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 DAVID BOWIE

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Bridget



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MessageSujet: Re: DAVID BOWIE    Jeu 23 Sep - 13:08




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David Bowie, toujours aux avant-postes de la pop





Parallèlement à la restauration de Station to Station, David Bowie est l'objet d'un album de divers artistes, baptisé We Were so Turned On, commercialisé le 12 octobre. (Eyedea Presse)

L'un des plus grands albums du chanteur britannique est réédité, alors que la jeune génération lui rend hommage.

David Bowie n'a pas publié de nouveau disque depuis le décevant Reality , en 2003. Il n'a plus donné de concert depuis qu'il a dû interrompre sa tournée à l'été 2004, suite à un problème cardiaque.
Pourtant, son ombre plane toujours sur toute la pop contemporaine.
Et sa maison de disques historique veille à commercialiser, à intervalles réguliers, des témoignages de sa grandeur passée, en mettant un accent particulier sur la décennie 1970, lorsqu'il exerçait une ­domination sans pareille.


Bowie, âgé de 63 ans, vit aujourd'hui à New York avec femme et enfant. Une méchante rumeur - jamais confirmée ni démentie - le donne très malade depuis déjà deux ans. Ses proches se veulent rassurants, expliquant qu'il consacre son temps à la peinture et à sa fille de 10 ans.

Hormis quelques apparitions sur scène, notamment aux côtés d'Arcade Fire ou de David Gilmour, il a très peu été vu en public ces dernières années. Reste donc le passé.

Amorcée en 2002 pour le trentième anniversaire de la parution de Ziggy Stardust & the Spiders from Mars, la campagne de réédition orchestrée par la maison de disques EMI se poursuit avec la publication très attendue d'une nouvelle mouture de Station to Station.

Alors qu'il enregistra cet album à Los Angeles en 1975, David Bowie nageait dans les paradis artificiels tout en surfant sur le succès de sa première incursion soul, Young Americans.

Confectionné dans des conditions rocambolesques dans un des studios fétiches de Sinatra, l'album a vite trouvé sa place parmi les meilleurs de son auteur.

Sur une base rythmique soul-funk imparable, les chansons y sonnent comme un plaidoyer pour un retour à l'Europe, anticipant les travaux qu'il concocta ensuite à Berlin avec le démiurge Brian Eno.


Étienne Daho et Carla Bruni

Après avoir tué son double Ziggy Stardust en 1973, Bowie se créait au passage un nouvel avatar, The Thin White Duke, (le Mince Duc blanc).

Chic et glacée, ­inquiétante et efflanquée, la silhouette de ce personnage donna lieu à quelques-unes des plus remarquables prestations scéniques signées Bowie.

Un fameux ­enregistrement en public de 1976 complète d'ailleurs habilement cette nouvelle édition de Station to Station.
Entouré par ses meilleurs collaborateurs, Bowie dresse le bilan de ses dix premières années de carrière en esquissant les grandes lignes de son parcours futur.


Parallèlement à la restauration de ce chef-d'œuvre, David Bowie est l'objet d'un album hommage. Baptisé We Were so Turned On, le disque paraîtra le 12 octobre (Naïve).

Il contient les relectures plus ou moins inspirées des grandes chansons du maître, de 1969 à 2003.
D'obscurs groupes anglo-saxons côtoient les noms prestigieux de Duran Duran, Arno ou Étienne Daho.
Carla Bruni rend à Absolute Beginners sa majesté mélodique, tandis que Keren Ann s'empare avec délicatesse du sublime Life on Mars .

Même absent, Bowie conserve quelques plusieurs longueurs d'avance sur ses épigones.


Olivier Nuc / Le Figaro
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Bridget



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MessageSujet: Re: DAVID BOWIE    Mar 28 Sep - 20:07




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"Station to Station", de Bowie, un disque légendaire réédité en coffret de luxe







A ce jour, la dernière tournée mondiale de David Bowie, 63 ans, qui accompagnait la parution de son album Reality, remonte aux cent treize concerts qui eurent lieu du 7 octobre 2003 au 24 juillet 2004.


Hospitalisé en août 2004 (angioplastie, une opération pour artères bouchées), le chanteur britannique a depuis participé à quelques concerts en invité (avec le guitariste David Gilmour, Arcade Fire…), indiqué de temps à autre qu'il travaillait sur un nouvel album et qu'il menait une vie de famille tranquille, subi des rumeurs, jamais sourcées, de nouvelle maladie auxquelles il a opposé le silence et a supervisé de près les publications d'archives ou de rééditions sous son nom (six parutions depuis fin 2008).



Station To Station,
publié le 23 janvier 1976, enregistrement majeur de Bowie, co-produit par Harry Maslin, est aujourd'hui réédité sous son contrôle, dans un imposant coffret blanc avec cinq CD, un DVD-audio, trois 33-tours vinyle, et un ensemble de reproductions de documents d'époque (photographies, ticket de concert, dossier de presse…).









Un traitement de luxe à la hauteur de ce recueil à l'ambiance sombre, qui mêle musique de cabaret (TVC15), disco (Golden Years), funk (Station To Station, Stay) traversé de stridences et de motifs hypnotiques répétitifs entendus chez les avant-gardes du rock allemand, à peine apaisé par la voix de Bowie dans des mélancolies de crooner (Word On A Wing, Wild Is The Wind).


Devenu référence, l'album à sa sortie ne grimpera qu'à la cinquième place des classements en Grande-Bretagne et à la troisième aux Etats-Unis, sans succès majeur de single pour le pousser.

Station To Station est composé de six longues chansons (seule Golden Years reste dans les temps raisonnables pour la radio: 4 minutes) dont l'ouverture titre culmine à plus de 10 minutes, débutant sur un tempo de marche, avec des croisements de guitares saturées, un ostinato de piano, le chant n arrivant qu'au bout de quelques minutes.



Bowie a mis fin à ses personnages à chevelure orange de Ziggy Stardust (en public, le 3 juillet 1973 à l'Hammersmith Odeon), d'Aladdin Sane ou Halloween Jack. Il est maintenant le Thin White Duke, le mince duc blanc, double fantomatique, obsédé par sa place sur terre, en quête d'amour tout en doutant de ses bienfaits.
Cheveux courts, blonds, le teint blafard.





Acoutumance à la cocaïne


Bowie est en pleine période d'accoutumance à la cocaïne, perturbé par une procédure avec son manager Tony de Fries, sa vie de couple avec Angie n'est pas au beau fixe, le tout sur fond d'obsessions sur la nature du surhomme et l'au-delà.

Il vient de tourner dans The Man Who Fell To Earth (L'homme qui venait d'ailleurs) film de Nicolas Roeg dans lequel il interprète un extra-terrestre mutique, errant de nuit blanche en nuit blanche sur une planète qu'il ne comprend pas.


Les séances de répétitions et d'enregistrements de Station To Station ont lieu de mi-septembre à fin novembre 1975.

Dans la nuit, Bowie débarque avec quelques idées, confie à ses musiciens le soin de les concrétiser, accumule les parties orchestrales en empilements de guitares, dédoublements vocaux et nappes de claviers, fait, défait, refait.



De ce chaos sort un miracle d'intensité et de cohérence, une matière intemporelle de Bowie à son sommet créatif des années 1970 – il faudra l'expérimental et fracassé Outside, en 1995 pour retrouver un tel choc.

Cette nouvelle réédition en CD – la cinquième depuis 1985 – propose deux versions de l'album original.

Il y a d'abord le transfert sur CD du master de l'édition vinyle.
Comme l'explique Harry Maslin, qui a supervisé ces transferts, les bandes magnétiques étaient parfaitement conservées et n'ont eu besoin que d'une numérisation sans corrections ou ajout.

Il s'agissait là de rendre au CD les mêmes qualités de chaleur, de clarté qu'à l'écoute du disque vinyle sur une platine.

La comparaison avec le disque d'origine et son nouveau pressage sur un épais vinyle le confirme.
Le deuxième CD propose le master utilisé par RCA, maison de disque de Bowie à l'époque, pour la première édition CD en 1985.
Plus touffu, il a valeur de document.







Un troisième CD compile les versions montées et raccourcies de certaines des chansons du disque destinées à des parutions en 45-tours.

Si Golden Years, publiée en single avant la sortie de l'album, pouvait perdre une trentaine de secondes par rapport à ses 4 minutes initiales, les autres thèmes sont radicalement transformés.

La plupart des motifs instrumentaux sont raccourcis, voire, comme pour Station To Station, supprimés.

Il s'agit de se concentrer sur la forme couplet-refrain. Un contresens par rapport au propos de Bowie, qui avait étiré ses compositions en valorisant les interventions des musiciens.

Harry Maslin a aussi eu la responsabilité de travailler sur un nouveau mixage stéréo et surtout en surround 5.1.

Les deux sont disponibles sur un DVD-audio. Il s'agit là de valoriser les détails instrumentaux, sans tomber dans des effets spectaculaires (pas de tournoiement des instruments sur les cinq enceintes ou de volume augmenté pour le caisson de basse).

En 5.1, Maslin a privilégié un très léger effet de réverbération vers l'arrière, suscitant une sensation d'enveloppement par la musique.
Quelques parties vocales, des motifs de percussions, claquements de doigts surgissent par endroits, sans trahir l'enregistrement original.




Performance vocale impeccable








La voix de Bowie prend un relief expressif.
Maslin précise qu'aucune correction n'a été apportée au chant – il est de plus en plus fréquent que, lors de rééditions, une note pas très juste, un passage instrumental au tempo défaillant, soient rattrapés par des moyens technologiques.

Tout enfoncé dans la brume cocaïnée qu'il a pu être, Bowie a délivré sur Station To Station une performance vocale impeccable.

L'ensemble est complété (sur 2 CD et 2 vinyle) par la quasi intégralité du concert au Nassau Coliseum, le 23 mars 1976 – le solo de batterie durant Panic In Detroit est tronqué – déjà connu en partie sur de nombreuses éditions pirates publiées depuis 1977.





Bien que tirés d'une diffusion incomplète à la radio, ces enregistrements pirates sonneront bien anémiques face à la prise de son à la source à laquelle Maslin, à nouveau, a eu accès.

D'un épique Station To Station en ouverture au final sur The Jean Genie, le répertoire présent et passé de Bowie est joué à l'énergie.


Il est juste dommage que cette réédition ne soit pas accompagnée de documents visuels.

Le show de Station To Station, intitulé Isolar Tour, aux Etats-Unis et en Europe, restera dans les mémoires de ceux qui l'ont vu un monument graphique. En fond de scène des néons, en façade des projecteurs de poursuites, le tout dans un monochrome blanc éclatant, dans lequel Bowie et ses musiciens semblent noyés.



"Changes" - From David Bowie's 1976 Isolar Tour Rehearsals from ricottapark on Vimeo.





Un pendant lumineux à la froideur clinique des tourments musicaux du chanteur. "Station to Station" - Deluxe Edition, de David Bowie, 1 coffret de 5 CD, 1 DVD-audio, 3 disques vinyle, EMI. "Station to Station" - Special Edition, 3 CD avec l'album original et le concert de Nassau, EMI. Sur le Web : Davidbowiestationtostation.com.


http://davidbowiestationtostation.com/

http://www.lemonde.fr/culture/article/2010/09/27/station-to-station-de-bowie-un-disque-legendaire-reedite-en-coffret-de-luxe_1416550_3246.html


Dernière édition par Bridget le Sam 21 Juil - 12:29, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: DAVID BOWIE    Jeu 4 Nov - 21:19


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David Bowie, l’homme qui venait d’ailleurs : souvent copié jamais égalé








David Bowie a prouvé, au début des années 70, avec le personnage de Ziggy Stardust, qu’il avait la faculté de changer de peau.

Quarante ans plus tard, alors que sortent une réédition de « Station To Station » et l’intégrale de Bowie, des artistes ont fait le chemin inverse et essayé de pénétrer l’univers du dandy du rock.



Un « Tribute » qui réserve quelques bonnes surprises mais qui, dans l’ensemble, confirme que personne d’autre que Bowie ne peut faire du Bowie.



PAR EMMANUEL CRAPET
lille@lavoixdunord.fr



Voilà deux bonnes nouvelles pour éclairer cette fin octobre.

La première, c’est que David Bowie n’est pas mort.

Quelques impulsifs ont eu un coup de moins bien en apprenant qu’un album hommage arrivait chez les disquaires.

Ils s’étaient inquiétés qu’on rende hommage à cet artiste familier avec toutes les formes de créations : de la peinture à la musique en passant par la mode et le cinéma.

Qu’ils se rassurent : ce disque sort de son vivant. La seconde bonne nouvelle est que sortent coup sur coup l’intégrale de David Bowie, ainsi qu’une réédition de Station To Station.


Sorti en 1976, il marque la naissance du Thin White Duc, ce maigre duc blanc qui sera le dernier personnage à prendre les traits d’un David Bowie qui multipliait alors les stupéfiantes aventures.


Sans doute un des meilleurs albums de Bowie avec un titre comme Golden Years.


Mais revenons à ce tribute baptisé We Were So Turn On.

Une quarantaine de chansons réunies sur trois CD.
Au moment d’arracher l’emballage, on attend beaucoup de la copie rendue par Arno.

On se laisse emporter par une vague de nostalgie en découvrant la participation de Duran Duran (Boys Keep Swinging).
On est curieux de savoir quelle note sera donnée à Carla Bruni, sachant que pour avoir un 10, il faut faire (presque) aussi bien que Bob Dylan quand il interprète Like A Rolling Stone..., sans doute la plus belle chanson du monde.


Pour celui qui a été biberonné à The Rise And The Fall Of Ziggy Stardust And The Spiders From Mars, et qui a suivi, comme celle d’un héros, les aventures de cet extraterrestre androgyne et bisexuel, l’écoute de cet album dans son intégralité peut rapidement devenir la matérialisation de l’enfer.

Un surprenant Étienne Daho


Mieux vaut ne pas avoir connu Suffragette City en version originale pour apprécier celle proposée par les New-Yorkais du groupe A Place To Bury Strangers.

Les autres résultats ?

Keren Ann massacre Life On Mars, Carla Bruni ne convainc pas avec son interprétation très cotonneuse d’Absolute Beginners et décroche une note bien en dessous de la moyenne, à la différence d’un surprenant Étienne Daho, qu’on n’attendait pas forcément sur ce genre de registre mais qui s’en sort avec les honneurs sur Heathen.

La voix rock et rauque d’Arno donne une texture particulière à All The Young Dudes.

Les mentions spéciales sont attribuées à Halloween Swin Team pour Look Back In Anger et à Warpaint avec Ashes To Ashes. • >


« We Were So Turn On : tribute to David Bowie ».


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Dernière édition par Bridget le Sam 21 Juil - 12:32, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: DAVID BOWIE    Lun 21 Fév - 12:32



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David Bowie : L'homme aux mille visages



Direct Star - 20h35






Gros plan sur la carrière protéiforme de David Bowie, musicien, acteur et artiste accompli, de Ziggy Stardust, glam rocker ambigu, à Tin Machine ou au post-punk des années 80.

Peintre, acteur, poète, mime, David Bowie n'est pas qu'un chanteur de rock.

Précurseur du glam rock, de la new wave, de la musique industrielle, du funk blanc, Bowie n'a jamais été là où on l'attendait, mais son public a toujours répondu présent.
De son explosion avec le personnage de Ziggy Stardust au succès planétaire des années 80, David Bowie a imprimé sa marque pendant quatre décennies sur toute la musique contemporaine et bien au-delà.
Alors qui se cache réellement derrière cet homme aux multiples visages ?

Tony Curtis, Boy George, Eric Dahan (Libération), Emilie Mazoyer (Le Mouv’), Jean-Daniel Beauvallet (Les Inrocks), Benoît Sabatier (Technikart), Lena Lutaud (Le Figaro), Laurent Petitguillaume, Christian David (spécialiste rock), Michael Watts (Melody Maker), Angela Barnett (sa première épouse) et Iman Bowie répondent.


http://teleobs.nouvelobs.com/tv_programs/2011/2/21/chaine/direct-star/20/35/david-bowie


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Dernière édition par Bridget le Ven 25 Mar - 19:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: DAVID BOWIE    Ven 25 Mar - 19:35



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" TOY ", un album inédit de David Bowie







"Toy", un album inédit de David Bowie dont l'enregistrement remonte à 2001, a fuité sur le Web.


Un album inédit de David Bowie s'est retrouvé en téléchargement sur Internet.
Toy, le 23e album du chanteur, a été enregistré en 2001. Il inclut des réenregistrements de titres comme The Heat of the Morning et Liza Jane, mais aussi des titres totalement inédits, comme Silly Boy Blue, en écoute ci-dessous.





http://official.fm/track/225860





Prévu pour sortir en 2002, l’album avait finalement été enterré suite aux désaccords entre Bowie et sa maison de disques de l’époque, Virgin Records. Cet incident l'a poussé à créer son propre label, ISO, chez qui il a sorti son dernier album, Reality, en 2003.


D'après le Guardian, un CD de Toy a été mis en vente sur Ebay en Australie pour $100 (70€).
Depuis la vente de cet exemplaire le 15 mars, les morceaux ont été mis en téléchargement sur plusieurs sites.
Sur les 14 titres de l'album, cinq avaient déjà été diffusés, soit sur l'album Heathen sorti en 2002, soit en tant que face B.


Il s'agit des premiers nouveaux morceaux de Bowie que l'on entend depuis 2003.
Après son opération du cœur en 2004, Bowie a arrêté de faire de la musique, mis à part quelques apparitions avec des artistes comme Arcade Fire ou Scarlett Johansson.

Pour l'instant, l’équipe de Bowie n'a pas commenté la fuite de cet album.



La tracklist de Toy :

Uncle Floyd

Afraid

Baby Loves That Way

I Dig Everything

Conversation Piece

Let Me Sleep Beside You

Toy (Your Turn To Drive)

Hole In The Ground

Shadow Man

In The Heat Of The Morning

You've Got A Habit Of Leaving

Silly Boy Blue

Liza Jane

The London Boys


http://www.lesinrocks.com/musique/musique-article/t/62149/date/2011-03-24/article/album-david-bowie/

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Dernière édition par Bridget le Mar 26 Juin - 22:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: DAVID BOWIE    Mar 26 Juin - 21:05


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David Bowie

Ziggy Stardust & The Spiders from Mars (40th anniversary edition)









« Ziggy Stardust » : quand le rock vole en éclats dorés.





On fête cette année les 40 ans de la sortie du disque The Rise And Fall Of Ziggy Stardust And The Spiders From Mars. Une date essentielle dans l’histoire de la musique pop-rock.


Ziggy Stardust, c’est aussi un personnage, un univers, un concept, une démarche… L’événement est salué par une réédition de l’œuvre, remasterisée pour l’occasion, chez EMI ; par moult articles de presse…
Et, fait plus marquant, par la pose d’une plaque commémorative à l’endroit précis où l’une des photos de la pochette a été prise, à Londres - au 23 Heddon Street, la rue près de laquelle se trouve la fameuse cabine téléphonique rouge que l’on voit aussi sur la pochette.

C’est le troisième personnage de fiction qui se trouve ainsi honoré par une Institution liée à la Couronne - les deux premiers étant Sherlock Holmes et Lara Croft. Le créateur, David Bowie, n’était pas présent lors de la cérémonie - probablement parce qu’il a mystérieusement et résolument quitté les feux de la rampe depuis 2003, l’année où il a subi une angioplastie suite à un accident cardio-vasculaire.










Bowie est, en 1971 un artiste de 24 ans qui a déjà plusieurs disques à son actif, qui a gagné l’estime de la critique, mais qui n’arrive pas à percer au niveau public - le morceau Space Oddity (1969) étant une exception.
Il va petit à petit trouver la formule magique avec l’aide de son entourage très actif et déterminé : sa femme Angie, son manager Tony Defries, son guitariste Mick Ronson...



* Un rock à la fois dur et brillant, dense et pointu, lyrique et saturé, extrêmement bien calibré de manière à toucher au centre la cible musicale qui sommeille en chaque adolescent britannique. C’est assez nouveau pour Bowie, qui a jusqu’à présent surtout donné dans la variété pop et la musique aux résonances folk.


* Une image et une dégaine provocantes, agressives et ciné-théâtrales - Bowie imite les figures prégnantes du moment : les « droogies » de Burgess et Kubrick, reprend leur langage : le « nadsat ».
En ouverture de certains concerts, il fait d’ailleurs diffuser la musique de Beethoven revue par Walter Carlos. Il se teint les cheveux en orange ou rouge vif, s’inspire de la culture japonaise, notamment du kabuki.


* Des références comportementales et vestimentaires à une sexualité débridée et dépassant les limites rassurantes de l’hétérosexualité - il s’agit de faire fantasmer le public, de titiller ses pulsions de vie… et aussi, ne manquons pas de le noter, de mort.
La déclaration très calculée du chanteur au célèbre magazine Melody Maker, en janvier 1972, selon laquelle il serait homosexuel et l’aurait toujours été, fait l’effet d’une bombe dans la très conservatrice et perfide Albion.
Bowie inventera en concert une figure scénique d’anthologie : une fellation simulée du guitariste par le chanteur.


* Un fil narratif qui donne une relative cohérence à l’album. Semble racontée une histoire, plus ou moins bien construite à travers l’assemblage des morceaux - certains refusent au disque la dénomination de « concept album », considérant que les chansons sont finalement assez disparates.

Le parcours d’une « rock star » extra-terrestre qui arriverait sur notre terre condamnée à la destruction et où les humains sont hystériquement déboussolés, qui déchaîne les foules juvéniles en prophète sans tabou. Le destin d’une idole libidineuse repoussante autant qu’attirante, et qui est suicidée par ses fans en une catharsis jubilatoire.
Rock et science-fiction, rock et dystopie, rock et crypto-religiosité.









Intellectuellement, l’idée lumineuse, assez révolutionnaire pour l’époque dans l’industrie de la musique populaire, est aussi et surtout de créer une mise abîme du monde dans lequel Bowie évolue et voudrait se faire une place de « nazz » - un « meneur » en nadsat -, de procéder à une représentation auto-réflexive du « star system ».
Et aussi de multiplier les références, ce qui avait déjà été fait abondamment dans le disque précédent : Hunky Dory (1971).


Ainsi, au fil du temps, les esprits éclairés comprendront la modernité fondamentale du travail de Bowie. D’aucuns - l’écrivain Jon Savage dès 2002 - iront même jusqu’à parler du caractère « post-moderne » du disque : références abondantes et structurantes, goût pour les associations hétéroclites, artificialité et anti-naturalisme artistiques revendiqués, dépassement du classicisme rock et volonté d’une sortie hors de son histoire destinée de toute façon à finir.



Pour aller au-delà du rock et faire du méta-rock, il faut l’englober, faire une synthèse de son passé, présent et supposé avenir - qui est déjà considéré comme sans futur. Ainsi le disque se voulait au départ un hommage explicite à cette musique populaire née dans les années cinquante.

Bowie devait y inclure une reprise du Round & Round de Chuck Berry - il la gardera finalement sous le coude - et donner ce titre à l’album. Ainsi, le personnage de Ziggy, figure surdéterminée, pourrait être une condensation, entre autres, de Vince Taylor, chantre illuminé du rockabilly ; du Legendary Stardust Cowboy qui a quelques délires relatifs à la conquête spatiale ; d’Iggy pop, l’animal proto-punk.


Ainsi, Ziggy joue de la main gauche comme Hendrix, un des célèbres suicidés de la société rock ! Ainsi, le pendant féminin de Ziggy, Lady Stardust, se voit devenir héroïne fatale d’une chanson-hommage au chanteur le plus populaire en Grande Bretagne au début des années soixante-dix, Marc Bolan - dont le groupe s’appelle T.Rex. Bolan est un ami et un rival de Bowie.

Il est l’instaurateur du « glam rock », ce mouvement hédoniste en rupture avec les crédos de l’époque hippie et qui annonce le punk, au sein duquel va s’inscrire Bowie. Avec Ziggy, celui-ci va devenir le représentant majeur du courant « glitter », justement, reléguant progressivement l’auteur de Dandy In The Underworld aux oubliettes.



C’est au studio Trident de Londres, à l’automne 1972 - alors que l’album Hunky Dory n’est pas encore sorti -, que Bowie travaille à l’élaboration du nouveau disque avec ses trois musiciens qui forment les « Spiders from Mars » - Ronson à la guitare et au piano, Trevor Bolder à la basse et Woody Woodmansey à la batterie.


Le Trident est probablement le meilleur studio du Royaume-Uni. Il est le premier à être équipé d’un « seize pistes », en 1969. À cette date, le disque des Beatles Abbey Road est enregistré dans les studios du même nom sur un « huit pistes » !




On connaît des démos de certains morceaux. Le travail d’arrangement qui a été réalisé pour le disque, et que l’on doit beaucoup à Ronson, est celui d’orfèvres. Le (co-)producteur Ken Scott, qui remplace Tony Visconti, un autre collaborateur attitré de Bowie - et aussi de T.Rex -, et l’artiste lui-même travaillent à donner tout son punch catchy et sa clarté absolue au son. Celui-ci n’a pas pris une ride.


Ken Scott a été ingénieur du son et a travaillé à bonne école : celle des Fab Four au studio Abbey Road. Il travaillera plus tard, entre autres, pour Supertramp. Il connaît la musique !
L’efficacité est dans ses cordes.
Aucun des morceaux retenus, pas un seul, n’est anodin. Tout s’enchaîne au poil (« hunky dory ») et vient à point. Five Years c’est le contexte campé avec moult visions surréalistes. Les violons stridents et la montée du chant en hurlements donnent forme au tourbillon apocalyptique qui s’annonce.


Soul Love propose des variations sur l’amour d’une préciosité sans pareil, grâce notamment à la guitare et au saxophone - c’est Bowie qui joue.
Moonage Daydream introduit Ziggy le monstre, animal-putassier d’outre-terre qui prône la défonce onirique. Le solo final, tout en répétition de notes de plus en plus larges et hautes, est coïtal à souhait.











Starman, inspiré par Over The Rainbow, est une merveilleuse ballade, de type acoustique, où les adolescents sont encouragés à s’éclater pour eux-mêmes et avec Ziggy…
La chanson finit en un chœur entêtant. It Ain’t Easy est une pièce étrange mais d’importance où Bowie métamorphose sa voix comme il sait si bien le faire - la rendant ici particulièrement pointue et nasale - : « Ce n’est pas facile d’atteindre le Paradis [le sommet de la gloire ?] quand vous êtes au plus bas ».


Il s’agit de la reprise d’une chanson de Ron Davies datant de 1970, déjà (ré)interprétée par plusieurs autres artistes avant 1972… La reprise : une des spécialités de Bowie qui ne manque jamais de rendre hommage aux artistes qu’il aime, d’emprunter pour faire sien.

Lady Stardust fait la part belle au piano… Le Paradis est finalement bel et bien atteint par le groupe du chanteur-étoile qui joue en une harmonie parfaite et pour l’éternité.

Star est très énergique, saccadée, et structurellement réjouissante. Les chœurs, sublimement maniérés, sont poussés dans les suraigus par la technique…
Le morceau évoque l’importance vitale du rock and roll, sa force de conviction et sa pertinence que d’autres domaines - notamment la politique - ne peuvent que lui envier.


Hang On To Yourself est un rock énergique et envoûtant, annonçant les hymnes punk.

Ziggy Stardust est le morceau de choix de l’œuvre ici évoquée. Un riff introducteur destiné à devenir mythique, martial et hyper électrisé… Tout est dit sur le héros, son charisme fascinant, mais aussi son insupportable arrogance et sa disparition tragique.


Suffragette City est à nouveau un titre détonant, mais très contrôlé au niveau de la production… Un morceau à la répétitivité orgasmique.


Rock And Roll Suicide est la cerise noire sur le gâteau multicolore. Avec un lyrisme fou, Bowie y parle du temps qui passe plus vite que notre ombre, de la mort et de la communion avec l’autre qui souffre : « Donne-moi tes mains… Tu es merveilleux/se ».
Idéal pour les fins de concerts ! Martèlement macabre à la grosse caisse et violons démonstratifs.











Ken Scott vient de sortir ses mémoires : Abbey Road to Ziggy Stardust: Off the Record With the Beatles, Bowie, Elton & So Much More (Alfred Music Publishing, Harlow, 2012). Il s’est exprimé abondamment sur l’enregistrement du disque ces jours-ci, dans les médias.


Bowie, raconte-t-il, arrivait avec la base des morceaux qu’il jouait sur sa guitare « douze cordes ». Le travail d’orchestration en studio était collectif. C’était à chaque musicien d’apporter ses idées, ses lignes instrumentales.

Selon Scott, la mayonnaise ziggyienne a excellemment pris car le disque a été enregistré dans la foulée de Hunky Dory. Les musiciens, encore chauds, travaillaient ensemble de façon presque intuitive. La communication était parfois « silencieuse ».


Bowie est très impatient, il travaille rapidement. Pour Scott, qui a répondu aux questions de l’animatrice Vali sur France Inter - cf. l’émission « Pop, etc. » du 2 juin 2012 -, Bowie est « un des plus grands vocalistes » qu’il ait connus.

Il déclare : « 95 % des voix étaient des premières prises. Je réglais le niveau et on laissait courir (…) Il n’y avait pas d’effet, genre Auto Tune, pour corriger la justesse, il n’y avait pas de Pro Tools pour tout déplacer ou recaler.

Ce que vous entendez c’est ce qu’il a chanté la première fois ». Et le producteur d’ajouter qu’il était extrêmement rare que Bowie fut « obligé de faire la voix en deux prises ».



Quand le disque sort, en juin 1972, le succès est assez foudroyant en Grande-Bretagne. Le public est décoiffé, et singe très vite l’« alligator » efféminé, la « maman-papa » fardée. Il se prend à rêver, à embellir son quotidien glauque et sa propre image, à envisager comme les Araignées martiennes de voler des guitares pour aligner les riffs simples mais assassins - et aussi, probablement, des vêtements dans les voitures laissées ouvertes : cf. la chanson All The Young Dudes -, à tenter de se libérer du carcan social étouffant.


À vrai dire, et pour paraphraser Oscar Wilde, les fans de Ziggy sont de ceux qui voient les étoiles même en étant dans le caniveau…


Bowie et ses sbires multiplient les concerts dans son pays où il est bien prophète, mais aussi aux Etats-Unis et au Japon et tentent parfois, quand l’argent est disponible, de leur donner la dimension d’un show de music-hall, d’un théâtre des attractions.


En 1973, Ziggy se métamorphose en Aladdin Sane - un personnage ouvertement schizoïde. Mais Aladdin n’est que prolongement outrancier et américanisé de Ziggy.



Bowie se sent, au bout de quelques mois épuisants où sa créativité s’est d’ailleurs en est donnée à cœur joie - il a travaillé pour Lou Reed, Iggy Pop et les Stooges, Mott The Hopple -, relégué au cachot. Ziggy, toujours Ziggy… Il n’y en a plus que pour Ziggy !


Bowie en souffre apparemment des neurones. Le chanteur a alors l’idée, toujours géniale, de suicider sur scène son personnage de suicidé, en juillet 1973.
Il prétend - ce qui est vrai mais probablement qu’en partie - que le « messie lépreux » lui colle trop à la peau et lui fait perdre la boule.


Le chanteur ne sera pas guéri pour autant - il souffrira de quelques délires paranoïaques et schizophréniques dans les années 1975/76 -, mais pourra découvrir et se construire d’autres horizons musicaux et adopter un style plus adapté aux goûts des jeunes américains qui ne sont pas séduits autant que les Britanniques par la « Poussière d’étoile » à l’accent parfois un peu cockney : la soul.



Ziggy est mort, vive Ziggy. Le charme glamour, le décadentisme dandy, le narcissisme merveilleusement irritant de l’énergique trublion divinement sexy, auront marqué le rock.


Ce rock que Bowie aura contribué à faire voler en éclats dorés. Il est plus que jamais d’actualité dans un monde glauque et sombre qui n’en finit pas de perdre ses repères et qui s’accroche encore à de bien trop vieilles lunes.

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Merci à EMI pour les photos de Bowie/Ziggy signées Masayoshi Sukita - qui vient de sortir en 2012 un nouveau livre de photos de Bowie intitulé Speed Of Life.



La photo de la plaque « Ziggy Stardust » apposée au 23 Heddon Street le 27 mars 2012 est de Carina C. de Groot.



L’édition 2012 du disque chez EMI comprend un CD et un vinyle remasterisé à l’Air Studio de Londres par Ray Staff, ingénieur du son qui a travaillé au Studio Trident - son stéréo 5.1.
En bonus, quelques morceaux remixés par Ken Scott en 2003, dont l’instrumental de Moonage Daydream.


Enrique Seknadje est l’auteur de l’ouvrage David Bowie - « Le Phénomène Ziggy Stardust » et autres essais, Camion Blanc, Rosières En Haye, 2009.



http://www.culturopoing.com/Musique/David+Bowie+Ziggy+Stardust+The+Spiders+from+Mars+40th+anniversary+edition+-4928




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MessageSujet: Re: DAVID BOWIE    Sam 21 Juil - 12:52

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ARTE     Dimanche 22 juillet 2012 à 22h15



DAVID BOWIE     REALITY TOUR










David Bowie nous offre un best-of de sa carrière, enregistré à Dublin en 2003, dans le cadre de sa dernière tournée internationale.

Depuis The man who sold the world jusqu’à ses derniers tubes, on retrouve toutes les métamorphoses de l’artiste. Avec quelques moments exceptionnels, notamment trois morceaux de Ziggy Stardust qu’il n’avait plus interprétés sur scène depuis 1978.
Un must absolu !













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MessageSujet: Re: DAVID BOWIE    Sam 1 Déc - 20:54

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Exposition "David Bowie Is"

Du 23 Mars au 28 Juillet 2013 Victoria and Albert Museum   Londres






David Bowie : la rétrospective londonienne de 2013






Le Victoria and Albert Museum proposera au printemps prochain une alléchante rétrospective autour de la carrière protéiforme de David Bowie.
L'exposition, la première de cette envergure, explorera le processus créatif de cet avant-gardiste en tant que musicien mais aussi en tant qu'icône culturelle. Quelque 300 objets seront présentés, y compris des costumes de scène, des dessins et paroles manuscrites, des photos, des instruments, des pochettes de disques ainsi que des extraits de films et de concerts.

En voici un aperçu en images.







Album cover shoot for Aladdin Sane, 1973. © Photograph by Brian Duffy © Duffy Archive





"David Bowie est une véritable icône, plus pertinente aujourd'hui que jamais. Ses innovations radicales en musique, théâtre, mode et style (...) continuent d'inspirer artistes et designers du monde entier", souligne Martin Roth, directeur du Victor et Albert Musem, qui est l'un des plus beaux musées d'art et de design au monde.




Les commissaires d'exposition, qui ont eu un accès inédit aux archives de l'icône glam-rock, retracent le parcours de Bowie, depuis ses premiers pas dans la musique dans les années 60 en passant par ses différentes mutations de Ziggy Stardust au Thin White Duke. Ils reviennent ce faisant à la fois sur ses sources d'inspiration tout en montrant comment ce visionnaire a lui même influencé l'art, le design et la culture contemporaine.




Un avant-goût de l'exposition "David Bowie Is" en 10 images



Le Premier Groupe



David Jones débute très jeune dans la scène musicale bourgeonnante du London swinging sixties : il a 16 ans lorsqu'il rejoint le groupe The Kon-rads. Il y tient le micro et le saxophone.
L'exposition montrera différents objets de ses premiers pas dans le milieu de la musique, dont des dessins et tenues de scène.








Promotional shoot for The Kon-rads 1963 -
Photograph by Roy Ainsworth © Courtesy of The David Bowie Archive 2012 Image © V&A Images






La Séance Photo d'Aladdin Sane




De tous les personnages de fiction que David Bowie a inventé et incarné au fil du temps pour la scène, Ziggy Stardust, créé en 1972, est sans doute celui qui a le plus durablement marqué les esprits. Celui d'Aladdin Sane en est une extension, sorte de double schizophrène.

Pour créer la pochette de l'album Aladdin Sane en 1973, Bowie collabore avec le maquilleur Pierre Laroche et le photographe Brian Duffy. Leur création d'un Bowie zébré de rouge et bleu deviendra l'une des images les plus identifiables de la culture populaire, reproduite à l'infini. L'exposition montrera notamment la précieuse planche contact de cette séance photo historique.






Album cover shoot for Aladdin Sane, 1973. © Photograph by Brian Duffy © Duffy Archive






Les Méthodes D'inspiration



Bowie l'avant-gardiste s'est toujours fortement impliqué dans tous les aspects de ses créations, qu'il s'agisse de composition, d'enregistrement mais aussi de tenues de scène, de scénographie pour les shows ou de pochettes de disques.
Il s'est inspiré pour ce faire de méthodes d'autres artistes comme celle des découpages que lui avait montré William Burroughs (ci-dessous) ou celle des fameuses cartes de "stratégies obliques" créées par Brian Eno. L'exposition montrera des notes manuscrites de Bowie, paroles de chansons et partitions, ainsi que des découpages.





Cut up lyrics for 'Blackout' from 'Heroes', 1977 © The David Bowie Archive 2012, Image © V&A Images








David Bowie and William Burroughs 1974 © Photograph by Terry O’Neill Courtesy of The David Bowie Archive 2012





Les Folles Tenues de Yamamoto



Bowie est tombé amoureux du travail du styliste Kansai Yamamoto dès 1971. Ne pouvant se permettre d'acheter les tenues originales, il a commencé par en copier l'esprit.
Après le succès de Ziggy Stardust, il a sollicité le styliste qui lui a créé sur-mesure des costumes de scène flamboyants comme celui ci-dessous pour la tournée Aladdin Sane. Plusieurs de ces tenues spectaculaires inspirées du Kabuki et des samouraïs seront visibles à l'exposition.








Striped bodysuit for Aladdin Sane tour 1973 - Design by Kansai Yamamoto - Photograph by Masayoshi Sukita © © Sukita The David Bowie Archive 2012





" L'Homme Qui Venait d'Ailleurs "




Outre son statut de musicien star, David Bowie a aussi une carrière d'acteur, initiée lorsqu'il participe dans sa jeunesse à la troupe du mime et chorégraphe Lindsay Kemp. Il fait ses premeirs pas au cinéma en 1976 dans "L'homme qui venait d'ailleurs" de Nicolas Roeg.
Ce rôle troublant d'extra-terrestre lui va comme un gant. Suivront notamment "Les Prédateurs", "Furyo", "Basquiat" et Absolute Beginners".
L''exposition proposera des extraits de "L'Homme qui venait d'ailleurs" dans une salle de projection particulière.









Photo collage of manipulated film stills from "The Man Who Fell to Earth" © STUDIO CANAL Films Ltd © © V&A Images





La bande annonce (en anglais) de "L'homme qui venait d'ailleurs" (1976)





Le Costume de Pierrot de " Scary Monsters "



La styliste et costumière Natasha Korniloff a beaucoup contribué à l'image de David Bowie. Elle a créé de nombreuses tenues pour les shows de Ziggy Stardust ainsi que le costume de Pierrot de la pochette de "Scary Monsters", tenue qu'il porte aussi dans le clip "Ashes to Ashes". Le storyboard de la vidéo co-signée David Mallet sera montrée à l'exposition ainsi que le costume et le chapeau de pierrot.





Bowie en costume de Pierrot créé par Natasha Korniloff (1980) © Saisie écran du clip "Ashes to Ashes"





Le Thin White Duke (Le Mince Duc Blanc)





David Bowie endosse le costume du Thin White Duke à partir de l'album "Station to Station". Ce personnage très classe, vêtu de noir et blanc, est inspiré de l'esprit du Berlin des années 20.
Le décor de scène qui accompagne l'album est un clin d'oeil direct à "Cabaret". Certains des costumes de scène dessinés par Ola Hudson seront exposés.





The Archer Station to Station Tour 1976 © John Robert Rowlands





La Trilogie Berlinoise




A la fin des années 70, Bowie fuit le cirque de la célébrité et se réfugie à Berlin avec Iggy Pop en quête d'anonymat et d'inspiration. C'est là qu'il débute la trilogie berlinoise expérimentale (les albums "Low", "Heroes" et "Lodger"), enregistrée avec Brian Eno et Tony Visconti.
L'exposition explorera les influences de Bowie durant cette période comme le Dadaïsme et l'Expressionisme allemand, via notamment des flyers et des dessins.







Self portrait in pose also adopted for the album cover of 'Heroes' 1978 ©
© The David Bowie Archive 2012 Image © V&A Images





La Muse des Créateurs de Mode



Avec sa capacité folle à se réinventer constamment à travers de nouveaux personnages de scène, David Bowie a toujours su anticiper les modes. Il a aussi beaucoup inspiré les créateurs.
Il a travaillé avec de nombreux stylistes de mode, dont Alexander McQueen, Hedi Slimane, Kansai Yamamoto, Giorgio Armani, Issey Miyake et Thierry Mugler.
L'exposition montrera notamment le manteau aux couleurs de l'Union Jack britannique créé par Alexander McQueen sur la pochette de l'album "Earthling" en 1997 (ci-dessous).





Original photography for the Earthling album cover, 1997 Union Jack coat designed by Alexander McQueen in collaboration with David Bowie © Photograph by Frank W Ockenfels 3





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MessageSujet: Re: DAVID BOWIE    Mar 8 Jan - 17:06

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Un nouvel album de David Bowie en mars



Le printemps sera très David Bowie : le jour de son anniversaire, le chanteur annonce un nouvel album, “ The Next Day ”, en plus de l'expo déjà prévue à Londres.










David Bowie fête ses 66 ans ce mercredi 8 janvier 2013. Un événement qu'il célèbre avec l'annonce inattendue... d'un nouvel album.
Un disque annoncé sur son site, sur lequel il a posté un nouveau morceau, Where are we now ? extrait de ce 26e album studio,The Next Day, à paraître en mars.

http://www.davidbowie.com/the-next-day

Le single est téléchargeable pour 1,29 € sur la plateforme d'achat iTunes.









Where are we now ?, ballade plutôt triste, a été enregistrée à New York par Tony Visconti, le producteur historique de David Bowie. La chanson et le clip font plusieurs fois référence à la ville de Berlin, où David Bowie avait enregistré sa fameuse trilogie Low-Heroes-Lodger.
La pochette prévue pour The Next Day, telle que l'on peut la voire sur iTunes, est justement un détournement de celle de l'album Heroes.



Le clip a été réalisé par Tony Oursler, l'une des stars de l'art vidéo. Artiste américain né en 1957 à New York, il est actif depuis plus de vingt ans sur la planète de l'art contemporain branchée.
Il s'est fait notamment connaître avec ses "Talkings Heads" (qui sont reprises dans Where are we now ?), sortes de poupées de chiffon ou de grosses boules blanches sur lesquelles sont projetées des images crues : oeil en gros plan qui bat des cils, bouche à la Munch qui déverse une logorrhée peu compréhensible.



Cela fait dix ans que David Bowie n'a pas publié d'album, après Reality en 2003 et une tournée interrompue l'année suivante pour cause de problèmes de santé. Le chanteur n'était plus apparu en public que lors d'événements rares, comme par exemple aux côtés d'Arcade Fire ou de David Gilmour.




La sortie de The Next Day coïncidera avec l'ouverture d'une exposition au Victoria and Albert Museum, qui a décidé de consacrer une « première rétrospective mondiale » à David Bowie, du 23 mars au 28 juillet 2013.


On y verra plus de 300 objets dont des manuscrits de chansons, des costumes originaux, des films, des décors et des instruments de la star britannique.

Selon The Guardian, qui cite un représentant de sa maison de disques Columbia, ni concert ni interview ne sont prévus pour accompagner la sortie du disque.




Voici le tracklisting intégral de l'album :

01. The Next Day

02. Dirty Boys

03. The Stars (Are Out Tonight)

04. Love Is Lost

05. Where Are We Now ?

06. Valentine's Day

07. If You Can See Me

08. I'd Rather Be High

09. Boss Of Me

10. Dancing Out In Space

11. How Does The Grass Grow

12. (You Will) Set The World On Fire

13. You Feel So Lonely You Could Die

14. Heat


Bonus tracks (pour la version deluxe) :

15. So She

16. I'll Take You There

17. Plan











http://www.telerama.fr/musique/un-nouvel-album-de-david-bowie-en-mars,91624.php





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MessageSujet: Re: DAVID BOWIE    Mar 26 Fév - 14:35

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“ The Stars (Are Out Tonight) ” : le nouveau titre de David Bowie









Après Where are we now ? un deuxième titre du nouvel album de David Bowie, The Next Day, attendu pour mars 2013, a été diffusé avec un clip.

L'actrice Tilda Swinton y joue l'épouse de David Bowie dans les gestes les plus banals de la vie quotidienne, comme les courses au supermarché ou une soirée devant la télévision.









Le morceau ne démarre vraiment qu'à 1'44 et met en parallèle la vie domestique et la répétition d'un groupe de rock qui interprète The Stars are Out Tonight.
En parallèle, un couple de femmes étrange et effrayant poursuit et espionne les époux jusque dans le lit conjugal.

L'androgynie domine le film, entre Tilda Swinton, Bowie au féminin ou l'ambivalence de la silhouette de la femme brune en costume. Il est nourri de références faisant penser à la série Six Feet Under (la scène du dîner notamment), Requiem for a Dream ou American Beauty.


http://www.telerama.fr/musique/the-stars-are-out-tonight-le-nouveau-titre-de-david-bowie,93990.php








Saskia De Brauw, Tilda Swinton, David Bowie, Andrej Pejic in the video to The Stars (Are out Tonight). Photograph: Floria Sigismondi



http://www.guardian.co.uk/music/musicblog/2013/feb/26/david-bowie-stars-out-tonight-video

Le clip a été réalisé par la photographe et réalisatrice italienne Floria Sigismondi. Elle a réalisé de nombreux clips dont deux de David Bowie (Little Wonder en 1996 et Dead Man Walking en 1997) et d'autres pour Katy Perry, Kanye West, The Cure, Leonard Cohen ou encore Marilyn Manson.
Les paroles de la chanson, annotées, ont été diffusées sur le compte Facebook officiel de David Bowie.










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MessageSujet: Re: DAVID BOWIE    Mer 6 Mar - 21:50




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Trois David Bowie en une(s) de “ Télérama ”



Cette semaine, “Télérama” publie un dossier spécial David Bowie avec trois images pour autant de couvertures.








David Bowie, le caméléon, le rocker-Protée capable de constamment se métamorphoser, de susciter et de combler la curiosité et l’attente de tous ses publics, méritait bien un hommage en trois couvertures.








Trois images pour montrer, à l’heure où paraît The Next Day, le dernier album de l’icône des années 1970, comment un artiste sait renaître de ses cendres et toujours se réinventer.
Et trouver ainsi les secrets qui nous font rêver. Nous y encourager peut-être.








Excessif, ce triptyque consacré à la star, dont vous pourrez choisir en kiosque la couverture qui vous plaira ? Nous avions envie de vous faire sourire et de nous faire plaisir aussi (l’un étant souvent la meilleure cause de l’autre, et réciproquement).






The Next day




Le single était mélancolique. L'album déborde d'énergie. Pour son retour, David Bowie s'inspire de toute les facettes de sa carrière.

On était prévenu. Where are we now ?, la belle et mélancolique ballade intimiste qui n’avait rien d’un tube, lâchée début janvier, n’était pas représentatif de The Next Day.
Effectivement.


Mais peut-être faut-il trouver dans ce titre décalé, rare moment de calme et d’introspection dans un album débordant d’énergie, la source du désir retrouvé de Bowie d’en découdre et même de s’amuser.


S’amuser à faire du bruit, à jouer avec sa vaste palette musicale passée, avec tout ce que ses héritiers les plus doués en ont fait. C’est la condition d’entrée de The Next Day : accepter qu’il ne va pas nous étourdir , nous propulser, comme autrefois, dans une contrée musicale inexplorée.


Faire la sourde oreille aux quelques fautes de goût (réminiscence saccadée de l’épuisant Earthling sur If you can see me, la lourdeur metal FM de (You will) Set the world on fire…), pour, à notre tour, partager son plaisir, celui de réunir sur un même disque ses multiples personnalités.


Ou peut-être de réussir en 2013, comme tant d’autres s’y essayent, de réaliser l’album 80s parfait qui lui a échappé. Un disque qui n’aurait pas perdu de vue Scary Monsters, où le brillant équilibre de grâce pop et de krautrock, avec la guitare cisaillée de Robert Fripp, éblouissait.





© Jimmy King/ Sony




Car si Fripp a décliné l’offre de participer à The Next Day, son fantôme y rôde dans ses meilleurs moments.
Ça donne How does the grass grow, qui aurait eu fière allure sur Lodger. Ou même l’entraînant Next Day et son texte intrigant, « Me voici, pas tout à fait mort, mon corps laissé à pourrir sous un arbre… ».


Ailleurs, on se laisse prendre par le funk heavy et moite de Dirty Boys, à mi-chemin entre Fame et Calling Sister Midnight, illuminé par un fabuleux solo de sax baryton.


Mais plus que tout, c’est la voix qui nous aspire, surtout quand la batterie se fait moins tonitruante et que le tempo ralentit. You feel so lonely you could die, slow classique aux airs de chants de Noël.

Et Heat, lent, atmosphérique, basse fretless en apesanteur et chant qui envahit l’espace… « Je me dis que je ne sais pas qui je suis, et mon père est en prison… » Arrangements de cordes qui rappellent Psychose. Frissons. Bowie n’est pas mort. Il bouge encore. Et plutôt bien.



http://www.telerama.fr/musiques/the-next-day,94173.php




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MessageSujet: Re: DAVID BOWIE    Lun 11 Mar - 19:47

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David Bowie : Dessine-moi un mutant




A l'occasion de la sortie de “The Next Day”, retour sur les métamorphoses et les audaces de Bowie, qui a toujours su bouleverser le cours et les codes du rock.





1973. Masayoshi Sukita photographie la star à New York. © Masayoshi Sukita




Neuf ans de réflexion. L'homme qui a su orchestrer ses multiples renaissances a géré avec brio son absence. De son vrai-faux adieu à la scène en 1973 à son éclipse subite, en juin 2004, pour raisons de santé, David Bowie a toujours su maîtriser son destin.
Retiré d'une course qui a vu tant de ses contemporains frôler l'usure, la répétition, David Bowie a stoppé net la banalisation vers laquelle sa dernière trilogie d'albums l'entraînait.




Convalescent, mais surtout libre de ses mouvements, il s'est contenté d'observer les mutations artistiques et esthétiques, l'évolution économique d'une industrie qu'il a en partie anticipée (introduction de son catalogue, dont il détient tous les droits, en Bourse dès 1997).

Pour constater qu'absent il demeurait très présent.

Lui, dont l'art s'est abreuvé de tous les grands – reconnus ou obscurs – qui l'ont précédé, a vu son œuvre kaléidoscopique, impossible à réduire à un style puisqu'il les a presque tous abordés, imprégner les sillons et l'esprit, le style ou l'ambition des jeunes générations. Ils ont tous en eux quelque chose de David Bowie.

La voix, la classe ou la présence en moins.




C'est bon de se sentir irremplaçable. Et désiré. Pas une année ne passe sans que bruissent les pires rumeurs sur les réseaux sociaux. Bowie, génie de la com, ne dit rien. Le tweet ne passera pas par lui. Il connaît la valeur de la rareté.

Qui d'autre, à notoriété égale, aurait pu s'enfermer dans un studio new-yorkais pour graver un album dans le secret ?
L'existence de The Next Day n'a été connue que le jour – le 8 janvier 2013, date de son 66e anniversaire – où Bowie l'a décidé. Et a créé un buzz inouï. Bowie manquait, assurément. Et, avec lui, cet espoir d'être désarçonné par un nouveau tour de passe-passe, une de ces réinventions dont il a le secret.



The Next Day ne peut égaler ses chefs-d'œuvre passés. Mais il n'a rien du disque de trop. Il témoigne de la vitalité d'un artiste toujours singulier. Un joli pied de nez, aussi. A l'heure où une exposition célébrant son œuvre va s'ouvrir à Londres, David Bowie refuse de se laisser muséifier. Il demeure vivant, imprévisible et fascinant.



Un artiste unique dans lequel on guette toujours la flamme de celui qui, pendant une décennie de folie, a su modifier à plusieurs reprises le cours et les codes du rock.
Un homme de son et de vision que nous avons choisi de célébrer dans ses plus belles années.

Ses débuts charmants, en quête d'identité ; sa réalisation à travers son invention de l'icône glam ultime ; et sa période de doute et d'angoisse, qui lui a inspiré ses plus grandes audaces musicales et artistiques.



http://www.telerama.fr/musique/david-bowie-dessine-moi-un-mutant,94430.php




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MessageSujet: Re: DAVID BOWIE    Mar 12 Mar - 13:23



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David Bowie, Hippie brechtien





1971. Séance photo pour la pochette de Hunky Dory, par Brian Ward. © Brian Ward / Sony




David Jones devient David Bowie et l'acte de naissance du glam rock est signé.
La mutation décisive approche : une star va éclore.





Un jeune faon sanglé de tweed. Ainsi paraît David Bowie en juin 1967 sur la pochette d'un album qui porte juste ce nom. Le joli garçon déjà photogénique a 20 ans, vient de se réinventer une première fois.
Jusqu'ici, il était David Jones, un frêle « mod » (1) cherchant sa place dans des groupes éphémères de rhythm'n'blues. Sous cette nouvelle marque, celle d'un fameux couteau (le bowie knife), il peine encore à trancher dans l'air du temps.



C'est la saison des fleurs à Londres, où règne le chatoyant Sgt. Pepper's des Beatles. Les miniatures pop composées et chantées par Bowie, accompagnées par sa douze-cordes et le son d'un groupe assez spartiate, ont un curieux goût de cabaret.
Quinze ans avant son hommage à Baal, il est déjà brechtien. Acteur de sa musique autant que musicien.



« Nous pensions qu'il avait un avenir dans la comédie musicale », confie un peu plus tard l'éditeur des chansons de Bowie (il a notamment les Rolling Stones à son catalogue) à Tony Visconti.
Le jeune producteur américain, débarquant en plein Swingin' London, est fasciné par ce gandin bizarre et stylé, qui voue la même passion au rock'n'roll de Little Richard, au jazz de Gerry Mulligan, à l'underground pop de Frank Zappa. Viré par sa maison de disques après des débuts en sourdine, Bowie s'initie à l'art du mime chez Lindsay Kemp et monte avec sa muse Hermione, danseuse de ballet, des groupes au parfum hippie et volatil : Turquoise, Feathers…









Ce Bowie-là est un touche-à-tout sans direction précise, un paon quelque peu évanescent qui pose en robe et se pare des couleurs et coutumes du moment. Il peut mimer l'invasion du Tibet par les Chinois sur une scène, et quelques mois plus tard parader en « homme arc-en-ciel » sur une autre, pour une soirée que Tony Visconti voit comme l'acte de naissance du glam rock, où le scintillement des étoffes répond à des tempos désormais plus électriques.
On est alors en février 1970.




L'année précédente est sorti un nouvel album de David Bowie, dont on a tiré son premier succès, Space Oddity. Une ode de circonstance aux premiers pas de l'homme sur la Lune. Mais aussi une chanson complexe et majestueuse, dépassant le cadre folk-rock où s'inscrivent la plupart de ses créations.


Bowie dut l'imposer à son producteur, qui n'y croyait pas. S'il n'a pas encore d'identité musicale forte, il a déjà du flair. Mais peine à refaire le coup avec le disque suivant, The Man who sold the world, en dépit du potentiel du morceau-titre (auquel Kurt Cobain rendra justice bien plus tard).



Hunky Dory, à la fin d'une année 1971 qui a vu s'envoler vers la gloire son camarade et rival Marc Bolan avec T-Rex, est le chant du cygne du « premier » David Bowie. Précédant de quelques mois sa mutation décisive…
A l'image du portrait impressionniste illustrant l'album, il exhale encore une fraîcheur indécise et frémit de la grâce des commencements.
Pop exubérante, berceuse au nouveau-né, grande ballade narrative et quelques exercices d'admiration qui dessinent Bowie en fan transi avant qu'il ne devienne star à son tour : dans Song for Bob Dylan, Andy Warhol ou Queen Bitch (un pastiche de Lou Reed), il joue encore à être un autre, avec une délectation palpable.
Et quand il recopie (Fill your heart, du comédien-chanteur américain Biff Rose), c'est avec élégance.











Après viendra le temps du contrôle et du pouvoir, ces drogues dures auxquelles un créateur ne s'adonne jamais sans dommage. Pour l'heure, ce David de 24 ans, les yeux vairons balayés par une longue mèche, batifole encore en falzar à pinces, cultivant une vague ressemblance avec Lauren Bacall.
On ne sait plus ce qui chez lui est naturel ou composé : désinvolture dandy, accent cockney...


Mais l'a-t-on jamais su ?




http://www.telerama.fr/musique/david-bowie-hippie-brechtien,94467.php




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MessageSujet: Re: DAVID BOWIE    Mar 12 Mar - 13:38



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David Bowie, Androgyne génie




Plus fascinant que jamais, Bowie devance les modes. Le glam rock est moribond ? Il prépare déjà une nouvelle mue…





1973. Photo de Brian Duffy pour la pochette intérieure d'Aladdin Sane. © Duffy / Duffy Archive




Septembre 1971. A peine le dernier titre de Hunky Dory bouclé en studio, David Bowie est pris d'une frénésie : les chansons de son disque suivant s'imposent déjà comme des évidences, à graver dans l'urgence.
Cette intuition, Bowie la doit à Mick Ron­son, guitariste et arrangeur virtuose. La complicité trouvée avec ce timide alter ego ­venu ­­du Nord a donné des ailes au second couteau pop, déterminé à ravir la couronne glam à Marc Bolan.



« Five years, that's all we've got... » Cinq ans, c'est tout ce qu'il nous reste. La voix du chanteur se brise en hurlant le ­finale de ce qui est peut-être sa plus belle chanson.
La plus atypique dans sa construction, la plus caractéristique d'un répertoire qui ne procédera désormais plus par imitation. Le titre, qui ouvre The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars, l'album de la consécration, publié en juin 1972, marque le basculement d'un outsider, tâtonnant et joueur, en maître absolu de sa création.
Sa voix, d'abord, aux mille intonations et expressions, fragile mais d'une justesse rare, n'appartient plus qu'à lui.

L'enregistrement de Five Years, comme tant d'autres à venir, se fit en une prise, Bowie, littéralement en larmes, puisant au plus profond de son être ses mots cinglants et désespérés.










Jusqu'à Ziggy, Bowie se cherchait. En créant ce personnage de star extraterrestre, héritier de Vince Taylor, Iggy Pop et autres figures cultes de la mythologie rock, Bowie trouvait enfin qui il était : la créature rock ultime, flamboyant marginal triomphant jusque dans la mise en scène de sa mort programmée (Rock'n'roll Suicide), là où ses inspirateurs restaient maudits.



L'ère est encore aux cheveux longs ? Sur les conseils de sa femme, Angie, Bowie les coupe, comme pour souligner plus encore son androgynie. Blond pour la photo de pochette, il passe au rouge, pour mieux répondre aux couleurs vives de ses délirantes tenues japonaises.
Bowie déclare à la presse qu'il « [est] gay, et l'[a] toujours été ». Le timing est parfait. Quinze ans après Presley, l'Anglais incarne à nouveau le trouble sexuel, l'interdit, la liberté. Ziggy Bowie devient l'idole dotée de toutes les vertus : le style, le physique, le costume, l'attitude et, plus que tous ses contemporains, les chansons.




Car plus rien n'arrête Bowie, qui se met à écrire des classiques à la vitesse de la lumière. Pour lui et les autres. All the young dudes sauve la carrière en chute libre de Mott the Hoople.
Lou Reed et Iggy Pop sont aux abois ? Bowie les produit, généreux et pas fou : il ne perd jamais le contact avec ceux qui l'ont nourri.


Car, si Bowie est un vampire, il demeure un fabuleux passeur, toujours prompt à citer ses sources. De Jean Genet (The Jean Genie) à George Orwell (1984 étant à l'origine de Diamond Dogs), il ouvre son jeune public à un monde infini de culture et de sous-culture.











Cet homme étrange, irréel, au corps si fin, au visage si fascinant, barré d'un éclair multicolore, devient le sésame vers une vie autre, plus belle, plus intéressante, plus sensuelle. Son rock dur, glam, concis, s'autorise un élégant grand écart entre music-hall et jazz.
Et Pin Ups, disque de reprises, rend autant hommage aux encore sous-estimés pionniers sixties (Kinks, Pretty Things, Syd Barrett...) qu'il inscrit Bowie dans leur directe lignée.



Les modes sont éphémères, Bowie les devance. Jusqu'à épuisement. Physique. Le glam rock est déjà moribond lorsqu'il boucle Diamond Dogs, en 1974. Une ultime ode rebelle (Rebel rebel) achève les années de folles extravagances.
Entre décadence, déchéance et régénérescence, une nouvelle mue commence. ­










http://www.telerama.fr/musique/david-bowie-androgyne-genie,94468.php





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MessageSujet: Re: DAVID BOWIE    Mar 12 Mar - 13:52

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David Bowie, Prince de la soul




Bowie abandonne les masques et les soieries bariolées, il donne dans le rhythm'n'blues de mutant.
Puis, il invente encore un personnage : le Thin White Duke est né







1976. The Archer : Station to station tour, photographie de John Rowlands. © John Robert Rowlands





En 1974, il suffit de partir en Amérique pour s'évanouir dans un univers parallèle. Ordonnateur de ses savantes disparitions, David Bowie l'a parfaitement compris.
Après quelques mois de silence, il reparaît de l'autre côté de l'Atlantique et le choc est considérable pour ses fans d'ici, qui reçoivent les nouvelles et les images au compte-gouttes. Ziggy a troqué les masques et les soieries bariolées pour un costume d'une pâleur d'azur et un brushing roux de jeune dandy.




Dans la mise en scène sophistiquée d'un show qui vire à la comédie musicale, ses chansons se sont métamorphosées avec lui, transportées par un rythme et des guitares funky piqués aux meneurs de revue « black » de l'époque, James Brown ou les Jackson 5.
Les comptes rendus brossent le portrait en pâmoison d'une star idéalement absente, tout en pose, théâtre et distance, sans un mot pour son public, s'éclipsant sans adieu ni rappel (« David Bowie a quitté le bâtiment », dit un message laconique diffusé par la sono pour calmer les foules, comme aux temps hystériques du jeune Elvis).




Au fil de quelques maigres entretiens, on apprend, émerveillé, que Bowie considère le rock comme une pauvre valeur du passé (« une vieille dame édentée », proclamera-t-il). Il est ailleurs.
Complètement « parti » dans un pays où tout lui semble étranger, y compris lui-même. Il ne quitte pas sa limousine et celle-ci le dépose souvent, la nuit, sur les avenues de Harlem, aux portes de l'Apollo Theater, où il va écouter les jeunes princes soul qui affolent l'époque.




« Tous les chanteurs anglais ont rêvé, un jour ou l'autre, d'être noirs », commente son producteur Tony Visconti. Certes, mais cette greffe est autrement stupéfiante. En ces temps de black power, de groove tout-puissant et de héros aux superpouvoirs érotiques, Bowie n'est pas un simple Londonien, chic et androgyne, qui vient se régaler des pulsions orgiaques de la musique noire.
Il est plus blanc que blanc, il est diaphane, aussi translucide qu'un fantôme, dont la voix et l'élégance émaciée, entre Dietrich et Sinatra, inventent un rhythm'n'blues de mutant.



Dans les studios où s'est étoffé le légendaire son de Philadelphie, fétiche de l'Amérique noire, il enregistre le déroutant Young Americans, porté par un tube funky, Fame (ébauché avec John Lennon dans le studio de Jimi Hendrix), où il s'épanche sur les angoisses de la gloire.
Il court superbement à sa perte. La cocaïne est un stimulant à double tranchant, qui menace d'avoir sa peau.










On perd régulièrement sa trace et, quand on le retrouve, il est au bord de la dépression, replié dans un studio de Hollywood où, entre tarot et magie noire, il redistribue les cartes et pose les premiers jalons d'une série de chefs-d'œuvre qui le feront dériver de Los Angeles à Berlin, toujours isolé, superbe et étranger.



En 1976, un an avant la déferlante punk, Station to station est une prodigieuse vision du futur, un hallucinant collage de sons et de sentiments qui entremêle les transes hypnotiques de la techno à venir, les harmonies et le lyrisme intemporel de la soul et du cabaret.

Il invente pour cet album un personnage dont il ne se séparera plus et qu'on retrouvera dans les somptueuses brumes de pop électronique de Low ou Heroes : « the Thin White Duke throwing darts in lovers' eyes » (le mince duc blanc qui plante ses flèches dans les yeux des amoureux).


Un homme venu d'ailleurs. Celui dont on attendra toujours fébrilement le retour. ­








http://www.telerama.fr/musique/david-bowie-prince-de-la-soul,94466.php





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MessageSujet: Re: DAVID BOWIE    Dim 17 Mar - 16:00

Bowie le retour de l'étoile mutante

Par Philippe Chevilley



David Bowie est plus qu'une star, une planète autour de laquelle gravitent musiques, modes, styles et arts. Après dix ans de silence, il refait parler de lui. Avec un nouvel album surprise, et une grande exposition, dès la semaine prochaine à Londres. Focus, façon boule à facettes.



Le 6 juin 1987, David Bowie donne un concert en plein air à Berlin, Platz der Republik, dans le cadre de sa tournée « Glass Spider ». Le moral de l'artiste n'est pas au beau fixe : son dernier album « Never Let Me Down » a été étrillé par la critique, tout comme son nouveau show. Mais lorsqu'il entonne son tube « Heroes », enregistré dix ans plus tôt dans la capitale allemande, il entend un choeur de voix lointain se mêler à la sienne : ce sont des gamins de l'Est, qui de l'autre côté du mur ont repris cet hymne à l'amour et à la liberté. Le chanteur est bouleversé, la foule, électrisée. Deux ans avant la chute du mur, la pop star fait figure de prophète...

Cette anecdote, racontée par Paul Trynka, l'écrivain rock britannique dans son impressionnante biographie « David Bowie Starman » (éditions Camion Blanc) résume bien l'importance d'un artiste qui aujourd'hui, en 2013, parvient encore à créer l'événement avec un nouveau disque inattendu - le chaud-bouillant « The Next Day » -et une exposition à Londres dédiée à sa « planète » (voir ci-contre). Bowie, l'inoxydable, qui tout au long de sa carrière a fasciné par son aura, trouvé le ton, la chanson juste, surfé sur les modes, en ayant souvent une longueur d'avance sur son temps...

Débuts laborieux

Une revanche sur des débuts laborieux. Car le jeune David Robert Jones -rebaptisé très tôt Bowie -, est beau, séduisant, sympathique, charismatique, mais n'est pas un musicien et « songwriter » génial à la base. Surtout, il est né trop tard : en 1947 -cinq ans après les Lennon-McCartney et autres Jagger-Richards, qui squattent les scènes et les ondes dans les années 1960. Bowie, c'est d'abord une leçon de courage, de détermination : le baby-rocker apprend la scène dans ses formations rythm & blues, il s'exerce à écrire des chansons (son premier album plein de fraîcheur, « David Bowie » montre son potentiel). Et il cherche par tous les moyens à se distinguer : par le théâtre, le mime -qu'il pratique avec l'artiste Lindsay Kemp, la mode, le look, une posture « arty ». Pour le reste, le pop-singer n'a qu'à forcer un peu sa nature : son physique avantageux et sa « séduction » naturelle le poussent vers un personnage de dandy androgyne - encouragé dans cette voie par sa première femme, Angie. Un zeste de scandale en plus -il se revendique bisexuel -et le tour est joué. Bowie parvient à s'imposer comme une icône des « swinging sixties » quand se profile le « split » des Beatles. Et devient le chef de file d'un nouveau mouvement : le rock décadent -une pop spectaculaire, flirtant avec le kitsch et l'underground, cultivée également par Marc Bolan (futur T. Rex) et Roxy Music. Un petit coup de chance booste son envol : son premier tube « Space Oddity » sort en 1969 juste au moment où le premier homme va marcher sur la Lune. Rendez-vous est pris avec les étoiles... Il faudra toutefois attendre les albums « Hunky Dory » et « The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars », où il s'invente un double pailleté (après le psychédélique Major Tom de « Space Oddity »), suivis de la tournée avec son groupe tout feu tout flamme, les « Spider from Mars » pour qu'il goûte à son triomphe au début des années 1970. Avec ses cheveux orange, ses costumes baroques -mix de Star Trek et de Michou -, Bowie conquiert l'excentrique Angleterre, puis la prude Amérique et enfin l'Europe. Avec une certitude désormais, en guise d'un acte de foi : il n'aura plus jamais un train de retard.

Inventions tous azimuts

Que va inventer la star après la pop glamour ? Alors que la mode disco se déchaîne, il décrète le grand retour de la « soul », via son album enregistré à New York « Young Americans » (1975), pour lequel John Lennon lui offre le tube « Fame ». Lorsque le punk et la new-wave balaient la pop des seventies, il anticipe la vague suivante « funk » et « techno » avec un « Station to Station » (1976) chauffé à blanc où il se coule dans les habits du « Thin White Duke », puis avec sa fantastique trilogie berlinoise « Low », « Heroes », « Lodger » (1977-1979). A l'aube des années 1980, il prend un virage grand public, en concoctant avec Nile Rodgers (de Chic) une pop dansante universelle (« Let's dance ») et par la même occasion lance la mode du « rock de stades ». Une décennie plus tard il renoue avec la « branchitude », via des opus sophistiqués, entre rock industriel, électro et « drum & bass » (de « Outside » en 1995 à « Reality » en 2003). A chaque tournant, son « look » évolue, toujours branché, toujours arty...

Bowie s'invente aussi en star plurielle : il brille au cinéma dans des films culte, tel « L'homme qui venait d'ailleurs » (1976), « Les Prédateurs », avec Catherine Deneuve, « Furyo » d'Oshima (1983), « Absolute Beginners » (1986), mais aussi au théâtre : dans « Elephant Man », puis dans « Baal » de Brecht (filmé pour la BBC). Son génie créatif ne se limite pas au monde des arts : aidé par un brillant homme d'affaires, il lance dans les années 1990 des « obligations Bowie » (qui lui permettent de pré-vendre pour 55 millions de dollars les revenus générés par ses anciens albums sur dix ans) -de là à dire que la star a planté les germes de la folie financière des années 2000 ! On évoque même alors la création d'une banque Bowie, rappelle Paul Trynka dans « Starman ». La pop star est également un précurseur du multimédia : dès 1998, il lance deux sites révolutionnaires, un fournisseur d'accès (Bowienet), puis tâte avec succès aux jeux vidéo...

Rares échecs

Des trous noirs, il en connaît bien sûr, mais très peu finalement, eut égard à une carrière de plus de quarante ans. Au milieu des années 1970, l'abus de cocaïne le fait sombrer dans la paranoïa. Craintes d'une invasion extra-terrestre, déclarations ambiguës sur Hitler... Son image est écornée, mais pas durablement, grâce au sursaut berlinois. C'est dans les années 1980, que la star est confrontée pour la première fois à l'échec. Conspué pour ses albums commerciaux sans âmes « Tonight » (1984) et « Never Let Me Down » (1987), il ne parvient pas à se refaire cette fois, en changeant radicalement de cap : son groupe de rock bruitiste Tin Machine (1988-1990) fait un flop. Heureusement, le Phénix saura renaître de ses cendres... Avec 140 millions d'albums vendus à ce jour, le bilan reste globalement positif.

Bowie, génie du marketing ou créateur touché par la grâce ? Les deux, Major Tom ! Le travail d'enquête de Paul Trynka révèle en tout cas un artiste bien loin de l'image de calculateur cynique qu'on lui prête parfois. Passée sa mise sur orbite, ses choix de carrière s'avèrent éminemment artistiques. Bowie est un « fan » de musique, écoute tout... Quand il dissout les Spiders from Mars pour passer de la pop à la « soul », c'est parce qu'il est obsédé par la musique noire, pas pour « faire un coup ». A partir de « Station to Station », il adopte une démarche spontanée très proche de celles des plasticiens contemporains, créant ses albums in situ, en studio, avec les producteurs virtuoses Tony Visconti et Brian Eno. Comme un peintre, au fond, il enchaîne les périodes... Quant à l'accuser d'avoir vampirisé ses amis et rivaux, c'est un peu fort, quand on voit ce que sont devenus Iggy Pop, Mott The Hoople, voire Lou Reed, grâce à ses précieux coups de main -et ses chansons !

Que reste-t-il de nos amours pour cet artiste hors pair ? Un sacré capital esthétique et émotionnel. Rien ou presque n'est à jeter quand on dresse l'inventaire de sa musique mutante, de ses « looks » inouïs, de son élégance, qui transcende nos années rock. Vive les lendemains qui chantent ! Avec David Bowie, il y a toujours un « Next Day » au moins aussi intéressant que le jour d'avant.

DIAPORAMA Rétrospective David Bowie au Victoria & Albert Museum


http://www.lesechos.fr/culture-loisirs/sorties/spectacles/0202628809344-bo-wie-le-retour-de-l-etoile-mutante-549549.php
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MessageSujet: Re: DAVID BOWIE    Mar 26 Mar - 13:13

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David Bowie, dancing in the musée





Body asymétrique de Kansai Yamamoto conçu pour l'Aladdin Sane Tour, en 1973.
Crédits photo : LEON NEAL/AFP




À Londres, une rétrospective, qu'on verra à Paris  en 2015, met en lumière l'incomparable influence de la rock star sur la culture d'aujourd'hui.



S'il est entré dans l'histoire du rock depuis longtemps, David Bowie n'avait encore jamais fait l'objet d'une rétrospective aussi ambitieuse que celle présentée à Londres, au Victoria & ­Albert Museum.
Il est troublant que David Bowie is ouvre au moment même où le chanteur anglais triomphe avec son nouvel album, The Next Day , sorti après un silence de près d'une ­décennie.

S'il partage le même lieu (Londres) et la même date de naissance (l'immédiat après-guerre) que de nombreuses rock stars, Bowie est le seul dont la carrière puisse se prêter à une exposition d'une telle ampleur.
En tout, 300 objets ont été sélectionnés par les commissaires, Victoria Broackes et Geoffrey Marsh, parmi les 75.000 stockés dans les archives personnelles de l'artiste. Manuscrits de chansons, costumes de scène, photographies, films, clips musicaux et décors de scène racontent une carrière parmi les plus spectaculaires de la pop.














La signalétique de l'exposition, comme la couverture du catalogue, est ­déclinée dans un orange très seventies. Le visiteur est accueilli par une de ses plus spectaculaires tenues de scène conçues par Yamamoto période Aladdin Sane(1973). Quarante ans après, la vision d'un Bowie mince comme un fil, les cheveux teints en roux et sanglé dans des tenues invraisemblables continue d'être l'image la plus saisissante d'un homme passé par un nombre incalculable de métamorphoses.




Une écriture de petit garçon



La première salle - «David Bowie growing up» - montre la construction mentale et culturelle de David Robert Jones, né à Brixton dans l'atmosphère de reconstruction de l'après-guerre.
Influencé par son demi-frère Terry, le jeune homme absorbe la culture qui l'environne comme une éponge, ainsi que le jazz et le rock'n'roll venus d'Amérique. Un saxophone et une guitare douze cordes racontent l'apprentissage au sein de groupes confidentiels.



À 18 ans, en 1965, Jones devient Bowie: la lettre en attestant officiellement est présentée. L'histoire s'accélère. Gilbert & George, Vasarely, David Bailey, Andy Warhol imprègnent le travail du jeune homme.
Et aussi ­Kubrick, qui inspire Space Oddity, premier tube. Après avoir été mod, puriste du R & B, mime, chanteur folk aux cheveux longs, Bowie se trouve, enfin.
Diffusé sur un écran géant, le passage de Bowie dans Top of the Pops, le 6 juillet 1972, est le moment où l'exposition bascule, comme la carrière du chanteur ce jour-là lorsque l'Angleterre a découvert cette créature ultrasexuée et ambiguë.










La suite du parcours montre avec quelle virtuosité l'artiste déclinera, ­recyclera et s'appropriera toute la culture qui l'a marqué dans ses années de formation. Des écrits de Tristan ­Tzara aux toiles de Sonia Delaunay, Bowie puise dans des disciplines nobles la matière de chansons populaires.



L'émotion est saisissante à la lecture des manuscrits. On a dit Bowie influencé par la méthode du cut-up chère à l'écrivain William Burroughs. Avant cela, il consignait ses textes dans des cahiers, notamment celui de Ziggy Stardust, rédigé avec une écriture de petit garçon appliqué.
L'accumulation de costumes de scène (60 au total) a quelque chose de mortifère. Posés sur des mannequins sans tête, ils donnent une dimension nécrologique à l'exposition. La reproduction d'une cabine de studio donne à voir et à entendre le processus créatif, tout comme la portion dévolue à la trilogie de la deuxième partie des années 1970, qu'on aurait aimée un peu plus développée.
L'apport de Bowie à la vidéo musicale, indéniable, est résumé par les clips de Life on Mars, Boys Keep Swinging, Heroes ou Ashes to Ashes, sidérants de modernité.












La salle consacrée au cinéma est minuscule, à la taille de la contribution de Bowie au septième art. Il n'a bien interprété que les personnages qu'il avait lui-même inventés pour la scène: Ziggy Stardust, Halloween Jack, le Thin White Duke…



La section finale offre quelques-unes des plus belles performances scéniques de Bowie, de la tournée de Diamond Dogs en passant par le Live Aid de 1985, dans le même costume bleu pastel.
Au détour d'une vitrine, on aperçoit même la petite cuillère avec laquelle il consommait des quantités de cocaïne. Peut-être le secret d'une minceur qui frappe à la vision des costumes étriqués portés par l'idole.


Très populaire - 42.000 billets ont déjà été vendus en moins d'une semaine -, l'exposition sera présentée à Sao Paulo début 2014 puis à Paris, à la Cité de la musique, à la rentrée 2015.



Olivier Nuc / Le Figaro
http://www.vam.ac.uk/




David Bowie is, jusqu'au 11 août,  Victoria & Albert Museum, Londres.


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MessageSujet: Re: DAVID BOWIE    Mar 26 Mar - 20:01

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David Bowie : un artiste de la renaissance




Le funambule ou joueur d'échecs, ne fut jamais vraiment là où on l'attendait. Dès le début, il sut que la diversion serait sa force.







Le costume Starman porté lors de l'apparition de Bowie à Top of the Pops en 1972.
Crédits photo : LEON NEAL/AFP




Plus de quarante ans après la sortie de son album Space Oddity (1969), première pierre remarquable d'un complexe musical inédit dans l'histoire du rock, cet avorton blondinet British devenu un mythe continue de fasciner et d'imposer tant bien que mal son pouvoir du haut de ses héroïques soixante-six ans.


La preuve, son dernier album en date, The Next Day, qu'on espérait presque plus après dix ans d'un silence qui fit tant de bruit. David Bowie a toujours su qu'il fallait mourir afin de renaître.


Qu'avait inventé cet inquiétant alchimiste de plus que les autres qui, dès le début, le mit à part ?
Qu'avait-il petit à petit conçu, échafaudé pour devenir aujourd'hui cette statue du Commandeur naviguant entre l'establishment et la marge ?

Tant dans le personnage que dans son art, tant dans son attitude ambiguë, dans ses doutes ou ses certitudes, David Bowie, funambule ou joueur d'échecs, ne fut jamais vraiment là où on l'attendait. Dès le début, il sut que la diversion serait sa force et l'androgynie fut son premier masque.
Comme la chauve-souris de la fable de La Fontaine, Bowie est oiseau, voyez ses ailes, il est souris, voyez son pelage. Et c'est ainsi qu'il dérouta les entomologistes du rock qui voulaient le formoler.











Ce révolutionnaire est un conservateur qui a picoré de-ci de-là son inspiration dans le blues, le jazz, la soul ; il a visité Igor Stravinski, Richard Strauss, Jacques Brel...
Si le génie égorge ce qu'il pille, comme dit l'adage, alors Bowie est un gentleman cambrioleur. Combien de fois ce crotale a-t-il changé de peau ?
On ne compte plus ses oripeaux et sa personnalité résiste à la bêche scrupuleuse de ses meilleurs biographes. Presque inutile de remonter à son enfance pour y saisir une quelconque cohérence, une ordonnance, elles ne nous montrent pas le chemin.




Après deux albums magistraux, hors d'âge, qui changeront les règles du jeu de la scène pop (The Man Who Sold the World, 1970, et Hunky Dory, 1971, aux majestueuses lignes mélodiques), voilà l'entrée en scène de Ziggy Startust, mixture plastifiée improbable de Vince Taylor et d'Andy Warhol.
La légende fumeuse de Bowie est en marche. Elle mithridatisera toute la décennie à venir.





Bowie, maître de la guerre



Désormais, tel Midas, le musicien schizo - armé d'un guitariste terroriste aux arpèges cinglants, Mick Ronson -, transformera tout ce qu'il touche en or mais, éternel insatisfait, cherchera à se fuir. Inutile de s'atrophier.

Il atomise Ziggy et se réveille en 1973, héros de ses Mille et Une Nuits agitées, Aladdin Sane, ce «lad insane», ce «type malade». Fini le temps du mascara. Je est un autre. Il faut s'halluciner, s'épuiser, dérouter l'ennemi, Bowie le touche-à-tout se veut le maître de la guerre. Il sait qu'il a les bonnes cartes en main, les bons atouts, alors il mènera plusieurs blitzkriegs à la fois.


De Pin Up (1973), album de reprises, à Young Americans(1975), annonciateur «classieux» de la vague disco, en passant par Diamond Dogs, une vague adaptation du 1984 de George Orwell, il occupe sans relâche le terrain.

Mais d'autres espaces encore inexplorés l'attendent. En 1976, le colonisateur Bowie devient toxique, devient «Thin White Duke», personnage théâtral et crépusculaire chargé de coke jusqu'à la moelle.
Avec le somptueux Station to Station, le fin duc blanc aux allures de nazi impose à sa musique un violent régime sec où l'épure se mêle à l'abondance.


Avec son maître d'œuvre, Brian Eno - attention chantier! -, il livre sa «trilogie berlinoise» expérimentale (Low et Heroes en 1977, Lodger en 1979). Après tant de métamorphoses, Bowie respire l'air des sommets. Il porte l'estocade avec Scary Monsters (1980), son dernier chef-d'œuvre.









L'artiste ne pouvait alors qu'observer sa lente chute artistique. Les années 1980 furent musicalement son île d'Elbe. Qu'importe. Celui qui a côtoyé les cimes peut se permettre de toucher le fond.
Cet homme multicarte, artiste complet et redoutable businessman, refera dignement surface avec le méconnu Buddha of Suburbia (1993), Earthling (1997) et Heathen (2002).

Quel mal l'a donc rongé pendant ces dix ans de silence ? Peut-être, tout simplement, cette étrange, terrible et mélancolique incapacité de vivre son propre mythe.



Par Anthony Palou / Le Figaro




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MessageSujet: Re: DAVID BOWIE    Mer 27 Mar - 12:38

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Les habits du caméléon Bowie




par François Simon



Si les musiques de l'icône pop sont le témoignage d'au moins quatre décennies, que dire de ses vêtements ?

David Bowie n'a eu de cesse de butiner ici et là et de constituer un vestiaire présenté dans l'exposition de Londres.







Pierrot (or "Blue Clown") costume, 1980. Natasha Korniloff
Pour "Ashes to Ashes" video and Scary Monsters (and Super Creeps)

Courtesy of the David Bowie Archive/Victoria & Albert Museum




Piocher ici et là ? On ne croit pas si bien dire. Avec son ami Marc Bolan (T. Rex), David Jones (alias David Bowie ) avait l'habitude de faire les poubelles d'Oxford Street et de Carnaby Street (1965-1966).
Il y avait là comme une fuite délibérée, en avant, sur les côtés. Il lui fallait fuir son enfance barbante, les maisons formatées, «normosées» de Sundridge Park (1955-1967) à quelques miles de Londres; une sorte de cité lisse et contrôlée, une suburbia à la ­J. G. Ballard, des lotissements au répétitisme socio-moderniste.


Il lui fallait aussi oublier son frère dépressif, qui se suicidera par la suite. Et surtout exister, ­traverser son ego ravagé par l'angoisse et la destruction. Devenir un artiste. ­Piger l'équation: «Il était, disait-il en 1993, si jouissif d'appliquer toutes ces théories d'avant-garde». Non seulement à la musique populaire mais à l'art de se vêtir.



En cela, contrairement à ce qui a été souvent écrit, David Bowie n'est pas passé par un art college londonien (comme John Lennon, Pete Townsend, Brian Eno, Bryan Ferry, Syd Barrett), mais a fréquenté une école à forte section artistique. Ce qui revient au même.


C'est sans doute ici qu'il apprend la culture dans ses défragmentations, ses écorchés (d'où ses costumes souvent ravagés). Bowie procède par citations, collages et coupures à la William­ ­Burroughs. Tout de suite, il se démarque, s'engouffre dans un glam hédoniste, initialisant la culture gay et sautant dans une marelle démentielle.
On le voit, bottines hautes à lacets, dans une robe de catin à la Andy Warhol . Il glisse aux spencers étriqués, aux costumes croisés bouffants, leggings en vinyle et platform boots (talons 15 cm).





Heeled shoes work on Pin Ups album cover 1973 Hedi Slimane




Pique comme une guêpe ici et là, s'inspire des habits de Sonia Delaunay (1979) dans la pièce de Tristan Tzara Le Cœur à gaz (1923). Va voir du côté de chez Le Corbusier (1979) avec une combinaison mastic, style station Esso, créée par Willie Brown.
Il tombe en pâmoison devant les distorsions anatomiques de Kansai Yamamoto (1973) mais n'a pas un penny. Pas grave, David Bowie fait reproduire à l'identique cette création célèbre. Un peu plus tard, le designer japonais s'occupera de lui: ravissant petit ensemble pantalon-chemise bord de piscine en soie blanche orné d'oiseaux et de pins (1973) ou encore ce body asymétrique conçu pour l'Aladdin Sane Tour.













Une jungle de signes





La styliste Natasha Korniloff prend la relève avec des combinaisons maillées toile d'araignée (Spiders from Mars, 1980) ou encore de pierrot lunaire en pointes mousseuses et mailles argentées (Ashes to Ashes, 1980), poussant même le bouchon (et le bouffant) jusqu'au chic nautique, façon Querelle de Genet pour une création diablement ceinturée de cuir crème en 1978, avant de revenir, vestes épaulées à mort avec, dans le lointain, Balmain et Givenchy.



Chaque fois que David Bowie est localisé (pimp new-yorkais, mac asiatique), il part ailleurs voir s'il y est.
Il s'y retrouve en Giorgio Armani (1990), habillé d'un sombre costume noir à jabot de dentelle conçu pour le Sound + Vision Tour, ou encore dans l'emblématique redingote d'Alexander McQueen (1997) taillée dans le drapeau britannique pour la pochette de l'album Earthling.


McQueen récidive la même année avec un même genre de longue veste cintrée dans un superbe brocart fleur de lys. En 2002, Hedi Slimane pour Dior est chargé d'aiguiser un costume trois pièces bleu nuit électrique orné de chaînette argentée. Le costume tombe admirablement bien, bouge dans l'allégresse et finesse pour la fameuse tournée Reality Tour.











Comme un Buster Keaton ennuyé




Bowie jongle non seulement dans cette jungle de signes, mais il presse son corps de passer quasiment à l'immatérialité. Il devient presque une ombre, se reconstruit en «Thin White Duke», blanchit son visage tel un auguste tombé du ciel, glisse son profil comme un Buster Keaton ennuyé.
Il s'évanouit presque et ne laisse qu'une image. Organise sans doute une sorte de disparition hallucinante (à venir, donc), témoin cette exposition extraite d'une collection personnelle de… 75.000 objets et documents (on y voit jusqu'au trousseau de clés de son appartement à ­Berlin, 1976).




David Bowie se conjuguerait presque au passé s'il n'y avait son dernier album séchant le monde entier, sa dégaine ­«so British», son phrasé de dentales admirablement snobs, ses rires sensuellement démoniaques. Il aura alimenté la culture «camp», ce style esthétique et culturel lié au mauvais goût et à l'ironie.
Il nous rappelle que le caméléon est non seulement réputé pour sa façon de se transformer selon les supports mais aussi de tirer sa langue comme la foudre. Et de gober tout ce qui passe dans le coin.



David Bowie is, Victoria & Albert museum , jusqu'au 11 août 2013.





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MessageSujet: Re: DAVID BOWIE    Mer 26 Juin - 18:31

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David Bowie s'expose au cinéma


Le Victoria and Albert Museum de Londres projette de diffuser la rétrospective consacrée au chanteur dans 200 salles anglaises le 13 août.








Que les Anglais se réjouissent, David Bowie revient au cinéma mais sous une forme un peu particulière. L'exposition consacrée à sa carrière, David Bowie Is , installée depuis mars à Londres, sera retransmises sur grand écran le 13 août dans tout le pays.

Cet événement, censé célébrer la fin de l'exhibition de la capitale britannique (le 11 août), est né un accord entre le Victoria and Albert Museum, qui accueille la rétrospective, et le distributeur Picturehouse.
Les Anglais pourront même tenter leur chance de gagner des places pour une séance spéciale organisée au sein du musée le 11 août.


Le «film» sera introduit par les commissaires de l'exposition, Victoria Broackes et Geoffrey Marsh. Des anecdotes et souvenirs, apportés par des invités de marque, animeront les 300 invités de marque, apporteront leurs anecdotes et souvenirs aux 300 objets présentés durant la rétrospective Bowie.
Le chanteur lui-même ne participera pas au film. Ce «live show» est réalisé par Hamish Hamilton, célèbre pour avoir travaillé sur les vidéos des live des plus grandes stars (U2, Madonna, The Rolling Stones, Beyoncé, Britney Spears...).
David Bowie Is quittera ensuite l'Angleterre pour parcourir le monde et s'arrêtera à Paris en 2015.



200.000 visiteurs


L'exposition a connu un succès fou. 200.000 visiteurs ont déjà fait le déplacement depuis son ouverture. Les spectateurs sont plongés dans l'univers de l'artiste: manuscrits de chansons, costumes de scène, photographies, films, décors de concerts, instruments de musique, illustrations originales de pochettes de disques...

L'exposition s'attache également à montrer les influences et le cheminement artistique de Bowie, sa maîtrise de l'ensemble de la chaîne de production, de l'écriture à la mise en scène.


David Bowie est de retour après dix ans d'absence avec un nouvel album , The Next Day .

Enregistré avec son collaborateur de longue date, Tony Visconti, producteur de douze de ses vingt-quatre disques, The Next Day a conquis la tête des charts britanniques la semaine de sa sortie, le 11 mars.
Son album a été vendu à 94.000 exemplaires en à peine quelques jours. Il ne s'accompagnera pas d'une tournée, à en croire Tony Visconti: «Il admet honnêtement qu'il ne jouera plus jamais sur scène. Un des gars du groupe pourrait dire: “Oh quand est-ce qu'on joue sur scène ,”, David répondrait: “Jamais.” Il le répète sans cesse.»


http://www.lefigaro.fr/arts-expositions/2013/06/25/03015-20130625ARTFIG00409-david-bowie-s-expose-au-cinema.php




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MessageSujet: Re: DAVID BOWIE    Jeu 27 Juin - 15:22

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Dr. Bowie et Mr. Jones


dimanche 30 juin à 16h45 et à 22h20  




David Bowie dans tous ses éclats sur Arte









Tout le monde connaît David Bowie version icône pop, moins l'homme d'affaires avisé !
On le découvre dans le documentaire de Gilles Nadeau Dr. Bowie et Mr. Jones, diffusé sur Arte le 30 juin à 16 h 45 (et à 22 h 20), dans le cadre d'une journée spéciale consacrée à cet artiste extravagant et ambigu.


Le magazine Personne ne bouge ! reviendra sur l'œuvre du créateur de « Let's Dance », « Ashes to Ashes » ou « Life on Mars » (dont la maison de disques EMI publie le 24 juin une édition limitée en Picture-disc à l'occasion de son 40e anniversaire).



À 20 h 45, le film Les Prédateurs, avec Catherine Deneuve, permettra de retrouver ce caméléon en vampire gothique et chic.
Car, depuis les années 60, David Bowie surprend, choque, envoûte... Son nouvel album, The Next Day, sorti en mars, dix ans après le précédent, n'a pas déçu.

Une sortie opportune, au moment où, à Londres, le Victoria and Albert Museum lui consacre, jusqu'au 11 août 2013, une rétrospective.

Cette expo sera présentée à Paris, à la Cité de la musique, en 2015...







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MessageSujet: Re: DAVID BOWIE    Dim 30 Juin - 22:44



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Journée spéciale à partir de 16h40 sur Arte











Omniprésent dans nos existences depuis quarante ans, David Bowie fait une fois de plus l'événement cette année.
Outre son album « The Next Day », en guise de bilan de carrière, le Tout- Londres s'est précipité, en mars dernier, au vernissage de la rétrospective consacrée au divin transformiste au Victoria and Albert Museum.



Toute une vie revue et corrigée en un même lieu d'où les souvenirs abondent.
Au V&A, temple de la mode, du design et des arts de la scène, sont rassemblés, entre autres, quelques costumes de scène : la combinaison Kansai Yamamoto pour la tournée « Aladdin Sane », en 1973, ou encore la redingote Alexander McQueen qui figurait sur la pochette de l'album « Earthling », en 1997.
Des costumes, des tubes, des clips, des captures de concerts et des figures majeures du monde de Bowie (d'Oscar Wilde au docteur Freud) font vivre cette exposition-événement.




En France, c'est sur Arte qu'il faut se brancher pour revivre les années Bowie : cette journée du 30 juin lui est en partie consacrée - avec plus ou moins de bonheur.


Un documentaire, d'abord, au beau milieu de l'après-midi de ce dimanche d'été : signé Gilles Nadeau et Christian Fevret, "Dr Bowie et Mr Jones" (à 16h45) est soporifique en diable, un moment où l'ennui flirte dangereusement avec la lassitude.  ( Parle pour toi Mme Delassein ! )


Quelques images d'archives balancées sans aucune construction, mais des propos savoureux de l'idole née David Robert Jones à Londres, le 8 janvier 1947.

A commencer par sa définition originale et inspirée du succès : "Pour moi, le succès, c'est quand une oeuvre illustre parfaitement le concept que j'avais imaginé à l'origine. Si le travail concilie ce que j'ai imaginé et que ça devient une réalité, c'est un succès. Tout le reste, comme être acclamé par le public, le succès commercial ou ce genre de choses sont précaires. Ces succès sont très discutables et ils sont temporaires, très temporaires."




Dans le même programme, David Bowie rappelle qu'il a choisi la musique pour échapper à son milieu social : il a grandi dans le quartier de Brixton, dans le sud de Londres.
On apprendra, un peu plus loin, qu'il a commencé à se sentir en phase avec lui-même quand il a inventé le personnage de Ziggy Stardust, en 1973. "Je pouvais disparaître derrière lui et affronter le public", dit-il.


Dès lors, le spectacle a commencé, mélange de théâtre, de mode, de cinéma, de littérature et de musique. David Bowie ou l'histoire mouvementée d'un artiste qui se réalise autant dans la musique que dans les arts plastiques, un "conceptualiste" tous azimuts.

Beaucoup plus inventif est le programme qui suit (à 17h45) ( tiens , tiens copinage , on dirait ! )

"Personne ne bouge !", annoncé comme une revue culturelle. Réalisé par Philippe Collin, Xavier Mauduit et Frédéric Bonnaud, il colle beaucoup plus au sujet que le documentaire de Gilles Nadeau.

La spéciale David Bowie mise en place par l'équipe de "Personne ne bouge !" se découpe en chapitres, parfois à l'aide d'illustrations faites maison. Après un rapide tour d'horizon de la carrière protéiforme du art rocker, adepte du glam rock, du rock progressif ou symphonique et autres, le programme avance au rythme des temps forts de sa vie.
A commencer par la visite des Studios Hansa, à Berlin, avec vue sur feu le Mur, où David Bowie enregistra sa fameuse trilogie berlinoise, "Low", "Heroes" et "Lodger".


Au chapitre "Story bis", les auteurs de l'émission rappellent à quel point il a influencé la mode et inspiré les créateurs au fi l du temps.
Aussitôt après, on entre chez Natacha Smolianoff . En dépit des apparences, la vieille dame, une Française, fait office de présidente du fan-club de celui qu'elle appelle affectueusement David comme s'il était son fils. Une affection que l'idole lui rend bien.

Autre temps fort, la partie consacrée au scandale de 1976 quand, dans une interview au magazine "Playboy", Bowie dit préconiser pour l'Angleterre "une bonne dictature" salvatrice, capable de la sortir du libéralisme.
Dans le même temps, l'auteur de "Let's Dance" annonce qu'il voit Hitler comme une rock star à la Mick Jagger. De cette période dite "hitlérienne", il s'en sortira en avouant avoir été sous l'emprise de diverses drogues...



C'est avec beaucoup d'humour, d'inventivité et de recul que l'équipe de « Personne ne bouge ! » aborde Bowie, échappant ainsi aux pièges que le personnage haut en couleur tend à ceux qui tenteraient d'en tracer un portrait aux contours précis.

Sophie Delassein / Le Nouvel Obs






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MessageSujet: Re: DAVID BOWIE    Mer 17 Juil - 14:18

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David Bowie : le clip de "Valentine's day" dévoilé









"Valentine's day", le dernier clip de David Bowie a été publié mardi 16 juillet.
L'artiste y apparaît en solo avec sa guitare dans un tourbillon musical. Valentine's day est extrait de son nouvel album The Next Day, l'un des événements musicaux de l'année.


Simplicité et solitude



Pour ce quatrième clip qui illustre son dernier opus, David Bowie a fait le choix de la sobriété du décor et des images. Il rompt ainsi avec son style original et déjanté emblématique.

Il apparaît seul, vêtu simplement d'une chemise blanche, uniquement armé de sa guitare dans un entrepôt désaffecté. Un choix qui met en valeur le musicien plus que le personnage.
Un personnage qui se dessine tout de même à travers son regard face à la caméra, accompagné d'un air légèrement possédé.



Les effets de caméra en mouvement transmettent une impression de tourbillon, comme un tourbillon musical, seul élément atypique et légèrement extravagant de cette vidéo.
Une touche de couleur participe au discours romantique de la chanson, avec le rouge vif de la guitare tenue par le chanteur de 66 ans.


Pour le clip de ce nouveau morceau, David Bowie a choisi de miser sur la simplicité la plus totale, dans une ambiance à la fois froide et rassurante, comme pour coller au physique de cet homme vieilli mais toujours hypnotisant de talent.



Bowie a choisi de confier la réalisation de la vidéo aux photographes Indrani et Markus Klinko connus notamment pour avoir signé des clichés de Bowie himself mais aussi de Lady Gaga, Beyoncé et Britney Spears.


Avec Valentine’s Day, l’homme aux yeux vairons nous sussure à l’oreille qu’il n’a rien perdu de sa superbe.









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MessageSujet: Re: DAVID BOWIE    Lun 4 Nov - 19:05

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David Bowie, dernière sortie avant Noël



Parution d’une nouvelle édition de «The Next Day» augmentée de quatre superbes inédits.






Le chanteur a réalisé le clip de «Love is Lost». (Photo Jimmy King)





L’année 2013 restera comme l’une des plus importantes dans la carrière de Bowie. L’annonce, le 8 janvier, de son retour après dix ans d’absence a reçu un écho médiatique majeur.

L’album The Next Day s’est aussitôt classé numéro 1 des ventes dans 21 pays, du fait des précommandes sur Internet. Effet du plébiscite critique mondial ou engouement du public qui a pu en juger gratuitement sur YouTube, où il n’a pas manqué d’être piraté, The Next Day a accumulé les records.


Selon le classement de septembre des disquaires indépendants anglais, c’est la meilleure vente rock de ces six derniers mois, devant Daft Punk et Arctic Monkeys. C’est surtout le meilleur score de Bowie depuis 1983 et l’album Let’s Dance, sommet commercial de sa carrière.




Poupées.









Vu la quantité de titres enregistrés pour The Next Day, il a été envisagé de publier aussitôt une suite. L’artiste a finalement préféré ressortir son album pour Noël en y ajoutant quatre nouveaux titres et deux remixes, plus les quatre bonus des éditions Deluxe parues au printemps et un DVD rassemblant les clips réalisés pour la promo du CD.


Le premier remix concerne le titre Love Is Lost, a été confié à James Murphy, ex-leader du groupe electro LCD Soundsystem, et vient de sortir en single. Cette relecture façon Depeche Mode et citant le riff de synthétiseur du classique Ashes to Ashes est prétexte à un nouveau clip filmé par Bowie lui-même, mettant en scène de vieilles poupées appartenant à ses archives.












Le deuxième remix est celui de I’d Rather Be High et fut conçu pour la publicité Louis Vuitton tournée en juin dernier à Venise par Romain Gavras, avec Bowie jouant du clavecin. Le meilleur restant les quatre inédits.

Le très rock Atomica évoque une pop star s’apprêtant à partir en tournée et répétant «impossible, impossible…», comme une réponse ironique aux différents promoteurs, dont Live Nation, lui ayant offert des ponts d’or pour remonter sur scène.


The Informer est une ballade doo-wop moderniste, dont le matériau de base est, comme souvent avec Bowie, projeté dans un grandiose espace spectorien à coups de whammy bar et de chœurs liturgiques. Like a Rocket Man s’ouvre façon Help des Beatles avant de muter furieusement glam à la Hang On to Yourself.




Gouaille.




Chef-d’œuvre et classique rock instantané, Born in a UFO imite le Springsteen enragé de Born to Run ou It’s Hard to Be a Saint in a City et les nasillements lunaires de l’idole Dylan, avant de donner des leçons de garage modal et psychédélique à Frank Black et ses Pixies.

Croisant frénésie rockabilly, gouaille mod, guitares incisives des Pretty Things, charme canin Easybeats et dissonances voyoutes brevetées Yardbirds, Bowie ne pouvait faire plus plaisir à ses fans.




Avec le Diddley Beat skiffle Dancing out in Space et le sydbarrettien How the Grass Grows (qui cite Apache, des Shadows) sur The Next Day, ces inédits sont ce qu’il a produit de mieux depuis Fly, Safe et Wood Jackson.




Eric DAHAN





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MessageSujet: Re: DAVID BOWIE    Mer 14 Jan - 21:21

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HAPPY BIRTDAY , MISTER BOWIE










Helen Green est une jeune artiste britannique fan de David Bowie.
Pour l'anniversaire du musicien, qui fêtait ses 68 ans le 8 janvier, elle a produit un joli gif animé reprenant 29 têtes de Bowie adoptées lors de ses périodes hippie, glam, new wave, rock 80's, indus... (un internaute a découpé toutes les images du gif ici).
Helen Green a publié bien d'autres dessins de Bowie, à voir sur son Tumblr.



http://dollychops.tumblr.com/post/107517113745/happy-birthday-david-bowie


http://www.telerama.fr/musique/les-visages-de-david-bowie-en-un-gif-anime,121660.php


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