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 DANIEL DAY-LEWIS

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Bridget



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MessageSujet: DANIEL DAY-LEWIS   Lun 18 Juil - 19:57

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DANIEL DAY-LEWIS





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Parlez de ce fantastique acteur qu'est Daniel Day-Lewis à un VIP du milieu du cinéma, et il vous dira aussitôt qu'il est fou.

Tout ça parce qu'il ne réagit pas comme les autres. Qu'il éprouve une empathie pathologique pour ses personnages jusqu'à, comme Robert de Niro autrefois, vivre ce qu'ils vivent pour mieux se glisser dans leur peau. Et qu'en dépit de ses succès (My beautiful Laundrette, My left foot, Au nom du père, Le dernier des Mohicans, Le temps de l'innocence, Gangs of New York, The boxer...), il s'est permis de refuser nombre de grands rôles pour mieux disparaître.


Un jour, on l'a retrouvé cordonnier dans une petite ville d'Italie. Ou ailleurs. Avant de revenir dans les studios sans explication. Il n'en faut pas davantage pour se faire une réputation de timbré.
Se doutent-ils seulement que c'est ce léger grain de folie, saisissant à travers l'étrangeté d'un regard ou l'excentricité d'un comportement, qui souvent distingue les meilleurs comédiens ?



Fils de Cecil Day-Lewis


Le beau portrait qu'Ondine Millot lui a consacré  dans Libération  ( 2006) le dit très bien. Il permet pour une fois de mieux comprendre l'acteur, il donne la clef de sa personnalité car il met le doigt là où ça fait mal  : son père, le grand poète Cecil Day-Lewis avec lequel il a toujours eu des rapports plus complexes qu'avec son beau-père, le dramaturge Arthur Miller, en raison de sa difficulté à communiquer avec son entourage proche.

Le portrait rappelle notamment qu'en 1989, soit dix sept ans après la mort de son géniteur, alors qu'il jouait Hamlet, Daniel Day-Lewis s'est soudainement enfui du théâtre pendant la scène où apparaît justement le fantôme du père : il voyait le sien qui lui parlait et lui disait des choses insupportables...



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Cecil Day-Lewis





Cecil Day-Lewis avait célébré la naissance de son fils Daniel le 29 avril 1957 en écrivant le poème Le nouveau-né ; à propos de l'arrivée de "ce petit bout de glaise", il y est autant question de soleil et de floraison que de douleur et de trahison. Un peu lourd à porter aux yeux du monde. Un autre de ses poèmes s'adresse à ses enfants : "Pardonnez-vous, mes enfants, de ne pas avoir su saisir mes moments d'ouverture."  



Terrible... On conçoit que pour Daniel Day-Lewis,Daylewis  il fut autre chose que le subtil traducteur de l'Eneide, des Géorgiques et du Cimetière marin, l'ami de Auden et de Spender, ou encore le Poète-Lauréat de 1968.

Ces mots qu'il cite de mémoire me font penser aux derniers vers de A failure / Echec, (traduction Cl.Mouchard), le seul des poèmes de son père recueilli dans la récente et remarquable Anthologie bilingue de la poésie anglaise de la Pléiade :

   "La rouge avancée de la vie/ Contracte l'orgueil, fait appel au sang commun,/ Bat le chant en une lame unique,/ Fait du chagrin une grenade sous-marine.

   Va donc avec de nouveaux désirs,/ Car là où jusqu'alors nous bâtissions et aimions/ Est un no man's land, et seuls les fantômes peuvent vivre/ Entre deux feux."



http://passouline.blog.lemonde.fr/2006/02/14/2006_02_fils_de_cecil_d/





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Dernière édition par Bridget le Sam 29 Aoû - 12:41, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: DANIEL DAY-LEWIS   Lun 18 Juil - 21:39




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BIOGRAPHIE - FILMOGRAPHIE






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Né le 29 avril 1957, à Londres, d'une famille d'artistes (son père était le poète Cecil Day-Lewis et son grand-père était le directeur des studios de cinéma Ealing), Daniel Michael Blake Day-Lewis étudie l'art dramatique à la Bristol Old Vic School, puis effectue ses débuts au cinéma à l'âge de 14 ans (et sans que son nom apparaisse au générique) dans Un dimanche comme les autres, avec Murray Head, dans le rôle d'un jeune voyou.



Pendant la décennie suivante, Day-Lewis délaisse pourtant totalement le cinéma pour se consacrer à la scène, toujours au sein de la Bristol Old Vic et de la Royal Shakespeare Company. Il retrouvera le chemin des studios en 1982, pour un petit rôle dans la superproduction de Richard Attenborough, Ghandi. On le voit, toujours la même année (1982), à la télévision dans "Frost in May" et "How Many Miles to Babylon ?".



Omniprésent au théâtre, ses performances les plus remarquées incluent entre autres "Another Country" (1982-83), "Dracula" (1984), et "Futurists" (1986).


En 1986, Roger Donaldson lui offre son premier vrai second rôle dans Le Bounty, rapidement suivi par un premier rôle dans ce qui devait à l'origine n'être diffusé qu'à la télévision, mais qui sera en fait un triomphe au box-office international, My beautiful laundrette de Stephen Frears.



Avec un charisme qui n'appartient qu'à lui, il incarne un délinquant qui tombe amoureux d'un Pakistanais propriétaire d'un lavomatic.
La hasard fait que son film suivant, le très beau drame en costumes Chambre avec vue, sorte à New York le même jour que le film de Frears, mettant la critique et le public local devant l'évidence d'un réel talent émergeant de la scène londonienne. Son physique sombre et romantique, son implication totale dans ses rôles font alors de lui un acteur extrêmement bien coté.




En 1987, il endosse le rôle principal de L'Insoutenable Légèreté de l'être de Philip Kaufman, au côté de Juliette Binoche et Lena Olin.

Néanmoins, du prétendant amidonné de Chambre avec vue à l'handicapé qui ne peut s'exprimer qu'avec les doigts d'un seul pied dans My left foot, Daniel Day-Lewis marque une nette préférence pour les rôles de composition extrêmes, et n'apparaît jamais dans plus d'un film par an, quand il ne prend pas plusieurs années sabbatiques d'affilée.



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L' Insoutenable Légereté de l'Etre






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Le Temps de l'Innocence de Martin Scorsese 1993




Eclectique, exigeant, on le dit de tempérament imprévisible, aux confins d'une certaine folie, entièrement dévoué aux personnages qu'il choisit d'incarner.


On le découvre musclé et hyper-physique dans Le dernier des Mohicans, d'après le roman de Fenimore Cooper, puis muré dans le secret du Temps de l'inncocence de Scorsese, militant politique irlandais injustement condamné à une longue peine de prison dans Au nom du père, puis prêtre accusé de sorcellerie dans La chasse aux sorcières (une adaptation du roman "Les sorcières de Salem" d'Arthur Miller) et enfin à nouveau activiste irlandais et ex-taulard qui revient à la boxe pour reconquérir son titre dans The boxer.








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Chambre avec vue de James Ivory 1986





En 1990, il obtient l'Oscar du meilleur acteur pour son interprétation du poète irlandais infirme Christy Brown dans My Left Foot de Jim Sheridan, réalisateur qu'il retrouve dans Au nom du père (1993) et The Boxer (1998).



Il collabore également deux fois pour des films d'époque avec Martin Scorsese : en 1993 pour Le Temps de l'innocence où il interprète un aristocrate distingué et mondain dans le New York de 1870, et en 2002 pour Gangs of New York où il campe un inquiétant Bill le Boucher dans le New York de 1863 (à savoir celui des guerres entre communautés immigrés et mafieuses, sur fond d'émeutes anti-conscription Draft Riots), face à Leonardo DiCaprio.



Mais ses deux plus grands rôles au cinéma restent ceux de Nathanael Poe dans l'adaptation cinématographique du chef d'œuvre de Fenimore Cooper par Michael Mann, Le Dernier des Mohicans (1992), où il interprète un européen recueilli dès la naissance par un Mohican,





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Le Dernier des Mohicans  de Michael Mann 1992



et celui de Daniel Plainview, prospecteur de terres meurtrier et violent au temps du Far West dans There Will Be Blood de Paul Thomas Anderson qui lui vaut un nouvel Oscar en 2008.




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There will be blood de Paul Thomasz Anderson




Il va sans dire qu'au cours de sa carrière, Daniel Day-Lewis a accumulé les récompenses : Outre avoir reçu le Prix du Meilleur second rôle par la critique new-yorkaise pour sa prestation sur scène dans "Futurists", Daniel Day-Lewis a reçu l'Oscar du Meilleur acteur pour son rôle dans My left foot, et a été nominé aux Golden Globes pour ce même film.






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An Nom du Père de Jim Sheridan 1994



Il sera à nouveau nominé dans les deux récompenses pour sa prestation dans Au nom du père.





Alors qu'il a abandonné le théâtre depuis la fin des années 80 (après s'être retiré de la production d'"Hamlet" pour cause d'épuisement), c'est un silence de cinq ans qui accompagne ce dernier film : père du deuxième enfant d'Isabelle Adjani, il se retire de la scène et devient cordonnier à Belfast.


Ainsi le veut du moins la légende, qui dit aussi que Martin Scorsese a dû user de tous ses dons de persuasion pour lui faire reprendre le rôle abandonné par Robert De Niro dans Gangs of New York. Celui de Bill the Butcher, terrifiant chef de gang dans le New York misérable de 1863, dont le personnage joué par Leonardo DiCaprio va vouloir à tout prix se venger.





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The Ballad of Jack and Rose de Rebecca Miller 2006






Trois années sabbatiques plus tard, Day-Lewis accepte à nouveau de revenir au cinéma, cette fois-ci pour les beaux yeux de sa réalisatrice de femme, Rebbeca Miller. Il campe aujourd’hui un père célibataire ex-hippie, condamné par la maladie, qui tente d’aménager un avenir à sa fille unique devenue adolescente avec qui il a vécu seul, sur une île, depuis sa naissance dans The Ballad of Jack & Rose.


Quant à nous, on espère le revoir avant trois ans…



Films à venir :  Lincoln de Steven Spielberg


"Daniel Day-Lewis a toujours été considéré comme l'un des plus grands acteurs de tous les temps, de l'époque du muet, à travers l'âge d'or du cinéma et même à une date ultérieure. Je suis reconnaissant et excité que, finalement, nos chemins se croiseront avec "Lincoln"
Steven Speilberg












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MessageSujet: Re: DANIEL DAY-LEWIS   Mar 19 Juil - 0:29


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Cinéma. Auto interview : Daniel Day Lewis

Lunettes noires pour nuits blanches - 07/04/1990 -



Au cours de son interview (en anglais sous-titré français), le comédien Daniel DAY LEWIS raconte comment il a découvert le scénario du film "My left foot" et combien il lui importait de tourner dans ce film.

Il évoque la dernière cérémonie des Oscars où il a obtenu le prix d'interprétation, dit qu'il doit à ses parents son goût pour les arts, s'interroge sur la situation politique en Irlande.




Cinéma. Auto interview : Daniel Day Lewis par ina




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MessageSujet: Re: DANIEL DAY-LEWIS   Mer 20 Juil - 1:10

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LE TEMPS DE L'INNOCENCE



The Age of Innocence USA, 1993

De Martin Scorsese

Scénario : Martin Scorsese et Jay Cocks d’après le roman d’Edith Wharton

Avec Daniel Day-Lewis, Michelle Pfeiffer, Winona Ryder

Photo : Michael Ballhaus Musique : Elmer Bernstein



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Dans le New York de 1870, puritain et élitiste, Newland Archer est sur le point de se fiancer avec la très policée May Welland, dans le but d’unir leurs deux familles. Mais son amour illégitime pour la troublante Comtesse Olenska, décriée par tous pour son anti-conformisme, va ébranler la haute société.




Le film "à costumes" a mauvaise réputation: jeu théâtral des comédiens, dialogues emphatiques, ambiance monotone, mise en scène académique et, pour finir, récompenses abusives aux Oscars.


Le Temps de l’innocence empoigne tous ces clichés pour n’en retenir aucun. Il n’était pourtant pas aisé d’adapter l’une des œuvres les plus respectées du début du siècle, prix Pulitzer en 1921, et jugée par beaucoup de cinéastes comme étant tout simplement impossible à adapter à l’écran.


Comme à son habitude, Scorsese se pose en véritable anthropologue d’une société oubliée. Comme dans Les Affranchis et Casino, et à la manière d’un documentaire, il accompagne les images d’une voix off chaleureuse (Joanne Woodward), et procède ainsi à une étude précise des codes et traditions, à l’aide d’anecdotes bien choisies, avec la perspicacité et l'humour noir qui le caractérisent.







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Ce monde, en apparence paisible, s’avère alors aussi perfide et cruel que celui des mafieux de ses précédents films.

En effet, Le Temps de l’innocence est une histoire violente: "Si les victimes ne sont pas abattues d’un coup de pistolet, elles sont en revanche éliminées socialement.

La pire chose n’est pas la mort, mais l’éradication." C’est d’ailleurs tout ce qui fait la différence entre Newland Archer (Day-Lewis) et la Comtesse Olenska (Pfeiffer). Si Archer conteste les règles en privé, il n’osera jamais s’insurger en public, de peur de se faire expulser à jamais.
C’est dans la lâcheté et le mensonge qu’il préfèrera mener son existence, aux côtés de la très belle mais très superficielle May Welland (Ryder), passant ainsi à côté de l’amour de sa vie.






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Le Temps de l’innocence est une fresque intimiste et sensible, sur une société où les émotions sont cachées, invisibles, refoulées, et où les personnages se voient contraints d’accumuler les actes manqués. Des thèmes que Scorsese connaît bien, comme le sentiment de culpabilité, la répression du désir et l’amour insatisfait, déjà présents dans ses précédents films, en particulier Taxi Driver et La Dernière Tentation du Christ.


Daniel Day-Lewis, en dandy brimé, délivre ici une performance exceptionnelle. D’une sensibilité à fleur de peau, il porte sur ses épaules l’un des personnages du cinéma les plus complexes de ces dix dernières années. Michelle Pfeiffer, avec qui il forme un couple inoubliable mais utopique, obtient le rôle le plus intéressant de sa carrière.




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@Annie Leibovitz




Inspiré par Visconti, Scorsese choisit une mise en scène classique, mais jamais académique.


L’originalité du film vient d’ailleurs. Du montage de Thelma Schoonmaker, audacieux et moderne, naît une énergie euphorisante, une modernité étincelante, qui prouve une fois de plus que le montage a pour but de maltraiter les images et de leur donner un nouveau souffle.


Scorsese ose tous les effets, toutes les transitions. Il épuise la grammaire du cinéma, nous livre une œuvre résolument moderne, et signe son plus beau film.


Peter Dourountzis


http://archive.filmdeculte.com/culte/culte.php?id=59













LE TEMPS DE L'INNONCENCE de MARTIN SCORSESE








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Le jeune avocat Newland Archer appartient à la haute société new-yorkaise qui, en ces années 1870, mêle raffinement européen, puritanisme, hypocrisie, goût de l'intrigue. Son mariage avec l'innocente May Welland va sceller l'union de sa famille avec les puissants Mingott.



Peu après ses fiançailles, il tombe sous le charme d'une des cousines de May, Ellen Olenska, de retour d'Europe où elle a épousé un comte polonais tyrannique dont elle a l'intention de divorcer.


Tant cette décision que le comportement anti-conformiste de la jeune femme effraient son entourage, qui charge Newland de la faire revenir à la raison.

De plus en plus épris d'elle, Newland tente d'oublier cette passion en précipitant son mariage avec May.
De retour de son voyage de noces à Londres et Paris, il retrouve Ellen et lui déclare qu'elle seule lui a fait découvrir la vraie vie et qu'il ne peut en aimer une autre.





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Mais, lui rappelant que c'est lui qui l'a dissuadée de divorcer, elle ne peut désormais l'aimer qu'en s'éloignant de lui. D'autant que son époux veut la rappeler en Europe et a envoyé un émissaire, Rivière, pour la "surveiller". Celui-ci remplit son office tout en exhortant Newland à tout faire pour la retenir. Mais en vain.


May, qui a fini par tout comprendre malgré sa naïveté a rassemblé autour d'elle les forces familiales pour éloigner Ellen. Elle pousse celle-ci à profiter de ses rentes - même diminuées - allouées par Manson Mingott pour partir vivre à Paris, seule, en toute indépendance.

Les années passent. May est morte. Newland part à Paris avec Ted, le fils qu'il a eu d'elle. Ted joue les intermédiaires entre Ellen Olenska et son père. Mais celui-ci a trop peur de retrouver si tard le seul amour de sa vie : au moment du rendez-vous il reste assis au pied de l'immeuble, puis s'en va.






Scène clé






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Dans la dernière séquence, Newland, qui a laissé à son fils le soin de prévenir Ellen de sa présence, regarde la fenêtre de l'appartement de celle-ci. Le soleil joue dans la fenêtre. L'éclair du soleil suscite un flash mental : Newland se revoit au bord de la mer lorsqu'il avait faillir partir avec Ellen si celle-ci s'était retournée vers lui dans le court laps de temps du passage d'un voilier entre un ponton et le phare.


Alors que dans la réalité, Ellen n'avait pas bougé, dans le flash, elle se retourne souriante sur un arrière plan de la mer. Ce pur contentement romanesque est cependant brisé dès la sortie du flash mental. Newland regarde à nouveau la fenêtre qui est fermée par un Rivière vieilli mais toujours probablement l'amant d'Ellen. Une nouvelle fois découragé, Newland s'en va.




Message essentiel



Scorsese pourrait probablement reprendre à son compte la formule de Mallarmé : "L'art rétribue les imperfections de la vie".



Newland, attaché au confort et au raffinement de la société dans laquelle il vit, n'accepterait de partir avec Ellen que si son amour était aussi parfait que les œuvres d'art, tableaux, opéras ou livres, qu'il admire.


Or à chaque rencontre avec Ellen, quelque chose vient le troubler et le faire renoncer. Il ne trouve pas de roses jaunes pour signifier à Ellen son désir d'être son amant.

Lorsqu'il lui avoue son amour dans la maison de campagne, il imagine dans un premier flash mental qu'elle va venir derrière lui et poser ses mains sur son cœur mais, avant que cela ne survienne, le banquier arrive. Il ne veut abandonner son monde que si Ellen se retourne vers lui sur le ponton face à la mer.
Ne trouvant pas dans la vie la perfection qu'il trouve dans l'art, Newland renonce.




A l'inverse de la froideur de Newland, Scorsese n'hésite par à surcharger d'effets de mises en scène ce drame sentimental classique.

Le générique de Saul Bass installe dès l'abord le film dans un idéal de sensualité avec ces éclosions de roses jaunes, oranges et rouges qui se déploient sous un gaz de dentelle. Le fondu sur une fleur jaune que l'actrice qui joue Marguerite du Faust de Gounod jette d'un bouquet de fleurs sur l'avant scène de l'opéra amorce l'installation dans un espace public.


Ce passage de l'espace intime à l'espace public est emblématique de la situation des amants dont l'amour sera détruit par le milieu social. Des zooms rapides en fondu mettent en effet rapidement en scène la venue scandaleuse d'Ellen à l'Opéra.





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N'hésitant pas à faire entendre longuement le beau texte d'Edith Wharton, Scorsese utilise avec maestria les somptueux décors qui lui sont offerts ; la scène du bal n'est pas si éloignée que cela de celle du Guépard, le jardin de fleurs blanches dans lequel Newland retrouve May elle-même vétue de cette couleur offre un contraste saisissant avec les brumes et le feu de la maison de campagne où il a rencontré Ellen.

On citera aussi les fondus au jaune ou au rouge qui séparent certaines scènes.






Source : Jérôme Leauté et Olivier Marie dans Eclipses n°35, juin 2003




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MessageSujet: Re: DANIEL DAY-LEWIS   Mer 27 Juil - 0:38




Daniel Day-Lewis: «On me prend pour un dingue!»





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Il vient de recevoir son deuxième oscar pour le rôle démesuré d'un prospecteur de pétrole
dans le nouveau film de Paul Thomas Anderson qui sort en salle demain. » La critique







» La bande-annonce de «There Will Be Blood»



Une chemiseà larges carreaux rouges et noirs, des boucles d'oreilles de pirate, des tatouages.

Bref, une allure déconcertante entre rocker et bûcheron pour un acteur d'exception.
Après le Golden Globe américain et le Bafta britannique, Daniel Day-Lewis vient de remporter l'oscar du meilleur acteur pour son interprétation fiévreuse, enragée, démente d'un prospecteur de pétrole du début du siècle dernier, animé par la ­haine des autres, obsédé par la réussite et qui deviendra milliardaire dans There Will Be Blood de Paul Thomas Anderson.






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L'acteur anglais, qui avait déjà reçu un oscar en 2000 pour My Left Foot de Jim Sheridan, était récemment de passage à Paris. L'occasion d'évoquer son travail d'acteur avec l'humilité et la sincérité d'un chercheur qui ne cesse de creuser, pour aller au plus près de la vérité, pour nous offrir de l'or, très noir.





LE FIGARO. N'en avez-vous pas assez d'être considéré comme un grand acteur, pas du tout carriériste mais qui récolte un prix pratiquement à chaque film?


Daniel DAY-LEWIS. Ce que vous dites est à la fois délicieux et très embarrassant. (Rire.) Je suis peut-être le meilleur acteur de mon petit village irlandais qui compte 99 fermiers sur 100 habitants ! Le travail est ma vraie récompense. Mais l'enfant qui sommeille en moi et qui n'a jamais reçu de prix est toujours heureux d'en avoir un ! J'étais, je l'avoue, un adolescent voyou et rebelle !



Aviez-vous lu Pétrole ! d'Upton Sinclair, le roman qui est à l'origine du film?


Je me suis d'abord plongé dans le scénario de Paul Thomas Anderson, puis dans le roman qui n'avait pas de rapport véritable avec ce que nous relatons, à l'exception des cent cinquante premières pages décrivant avec moult détails fascinants la vie des mineurs et le forage du pétrole. Dès la lecture du scénario, l'affaire était conclue. Ce personnage de Daniel Plainview, ce pionnier fou, de l'autre côté de l'Atlantique, ne pouvait que m'attirer ! (Rire.)



Pourquoi?


Je n'analyse jamais pourquoi, je suis happé par un rôle. Paul, avec une grande honnêteté, fait l'examen approfondi de la vie de cet homme et du monde dans lequel il évolue. Cela m'a littéralement aspiré.



Quelle est votre méthode?


Mon travail est de mettre de côté toute subjectivité parce qu'il est essentiel de ne porter aucun jugement sur la vie du personnage que j'explore. Il faut être curieux de l'expérience humaine de l'autre, qui, en l'occurrence, est à l'opposé de la mienne !




Quelles recherches avez-vous effectuées ?



Paul Thomas Anderson n'arrivait pas à trouver le financement du film. Il est considéré comme un cinéaste inclassable et moi comme un acteur complètement dingue ! (Rire.) J'ai donc eu plus d'une année pour me préparer. Je me suis notamment inspiré de la voix de John Huston ainsi que de celles de migrants, de fermiers, d'ouvriers de l'Oklahoma dans les années 1920-30, car, à ma connaissance, il n'y a aucun enregistrement audio datant de la fin du XIXe siècle. Le travail d'acteur pourrait se réduire à un acte d'imitation, mais je n'en vois pas l'intérêt.



Simplement, un soupir, une intonation peuvent être la clé qui débloque quelque chose en vous. La voix est une profonde représentation de notre être, c'est une empreinte.




Un tournage difficile?



Pas plus qu'un autre, même si le deuxième jour je me suis brisé une côte. Je suis tombé de l'échelle en descendant dans le puits. La caméra continuait de tourner et le bruit que vous entendez est bel et bien celui de ma chute !

Lorsque je suis remonté, l'équipe m'a offert une banane, je ne sais pas trop pourquoi, je pense que c'était la manifestation d'une panique totale ! Mais encore une fois pour moi, le plaisir est dans le travail.




À bientôt 51 ans, dix-huit films seulement. Pourquoi êtes-vous si rare à l'écran ?




Jouer doit répondre à un pur besoin. Et cela dans tous les domaines de la création. Dans le passé, j'ai beaucoup sculpté le bois. J'aime bâtir, construire, travailler de mes mains, c'est un métier qui demande un effort, au jour le jour.







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Est-ce justement douloureux de sortir d'un tel rôle ?



C'est plus une question de tristesse parce que l'expérience s'est achevée. Heureusement, avec une belle générosité, Paul Thomas Anderson m'a permis de participer à la postproduction du film.


Malgré tout, il y a une part de soi qui s'accroche encore et toujours. Alors, il faut avoir la sagesse de laisser le temps au temps. Quand j'étais plus jeune, j'étais très déstabilisé par le retour à la réalité. Mais maintenant que j'ai fondé une famille, je ne peux pas être absent dans ma propre maison.




Dans nombre de vos films, Le Temps de l'innocence, Gangs of New York, There Will Be Blood, c'est une page de l'histoire de l'Amérique qui est évoquée. Est-ce voulu?



C'est une coïncidence ! Si quelqu'un m'avait demandé d'imaginer ma vie il y a 25 ans, j'aurais répondu : raconter des histoires issues de ma propre expérience, des cultures anglaise et irlandaise.


La possibilité de faire des films en Angleterre était à l'époque très limitée. Mon avenir était uniquement théâtral et travailler en Amérique absolument inimaginable. Le cinéma de Scorsese, le jeu de Robert De Niro que j'admirais étaient pleins d'une énergie, d'une vigueur mystérieuse, bien au-delà de mon horizon. La vie en a décidé autrement !




Aimeriez-vous, à l'image de votre épouse Rebecca Miller qui vous a dirigé dans The Ballad of Jack and Rose, passer à la réalisation ?



Non ! Mais j'adore ses films. Quand je tourne, je prends plaisir à garder les choses secrètes. Comme un chat qui offrirait une souris, There Will Be Blood est le cadeau que je lui fais et qui vient récompenser toute sa patience à mon égard.



.http://www.lefigaro.fr/cinema/2008/02/26/03002-20080226ARTFIG00373-daniel-day-lewis-on-me-prend-pour-un-dingue-.php



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MessageSujet: Re: DANIEL DAY-LEWIS   Dim 16 Sep - 16:05

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Daniel Day-Lewis joue Abraham Lincoln dans LINCOLN, le biopic du président signé Steven Spielberg






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Voici donc le premier trailer du très attendu biopic des dernières années du fameux président des USA, un projet que son réalisateur Steven Spielberg porte en lui depuis plus de dix ans…


C’est Daniel Day-Lewis, habitué à se confondre avec ses rôles, qui a la responsabilité d’endosser le costume d’Abraham Lincoln (1809-1865), tandis que Sally Field joue sa femme et Tommy Lee Jones incarne le leader républicain Thaddeus Stevens.


Si vous êtes attentifs, vous pourrez même repérer Joseph Gordon-Levitt au détour d’un plan, qui interprète le rôle du fils du Président une fois adulte.

Lincoln racontera les luttes du chef d'état dans les dernières années de la Guerre de Sécession, son combat pour imposer l’abolition de l’esclavage et pour tenter d’unir son peuple.
Avant d’être assassiné en 1865, au sortir de la dernière guerre à avoir ensanglanté le sol américain…. « Ne pouvons-nous pas arrêter ce bain de sang ? » supplie Abe dans la dernière réplique du trailer.



Ceci étant posé, cette vidéo est assez majestueuse et intimiste, et annonce au son d’un score composé par le fidèle John Williams un film très théâtral et ambitieux (le script est signé Tony Kushner, l’auteur de la pièce à succès Angels in America et co-auteur du scénario de Munich pour Spielberg).



Lincoln sortira le 16 novembre prochain aux Etats-Unis, et en France le 30 janvier 2013.








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MessageSujet: Re: DANIEL DAY-LEWIS   Jeu 10 Jan - 19:29




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Daniel Day-Lewis aux Oscars ........

et dire qu’il avait d'abord refusé d’incarner Lincoln…






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Steven Spielberg a dévoilé la lettre de refus de Daniel Day-Lewis au réalisateur. A la base, il ne voulait pas incarner Lincoln !


Les fans de Steven Spielberg savent que le cinéaste a bataillé pour obtenir l’accord de Daniel Day-Lewis pour son biopic du 16è président américain.
A Première, il expliquait par exemple avoir planché sur Lincoln depuis 1999 , achetant les droits d’une biographie pas encore écrite pour s’assurer de pouvoir filmer l’histoire qui lui tenait tant à cœur.
Rapidement, il a fait appel au comédien, jugeant qu’il serait le choix idéal pour interpréter cette figure historique, mais Day-Lewis a refusé.

Spielberg a alors approché Liam Neeson, avant que la star se considère trop vieille pour le rôle et que le réalisateur parvienne enfin à convaincre le comédien irlandais... en partie grâce à Leonardo DiCaprio.




Maintenant que le film est tourné et qu’il est le favori des prochains Oscars (12 nominations dont la moitié dans les "grandes" catégories), Steven Spielberg doit être soulagé.
Il a même diffusé, via The Hollywood Reporter, une lettre de refus de l'acteur, reçue au début des années 2000 :



"Cher Steven,

Ce fut un véritable plaisir de discuter avec vous. J’ai écouté avec attention tout ce que vous aviez à dire sur cette histoire irrésistible.
Depuis, j’ai lu votre scénario et découvert tous les détails de ces faits historiques incontournables, ainsi que des portraits empathiques des personnages principaux, qui sont à la fois puissants et émouvants.

Pour me plonger dans un rôle, je dois explorer une autre vie que la mienne. C’est un travail que je ne parviens à effectuer que si le personnage correspond à une attente personnelle ressentie pile au bon moment. Dans le cas de ce biopic, même si je suis fasciné par Abe, ce n'est qu'en tant que spectateur, qui rêve de découvrir une histoire qui le passionne.
Pas en tant qu’interprète.

Voilà exactement ce que je ressens en ce moment. Je ne dis pas que ce sentiment ne va pas évoluer, rien n’est sûr, et je vous encourage à continuer sur cette voie, tout en restant ouvert à toutes les possibilités : ne vous fermez aucune porte.

J’espère que ce que je vous livre a un sens pour vous, Steven. Je suis content que vous tourniez ce film, je vous souhaite d’en avoir la force et je vous envoie mes meilleures pensées, ainsi que toute ma gratitude pour avoir eu l’idée de m’imaginer dans le rôle.





Lors de la sortie du film aux Etats-Unis, en décembre, Steven Spielberg a expliqué à Deadline que l’hésitation de Daniel Day-Lewis avait duré six longues années.

"Quand je lui ai proposé Lincoln, le scénario de Tony Kushner n'existait pas encore. Ce n’était pas non plus un récit tiré du livre de Doris (Kearns Goodwin, l’auteur du roman dont il a acheté les droits avant sa parution, ndlr). C’était un script que j’avais personnellement développé. Et même s’il a décliné ma proposition, je crois qu’il a été marqué par notre rencontre."


Pourquoi le comédien a-t-il fini par changer d’avis ? Toujours d’après Spielberg, les conseils de Leonardo DiCaprio auraient pesé dans la balance. La star a tourné avec Day-Lewis dans Gangs of New York et sous la direction de Steven Spielberg pour Arrête-moi si tu peux.
C’est lui qui aurait décidé l’acteur à accepter l’offre du réalisateur :" Quand il a lu le vrai scénario, celui de Tony Kushner, je pense que ça a joué. Et rien n’aurait été possible sans ce coup de fil de mon ami Leonardo DiCaprio, qui lui a simplement dit : ‘ Tu devrais reconsidérer sa demande. Steven voudrait vraiment que tu acceptes. Il ne sera pas aussi motivé s’il le fait sans toi.'


C’est après cet appel que Daniel a lu le récit de Tony Kushner et le livre de Doris Kearns Goodwin. Il ne l’avait jamais fait avant. Tout est parti de ça. Une fois qu’il a lu les scripts, il pouvait enfin se poser la bonne question : ‘ Suis-je capable d’interpréter ce personnage emblématique d’une telle manière que j’en tirerais des honneurs tout le reste de ma vie ?’."



Spielberg ne s'y est pas trompé : grâce à ce rôle, Daniel Day-Lewis est en lice pour recevoir son troisième Oscar. Par contre, Leo est une nouvelle fois boudé. Son premier rôle de grand méchant dans Django Unchained ne sera pas récompensé par une statuette dorée.



Lincoln sortira en France le 30 janvier. Voici sa bande-annonce :










http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Daniel-Day-Lewis-aux-Oscars-et-dire-qu-il-avait-d-abord-refuse-d-incarner-Lincoln-3627790

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MessageSujet: Re: DANIEL DAY-LEWIS   Mer 30 Jan - 1:53

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Daniel Day-Lewis: " Sur le tournage on m'appellait Mr le Président "





On le penserait sombre et torturé. Il est loin de tout ça. L'acteur a la poignée de main engageante, un grand sourire et une étonnante douceur dans le regard.







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Daniel-Day Lewis as Lincoln
Lincoln ... Daniel-Day Lewis' portrayal of the president
SCOPEFEATURES.COM





Vous avez tourné trois films en cinq ou six ans... Vous êtes devenu accro au travail ?


Daniel Day-Lewis: C'est beaucoup pour moi, en effet (sourire). C'est drôle, mais un de mes amis m'a dit: "Fais attention, tu vas devenir prolifique!" (Rires.)




Quand vous vous arrêtez quelques années, qu'est-ce qui vous fait reprendre le travail ?




Une compulsion. (Pause.) C'est tout. C'est vrai que j'ai un rythme de travail assez lent mais, après avoir fini un film, cela me demande du temps avant d'avoir de nouveau l'appétit d'en faire un autre.
Et je ne vois pas l'intérêt de jouer sans cet appétit.




Qu'est-ce qui vous donne cet appétit ? Un scénario, un réalisateur, un personnage ?



Ce n'est pas une chose plus qu'une autre. Oui, une combinaison de ces trois éléments, c'est le minimum.



La nouveauté aussi ? Car vous faites partie de ces rares acteurs qui n'ont pas d'étiquette...



Si, j'ai celle du XIXe siècle (rires). Je pense que si la chance y est pour beaucoup, c'est aussi à l'acteur d'éviter les étiquettes. Il est évident que si les seuls films que l'on vous offre n'appartiennent qu'à un genre et que vous voulez travailler, vous allez probablement les faire. J'ai de la chance de ce côté-là (sourire).



Vous recevez donc toute sorte de scénarios ?


Toute sorte de scénarios étranges, oui (rires). Mais, là encore, c'est une chance car beaucoup de gens dans l'industrie du cinéma ont les idées courtes: ils associent toujours un acteur au film qu'il vient juste de faire. Comme si vous aviez envie de refaire la même chose (rires).




Et donc, Lincoln. Qu'est-ce qui vous a attiré dans ce projet ?




À la base, rien du tout, sauf Steven Spielberg. Je l'ai rencontré il y a des années. Il voulait faire ce film depuis sept ou huit ans. Je ne connaissais pas grand-chose sur Lincoln, juste ce que tout Européen, qui a un jour étudié l'histoire américaine, sait de lui.

Ça et quelques citations de son discours inaugural et de celui de Gettysburg. Pour moi, il était un personnage plus ou moins figé et il était alors inconcevable de trouver en moi l'intérêt de prendre part à ce film. J'ai été d'ailleurs étonné que Steven me demande pour ce rôle.


Puis le temps a passé et, je ne suis pas entièrement sûr pour quelles raisons, la graine de cette fameuse compulsion a germé en moi. Mais avant d'être capable de décider si je pouvais ou non interpréter ce rôle, j'ai lu le livre de Doris Kearns Goodwin, Team of Rivals.
J'ai alors compris que cet homme paraissait inaccessible uniquement parce que nous le percevons comme tel. Plus on apprend à le connaître en tant qu'homme, plus il devient accessible.


Tout à coup, je me suis ouvert à sa vie et me suis nourri de tout ce qui se rapportait à lui: des analyses contemporaines à ses propres écrits, qui sont d'une telle richesse et qui permettent de le comprendre.
Cela a donc été une délicieuse surprise de voir que cet homme était, finalement, si accueillant. Ma timidité à son sujet, car vous devenez très timide quand vous approchez Abraham Lincoln (rires),ma timidité s'est estompée comme s'il l'avait chassée d'un geste.






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Daniel Day-Lewis dans la peau de Lincoln et aux côtés de Steven Spielberg.
© David james/2012 dreamworks ii distribution co., llc 20th century fox film corporation





Et une fois décidé à interpréter Lincoln, vous n'avez plus eu de doute ?




Si, tout le temps. Pourtant, quand je commence à travailler, cela me consume de telle façon qu'il ne reste plus beaucoup de place pour le doute, mais il est toujours là.
Alors que j'appréhendais à peine la vie de Lincoln, j'avais parfois des crises d'angoisse au milieu de la nuit. Je me disais: "Quelle idée j'ai eu? Comment ai-je pu penser pouvoir le faire ?"

Cela paraît une telle gageure d'essayer de raconter une histoire sur Abraham Lincoln. Et, pourtant, on l'a fait. Mais avec ce sentiment qu'une immense responsabilité nous incombait. Tout d'abord parce qu'un long métrage coûte cher mais aussi d'un point de vue créatif. On se devait de faire un bon film.




Le fait de jouer un personnage qui a existé vous donne plus de liberté ou vous limite dans votre jeu ?



Les deux. Parfois, les contraintes vous apparaissent suffisamment claires pour vous permettre de jouer avec votre imagination, ce qui vous apporte alors une certaine liberté. J'ai cette chance, avec Abraham Lincoln, que personne ne sache comment il bougeait, comment il parlait.
On ne peut que l'imaginer. Cela devient plus compliqué quand on a des informations audiovisuelles car, alors, vous devenez plus un imitateur qu'autre chose, ce qui est vraiment peu intéressant.




Justement, comment êtes-vous devenu Abraham Lincoln ? Comment avez-vous trouvé sa voix, sa démarche, sa façon de se tenir ?




C'est très dur de décrire ce processus car il s'est déroulé sur une année. J'ai tendance à croire à la cuisson lente, à feu doux, et je préfère ne pas décortiquer une vie.
Mon seul espoir, notre seul espoir à nous, artistes, quand nous présentons un personnage abouti est qu'il soit accepté en son entier pour ce qu'il est, pour une sorte de réalité plausible. Décortiquer ce personnage, cette vie en ses différents composants que sont sa voix, ses mouvements, son esprit, son corps...


Cela ne fonctionne pas pour moi. Je crois que mon travail commence avec de l'empathie. Pendant un bref instant, je crois vivre le monde à travers l'esprit de cette autre personne. Cette empathie grandit et, finalement, m'écarte de ma propre vie, pour un temps, et je m'abandonne à cette autre personne (soupir). Dès que je parle de mon travail, cela paraît insensé... (Il réfléchit.)


Pour résumer, et sans vouloir jouer les prétentieux, j'essaye de ne pas séparer les aspects techniques du travail de son aspect plus spirituel qui touche la compréhension d'un être humain. Car même si ce sont deux aspects entièrement différents, l'un ne peut aller sans l'autre.




Deux aspects que vous faîtes évoluer tout au long du film. L'histoire court sur quatre mois pendant lesquels on voit pourtant Lincoln littéralement s'user: il se voûte, la fatigue s'entend dans sa voix...



Les personnages qui n'évoluent pas tendent à être moins intéressants, tout autant pour l'acteur que pour le spectateur mais l'évolution de Lincoln est très claire dans cette histoire. Je suis persuadé que si Lincoln n'avait pas été assassiné, il n'aurait pas survécu très longtemps après la fin de la guerre de Sécession. Il aurait peut-être vécu encore deux ou trois ans.


Il s'est en effet usé, il s'est jeté corps et âme dans sa mission et cela l'a consumé. J'ai un livre qui montre trois ou quatre photographies de Lincoln où vous voyez cette usure. J'ai ce livre depuis des années, je l'ai reçu bien avant d'avoir été engagé sur ce projet.

Et ces photos sont remarquables car vous voyez l'évolution de l'être humain, de ses jeunes années, en tant qu'avocat rasé de frais, à ces années, vers la fin de sa vie, où il était physiquement usé. Mais son esprit est resté intact.




Je n'ai vu que Lincoln pendant tout le film, jamais vous interprétant un personnage.


C'est la chose la plus gentille qu'on puisse me dire, merci.




Seulsvos yeux vous trahissaient par moments...



Ma propre malice, j'imagine (rires). Mais je ne peux m'attribuer tout le mérite car j'avais aussi deux extraordinaires maquilleurs. Le maquillage n'est pas une étape que j'apprécie et je me suis battu bec et ongles pour qu'il y en ait le moins possible.
Mais, au final, après de nombreux tests devant la caméra, j'ai compris que je ne pourrais pas faire sans.






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Sally Field et Daniel Day-Lewis nommés aux Oscars 2013 pour leurs prestations dans Lincoln.
© David james/2012 dreamworks ii distribution co., llc 20th century fox film corporation





On raconte que, sur le plateau, vous vous faisiez appeler " Monsieur le Président ".



C'est vrai. Pour ma défense, parce que cela semble si grotesque (rires), comme si j'étais une sorte de mégalo, c'était l'idée de Steven.

Alors qu'on allait commencer le tournage, il m'a demandé: "Comment veux-tu que je t'appelle ?" Je ne veux pas qu'on m'appelle par mon vrai nom pendant un tournage, ce qui est toujours compliqué pour moi car j'aime que les gens soient à l'aise en ma présence quand je travaille. Chacun peut donc m'appeler comme il veut, sauf par mon vrai nom. Et par des noms d'oiseaux, évidemment (rires).


C'est la seule chose que je demande mais je peux comprendre que certains soient réticents à jouer le jeu. Cependant, sur Lincoln, personne ne m'appelait par mon vrai nom.
Et donc, j'ai répondu à Steven: "Tu peux m'appeler Monsieur le Président (rires) ou Monsieur ou, exceptionnellement, Abe. Ce que Steven a trouvé désopilant (rires)! S'il y avait une personne qui pouvait m'appeler Abe, c'était Steven.

Mais il a préféré m'appeler Monsieur le Président, ce qui a fait un précédent sur le plateau et tout le monde l'a suivi. Je sais que cela peut paraître excentrique mais cela m'a énormément aidé.

Tout ce qui ne vous nuit pas vous aide car c'est déjà si étrange d'essayer de prétendre être quelqu'un d'autre et d'espérer que les gens vous croient. C'est donc très utile quand les gens jouent le jeu. Parce que cela reste un jeu.




Même si cela reste un jeu, vous n'avez pas le sentiment, parfois, de vous perdre dans un personnage à force de l'incarner jour après jour ?



J'espère que je me perds dans mon personnage mais jusqu'à un certain point. Je ne suis pas fou, je sais que je ne suis pas Abraham Lincoln, je veux que ce soit clair, mais, en un sens, je l'ai réincarné à travers mon propre esprit.
L'illusion se compose de beaucoup d'éléments. Par illusion, j'entends celle que je crée d'abord pour moi-même dans l'espoir, ensuite, de convaincre les autres (sourire). À chaque fois que je parle de mon travail, cela paraît insensé... (Silence.)




Quelle est la pire des idées fausses que l'on a sur vous ?




Peut-être que je prends tout trop au sérieux (sourire). Mais c'est parce que j'aime ce que je fais. C'est vrai que je fais les choses avec sérieux mais je sais aussi que cela reste un jeu. Et j'adore jouer à ce jeu.



http://www.lexpress.fr/culture/cinema/daniel-day-lewis-sur-le-tournage-on-m-appellait-mr-le-president_1210851.html




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MessageSujet: Re: DANIEL DAY-LEWIS   Dim 3 Fév - 16:25

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Daniel Day-Lewis : « J'avais confiance en Spielberg »






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Daniel Day Lewis @ David James




Dans la peau de Lincoln, il se révèle époustouflant. Comme toujours.
Nous avons rencontré l'acteur anglo-irlandais qui pourrait bien être le premier Européen à obtenir un troisième Oscar.





Il y a vingt ans, il fut le dernier des Mohicans. Cette année, il incarne le 16e président des Etats-Unis dans Lincoln, de Steven Spielberg, sorti mercredi en France. Le 14 janvier dernier, les Golden Globes le couronnaient pour ce fait d'armes.

Cet Anglo-Irlandais sera-t-il le premier Européen à obtenir, en un quart de siècle, trois fois l'oscar du meilleur acteur ?

Les têtes s'échauffent. La sienne reste froide. Il se fait rare. Pour croiser Daniel Day-Lewis un grand quart d'heure dans une suite de l'hôtel George V, il faut tellement montrer patte blanche qu'on se dit qu'on ne bronzera plus jamais. Mais foin du hâle. L'homme vaut le déplacement.



Calme et droit, le cheveu gris fer dressé vers un ciel de neige, chaussé d'incroyables baskets lacées du gros orteil à la cheville et tout le reste du corps négligemment glissé dans un camaïeu de bleus divers, Daniel Day-Lewis a mis ses beaux yeux glauques et sa voix de velours.
Depuis 1989 et son premier Oscar d'interprétation pour My Left Foot, la liste des nominations et des lauriers qui accompagnent la sortie de chacun de ses films est impressionnante. Il y a six ans, une seconde statuette lui fut remise pour There Will Be Blood, de Paul Thomas Anderson, où il campait un mineur devenu roi des derricks.




Chaque fois, le motif est le même: l'élève Lewis creuse tellement ses sujets qu'il les rend extraordinaires. Lincoln n'échappe pas au lot.
En voyant sur l'écran la longue silhouette de celui qui enterra l'esclavage, on cherche vainement sous le chapeau claque la belle gueule de ce fils de poète irlandais: il n'y a rien à voir qu'un collier de barbe, des mains immenses et un regard fiévreux.

Daniel, dévoré par Abraham, disparaît derrière la légende qu'il raconte. Lorsqu'il reparaît, à deux pas des Champs-Elysées, pour répondre à quelques questions, on se dit que les palaces ont du bon...




LE FIGARO MAGAZINE - Comment avez-vous abordé le rôle de Lincoln avec Spielberg ?



DANIEL DAY-LEWIS - Lorsque nous avons décidé de faire le film, nous avons travaillé chacun de notre côté, lui en Amérique et moi en Irlande. Mais nous étions en communication constante. Je lui ai toujours dit ce que je faisais, lisais, rêvais...
Pourtant, jusqu'à ce que nous nous retrouvions pour le tournage, ni lui ni moi n'avions idée de ce qui allait jaillir de tout ça. Nous nous faisions confiance, il y avait entre nous une complicité absolue. Complicité et respect.
Steven Spielberg a l'esprit très ouvert, une imagination étincelante et, chose rare, le don de la jeunesse, ce qui est remarquable lorsqu'on connaît l'étendue de sa carrière et le nombre de ses films.



Est-ce un don qui se perd avec l'âge ?



Il s'émousse. Avec le temps, les artistes ont tendance à se fatiguer. Ils n'en ont pas obligatoirement conscience. Ils continuent à avancer, à faire ce qu'ils doivent faire. C'est leur vie.
Chez Spielberg, on a l'impression que la curiosité profonde qui l'animait lorsqu'il était enfant n'a pas pris une ride. Être près de quelqu'un qui possède cette sorte d'énergie est une véritable force.




Et vous, comment faites-vous pour conserver intacte cette énergie ?



Lorsque j'étais assez jeune, je me suis rendu compte du danger, et je me suis fait une sorte de promesse: ne jamais accepter un rôle si je ne sentais pas le besoin irrésistible de m'y consacrer. Je me suis toujours dit que si j'aimais ce que je faisais, forcément, ce qui en sortirait aurait de la valeur.




Est-ce la raison pour laquelle vos tournages sont si espacés ?




Il faut prendre le temps de passer des mois loin de ce métier, si fort soit votre amour pour lui. Vu de l'extérieur, on croit que vous avez plusieurs vies bien distinctes. En réalité, l'une nourrit l'autre. Si je ne me tenais pas éloigné de mon travail d'acteur, je n'aurais pas grand-chose à lui offrir lorsqu'il se présente.



On dit que vous avez été tenté de refuser ce rôle. Qu'est-ce qui vous effrayait tant chez Lincoln ?



Au début, ce n'était pas de la peur mais de la surprise. J'ai été surpris que Spielberg m'invite à incarner un tel personnage. J'ai senti très nettement que je n'étais pas la bonne personne pour l'aider dans cette tâche. La peur est venue plus tard. Quand je me suis dit que j'allais essayer de faire le film, alors oui, j'ai eu peur d'incarner Lincoln.



Qu'est-ce qui vous a passionné dans cette entreprise?



L'idée d'essayer de comprendre une vie à ce point mythifiée. C'est seulement en commençant à pénétrer dans la légende que j'ai fait cette découverte délicieuse: en fait, Lincoln est très accessible.
Au départ, vous êtes un peu figé, car vous ne savez pas comment aborder cet homme. Pire, vous n'êtes pas absolument sûr d'avoir le droit de vous en approcher. Mais quand vous passez outre, alors, bien sûr, il vous ouvre les bras.



Quelles traces vous a laissées cette étreinte ?



C'est difficile à dire, mais je suis sûr que l'on ne peut pas vivre en présence de cet homme-là sans être profondément influencé par la grandeur de son esprit, la profondeur de sa compassion, la vivacité de ses raisonnements. D'une manière ou d'une autre, il a inondé les vies de tous ceux qui l'ont approché.










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Daniel Day Lewis au centre, dévoré par Abraham Lincoln.
Crédits photo : David James/20th Century Fox





Que feriez-vous si, d'un coup de baguette magique, vous étiez élu président des États-Unis ?

Mon Dieu!... Heureusement qu'on ne me donne pas cette responsabilité ! Il y a tellement de choses à faire. Le Président actuel est loin de chômer, mais le système politique et la démocratie en général ne rendent pas facile le fait d'amender la Constitution. La beauté de ce système est aussi son enfer. Celui qui dirige le pays est en apparence en position de grand pouvoir et, pourtant, c'est presque impossible de faire ce qui doit l'être.




Mais rêvons un peu... Quel serait votre chantier prioritaire ? Interdire les armes ?



Il m'est difficile de vous répondre parce que je viens d'une autre culture. À moi, Européen, cela paraît évident qu'il est démentiel d'avoir cette prolifération d'armes si facilement obtenues et si inconsidérément utilisées, mais essayez de dire cela à quelqu'un qui a foi dans le deuxième amendement... Si j'étais seul en cause, bien sûr que je me débarrasserais de tous les fusils...



Vous parliez de nationalité. Vous êtes anglo-irlandais. Qu'y a-t-il d'Angleterre et d'Erin en vous ?



Je ne m'examine pas sous ce rapport-là. Je ne sais pas si mon personnage est divisé. Mon père était irlandais. Ma mère était anglaise, mais elle avait du sang juif et lituanien, alors, allez faire le tri !
Moi, je suis un hybride, à califourchon entre deux cultures, et je n'ai aucune idée de l'endroit où la ligne de démarcation peut se trouver.



Qu'aimez-vous dans les deux pays ?

Il y a une célébration de la folie en Irlande qui me touche beaucoup. C'est un genre de liberté d'esprit. Je ne veux pas dire que les Anglais en sont dénués, mais c'est moins prononcé chez eux.
Depuis l'enfance, l'Irlande est pour moi «l'autre endroit». Mon jardin secret. Quant à l'Angleterre, c'est mon éducation. Cela, je suis sûr que c'est à peu près clair pour tout le monde...



Dans le petit Day-Lewis illustré, quelle définition trouve-t-on au mot «acteur» ?

«Un acteur, c'est quelqu'un qui crée pour lui-même l'illusion d'habiter une autre vie et espère qu'il partagera cette illusion avec les autres.» Je ne sais pas si c'est bien: je viens de la fabriquer, là, sous vos yeux...



http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2013/02/01/01006-20130201ARTFIG00417-daniel-day-lewis-j-avais-confiance-en-spielberg.php




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MessageSujet: Re: DANIEL DAY-LEWIS   Lun 25 Fév - 12:19

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Oscars 2013 : Daniel Day-Lewis entre dans l'Histoire



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Daniel Day-Lewis entre dans l'histoire ce 24 février, en devenant le recordman du nombre d'Academy Award du meilleur acteur.
Le Britannique âgé de 55 ans doit son sacre à sa prestation dans "Lincoln" de Steven Spielberg.



Daniel Day-Lewis vient de recevoir l'Oscar du Meilleur acteur pour son rôle-titre de Lincoln dans le biopic classique, ambitieux et gigantesque de Steven Spielberg.

Là, personne ne s’aligne. Pas même Joaquin Phoenix, ni un Denzel en état de grâce.


Avec son interprétation absolument prodigieuse du vieil Abe Lincoln, Day-Lewis propulse le method acting à des hauteurs insoupçonnées.
Aucun comédien n’a jamais obtenu trois oscars du meilleur acteur au cours de sa carrière. Dimanche, DDL (après My Left Foot et There will be blood) sera le premier.
Pas une surprise quand on sait à quel point cet homme aime écrire l’Histoire…















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MessageSujet: Re: DANIEL DAY-LEWIS   Lun 25 Fév - 18:13

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OSCARS 2013 - Daniel Day-Lewis obtient un troisième sacre





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L'acteur, connu pour sa capacité extraordinaire d'immersion dans ses rôles, a du mal à supporter la " tristesse terrible " d'une fin de tournage.



Daniel Day-Lewis, entré dans la légende des Oscars dimanche en décrochant une troisième statuette de meilleur acteur, est un comédien aussi rare qu'exigeant, limitant ses apparitions à l'écran pour mieux s'immerger dans ses personnages.

À 55 ans, l'acteur irlando-britannique a été récompensé pour son incarnation du 16e président des États-Unis dans Lincoln de Steven Spielberg - un rôle qu'il aurait refusé par trois fois avant de se laisser finalement convaincre par Leonardo DiCaprio de lire le scénario.


Une victoire qui fait de cet acteur austère et rigoureux, né à Londres en avril 1957, le premier comédien à remporter trois oscars de meilleur acteur dans un rôle principal, à une statuette du record absolu de Katharine Hepburn, oscarisée à quatre reprises.
Comme pour tous ses rôles, Daniel Day-Lewis s'est imprégné du personnage de Lincoln, a changé le ton de sa voix, adopté une posture spécifique et s'est entraîné à prononcer des discours entiers de l'ancien président, auquel il a fini par ressembler comme deux gouttes d'eau.




Immersion totale dans son rôle



Sans oublier de demander à l'équipe du film de l'appeler "Monsieur le président" en toutes circonstances, sur le plateau et entre les prises. " Je sais que je ne suis pas Abraham Lincoln. J'en suis conscient ", déclarait-il récemment au New York Times.
" Mais tout le jeu est de créer une illusion, et pour quelque raison que ce soit, aussi fou que cela puisse paraître, une partie de moi s'autorise à le croire pendant un certain moment."


Une telle immersion dans un rôle demande un temps de préparation considérable et s'avère émotionnellement très lourde. L'acteur confesse d'ailleurs ressentir " une tristesse terrible " à la fin d'un tournage.
" Le dernier jour de tournage est surréaliste. Votre âme, votre corps, votre esprit ne sont pas du tout prêts à voir cette expérience s'arrêter. Dans les mois qui suivent, on ressent un profond sentiment de vide ", dit-il.





Premier oscar pour My Left Foot




C'est sans doute pourquoi l'acteur, unanimement considéré comme le meilleur de sa génération, se fait relativement rare à l'écran - à peine une dizaine de films sur les vingt dernières années.
Fils du célèbre poète britannique Cecil Day-Lewis, l'acteur a commencé sur les planches dans les années 1970, avant de se tourner vers le cinéma au début de la décennie suivante.
En 1985, il s'impose successivement dans My Beautiful Launderette et Chambre avec vue, dans des seconds rôles.






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1er Oscar pour My Left Foot 1990




Après L'insoutenable légèreté de l'être en 1987, il sidère les cinéphiles avec son rôle de paraplégique dans My Left Foot, qui lui vaut son premier oscar. Suivent Le dernier des Mohicans (1992), Le temps de l'innocence (1993) et Au nom du père (1993), où il interprète un Irlandais accusé à tort d'un attentat de l'IRA.






" Je m'imaginais une vie d'ébéniste "




Après Le boxeur en 1997, il tourne le dos au cinéma et devient apprenti cordonnier en Italie, renouant avec son amour de jeunesse pour l'artisanat, comme il l'a raconté au magazine Time.
" À la fin de mon adolescence, je m'imaginais une vie d'ébéniste. Pendant un an, je ne savais pas quoi faire, j'ai travaillé dans les ports et sur des chantiers. Quand j'ai décidé d'être acteur, je pense que ma mère a été soulagée que je me concentre finalement sur quelque chose ", dit-il.




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2 ème Oscar pour " There Will Be Blood " 2008



Leonardo DiCaprio - encore lui - réussira cependant à ramener Daniel Day-Lewis devant la caméra pour Gangs of New York de Martin Scorsese (2002), où il incarne le terrifiant Bill le Boucher. Mais c'est son rôle de prospecteur de pétrole sans scrupules dans le violent There Will Be Blood de Paul Thomas Anderson (2007) qui lui vaudra son deuxième oscar, avant un détour - diversement apprécié - dans la comédie musicale avec Nine (2009).




Marié à l'actrice et réalisatrice Rebecca Miller, fille du dramaturge Arthur Miller, Daniel Day-Lewis est père de trois enfants, dont un fils avec l'actrice française Isabelle Adjani.






Avec humour, Daniel Day-Lewis reçoit son... par lemondefr


Daniel Day-Lewis a reçu lundi son troisième Oscar de meilleur acteur pour son interprétation d'Abraham Lincoln, une première dans l'histoire de la cérémonie. "C'est étrange parce qu'il y a trois ans, avant que l'on se décide à échanger, c'est moi qui devais incarner Margaret Thatcher et Meryl était le premier choix de Steven pour jouer Lincoln", a-t-il déclaré avec humour, jetant des regards à Meryl Streep, qui venait de lui décerner son prix.




http://www.lepoint.fr/cinema/oscars-2013-daniel-day-lewis-obtient-un-troisieme-sacre-25-02-2013-1632021_35.php
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MessageSujet: Re: DANIEL DAY-LEWIS   Lun 11 Mar - 0:57

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LINCOLN



Plus qu’un brillant biopic, un splendide autoportrait du conteur exalté qu’a toujours été Steven Spielberg. Indispensable.






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Admirateur d’Abraham Lincoln depuis son enfance, Steven Spielberg lui avait donné une place de choix dans IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN, par l’entremise d’une lettre qu’il avait adressée en 1864 à la mère de cinq soldats de l’Union morts au combat.



Lincoln, ou une personnalité légendaire dont les idées abolitionnistes menèrent à la guerre de Sécession.
Avec LINCOLN, projet de biopic qu’il chérit et développe depuis plus de dix ans, Steven Spielberg a enfin l’occasion de se consacrer pleinement à l’une de ses idoles, mais aussi de faire oublier AMISTAD, film sur l’esclavage critiqué pour sa rigidité et son manque d’incarnation.


Plutôt que de viser l’exhaustivité, le script de Tony Kushner (MUNICH) circonscrit le récit aux quatre derniers mois de la vie du président, et à ses manœuvres pour modifier la Constitution, abolir l’esclavage et mettre fin à la guerre Civile.

LINCOLN s’érige alors en véritable traité de politique sur les sacrifices requis par l’Histoire et le progrès, fort d’une narration emballante et souple, pourtant constituée exclusivement de longues scènes dialoguées.
Bien que biopic, LINCOLN retrace donc avant tout la ratification d’un amendement historique.


C’est par ce prisme que Spielberg dresse le portrait du président, décrit ses idéaux autant que ses contradictions, en refusant systématiquement l’hagiographie.
Symbole, certes, Abraham Lincoln demeure ici humain, pétri de faiblesses, rongé par la mort d’un fils et par les conflits qui l’opposaient à son aîné, embarrassé par une vie de couple parfois conflictuelle. « Tu crains plus maman que ma mort », lui lance ainsi son rejeton Robert (Joseph Gordon-Levitt).

Par le truchement de la grande Histoire faisant la petite, Spielberg réussit là où beaucoup ont échoué : livrer un biopic incarné, pétri de grand cinéma, d’enjeux réalistes, embrassant l’ellipse et les non-dits, refusant l’effusion sentimentaliste et s’appuyant sur des performances au-delà des superlatifs de Daniel Day-Lewis et Tommy Lee Jones (en Thaddeus Stevens, député abolitionniste et égalitariste).



Leur interprétation, frénétique et emphatique ou gracile et discrète, permet à Spielberg d’abattre sa plus belle carte.
Ici, Abraham Lincoln se plaît autant à écouter son peuple qu’à raconter des petites histoires signifiantes, drôles, humanistes, captivantes.


Dans ces moments de grâce où Spielberg prend le temps de suspendre son récit et de donner à son héros le droit d’exister au-delà de son statut d’icône, LINCOLN surpasse son statut d’œuvre politique sur le pouvoir de l’oralité pour devenir une poétique et enchanteresse ode au storytelling.

En somme, un autoportrait du cinéaste, dans lequel les conteurs changent le monde.









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Dernière édition par Bridget le Ven 21 Juin - 13:02, édité 2 fois
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Bridget



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MessageSujet: Re: DANIEL DAY-LEWIS   Ven 21 Juin - 12:58

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Spielberg et Daniel Day-Lewis se retrouvent


Après Lincoln, le duo pourait collaborer à nouveau, sur l'adaptation de Thank You For Your Service, un livre sur la difficile réinsertion des vétérans d'Irak dans la société américaine.




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Daniel Day-Lewis ( à gauche )et Steven Spielberg en 2012 @ Kevin Linch / Associated Press.



Steven Spielberg et Daniel Day-Lewis pourraient bien travailler à nouveau ensemble, après leur collaboration sur le plateau de tournage de Lincoln, pour lequel l'acteur a gagné un Golden Globe et un Oscar en 2012.
Si rien n'est encore signé, le site américain Deadline dévoile l'intérêt du réalisateur d' E.T pour un nouveau long-métrage sur le syndrome de stress post-traumatique des soldats de retour d'Irak.




Ce film sera adapté du livre Thank Your For Your Service de David Finkel, dont la société de production DreamWorks a acquis les droits en mars 2013, avant même la parution. Finkel est un journaliste du Washington Post, qui est connu pour avoir suivi des soldats d'élite plus d'un an pendant la guerre en Irak.
Il en avait déjà tiré un livre, The Good Soldiers (2009), dans lequel il racontait le quotidien des militaires du front.



Daniel Day-Lewis, premier choix de Spielberg



Quatre ans plus tard, il a suivi le retour de ces soldats dans leurs familles, aux États-Unis, pour s'intéresser avec à leur réadaptation dans la société américaine. Daniel Day-Lewis semblerait être le premier choix de Spielberg pour interpréter un de ces vétérans.

L'une des raisons pour lesquelles Spielberg est très intéressé par le projet tient en un nom: Jason Dean Hall.
C'est un des scénaristes qui montent à Hollywood, où il est devenu célèbre grâce à son script de American Sniper, le prochain film de Spielberg dans lequel Bradley Cooper tiendra le premier rôle.

American Sniper est adapté de l'autobiographie du même nom de Chris Kyle, un membre de l'unité d'élite des SEALs. Ce sniper, connu pour avoir tué plus de 160 personnes, a été abattu en février 2013 par un autre vétéran de guerre de 25 ans qui souffrait justement... d'un syndrome de stress post-traumatique.

Le retour de guerre des anciens combattants est donc un thème qui a le vent en poupe aux États-Unis. C'est notamment la série Homeland (dont la saison 2 arrive sur Canal+ ce jeudi), adaptée du programme israélien Hatufim, qui a mis ces militaires sous le feu des projecteurs en 2011.
Elle met en scène le soldat Nicholas Brody, de retour sur le sol américain après avoir été retenu prisonnier de guerre pendant 8 ans par al-Qaida.

   
   
http://www.lefigaro.fr/cinema/2013/06/05/03002-20130605ARTFIG00500-spielberg-et-daniel-day-lewis-se-retrouvent.php






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