thomas Fersen, du même arrangeur, Joseph Racaille, mais aussi d’Yves Torchnisky à la contrebasse. Il y garde le goût de certaines orchestrations, un peu baroque d’Angelo Branduardi qu’il affectionnait étant jeune. De Fanny Ardant à Jean-Louis Trintignant - dont il emprunte pour le CD un extrait de dialogue de Un homme et une femme de Claude Lelouch - à qui il rend hommage en passant par Irène Jacob qu’il fait chanter sur Cosmopolitain, le septième art est un fil rouge dans son travail.


En deux mois et demi, l’album s’écoule à 50.000 exemplaires sans autre promotion qu’un passage régulier sur France Inter et quatre semaines à l’Européen. Puis on le regarde continuer sérieusement sa progression : 80.000, 90.000 jusqu'au cap des 100 000 disques écoulés. Bien au-delà des 10.000 qu’il s’était fixé au début… Après la première partie de Julien Clerc, les Francofolies en juillet 2002 entre autres, au passage de cap du disque d’or, la tournée se rallonge démesurément : soixante-dix villes prévues jusqu’au printemps 2003, pour 80 dates et cinq concerts en clôture au Bataclan à Paris du 20 au 24 mai.


Le 15 février 2003, Vincent Delerm reçoit la Victoire de la Musique de l'Album Révélation.


Finalement, son parcours ressemble à la mythologie qu’il s’était faite de la chanson. Comme les grands, le chant commence à la maison, se poursuit dans des petites salles à Rouen, puis à Paris, et d’autres plus grandes.

Promenade anglaise




Avril 2004 : le nouvel album, "Kensington Square", creuse le même sillon que "Vincent Delerm", celui de l’élégance mélancolique. Le chanteur a invité quelques amis: Irène Jacob sur "Deutsch Gramophon", Keren Ann et Dominique A chantent avec lui sur "Veruca Salt et Frank Black". Un pied dans le présent, un pied dans le passé, Vincent Delerm continue sa route sans esbroufe.

Interlude théâtral pour Vincent Delerm. Il est l'auteur d'une pièce, "Le fait d'habiter Bagnolet", mise en scène par Sophie Lecarpentier. Dans le même esprit que ses chansons, la pièce raconte un moment du quotidien, une rencontre entre un homme et une femme. Elle sera notamment jouée à Paris, au Théâtre du Rond-Point, en 2004 et reprise en 2005.

Le troisième album de Vincent Delerm sort en septembre 2006. "Les piqûres d'araignée" a été enregistré en Suède, aux côtés de Peter Von Poehl, artiste d'origine suédoise, et de ses musiciens. Neil Hannon (The Divine Comedy) est également présent sur un titre. Les textes semblent désormais plus s'inscrire dans le présent que dans le passé. Le titre "Du sépia plein les doigts" s'en prend même à une certaine nostalgie passéiste. Le premier simple de l'album quant à lui, s'intitule "Sous les avalanches". Un vent d'air frais souffle sur les nouvelles compositions de Delerm. Mais on continue à voir dans ce trentenaire tranquille et bien mis, un chanteur "bobo" comme l'épingle gentiment le quinqua Renaud, auteur d'un titre intitulé fort à propos "les Bobos" ("Dans les chansons de Vincent Delerm/on les retrouve à chaque rime"). Delerm poursuit son chemin et repart sur les routes de France dès le mois d'octobre, pour une nouvelle série de concerts.

clip titre : TES PARENTS


http://www.youtube.com/watch?v=ztgGDs8fcpc
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MessageSujet: Re: VINCENT DELERM   Lun 2 Juin - 17:27

Merci Anny ,

J'aime beaucoup Vincent Delerm , je l'ai vu deux fois je crois à la Cigale et à l' Olympia , il a une belle présence sur scène et un public exceptionnel !

J'ai beaucoup , beaucoup écouté ses deux premiers albums , surtout Kensington Square , les paroles de ses chansons sont des merveilles d'humour ou de sensibilité !

Par contre , le troisième opus " Les piqures d' araignée "m'a beaucoup moins touchée , beaucoup trop variété à mon goût .

le dvd de ses concerts à la Cigale , avec un artiste invité sur chaque morceau est un régal , notamment le duo Cali / Delerm sur " Quoi ?"

chanson mythique de S. Gainsbourg , crée par J. Birkin .


http://www.megaupload.com/?d=BOPISW20



où l'on s'aperçoit que celui des deux qui a la plus belle voix n'est pas celui qu'on croit !

Pour le plaisir :

http://fr.youtube.com/watch?v=K0esraF7k1E

Le baiser Modiano

2004 "Kensington Square"



C'est le soir où près du métro
Nous avons croisé Modiano
Le soir où tu ne voulais pas croire
Que c'était lui sur le trottoir
Le soir où j'avais dit : "Tu vois
La fille juste en face du tabac
Tu vois le type derrière, de dos
En imper gris, c'est Modiano !"

C'est le soir où nous avons pris
Des mojitos jusqu'à minuit
Le soir où tu as répété
"Peut-être il habite le quartier ?"
Le soir où nous sommes revenus
En dévisageant toute la rue
En cherchant derrière les carreaux
L'ombre chinoise de Modiano

C'est le soir où je repensais
A la veille du bac de français
"En vous appuyant sur le champ
Lexical de l'enfermement
Vous soulignerez la terreur
Dans le regard du narrateur"
Dans les pages cornées d'un folio
Voyage de noces de Modiano

Et le baiser qui a suivi
Sous les réverbères, sous la pluie
Devant les grilles du square Carpeaux
Et le baiser qui a suivi
Sous les réverbères, sous la pluie
Devant les grilles du square Carpeaux
Je l'appelle Patrick Modiano






Vincent Delerm
Le monologue shakespearien


Pendant la première scène je regardais sur le côté
Pour essayer de comprendre comment ses cheveux étaient noués
Pendant la deuxième scène en fait j'imaginais
Ses vacances y a deux ans sur la plage de Bénodet
Pendant la troisième scène je me suis un peu rendu compte
J'avais pas bien suivi les répliques du Vicomte
Pendant la quatrième elle s'est penchée vers moi
Elle a failli me dire un truc et puis finalement pas

On est parti avant la fin
Du monologue Shakespearien
Parti avant de savoir
Le fin mot de l'histoire
On a planté en pleine nuit
L'Archevêque de Canterbury
On a posé un lapin
A l'épilogue Shakespearien

Début du deuxième acte, toute la rangée soupire
Le clan des veuves s'éclate parce que bon c'est Shakespeare
Niveau intensité quelque chose qui rappelle
Le programme d'EMT pour l'année de quatrième
Pourtant la mise en scène était pas mal trouvée
Pas de décor pas de costume c'était une putain d'idée
Aucune intonation et aucun déplacement
On s'est dit pourquoi pas aucun public finalement

On est parti avant la fin
Du monologue Shakespearien
Parti avant de savoir
Le fin mot de l'histoire
On a planté en pleine nuit
L'Archevêque de Canterbury
On a posé un lapin
Au dénouement Shakespearien

Dans les rues d'Avignon y a des lumières la nuit
On boit des demi-citrons et on se photographie
A la table d'à côté ils ont vu un Beckett
Ils disent c'est pas mal joué mais faut aimer Beckett
Dans les rues d'Avignon il y a des projets balèzes
Demain à 23 heures je vais voir une pièce polonaise
Dans les rues d'Avignon y a du pepsi cola
Et puis y a une fille qui dit bah en fait je viens de Levallois

On est parti avant la fin
Du monologue Shakespearien
Parti avant de savoir
Le fin mot de l'histoire
On a planté en pleine nuit
L'Archevêque de Canterbury
On a posé un lapin
Au monologue Shakespearien

Pendant la première scène je regardais sur le côté
Pour essayer de comprendre comment ses cheveux étaient noués
Pendant la deuxième scène en fait j'imaginais
Mes vacances dans deux ans sur la plage de Bénode




Vincent Delerm
Deauville sans Trintignant


A Deauville un dimanche
Sous la pluie sur les planches
Elle s'avance à côté
D'un homme plus âgé
Il ne dit presque rien
A Deauville ce matin
Il promène sur la plage
Son deuxième mariage
Les studios vue sur mer
Sont fermés tout l'hiver
Puisque les retraités
N'ont pas pris de congé
C'est le deuxième café
Ses cheveux sont trempés
Balançoire trampoline
Le club Mickey dégouline

Elle repense à ce film
Qui se passe à Deauville
C'est un peu décevant
Deauville sans Trintignant

Ils iront tout à l'heure
Déjeuner à Honfleur
Reprendre la Rover
Et s'ennuyer ailleurs
Menu à deux-cent vingt
Citron vert sur les mains
Il fera rapporter
Un château bouchonné
Juste après le repas
Ils feront quelques pas
Elle voudra essayer
Ce manteau bleu soldé
Marée basse sur le port
Il attendra dehors
Il faudra envisager
Un retour bouchonné

Elle repense à ce film
Qui se passe à Deauville
C'est un peu décevant
Deauville sans Trintignant

Elle a raté son dimanche
A Deauville sur les planches
Il a raté sa vie
A Deauville sous la pluie
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Bridget



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MessageSujet: Re: VINCENT DELERM   Mer 5 Nov - 13:26


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Avec Vincent Delerm, la vie en quinze chansons









Son nouvel album sort aujourd'hui. Une succession de petits films, de rêves, de tranches de vies inventées, si brillamment racontées.


Il avait commencé par deux albums d'auteur. Le troisième, Les piqûres d'araignées, était plus pop. Celui-ci, appelé simplement Quinze chansons, installe la touche toute personnelle de Vincent Delerm dans la chanson d'ici. Une habileté à graver une oeuvre musicale très cinématographique, aux images immédiates et précises, aux atmosphères élégamment peaufinées, si besoin avec des cordes, des cuivres, des claviers.


« Je ne pensais pas écrire un nouvel album si vite. Je réfléchissais à une pièce de théâtre. Et puis, c'est venu tout seul. J'aime le format chanson. » Il feuilletait alors beaucoup de livres de photos sur l'Amérique. Apparaissent ainsi, dans ce disque, des décors d'Hollywood après-guerre, un appartement vide à North Avenue, le premier grand concert des Beatles aux États-Unis, une ambiance de nuit à New York...


Vincent Delerm habite ces décors de personnages: une vieille star de cinéma, une mère de famille plongée dans ses souvenirs, un homme sortant de prison, un ancien couple qui se redonne rendez-vous... Des personnages rendus attachants en quelques phrases. « C'est un peu une mosaïque de ce qui m'entoure, explique t-il. Dans Allan et Louise, ces anciens amoureux se revoient comme pas mal de gens aujourd'hui, avec Internet, ont envie de retrouver un ancien amour. Pour en avoir le coeur net. »


Car après avoir posé ses décors, puis ses personnages, Delerm sait les faire vivre dans le temps pourtant réduit d'une chanson. Dans Allan et Louise, il glisse en moins de quatre minutes des éléments du passé, du présent et une fin qui se lit au futur... « Un petit casse-tête chinois pour que ça reste fluide, souligne t-il. Mais j'aime faire des renvois d'une époque à l'autre, histoire de se rendre compte que ce l'on vit au présent, ça compte. Ces allers-retours donnent de la valeur à l'instant, un goût pour la vie. »


Un disque de Vincent Delerm donne, lui-aussi, goût à la vie. Il donne envie de se bâtir ses propres histoires, d'aimer ses souvenirs, de goûter à ce genre de promenades sentimentales qu'il sait si bien conter, de s'approprier comme lui des musiques et des images (dans Martin Parr et dans Et François de Roubaix dans le dos).


Vincent Delerm sait conjuguer le bon temps au présent quand on aurait trop tendance à le laisser au passé. C'est pour cela que ses disques sont incontournables.



Michel TROADEC.

Quinze chansons. Tôt ou tard. 37 mn, 15 titres.


http://www.ouest-france.fr/Avec-Vincent-Delerm-la-vie-en-quinze-chansons/re/actuDet/actu_3639-735336------_actu.html



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MessageSujet: Re: VINCENT DELERM   Mer 5 Nov - 13:37

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Depuis ce matin, vous pouvez découvrir et acquérir le nouvel opus de Vincent Delerm.

Cet album baptisé sobrement Quinze chansons, est le digne successeur de l'opus précédent, Les Piqûres d'Araignée (sorti en 2006). Pour l'occasion, Vincent s'est entouré de collaborateurs très intéressants: Ibrahim Maalouf, Peter Von Poehl et également l'artiste Albin de la Simone.









Sur sa chaîne DailyMotion officielle, le label Tôt ou Tard diffuse plusieurs vidéos dans lesquelles l'artiste présente ses nouvelles chansons. Pour découvrir ces vidéos, n'hésitez pas à cliquer sur ce lien

Voici le tracklisting de l'album " Quinze chansons":

1. Tous les acteurs s'appellent Terence
2. Allan et Louise
3. Je pense à toi
4. Martin Parr
5. Le coeur des volleyeuses bat plus fort pour les volleyeurs
6. Et François de Roubaix dans le dos
7. Dans tes bras
8. 78543 habitants
9. Shea Stadium
10. Un temps pour tout
11. North avenue
12. From a Room
13. Un tacle de Patrick Vieira n'est pas une truite en chocolat
14. Monterey
15. La Vie est la même

Et pour vous donner l'envie de télécharger légalement et/ou d'acheter ses 15 chansons originales, nous vous proposons de partir à la découverte du premier extrait, Un temps pour tout, grâce à ce clip:


http://influence.over-blog.com/article-24388209.html

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MessageSujet: Re: VINCENT DELERM   Mer 5 Nov - 13:39



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Vincent Delerm sera en tournée à partir de janvier 2009 et tous les lundis à la Cigale du 09/02/09 au 09/03/09

Influence en profite pour vous donner les dates de cette tournée:

27/01/09 - L'Embarcadère (Montceau les Mines)

04/02/09 - Théâtre (Hérouville St Clair)

09/02/09 - La Cigale (Paris)

12/02/09 - Théâtre Mac Nab (Vierzon)

13/02/09 - Théâtre Beausobre (Morges)

16/02/09 - La Cigale (Paris)

20/02/09 - Théâtre 140 (Bruxelles)

21/02/09 - Théâtre 140 (Bruxelles)

23/02/09 - La Cigale (Paris)

27/02/09 - Centre Culturel Valery Larbaud (Vichy)

02/03/09 - La Cigale (Paris)

05/03/08 - Théâtre Fémina (Bordeaux)

06/03/08 - Théâtre Municipal Ducourneau (Agen)

09/03/09 - La Cigale (Paris)

12/03/08 - Salle Poirel (Nancy)

18/03/08 - Arsenel (Metz)

01/04/08 - Théâtre Sébastopol (Lille)

02/04/08 - Théâtre Charles Dullin (Le Grand Quevilly)

03/04/08 - Théâtre Simone Signoret (Conflans Ste Honorine)

09/04/08 - Centre Culturel Paul Bailliart (Massy)

14/04/08 - Théâtre de la Croix Rousse (Lyon)

07/05/08 - Théâtre Toursky (Marseille)

13/05/08 - Le Quartz (Brest)

15/05/08 - Centre Culturel Les Arc (Queven)

16/05/08 - Salle Paul Fort (Nantes)

19/05/08 - Casino Théâtre (Toulouse)





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liliane
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MessageSujet: Re: VINCENT DELERM   Dim 23 Nov - 12:43

Chanteur lettré, styliste sensible, chroniqueur inspiré de (et par) la culture pop, VINCENT DELERM est de retour avec Quinze chansons : son meilleur album.


Les uns, toujours les mêmes, ricaneront : Vincent Delerm est un garçon si effroyablement banal et sans imagination qu’il a intitulé son quatrième album Quinze chansons. Les autres, une nouvelle fois épatés, y verront au contraire une forme de sobre élégance pour saluer sans en avoir l’air Leonard Cohen (Ten New Songs) ou Randy Newman (12 Songs). Si le pâtre canadien est nommément l’objet d’une chanson haïku à propos de la pochette de Songs From a Room, c’est à l’évidence le replet songwriter californien qui aura servi ici d’inspiration majeure. Il suffit d’entendre Tous les acteurs s’appellent Terence, introduit par les cordes d’une romance tire larme hollywoodienne, et cette évocation en miroir d’un monde désespérément englouti, pour saisir combien l’observateur Delerm n’est désormais plus très loin de ses modèles.

« Il était question à un moment d’un duo avec Randy Newman, mais il n’était pas libre. Disons qu’il avait sans doute mieux à faire mais qu’il a fait poliment savoir qu’il n’avait pas le temps
» suggère Delerm avec cette pointe d’autodérision que n’aurait pas détesté l’auteur de Sail Away s’il avait fait le déplacement. On s’étonne d’ailleurs toujours d’entendre le Français le plus doué de sa génération assumer des complexes – sa voix, ses limites de musicien ou d’auteur – à travers des formules du style « la chanson, c’est un peu comme le décathlon. Si tu es bon au piano ou sur scène, tu limites la casse dans les autres disciplines. »

Alors qu’en réalité Quinze chansons prolonge l’état de grâce qui est le sien depuis Kensington Square, où après le faux départ d’un premier album radicalement « chanson germanopratine » il prenait la liberté (le risque ?) de se réinventer en mode pop. Il a peut-être perdu la moitié de son public en chemin, mais il a gagné une épaisseur musicale qui dans ce pays de vendeurs de toquantes – de Bénabar à Abd Al Malik - l’illustre en joaillier d’exception, forcément pas aussi bien entendu qu’on le rêverait.

Après une parenthèse plus minimaliste sur Les Piqûres d’araignées, enregistré en Suède avec Peter Von Poehl et un cahier des charges oulipien (« mettre un élément new wave dans chaque chanson »), Delerm revient chaudement entouré sur ce quatrième album qui a bénéficié du concours de deux des arrangeurs les plus cossus de l’hexagone. Jean-Philippe Verdin (Readymade) fait virevolter un genre de mento à la Specials (Je pense à toi) en lui accouplant vibraphone, cloches et clavecin pour finir dans l’irréelle dimension de Jacques Demy/Michel Legrand période Peau d’âne. Remi Galichet (Diving with Andy) soigne des cordes en chambre qui calfeutrent la voix et les somptueuses mélodies de Delerm dans les mêmes songes que ceux de Neil Hannon.

Au casting également, les cuivres solaires de Ibrahim Malouf ou les claviers impertinents d’Albin de La Simone agissent comme autant de petits miracles à l’intérieur d’un grand : le talent inouï de Delerm pour encapsuler en trois minutes des sensations et des émotions que l’on mettrait soi-même des années à réunir. Tout le Melville du Samouraï tient ainsi dans son époustouflant Et François de Roubaix dans le dos, toute l’Angleterre des années 80 dans son Martin Parr, toute la violence des renoncements à la frivolité de la jeunesse passe comme un souffle à travers son Shea Stadium.

Comment fait-il pour frapper toujours aussi juste ? « J’aime vraiment la notion de fluidité liée à la chanson, donner l’idée que les choses sont écrites au fil de la plume. En réalité je suis assez laborieux. J’ai un cahier par chanson et je reviens parfois des dizaines de fois sur un texte, je prends de l’élan en repartant au début et souvent je cale devant le même obstacle. Du coup je n’ai jamais un texte d’avance, pas trop d’idées, je les exploite toutes à fond. »

Une vague dominante « new yorkaise » distingue cette fois l’album des précédents, et il va sans dire que le New York de Delerm a plus à voir avec Woody Allen qu’avec Scorcese, lui qui ose une chanson presque gaie sur le 11 septembre (Allan et Louise) ou qui dépeint un drame intime sous l’apparente banalité d’une visite d’appartement (North avenue). On comprend mal dès lors pourquoi tout le monde ne lui dit pas I love you.

Christophe Conte
23 novembre 2008


http://www.lesinrocks.com/?id=59&tx_news%5Bnotule%5D=210244&cHash=1
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MessageSujet: Re: VINCENT DELERM   Mar 24 Fév - 16:35




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Delerm et la manière









Chaque lundi à la Cigale, et en tournée, le chanteur présente un spectacle drôlement intelligent, où prédomine l’univers cinématographique.

Vincent Delerm en tournée française et chaque lundi à la Cigale, 120, bd de Rochechouart, 75018. Jusqu’au 30 mars. CD : Quinze Chansons (Tôt ou tard).

«Tous les acteurs s’appellent Terence/ Tu vois un peu l’époque l’ambiance/ Hollywood après guerre piscine bref tu vois/ Dans quarante ans les maquilleuses/ Diront la période fabuleuse…»

C’est la même composition qui ouvre Quinze Chansons, le quatrième album de Vincent Delerm, sorti le 3 novembre, et son nouveau spectacle, qui commence à circuler entre Paris, les lundis, et la province.

Or, Tous les acteurs s’appellent Terence se pose là pour situer d’emblée la prégnance de l’univers visuel (cinéma, mais également photo, pub télé), tel qu’il s’affirme plus que jamais sur scène chez celui qui s’est jadis fait connaître en déclarant sa flamme à Fanny Ardant (et moi)




Vincent Delerm en tournée française et chaque lundi à la Cigale, 120, bd de Rochechouart, 75018. Jusqu’au 30 mars. CD : Quinze Chansons (Tôt ou tard).

«Tous les acteurs s’appellent Terence/ Tu vois un peu l’époque l’ambiance/ Hollywood après guerre piscine bref tu vois/ Dans quarante ans les maquilleuses/ Diront la période fabuleuse…» C’est la même composition qui ouvre Quinze Chansons, le quatrième album de Vincent Delerm, sorti le 3 novembre, et son nouveau spectacle, qui commence à circuler entre Paris, les lundis, et la province.

Or, Tous les acteurs s’appellent Terence se pose là pour situer d’emblée la prégnance de l’univers visuel (cinéma, mais également photo, pub télé), tel qu’il s’affirme plus que jamais sur scène chez celui qui s’est jadis fait connaître en déclarant sa flamme à Fanny Ardant (et moi).

La première rencontre majeure de Vincent Delerm avec le public parisien a eu lieu en 2002 à la Cigale, consacrant sa reconnaissance populaire après qu’on l’eut filé à l’Européen. A l’époque, la formule piano-voix suffisait à faire des étincelles. Depuis, Vincent Delerm a sorti d’autres disques, élargi sa palette sans geste brusque et conservé à peu près intacte (à peine s’il ne donne pas l’impression de vouloir l’entretenir) la fracture entre partisans et détracteurs.

Port d’attache. De tournée en tournée, il a aussi développé une relation fidèle avec la Cigale, au point que la salle de Pigalle fait dorénavant figure de port d’attache où, entre deux virées (Saint-Barthélemy-d’Anjou, Bordeaux, Vichy…), le chanteur accoste à une cadence hebdomadaire.

«Il s’est passé des trucs depuis la dernière fois qu’on est venus dans cette salle, ironise d’emblée le chanteur. On avait un autre Président et on ne pensait pas qu’on pourrait faire pire, Laure Manaudou était la sportive préférée des Français…»

Sombre et sobre, la tenue est la même. Mais le style s’est encore affirmé. Affiné, affermi.

Dorénavant accompagné de deux musiciens d’une fiabilité égale, Ibrahim Maalouf et Nicolas Mathuriau - qui circulent entre trompette, batterie et claviers -, Vincent Delerm a les coudées franches pour développer un projet qui, deux heures durant, se singularise par un mélange permanent d’intelligence et de finesse.

Habillage. D’une exquise drôlerie, Vincent Delerm aime à cultiver la nostalgie surréférencée (Et François de Roubaix dans le dos, Deauville) pour, mine de rien, mieux décocher quelques flèches dans un registre «engagé» où il n’a pas la réputation de faire son marché («Sur les affiches UMP, il fait si chaud/Les caméras de surveillance/ Il y a du soleil sur la France», Il fait si beau, extrait 2006 des Piqûres d’araignée).

Swing léger et fredonnement distingué, que le chœur féminin des anonymes ne demande qu’à investir, sont au service d’une des écritures les plus caractérisées de ces dix ou vingt dernières années.

Vincent Delerm a sélectionné environ vingt-cinq titres pour ce récital 2009, dont un bon tiers extraits du nouvel album. Musicalement, bien que lancée depuis peu, l’affaire tourne déjà rond. Mais c’est au moins autant l’habillage qui marque les esprits. Pour accompagner des chansons qui, souvent, ressemblent à des synopsis, les trouvailles crépitent, du décor et de l’écran, qu’on rechigne à trop dévoiler.

En guise de bande-annonce - cohérente avec la démarche - on dira juste que, chemin faisant, il sera question du lion des studios de la MGM, d’un vrai-faux film muet en noir et blanc admirablement pastiché, et de l’exhumation d’un gisement inestimable de vieilles pubs ciné des années 70 (Bahlsen, Rouen Tapis, les Pépinières de Haute-Normandie à Isneauville…), qui, à l’instar du reste, rendent la fréquentation du concert à peu près essentielle.

http://www.liberation.fr/culture/0101321174-delerm-et-la-maniere







Les escales musicales de Vincent Delerm

Actuellement en tournée, le chanteur fait étape, tous les lundis, à Paris avec un spectacle qui mêle chansons, théâtre et cinéma.

Vincent Delerm s'est imposé sur scène, avant la parution de son premier album.

C'est sur les planches que se goûte le mieux l'art de ce chanteur catapulté chef de file de la nouvelle chanson française. Le trentenaire présentait, lundi, la première date parisienne de sa tournée, à La Cigale.

Avant d'être chanteur, Delerm se destinait au théâtre. Il a aussi écrit son mémoire de ­maîtrise sur François Truffaut. On ne sera dès lors pas étonné de la ­place occupée par le cinéma et le théâtre dans sa mise en scène. Après s'être longtemps produit seul au piano, Delerm se présente désormais avec deux multi-instrumentistes (trompette, vibraphone, claviers, batterie).

Ombres chinoises, pubs des années 1970, parodie de film muet, les éléments visuels ­permettent de compenser la faiblesse du chanteur : sa voix. Delerm se montre volontiers mordant. « Que ceux qui pensent que Rachida Dati a repris le travail trop tôt lèvent la main s'ils veulent entendre la chanson suivante », dit-il ainsi, comme pour couper court à son image un peu lisse.

Plus loin, Marc Lévy, Max Gallo ou Patricia Kaas sont brocardés. Ailleurs, il rend hommage au photographe britannique Martin Parr, au compositeur François de Roubaix ou au cinéaste Jacques Tati, désamorçant au passage sa réputation d'adepte du name dropping. « Les gens me disent, “quand même vos spectacles, c'est très référencé” ».

Sa reprise de L'amour en fuite lui permet d'évoquer deux de ses maîtres absolus d'un coup : Truffaut, réalisateur du film, et Souchon, auteur du titre.
Par trop artificiel, le duo virtuel avec la voix préenregistrée du ­chanteur ne fonctionne pas. C'est le seul moment de faiblesse d'un spectacle fluide et inspiré, qui couvre habilement les quatre albums de l'artiste, en s'appuyant majoritairement sur son dernier en date, ce miracle d'équilibre qu'est Quinze chansons.

En continuant à tracer un sillon bien à lui, Delerm s'éloigne un peu plus chaque jour du tout-venant de la chanson et confirme qu'il est fait pour durer.

La Cigale, tous les lundis, jusqu'au 30 mars, et en tournée.


http://www.lefigaro.fr/musique/2009/02/13/03006-20090213ARTFIG00482-les-escales-musicales-de-vincent-delerm-.php



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MessageSujet: Re: VINCENT DELERM   Sam 11 Juil - 15:22




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Les bracelets rouges à la piscine
J'ai passé l'âge de regarder
Les filles juste en face des cabines
Qui accrochent, décrochent les paniers
C'est bon, ça va, j'ai plus quinze ans
Un été dans une ville
De soixante dix-huit mille
Cinq cent quarante-trois habitants
Le départ de Lucile
Je nage en y pensant
Seul dans le centre ville, j'attends

Mélange de shampoing et d'urine
Sur mini-carrelage bleu vaguement
Lorsque mes épaules dégoulinent
Le bracelet défait, je le rends
C'est bon, ça va, j'ai plus quinze ans
Un été dans une ville
De soixante dix-huit mille
Cinq cent quarante-trois habitants
Les soirées sans Lucile
Je nage en y pensant
Seul dans le centre ville, j'attends

Et dans le reflet des berlines
Un bronzage un peu différent
Dans les yeux des filles des cabines
Je suis très vieux, je suis très blanc
C'est bon, ça va, j'ai plus quinze ans
Un été dans une ville
De soixante dix-huit mille
Cinq cent quarante-trois habitants
Seul dans le centre ville, j'attends

Album Quinze chansons 2008





Découvrez Vincent Delerm!



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MessageSujet: Re: VINCENT DELERM   Sam 11 Juil - 15:38




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FRANCOFOLIES DE LA ROCHELLE :

Le grand numéro de Delerm







Les 25e Francofolies de La Rochelle se sont ouvertes hier avec, notamment, une soirée anniversaire réunissant une brochette de vedettes (Tryo, Souchon, Aubert...). Mais la plus belle surprise de la soirée est venue d'un autre concert, donné par un homme qui n'était pas convié à la fête des 25 ans : Vincent Delerm.

A priori, l'événément était sur la grande scène, en plein air, devant plus 10 000 personnes : c'est là que se tenait à partir de minuit la très tardive célébration des 25 ans des Francos, sous l'étonnant houlette de Tryo - le groupe de néo reggae conviant des artistes qui eux, ont vraiment marqué l'histoire du festival, comme Souchon, Thiéfaine, Arthur H. ou Aubert ; fête de famille classique, huilée, mais sans âme et sans grand intérêt.

C'est ailleurs, et bien plus tôt, qu'a eu lieu le concert le plus excitant de cette soirée d'ouverture : celui de Delerm au Grand Théâtre. Lui dont les chansons sont a priori si sages et si conventionnelles a totalement éclaté les codes du récital ; mieux, il les a réinventés.

Dans un décor mouvant digne d'un plateau de cinéma, avec ses fausses façades, sa guirlande de lampions, sa kyrielle d'accessoires, son escalier de music hall, le chanteur cabotin n'a cessé d'alterner les rôles : Delerm a chanté, bien sûr, mais il a aussi beaucoup parlé – au point de jouer le conférencier derrière un pupitre.
Il nous a projeté des extraits de films – Truffaut, Lelouch. Il nous a montré de vieilles publicités à l'irrésistible désuétude, se pliant partout à une mise en scène simple et efficace. Dosage parfait de nostalgie et de dérision, y compris envers son public ; une surprise à chaque coin de chanson.

Ceux qui avaient vu le spectacle l'hiver dernier, lors de sa création à La Cigale, n'ont guère été surpris : c'est le même, légèrement resserré (et désormais très rodé), que Delerm vient de présenter à La Rochelle.
Mais c'est justement cela, qui est étonnant : d'ordinaire, ce genre de production est bien trop lourd pour sillonner la France, surtout les festivals, où la succession des artistes et la rotation des plateaux interdit les installations si sophistiquées.
Les artistes ont donc tendance à réserver à la capitale leurs formules les plus riches.
Delerm a refusé d'alléger la sienne en province, et une fois n'est pas coutume, les Francos lui ont permis d'investir le Théâtre avec tout son barda.

Festival bien inspiré : la salle, pleine à craquer, fut d'abord un brin réservée, sans doute interloquée, avant de basculer toute entière dans la fantaisie de ce cérébral inventif. Delerm a fait son grand numéro aux Francos, qui lui ont répondu par une ovation, méritée.

http://www.telerama.fr/musique/le-grand-numero-de-delerm,45086.php



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MessageSujet: Re: VINCENT DELERM   Sam 26 Déc - 17:15



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Vincent Delerm pour "23 janvier-18 juillet 2009"









Vincent Delerm vient aujourd’hui présenter son livre DVD "23 janvier-18 juillet 2009", sorti chez Tôt ou Tard.

"23 janvier-18 juillet 2009" est un objet hybride comportant un livre de 144 pages avec photos et textes de tournée de Vincent Delerm, ainsi que le DVD du concert enregistré au Bataclan en juillet 2009 et ses bonus.

Une façon de se plonger dans la tournée et l’univers intime et assez déjanté de Delerm.



Livre-DVD live :
- Un livre de 144 pages avec photos et textes de tournée de Vincent Delerm
- Un DVD avec le concert au Bataclan en juillet 2009 et des bonus

Contenu du DVD :

Tous les acteurs s'appellent Terence
Dans tes bras
Jamais prendre de risques à Paris
Le monologue Shakespearien
Le cœur des volleyeuses bat plus fort pour les volleyeurs
Il fait si beau
L'heure du thé
Il y a un temps pour tout
Lincoln Palace
L'amour en fuite
Tes parents
La vipère du Gabon
Et François de Roubaix dans le dos
Martin Parr
Fanny Ardant et moi
A Naples il y a peu d'endroits pour s'asseoir
Na na na
Quatrième de couverture
Un tacle de Patrick Vieira n'est pas une truite en chocolat
Les piqûres d'araignée










Vincent Delerm était l’invité de Vincent Josse dans Esprit critique sur France Inter (09h10 - 15 décembre 2009).






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MessageSujet: Re: VINCENT DELERM   Dim 28 Fév - 21:33

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Vincent Delerm - La Ballade de Johnny Jane (TV5 Acoustic Spéciale Serge Gainsbourg)







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MessageSujet: Re: VINCENT DELERM   Mer 7 Juil - 2:42

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MessageSujet: Re: VINCENT DELERM   Mer 16 Nov - 21:37



Vincent Delerm - Memory


Du 6 décembre 2011 au 30 décembre 2011
Théâtre des Bouffes Du Nord








Il y a toujours eu du théâtre dans les spectacles de Vincent Delerm. Depuis dix ans, ses quatre albums ont été prétextes à mettre en scène les déambulations d'un personnage noir et blanc, ses pensées intérieures, son cinéma muet. C'est l'inverse cette fois-ci.


« Memory » est un spectacle de théâtre, prétexte à présenter des chansons, écrites pour ce projet et ne figurant sur aucun album. Elles accompagnent la vie et les questionnements de Simon que Vincent Delerm interprète, accompagné du multi-instrumentiste Nicolas Mathuriau.


Simon s'interroge sur le temps qui passe, sur la façon dont les modes se démodent, sur ce que nous attendons d'une existence, sur ce qui permettrait de ne pas se retrouver un beau soir «blanchi comme un cheval fourbu et glacé dans un lit de hasard».

« Avec le temps » est sa chanson préférée mais elle lui fait tellement d'effet qu'il ne supporte de l'écouter que dans sa version italienne, en été, sur un radio-cassette de voiture qui fait passer la bande un peu au ralenti.


« Memory » parle de notre rapport au temps, aux âges de la vie et à la disparition.

Avec la complicité artistique de Macha Makeïeff et la participation vocale et amicale de Woody Allen.


http://www.bouffesdunord.com/Saison/Fiche_Spectacle:130935099583




Memory Delerm, avec le temps

Armelle Heliot pour Le Figaro







Vincent Delerm raconte son nouveau spectacle Memory : l'odyssée de Simon, qui s'interroge sur le temps qui passe, le sens de la vie, la disparition.

Grave et léger.


«Je n'ai jamais eu le sentiment d'être très loin du théâtre en composant mes chansons. En dix ans, j'ai signé quatre disques, j'ai fait quatre tournées : le spectacle était constitué de 1 h 20 de musique et de chansons et de 20 minutes d'autre chose.


Du jeu, de l'interprétation, un personnage. Avec Memory , je vais plus loin. Il s'agit de vraiment théâtre, mais la musique, les images, la chanson y ont une place essentielle. J'admire Jean­Baptiste et Victoria Thierrée et leur Cirque ­invisible , car toutes les formes de la représentation sont convoquées et l'on va du rire à l'émotion, de la prouesse à la simplicité, d'un même mouvement. C'est ce dont je rêve pour Memory.


Au départ, Olivier Poubelle m'avait demandé de brèves interventions lors de la présentation de saison des Bouffes du Nord, dont il est codirecteur avec Olivier Mantéi. Je m'étais amusé… et cela nous a conduits à ce projet, sous le regard et les conseils de Macha Makeïeff, présente ce jour-là !



Si l'on peut définir un argument, ce serait le chemin de Simon, un homme qui se pose des questions sur le temps qui passe, sur le sens de sa vie. J'interprète Simon, accompagné d'un musicien multi-instrumentiste, Nicolas Mathuriau.
J'ai un piano droit, moins imposant que ceux de mes concerts, et je joue et chante une dizaine de chansons, toutes inédites. Je suis loin d'être seul dans cette aventure qui me plaît… En prologue, on entend la voix de Woody Allen qui a accepté d'enregistrer un texte pour le spectacle et, en ouverture, Olivier Broche passe à la radio…


Ensuite, on passe dans la ville, figurée en décor léger et dans les lumières de Nicolas Maisonneuve. Il y a beaucoup d'images dans ce spectacle et notamment des films familiaux, anonymes, en super-huit, que j'ai achetés. On danse, on chante au cœur de fêtes, mariages, communions. Moi, j'ai filmé des fêtes foraines… C'est la vie, notre “mémoire” commune qui passe, pour moi, par Avec le temps de Léo Ferré… »
Le théâtre, un vrai chemin



«Le théâtre a toujours été présent dans ma vie. Nombre de mes amis sont comédiens, metteurs en scène et, dans tous mes spectacles de chanson, le théâtre a eu sa part. J'ai joué une première pièce que j'avais écrite, intitulée Enfin toujours est-il que voilà, en 1997. C'était très confidentiel !

Sept ans plus tard, Sophie Lecarpentier a mis en scène au Rond-Point Le Fait d'habiter Bagnolet. C'est Marie Payen et Frédéric Cherboeuf qui jouaient… avec Sébastien Trouvé, bruiteur.»



Vincent Delerm : Memory, Bouffes du Nord, 37 bis, boulevard de la Chapelle (Xe) Tél. : 01 46 07 34 50 . Horaires : 21 h du mardi au samedi. Places : de 18 à 28 €. Durée : 1 h 40. Du 6 au 30 décembre, puis en tournée.




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MessageSujet: Re: VINCENT DELERM   Mer 7 Déc - 23:35


Top of the potes: rencontre avec les grands leaders de la "nouvelle scène française"




De gauche à droite: Sanseverino, Keren Ann, Benjamin Biolay, Camille, Vincent Delerm et Jeanne Cherhal.


Dix ans après leur éclosion, les grands leaders de la "nouvelle scène française", Camille, Benjamin Biolay, Vincent Delerm et les autres prennent la pose en exclusivité pour L'Express.



C'est la photo de classe, dix ans après, de la promo 2001-2002. Une génération d'auteurs, compositeurs et interprètes qui a surgi comme un antidote aux candidats préfabriqués de la Star Academy.

Réunis sous le label "nouvelle nouvelle chanson française" ou "nouvelle scène", Vincent, Camille, Keren et les autres n'avaient pourtant pas grand-chose en commun, sinon le fait d'émerger simultanément, d'avoir entre 20 et 30 ans, et de chanter leur vie d'une façon décomplexée.

Comme, avant eux, l'avaient fait Souchon, Chatel, Simon, Jonasz et tous ces cadors de la "nouvelle chanson française".

Leurs premiers albums avaient le charme de la première fois, des brouillons bouillonnant de leurs CD à venir. Très vite, le tam-tam de leurs états d'âme a résonné, des Victoires de la musique aux plateaux de télévision.
D'où tableaux d'honneur et disques d'or, d'un côté; attaques et caricatures, de l'autre. Magyd Cherfi, ex-Zebda, a même consacré, en 2007, une rengaine ironique au phénomène des chanteurs bobos: Bénabar ou Delerm.

Depuis, une décennie a coulé sous le pont de la chanson. Chacun a creusé son style. Certains ont décidé de chanter en anglais, provoqué des embardées vers le cinéma ou le théâtre.


Des amitiés sont nées à l'intérieur de cette bande, bientôt rejointe par Cali ou Olivia Ruiz.

Et des inimitiés: Bénabar n'a pas souhaité se joindre à cette photo de groupe réalisée en exclusivité pour L'Express. Durant la séance, Camille a fait des abdos, Keren Ann a invité ses collègues à danser, Sanseverino et Benjamin Biolay ont lancé des vannes, Jeanne Cherhal a joué de l'"air guitare".

Quand ils ont entonné Michèle, de Gérard Lenorman, c'est Vincent Delerm qui a soufflé les paroles. A chacun ses trucs, à chacun son portrait.

Le temps des copains, le temps du premier bilan.



....................................................................../.............................................................................




Vincent Delerm, fort en t'aime






Une série de chansons de chambre dans l'air du temps et de Ménilmontant, portées par un tube piano-voix (Fanny Ardant et moi) l'ont propulsé d'emblée, en 2002, au sommet.
Le public applaudit sa mélancolie joyeuse et la cinéphilie qui teinte ses textes - son mémoire de maîtrise de lettres portait sur "Le cinéma de François Truffaut est-il littéraire ?".

Très vite le nom de Delerm fils est sur toutes les lèvres. "A un moment, j'étais même devenu pour beaucoup le mec énervant", analyse-t-il.
L'ami Vincent a su se révolutionner en tentant des exercices plus électriques façon Divine Comedy. Mais pas que.
Tourné depuis toujours vers la lumière et les théâtres, ce citadin vagabond photographie la ville (un livre, Probablement), écrit des pièces et des spectacles avec monologues, chansons et vidéos.

Le dernier s'intitule Memory: "L'histoire de Simon, un névrosé, un angoissé, et de son rapport au temps. Le passé m'intéresse, non pas sous l'angle nostalgique, mais parce que les événements justement passés sont concrets et précis." C'est dit.


Memory. Au théâtre des Bouffes-du-Nord, Paris (Xe), jusqu'au 30 décembre. Et en tournée.

http://www.lexpress.fr/culture/musique/top-of-the-potes-rencontre-avec-les-grands-leaders-de-la-nouvelle-scene-francaise_1058515.html

Livre-CD pour enfants: Léonard a une sensibilité de gauche (toto Ou tartare).


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MessageSujet: Re: VINCENT DELERM   Ven 9 Déc - 19:00

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  Entretien

“Tête à claques”, Vincent Delerm ? Tout l'inverse !
Sincère, disert, ouvert, le chanteur innove en se lançant, aux Bouffes du Nord, dans un spectacle original, où il fait aussi l'acteur.


Avec “Memory”, Vincent Delerm ose le spectacle total








Voix nonchalante, textes introspectifs. Ses concerts étonnants, chaleureusement distanciés, avec des touches de comédie, réinventaient le récital de chansons.
Miniatures littéraires truffées de précieuses citations pour les uns, intimisme nombriliste pour les autres, le style de Vincent Delerm, lauréat des Victoires de la musique en 2003, dès son premier album, ne laissait personne indifférent.
Entre pop ouvragée et arrangements hors d'âge, avec une manie de la référence héritée de ses aînés Souchon ou Renaud, ses observations caustico-tendres du quotidien et des émotions de ses proches ont défini un certain air du temps.



Le chanteur provincial au look soigneusement négligé, fils de l'écrivain Philippe Delerm, est devenu, à son corps défendant, la voix des bobos. Un talent reconnu et pas mal de malentendus plus tard, il s'installe un mois durant aux Bouffes du Nord, à Paris, pour un ambitieux spectacle, Memory, dans lequel il s'expose enfin vraiment, réglant élégamment quelques comptes avec lui-même en questionnant notre rapport au temps.

Une performance totale, mise en scène avec le concours de Macha Makeïeff, où le jeu d'acteur, le texte et la vidéo occupent la part belle aux dépens de la chanson.


Entretien bilan avec un incorrigible charmeur, délicatement sûr de lui, qui a le mérite, à 35 ans, de s'interroger, de chercher à innover, en se mettant, doucement, en danger.


L'année prochaine, vous fêterez les 10 ans de votre premier album. Comment vous positionnez-vous vis-à-vis de votre génération de chanteurs ?


Pour beaucoup, cette génération se résume à Delerm, Bénabar, Sanseverino, Cali... Pour moi, ce sont surtout d'autres artistes qui font des choses que j'adore, mais que l'on entend peu, comme Bertrand Betsch ou Florent Marchet.
Au début des années 2000, il y a eu un phénomène dans les médias : « Ça fait longtemps qu'on n'a pas parlé de chanson. Et si on faisait un sujet là-dessus ? »
C'est toujours plus facile de créer une tendance en réunissant plusieurs noms. Mais ce type de chanson, assez intimiste, existait depuis un moment. Si le premier album de Julien Baer était sorti en 2003 et non pas six ans plus tôt, il aurait sans doute été propulsé chef de file de cette nouvelle chanson française.


Votre succès a beaucoup agacé...


A cause de mon côté tête à claques... et de ma voix ! A cette époque, j'avais fait beaucoup de petites scènes, mais je n'avais jamais mis les pieds dans un studio d'enregistrement ; et sans doute en ai-je rajouté dans l'interprétation pour me faire remarquer, pour faire l'intéressant.
Cela dit, l'histoire de la chanson française est très particulière : elle est justement faite d'artistes aux styles vocaux très étranges – c'est même ce qui aide à entrer dans leur univers. Renaud, Moustaki, Brassens... Plus que des chanteurs, ce sont des personnages, qui ont suscité une empathie.



“Chaque fois que j'ai rencontré des types qui m'avaient dézingué, ils me ressemblaient.
Il y avait une proximité, comme si l'idée que je pouvais incarner ce qu'ils étaient les horripilait.”





Vous avez souffert du rejet dont vous avez fait l'objet ?



C'était blessant, mais aussi assez flatteur. Les gens qui me connaissaient bien s'étonnaient, autant que moi, de l'image que je renvoyais. On disait que je n'étais pas franc, que j'étais fuyant. Ma seule réponse a été de faire une pochette de disque sur laquelle je regarde bien en face [pour le troisième album, NDLR]. Mais, dans l'ensemble, j'ai été très soutenu par les médias.


Il y a juste eu quelques attaques... violentes, et qui ont pris une certaine importance. Comme cette femme qui m'avait alpagué dans le métro, disant que je ne chantais pas mais que je vomissais.
C'était impressionnant, elle l'avait crié très fort ! Une autre fois, un éditorialiste avait souhaité ma mort... ce qui allait quand même un peu loin, pour de la chanson. Puis il y a eu le livre J'aime pas la chanson française, du dessinateur Luz, qui avait fait de moi sa tête de Turc.


On a envie de comprendre tout ça. Or chaque fois que j'ai rencontré des types qui m'avaient dézingué, ils me ressemblaient, avec une petite veste en velours comme j'en portais à l'époque !
Ce n'étaient jamais des brutes avec des tatouages de Johnny sur le bras. Il y avait une proximité, comme si l'idée que je pouvais incarner ce qu'ils étaient les horripilait. C'est curieux.



Votre écriture, avec ce souci du quotidien, a aussi été très critiquée...


Le mot « quotidien » est en effet beaucoup revenu. J'aimais bien – et j'aime toujours – m'inspirer de détails pour écrire, mais c'est toujours pour témoigner d'une émotion ou d'un sentiment plus large. Comme ensuite il y a eu pas mal d'autres chanteurs avec des textes du genre « Tiens, j'ai revu ma copine d'école », on nous a tous mis dans le même sac.
Ce fut l'embrouillamini sur l'anecdotique. Ça a l'air prétentieux, mais j'ai eu un peu la sensation de payer pour les autres.




Aujourd'hui, en tout cas, vous présentez un spectacle atypique, Memory, pas du tout un récital de chanson...



Je ne cacherai pas qu'il y a de l'orgueil chez moi à vouloir faire un spectacle qui soit bien... et même plus ! Celui-ci est très théâtral : il n'y a que huit chansons – que je n'enregistrerai pas – et un personnage de fiction, que j'incarne. A vrai dire, quand j'étais plus jeune, je voulais faire du théâtre... mais je n'étais pas très doué. Mes potes étaient capables de jouer des rôles variés ; moi, je ne pouvais jouer que mes propres pièces. Du coup, je suis allé vers la chanson, parce que j'y faisais vivre mes textes. Mais seul, au piano, avec ma façon de chanter, j'ai tout de suite pensé que ce serait limité sur scène. J'ai donc voulu très vite proposer autre chose, avec des voix off, pour que les spectacles soient plus vivants. Memory est une suite logique.



“J'ai surtout écouté Yves Simon, Alain Souchon et toute leur génération.
J'aimais ces types, nourris de pop anglo-saxonne, qui ont essayé de la faire
vivre en français.
Ils ont inventé autre chose.”




C'est drôle de penser que vous avez commencé par la guitare et le rock gothique...



Qui n'a pas tenté de faire un groupe de rock dans sa jeunesse ?
J'aimais beaucoup The Cure et la scène un peu dépressive française, avec Marc Seberg. Le style : « Je marche au bord de l'étang et je vais me jeter dedans ». J'étais dans une phase assez extrême, toujours fourré au rayon cold wave (1) de la Fnac.

Il y avait des groupes indus assez flippants, comme Das Ich, des Allemands avec des crêtes, un vrai truc de secte. C'était séduisant, avec un son bizarroïde, très réverbéré. J'avais l'impression de pouvoir y arriver, moi aussi, sur un magnéto quatre pistes. J'ai aussi été très fan de The Divine Comedy... mais c'était difficile de chanter « lyrique » comme Neil Hannon !

Les gens imaginent souvent qu'on choisit son style, alors qu'en fait on fait ce qu'on peut, on suit sa pente naturelle. Heureusement, d'ailleurs. J'ai toujours été touché par le ragtime, par exemple. J'ai toujours adoré le cinéma muet, et toutes les références culturelles qu'on retrouve dans mes chansons.



Et la chanson française ?


C'est un manque de culture que de parler de « la chanson française » en mettant tout dans le même sac. Avec le catalogue Saravah [label historique d'Higelin ou de Brigitte Fontaine, NDLR] et des choses plus expérimentales encore, elle couvre un champ très vaste.

Catherine Ribeiro fait de la chanson, et elle ne ressemble à rien d'autre ! « La chanson française », ça ne veut rien dire. Ne pas l'aimer en bloc, non plus.
Personnellement, j'ai assez peu écouté Brel et Brassens – Barbara, en revanche, beaucoup. En fait, j'ai surtout écouté Yves Simon, Alain Souchon et toute leur génération. J'aimais ces types, nourris de pop anglo-saxonne, qui ont essayé de la faire vivre en français. Ils ont inventé autre chose.





Photo : Jean-François Robert pour Télérama.




Vous avez été élevé dans une sacralisation de l'artiste ?



Pas du tout, parce que, au-delà de mes parents [son père écrivain et sa mère illustratrice, NDLR], j'ai toujours vu autour de moi des gens qui écrivaient des bouquins tout en ayant un boulot à côté.

En France, c'est le lot de tous les écrivains – à part les vingt ou trente qui vivent de leur plume. J'ai plutôt été élevé dans l'idée qu'il était naturel de faire des choses artistiques, mais intégrées au quotidien.



”J'aime beaucoup jouer sur le rapport à la province.
Quand on fait un spectacle à Paris et qu'on cite sonvillage d'origine, ça fait toujours rire le public – même
si, en grande partie, il vient aussi des régions !”





Le succès soudain de votre père vous a-t-il marqué ?


J'avais 20 ans et c'était dingue. Le succès tardif, il n'y a pratiquement qu'en littérature qu'il puisse arriver : en chanson, un type commence rarement à cartonner à 47 ans ! C'était d'autant plus extraordinaire qu'il s'agissait de mon père !

Bien sûr, je savais qu'il faisait des bouquins, je l'avais accompagné au Salon du livre, où il n'y avait pas grand monde pour les dédicaces. Et, d'un seul coup, il se retrouve à Nulle part ailleurs ! C'était bizarre et incroyable. Son succès, je l'ai vécu plus intensément que le mien.

A la fac, je suis devenu une star parce que j'étais le fils du mec qui avait écrit La Première Gorgée de bière. Ça m'a aussi beaucoup appris : longtemps, mon père s'était forcé à écrire des romans parce que son éditeur le poussait à viser le Goncourt.
Un jour, il a lâché cette ambition pour faire ce qu'il aimait vraiment : des textes courts. C'était sa pente naturelle. Et ça a marché. Ça fait réfléchir.




Pour un fils unique, les « people » que vous citez dans vos chansons sont autant de frères et sœurs imaginaires ?



C'est sûr qu'il y avait de la place : adolescent, je vivais à la campagne, près de Rouen, j'avais le temps de fantasmer.
D'ailleurs ça a dû me marquer : j'aime beaucoup jouer sur ce rapport à la province. Vous avez remarqué : quand on fait un spectacle à Paris et qu'on cite son village d'origine, ça fait toujours rire le public – même si, en grande partie, il vient aussi des régions !
Dans mon nouveau spectacle, chaque fois que le personnage fait allusion à la province, on balance des rires enregistrés.




“C'est très délicat de parler de ce qui nous a construit sans donner le sentiment de se complaire dans la nostalgie.
J'en ai un peu bavé sur ce terrain.”





Justement, ce spectacle, Memory, de quoi parle-t-il ?


J'y incarne un homme qui, comme tout le monde, se pose la question du temps qui passe. Au début du spectacle, on le voit écouter une émission de radio qui fustige ceux qui se replient sur le passé au lieu de s'ouvrir aux autres...
C'est un choc. Mon personnage va alors faire des allers et retours entre chez lui et l'extérieur, en se forçant un peu. C'est prétexte à plein de séquences, de fausses expos, de faux films, des scènes que je joue en direct et qui, toutes, posent la question de notre rapport au temps et à l'époque.


On entend souvent dire qu'il faut regarder vers l'avant pour ne pas mourir. Ici, j'ai voulu confronter des lieux communs : la volonté d'être toujours tourné vers l'avenir, et l'instinct – le mien, supposément – d'être replié sur le passé.

C'est très délicat de parler de ce qui nous a construit sans donner le sentiment de se complaire dans la nostalgie. J'en ai un peu bavé sur ce terrain : je n'ai pas écrit la chanson Les Filles de 1973 parce que je voulais retrouver mon cartable de lycéen et faire ma rentrée en seconde. Je n'ai pas forcément bien su exprimer mon rapport au temps dans les chansons.



La chanson a ses limites ?


En vieillissant, j'ai envie que les gens assistent à un spectacle plus global, plus riche. S'ils n'aiment pas, au moins, il n'y aura pas de malentendu. Avec une chanson, on court toujours ce risque : en trois minutes, tout est plié. Les gens adorent ou détestent. Et trop de choses jouent : la gueule du chanteur, son apparence, son attitude à la télé... Des choses très anecdotiques, qui parasitent énormément la perception que les gens ont de soi et de ce qu'on fait.




“A la télé, coincé sur notre chaise, avec un gros plan sur le visage, on se retrouve obligé de rire
aux blagues d'un type qui se fout de notre gueule– sinon, ça veut dire qu'on n'a pas d'humour…”




Vous êtes l'un des rares à avoir ouvertement boudé les blagues d'un humoriste à la télé, en l'occurrence Stéphane Guillon, sur Canal+. C'était prémédité ?


Bien sûr. C'est devenu une mécanique atroce : les comiques débarquent, avec le droit de tirer sur tout ce qui bouge, tout en étant complètement protégés. Et nous, coincé sur notre chaise, avec un gros plan sur le visage, on se retrouve obligé de rire aux blagues d'un type qui se fout de notre gueule – sinon, ça veut dire qu'on n'a pas d'humour ou que l'on se la pète...

C'est du terrorisme. De l'extérieur, je me suis souvent demandé pourquoi les gens ne réagissaient pas. Une fois sur place, on réalise qu'on est piégé. On est dans un tribunal, les caméras braquées sur soi. Est-on tenu de jouer ce jeu-là ? On vous répondra : « Dans ce cas, vous ne venez pas. » Ce qui, en clair, signifie qu'on est privé de promotion, et qu'on n'existe plus.



Vous avez le sentiment d'avoir un public homogène ?



Au début, on a toujours l'impression d'avoir un public très proche de soi. Et puis... Au moment de la dernière présidentielle, j'avais fait une chanson inédite, Pendant tout ce temps, pas franchement pro-Sarkozy. Je l'ai chantée à l'Olympia. Et j'ai reçu un courrier : « Qu'est-ce que vous croyez, que votre public est forcément de gauche ? J'ai voté Sarkozy et j'aime bien ce que vous faites. » Il faut l'accepter.




Justement, vous publiez un livre-disque pour enfants, Léonard a une sensibilité de gauche. Avec une vocation militante ?



Je n'avais pas le calendrier politique en tête. J'ai longtemps hésité à faire un disque pour enfants, ça peut être un piège. Anne Sylvestre souffre qu'on lui parle trop de ses Fabulettes ; on ramène toujours Philippe Chatel à Emilie Jolie.

En gros, il ne faut pas que ça marche trop ! Mais cette fois j'étais prêt, et j'avais un thème qui colle bien à la période actuelle : qu'est-ce qu'une sensibilité de gauche ?

On nous a longtemps servi la tarte à la crème selon laquelle les artistes seraient plutôt de gauche. Ces derniers temps, tout le monde dans la musique s'est décomplexé – comme la droite. Avant, donner sa musique pour illustrer n'importe quelle pub, c'était honteux ; aujourd'hui, c'est revendiqué ! Je trouvais intéressant de pointer ce glissement.



Vous publiez aussi un livre de photo...


A la fin de la tournée précédente, j'avais déjà fait un bouquin de photo, avec des textes. Ça m'avait plu, ces images complétées par des mots. Tout le monde se plaint que tout est de plus en plus formaté dans la musique, qu'il faut inventer autre chose, mais, mine de rien, c'est difficile de s'extraire d'un processus établi – studio, album, promo, tournée, etc. Les maisons de disques ont leurs habitudes, les artistes aussi. Avec ce livre, j'ai voulu aller ailleurs. J'ai 35 ans, je n'ai pas envie de faire encore dix albums qui se ressembleront.



Propos recueillis par Valérie Lehoux et Hugo Cassavetti
Télérama n° 3227


Le 8 décembre 2011



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Dernière édition par Bridget le Lun 24 Mar - 19:29, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: VINCENT DELERM   Lun 24 Mar - 19:23

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Vincent Delerm, histoires d’amour


Nouvel album, Les Amants Parallèles









Deux ans après avoir interrogé l’enfance dans son spectacle Memory, Vincent Delerm nous revient décryptant tendrement la relation amoureuse dans le cinématographique Les amants parallèles, son cinquième album studio.
Rencontre avec l'artiste.





Ça commence comme dans un film. Vincent Delerm plante le décor. Un avion atterrit dans la neige, tout est chronométré, les minutes, les soirs.
Un homme vient de rencontrer une femme et sait déjà que cette rencontre n’en restera pas là. En à peine plus de 30 minutes et en treize épisodes, alternant chansons et instants racontés (avec les participations de Rosemary Standley du groupe Moriarty et Virginie Aussiètre), vont se dérouler à notre oreille, les étapes d’une histoire d’amour sur plusieurs années.



A notre oreille, mais aussi sous nos yeux, de façon fantasmatique. Car, au-delà des photos personnelles du chanteur qui illustrent le livret, la pochette en noir et blanc et le titre, déjà, interpellent.

Les Amants parallèles auraient pu s’appeler Un homme et une femme, ne peut-on s’empêcher de penser. "Je vois très bien parce que dans Un homme et une femme, il y a beaucoup de fragments de choses : dans la musique de Francis Lai (hormis "Chabadabada..."), dans tout le thème du morceau Plus fort que nous, il y a un truc qui prend. C’est joyeux, et en même temps, ça renvoie à des trucs plus compliqués… Ce mélange-là, passer d’une émotion à une autre, c’était un truc important pour moi."










A tel point qu’on imaginerait volontiers leur auteur transposer l’histoire en images bien réelles, alors que lui non. "Ça joue sur les codes du cinéma. Même dans le son, on était dans cette idée. On a raisonné comme si c’était une bande originale. Les voix de la narration agissent comme pour recentrer l’intrigue, et permettent de la situer comme une voix off de cinéma.

C’est curieux parce que j’ai toujours fait des trucs qui flirtent avec ça : le premier album était déjà dans une ambiance similaire, avec les chansons sur Fanny Ardant, Trintignant. J’adore ça. Ça m’intéresse de créer cette sensation : ce serait fait pour le cinéma, sans y aller. Les gens complèteraient avec leur imaginaire, comme dans un cahier de coloriages. J’y ai pensé pour la scène, mais je me suis très vite rendu compte que ça ne fonctionnait pas, car il y a déjà beaucoup d’images formulées dans les textes."




Le paysage sonore en décor



On observe comment l’histoire se construit, les maladresses du début de la rencontre (Le Film), le moment où "les choses de la vie d’avant/ont disparu dans le vent" dans un texte qui bascule du passé au présent (Bruit des nuits d’été) à l’endroit où deux personnes, dont les chemins n’ont rien à voir, s’unissent.
Puis arrive l’étape des premiers souvenirs en commun (Et la fois où tu as), celle du couple qui attend l’arrivée d’un enfant (Ces deux-là).



La voix est posée, plus sereine que sur les albums précédents, créant une ambiance intime pour mieux servir une histoire intime. "Ma voix a toujours un peu évolué entre chaque disque. Là, on est dans le ton de la confidence, d’une discussion en tête à tête, comme quand on parle très tard avec quelqu’un, dans une sorte de demi-sommeil. Ce moment où on est un peu à fleur de peau et on ne sait pas déterminer si c’est bien…
Je pense qu’à pas mal d’égards sur l’histoire du couple, il y a des moments où on ne sait pas si c’est positif, joyeux, ou le contraire. Je voulais être dans ce truc un peu trouble, et il fallait que ce soit avec une voix assez unie sur le disque et assez douce à l’oreille."



Au cœur même des chansons, en accompagnement ou en alternance avec les textes parlés, la place belle est laissée à ce qu’on se figure comme l’instrument de prédilection de Vincent Delerm, le piano.
Alors que l’intention de départ était de le mettre de côté, il est utilisé ici de la façon la plus exhaustive qui soit, sous la houlette de Clément Ducol et Maxime Le Guil.




Toutes les sonorités en ont été exploitées jusqu’à ce qu’il reste l’unique instrument de l’album, sous sa forme courante ou "trafiquée" : " Je voulais au départ utiliser plus des guitares, ou des synthés, des claviers, pas le son 'piano, piano'. Clément et Maxime sont arrivés là-dessus avec une proposition spontanée. Ils m’ont filé une petite maquette, qui est le dernier titre de l’album et qu’on a d’ailleurs laissé tel quel. C’était du piano sans ressembler au piano tel que je l’avais utilisé jusqu’à présent. J’adore le côté organique du piano. J’écris les chansons en les jouant sur un piano droit avec la pédale d’appartement, donc avec un son très feutré. On retrouve ce son sur l’album, où toutes les rythmiques sont très feutrées".



Du noir et blanc des touches du piano à celui des images que chacun saura se projeter selon ce qu’il y entend, c’est avec bonheur qu’on franchit le pas.
Avec son grain de son "ténu", et sa vision romancée de ces Amants parallèles qui nous font vivre avec eux chaque moment, gravir chaque échelon de leur rencontre amoureuse, Vincent Delerm nous livre son album le plus cinématographique certes, mais sans aucun doute aussi le plus réussi.








http://www.rfimusique.com/actu-musique/chanson/album/20131129-vincent-delerm-amants-parralleles





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MessageSujet: Re: VINCENT DELERM   Lun 24 Mar - 19:51




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Les variations amoureuses de Vincent Delerm




Torride ou brisé, l'amour n'a cessé de nourrir la chanson de clichés romanesques.
En choisissant d'envisager le couple non comme un moteur à explosion, mais dans la lente réalité de son évolution et le quotidien de son intimité, Vincent Delerm réussit, avec Les Amants parallèles, son cinquième album, à renouveler très joliment le thème du duo amoureux, tout en régénérant son propre univers poétique et musical.










Car onze ans après des débuts qui avaient posé les bases d'un des styles les plus identifiables de la « nouvelle nouvelle chanson française », le champion du name-dropping et de l'humour mélancolique double ici un inhabituel parti pris thématique – dix ans de la vie d'un couple – d'un concept sonore, amplifiant la cohérence de son album.



Marqué par une expérience théâtrale qui, en 2011, l'avait vu écrire et présenter un spectacle musical, Memory, où il s'interrogeait sur la matière des souvenirs, le chanteur a choisi de persévérer dans le principe de l'unité narrative.


« D'habitude, je prends garde à ne pas trop rapprocher dans un disque les chansons de thème similaire », explique le chanteur de 37 ans, au charme estudiantin désormais grisonnant. « Cette fois, je voulais lier l'album à une histoire. »





« COBAYE »




Une rencontre a décidé de la couleur de sa bande originale. « Maxime Le Guil, l'ingénieur du son avec qui je commençais le disque, m'a parlé de Clément Ducol, un réalisateur artistique avec qui il avait un projet pour pianos préparés, adaptable à l'univers de la chanson, se souvient Delerm.


J'avais admiré le travail de Ducol avec la chanteuse Camille. J'ai bien voulu leur servir de cobaye pour un disque dont tous les sons seraient générés par ces pianos. »




Depuis toujours, Vincent Delerm chante et compose au clavier. « Je trouve qu'une intimité se crée dès que quelqu'un se met au piano », explique celui qui se dit enfant de l'album En solitaire de William Sheller, où le créateur d'Un homme heureux revisitait son répertoire, seul, derrière les touches d'ivoire.




Après avoir signé ses premières chansons au rythme de ragtime rudimentaire, l'auteur de Fanny Ardant et moi avait paré son jeu pianistique de touches d'orchestre pop (les albums Les Piqûres d'araignée, 2006, Quinze chansons, 2008).


Plongé dans les mystérieuses préparations de Ducol et Le Guil, Les Amants parallèles vibre d'une chaleur feutrée, habitée par la présence organique d'arrangements croisant intimisme et musique concrète.



Une contrebasse ou un violoncelle semblent parfois jouer en sourdine, accompagnés d'un contretemps jamaïcain, d'une percussion claudicante, sur fond de frottements, souffle ou grincements.

Chaque son ne sortant que des trois pianos préparés par ces disciples de John Cage. « Les instruments étaient trafiqués avec du scotch, de la Patafix, des jouets, un crin passé sur les cordes… s'étonne encore Delerm. Pour chaque trouvaille, l'ingénieur du son essayait plusieurs angles de micros.

Il s'agissait d'enregistrer note par note, de créer une banque de sons avec laquelle nous construisions les morceaux ».





L'ÉTRANGE SENSUALITÉ DE CE BRICOLAGE



A l'écoute – conseillée au casque audio pour en capter toutes les nuances –, on ne perçoit rien de l'aspect laborieux de cet artisanat.

Au contraire, l'étrange sensualité de ce bricolage illustre de façon touchante la fragilité, les fissures et décalages des variations amoureuses selon Delerm.



« Les histoires d'amour sont souvent traitées de façon schématique dans les chansons, remarque le chanteur. Elles sont généralement consacrées au coup de foudre ou à la rupture. Il me semblait qu'il y avait tout un entre-deux à explorer. »



Une douzaine de miniatures exposent ainsi des instants de dix ans de vie commune.
D'une délicatesse tout en ellipses, alternant chant et récit (parfois dit par une voix féminine), elles saisissent des passages symboliques (de la première nuit chez l'autre à la paternité), des moments fugaces mais essentiels, les impalpables usures, les défis de la tendresse, les codes de la complicité, tout comme cette réalité individuelle qui fait que les amants ne se rejoignent jamais tout à fait.



Le thème attire Delerm vers un chant plus intime. Il l'éloigne aussi de quelques-uns de ses tics. Pas beaucoup plus de trois noms propres (Dalida, Joe Montana, Mia Farrow…), par exemple, relevés cette fois, chez cet auteur qui a tant aimé dessiner la cartographie de ses souvenirs et de ses émotions à travers ce type de références.


« A mes débuts, l'étudiant que j'étais n'avait pas assez vécu pour décrire la vie autrement qu'à travers des références culturelles, admet celui qui consacra, étudiant, un mémoire de maîtrise à François Truffaut (« En quoi le cinéma de François Truffaut est-il littéraire »).


Quand je décrivais une chambre, j'avais en tête celle d'Antoine Doinel, quand je parlais d'une relation amoureuse, me revenaient les souvenirs de Trintignant et Françoise Fabian dans Ma nuit chez Maud, d'Eric Rohmer ».




Si ses ambiances, mélodies et décors sonores sont toujours aussi cinématographiques, la matière de son inspiration s'ancre aujourd'hui dans sa propre vie de couple. Pour des scénarios d'autant plus justes et universels.



Les Amants parallèles, de Vincent Delerm, 1 CD Tôt ou Tard/Warner.

Concerts : le 31 janvier à Villefranche-sur-Saône ; le 8 février à Béthune ; du 4 au 29 mars au Théâtre Dejazet, 41, boulevard du Temple, Paris 3e.




Stéphane Davet





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MessageSujet: Re: VINCENT DELERM   Dim 30 Mar - 14:09

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Vincent Delerm sur scène : même les allergiques pourraient aimer...








Vincent Delerm s'installe au Théâtre Dejazet tout le mois de mars. Il y donne la version scénique de ses “Amants parallèles”, mis en scène par Aurélien Bory





En attendant que les lumières s'éteignent, on s'amusait à repérer les têtes connues : Alain Souchon, Albin de la Simone, Camélia Jordana, Renan Luce – sans oublier, évidemment, Philippe Delerm...
Dès que le noir s'est fait dans la belle salle à l'italienne du théâtre Dejazet, on les a tous oubliés.


Le dernier spectacle de Delerm a le don de nous immerger dans un grand bain de mélancolie et de tendresse. Plus de dix ans après ses débuts, il signe sans doute là sa plus belle réalisation scénique.
Entre la narration à tiroir et l'évocation poétique.



Faut-il s'en étonner ? Même seul en scène, Delerm n'a jamais donné de concerts : il monte des spectacles (usant de mimiques, d'enregistrements vocaux, de vidéos...).
Avec, toujours, ce qu'il faut de surprises, d'humour et de théâtralité pour inventer un monde. Mais ce nouveau tour de piste va plus loin, et nous le montre au meilleur de sa forme et de son art : la première partie, surtout, entièrement consacrée aux Amants parallèles, magnifique album sorti en novembre.


Il en a confié la mise en scène à Aurélien Bory, scénographe, qui s'est notamment illustré dans les terres du nouveau cirque.




Puzzle subtil




Comme dans un film ou un livre, ­Delerm y retrace le parcours amoureux d'un couple. Le feu de la rencontre, la douceur de la découverte, le poids de l'habitude.
Moins cabot qu'à l'ordinaire, délesté de sa manie du name-dropping, il saisit les sentiments. Touche l'universel. Puzzle subtil : Delerm joue sobrement du piano à queue tandis qu'un autre piano, droit, joue seul.



Animé par une présence fantomatique au fort pouvoir poétique. Au fond du plateau, des mots, des silhouettes, des visages apparaissent furtivement sur un écran translucide.
Dans ce théâtre d'ombres chinoises, comme le reflet d'interrogations intimes, les points de vue bougent en permanence et le chanteur change de rôle : tantôt ­héros de l'histoire, tantôt observateur extérieur.
Avec son allure de Buston Keaton, il joue des codes du cinéma muet. Dans ce spectacle-ci, on le voit même danser....



La seconde moitié de la soirée est moins surprenante : Delerm y reprend de vieilles chansons, sans effet particulier. Les fans de la première heure seront ravis de réentendre Fanny Ardant et moi, Le Monologue Shakespearien, La Natation synchronisée, Les Filles de 1973...

Les autres devraient aussi y trouver leur compter : ces chansons ont le mérite d'alléger un peu le propos, après l'intensité des Amants parallèles...

N'empêche que c'est bien cela qui nous aura le plus marqués. Avec ces amants-là, tout en restant lui-même, ­Delerm de se réinvente. Jamais un de ses spectacles n'avait été si incarné, ni si émouvant.





Jusqu'au 29 mars au Théâtre Déjazet, Paris 3e, 01-48-87-52-55. Le 15 avril à Rennes (35).


http://www.telerama.fr/musique/vincent-delerm-sur-scene-meme-les-allergiques-pourraient-aimer,109542.php

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MessageSujet: Re: VINCENT DELERM   Dim 30 Mar - 16:07



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