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 LE PETIT PRINCE

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Bridget



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MessageSujet: LE PETIT PRINCE   Mer 28 Déc - 13:59

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Le Petit Prince au Studio de la Comédie-Française



« Quand le mystère est trop impressionnant, on n’ose pas désobéir. »






Photo Brigitte Enguérand



Le secret des étoiles et de l’amitié sera alors révélé à un aviateur solitaire tombé en plein Sahara qui répond à la prière d’un petit bonhomme blond de reprendre les crayons pour lui dessiner un mouton.

L’aviateur pénètre dans le monde enfantin du Petit Prince, riche d’enseignements.

Chaque jour, il écoute le récit de l’enfant, chassé de sa planète par un chagrin d’amour que les décevantes rencontres lors de son errance ne peuvent consoler.

Jusqu’à ce qu’un renard sauvage lui dévoile une vérité salvatrice et que le conte philosophique s’achève en une tragédie poétique.










A partir du 24 novembre 2011 jusqu'au 8 janvier 2012


Lieu: Studio-Théâtre de la Comédie-Française, sous la pyramide du Louvre




Le Petit Prince a souvent été porté à la scène et décliné sous les formes les plus inimaginables, preuve d’un succès et d’une renommée jamais démenties depuis sa parution en 1943.
Pourtant, il n’avait encore jamais été mis à l’affiche de la Comédie-Française. C’est Aurélien Recoing, un des derniers pensionnaires de la maison, qui signe la mise en scène du célèbre conte de Saint-Exupéry au Studio-Théâtre. Le rôle-titre est confié à l’idéal Benjamin Jungers.
Ce spectacle ravit petits et grandes personnes qui ont gardé une âme d’enfant.



On croît rêver. Les dessins bien connus qu’a réalisés Saint-Exupéry lui-même pour illustrer son conte, prennent vie sur l’étroite scène du Studio-Théâtre et sous nos yeux sans non plus s’enticher d’une fidélité trop marquée. La ligne fine, le poids léger, les cheveux couleurs d’or, vêtu du célèbre costume vert pâle avec l’écharpe qui vole dans le vent, le petit prince prend corps à travers son formidable interprète Benjamin Jungers, un des meilleurs acteurs de la jeune troupe du Français.









Aérien, sensible et lumineux, son petit prince a les traits fins et expressifs, il est aussi un rire aigu, fluet mais franc. Le jeu de l’acteur est emprunt d’une douceur enfantine enjouée et sans aucune mièvrerie, d’un caractère rêveur mais peu tempéré, tandis que Christian Gonon fait de l’aviateur un être las, désenchanté, plus sombre.

Il apparaît dans la salle, encore allumée, presque sans qu’on ne s’en rende compte, dans un costume de prestidigitateur. Il se lance dans un numéro de magie, souriant mais sans la flamme, puis retire son frac avec nonchalance. Au fond des poches, en boule, du papier froissé : ses dessins de jeunesse.

C’est en les dépliant peu soigneusement que son enfance resurgit et le pousse à raconter son histoire. Un duo finement contrasté donc, un échange tendre et complice entre les deux acteurs qui émeuvent. C’est sur quoi repose le conte : la rencontre fortuite et essentielle du narrateur avec le petit prince qui interroge et transforme son être au monde et son altérité.










Le travail qu’a réalisé Aurélien Recoing est remarquable d’intelligence poétique et malicieuse. Il se distingue aussi par sa merveilleuse simplicité et son inventivité.
Il suffit que Christian Gonon enlève sa chaussure d’où s’échappe une grosse poignée de sable fin pour faire apparaître et convoquer tout le désert du Sahara. Le lâché de roses des cintres qui viennent se piquer drue sur le plateau et former un champ de fleurs, la carcasse de l’avion, l’idée d’avoir rendu physiquement la mélancolie et la marginalité du renard en le présentant estropié, l’épisode de la visite des planètes monté comme un cabaret brechtien, tout est juste et de bon effet.


Christian Blanc, très en forme, endosse avec virtuosité tous les rôles, celui du roi, puis du buveur, du vaniteux, du businessman et d’autres encore, en changeant rapidement et face public un élément de costume ou au moyen d’un accessoire élémentaire. Il ressort du procédé une drôlerie qui met l’accent sur l’absurdité des grandes personnes et de leur existence. Suliane Brahim campe une fleur toute pimpante et pleine de petites manières, délicieusement capricieuse.










Photos @ Brigitte Enguérand , Agathe Poupeney

http://www.comedie-francaise.fr/spectacle-comedie-francaise.php?spid=288&id=516
http://toutelaculture.com/2011/12/petit-prince-magique-au-studio-de-la-comedie-francaise/




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Bridget



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MessageSujet: Re: LE PETIT PRINCE   Mer 28 Déc - 14:55

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LE PETIT PRINCE



On ne voit bien qu’avec le coeur. L’essentiel est invisible pour les yeux.

Le Renard




© Brigitte Enguerrand





Antoine de Saint-Exupéry








De courtes études d’architecture suivies du service militaire au régiment d’aviation confirment Saint-Exupéry, né en 1900, dans son besoin impérieux de voler. En 1926, la société toulousaine d’aviation Latécoère l’engage comme pilote alors qu’il vient de publier la nouvelle L’Aviateur.

Désormais, l’écriture est inextricablement liée à sa vie aventureuse de pilote, jalonnée de faits héroïques et d’accidents propices à son travail d’écrivain. Son quotidien romanesque à l’Aéropostale, son imaginaire et son humanisme nourrissent son oeuvre, de Courrier Sud et Vol de nuit à Citadelle en passant par Terre des hommes. Il épouse en 1931 Consuelo Suncín, son grand amour, peut-être la rose du petit prince, personnage en germe dès la jeunesse de Saint-Exupéry, ou à partir de 1935, après la chute de son avion en Libye.

Il naît de dessins esquissés en 1940 à New York, lors d’une convalescence après un nouvel accident. Le Petit Prince, dédié en 1943 à l’ami d’enfance Léon Werth, demeure un hymne à la fraternité et à l’amour.

Un enfant de rêve, volatilisé comme le fut son auteur en 1944, « tombé du ciel » sous les tirs ennemis, quelque part en mer Méditerranée.










Il y a dans Le Petit Prince une sorte d’aller-retour entre le monde de l’enfance et le monde de l’adulte, un monde qui aurait encore de l’enfance en lui. Le narrateur, ce pilote, serait-il encore un enfant quand il parle ? S’adresse-t-il à sa propre part d’enfance ?
Dans une période de conquêtes, du ciel et des territoires, Saint-Exupéry porte sur son monde un regard très lucide. Dans ce texte de maturité, on retrouve, à chaque détour de phrase, son histoire vécue ; façon de dire qu’on ne peut parler bien de ce que l’on pense que parce qu’on l’a bien vécu.


On retrouve dans Le Petit Prince des figures de la Femme, des amis, de la solitude, du tutoiement perpétuel avec la mort. On ne peut s’empêcher de voir dans Le Petit Prince une oeuvre testamentaire ; une conversion à l’amour, à la fidélité à cet amour que représente Consuelo, son épouse. Cette conversion est symbolisée par la figure de la rose qui, dans une triangulation un peu étrange entre le narrateur et le petit prince, va prendre petit à petit la place centrale du livre.






Benjamin Jungers, Suliane Brahim. © Brigitte Enguérand










Metteur en scène : Aurélien Recoing





AURELIEN RECOING. Pensionnaire de la Comédie-Française depuis 2010, Aurélien Recoing a auparavant joué sous la direction, entre autres, d’Antoine Vitez, de Jean-Pierre Vincent, de Roger Planchon. Il renoue ici avec l’art de la mise en scène qu’il a pratiqué depuis 1981 avec, notamment, La Vallée de l’ombre de la mort d’après Malcolm Lowry (1982), Tête d’or de Paul Claudel (1988), Faust de Fernando Pessoa (1992) ou TDM 3 de Didier-Georges Gabily (2000).

Sur le plateau, espace de tous les imaginaires comme l’est aussi le désert, des tours de magie se mettent au service du théâtre, rendant palpables les images du conte. Dans les allers-retours entre le monde de l’enfance et celui des adultes qu’il souhaite offrir au public le plus large, le transport de nos imaginaires est assuré par la féerie du spectacle.


Le Petit Prince par Aurélien Recoing


« J’ai vu luire la lumieère du blé .» Antoine de Saint-Exupéry, Pilote de guerre, Gallimard, 1942.




Enfance, histoires vécues et conversion



Le Petit Prince est un conte pour les enfants, petits et grands. Il y a dans ce texte une sorte d’aller-retour entre le monde de l’enfance et le monde de l’adulte, un monde qui aurait encore de l’enfance en lui.

En regardant les acteurs jouer, dans le travail de mise en scène, je me pose toujours cette question : le narrateur (on imagine bien sûr Antoine de Saint-Exupéry ), le pilote, est-il encore un enfant quand il parle, ou non ?

A qui s’adresse-t-il ? A sa propre part d’enfance ? N’essaye-t-il pas, par transmission – dans le souci qu’il a de dire quelque chose sur le monde dans lequel il vit – de faire ressurgir cette part d’enfance chez les adultes qui vont le lire, l’écouter, polémiquer avec lui.
De ce point de vue, ce texte a une position très politique. Dans une période de conquêtes, du ciel et des territoires, Saint-Exupéry porte sur son monde un regard très lucide.

C’est un texte de maturité, comme l’est Citadelle aussi. Un texte dans lequel on retrouve, à chaque détour de phrase, son histoire vécue !

Le Petit Prince commence d’ailleurs par ces mots : « Lorsque j’avais six ans j’ai vu, une fois, une magnifique image, dans un livre sur la forêt vierge qui s’appelait Histoires vécues. » Cela ouvre ainsi le thème de : on ne peut parler bien de ce que l’on pense que parce qu’on l’a bien vécu . Parce qu’on a mis les mains dans le cambouis.

On retrouve donc des figures de la Femme, des amis, de la solitude, du tutoiement perpétuel de la mort – puisque voler en ce temps représentait un risque énorme. Et quand on sait comment Saint-Exupéry est mort, on ne peut s’empêcher de voir aussi dans Le Petit Prince une œuvre testamentaire ; un testament qui serait une conversion.


Conversion impossible à mener jusqu’au bout... Conversion à l ’amour, à la fidélité à cet amour que représente Consuelo, l’épouse rencontrée en Argentine...
L’amour vécu entre Antoine et Consuelo a été passionné , il est fait de déchirements, d’infidélités mais malgré cela, il est marqué du sceau de la fidélité . Je trouve cela parfaitement extraordinaire, et presque impensable aujourd’hui pour la grande majorité de nos contemporains.
Saint-Exupéry opère une conversion à ce qu’il a apprivoisé et il ne renoncera pas, contre vents et marées , à la défendre.

Dans Le Petit Prince, cette conversion est symbolisée par la figure de la rose qui, dans une triangulation un peu étrange entre le narrateur et le petit prince, va prendre petit à petit la place centrale du livre.









Photos @ Brigitte Enguerrand , Agathe Poupeney
http://www.comedie-francaise.fr/spectacle-comedie-francaise.php?spid=288&id=516

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Dernière édition par Bridget le Jeu 29 Déc - 21:33, édité 6 fois
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Bridget



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MessageSujet: Re: LE PETIT PRINCE   Jeu 29 Déc - 20:58

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Expériences et rébellion









Le récit comporte plusieurs couches , dont celle, bien sûr , du conte, de la fable, du parcours initiatique de ce tout jeune homme... qu’on entend plus comme un rebelle.
On dit que James Dean était absolument passionné par le personnage du petit prince, qu’il se reconnaissait en lui. Ce n’est pas étonnant : le parcours de cet enfant, qui apprend des choses par ses rencontre avec le roi, le businessman, l’allumeur des réverbères , etc. – et à chaque fois ce sont des rencontres aussi dures que drôles, de vraies confrontations, de vraies tentations, au sens méphistophélique du terme, auxquelles il s’arrache pour aller de l’avant – induit l’ idée de la rébellion.








Et puis, ce garçon rencontre, au début du livre , le narrateur, et il se met alors lui-même à transmettre ce qu’il a reçu tout au long de son parcours. L’enfant fait partager son expérience au plus grand ; ce dernier sera-t-il capable de l’entendre ?

Pour moi, il est très important que la figure du narrateur soit précisément dans sa solitude, comme Antoine de Saint-Exupéry l’était dans le rapport hors- norme à la vie qu’il expérimentait en tant que pilote et en tant qu’écrivain ; figure aussi de l’enfance, de la curiosité , d’une énergie de vivre, fondamentale, qui le leste, qui lui permet vraiment de se positionner dans le monde. Cela peut paraître paradoxal, mais c’est très autobiographique.

Instinctivement, dans la distribution, je voulais que le narrateur ne soit pas si éloigné que cela, en âge , du petit prince, qu’il incarne une sorte de frère aîné . Or Saint-Exupéry a perdu à quinze ans son jeune frère , qui en avait douze, et qui lui a demandé , une nuit, de le veiller, lui précisant qu’il savait qu’ il allait mourir, mais que « tout était bien ».







Il y a donc dans Le Petit Prince comme une réminiscence du jeune frère qui meurt, qui abandonne son corps comme une écorce. Saint-Exupéry , fait sans doute preuve, à cet endroit, d’une fidélité à un lien originel , à ce qu’il a été dans son enfance, à ce qu’il a construit dans le terroir où il a grandi , dans cette sorte de paradis perdu.



Photos @ Brigitte Enguerrand , Agathe Poupeney
http://www.fedephoto.com/fotoweb/Search_results.fwx?position=1&folderid=5000&columns=4&rows=5&search=Le%20and%20Petit%20and%20Prince



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Dernière édition par Bridget le Ven 30 Déc - 20:14, édité 1 fois
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Bridget



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MessageSujet: Re: LE PETIT PRINCE   Ven 30 Déc - 20:14

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Un espace-temps en point de fuite








L’universalité d’un texte comme Le Petit Prince – qui comporte des éléments à la fois historiques, politiques, biographiques, qui mêle l’intime et le monde – tient sans doute au fait qu’il fonctionne comme une sorte de dépôt . Toutes ces références qu’on peut donner ne sont pas dans le texte.

Elles sont des pierres lancées dans un puits, dans une mare, et soudain cela vibre, cela sourd de soi-même.

On sait que Saint-Exupéry travaillait énormément ses textes, de façon très pointilleuse, et sa façonn de gratter au plus profond de lui-même rend les choses absolument évidentes, débarrasséess de toute posture.
Il en donne à entendre la substantifique moelle.

Je connaissais bien l’œuvre de Saint-Exupéry mais je n’ai lu Le Petit Prince que récemment, en choisissant un conte à lire à mon fils. La découverte fut de taille !
En proposant ce texte pour une mise en scène , je partais de l’idée qu’il s’agissait... d’une très bonne pièce. Au fond, il n’y a aucune adaptation à faire, si ce n’est de supprimer quelques « didascalies », afin de garder les situations pleines et entières.








Il ne s’agissait évidemment pas de gommer la partie du narrateur. Le narrateur est là ,omniprésent, incarné .
C’est lui qui évoque ce qui s’est passé dans ce désert. On fait bien sûr le lien entre le crash de Saint-Exupéry en Lybie au moment du vol Paris-Saïgon en décembre 1935, Le Petit Prince et la disparition définitive, une fois l’écriture du conte terminée, de son auteur en juillet 1944.

Il y a là quelque chose – dans l’espace-temps – de prémonitoire, en même temps qu’une évocation de fantômes.
Comme s’il s’agissait de faire surgir de sa tête, non pas la narration, mais les figures mêmes du Petit Prince.

Quand on essaie de raconter ce conte, on tombe à un moment donné sur un point aveugle. Au début du texte, on est six ans après la rencontre avec le petit prince.
Petit à petit, au cours de son évocation, on se retrouve absolument au présent, ici et maintenant, dans le désert. On est donc pour ainsi dire en permanence dans le même espace-temps pour raconter l’histoire.

C’est comme s’il n’y avait pas de coupures : il s’agit d’un homme, seul, dans le désert, qui a de l’eau pour huit jours, un homme qui a une chance sur mille d’être retrouvé et qui vit une expérience extrême.
Donc, dans un espace-temps unique, avec un avion, avec le désert en point de fuite, en perspective ! A partir de ce principe d’évocation, tout est possible.






L’important, c’est la rose...








La forme de théâtre proposée ici a la particularité de prendre le narrateur comme point de vue. C’est par lui que passe l’histoire.

Cependant, la narration ne doit surtout pas se faire face public. Elle doit être adressée à lui-même. Puis, par hasard, de temps en temps, il y a une rencontre avec le public...
J’aimerais garder cette idée que le narrateur, au fond, est toujours dans son désert. Il n’en est pas revenu. Il fonctionne comme un prisme pour le public, mais de temps en temps, lui- même voit le désert comme une sorte de prisme ; ce qui surgit alors, ce sont des mirages.
L’art du théâtre rend possible le « tuilage » d’une scène à l’autre, les raccourcis de jeu, et une forme de magie qui, dans cette mise en scène, sera encore renforcée par de vrais tours de magie, pour qu’on se perde encore un peu davantage.

L’ellipse est un des éléments fondamentaux du théâtre. L’artisanat théâtral cherchera ici à produire une sorte de boîte magique où des ombres, des images animées, des leurres, viendront « flouter » le regard du narrateur. Le mettre en état de recevoir le mirage.







Dans un désert qui n’est pas forcément idéal, qui ne sera en tout cas pas idéalisé. Il y a des textes admirables dans Terre des hommes où Saint-Exupéry raconte justement son crash en Lybie ; il évoque une rencontre avec un fénech, futur renard du Petit Prince, il croit voir des gens qui le sauvent, mais qui n’existent pas, il boit de l’eau récupérée sur une bâche huilée, ce qui manque de le faire mourir...


Donc, il est dans ce mirage, il est cet homme qui va mourir et qui tente de se sauver en réparant le moteur de son avion.
Voilà ce que raconte d’abord Le Petit Prince ; puis, presque en opposition, il y a cette rencontre fantasmatique avec le « petit frère », avec l’enfance, qui parle de tout à fait autre chose, qui élève le débat et qui lui dit : survivre, ce n’est peut-être pas simplement une question de moteur à réparer, mais de force, d’énergie vitale, le vrai don de soi à l ’autre. Une très belle phrase dans Citadelle fait écho à cela : « Avant d’habiter une maison, il faut la bâtir. »

Donc ici, avant de simplement réparer un moteur , il faut être en accord avec soi-même , et en position d’être sauvé. Oui, il y a l’idée d’une conversion dans Le Petit Prince, d’une conversion laïque.
Le narrateur est en train de réparer son moteur et le petit prince arrive et lui dit : le plus important, c’est la rose ! C’est de savoir si le mouton va dévorer la rose quand je ne suis pas là . C’est toute la force d’évocation de la poésie.


Aurélien Recoing , octobre 2011 . Propos recueillis par Laurent Muhleisen, conseiller littéraire de la Comédie-Française


http://www.comedie-francaise.fr/spectacle-comedie-francaise.php?spid=288&id=516



Photos @ Brigitte Enguerrand , Agathe Poupeney

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MessageSujet: Re: LE PETIT PRINCE   Mar 3 Jan - 0:59

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Le succès du "Petit Prince" à la Comédie-Française








Nous avons retrouvé le Petit Prince. Pas sur son astéroïde, mais à la Comédie Française. Il a 25 ans, il est belge, il s’appelle Benjamin Jungers.

Avec sa bouille d’angelo et ses cheveux d’or, Jungers allie la candeur, la pureté, la jeunesse mais aussi la maturité du comédien. Car il faut bien le dire, les phrases du petit prince on les avaient lues mais pas toujours entendues.


Face à lui Christian Gonon est l’homme qu’il faut pour incarner Saint-Exupéry, une sorte de grand frère séduisant et désenchanté, qui va mourir s’il ne répare pas son avion. Mais grace à la rencontre avec le Petit Prince, son regard sur le monde va se transformer









Quand on est petit, on est sous le charme du conte, de la logique du petit Prince.

Quand on grandit on peut y voir une sorte de testament poétique, un hymne à l’amour, à la fidélité. Consuélo l’épouse de Saint-Ex, est symbolisée par la rose si importante pour le petit prince.

Une fleur qu'il adore, mais qui l'a tellement déçu quand il s'est rendu compte qu'elle s'apprêtait à lui mentir :

"Il ne faut jamais écouter les fleurs. Il faut les regarder et les respirer. La mienne embaumait ma planète, mais je ne savais pas m'en réjouir" (...) regrette le Petit Prince, "Je n'ai alors rien su comprendre! J'aurais dû la juger sur les actes et non sur les mots. J'aurais dû deviner sa tendresse derrière ses pauvres ruses. Les fleurs sont si contradictoires!".


« Il y a de bonnes morales dans le spectacle » commente un petit bonhomme de 8 ans, à la sortie du spectacle.



http://www.francetv.fr/culturebox/le-succes-du-petit-prince-a-la-comedie-francaise-69805









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MessageSujet: Re: LE PETIT PRINCE   Mar 3 Jan - 1:31

Ecoutez Le Petit Prince lu par Gérard Philippe






S’adressant à tous les âges, et même aux enfants qui ne maîtrisent pas encore la lecture, Le Petit Prince a fait depuis longtemps l’objet de différentes adaptations sonores, ses possibilités expressives et d’interprétation séduisant les plus grands acteurs.


Dès 1954, Gérard Philipe enregistre une adaptation française (33 tours, disponible aujourd’hui en CD), suivi au fil des ans par Jean-Louis Trintignant, Marcel Mouloudji (avec le concours de Jean Carmet et de Claude Piéplu), Jean-Claude Pascal, Pierre Arditi et, dernier en date, Bernard Giraudeau.

Richard Gere est l’interprète principal de la version anglaise et Ulrich Muehe de celle en allemand. On estime à quelque 80 millions les produits audio et vidéo vendus dans le monde.



Découvrez la playlist Le Petit Prince de Renard612




http://www.lepetitprince.com/oeuvre/phenomene/ecouter-le-petit-prince/


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MessageSujet: Re: LE PETIT PRINCE   Sam 7 Jan - 19:45

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ST EX ET LE PETIT PRINCE




Les dix mystères du Petit Prince


Jérôme Dupuis (L'Express), publié le 30/07/2009




@http://www.antoinedesaintexupery.com/


Pourquoi Saint-Ex n'a-t-il jamais eu en main l'édition française de son livre ?

Qui a inspiré le célèbre mouton du conte ?

Pourquoi Orson Welles renonça-t-il à l'adapter au cinéma ?

Retour sur dix mystères qui entourent cette oeuvre inépuisable.




1. Pourquoi Le Petit Prince fut-il publié à New York avant de l'être à Paris ?


Démobilisé, Antoine de Saint-Exupéry débarque aux Etats-Unis en décembre 1940. A l'été 1942, lors d'un déjeuner au célèbre café new-yorkais Arnold, son éditeur Eugène Reynal et son épouse Elisabeth sont intrigués par un petit personnage que le romancier a griffonné sur la nappe.
Ils lui suggèrent d'en faire la figure centrale d'un livre pour enfants. Saint-Ex s'y attelle et, dès la fin de l'année, livre Le Petit Prince. Le conte paraît en avril 1943 chez l'éditeur Reynal & Hitchcock sous deux versions, l'une en anglais, l'autre en français.
L'édition française ne paraîtra chez Gallimard qu'en 1946. Son auteur, disparu en 1944, ne la verra jamais.



2. Saint-Exupéry faillit-il ne pas dessiner Le Petit Prince ?


Aujourd'hui, les aquarelles de Saint-Ex font partie de notre inconscient collectif. Pourtant, à l'origine, c'est son vieil ami des Beaux-Arts, Bernard Lamotte, déjà illustrateur de Pilote de guerre, qui avait été pressenti pour les dessins du Petit Prince.
Personnage fantasque de la colonie française réfugiée à New York, Lamotte avait un trait réaliste, qui a pu, par exemple, influencer un Hugo Pratt. Trop réaliste pour un conte naïf, pense l'entourage de Saint-Exupéry. "Pourquoi ne l'illustres-tu pas toi-même?" suggère un jour à Saint-Exupéry sa maîtresse, Silvia Reinhardt.
L'évidence s'impose. Il faudra encore un coup de pouce de Paul-Emile Victor, qui fait découvrir au romancier les fameux crayons aquarelle.




3. Pourquoi le conte est-il dédié à Léon Werth ?


"A Léon Werth quand il était petit garçon": l'étrange dédicace en tête du Petit Prince a de quoi intriguer.

Ecrivain antimilitariste de gauche, célèbre pour ses 33 jours (Viviane Hamy), Werth s'était lié d'amitié avec Saint-Ex au début des années 1930. Mais, dès 1940, son origine juive l'oblige à vivre dans la clandestinité.
Durant toute la guerre, l'auteur de Terre des hommes craindra pour la vie de son ami. Aussi, au moment de trouver un dédicataire au Petit Prince, après avoir songé un temps à sa volcanique épouse Consuelo, il choisit Léon Werth. Ironie de l'Histoire: Werth survécut à la guerre, pas Saint-Ex...



4. Quelles sont les clefs du Petit Prince ?

Les héros du conte font référence à la vie de l'aviateur-écrivain.

Récit intemporel se déroulant sur l'astéroïde B 612, le conte de Saint-Ex regorge pourtant de références à la vie de l'écrivain.
Le renard rappelle le fennec que le romancier avait apprivoisé à cap Juby, dans le Sahara; le célèbre mouton serait inspiré du caniche de Silvia Reinhardt ; le businessman doit sans doute beaucoup au magnat de l'aviation Pierre Latécoère, pour lequel Saint-Ex travailla à ses débuts.

Enfin, après de longues controverses, on s'accorde à penser aujourd'hui que la rose figure bien Consuelo, sa fantasque épouse.
D'ailleurs, cette rose tousse, comme l'asthmatique Consuelo...





Consuelo Suncin Sandoval (1901-1979), devenue Consuelo de Saint-Exupéry en 1931.
DR





5. Pourquoi Orson Welles et Walt Disney ne sont-ils pas parvenus à adapter Le Petit Prince ?



A peine Orson Welles a-t-il lu le conte d'Antoine de Saint-Exupéry, en 1943, qu'il demande à son agent d'en bloquer les droits. Il commence à écrire un scénario, dans lequel il interpréterait lui-même l'aviateur.

Pour représenter le voyage interplanétaire, il songe à des séquences de dessin animé et contacte Walt Disney, le roi du genre.
Rendez-vous est donc pris pour un déjeuner aux studios du créateur de Mickey. C'est là que tout va déraper.
Welles expose brillamment son projet, mais Disney reste froid et s'éclipse même avant la fin de la réunion, avant de confier à un collaborateur: "Il n'y a pas la place ici pour deux génies!" Fin du projet.




6. James Dean se prenait-il pour le Petit Prince ?






Lorsque le comédien, encore inconnu, décide de se lancer dans le cinéma et prend contact avec le musicien new-yorkais Alec Wilder, il lui lance au téléphone: "Bonjour, monsieur Wilder, c'est le Petit Prince..."

Le futur interprète de La Fureur de vivre avait en effet été marqué par la lecture du conte de Saint-Exupéry et s'identifiait à son petit personnage blond, fragile, venu de nulle part. Il eut même le projet de le porter à l'écran. Le destin en a décidé autrement.





7. Peut-on dire du mal du Petit Prince ?


Oui, même si l'ouvrage, écoulé à des dizaines de millions d'exemplaires à travers le monde, se classe régulièrement en tête des palmarès des lectures préférées des Français.

Parmi les quelques critiques qui ont osé écorner le mythe, Jean-François Revel y voyait un "crétinisme sous cockpit qui prend des allures de sagesse", et Jean-Louis Bory dénonçait "une saint-sulpicerie douceâtre mêlant l'avion aux ailes d'anges, et l'archange à hélice"...




8. Le Petit Prince, icône rock ?


Au début du clip de la chanson Suedehead, Morrissey, chanteur du groupe culte The Smiths, tient un exemplaire du Petit Prince entre les mains.




9. Pourquoi le journal Elle publia-t-il les "bonnes feuilles" du Petit Prince ?


Dans son deuxième numéro, en novembre 1945, le tout nouveau magazine féminin Elle propose en avant-première des extraits du livre de Saint-Ex, à la manière d'un conte de Noël.

Belle clairvoyance éditoriale. Il est vrai qu'Hélène Lazareff, patronne du magazine et épouse du célèbre journaliste Pierre Lazareff, avait accueilli Saint-Exupéry à son arrivée à New York.
Elle avait évidemment lu le livre dès sa sortie aux Etats-Unis, en 1943.





10. Dans quelles circonstances fut réalisé l'enregistrement du conte par Gérard Philipe ?







En 1954, à l'occasion des dix ans de la mort de Saint-Exupéry, le célèbre comédien livre une adaptation devenue mythique du Petit Prince.
Publié par le label Festival, ce disque ne propose en fait qu'une sélection de trente-quatre minutes, soit environ un tiers du conte.
On y reconnaît aussi la voix de Georges Poujouly, à peine 14 ans, qui interprète le Petit Prince et qui s'était rendu célèbre avec son rôle dans Jeux interdits, celles de Michel Roux (le serpent) et de Pierre Larquey (l'allumeur de réverbères).

Mais c'est évidemment celle, inspirée, de Gérard Philipe, qui marquera degénérations d'auditeurs.


http://www.lexpress.fr/culture/livre/les-dix-mysteres-du-petit-prince_777691.html



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LE PETIT PRINCE
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