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 Présidentielle 2012

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Bridget



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MessageSujet: Présidentielle 2012    Lun 31 Oct - 23:45

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En ces temps de présidentielles , ce discours absolument exceptionnel d'André Malraux


Ecoutez et sutout ... méditez


Discours d'André Malraux lors du 2nd tour de la Présidentielle de 1965.






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liliane
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MessageSujet: Re: Présidentielle 2012    Mar 1 Nov - 8:27

Pour ceux qui ont du mal à écouter la video :


Nous savons tous, et M. Mitterrand le premier, que pour le général de Gaulle, la gauche et la droite se définissent par ce que l'une et l'autre peuvent faire pour la France.

Nous savons aussi que les associés de M. Mitterrand, devant le plus récent drame de notre histoire, celui de l'Algérie, ont passé leur temps à faire faire à la gauche la politique de la droite.

Et nous savons enfin que, par deux fois, le général de Gaulle a failli être tué par cette droite même, Monsieur Mitterrand, qui vous apporte aujourd'hui ses voix, en raison, n'est-ce pas ! de son passé hautement républicain.

Si la gauche ne signifiait que la présence au gouvernement d'une équipe déterminée de politiciens, il n'y aurait pas même lieu d'en parler. Mais je crois, comme M. Mitterrand, que le mot gauche signifie, heureusement, autre chose que ceux qui s'en servent.

D'abord, évidemment, la Révolution française. A tel point qu'il ne serait pas déraisonnable de dire qu'un homme de droite, c'est celui pour qui la Révolution signifie la guillotine, et un homme de gauche, celui pour qui elle signifie Fleurus. J'ai entendu, comme chacun, le petit cantique de M. Mitterrand à son amour de la liberté. Ce poujadisme sentimental semblait bien mince, en face d'un si grand héritage ! Pour nous, la gauche, c'est la présence, dans l'histoire, de la générosité par laquelle la France a été la France pour le monde.

Au musée mexicain de Puebla, l'instituteur me parlait de la France avec cette chaleur que nous rencontrons souvent en Amérique latine. Sur les murs, les fresques représentaient les combats des troupes mexicaines contre les zouaves. Je lui demandai : « Comment votre sympathie pour mon pays est-elle restée si grande, malgré l'expédition du Mexique ? » II me répondit : « II y a quelques textes — très peu — que tous nos enfants apprennent à l'école. Entre .autres, la lettre de Victor Hugo à Juarez — au temps des victoires de l'empereur Maximilien. » Cette lettre que tous les enfants du Mexique savent par cœur, peu d'enfants de France la connaissent. La voici :

« Si vous devenez vainqueur, Monsieur le Président, vous trouverez chez moi l'hospitalité du citoyen ; si vous êtes vaincu, vous y trouverez l'hospitalité du proscrit ».

La France, pour le Mexique, c'est cette lettre. Mais l'instituteur s'était précipité à Mexico pour y applaudir le général de Gaulle. Je doute qu'il s'y fût précipité pour y accueillir M. Mitterrand. Car il s'agissait de signification historique, et, pour l'histoire, conquérir la liberté ne se conjugue pas au conditionnel. Un Mexicain trouve très drôle d'entendre attaquer un homme que toute l'Amérique latine appelle Libertador, comme les fondateurs de ses républiques, par un homme qui n'a jamais rien libéré — et d'entendre parler d'une union des républicains contre un homme qui a sauvé deux fois la République.

Il y a des pays qui ne sont jamais plus grands que lorsqu'ils sont contraints de se replier sur eux-mêmes : l'Angleterre de Drake et de la bataille de Londres. Il y a des pays qui ne sont jamais plus grands que lorsqu'ils tentent de l'être pour tous les autres : la France des croisades et de la Révolution. Sur bien des routes de l'Orient, il y a des tombes de chevaliers français ; sous bien des champs de l'Europe occidentale, il y a des corps de soldats de l'an II. Un peuple ramassa l'épée de Turenne, lança à travers l'Europe la première armée de la justice, et pendant cent ans, cette armée en haillons emplit les plus nobles rêves du monde :

Ils avaient chassé vingt rois, passé les Alpes et le Rhin,
Et leur âme chantait dans le clairon d’airain…

Qu'est-ce que vous et moi avons à faire, Monsieur Mitterrand, avec ces ombres immenses, qui firent danser l'Europe au son de la liberté ? Candidat unique des républicains, de quel droit venez-vous vous prévaloir de Fleurus — vous qui n'étiez pas même en Espagne ? Vous avez été onze fois ministre de la IVe, vous auriez pu l'être de la IIIe, de la seconde, peut-être. Ni vous ni moi n'aurions pu l'être de la première.

Candidat unique des républicains, laissez dormir la République !...

Cette République-là est morte avec le XIXe siècle. Mais non ce qu'elle portait en elle. C'est la volonté de justice — et d'abord de justice sociale. C'est la volonté d'indépendance nationale. Pas le nationalisme : l'indépendance. C'est la volonté de liberté individuelle, que vous feignez de croire menacée. Que reste-t-il de ces volontés ? Aux yeux du monde, aux yeux de la France elle-même, non pas ce qu'on en dit, mais ce qu'on fait pour elles.

Pour qu'il existât une gauche, il fallait d'abord — non ? qu'existât la République... Le moins que l'on puisse dire est qu'elle n'allait pas très bien, en 1944. Ô mes compagnons, qui avez défendu Strasbourg un contre vingt, vous qui savez ce qui se serait passé dans une ville, déjà abandonnée par l'armée américaine, sans le général de Gaulle, avez-vous oublié qu'en ce temps, la République et le général de Gaulle étaient inséparables ? Qui vous eût dit qu'il serait un jour attaqué, au nom de cette torche que nous avons si douloureusement rallumée ensemble, par les éphémères qui ont mis douze ans à voleter autour ?

La République exigeait un minimum de justice politique. Et d'abord, le vote des femmes. Les politiciens au pouvoir le refusaient encore aux femmes françaises, quand il était accordé aux femmes turques. Il était inévitable ? Oui — depuis vingt ans : le général de Gaulle a dit et fait ce que les politiciens disaient et ne faisaient pas.

Puisque la résurrection de la France exigeait une autorité véritable, il fallait que cette autorité fût fondée sur le peuple, et que le président de la République fût élu au suffrage universel. Cette fois, il ne suffit pas de dire que les libertés ont été rétablies ou établies par le général de Gaulle. C'est au nom de cette liberté-là que vous êtes aujourd'hui candidat, Monsieur Mitterrand. Et elle n'a pas été seulement, comme les autres, établie sans vous : elle a été établie malgré vous. En octobre 1962, au congrès des maires de la Nièvre, vous déclariez que l'élection du président de la République par tous les citoyens dépossédait les élus de leurs droits.

Dans le domaine social, il y a eu, depuis vingt ans, deux décisions capitales : les nationalisations, la Sécurité sociale. Qui les a prises ?

Dans le domaine de justice humaine le plus dramatique depuis la guerre de 1940, celui de la décolonisation, le système auquel vous apparteniez était à la veille de faire de l'Afrique noire une immense Indochine — en marge de l'Algérie où vous n'aviez su ni faire la guerre, ni faire la paix. La figure qui est aujourd'hui celle de la France depuis Brazzaville jusqu'à Alger — jusqu'à Alger ! — c'est celle de la droite ou de la monarchie, n'est-ce pas ? Et lorsque le président du Sénégal écrit : « De notre point de vue, c'est le général de Gaulle qui a une position socialiste révolutionnaire et ce sont ses adversaires qui ont une position conservatrice, parce que néo-colonialiste », c'est sans doute par respect du pouvoir personnel. Au surplus, le président Senghor ne connaît pas l'Afrique.

Enfin, il est sans doute antirépublicain que, pour la première fois depuis vingt-cinq ans, les soldats français ne se battent plus.

Le général de Gaulle a donc rétabli la République, établi le droit de vote des femmes, l'élection du président de la République au suffrage universel, les nationalisations, la Sécurité sociale, les allocations familiales, les comités d'entreprises ; réussi une décolonisation qui a rendu à la France son visage historique ; résolu le terrible problème algérien, apporté la paix en menant la seule vraie lutte contre la seule droite meurtrière, celle du putsch d'Alger et du Petit Clamart.

Vous, qu'avez-vous fait ?

Vous avez rêvé la gauche. Vous croyez que vous la faites quand vous parlez d'elle. Un ouvrier m'écrivait hier : « Dites bien que si moi je vote pour de Gaulle, c'est parce que avec lui on n'a pas les CRS sur le dos, alors qu'avec Mitterrand, on les avait tout le temps ! » Vous n'êtes pas le défenseur de la justice ; chaque fois qu'elle a été tragiquement en cause, vous n'avez pas existé. Vous n'êtes pas le défenseur des libertés individuelles, qui ne sont nullement menacées. Vous n'êtes pas le défenseur de l'indépendance nationale.

Puisque vous ne symbolisez en rien une véritable action de la gauche, puisque vous ne symbolisez pas la République, et puisque, néanmoins, vous symbolisez incontestablement quelque chose, que symbolisez-vous ?

D'abord, le mélange de désir émouvant et d'inévitable démagogie qu'implique l'éternelle intention politique, opposée à l'action politique. Il est plus facile d'accorder les électeurs sur le désir d'aller au ciel, que de leur donner les moyens d'y aller. Vous croyez d'instinct que les écrasants obstacles de l'histoire ont une solution parlementaire. Vous dites : « Si je suis élu, je dissous l'Assemblée, et je gouverne avec la majorité que dégageront les élections. » Bien. Vous espérez que cette majorité sera formée de voix semblables à celles que vous venez de rassembler. Supposons-le. Mais moins de la moitié de vos voix sont pour l'Europe intégrée, c'est-à-dire américaine ; plus de la moitié, communiste, est contre. Il s'agit d'une question capitale, non d'un point de détail. Qu'y changera votre jeu parlementaire ? Couperez-vous la France en deux ? Ou en quatre, car vous êtes le candidat unique de quatre gauches — dont l'extrême droite.

Depuis que je vous écoute à la télévision, je m'aperçois que tous les problèmes que le général de Gaulle a posés comme des problèmes d'histoire, vous espérez les résoudre par des combinaisons, par des « contrats loyaux » (il y a des contrats déloyaux ?) avec tel ou tel parti. Mais la gauche de Jaurès, ce n'était pas une combinaison. Le choix auquel est appelé le pays, et qui n'est nullement entre la droite et la gauche, est entre un homme de l'histoire et les politiciens.

Je n'ai rien contre les politiciens. Ils ne sont pas particuliers à la IVe République. Ils ont peu changé depuis la Grèce. En gros, ils forment, depuis des siècles, un club de négociateurs. Aux objectifs historiques — donc à long terme — ils substituent toujours l'objectif immédiat, c'est-à-dire, dans les temps modernes, électoral. Le gouvernement que M. Mitterrand nous promet, c'est de l'histoire fiction, comme il y a la science-fiction. Qu'est-ce que cette politique de gauche qui n'ose pas prononcer les mots « classe ouvrière » ; qu'est-ce que cette autorité que s'arroge M. Mitterrand sur le parti communiste ? Mais s'il avait la moindre autorité, le parti communiste ne le soutiendrait pas, les chefs des autres partis, pas davantage ! Dans ce cache-cache où chacun attend l'autre au coin d'un bois, M. Mitterrand a le choix entre Daladier et Kerensky. Il n'y a pas d'union des gauches, le peuple entier le sait, et les politiciens le proclameraient dès que le pouvoir serait atteint : l'objet réel de l'union, c'est l'élection. Je ne veux pas parler ici d'intérêt, mais d'une réalité historique plus profonde, que j'appellerai le compromis comme moyen naturel de gouvernement. La fin de la IIIe République en fut l'expression la plus dramatique, et la IVe, l'expression la plus pitoyable. Lorsque, avant la guerre de 1940, il fallut concilier les défenseurs des divisions cuirassées et ceux des armes traditionnelles, on mit un demi soldat dans un demi char — et le résultat ne se fit pas attendre. Cette conception du gouvernement n'a jamais résisté au danger de la patrie, depuis la Convention jusqu'à Clemenceau ; elle ne résiste pas davantage à la transformation sans précédent de la civilisation, à laquelle sont confrontés les États modernes. Mais elle a conservé sa valeur électorale, parce qu'un programme commun concerne ce qu'on fera, non ce qu'on fait. Le génie du politicien, c'est de contourner l'obstacle. D'où sa singulière incapacité — on l'a vu en 1940 — à faire face au drame. D'où la nécessité où sont les politiciens d'inventer un monde imaginaire dans lequel les obstacles réels — le sous-développement, les autres nations, la misère, la transformation sans précédent du monde — sont remplacés par un seul adversaire : l'adversaire politique, transformé en diable. La religion des États totalitaires, c'est le manichéisme épique : celle des politiciens, depuis bien longtemps, c'est le manichéisme électoral.

C'est pour cela, et nullement par hasard, que M. Mitterrand a suggéré que le gouvernement avait truqué les urnes des Comores, et donné à ces îles le poids de cinq départements métropolitains (les plus petits) qui totalisent 384 000 électeurs, alors que les Comores en ont 113 000. Ce qu'il devrait savoir mieux que moi, puisqu'il a été ministre de la France d'outre-mer. Mais il ne s'agit plus aujourd'hui que du nombre des votes gaullistes.

C'est pour cela qu'il faut flétrir la carence de notre Éducation nationale dont le gouvernement a doublé le budget, et pour laquelle les onze gouvernements auxquels appartint M. Mitterrand n'avaient rien fait.

C'est pour cela qu'il faut dire, avec une belle énergie : « Je rétablirai les relations avec le Marché commun agricole ! » Alors que ces relations ne sont pas rompues ; que si le président de la République avait été élu le 5, une conférence aurait sans doute déjà eu lieu en Italie. Alors que si la France n'avait pas exigé que l'agriculture fût inscrite dans le développement de l'Europe, l'agriculture n'y aurait sans doute jamais été inscrite; alors qu'aucun agriculteur, vendeur de ses produits, n'accepterait de passer avec son acheteur un contrat dont l'acheteur pourrait modifier les conditions sans son accord.

C'est pour cela qu'il faut feindre de ne pas comprendre que le général de Gaulle a dit avant-hier « assurances sociales » pour « Sécurité sociale », et affirmer qu'il se prévaut de ce qui fut fait en 1930.

C'est pour cela qu'il faut dire que le général de Gaulle n'a pas de politique étrangère, et répéter comme un refrain : « Cette politique a échoué ; alors, on en a essayé une autre. » Fasse la chance, Monsieur Mitterrand, que vous trouviez une politique étrangère si mauvaise, qu'elle rende à la France la place qu'elle avait perdue depuis trente ans !

C'est pour cela qu'il faut dire que nous avons joué la Chine contre la Russie. N'ayant pas « joué » la Chine du tout, nous n'avons eu à la jouer contre per sonne. Le général de Gaulle a décidé que la France faisait sa diplomatie elle-même. Or, n'avoir pas droit à sa propre politique étrangère, c'est la définition même des États satellites.

Cette semaine, la politique étrangère de M. Mitterrand, c'est la conciliation de celle du MRP, des socialistes et des communistes. Comme une si singulière conciliation n'est possible que pour une politique future, une politique qu'on ne fait pas, la conclusion prudente est qu'« il faut garder les anciens alliés et en conquérir de nouveaux ». Quelle différence, alors, avec ce que tente le général de Gaulle ? M. Mitterrand dit qu'il sera plus aimable. Peut-être... Peut-être, aussi, moins respecté. Et que de bruit pour un sourire ?

C'est pour cela qu'il faut dire que le plan de stabilisation a pour but la stagnation, alors qu'il a évidemment pour but la garantie de l'expansion.

C'est pour cela qu'il faut placarder dans le métro — ce que M. Mitterrand ne fait pas, mais d'autres le font à son profit, même s'il le réprouve, ce que je souhaite : « Si votre grand-père a soixante-quinze ans, lui confiez-vous vos affaires ? » Bon. Mais si vos enfants sont malades, les confiez-vous au docteur Schweitzer, ou à un médecin de quarante-neuf ans — qui a déjà tué onze malades ?

C'est pour cela qu'il faut parler du pouvoir personnel, en confondant soigneusement l'autorité que la transformation des sociétés exige, aux États-Unis comme en Union soviétique, comme en Chine, avec les pires souvenirs de la monarchie. Le général de Gaulle a déjà été Napoléon III. S'il devenait Louis XV ? ou XIV, XIII, XII, XI... Stop : surtout, pas Louis IX. Le chef fasciste d'avant-hier, le plébiscitaire d'hier est en ballottage, ce qui arrivait tous les matins, n'est-ce pas, à Hitler et à Napoléon III ? Passons, passons... Et M. Mitterrand, l'œil durement fixé sur le pauvre objectif ahuri de la caméra, nous dit, comme l'héroïque victime devant l'éternel bourreau : « À la volonté d'un seul homme, nous opposerons la volonté nationale ! » avec l'accent des hommes de 89 proclamant les droits de l'homme — au moment même où il fait appel à cette volonté nationale grâce à un scrutin apporté par cet homme — et qui peut dimanche, l'écarter en un jour.

C'est une manœuvre enfantine, mais facile à analyser, que de jouer sur le sens des mots « pouvoir personnel », quand on a fait soi-même, onze fois — dont une au côté d'un homme de la valeur de Mendès France —, l'expression de l'impuissance impersonnelle. Résumons. Il s'agit de savoir où la France peut trouver la meilleure voie de son action, les meilleurs instruments de son destin.

Il y a d'un côté un fait historique. Accidentel, soit, puisque le général de Gaulle aurait pu être tué avant 1958, ou au Petit Clamart. Un homme, chargé pour le monde entier de l'honneur que donne le souvenir de la plus grande fermeté dans le plus grand malheur, et uniquement soucieux du destin de la nation, a reçu des Français, depuis sept ans, la charge de ce destin. Il peut l'assumer encore, avec sa gloire et ses faiblesses. Tout ne va pas bien pour tous, loin de là. Et il ne s'agit pas de savoir si les choses continueront ainsi, il s'agit de savoir comment elles changeront. Il s'agit de l'avenir. Si je ne me souviens pas que le général de Gaulle, en 1958, ait quémandé les voix des députés, je me souviens qu'il m'a dit, assez tristement, à l'hôtel Lapérouse : « Et peut-être aurai-je la chance de revoir une jeunesse française... » Cet homme a fait ce que personne, depuis bien longtemps, n'avait fait dans une démocratie : il a osé maintenir un plan d'austérité, au temps même de l'élection suprême, parce qu'il le jugeait nécessaire à la nation.

En face, il y a des hommes de bonne volonté (laissons les autres) dont aucun ne peut disposer, ni chez nous, ni dans le monde, de la puissance d'arbitrage du général de Gaulle, parce que cette puissance ne se limite pas à celle d'une personne. Il ne s'agit pas d'un pouvoir personnel, mais d'un pouvoir historique.

Ce pouvoir est au service de la France, et nous pensons qu'elle aurait tort de s'en priver. Il y a un dialogue — bon ou mauvais — entre les États-Unis, l'Union soviétique et le général de Gaulle ; pour Mao Tsé-toung comme hier pour Nehru, la France, c'est la Révolution et le général de Gaulle. Il y a un dialogue — bon ou mauvais — entre la droite, la gauche et le général de Gaulle, parce qu'elles savent qu'il n'appartient ni à l'une ni à l'autre. Son successeur fera de son mieux, mais il ne sera son successeur dans le destin de la France, que s'il échappe à l'uni vers où l'on confond les compromis avec les décisions, les intentions avec l'action, la France que l'on souhaite ou que l'on rêve, avec la France que l'on fait.

Or, le gouvernement qu'envisage M. Mitterrand, c'est déjà le compromis. Non la conjugaison de tendances parentes : le compromis fondamental. Ses vingt-huit options ne forment pas une politique, mais un catalogue d'intentions. Il n'est pas le successeur du général de Gaulle : il est son prédécesseur. Il s'agit de choisir entre un homme de l'histoire, qui a assumé la France et que la France ne retrouvera pas demain, et les politiciens, que l'on retrouve toujours.

J'ai terminé. Quelques-uns d'entre vous connaissent la lettre que Bernanos écrivit à ses amis en 1942 : « Ne vous tourmentez donc pas, la France a inventé Jeanne d'Arc, elle a inventé Saint-Just, elle a inventé Clemenceau, elle n'a pas fini d'en inventer ! C'est son affaire ! »

La nôtre, ce serait d'empêcher qu'on les brûle !...

André Malraux - Discours Palais des Sports à Paris
15 décembre 1965

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Bridget



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MessageSujet: Re: Présidentielle 2012    Jeu 3 Nov - 0:25




jeudi, 03 novembre 2011 Google célèbre le 110ème anniversaire de André Malraux






doodle-google-110eme-anniversaire-andre-malraux.jpg


ANDRÉ MALRAUX


André Malraux est né le 3 novembre 1901 à Paris et mort le 23 novembre 1976 à Créteil (Val-de-Marne). Il était écrivain, homme d'action, homme politique et intellectuel français. Il a reçu le prix Goncourt en 1933 pour La Condition humaine. Il a aussi été un militaire en commandant l'escadrille España en 1936-37 et commandant de la brigade Alsace-Lorraine en 1944-45. Pour terminer il a été le ministre de la Culture du général de Gaulle dans les années 1960.









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liliane
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MessageSujet: Re: Présidentielle 2012    Mar 8 Nov - 16:14

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MessageSujet: Re: Présidentielle 2012    Mar 14 Fév - 18:14

En 2012, faut pas que Sarkommence,
Mais faut pas croire non plus Hollandemains qui chantent.
Pas Lepen de se faire mal, mais surtout ne Mélanchons pas tout
sinon c'est la Bayroute annoncée !
Ah ! Eva être Joly l'année 2012.. !
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MessageSujet: Re: Présidentielle 2012    Sam 25 Fév - 14:46

400 suicides par an dans un Secteur d'Entrepreneurs en France !?

De quel Ministère dépend une telle pression à risque?

Du Ministère des Finances? non, pas encore, c'est trop tôt.

Du Ministère de la Culture? non. sont pas fous à ce point là.

Du Minstère des Transports? Ah ! peu être avec tous ces exés de vitesse .

Du Ministère des Armées ? Ah non . Silence habituel.

Du Ministère de la Jeunesse et des Sports ? Trés loin de là.

çà y est : du Ministère de la Santé ( ces coordonniers, toujours mal chaussés !) et non.

Du Ministère de l'Intérieur ? N'en sont pas encore là !

Du Ministère de la Justice ? depuis que Rachida est parti ?! non

Du Ministère de l'écologie ? des Affaires Etrangères,?...de celui de l'Education Nationale ? NON !

Cette lourde mission à gérer est à la charge du Ministre de l'Agriculture ! ! !

C'est ce qu'a déclaré (dans sa récente interwiev chez Mr Ruquier) Bruno Le Maire, Ministre

de l'Agriculture, de la Pêche, de la ruralité, de l'aménagement, du territoire:


" Le nombre de suicide en France, dans le milieu agricole est de quatre cents personnes par an !"

Le nombre d'agriculteurs étant passé de deux millions cinq cents mille dans sa période

faste à quatre cent milles aujourd'hui;

Ayant des attaches familiales dans ce milieu, je n'arrive pas à imaginer qu'une telle information

ne pèse pas son poids dans la balance des "priorités" d'un Chef d'Etat, quel qu'il soit.





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liliane
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MessageSujet: Re: Présidentielle 2012    Sam 25 Fév - 19:06

La France étant devenue un des valets de l'Europe, l'agriculture a été malheureusement sacrifiée et les agriculteurs avec.

De plus les petites exploitations disparaissent au profit des grandes. Qui pourrait résister face non seulement aux 35 heures de travail tous les deux jours, sans trève, mais aussi aux échéances financières imposées par les quota ?
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MessageSujet: Des nouvelles du monde agricole français pour les candidats ...   Dim 26 Fév - 19:24


Dans une émission récente de "C à vous" la belle et fine Alessandra recevait un "contastaire agricole" sérieux qui sortait du bureau de Mr Bruno le Maire , notre Ministre de L'Agriculture :
" ...Dans le Morvan le Préfet vient de signer un arrêté qui demande aux vétérinaires de faire office de médecin traitant auprés des agriculteurs !" je cite.

Sur Antenne Mardi le 28 Février dans l'émission INFRA-ROUGE : "Les Fils de la Terre" le réalisateur Edouard Bergeron propose le quotidien de quatre générations de paysan du Lot ; l'un d'entre eux d'aprés l'extrait présenté, gagne 180E par mois pour dix huit heures de travail par jour. Il annonce aussi le nombre de suicides pour ce début d'année 2012, huit cent...
le rendez-vous est à 22h50
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MessageSujet: Re: Présidentielle 2012    Jeu 1 Mar - 10:05

Pour en revenir au discours d'André Malraux juste avant le 2ème tour des présidentielles 1965.

En 1965, j'avais 19 ans et j'effectuais mon service militaire. A 19 ans, on n'avait pas encore le droit de vote (qui était à 21 ans), mais je m'intéressais un peu à la politique, et comme presque toute la jeunesse de cette époque, j'étais de gauche (gauche signifiait surtout proche du parti communiste PCF ou maoiste - communiste pro-chinois - , car les socialistes - la SFIO - avait un poids électoral négligeable et entre deux il existait le PSU, plus à gauche que la SFIO mais également peu représentatif).

Néanmoins, De Gaulle me fascinait par sa prestance, sa politique étrangère indépendante, même si socialement il s'appuyait sur une partie de la droite (bien que là aussi il existait une frange de la droite, Lecanuet par exemple, un centriste qui était farouchement anti gaulliste par pro américanisme libéral, sans compter la droite extrême nostalgique de l'Algérie française). A l'époque, évidemment je souhaitais la victoire de Mitterrand, et pourtant j'étais quand même assez content que De Gaulle ait remporté l'élection.

Le plus curieux, c'est que Mitterrand a été, si on peut dire, le plus gaullien des présidents qui ont succédé à De Gaulle, avec la même politique étrangère indépendante et la sauvegarde des institutions de la 5ème république.

Il nous faudrait un nouveau De Gaulle pour remplacer tous les clowns actuels, pour la première fois je vais vers le vote blanc... scratch
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liliane
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MessageSujet: Re: Présidentielle 2012    Jeu 1 Mar - 11:43

Je crois que tous ceux de notre génération, qui ont eu la chance de connaître des présidents de la classe d'un De Gaulle, ne peuvent cautionner les actuels rigolos qui ambitionnent le titre suprême.

J'ai le même parcours que vous, et même que j'ai participé aux événements de mai 1968 faisant mes études à Paris à ce moment là.

Par contre, le vote blanc est pour moi devenu la seule alternative depuis que j'ai voté en 1981 et que j'ai alors compris les arcanes de la politique.

Il serait temps d'ailleurs que le vote blanc soit comptabilisé, mais qui osera l'officialiser ?
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MessageSujet: Re: Présidentielle 2012    Mer 7 Mar - 13:18

Artistes et politiques, duo "gagnant-gagnant" ou "perdant-perdant" ?


Mireille Mathieu ou Johnny Hallyday aux côtés de Nicolas Sarkozy, marié à Carla Bruni. Michel Piccoli, Denis Podalydès, Yannick Noah ou Benjamin Biolay soutenant François Hollande : entre idéologie et business, artistes et politiques continuent de s'allier pour le meilleur et pour le pire

Un sondage paru mercredi montre pourtant que 71% des Français considèrent ce soutien artistique à un candidat à l'élection présidentielle comme "plutôt une mauvaise chose" pour l'artiste. Pour 47% (contre 44%) en revanche, ce soutien est "plutôt une bonne chose" pour le candidat.

Car si ce pacte n'influence pas le vote des électeurs, selon plusieurs études, entre les deux parties continue de se jouer "un échange croisé de capital de notoriété qui a valeur de supplément d'âme pour l'homme politique", analyse Arnaud Mercier, politologue et professeur en communication à l'université de Lorraine.

"Un usage spectaculaire de la culture", commente Nicolas Romeas, directeur de la revue culturelle Cassandre/Hors-Champ pour lequel "face à l'incapacité des politiques à comprendre les enjeux profonds de la culture, une telle relation est, au mieux, une alliance pervertie".

Au soir de sa victoire présidentielle en 2007, Nicolas Sarkozy est apparu place de la Concorde aux côtés d'une brochette de people et de chanteurs "de la génération de son électorat le plus fort", dit M. Mercier. Mais, "comparé à l'époque de François Mitterrand, lorsqu'un Jack Lang ou un Pierre Bergé apportaient tous leurs réseaux, peu d'artistes s'engagent publiquement aujourd'hui".

Dinosaure, petit prince


Quand un acteur ou un chanteur prend parti, c'est souvent un "dinosaure comme Michel Piccoli", qui a récemment apporté son soutien à François Hollande tout comme Yannick Noah, l'une des personnalités préférées des Français, ou quelqu'un qui ne mesure pas toujours l'impact de son engagement, souligne le politologue.

Le "petit prince du raï" Faudel en a fait les frais. Trois ans après avoir apporté son soutien à Nicolas Sarkozy en 2007 - qui le présente alors comme un modèle d'intégration - il a perdu son public, sa réputation, et a dit en 2010 sa déception d'avoir été "l'Arabe de service" et "cru au Père Noël".

"Un perdant-perdant" dont la trajectoire "a été interprétée par le public comme par le monde artistique, traditionnellement plus ancré à gauche, comme une double trahison", analyse M. Mercier.

"Tout le contraire d'un Johnny Hallyday, qui n'a rien à perdre à afficher son soutien à Sarkozy qui passe son temps à répéter que c'est son chanteur préféré. Gagnant-gagnant. Chacun apporte à l'autre sa notoriété, une fidélité de goûts et de valeurs".

Le pacte entre artistes et politiques tourne parfois au vrai mariage : "Carla Bruni n'a pas seulement épousé la cause de Nicolas Sarkozy, elle a épousé l'homme et sur le plan artistique, ça l'a plutôt desservie", juge le politologue, évoquant la réponse artistique d'un autre chanteur, Oldelaf, à la première dame de France : "tu nous as trahis Carla Bruni".

Pourtant, avec les réseaux sociaux et internet, les artistes n'ont besoin de personne pour exprimer leurs idées politiques : Mathieu Kassovitz s'y attèle depuis quelques temps sur twitter où il ne cache pas sa haine de l'UMP.

D'autres, comme Omar Sy, protagoniste césarisé du film à très gros succès "Intouchables", préfère ne pas répondre aux sollicitations quelles qu'elles soient : "s'engager publiquement dans une voie politique, c'est une prison. J'y perdrais ma liberté. Le vote est confidentiel et doit le rester", confiait l'acteur dans une récente interview.

http://tempsreel.nouvelobs.com/people/20120307.AFP9654/artistes-et-politiques-duo-gagnant-gagnant-ou-perdant-perdant.html
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MessageSujet: Re: Présidentielle 2012    Mer 7 Mar - 13:53

Oubliez les sondages, les maths donnent Sarkozy gagnant au second tour lol!



ET SI ON S'ELOIGNAIT DES SONDAGES DEUX MINUTES pour s'intéresser à un autre type de prévision du résultat de l'élection présidentielle?

Nous vous parlions déjà en novembre dernier des deux chercheurs d'ElectionScope, qui tentent de donner une estimation du résultat de mai prochain en utilisant deux variables: l'évolution de la popularité du président et du chômage sur un an. Leurs derniers calculs donnent Nicolas Sarkozy l'emportant au second tour avec 50,3% des votes, une tendance qui devrait se confirmer si le chômage ne remonte pas d'ici mai, expliquent-ils à L'Expansion:

«Si le chiffre du chômage était remonté au-dessus de 9,6%, Hollande aurait pu l'emporter, expliquent les deux chercheurs. Mais l'Insee a annoncé un taux de 9,4% le 1er mars. Quoi qu'il advienne, le score sera serré: un 57-43 en faveur de la gauche est totalement exclu.»

Autrement dit, les chercheurs excluent complètement les prévisions des différents instituts de sondages, qui donnent depuis début mars Nicolas Sarkozy entre 41 et 44% au second tour, contre 56% à 59% pour François Hollande. Sur un an, selon les derniers chiffres disponibles, le taux de chômage a légèrement augmenté (de 9,2% à 9,4% en métropole) et la popularité de Nicolas Sarkozy est montée de 2 points, selon l'Ifop.

Ce genre de modèle s’appuie sur un postulat de base, comme nous vous l'expliquions en février 2011: l’élection présidentielle serait essentiellement, selon les termes de Christine Fauvelle-Aymar, maître de conférence en économie à l'université de Tours, «un référendum sur la gestion du parti sortant», dans lequel la situation économique jouerait un grand rôle (comme le reflétait le slogan «It’s the economy, stupid!» –«C'est l'économie qui compte, idiot!»– de la campagne Clinton aux Etats-Unis en 1992).

Bruno Jérôme et Véronique Jérôme-Speziari ont prédit avec succès le résultat des trois dernières élections présidentielles françaises (et américaines). Mais il faut noter que la présidentielle de 2012 n'intervient pas en situation de cohabitation (contrairement à 1995 et 2002) et voit le président sortant se représenter (contrairement à 2007).



http://www.slate.fr/france/51097/formule-mathematique-sarkozy-gagnant



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MessageSujet: Re: Présidentielle 2012    Jeu 8 Mar - 8:57

Le vote PS a du mal à passer le périph

De récentes études soulignent la nouvelle fracture spatiale dans la France urbaine: les métropoles votent à gauche tandis que le «sur-vote» Le Pen culmine dans le pavillonnaire éloigné.

Les Français invisibles se réinvitent dans le débat pré-électoral. Le Monde a publié le 28 février une étude de l’Ifop qui conclut à une surreprésentation des intentions de vote Le Pen dans le grand péri-urbain [PDF], zones situées au-delà d’une trentaine de kilomètres des agglomérations de plus de 200.000 habitants.

Les courbes sont assez impressionnantes: François Hollande, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen sont différemment appréciés en fonction de ce «gradien d’urbanité», c’est-à-dire selon l’éloignement des grandes villes. A mesure qu’on s’éloigne des agglomérations de plus de 200.000 habitants, le candidat PS descend. Sarkozy et Le Pen montent, avec pour la candidate FN un pic atteint à une distance de 30 km-40 km des villes, où elle passe en tête.

Nicolas Sarkozy profite de la même tendance géographique, mais en décalé. C’est à 20 km-30 km que le Président candidat entame une remontée qui culmine à 40 km-50 km, degré d’éloignement où il passe devant Le Pen et est au même niveau que son adversaire PS. Au-delà, les courbes repartent en sens inverse et dans le rural éloigné, on retrouve un rapport de force très favorable au PS, et où le niveau de Marine le Pen est supérieur à celui de Sarkozy.

La France périphérique et le mythe de la classe moyenne

Les spécificités du grand périurbain qu’éclaire l’étude Ifop ne sont pas réellement un scoop. En particulier, les analyses publiées par le géographe Christophe Guilluy insistent depuis plusieurs années sur la recomposition sociospatiale de la France. Son analyse part d’un constat: la question sociale dépasse le cadre de la crise des quartiers sensibles, surmédiatisés, surexposés aussi aux risques sociaux… mais qui ne regroupent que 7% de la population française.

Dans son essai Fractures françaises (les citations qui suivent sont extraites de cet ouvrage), le géographe distingue les métropoles, zones en prise avec la mondialisation des échanges, des personnes, du marché de l’emploi qualifié, de l’offre culturelle de pointe, de la communication, et les zones périphériques.

Alors que les métropoles se sont désindustrialisées et tertiarisées, attirant les emplois les plus qualifiés des services publics et privés, une autre France périphérique faite de petites villes industrielles, de lotissements pavillonnaires péri-urbains et de zones rurales a recomposé le paysage éloigné des grandes agglomérations. «Une France des plans sociaux», pour le géographe qui écrit:

«Loin des villes mondialisées, ce sont les habitants des lieux péri-urbains et ruraux, dont les emplois sont surreprésentés dans la sphère productive, qui subissent le plus les délocalisations.»

Face à l’augmentation du coût du logement en ville, cette population a dû s’éloigner progressivement des centres économiques du pays. Avec aussi en tête l’idée de fuir un type d’espace qu’elle assimile à un repoussoir absolu, les quartiers sensibles:

«L’étalement urbain et l’accession à la maison individuelle symbolisaient hier l’ascension de la classe moyenne et illustraient une moyennisation de la société française sur laquelle reposait la cohésion nationale. Aujourd’hui, la poursuite de ce développement urbain révèle au contraire une société divisée où le séparatisme aiguillonne le projet de vie des ménages, y compris modestes.»

Pour Guilluy, cet éloignement géographique s’est doublé d’une disparition médiatique des classes populaires résidant dans ces zones périphériques. Le géographe attribue cet «oubli» à la persistance d’un mythe, celui de l’accession à la propriété en zone pavillonnaire qui équivaudrait à une appartenance aux classes moyennes.

Or les taux de ménages pauvres, le chômage, la précarité indiquent plutôt que la France périurbaine, majoritairement composée d’employés et d’ouvriers, se range dans la catégorie populaire, celle qui gagne autour du smic. Une réalité que masque l’image associée au pavillonnaire:

«La maison apparaît aussi comme la garantie symbolique de continuer à faire partie d’une classe moyenne mythique qui se construit en opposition aux banlieues.»

D’où le succès du Front national qu’observe l’Ifop. L’institut a d’ailleurs interrogé ces grands péri-urbains sur quelques «marqueurs» clé du positionnement politique:

«C’est dans le rayon de 40 km à 50 km, où le sur-vote FN est maximum, que l’adhésion au rétablissement de la peine de mort ou à l’idée qu’il y a trop d’immigrés en France est la plus répandue.»

Des métropolitains qui survotent à gauche

Récemment, une note de Fabien Escalona et Mathieu Vieira, deux chercheurs en sciences politiques, publiée par la fondation Jean-Jaurès, analysait le sur-vote PS des grandes villes. Une étude qui illustre parfaitement en miroir les conclusions de l’Ifop sur les tendances du périurbain:

«Notre objectif est d’illustrer de façon originale la recomposition de l’électorat socialiste et sa dissociation de l’électorat populaire, au prisme des évolutions du vote PS dans les idéopôles français sur ces quinze dernières années. Par “idéopôles”, nous désignons des métropoles concentrant les activités et les groupes sociaux typiques de l’économie post-industrielle et de la mondialisation.»

Inspirées des travaux de Richard Florida sur la creative class, les idéopôles, zones où «l’ethos tend à être libertaire et bohême», regroupent l’essentiel des travailleurs diplômés de l’économie de la connaissance. Où trouve-t-on ces réservoirs à bobos?

Les chercheurs isolent neuf villes grâce à un indice d’idéopôle: Paris, Lyon, Toulouse, Montpellier, Strasbourg, Grenoble, Nantes, Lille et Aix-en-Provence ont les meilleurs scores. Viennent ensuite Bordeaux et Rennes, considérées comme des idéopôles secondaires.

L’hypothèse testée par les chercheurs «consiste en l’affirmation d’un déplacement géographique de la dynamique électorale du PS» vers ces idéopôles. Or le PS administre huit de ces neufs idéopoles. Les scrutins présidentiels montrent quant à eux une progression forte du PS en 2007 avec un survote de 6 points au premier tour, soit deux points de plus que la différence entre la France entière et les grandes villes. Au second tour, la candidate Royal obtenait un score de 52,41% dans les idéopôles, soit 5,5 points de plus que sa moyenne nationale.

Deux «communautés de destin»

Les auteurs, qui font d'ailleurs référence aux travaux de Christophe Guilluy, concluent leur note de la sorte:

«Idéopôles et “France périphérique” se situent de part et d’autre d’une ligne de démarcation sociale et culturelle, mettant aux prises deux “communautés de destin” antagonistes, autrement dit deux sortes d’identités collectives fondées sur des intérêts matériels et des orientations idéologiques différents, auxquelles il n’est guère aisé d’apporter une satisfaction identique au sein d’un même récit politique national.»

Le constat de Christophe Guilluy est similaire, en particulier sur deux aspects de cette identité collective: le rapport à la mobilité et au multiculturalisme. Deux valeurs auxquelles les métropolitains se réfèrent volontiers quand elles sont source d’inquiétude voire de rejet de l’autre côté des périphériques…

Fréquemment promues comme des valeurs positives dans les discours médiatiques, ces odes à la modernité masqueraient un goût prononcé pour le séparatisme social. La chose semble évidente quand on aborde la question du péri-urbain. Le penchant vers le FN en atteste. Moins consensuelle, l’analyse que fait le géographe du séparatisme urbain est plus subtile.

Ses recherches insistent sur le fait que les populations aisées des métropoles valorisent un vivre ensemble social et culturel, tout en s’en préservant par diverses stratégies: logement, scolarité des enfants, niveau de diplôme permettent de garder un œil bienveillant sur la société multicuturelle tout en préservant de fortes barrières sociales dans des quartiers à la population en apparence mixte.

Deux mobilités

L’autre différence notable entre le monde métropolitain et la périphérie réside dans le rapport à la mobilité. Mobiles par obligation car éloignés des centres économiques, les périurbains paient le coût de leur volonté de séparation.

Un modèle sédentaire éloigné du bougisme métropolitain s’impose ainsi dans le péri-urbain, modèle qui «apparaît même comme une antithèse du paradigme métropolitain. Il passe non seulement par la maison individuelle, mais aussi par un rapport différent à la mobilité. Le dogme de la mobilité, de la “ville en mouvement”, du nomadisme, qui structure le modèle métropolitain s’écrase ici sur la réalité sociale de la France périphérique», écrit Christophe Guilluy.

Difficile donc pour un PS de faire la synthèse d’aspirations si antagonistes. Comme le concluent les auteurs de la note de la fondation Jean-Jaurès, «si la pénétration réussie dans les idéopôles français s’accompagne d’un phénomène inverse dans la “France périphérique”, alors les socialistes français risquent une véritable déconvenue en cas de forte participation électorale au prochain scrutin national».

Ces études donnent avant tout une idée des aspirations majoritaires par types d'électorat en fonction de zones géographiques. Et tout dépend évidemment des populations qu'on associe aux notions fluctuantes d'urbains et de périurbains...

Pour l'Ifop, le grand périurbain représenterait un peu moins de 30% de la population, environ le même poids que les urbains des agglomérations de plus de 200.000 habitants. Christophe Guilluy estime que la France périphérique est majoritaire. Ce dernier agrège cependant dans cette catégorie périurbains, ruraux et habitants des petites villes industrielles.

Jean-Laurent Cassely

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MessageSujet: Re: Présidentielle 2012    Lun 16 Avr - 10:57

LES VRAIS CHIFFRES DE PARTICIPANTS AUX MEETINGS DES CANDIDATS DU 15 AVRIL



Le chef du service de communication de la Préfecture de Police de Paris a indiqué que toute manifestation politique syndicale ou sportive faisait l’objet d’un comptage et d’une estimation par les services de la préfecture de police. Il nous a orientés vers le service en charge ce comptage afin d’obtenir les évaluations de la Préfecture de Police de Paris pour ces deux manifestations.

En ce qui concerne le meeting socialiste de Vincennes les organisateurs ont annoncé la participation d’environ 100 000 personnes. L’estimation de la police est de 67 000 participants.

En ce qui concerne meeting Nicolas Sarkozy place de la Concorde les annonces des organisateurs sont de 100 000 participants en début du meeting à 150 000 à la fin. L´estimation de la police est de 118 000 participants.


Interrogé sur la fiabilité de ces chiffres, le fonctionnaire de la Préfecture de Police nous a indiqué que dans ce type de manifestation, statique, dans un lieu dégagé, leurs chiffres sont fiables à plus de 95%.

En conclusion si ces deux meetings ont rencontré un fort succès populaire il est indéniable que le vainqueur en termes de participation est Nicolas Sarkozy. Rendez-vous le 22 avril pour savoir si à sept jour du premier tour nous assistons un renversement de la situation en faveur de Nicolas Sarkozy.


Joseph Rosch – JSSNews
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MessageSujet: Re: Présidentielle 2012    Lun 23 Avr - 10:03

PREMIER TOUR DES ELECTIONS PRESIDENTIELLES

RESULTATS DEFINITIFS

François Hollande : 28,63%
Nicolas Sarkozy : 27,18%
Marine Le Pen : 17,90%
Jean-Luc Mélenchon : 11,11%
François Bayrou : 9,13%
Eva Joly : 2,31%
Nicolas Dupont-Aignan : 1,79%
Philippe Poutou : 1,15%
Nathalie Arthaud : 0,56%
Jacques Cheminade : 0,25%

Source : Ministère de l'intérieur
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Présidentielle 2012

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