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 JEAN-LOUIS TRINTIGNANT

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Bridget

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MessageSujet: JEAN-LOUIS TRINTIGNANT    Ven 11 Nov - 12:32

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Jean-Louis Trintignant, Présent Composé de l'Odéon












Théâtre de l'Odéon Du 18/11/2011 au 20/11/2011







Trois poètes libertaires / Prévert, Vian, Desnos


Accompagné par Daniel Mille, accordéon, Grégoire Korniluk, violoncelle.
Gabor Rassov mise en scène, Orazio Trotta création lumière.

Jean-Louis Trintignant, qui foulera pour la première fois le plateau du Théâtre de l’Odéon, nous dira une vingtaine de poèmes tirés des œuvres de Jacques Prévert, Boris Vian et Robert Desnos.

«L’inspiration ici commune aux trois écrivains est la fantaisie, la cocasserie et la jonglerie verbale menée de plume de maîtres. [...] La suite prend une couleur plus politique, cette fois ce sont des textes engagés. [...] Trintignant incarne un homme qui voit sa mort prochaine et la met en mots, dans un dernier sursaut. Un homme qui regarde sa fin en face, un homme qu’ont su dépeindre, là encore, les trois poètes.»

Nicolas Blondeau, Le Progrès


http://www.theatre-odeon.fr/fr/la_saison/present_compose/programme_novembre_2011/accueil-f-409.htm#pc10




Jean-Louis Trintignant: "J'aime faire rire, moi qui suis assez sinistre"


Par Eric Libiot (L'Express), publié le 10/11/2011







Sur scène, sa voix et son sourire envoûtent le public venu l'écouter réciter les poèmes de Vian, Prévert et Desnos. Le spectacle, magnifique, court les routes de France et fait étape au Théâtre de l'Odéon, à Paris.
Le comédien accorde à L'Express un long entretien.




La voix ou le sourire ? Le sourire ou la voix ?
Qu'est-ce qui frappe d'abord chez Jean-Louis Trintignant? Difficile à dire.

La voix, peut-être, qui remue des souvenirs, des images, des joies et des larmes. Mais quand même, ce sourire... Qui désarme chacune des questions, qui ponctue malicieusement toutes les réponses.

Sur scène, cette voix et ce sourire envoûtent le public venu écouter le comédien réciter les poèmes de Vian, Prévert et Desnos, accompagné par l'accordéon de Daniel Mille et le violoncelle de Grégoire Korniluk. Le spectacle, magnifique, court les routes de France et fait étape au Théâtre de l'Odéon, à Paris. Ensuite, dit-il, "c'est fini". Il veut arrêter. Vivre près de son feu. A ne rien faire. Mais à peine installé, alors que le magnéto passe au rouge, voilà que Jean-Louis Trintignant se met à parler d'un temps où...


...J'ai travaillé à L'Express à la fin des années 1950 comme assistant photographe. Après mon service militaire, que j'ai effectué en Algérie et qui m'a beaucoup marqué, je ne voulais plus être comédien. J'avais des idées de gauche et L'Express, qui défendait l'indépendance algérienne, me plaisait bien. Je voulais devenir photographe.



Pourquoi êtes-vous retourné à la comédie?


Le metteur en scène Maurice Jacquemont m'a proposé Hamlet. Un rôle passionnant que j'ai travaillé pendant un an sans penser le jouer. C'était formidable. Un jour, Maurice m'a dit que j'étais prêt. Je me suis donc retrouvé sur scène au Théâtre des Champs-Elysées. Jouer Shakespeare était un vieux rêve. J'adore Shakespeare. C'est quand même mieux que Molière.



Parlant de Shakespeare, vous êtes l'auteur d'une réplique culte dans un des deux films que vous avez réalisés, Une journée bien remplie : "On ne peut pas faire d'Hamlet sans casser des oeufs." Derrière le jeu de mots, cette phrase dit qu'il ne faut pas hésiter à bousculer les choses, à toujours surprendre...


Vous trouvez ? Moi, elle me faisait juste marrer. Il y a une autre phrase que j'aime bien et dont je voulais faire le titre de mon second film : "Les poissons n'aiment pas le vendredi." Mais le distributeur n'en a pas voulu. J'ai de l'affection pour Une journée bien remplie, parce qu'il milite contre la peine de mort. C'est un peu prétentieux de le dire mais pourquoi ne pas l'être quand on veut être réalisateur ?


Etre comédien aussi, c'est prétentieux?


Oui, je crois. On impose sa personnalité au public.



C'est aussi ce que vient chercher le public. En l'occurrence, il vient vous écouter vous, Jean-Louis Trintignant.

Mmmmoui. Ne vous méprenez pas : j'éprouve un plaisir immense à dire ces textes de Prévert, Desnos et Vian. Ils me conviennent parfaitement, moi qui suis anarchiste. C'est un peu utopique l'anarchie, vous ne trouvez pas ? Elle combat l'ordre établi et les gouvernements mais on peut se demander à quoi elle sert.
Chez ces trois-là, il y a une façon légère d'écrire des choses graves qui me plaît beaucoup. Dans un de ses textes, Vian dit : "Faites ci, faites ça et si vous n'y arrivez pas, vous pouvez toujours vous suicider." J'aime cette façon de voir les choses.



Il est vrai que dans ces poèmes la mort rôde. Est-ce un thème dont vous aviez envie de parler?


Evidemment, c'est l'âge. Quand j'étais ado, je me suicidais souvent et sans doute ne voulais-je pas vraiment mourir. Mes parents étaient très gentils mais je n'avais pas envie de cette vie un peu triste et tranquille. J'ai commencé à vivre à mon adolescence quand je me suis retrouvé seul, à Paris. Ensuite, je me suis fait souvent prendre par les femmes. Je me suis marié trois fois et je n'ai quasiment jamais vécu tout seul.



Vous semblez le dire avec regret.


Un peu, oui. La solitude me va bien.



Une phrase de Boris Vian clôt votre spectacle: "Pourquoi que je vis, parce que c'est joli." Faites-vous vôtre cette phrase?

Oui, la vie vaut la peine. Il y a huit ans j'ai perdu ma fille. Ça a été terrible. Pendant six mois, je suis resté prostré. Un jour, je me suis dit : "Soit tu bouges, soit tu arrêtes de vivre." J'ai recommencé à faire du théâtre et je dois dire que j'ai connu quand même des moments de bonheur. Sans doute le fait d'être comédien m'a-t-il aidé.

En tant qu'artiste de seconde main, l'acteur connaît des exaltations magnifiques, autant que des angoisses extrêmes. Il y a des gens qui vivent sans être très heureux ni très malheureux. C'est un choix et peut-être aurais-je pu m'en contenter. Bien sûr, il est facile de le dire, moi qui ai aujourd'hui une vie confortable, mais j'aurais bien voulu vivre en ermite.



Comment se fait-il alors que vous vouliez être coureur automobile?


Ce qui me plaisait dans la formule 1, c'était d'arriver à dominer une telle voiture. Maîtriser l'engin, seul. J'ai commencé tard, à 45 ans, l'âge où, habituellement, les gars arrêtent. J'ai pris des cours, j'ai fait des progrès mais moins que les pilotes doués. J'ai commencé en même temps qu'Alain Prost, qui était meilleur que moi.


Sur scène, il est moins bon.


Faut voir, il a du charme...



Pourquoi disiez-vous qu'un comédien est un artiste de seconde main?


Parce que c'est vrai. Le comédien n'est pas un créateur : il travaille à partir du matériau des autres. Ces textes que je récite, jamais je n'aurais pu les écrire, même si, sur scène, je me sens très bien. En fait, c'est le dernier spectacle que je fais. Je deviens vieux.



Vous disiez déjà ça, il y a cinq ans...

Ah bon ? Alors mettons que je n'ai rien dit. Ni à l'époque, ni maintenant. J'adore le moment où je joue mais j'adore aussi rester au coin du feu à ne rien faire. La dernière du spectacle est le 7 janvier, après je vais essayer de m'arrêter.


Parlant de feu, il paraît que vous êtes incollable sur le bois. Vous savez exactement le temps que mettra une bûche à flamber.

Cela m'amuse beaucoup, même si c'est anodin. J'y trouve un certain sens à la vie. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Je peux rester des heures devant ma cheminée. Un feu, c'est plus intéressant que la télé. J'exagère, je regarde un peu la télé quand il y a du sport. Notamment du football, que je trouve très simple à comprendre, à la différence du rugby, qui est assez compliqué bien qu'il n'y ait rien de plus beau qu'une attaque des trois-quarts. C'est la même différence entre Molière et Shakespeare : le premier ressemble au foot, le second, au rugby. Shakespeare est plus exaltant que Molière. Il est complexe, échevelé, fou. Molière était un courtisan, Shakespeare, un artiste. Je les ai interprétés tous les deux. Mais celui que j'aurais bien voulu jouer, c'est Marivaux.



Comme lui, vous êtes faussement léger.

Peut-être...



Plus vous vieillissez, plus vous êtes populaire et...

Il faut dire que, jeune, je n'étais pas très bon. J'étais juste joli et là au bon moment, au bon endroit. Je ne méritais pas ce qui m'est arrivé. J'ai commencé à être moins mauvais à partir d'Un homme et une femme. Dans Et Dieu... créa la femme, je ne comprenais rien à la comédie sinon que j'étais amoureux [de Brigitte Bardot]. J'ai alors pris des cours. Pendant longtemps. Tellement longtemps que pour rester à l'abri, je suis devenu prof. J'ai beaucoup travaillé. Mais j'étais si timide que je passais les auditions la tête baissée. Je bouillonnais à l'intérieur et je savais qu'un jour ça sortirait. Contrairement aux profs, qui me disaient que je n'y arriverais jamais. Moi, j'avais la foi.



Comment y êtes-vous arrivé?

Je vais vous dire une chose que je ne devrais pas dire : grâce à l'alcool et à la drogue. Ça me désinhibait. Je suis souvent monté sur scène en ayant bu.



Et vous n'oubliiez pas votre texte?

Je suis quelqu'un de carré. J'ai besoin de me libérer du texte, j'ai besoin de flou. La qualité essentielle du comédien, c'est l'imagination. Il faut savoir réinventer les situations. Il ne faut pas réciter ce qu'on a appris, il faut l'oublier. Ce qui est compliqué quand on boit, c'est qu'on connaît d'abord une grande exaltation, ce qui est bien, mais ensuite on est un peu lourd. J'avais des fins de pièces difficiles.



Au cinéma également, vous buviez?

Non, parce que le réalisateur peut refaire les scènes. Mais dans Le Conformiste, que je considère être mon plus beau rôle, Bernardo Bertolucci, le metteur en scène, ne me disait rien et se contentait de me tendre un joint. Je comprenais alors que j'avais été trop rigide. Je tirais une taffe et tout allait mieux. L'apathie de mon personnage vient de là. J'ai aussi remarqué que lorsque j'ai bu je suis plus à l'écoute de mes partenaires, ce qui est, pour moi, une des qualités que doit posséder un acteur. Je me suis également souvent amusé à jouer avec des boules Quiès. L'attention aux autres est particulière : un temps de réaction un peu plus long, un léger flottement... J'ai joué ainsi certaines scènes de Ma nuit chez Maud, d'Eric Rohmer.



Avez-vous été aussi heureux sur scène que sur un plateau de cinéma?

Je préfère de loin le théâtre. Le public est là et ce que je n'arrive pas à faire un soir, j'essaye de le faire le lendemain. Je me sens plus libre.



Quel plaisir prenez-vous alors au cinéma?

Il y a beaucoup de vanité parce que c'est gratifiant. De la cupidité, aussi. Bon, j'exagère.



Vous avez pourtant accepté de tourner pour Michael Haneke alors que vous aviez abandonné le cinéma. Pour quelles raisons?

J'avais vu Caché qui m'avait beaucoup plu. J'ai alors lancé une sorte d'appel à Haneke qui a dû lui venir à l'oreille, comme quoi, s'il avait un rôle, j'étais prêt à en discuter. Je me suis donc retrouvé à jouer le mari d'un vieux couple dont la femme est paralysée. Haneke est un très grand metteur en scène et il est très exigeant. J'ai eu du mal à me plier à ce qu'il demandait. Je l'ai fait mais ce fut difficile. Le cinéma, maintenant, c'est vraiment fini.



Ce film, Amour, prévu pour 2012, va être un événement...

Chaque film d'Haneke est un événement.



Il s'agit de vous, là...

Oui, peut-être. Mais je sais déjà que l'effervescence autour du film ne va pas me plaire. A une époque, j'en tournais quatre ou cinq par an. C'était trop, même si je travaillais toujours avec enthousiasme. J'ai arrêté parce que j'ai eu envie de faire autre chose. Notamment du théâtre. Je ne regrette pas. Ce spectacle-là me ravit. Tous ces mots sont magnifiques. Le public est attentif, je sens sa présence. Lorsque je jouais les poèmes d'Apollinaire, il ne l'était pas autant car les textes étaient plus difficiles.

Ceux-là ressemblent à de la petite poésie. C'est une écriture joyeuse. Loin de Rimbaud et Baudelaire, bien sûr, mais plus proche des gens. A une époque, j'ai voulu monter un spectacle à partir des Chants de Maldoror, de Lautréamont. Mais qui allais-je intéresser?



Et n'intéresser que peu de gens vous aurait embêté?

Ah oui! Le public qui vient, il ne faut pas le décevoir.



Vous auriez offert un texte difficile mais magnifique à des gens qui n'auraient peut-être jamais fait la démarche de le lire.

Je n'ai pas envie d'emmerder les gens. J'ai joué un spectacle autour d'Aragon et je sentais bien que les spectateurs n'étaient pas aussi attentifs ; à la fin, ils applaudissaient parce qu'ils étaient contents que ce soit fini. J'aime quand la salle est surprise. J'aime faire rire, moi qui suis assez sinistre. J'aime vraiment beaucoup être acteur. Je regrette que ce soit la fin.



Pourquoi dites-vous ça?

Parce que j'ai 80 ans. C'est un âge où il faut arrêter.



Vous n'avez pas envie d'arrêter...


Je vais essayer, je ne dis pas que j'y arriverai. C'est très exaltant de sentir le public. C'est physique, charnel. Tous les soirs, j'essaie des trucs nouveaux. Personne ne s'en rend compte sauf moi. Ça me plaît.

Il y a quelques années, je jouais Art, de Yasmina Reza, avec deux grands comédiens, Pierre Vaneck et Pierre Arditi. Un soir, ils m'ont dit que je n'avais rien compris au théâtre. Ils n'avaient sans doute pas tort. Moi, j'ai l'impression que si je me répète d'une représentation à l'autre, je fais mal mon boulot.
Eux me rétorquaient que le public étant différent à chaque fois, il ne s'en apercevait pas. Il n'empêche que j'aime chercher. Le problème étant que, parfois, je rate totalement la pièce. Pourtant, je préfère rater que de me répéter.



En fait, vous êtes un acteur très terrien. Jamais dans la pose évanescente. Vous êtes là.


C'est mon éducation. J'aime que les choses soient posées. En même temps, je voudrais avoir une certaine légèreté mais je n'en suis pas capable. Jacques Bonnaffé, que j'apprécie beaucoup, a enregistré des textes de Prévert avec une grande légèreté. Il a un ton, un esprit. Moi, j'alourdis toujours un peu les choses.

Pour ce spectacle, je voulais me faire plaisir. Et faire plaisir aux autres. J'ai un petit-cousin de 21 ans qui ne jure que par le divertissement. Il m'aime bien comme type mais comme comédien, pas trop. Il fait un métier difficile et il va au spectacle pour se distraire. Beaucoup de gens sont comme lui.

Pour moi, le spectacle n'est pas qu'un divertissement. Je déteste l'idée de culture avec un grand C: une pièce, un livre ou un film ne changent pas le monde mais c'est quand même une petite pierre. Moi, je défends l'idée que ce qui est drôle peut être intelligent. La drôlerie n'est pas la futilité. Ce qu'il faut éviter, c'est la complaisance.



http://www.lexpress.fr/culture/scene/jean-louis-trintignant-j-aime-faire-rire-moi-qui-suis-assez-sinistre_1048810.html




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MessageSujet: Re: JEAN-LOUIS TRINTIGNANT    Ven 11 Nov - 19:28

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BORIS VIAN : Je voudrais pas crever, 1962.




Trintignant sur scène pour Prévert, Desnos et... par france3provencealpes



Je voudrais pas crever
Avant d’avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignées d’argent
Au nid truffé de bulles

Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
À un côté pointu
Si le soleil est froid
Si les quatre saisons
Ne sont vraiment que quatre

Sans avoir essayé
De porter une robe
Sur les grands boulevards
Sans avoir regardé
Dans un regard d’égout
Sans avoir mis mon zobe
Dans des coinstots bizarres

Je voudrais pas finir
Sans connaître la lèpre
Ou les sept maladies
Qu’on attrape là-bas
Le bon ni le mauvais
Ne me feraient de peine
Si si si je savais
Que j’en aurai l’étrenne

Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d’algue
Sur le sable ondulé
L’herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L’odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l’Ursula

Je voudrais pas crever
Avant d’avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J’en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux

Je voudrais pas mourir
Sans qu’on ait inventé
Les roses éternelles
La journée de deux heures
La mer à la montagne
La montagne à la mer
La fin de la douleur
Les journaux en couleur

Tous les enfants contents
Et tant de trucs encore
Qui dorment dans les crânes
Des géniaux ingénieurs
Des jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs
Tant de choses à voir
À voir z et à entendre
Tant de temps à attendre
À chercher dans le noir

Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s’amène
Avec sa gueule moche
Et qui m’ouvre ses bras
De grenouille bancroche

Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d’avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu’est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d’avoir goûté
La saveur de la mort...





Jean-louis Trintignant lit Prévert Vian : son... par france3provencealpes











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MessageSujet: Re: JEAN-LOUIS TRINTIGNANT    Dim 20 Nov - 18:21





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MessageSujet: Re: JEAN-LOUIS TRINTIGNANT    Mer 23 Mai - 1:09



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Jean Louis Trintignant Pourquoi que je vis











samedi, 2 juin 2012 à 12:45

Rediffusions : 07.06.2012 à 02:25 Jean Louis Trintignant (France, 2012, 76mn)
ARTE Réalisateur: Serge Korber



Le réalisateur Serge Korber a débusqué l'acteur dans ses vignes du Languedoc pour faire de lui un portrait rare et sensible, celui d'une vedette hors normes.


Fait sans précédent : Jean-Louis Trintignant a accepté d'évoquer sa vie devant une caméra, celle de son ami cinéaste Serge Korber. Souvenirs de cinquante années passées dans le cinéma et sur les planches, autobiographie à plusieurs voix d'un homme de 80 ans qui s'avance ici à visage découvert. Marin Karmitz, Costa Gavras, Jacques Perrin, Michael Haneke, Claude Lelouch trouvent les mots forts et justes pour raconter l'acteur hors du commun, cet "introverti exubérant".



Les chemins de la liberté

Dans les années 1960, Serge Korber débutait dans le cinéma. Trintignant, star montante à l'époque, lui avait alors donné de son énergie, aidant ses premiers films à trouver le succès.

Un demi-siècle plus tard, le réalisateur paye à l'acteur un tribut en forme de portrait. Leur amitié est sensible dans ce film (dont le titre est emprunté à un poème de Boris Vian), écrin chaleureux donné à la parole d'un homme qui n'a pas pour habitude de se confier. Il le fait pourtant ici, avec la pudeur et la fausse désinvolture qu'on lui connaît.


De ses films les plus populaires aux plus exigeants, des circuits automobiles aux vignes qu'il cultive, de l'effervescence des débuts à la retraite des dernières années, il évoque une existence éprise de liberté. Textes poétiques et commentaires de proches collaborateurs éclairent ce parcours atypique, dont le séduisant mystère reste pourtant entier.






http://videos.arte.tv/fr/videos/jean_louis_trintignant-6665736.html







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MessageSujet: Re: JEAN-LOUIS TRINTIGNANT    Lun 28 Mai - 17:53

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Jean-Louis Trintignant, retour en plein écran et en pleine lumière











Voix sans pareil , longtemps "valeur sûre" du cinéma français avant de prendre du recul , Jean-Louis Trintignant , dont Nanni Moretti a salué " la contribution fondamentale " dans la Palme d'or attribuée à "Amour" de Haneke, retrouve la lumière après une décennie loin des écrans.




Plus de 40 ans après son premier Prix d'interprétation sur la Croisette en juge incorruptible dans "Z" de Costa-Gavras, l'acteur de 81 ans, brisé par la mort tragique de sa fille Marie, préférait depuis plusieurs années le théâtre: "l'acteur y occupe une place plus intéressante car il n'est pas dispersé".



"Je ne voulais plus faire de cinéma. Mais Haneke est l'un des plus grands cinéastes du monde, c'était une opportunité. Je n'en ferai plus d'autre", a-t-il confié, rayonnant, lors de son passage à Cannes.

La montée des marches, sous une pluie battante, de cette figure meurtrie mais debout du cinéma français restera l'une images fortes de l'édition 2012.


C'est aux côtés d'une autre actrice de légende, Emmanuelle Riva, 85 ans, héroïne de "Hiroshima mon amour" (Alain Resnais, 1959) qu'il a marqué les festivaliers dans le rôle d'un mari amoureux et attentionné qui accompagne son épouse vers la mort.

"J'ai fait plus de cent films et d'ordinaire je ne m'aime pas au cinéma. Mais là, c'est la première fois que je suis content de m'être vu, je dis ça sans vanité".



Grand amateur de vin et de poésie, révélé par Roger Vadim, Trintignant a joué avec nombre de grandes actrices: Brigitte Bardot qui fut sa compagne ("Et Dieu créa la femme", 1956), Anouk Aimé ("Un Homme et une femme", 1966), Romy Schneider ("La Banquière", 1980), Catherine Deneuve ("Je vous aime", 1980), Isabelle Huppert ("Eaux profondes", 1981), ou encore Fanny Ardant ("Vivement dimanche", 1982).


Fils d'industriel et neveu du coureur automobile Maurice Trintignant, le jeune homme préfère le théâtre au droit. Au retour d'un traumatisant service militaire en Algérie, le comédien au jeu nerveux et sensible marque les esprits avec "Les Liaisons dangereuses" (Roger Vadim, 1960).


C'est avec sa composition d'amoureux romantique dans "Un homme et une femme" de Claude Lelouch, (Palme d'or en 1966), que sa carrière prend un tournant décisif. Il devient alors l'un des acteurs français qui tourne le plus, une soixantaine de films en vingt ans.

A la fin des années 80, lassé des tournages, il ralentit sa carrière, puis se limite à des coups de coeur: "Regarde les hommes tomber" (Audiard), "Trois couleurs/Rouge" (Kieslowski), "Ceux qui m'aiment prendront le train" (Chéreau).


Il monte sur scène avec sa fille Marie pour interpréter "Poèmes à Lou" (1999) et "Comédie sur un quai de gare" (2001). La mort de cette dernière, lors d'un tournage en juillet 2003 à Vilnus (Lituanie), sous les coups de son compagnon, le chanteur Bertrand Cantat, est une cassure.

"J'avais une complicité magnifique avec Marie. Je ne sais pas s'il y a des gens qui connaissent un rapport aussi riche avec leur fille", confiait-il dans un livre d'entretiens paru le mois dernier ("Jean-Louis Trintignant, Du côté d'Uzès" - Le Cherche-Midi).


Depuis, il dit avoir réussi à traverser la décennie écoulée grâce à la poésie, venue au secours de sa détresse, et au film de Haneke.

Très ému sur scène dimanche à Cannes, Emmanuelle Riva et Michael Haneke à ses côtés, l'acteur a choisi de retenir la joie, citant "un petit poème, tout petit" de Jacques Prévert:

"Et si on essayait d'être heureux, ne serait-ce que pour donner l'exemple ? ".


AFP/Par Jérôme CARTILLIER AFP




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MessageSujet: Re: JEAN-LOUIS TRINTIGNANT    Jeu 21 Juin - 19:41

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Trintignant: « Je fais semblant de vivre »








LE GRAND COMÉDIEN SE CONFIE. A 81 ans, dans un livre d'entretiens avec André Asséo, Jean-Louis Trintignant parle de son retour au cinéma avec Michael Haneke, de la poésie et de la mort de sa fille Marie. Extraits.


Né en en 1930 à Piolenc (Vaucluse), JEAN-LOUIS TRINTIGNANT a joué dans plus de cent trente films et en a lui-même réalisé deux.
Depuis 1985, il se consacre surtout au théâtre, où il a notamment joué les « Poèmes à Lou » d'Apollinaire avec sa fille Marie en 2003. Il vient de tourner «Amour», de Michael Haneke, sélectionné pour le Festival de Cannes 2012. (Sipa)




La pudeur a toujours été son métier. Et pourtant, il a tenu les plus belles femmes dans ses bras, de Brigitte Bardot à Romy Schneider. Il a tourné avec Rohmer, Bertolucci, Vadim, Robbe-Grillet, Patrice Chéreau ou Jacques Audiard, en s'offrant le luxe de dire non merci à Coppola et Spielberg du temps où ils étaient encore de grands cinéastes.
Il a joué Hamlet avec une jambe dans le plâtre, et décroché le prix d'interprétation à Cannes, en 1969, pour son rôle dans «Z», de Costa-Gavras.


La «timidité» a toujours été son «principal défaut», dit-il. Mais face aux questions de son ami André Asséo, Jean-Louis Trintignant ne s'est pas dérobé: ce passionné de Shakespeare, de course automobile et d'huile d'olive est longuement revenu sur son impressionnante carrière, ses racines provençales, ou les spectacles qu'il a eu le bonheur de monter avec sa fille Marie.


C'était en 2002, juste avant la tragédie de Vilnius d'août 2003. Un premier livre était alors sorti. Et puis dix ans plus tard, Asséo est revenu «du côté d'Uzès», où vit Trintignant, pour reprendre et compléter cette conversation inachevée.
Le résultat est un post-scriptum inédit, une leçon de dignité où le grand comédien se confie, comme il ne l'a jamais fait, sur la douleur qui le mine et la manière dont la poésie l'a sauvé.

Extraits.


Grégoire Leménager / Bibliobs





Du côté d'Uzès, entretiens avec André Asséo, par Jean-Louis Trintignant











André Asséo : Nous échangeons quelques paroles d'amitié. Je n'ose attaquer la disparition de Marie. La pudeur de Jean-Louis m'empêche d'en parler. Il doit sans doute s'en apercevoir, puisque, à l'issue d'une phrase sans grand intérêt il enchaîne ainsi :



Jean-Louis Trintignant : La mort de Marie fut la plus grande souffrance de ma vie. Il était impossible d'imaginer un jour sans entendre sa voix, sans voir son sourire.
Rien au monde n'aurait pu m'atteindre davantage. Pendant deux mois, je suis resté prostré. Un mort-vivant, incapable du moindre mouvement.
Deux mois pratiquement sans ouvrir la bouche, sans émettre le moindre jugement. La vie autour de moi passait sans que je m'en aperçoive.
Au bout de ce long temps, j'ai décidé de vivre. De revivre. La poésie est venue à mon secours. Déjà, avec Marie, nous avions travaillé Apollinaire. Il me fallait suivre ce chemin. La poésie est devenue plus importante qu'elle ne l'était auparavant. Elle fut pour moi un refuge qui représentait une vie différente. [...]



Au plus fort de ta souffrance, y a-t-il eu des moments où tu as pensé au suicide ?



Bien sûr. Lorsque la rage est en toi, les sentiments les plus extrêmes deviennent normaux. Mais j'y pense toujours. Tout le temps. J'ignore si la mort peut être plus forte que les rares moments de bonheur que me procurent un spectacle de poésie ou un repas avec un ami.



Un jour, tu m'as assuré que si tu rencontrais l'assassin de Marie, la haine que tu avais en toi pourrait t'amener à le tuer.



Aujourd'hui encore, le manque de Marie, la douleur causée par son absence sont tellement évidents qu'un supplément minime de souffrance pourrait me conduire à cet acte. Mais je me dois de penser aux quatre enfants dont ma fille s'occupait avec tant d'amour, et je me dis qu'ils méritent autre chose que de la haine. [...]



Quant à toi, épaulé par Mariane, ton épouse, tu t'es réfugié dans la poésie, que tu fais triompher dans un spectacle composé des oeuvres de Jacques Prévert, Robert Desnos, Boris Vian. Pourquoi as-tu choisi ces trois poètes ?



Peut-être représentent-ils différents sentiments qui me touchent particulièrement. Tous les trois possèdent une bonne dose d'humour, mais aussi d'engagement politique. C'est un mélange qui m'émeut beaucoup. Il me correspond parfaitement.



D'autres poètes que tu aimes sont absents de ton spectacle. Je pense en particulier à Rimbaud. Cela fait vingt ans que tu travailles ce formidable poème qu'est «le Bateau ivre» et tu n'en es toujours pas satisfait.




Oui, c'est vrai . J'ai dû enregistrer cette oeuvre nombre de fois. Il me faut encore travailler pour saisir chaque par celle de souffrance décrite avec génie par Rimbaud.
Pour revenir aux trois poètes de mon spectacle, d'autres pourraient avoir leur place. Je pense en particulier à Paul Valéry et Guillaume Apollinaire. Ils parlent avec tant d'amour des gens, des petites gens en particulier, et puis ils évoquent leurs rapports avec les femmes, qui ne se terminent pas toujours à leur avantage.
Tous ces sentiments sont si proches de ce que je ressens tous les jours. Et leurs rapports avec la mort ! J'y pense souvent, à la mort. [...]



Je ne voudrais pas quitter la poésie sans reparler de cette passion. Quand t'es-tu amouraché d'elle ?




Très jeune. Je devais avoir 13-14 ans lorsque «Paroles», de Jacques Prévert, a créé mon premier enthousiasme. Je n'étais pas le seul jeune emballé par «Paroles». Le succès de ce livre fut foudroyant. Il a atteint jusqu'à un million d'exemplaires.

Pour la poésie, c'est un chiffre extraordinaire. Rapidement, je me mis à apprendre par coeur certains de ces vers, comme «Il est terrible le petit bruit de l'oeuf dur cassé sur un comptoir d'étain» (extrait de «la Grasse Matinée»). C'est un vers qui fut vite connu par toute la jeunesse française.


Et puis ?



Après ? J'ai enchaîné normalement. Prévert m'avait donné le goût. Rimbaud, Baudelaire s'engouffrèrent dans ma tête, ainsi que Blaise Cendrars, dont «la Prose du Transsibérien», d'une durée de quarante-cinq minutes, m'emballa.

Aujourd'hui, je connais par coeur plus de mille cinq cents poèmes. Je comprends que certains soient insensibles à la poésie, que ce langage ne soit pas assez direct. Je me permets de leur dire de ne pas chercher à lire les poètes, mais à les écouter. Je crois en effet qu'en écoutant on se rend mieux compte de la beauté des mots, de la musique qui s'en dégage grâce au rythme des phrases.

En un mot, je ne pense pas que l'on puisse être imperméable à la beauté. [...]


Tu as tourné cette année le nouveau film de Michael Haneke. Or tu avais fait comprendre que pour toi le cinéma, c'était terminé. Tu n'avais plus envie de tourner. Que s'est-il donc passé ?



C'est vrai, je ne voulais plus être acteur de cinéma. Trop de temps perdu entre chaque prise! A mon âge, ce temps perdu ne se rattrape pas. Grâce à Marie, j'avais refait l'acteur sous la direction de Kieslowski. Faire connaissance avec un réalisateur aussi pointilleux dans sa démarche m'avait ravi. J'estimais ainsi avoir mis un terme à ma longue carrière cinématographique avec ce film, «Rouge».
D'autant que, sur le plan santé, les fractures du genou et autres contrariétés physiques me fatiguaient dès qu'un effort superflu m'était demandé.



Le drame subi par Marie avait précipité mon retour vers le monde de la poésie. C'est alors que je vis, comme simple spectateur, le film de Michael Haneke, «Caché», avec Juliette Binoche et Daniel Auteuil. Je sortis de la projection vraiment enthousiaste. L'intelligence de chaque plan m'avait bouleversé.

Depuis fort longtemps, un film ne m'avait pas plu autant dans chacun de ses détails. Mes réactions ont dû être transmises au réalisateur autrichien, puisque, quelques semaines plus tard, il désirait me rencontrer. [...]


Haneke est certainement le plus important metteur en scène avec lequel j'aie tourné. Il tire de ses acteurs le maximum de sensibilité. Sans jamais leur demander d'aller vers des effets faciles. Bien au contraire, il insiste toujours pour que l'on joue le moins possible. Tout doit venir de l'intérieur.
Ce qui, tu me connais, me convient parfaitement.



En deux mots, quel est le thème du film, de quoi s'agit-il ?



Le titre est simple: «Amour». C'est l'histoire d'un vieux couple interprété par Emmanuelle Riva et moi-même. Un soir, elle a une attaque et reste en partie paralysée. Le vieux mari va donc s'occuper d'elle.
Mais leur fille, qui vit à Londres, arrive pour soigner sa mère. C'est Isabelle Huppert, superbe et magnifique. On sent entre elle et Haneke une véritable complicité. Bref, ce film, à mon sens, atteint la perfection. [...]



Je crois que c'est un des plus grands films de l'histoire du cinéma, et je pèse mes mots. Margaret Ménégoz, qui est la productrice du film, a insisté pour que j'interprète ce rôle. Je la connaissais déjà. [...] Un jour, j'ai dit à Margaret Ménégoz: «Je ne peux pas faire ce film. Je n'ai pas l'esprit à cela, je pense plutôt à me suicider.» Et Margaret m'a répondu: «Faites le film, et vous vous suiciderez après.» [...]



Certains pourraient alors dire: «Quand il affirmait qu'il arrêtait le cinéma, il nous a menti.»




Non, il ne faut pas dire cela. Il y a des circonstances qui peuvent te faire changer d’avis. Et puis j’ajouterai que les grands comédiens ne mentent pas plus que les autres personnages de l’espèce humaine.
Pour épouser les traits d’une autre personne, peut-être complètement à l’inverse de toi-même, il faut conserver une âme d’enfant, comme savent le faire quelques immenses comédiens, comme Michel Piccoli, que j’adore. Le grand comédien, c’est celui qui cherche et qui, à force de travail, va trouver dans son intériorité les accents de la vérité. […]



Je t’ai déjà raconté comment, pendant le tournage du «Conformiste», j’ai trouvé ma fille Paulette étouffée dans son berceau. En deux mots, Bertolucci a trouvé les quelques paroles qu’il fallait me dire et le tournage a repris.

Dans ce drame, le réalisateur italien avait à sa disposition un comédien dont il a tiré le maximum de sa souffrance intérieure. Quand on est metteur en scène, il faut se servir de toute l’émotion possible que peuvent donner ses interprètes. La vraie émotion, celle qui est proche des larmes.

C’est une loi fondamentale. De la même nature que, si tu joues au poker, tu dois attaquer le plus faible, celui qui possède le plus petit tapis.


La vie est ainsi faite. Le faible, le pauvre, est attaqué, non le fort. Au cinéma, si tu réalises un film, c’est le faible qui va tirer des larmes au public. Regarde bien autour de toi. Dans la vie d’aujourd’hui, que ce soit en politique ou en économie, c’est le faible qui en prend plein la gueule. La lâcheté de l’homme est partout identique.










Pendant le film de Michael Haneke, une légère chute m’a obligé à porter un plâtre sur la main. Pour les besoins du tournage, Haneke me le faisait enlever. La souffrance qui se déclenchait en moi, Haneke sut immédiatement s’en servir. C’est normal, c’est un metteur en scène. [...]



Si nous résumons ta vie de ces dix dernières années, on pourrait le faire ainsi: l'absence de Marie, la poésie venant au secours de ta détresse et le film de Michael Haneke, heureuse conclusion d'une carrière cinématographique brillante et interrompue.



Oui, on peut résumer ces dix années ainsi. Malheureusement la disparition de Marie efface tout, et la poésie, et Haneke. Rien ni personne ne pourra jamais la remplacer.

Aujourd'hui, je fais semblant de vivre. Mon existence n'est que l'ombre de ce qu'elle fut jadis. Ne crois pas que je me plaigne du sort qui m'est réservé. Tout pourrait être pire. Je pourrais ne pas avoir près de moi une épouse comme Mariane, qui me seconde en toute circonstance.

Ma mémoire pourrait être défaillante, et, de ce fait, les poèmes de mon spectacle ne serviraient qu'à nourrir les anges. De nombreux comédiens de mon âge ont malheureusement des problèmes de mémoire, terrible handicap pour un acteur de théâtre. Tu vois, je suis lucide.



© CHERCHE MIDI 2012






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Dernière édition par Bridget le Mar 9 Oct - 1:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: JEAN-LOUIS TRINTIGNANT    Mar 9 Oct - 1:11

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CNEMATHÈQUE FRANÇAISE HOMMAGE A JEAN - LOUIS TRINTIGNANT



du 26 septembre au 12 novembre 2012












Figure essentielle du cinéma français, il est également présent dans des productions internationales. Son interprétation dans le nouveau film de Michael Haneke, Amour, Palme d'or au dernier Festival de Cannes, a été unanimement admirée.

Jean-Louis Trintignant est également l'auteur de deux films très originaux, Le maître-nageur et Une journée bien remplie.






L'Agression - Gérard Pirès 1974






Scénario et dialogues de Jean-Patrick Manchette.
Avec Jean-Louis Trintignant, Claude Brasseur, Catherine Deneuve.

Sur l'autoroute des vacances, la famille Varlin est agressée par des motards. Quand Paul reprend connaissance, sa femme et sa fillette de dix ans sont mortes assassinées. L'enquête policière n'aboutissant pas, Paul va se faire justice lui-même.






L'Américain - Marcel Bozzuffi France - 1969








Avec Jean-Louis Trintignant, Bernard Fresson, Rufus.

Après quinze ans aux Etats-Unis, Bruno revient en France. Il veut revoir tous ses anciens amis mais se sent rapidement un étranger au milieu de ces adultes bien rangés.






L'Argent des autres - Christian de Chalonge France 1978






vec Jean-Louis Trintignant, Catherine Deneuve, Michel Serrault, Claude Brasseur.




Henri Rainier, fondé de pouvoir dans une importante banque parisienne, est impliqué malgré lui dans un scandale financier. Il se livre alors à une enquête personnelle.





L'Attentat (Boisset) - Yves Boisset France 1972






Avec Jean-Louis Trintignant, Michel Piccoli, Jean Seberg.

Manipulé par les services secrets, Darien fait entrer en France un leader progressiste du Tiers-monde qui est aussi un ami à lui. Celui-ci va tomber dans un traquenard.






Les Biches - Claude Chabrol France - 1967






Avec Jean-Louis Trintignant, Stéphane Audran, Jacqueline Sassard.

À Saint-Tropez, Frédérique, une riche jeune femme entraîne dans des amours lesbiennes une jeune hippie. Lorsque celle-ci tombe amoureuse de Paul, un architecte, Frédérique devient jalouse.







Le Bon plaisir - Francis Girod 1983







Avec Catherine Deneuve, Jean-Louis Trintignant, Michel Serrault, Hippolyte Girardot.


Une femme se fait voler son sac. Événement banal si ce n'est que le sac contenait une lettre de son ex-amant, aujourd'hui Président de la République







Ceux qui m'aiment prendront le train - Patrice Chéreau 1997









Avec Jean-Louis Trintignant, Charles Berling, Pascal Greggory.

Les amis, les élèves et les parents d'un peintre sont réunis à Limoges à l'occasion de son enterrement.








Le Combat dans l'île - Alain Cavalier 1962










Avec Romy Schneider, Jean-Louis Trintignant, Henri Serre, Pierre Asso, Maurice Garrel.
Un terroriste d'extrême droite prend la fuite après un attentat contre un député de gauche, et se réfugie chez un ami pacifiste.





Compartiment tueurs - Costa-Gavras 1965








D'après Sébastien Japrisot.

Avec Simone Signoret, Yves Montand, Pierre Mondy, Catherine Allégret, Pascale Roberts, Jacques Perrin, Michel Piccoli, Jean-Louis Trintignant, Charles Denner.

Une femme est assassinée dans un compartiment-couchettes. L'inspecteur Grazzi veut interroger les différents occupants du train, qui sont tués l'un après l'autre.






Le Conformiste - Bernardo Bertolucci 1970










Avec Jean-Louis Trintignant, Stefania Sandrelli, Dominique Sanda, Pierre Clémenti.

Les interrogations et les actes d'un jeune fasciste en 1935 alors qu'il est envoyé en mission en France pour supprimer un professeur de philosophie qui lutte au sein des activités antifascistes.







La Course du lièvre à travers les champs - René Clément 1972










Avec Jean-Louis Trintignant, Robert Ryan, Léa Massari.

En fuite, Tony se réfugie à Montréal. Il y est témoin d'un règlement de comptes entre des truands qui l'enlèvent, d'abord dans l'intention de le supprimer, puis en l'intégrant peu à peu à leur bande.







Défense de savoir - Nadine Trintignant 1973









Avec Jean-Louis Trintignant, Michel Bouquet, Bernadette Lafont.

Un avocat chargé de la défense d'une prostituée soupçonnée du meurtre de son amant, se retrouve plongé au cœur d'un scandale politique.






Eaux profondes - Michel Deville 1981











d'après Patricia Highsmith. Avec Isabelle Huppert, Jean-Louis Trintignant, Philippe Clévenot, Robin Renucci.

Sur l'île de Jersey, le directeur d'une petite entreprise de parfumerie est marié avec une jeune femme coquette qui le trompe ouvertement et qu'il adore. Il laisse croise qu'il tue ses amants. Un jour, il le fait réellement.








L'Escapade - Michel Soutter 1973




Avec Philippe Clévenot, Marie Dubois, Antoinette Moya, Jean-Louis Trintignant.

Dans une Suisse paisible et feutrée, la mise à l'épreuve de la fragilité du couple vue à travers le double itinéraire amoureux de Paul, chercheur en biologie, Anne sa femme, Auguste, écrivain et son amie Virginie.





Et Dieu...créa la femme - Roger Vadim 1956










Avec Brigitte Bardot, Curt Jürgens, Jean-Louis Trintignant, Jane Marken, Jean Tissier.


Trois hommes se disputent le cœur indécis de Juliette, une jeune femme d'une beauté redoutable.
Ajouter à mon agenda des séances







L'été prochain - Nadine Trintignant 1984








Avec Philippe Noiret, Claudia Cardinale, Jean-Louis Trintignant

La vie de trois couples, lors de vacances estivales dans un chalet de montagne des Alpes du Sud.






Eté violent - Valerio Zurlini 1959










Avec Jean-Louis Trintignant, Eleonora Rossi Drago, Jacqueline Sassard.

À Riccione, sur l'Adriatique, le jeune Carlo mène une vie insouciante. Fils d'un dignitaire fasciste, il a pu éviter le service militaire et la guerre lui semble bien loin. Sur la plage, il rencontre la belle Roberta, veuve d'un officier de marine. Carlo et Roberta vont vivre un amour bref et violent, auquel la guerre viendra mettre un terme.





Le Fanfaron - Dino Risi 1962










Avec Vittorio Gassman, Jean-Louis Trintignant, Catherine Spaak, Claudio Gora.
Un séducteur extraverti invite un étudiant timide à faire un tour dans sa voiture de sport.







La Femme du dimanche - Luigi Comencini 1975









Avec Jacqueline Bisset, Marcello Mastroianni, Jean-Louis Trintignant.

Une nuit, on retrouve l'architecte Garrone assassiné chez lui. Le commissaire Santamaria enquête dans la haute société.





Fiesta - Pierre Boutron 1995




Avec Grégoire Colin, Alain Doutey, Marc Lavoine, Jean- Louis Trintignant.

En 1936, Rafael, un adolescent de seize ans, fils d'une grande famille espagnole, étudie à Arcachon. Il est rappelé dans son pays par son père, un colonel franquiste, pour participer à la guerre civile qui déchire l'Espagne et y parfaire sa formation.






Film "Le Grand Silence" 1968 + Dialogue avec Jean-Louis Trintignant










Avec Jean-Louis Trintignant, Klaus Kinski, Frank Wolff.

Utah, hiver 1898. La misère régnant partout dans cette contrée difficile ensevelie sous la neige, les hors-laloi se multiplient. Bientôt apparaissent de redoutables chasseurs de primes avec à leur tête le terrible Tigrero. Seul le bien nommé Silence osera se dresser devant eux.

Suivi de

Dialogue avec Jean-Louis Trintignant

Animé par Serge Toubiana

« Ce que j'ai le plus aimé au cinéma, c'est d'être l'incarnation d'un personnage différent de moi et réaliste. C'est pour cela que je suis devenu acteur. Je suis curieux des autres. Il n'y a pas de façon plus intime pour rentrer dans leur peau(...)
En général, je trouve que les acteurs surjouent toujours un peu. On devrait être plus simples, mettre moins d'intentions. En avançant en âge, je m'efforce d'intérioriser mon jeu. Il faut ressentir les choses, et c'est l'œil de la caméra qui vient chercher les sentiments que l'on ressent. »







Flic Story - Jacques Deray 1975










Avec Alain Delon, Jean-Louis Trintignant, Renato Salvatori.

L'inspecteur Borniche est à la poursuite du célèbre gangster Emile Buisson, qui s'est échappé de l'hôpital psychiatrique de Villejuif. Après bien des échecs et au terme d'une enquête qui durera 3 ans, il parvient à coincer le truand.








Un homme est mort - Jacques Deray

Un homme et une femme - Claude Lelouch

Une journée bien remplie - Jean-Louis Trintignant

Les Liaisons dangereuses 1960 - Roger Vadim

Ma nuit chez Maud - Eric Rohmer

Le Maître-nageur - Jean-Louis Trintignant

Malevil - Christian de Chalonge

La Mort a pondu un oeuf - Giulio Questi

Le Mouton enragé - Michel Deville

Les Passagers - Serge Leroy

Regarde les hommes tomber - Jacques Audiard

Repérages - Michel Soutter

Sans mobile apparent - Philippe Labro

La Terrasse (Scola) - Ettore Scola

Le Train - Pierre Granier-Deferre

Trans-Europ Express - Alain Robbe-Grillet

Trois couleurs : Rouge - Krzysztof Kieslowski

Under Fire - Roger Spottiswood

Vivement dimanche - François Truffaut

Le Voleur de crimes - Nadine Trintignant

Le Voyou - Claude Lelouch

Z - Costa-Gavras



Rencontres & Conférences
Film "Le Grand Silence" + Dialogue avec Jean-Louis Trintignant
Dimanche 14 Octobre 2012 - 14h30
Le Grand silence (Il grande silenzio ) de Sergio Corbucci Italie/1968/90'/VOSTF/35mm Avec Jean-Louis Trintignant, Klaus Kinski, Frank Wolff. Utah, hiver 1898. La misère régnant partout dans cette contrée difficile ensevelie sous...



Dans les collections
Jean-Louis Trintignant

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160 affiches
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56 dessins
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Le détail

Interviews & Articles
Accueil critique des films - Jean-Louis Trintignant



Partenaires & Remerciements

Remerciements: Jean-Louis Trintignant, Karine Kassathiany, Tamasa, Les Films du Losange, Bloody Mary Productions, MK2, Gaumont, KG productions, Les Films 13, Artedis, Pyramide, Ad Vitam.







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MessageSujet: Re: JEAN-LOUIS TRINTIGNANT    Lun 29 Oct - 19:00






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Jean-Louis Trintignant - I







Jean-Louis Trintignant - II








Jean-Louis Trintignant - III







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MessageSujet: Re: JEAN-LOUIS TRINTIGNANT    Jeu 10 Oct - 13:10



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Les derniers mots de Jean-Louis Trintignant sur scène : les adieux d'un grand





Jean-Louis Trintignant sous les ovations au Théâtre Anne-de Bretagne de Vannes
© Mathieu Pélicart / PHOTOPQR/LE TELEGRAMME





Le rideau se lève et c'est presque comme s'il nous accueillait dans son salon: pour son dernier récital de poésie à Vannes, et peut-être la dernière soirée sur scène de sa longue carrière, Jean-Louis Trintignant apparaît installé dans un fauteuil, comme les deux musiciens qui l'accompagnent





A bientôt 83 ans, le grand comédien a décidé de tirer sa révérence sur un dernier spectacle, mercredi soir, à Vannes.
"C'est la dernière date, c'est l'âge qui me fait arrêter", confiait-il la semaine dernière au quotidien Le Télégramme. "Il faut laisser la place aux jeunes!"




Selon le programme, le spectacle, qui vient de tourner dans toute la France pendant plus de trois ans, s'intitule "Trois poètes libertaires du XXè siècle", Jacques Prévert, Boris Vian et Robert Desnos.

Mais ce soir, après les applaudissements intiaux, Jean-Louis Trintignant a décidé de raccourcir le titre: "ça s'appelle "Libertaires", dit-il, jugeant soudain que le titre initial, "ça fait un peu prétentieux, ennuyeux"... et que, sur les conseils de ses amis, il a décidé de "raconter des histoires", plutôt que d'"embêter tout le monde avec de la poésie".




Histoires d'amour et de mort



Et voilà l'artiste parti pour 75 minutes d'"histoires", dans les pas de Desnos, Prévert et Vian.
Histoires de vies, histoires d'amour, histoires de mort aussi, soutenues, soulignées ou prolongées, selon les cas, par l'accordéon de Daniel Mille et le violoncelle de Grégoire Korniluk, tous deux très inspirés.


Entre deux textes, battant la cadence du pied ou de la main, Trintignant, pantalon et pull sombres sur chemise blanche, regarde ses musiciens avec bienveillance, invitant à l'occasion le public à les applaudir.


Les poèmes que le comédien a choisi de réciter ce soir -il assure faire son tri, chaque fois différent, parmi un répertoire d'une centaine de titres- abordent des sujets durs, comme la guerre, la Résistance, l'inceste, l'exploitation, les ombres des amis disparus ou l'amour partagé mais définitivement inaccessible, tel le dernier poème de Desnos à sa chère femme juste avant qu'il ne meure du typhus, en 1945.




Des textes poignants, récités sans coup férir d'une voix grave et puissante



Pour relâcher la tension, comme un pied de nez à cette chienne de vie, Jean-Louis Trintignant enchaîne avec un petit texte joyeux et drôle, et ses yeux brillent comme ceux d'un garnement, heureux du bon tour qu'il vient de jouer aux adultes.
Il chantonne aussi le début du Déserteur (Boris Vian) avant de le dire dans sa version originale, antérieure aux ciseaux de la censure: "Si vous me poursuivez, prévenez vos gendarmes, que j'emporte des armes et que je sais tirer...".




Une ovation interminable




Sans doute eux aussi emportés par la sobriété de la mise en scène, signée Gabor Rassov, et l'émotion dégagée par le spectacle, les nombreux lycéens présents dans la salle n'ont pas pipé mot.
Mais quand Trintignant se lève, signant la fin du récital et venant saluer les spectateurs, encadré par ses deux musiciens, les applaudissements fusent pendant plusieurs minutes et la salle se lève pour ovationner l'artiste, visiblement heureux.

Jusqu'à ce qu'il lâche, regardant ses musiciens dans un sourire complice: "On en connaît une autre...." Comme les musiciens, il rejoint son fauteuil.



Soudain, un bruit de vagues semble émerger délicatement de l'accordéon de Daniel Mille. Et Trintignant entame: "Souviens-toi, Barbara, il pleuvait sans cesse sur Brest, ce jour-là..."
Derniers moments de magie avant une nouvelle ovation interminable.





http://culturebox.francetvinfo.fr/les-derniers-mots-de-jean-louis-trintignant-sur-scene-les-adieux-dun-grand-143163


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