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 DANIEL DAY-LEWIS

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Bridget



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MessageSujet: DANIEL DAY-LEWIS   Lun 18 Juil - 18:57

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DANIEL DAY-LEWIS








Parlez de ce fantastique acteur qu'est Daniel Day-Lewis à un VIP du milieu du cinéma, et il vous dira aussitôt qu'il est fou.

Tout ça parce qu'il ne réagit pas comme les autres. Qu'il éprouve une empathie pathologique pour ses personnages jusqu'à, comme Robert de Niro autrefois, vivre ce qu'ils vivent pour mieux se glisser dans leur peau. Et qu'en dépit de ses succès (My beautiful Laundrette, My left foot, Au nom du père, Le dernier des Mohicans, Le temps de l'innocence, Gangs of New York, The boxer...), il s'est permis de refuser nombre de grands rôles pour mieux disparaître.


Un jour, on l'a retrouvé cordonnier dans une petite ville d'Italie. Ou ailleurs. Avant de revenir dans les studios sans explication. Il n'en faut pas davantage pour se faire une réputation de timbré.
Se doutent-ils seulement que c'est ce léger grain de folie, saisissant à travers l'étrangeté d'un regard ou l'excentricité d'un comportement, qui souvent distingue les meilleurs comédiens ?



Fils de Cecil Day-Lewis


Le beau portrait qu'Ondine Millot lui a consacré dans Libération ( 2006) le dit très bien. Il permet pour une fois de mieux comprendre l'acteur, il donne la clef de sa personnalité car il met le doigt là où ça fait mal : son père, le grand poète Cecil Day-Lewis avec lequel il a toujours eu des rapports plus complexes qu'avec son beau-père, le dramaturge Arthur Miller, en raison de sa difficulté à communiquer avec son entourage proche.

Le portrait rappelle notamment qu'en 1989, soit dix sept ans après la mort de son géniteur, alors qu'il jouait Hamlet, Daniel Day-Lewis s'est soudainement enfui du théâtre pendant la scène où apparaît justement le fantôme du père : il voyait le sien qui lui parlait et lui disait des choses insupportables...




Cecil Day-Lewis





Cecil Day-Lewis avait célébré la naissance de son fils Daniel le 29 avril 1957 en écrivant le poème Le nouveau-né ; à propos de l'arrivée de "ce petit bout de glaise", il y est autant question de soleil et de floraison que de douleur et de trahison. Un peu lourd à porter aux yeux du monde. Un autre de ses poèmes s'adresse à ses enfants : "Pardonnez-vous, mes enfants, de ne pas avoir su saisir mes moments d'ouverture."



Terrible... On conçoit que pour Daniel Day-Lewis,Daylewis il fut autre chose que le subtil traducteur de l'Eneide, des Géorgiques et du Cimetière marin, l'ami de Auden et de Spender, ou encore le Poète-Lauréat de 1968.

Ces mots qu'il cite de mémoire me font penser aux derniers vers de A failure / Echec, (traduction Cl.Mouchard), le seul des poèmes de son père recueilli dans la récente et remarquable Anthologie bilingue de la poésie anglaise de la Pléiade :

"La rouge avancée de la vie/ Contracte l'orgueil, fait appel au sang commun,/ Bat le chant en une lame unique,/ Fait du chagrin une grenade sous-marine.

Va donc avec de nouveaux désirs,/ Car là où jusqu'alors nous bâtissions et aimions/ Est un no man's land, et seuls les fantômes peuvent vivre/ Entre deux feux."



http://passouline.blog.lemonde.fr/2006/02/14/2006_02_fils_de_cecil_d/




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Dernière édition par Bridget le Lun 18 Juil - 20:40, édité 1 fois
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Bridget



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MessageSujet: Re: DANIEL DAY-LEWIS   Lun 18 Juil - 20:39

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BIOGRAPHIE - FILMOGRAPHIE








Né le 29 avril 1957, à Londres, d'une famille d'artistes (son père était le poète Cecil Day-Lewis et son grand-père était le directeur des studios de cinéma Ealing), Daniel Michael Blake Day-Lewis étudie l'art dramatique à la Bristol Old Vic School, puis effectue ses débuts au cinéma à l'âge de 14 ans (et sans que son nom apparaisse au générique) dans Un dimanche comme les autres, avec Murray Head, dans le rôle d'un jeune voyou.



Pendant la décennie suivante, Day-Lewis délaisse pourtant totalement le cinéma pour se consacrer à la scène, toujours au sein de la Bristol Old Vic et de la Royal Shakespeare Company. Il retrouvera le chemin des studios en 1982, pour un petit rôle dans la superproduction de Richard Attenborough, Ghandi. On le voit, toujours la même année (1982), à la télévision dans "Frost in May" et "How Many Miles to Babylon ?".



Omniprésent au théâtre, ses performances les plus remarquées incluent entre autres "Another Country" (1982-83), "Dracula" (1984), et "Futurists" (1986).


En 1986, Roger Donaldson lui offre son premier vrai second rôle dans Le Bounty, rapidement suivi par un premier rôle dans ce qui devait à l'origine n'être diffusé qu'à la télévision, mais qui sera en fait un triomphe au box-office international, My beautiful laundrette de Stephen Frears.



Avec un charisme qui n'appartient qu'à lui, il incarne un délinquant qui tombe amoureux d'un Pakistanais propriétaire d'un lavomatic.
La hasard fait que son film suivant, le très beau drame en costumes Chambre avec vue, sorte à New York le même jour que le film de Frears, mettant la critique et le public local devant l'évidence d'un réel talent émergeant de la scène londonienne. Son physique sombre et romantique, son implication totale dans ses rôles font alors de lui un acteur extrêmement bien coté.




En 1987, il endosse le rôle principal de L'Insoutenable Légèreté de l'être de Philip Kaufman, au côté de Juliette Binoche et Lena Olin.

Néanmoins, du prétendant amidonné de Chambre avec vue à l'handicapé qui ne peut s'exprimer qu'avec les doigts d'un seul pied dans My left foot, Daniel Day-Lewis marque une nette préférence pour les rôles de composition extrêmes, et n'apparaît jamais dans plus d'un film par an, quand il ne prend pas plusieurs années sabbatiques d'affilée.




L' Insoupconnable Légereté de l'Etre




Le Temps de l'Innocence de Martin Scorsese 1993




Eclectique, exigeant, on le dit de tempérament imprévisible, aux confins d'une certaine folie, entièrement dévoué aux personnages qu'il choisit d'incarner.

On le découvre musclé et hyper-physique dans Le dernier des Mohicans, d'après le roman de Fenimore Cooper, puis muré dans le secret du Temps de l'inncocence de Scorsese, militant politique irlandais injustement condamné à une longue peine de prison dans Au nom du père, puis prêtre accusé de sorcellerie dans La chasse aux sorcières (une adaptation du roman "Les sorcières de Salem" d'Arthur Miller) et enfin à nouveau activiste irlandais et ex-taulard qui revient à la boxe pour reconquérir son titre dans The boxer.








Chambre avec vue de James Ivory 1986






En 1990, il obtient l'Oscar du meilleur acteur pour son interprétation du poète irlandais infirme Christy Brown dans My Left Foot de Jim Sheridan, réalisateur qu'il retrouve dans Au nom du père (1993) et The Boxer (1998).



Il collabore également deux fois pour des films d'époque avec Martin Scorsese : en 1993 pour Le Temps de l'innocence où il interprète un aristocrate distingué et mondain dans le New York de 1870, et en 2002 pour Gangs of New York où il campe un inquiétant Bill le Boucher dans le New York de 1863 (à savoir celui des guerres entre communautés immigrés et mafieuses, sur fond d'émeutes anti-conscription Draft Riots), face à Leonardo DiCaprio.



Mais ses deux plus grands rôles au cinéma restent ceux de Nathanael Poe dans l'adaptation cinématographique du chef d'œuvre de Fenimore Cooper par Michael Mann, Le Dernier des Mohicans (1992), où il interprète un européen recueilli dès la naissance par un Mohican,



Le Dernier des Mohicans de Michael Mann 1992



et celui de Daniel Plainview, prospecteur de terres meurtrier et violent au temps du Far West dans There Will Be Blood de Paul Thomas Anderson qui lui vaut un nouvel Oscar en 2008.




There will be blood de Paul Thomasz Anderson




Il va sans dire qu'au cours de sa carrière, Daniel Day-Lewis a accumulé les récompenses : Outre avoir reçu le Prix du Meilleur second rôle par la critique new-yorkaise pour sa prestation sur scène dans "Futurists", Daniel Day-Lewis a reçu l'Oscar du Meilleur acteur pour son rôle dans My left foot, et a été nominé aux Golden Globes pour ce même film.






An Nom du Père de Jim Sheridan 1994



Il sera à nouveau nominé dans les deux récompenses pour sa prestation dans Au nom du père.





Alors qu'il a abandonné le théâtre depuis la fin des années 80 (après s'être retiré de la production d'"Hamlet" pour cause d'épuisement), c'est un silence de cinq ans qui accompagne ce dernier film : père du deuxième enfant d'Isabelle Adjani, il se retire de la scène et devient cordonnier à Belfast.


Ainsi le veut du moins la légende, qui dit aussi que Martin Scorsese a dû user de tous ses dons de persuasion pour lui faire reprendre le rôle abandonné par Robert De Niro dans Gangs of New York. Celui de Bill the Butcher, terrifiant chef de gang dans le New York misérable de 1863, dont le personnage joué par Leonardo DiCaprio va vouloir à tout prix se venger.






The Ballad of Jack and Rose de Rebecca Miller 2006






Trois années sabbatiques plus tard, Day-Lewis accepte à nouveau de revenir au cinéma, cette fois-ci pour les beaux yeux de sa réalisatrice de femme, Rebbeca Miller. Il campe aujourd’hui un père célibataire ex-hippie, condamné par la maladie, qui tente d’aménager un avenir à sa fille unique devenue adolescente avec qui il a vécu seul, sur une île, depuis sa naissance dans The Ballad of Jack & Rose.


Quant à nous, on espère le revoir avant trois ans…



Films à venir : Lincoln de Steven Spielberg


"Daniel Day-Lewis a toujours été considéré comme l'un des plus grands acteurs de tous les temps, de l'époque du muet, à travers l'âge d'or du cinéma et même à une date ultérieure. Je suis reconnaissant et excité que, finalement, nos chemins se croiseront avec "Lincoln"
Steven Speilberg











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MessageSujet: Re: DANIEL DAY-LEWIS   Lun 18 Juil - 23:29



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Cinéma. Auto interview : Daniel Day Lewis

Lunettes noires pour nuits blanches - 07/04/1990 -



Au cours de son interview (en anglais sous-titré français), le comédien Daniel DAY LEWIS raconte comment il a découvert le scénario du film "My left foot" et combien il lui importait de tourner dans ce film.

Il évoque la dernière cérémonie des Oscars où il a obtenu le prix d'interprétation, dit qu'il doit à ses parents son goût pour les arts, s'interroge sur la situation politique en Irlande.








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Dernière édition par Bridget le Mer 20 Juil - 0:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: DANIEL DAY-LEWIS   Mer 20 Juil - 0:10


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LE TEMPS DE L'INNOCENCE



The Age of Innocence USA, 1993

De Martin Scorsese

Scénario : Martin Scorsese et Jay Cocks d’après le roman d’Edith Wharton

Avec Daniel Day-Lewis, Michelle Pfeiffer, Winona Ryder

Photo : Michael Ballhaus Musique : Elmer Bernstein








Dans le New York de 1870, puritain et élitiste, Newland Archer est sur le point de se fiancer avec la très policée May Welland, dans le but d’unir leurs deux familles. Mais son amour illégitime pour la troublante Comtesse Olenska, décriée par tous pour son anti-conformisme, va ébranler la haute société.




Le film "à costumes" a mauvaise réputation: jeu théâtral des comédiens, dialogues emphatiques, ambiance monotone, mise en scène académique et, pour finir, récompenses abusives aux Oscars.


Le Temps de l’innocence empoigne tous ces clichés pour n’en retenir aucun. Il n’était pourtant pas aisé d’adapter l’une des œuvres les plus respectées du début du siècle, prix Pulitzer en 1921, et jugée par beaucoup de cinéastes comme étant tout simplement impossible à adapter à l’écran.


Comme à son habitude, Scorsese se pose en véritable anthropologue d’une société oubliée. Comme dans Les Affranchis et Casino, et à la manière d’un documentaire, il accompagne les images d’une voix off chaleureuse (Joanne Woodward), et procède ainsi à une étude précise des codes et traditions, à l’aide d’anecdotes bien choisies, avec la perspicacité et l'humour noir qui le caractérisent.












Ce monde, en apparence paisible, s’avère alors aussi perfide et cruel que celui des mafieux de ses précédents films.

En effet, Le Temps de l’innocence est une histoire violente: "Si les victimes ne sont pas abattues d’un coup de pistolet, elles sont en revanche éliminées socialement.

La pire chose n’est pas la mort, mais l’éradication." C’est d’ailleurs tout ce qui fait la différence entre Newland Archer (Day-Lewis) et la Comtesse Olenska (Pfeiffer). Si Archer conteste les règles en privé, il n’osera jamais s’insurger en public, de peur de se faire expulser à jamais.
C’est dans la lâcheté et le mensonge qu’il préfèrera mener son existence, aux côtés de la très belle mais très superficielle May Welland (Ryder), passant ainsi à côté de l’amour de sa vie.










Le Temps de l’innocence est une fresque intimiste et sensible, sur une société où les émotions sont cachées, invisibles, refoulées, et où les personnages se voient contraints d’accumuler les actes manqués. Des thèmes que Scorsese connaît bien, comme le sentiment de culpabilité, la répression du désir et l’amour insatisfait, déjà présents dans ses précédents films, en particulier Taxi Driver et La Dernière Tentation du Christ.


Daniel Day-Lewis, en dandy brimé, délivre ici une performance exceptionnelle. D’une sensibilité à fleur de peau, il porte sur ses épaules l’un des personnages du cinéma les plus complexes de ces dix dernières années. Michelle Pfeiffer, avec qui il forme un couple inoubliable mais utopique, obtient le rôle le plus intéressant de sa carrière.





@Annie Leibovitz




Inspiré par Visconti, Scorsese choisit une mise en scène classique, mais jamais académique.


L’originalité du film vient d’ailleurs. Du montage de Thelma Schoonmaker, audacieux et moderne, naît une énergie euphorisante, une modernité étincelante, qui prouve une fois de plus que le montage a pour but de maltraiter les images et de leur donner un nouveau souffle.


Scorsese ose tous les effets, toutes les transitions. Il épuise la grammaire du cinéma, nous livre une œuvre résolument moderne, et signe son plus beau film.


Peter Dourountzis


http://archive.filmdeculte.com/culte/culte.php?id=59













LE TEMPS DE L'INNONCENCE de MARTIN SCORSESE













Le jeune avocat Newland Archer appartient à la haute société new-yorkaise qui, en ces années 1870, mêle raffinement européen, puritanisme, hypocrisie, goût de l'intrigue. Son mariage avec l'innocente May Welland va sceller l'union de sa famille avec les puissants Mingott.



Peu après ses fiançailles, il tombe sous le charme d'une des cousines de May, Ellen Olenska, de retour d'Europe où elle a épousé un comte polonais tyrannique dont elle a l'intention de divorcer.


Tant cette décision que le comportement anti-conformiste de la jeune femme effraient son entourage, qui charge Newland de la faire revenir à la raison.

De plus en plus épris d'elle, Newland tente d'oublier cette passion en précipitant son mariage avec May.
De retour de son voyage de noces à Londres et Paris, il retrouve Ellen et lui déclare qu'elle seule lui a fait découvrir la vraie vie et qu'il ne peut en aimer une autre.












Mais, lui rappelant que c'est lui qui l'a dissuadée de divorcer, elle ne peut désormais l'aimer qu'en s'éloignant de lui. D'autant que son époux veut la rappeler en Europe et a envoyé un émissaire, Rivière, pour la "surveiller". Celui-ci remplit son office tout en exhortant Newland à tout faire pour la retenir. Mais en vain.


May, qui a fini par tout comprendre malgré sa naïveté a rassemblé autour d'elle les forces familiales pour éloigner Ellen. Elle pousse celle-ci à profiter de ses rentes - même diminuées - allouées par Manson Mingott pour partir vivre à Paris, seule, en toute indépendance.

Les années passent. May est morte. Newland part à Paris avec Ted, le fils qu'il a eu d'elle. Ted joue les intermédiaires entre Ellen Olenska et son père. Mais celui-ci a trop peur de retrouver si tard le seul amour de sa vie : au moment du rendez-vous il reste assis au pied de l'immeuble, puis s'en va.






Scène clé







Dans la dernière séquence, Newland, qui a laissé à son fils le soin de prévenir Ellen de sa présence, regarde la fenêtre de l'appartement de celle-ci. Le soleil joue dans la fenêtre. L'éclair du soleil suscite un flash mental : Newland se revoit au bord de la mer lorsqu'il avait faillir partir avec Ellen si celle-ci s'était retournée vers lui dans le court laps de temps du passage d'un voilier entre un ponton et le phare.


Alors que dans la réalité, Ellen n'avait pas bougé, dans le flash, elle se retourne souriante sur un arrière plan de la mer. Ce pur contentement romanesque est cependant brisé dès la sortie du flash mental. Newland regarde à nouveau la fenêtre qui est fermée par un Rivière vieilli mais toujours probablement l'amant d'Ellen. Une nouvelle fois découragé, Newland s'en va.




Message essentiel



Scorsese pourrait probablement reprendre à son compte la formule de Mallarmé : "L'art rétribue les imperfections de la vie".



Newland, attaché au confort et au raffinement de la société dans laquelle il vit, n'accepterait de partir avec Ellen que si son amour était aussi parfait que les œuvres d'art, tableaux, opéras ou livres, qu'il admire.


Or à chaque rencontre avec Ellen, quelque chose vient le troubler et le faire renoncer. Il ne trouve pas de roses jaunes pour signifier à Ellen son désir d'être son amant.

Lorsqu'il lui avoue son amour dans la maison de campagne, il imagine dans un premier flash mental qu'elle va venir derrière lui et poser ses mains sur son cœur mais, avant que cela ne survienne, le banquier arrive. Il ne veut abandonner son monde que si Ellen se retourne vers lui sur le ponton face à la mer.
Ne trouvant pas dans la vie la perfection qu'il trouve dans l'art, Newland renonce.




A l'inverse de la froideur de Newland, Scorsese n'hésite par à surcharger d'effets de mises en scène ce drame sentimental classique.

Le générique de Saul Bass installe dès l'abord le film dans un idéal de sensualité avec ces éclosions de roses jaunes, oranges et rouges qui se déploient sous un gaz de dentelle. Le fondu sur une fleur jaune que l'actrice qui joue Marguerite du Faust de Gounod jette d'un bouquet de fleurs sur l'avant scène de l'opéra amorce l'installation dans un espace public.


Ce passage de l'espace intime à l'espace public est emblématique de la situation des amants dont l'amour sera détruit par le milieu social. Des zooms rapides en fondu mettent en effet rapidement en scène la venue scandaleuse d'Ellen à l'Opéra.









N'hésitant pas à faire entendre longuement le beau texte d'Edith Wharton, Scorsese utilise avec maestria les somptueux décors qui lui sont offerts ; la scène du bal n'est pas si éloignée que cela de celle du Guépard, le jardin de fleurs blanches dans lequel Newland retrouve May elle-même vétue de cette couleur offre un contraste saisissant avec les brumes et le feu de la maison de campagne où il a rencontré Ellen.

On citera aussi les fondus au jaune ou au rouge qui séparent certaines scènes.






Source : Jérôme Leauté et Olivier Marie dans Eclipses n°35, juin 2003




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Dernière édition par Bridget le Mar 26 Juil - 23:39, édité 1 fois
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Bridget



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MessageSujet: Re: DANIEL DAY-LEWIS   Mar 26 Juil - 23:38




Daniel Day-Lewis: «On me prend pour un dingue!»










Il vient de recevoir son deuxième oscar pour le rôle démesuré d'un prospecteur de pétrole
dans le nouveau film de Paul Thomas Anderson qui sort en salle demain. » La critique







» La bande-annonce de «There Will Be Blood»



Une chemiseà larges carreaux rouges et noirs, des boucles d'oreilles de pirate, des tatouages.

Bref, une allure déconcertante entre rocker et bûcheron pour un acteur d'exception.
Après le Golden Globe américain et le Bafta britannique, Daniel Day-Lewis vient de remporter l'oscar du meilleur acteur pour son interprétation fiévreuse, enragée, démente d'un prospecteur de pétrole du début du siècle dernier, animé par la ­haine des autres, obsédé par la réussite et qui deviendra milliardaire dans There Will Be Blood de Paul Thomas Anderson.











L'acteur anglais, qui avait déjà reçu un oscar en 2000 pour My Left Foot de Jim Sheridan, était récemment de passage à Paris. L'occasion d'évoquer son travail d'acteur avec l'humilité et la sincérité d'un chercheur qui ne cesse de creuser, pour aller au plus près de la vérité, pour nous offrir de l'or, très noir.





LE FIGARO. N'en avez-vous pas assez d'être considéré comme un grand acteur, pas du tout carriériste mais qui récolte un prix pratiquement à chaque film?


Daniel DAY-LEWIS. Ce que vous dites est à la fois délicieux et très embarrassant. (Rire.) Je suis peut-être le meilleur acteur de mon petit village irlandais qui compte 99 fermiers sur 100 habitants ! Le travail est ma vraie récompense. Mais l'enfant qui sommeille en moi et qui n'a jamais reçu de prix est toujours heureux d'en avoir un ! J'étais, je l'avoue, un adolescent voyou et rebelle !



Aviez-vous lu Pétrole ! d'Upton Sinclair, le roman qui est à l'origine du film?


Je me suis d'abord plongé dans le scénario de Paul Thomas Anderson, puis dans le roman qui n'avait pas de rapport véritable avec ce que nous relatons, à l'exception des cent cinquante premières pages décrivant avec moult détails fascinants la vie des mineurs et le forage du pétrole. Dès la lecture du scénario, l'affaire était conclue. Ce personnage de Daniel Plainview, ce pionnier fou, de l'autre côté de l'Atlantique, ne pouvait que m'attirer ! (Rire.)



Pourquoi?


Je n'analyse jamais pourquoi, je suis happé par un rôle. Paul, avec une grande honnêteté, fait l'examen approfondi de la vie de cet homme et du monde dans lequel il évolue. Cela m'a littéralement aspiré.



Quelle est votre méthode?


Mon travail est de mettre de côté toute subjectivité parce qu'il est essentiel de ne porter aucun jugement sur la vie du personnage que j'explore. Il faut être curieux de l'expérience humaine de l'autre, qui, en l'occurrence, est à l'opposé de la mienne !




Quelles recherches avez-vous effectuées ?



Paul Thomas Anderson n'arrivait pas à trouver le financement du film. Il est considéré comme un cinéaste inclassable et moi comme un acteur complètement dingue ! (Rire.) J'ai donc eu plus d'une année pour me préparer. Je me suis notamment inspiré de la voix de John Huston ainsi que de celles de migrants, de fermiers, d'ouvriers de l'Oklahoma dans les années 1920-30, car, à ma connaissance, il n'y a aucun enregistrement audio datant de la fin du XIXe siècle. Le travail d'acteur pourrait se réduire à un acte d'imitation, mais je n'en vois pas l'intérêt.



Simplement, un soupir, une intonation peuvent être la clé qui débloque quelque chose en vous. La voix est une profonde représentation de notre être, c'est une empreinte.




Un tournage difficile?



Pas plus qu'un autre, même si le deuxième jour je me suis brisé une côte. Je suis tombé de l'échelle en descendant dans le puits. La caméra continuait de tourner et le bruit que vous entendez est bel et bien celui de ma chute !

Lorsque je suis remonté, l'équipe m'a offert une banane, je ne sais pas trop pourquoi, je pense que c'était la manifestation d'une panique totale ! Mais encore une fois pour moi, le plaisir est dans le travail.




À bientôt 51 ans, dix-huit films seulement. Pourquoi êtes-vous si rare à l'écran ?




Jouer doit répondre à un pur besoin. Et cela dans tous les domaines de la création. Dans le passé, j'ai beaucoup sculpté le bois. J'aime bâtir, construire, travailler de mes mains, c'est un métier qui demande un effort, au jour le jour.














Est-ce justement douloureux de sortir d'un tel rôle ?



C'est plus une question de tristesse parce que l'expérience s'est achevée. Heureusement, avec une belle générosité, Paul Thomas Anderson m'a permis de participer à la postproduction du film.


Malgré tout, il y a une part de soi qui s'accroche encore et toujours. Alors, il faut avoir la sagesse de laisser le temps au temps. Quand j'étais plus jeune, j'étais très déstabilisé par le retour à la réalité. Mais maintenant que j'ai fondé une famille, je ne peux pas être absent dans ma propre maison.




Dans nombre de vos films, Le Temps de l'innocence, Gangs of New York, There Will Be Blood, c'est une page de l'histoire de l'Amérique qui est évoquée. Est-ce voulu?



C'est une coïncidence ! Si quelqu'un m'avait demandé d'imaginer ma vie il y a 25 ans, j'aurais répondu : raconter des histoires issues de ma propre expérience, des cultures anglaise et irlandaise.


La possibilité de faire des films en Angleterre était à l'époque très limitée. Mon avenir était uniquement théâtral et travailler en Amérique absolument inimaginable. Le cinéma de Scorsese, le jeu de Robert De Niro que j'admirais étaient pleins d'une énergie, d'une vigueur mystérieuse, bien au-delà de mon horizon. La vie en a décidé autrement !




Aimeriez-vous, à l'image de votre épouse Rebecca Miller qui vous a dirigé dans The Ballad of Jack and Rose, passer à la réalisation ?



Non ! Mais j'adore ses films. Quand je tourne, je prends plaisir à garder les choses secrètes. Comme un chat qui offrirait une souris, There Will Be Blood est le cadeau que je lui fais et qui vient récompenser toute sa patience à mon égard.



.http://www.lefigaro.fr/cinema/2008/02/26/03002-20080226ARTFIG00373-daniel-day-lewis-on-me-prend-pour-un-dingue-.php



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