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 David Servan Schreiber

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Bridget

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MessageSujet: David Servan Schreiber    Mar 21 Juin - 1:40

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David Servan-Schreiber: «Il faut s’accrocher jusqu’au bout»




Rencontre | Sans pathos, avec une sérénité socratique, le neuropsychiatre, auteur du best-seller Anticancer, parle de son combat contre la maladie qui le rattrape.





© BOUET/SIPA/DUKAS |
David Servan-Schreiber, photographié en 2004 à Paris dans l’appartement familial, en compagnie de Titus son chat abyssin






Rendez-vous à 18 heures dans l’appartement familial des Servan-Schreiber, à Neuilly. Après quelques minutes d’attente, David entre dans le petit salon où se déroulera l’interview, accompagné de ses deux frères, Emile et Franklin.

Malgré sa jambe gauche paralysée, le neuropsychiatre parvient à avancer. Franklin, derrière lui, soulève la jambe de son frère avec sa propre jambe.
Belle image que ce ballet fraternel, deux hommes au même regard bleu intense, soudés comme des siamois.
David Servan-Schreiber, pantalon beige, chemise et pull bleu clair, s’installe dans un fauteuil, le bras gauche immobilisé dans une écharpe.
Près de lui, Emile et Franklin, ainsi que Catherine, son attachée de presse et amie depuis la publication de Guérir, en 2003.



Matthieu Ricard, moine bouddhiste et écrivain, habite au Népal dans l’Himalaya. Ce jour-là, il profite de son séjour parisien pour venir saluer David Servan-Schreiber, son ami depuis dix ans.
Tous deux de formation scientifique, ils partagent la conviction que la méditation a des effets positifs sur la santé mentale et physique.



Comment allez-vous aujourd’hui? Comment vous sentez-vous ?


(David Servan-Schreiber parle en chuchotant, très lentement, au rythme du stylo de l’intervieweuse sur le bloc-notes.) Je me sens bien. Je suis content d’être là, avec vous, et d’avoir cet entretien, avec le soutien de Catherine.



Comment a évolué votre état de santé depuis un an ?


Il y a un an, tout allait très bien. J’acceptais des voyages, des conférences… Je jogguais encore, je jouais au squash plusieurs fois par semaine. J’allais assez souvent me promener dans Paris avec ma femme, Gwenaëlle.

On préparait une semaine de vacances ensemble, au Portugal. J’avais accepté de participer à Lisbonne à une grande conférence mondiale sur la résistance au processus de vieillissement. J’y suis allé seul finalement et, pendant trois jours, j’ai pensé à la mort. C’était une espèce de séance méditative qui m’a fait du bien.



Vous pensiez à votre propre mort ? Existe-t-il dans ce cas-là des pensées qui rassurent ou qui consolent ?


La première idée qui console, c’est qu’il n’y a rien d’injuste dans la mort. Dans mon cas, la seule différence, c’est le moment où cela arrive, pas le fait que cela arrive ( ndlr: il a fêté ses 50 ans en avril ).

La mort fait partie du processus de vie, tout le monde y passe. En soi, c’est très rassurant. On n’est pas détaché du bateau. Ce n’est pas comme si quelqu’un disait: «Toi, tu n’as plus de carte, tu ne peux plus monter.» Ce quelqu’un dit simplement: «Ta carte s’épuise, bientôt, elle ne marchera plus.
Profites-en maintenant, fais les choses importantes que tu as à faire.»



Quelles sont-elles, ces choses importantes qui restent à faire ?


Déjà, dire au revoir aux gens qui sont sur le bateau et qu’on aime. Ensuite, dire pardon à ceux à qui il faut dire pardon, et s’entendre dire pardon de ceux dont on a besoin qu’ils nous disent pardon.



Vous l’avez déjà fait ? Ça a marché ?


Pas toujours… Je peux essayer avec Catherine si vous voulez! (Elle rit.)



Pourquoi faut-il se dire au revoir ?


C’est très important, même si c’est assez lourd. Il faut prendre rendez-vous avec quelqu’un en lui disant: «J’ai des choses importantes à te dire», et le moment venu, annoncer: «Il faut que je te dise au revoir.»



Dire au revoir plusieurs fois, c’est une façon de dédramatiser ce moment ?


Oui, c’est une façon de ne pas donner aux autres le sentiment qu’on les attire dans un piège. Même si c’est un peu vrai…



On ne sait pas toujours comment réagir avec une personne qui vous annonce une maladie grave. Quelles sont les paroles qui sonnent juste ?


Je pense que c’est beaucoup plus facile que ce que l’on se raconte. Il faut dire des choses qui manifestent que la personne est importante pour nous, qu’on a envie d’être là pour l’accompagner.
Le plus simple, c’est de mettre un bras sur son épaule et dire: «Je suis désolé d’apprendre ça, vraiment, cela me fait beaucoup de peine.» Il faut que ce soit sincère. Généralement, ça l’est.



Ces paroles-là vous consolent ?


Non, on ne peut pas se consoler avec cette histoire, mais ça me rassure, oui.



Pourquoi avez-vous voulu écrire ce livre ?


(On sonne à la porte d’entrée.) Le plus important dans la situation que je vis maintenant, c’est de se mettre au carré.
De prendre le temps de réfléchir à certaines choses: qu’est-ce qu’on se dit ? Comment on se le dit ? Comment on s’y prend quand on est devant le mur?
Même quand on y a réfléchi comme moi depuis longtemps, même quand on l’a enseigné comme moi, même quand on a écrit dessus comme moi, cela reste une véritable épreuve.



Cela vous aide d’y avoir réfléchi avant ?


C’est incomparable. (Entre Matthieu Ricard.) Salut, Maître! (Matthieu Ricard lui caresse l’épaule et s’installe dans une chaise à côté de lui.) Bienvenue. Tu viens d’où ?


Matthieu Ricard (Chuchotant à son tour.) J’étais en Corse, et avant ça, j’étais au Népal et un peu partout. Je continue…


DSS (Reprenant.) Cela m’a aidé à ne pas me sentir pris de court, c’est déjà énorme. La première fois (sa tumeur au cerveau a été diagnostiquée en 1992, il avait 31 ans), je me suis senti très démuni, j’avais le sentiment d’être à poil dans un champ, avec des chasseurs de chaque côté, prêts à tirer. (Il se tourne vers Matthieu Ricard.) Ce n’est pas une image très bouddhique.

Aujourd’hui, je suis à poil dans un champ avec des tireurs de chaque côté, mais je suis plus préparé. Cela fait longtemps que je savais que ça allait arriver. Et puis j’ai accompagné des amis à travers le champ.



Bernard Giraudeau, par exemple ?


Je l’ai accompagné, mais pas totalement. A la fin, il était trop loin. J’étais moi-même malade, c’était trop compliqué de garder le lien. Il y en a eu d’autres, mais il ne faut pas trop faire de pathos non plus et transformer cela en séances de Grand-Guignol!



Votre dernier livre est aussi une défense de votre méthode «Anticancer» qui insiste, à côté des traitements conventionnels, sur l’importance de l’alimentation, de l’exercice physique et du contrôle du stress dans la lutte contre la maladie…


Je ne voudrais pas que ce qui m’arrive jette un doute sur ma méthode. Je suis censé être Monsieur Anticancer qui fait tout bien – ce qui est vrai d’ailleurs –, et paf!, c’est moi qui fais une rechute. Les gens peuvent se dire: «Si même lui, il n’y arrive pas, comment est-ce que moi, je peux faire ?»



Que dites-vous à ceux qui douteraient d’«Anticancer» ?


Je leur dis que c’est légitime qu’ils se posent la question. Personnellement, je n’ai aucun doute sur le fait que les méthodes d’«Anticancer» ont un impact majeur pour renforcer les défenses naturelles du corps contre cette maladie, ainsi que bien d’autres d’ailleurs.

La science qui soutient ça est solide. Mais il faut savoir deux choses.
La première, c’est que je n’ai jamais promis de traitement miracle. Il n’y a pas de traitement miracle contre le cancer, qui est une maladie très difficile.
La deuxième, c’est qu’il ne faut surtout pas arrêter les traitements conventionnels: ils ne sont pas efficaces à 100%, mais ils sont essentiels, car ils réduisent la progression de la maladie, voire la font reculer, parfois très nettement.
Et ce n’est pas parce qu’on a un copain chez qui la chimio n’a pas marché qu’on va se mettre à crier partout que la chimio ne marche pas!
Je leur dis enfin qu’il faut s’accrocher jusqu’au bout parce qu’il y a des traitements qui ralentissent le processus du cancer.



Le programme «Anticancer» a-t-il ralenti la progression de votre tumeur ?


Si vous me le demandez, je suis convaincu qu’«Anticancer» a joué un rôle important dans le fait que je survis au cancer depuis maintenant dix-neuf ans, alors qu’au premier diagnostic mes chances n’étaient que de six ans.
Je n’ai pas fait d’étude sur 1000 personnes en double aveugle avec un contrôle placebo pour prouver que cela marche. Je ne suis qu’un cas clinique.

Mais même mon cancérologue a fini par aller dans mon sens. Lors d’un rendez-vous en janvier dernier, il m’a pris par le bras et m’a dit: «Ecoutez David, tout ce que vous faites à côté, c’est quasi certain que ça marche. Alors, quoi que vous entendiez, quoi qu’on vous dise, ne lâchez pas.» J’étais très fier.



Avez-vous des regrets au sujet de votre mode de vie ?


Moi, je suis passé à côté d’«Anticancer». J’ai vraiment cru que manger comme il fallait – du curcuma, des oignons… – m’autorisait à être moins vigilant sur le stress dans ma vie. Je pensais que quinze minutes de yoga et de méditation tous les matins suffisaient. Mais cela ne contrebalance pas le fait que parcourir trois villes européennes dans la même journée, avec une conférence à chaque fois, c’était trop. Je pense aujourd’hui qu’il faut commencer par maîtriser les sources incessantes de stress.



Vous avez des regrets ?


Non.


C’est paradoxal…


Je dirais… ambivalent.



En quoi ce livre vous aide-t-il, vous porte-t-il ?


Je suis mieux depuis que j’ai recommencé à écrire. Ecrire engage un processus incroyable: il transforme une expérience personnelle difficile et douloureuse en une contribution qui, avec un peu de chance, sera universelle et chaleureuse.

L’idée que mon expérience peut aider d’autres personnes me fait beaucoup de bien. Ce n’est pas gagné, mais il y a une vraie chance, je l’espère. (Il croise les doigts.)



Vous écrivez qu’il ne faut jamais baisser les bras. Quels sont vos espoirs aujourd’hui ?


L’espoir se situe clairement dans la combinaison des thérapies conventionnelles et des thérapies complémentaires. Il a été prouvé que certains traitements classiques marchent d’autant mieux qu’ils sont associés à des thérapies complémentaires.



Matthieu Ricard, quand on est au pied du mur, tout près de la mort, que dit la philosophie bouddhiste ?


Matthieu Ricard Comme le disait David, la mort est tellement essentielle qu’il faut s’y préparer afin que ce ne soit pas un choc. Le fait qu’un bouddhiste réfléchisse constamment à la permanence et à la mort n’a rien de morbide.

C’est au contraire une façon de donner de la valeur à chaque instant qui passe. Dans un ermitage, un ermite va retourner tous les soirs son bol comme si c’était la dernière fois qu’il l’utilisait. Ce n’est pas pour s’attrister mais pour signifier que chaque moment est de l’or fondu qui coule doucement.



Avez-vous dit au revoir à votre ami, David Servan-Schreiber ?


Matthieu Ricard On peut s’épargner ça quand même, non? Je ne suis vraiment pas sentimental de ce point de vue-là.
Dans le monde où je vis, dans l’Himalaya, cela se fait dans la simplicité, sans pathos!

Si le moment est venu, on accompagne la personne avec des conseils spirituels, avec une présence d’amour, d’amitié.
Mais faire des sentiments, «ah! mon cher ami, comme je t’ai aimé», ce n’est pas le moment! C’est le moment de trouver le calme et la sérénité.
On demande notamment aux gens de ne pas pleurer, de ne pas hurler pour ne pas troubler la personne qui s’en va. Ce moment, quand il arrive, doit se faire comme un prolongement de la pratique spirituelle et pas comme un arrachement.

Le monde n’est pas injuste parce que l’on meurt à un moment ou à un autre. Et puis c’est la qualité de la vie qu’on mène jusqu’au dernier moment qui compte. En fait, la mort est l’aboutissement d’une belle vie.



Vous êtes d’accord David Servan-Schreiber ? On ne peut pas réussir sa mort si on n’a pas réussi sa vie ?


On le peut, mais c’est plus compliqué. C’est plus simple si on a donné un sens.



]
On peut se dire au revoir plusieurs fois, Robert Laffont, 2011


Eve Roger, ©2011 Le Nouvel Observateur, tous droits réservés | 18.06.2011 | 00:01


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Dernière édition par Bridget le Mer 27 Juil - 1:08, édité 8 fois
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Bridget

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MessageSujet: Re: David Servan Schreiber    Mar 21 Juin - 1:53



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Le combat contre la mort de David Servan-Schreiber


L'auteur d'"Anticancer", victime d'une grave récidive d'un cancer du cerveau, publie "On peut se dire au revoir plusieurs fois". Il a tenu à témoigner dans Le Nouvel Observateur. Par Eve Roger.







L’appartement est inondé de lumière, malgré le ciel argent de ce dernier jour de mai. La baie vitrée surplombe une avenue arborée de Neuilly. A l’intérieur, une large table familiale, encombrée de paperasse ; un piano et une partition de Bach ouverte sur une toccata. L’interphone sonne à intervalles réguliers, l’agitation règne. Tout le monde, ici, semble s’affairer autour d’un seul, David. David Servan-Schreiber.

En juin 2010, le célébrissime neuropsychiatre, auteur d’"Anticancer" et de "Guérir", atteint d’un cancer du cerveau depuis près de vingt ans, a fait une grave rechute. En février, des zones de prolifération cancéreuse, inopérables, ont fait leur apparition dans son lobe frontal. Depuis, la partie gauche de son corps est paralysée. Son œil, son bras, sa jambe sont touchés, jusqu’à ses cordes vocales.

Au mois d’avril, David Servan-Schreiber a fêté ses 50 ans dans l’appartement parisien de son frère, Franklin. A ses amis proches, il a décidé de dire la vérité : "Je suis atteint d’un glioblastome de stade 4 dont les pronostics sont parmi les plus mauvais de tous les cancers." Mais la bataille continue, a-t-il insisté. […]
Edouard, Franklin, Émile et David Servan-Schreiber




Edouard, Franklin, Émile et David Servan-Schreiber. (DR)




Un extrait du livre testament de David Servan-Schreiber : la leçon de courage


"Mon père, Jean-Jacques, avait des méthodes bien à lui pour nous apprendre le courage". Le neuropsychiatre, victime d'une grave rechute d'un cancer du cerveau, publie "On peut se dire au revoir plusieurs fois". En voici un premier extrait.



> La leçon de courage de Jean-Jacques

"Mon père, Jean-Jacques, avait des méthodes bien à lui pour nous "apprendre le courage". Je me souviens de ce séjour en Floride où il me conduisait chaque soir, à l'heure où la mer est la plus calme, à bord d'un bateau de ski nautique pour m'initier à ce sport. Je savais qu'il y avait des requins dans les parages.


C'était déjà suffisamment angoissant de jour. Tard le soir, j'étais mort de frousse. Mais requins ou pas, il fallait sauter dans l'eau, sinon mon père se chargeait de m'y jeter. Il n'avait pas peur des requins, lui. Je n'avais qu'à faire comme lui. Les requins, m'expliquait-il, mangent des poissons plutôt que des enfants, et il y a très peu d'accidents. Il estimait que le ski nautique valait la peine qu'on prenne de menus risques.


Inutile de dire que j'étais très motivé pour sortir de l'eau à la vitesse de l'éclair, rester très concentré sur mon équilibre et apprendre rapidement à ne pas tomber... Rien n'est plus flippant que de skier entre chien et loup sur des eaux noires où l'on croit deviner l'ombre d'un requin. Rien. Pas même une gravissime rechute de cancer. [...]



Quand on a traversé le risque et qu'on a survécu, on n'est plus tétanisé devant le danger. On "apprend le courage".

C'est exactement ce que voulait mon père, qui était lui-même d'une hardiesse folle. Pas seulement dans les sports de glisse, où il avait une prédilection pour le ski extrême en terrain avalancheux.


Vers 1940, alors qu'il passait son bac français à Grenoble, il avait escaladé la façade du lycée et décroché le drapeau à croix gammée suspendu au-dessus du portail. Il avait 15 ans, et portait un short de l'armée anglaise...

Dans les moments critiques où il faut "tenir" contre l'adversité, l'idée qu'on a de ce sang-là dans les veines, qu'on a été entraîné au combat par ce trompe-la-mort est d'un grand secours [...]



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liliane
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MessageSujet: Re: David Servan Schreiber    Lun 25 Juil - 7:56

Le neuropsychiatre David Servan-Schreiber, qui luttait contre une grave rechute d'un cancer apparu en 1992, s'est éteint ce soir à l'hôpital des Hauts Falaises à Fécamp (Seine-maritime).

"Mon frère s'est éteint entouré de ses trois frères et de sa mère à l'hôpital des Hautes falaises, à Fécamp. Il est parti en douceur. Il s'est éteint en paix et sereinement", a déclaré à l'Agence France-Presse son frère Franklin. Agé de 50 ans, David Servan-Schreiber, décédé peu avant 22h, était "depuis trois jours dans un semi-coma", a-t-il précisé. "Son fils Sacha était présent une heure avant qu'il parte", a-t-il ajouté.

"Je ne voudrais pas que ce qui m'arrive jette un doute sur ma méthode." David Servan-Schreiber avait en effet acquis la célébrité en prônant l'utilisation de méthodes parallèles contre la dépression et le cancer. "Devant l'accumulation des risques d'une surmédicalisation que plus personne ne contrôle, il est temps que nous fassions entrer les méthodes de traitement naturelles dans notre culture médicale", écrivait-il en 2005. Surnommé parfois "prophète du bien-être", avec son large sourire, ce descendant d'une lignée de grands entrepreneurs à qui tout réussit a lui aussi connu un énorme succès avec ses ouvrages "Guérir", en 2003, et "Anticancer", en 2007. Chacun de ces deux livres s'est vendu à plus d'un million d'exemplaires (près de 2 millions pour "Anticancer"). Tous deux ont été traduits en près de 40 langues.

"Il voulait toujours être premier"

Il faut dire que dans la famille, on est brillant. David n'échappait pas à la règle. "Il voulait toujours être le premier", confie Liliane, l'intendante depuis toujours de la famille. De père en fils, on est aussi fasciné par l'Amérique du nord. David passera même une bonne partie de sa vie aux Etats-Unis.

Né le 21 avril 1961 à Neuilly, il entre à la faculté de médecine Necker-Enfants malades en 1978, et achève ses études à l'université Laval, au Québec, en 1984. En 1985 il est chercheur à Pittsburgh, et crée en 1988 un laboratoire de neurosciences cognitives cliniques, qu'il codirigera jusqu'en 1997. En 1991 il est au Kurdistan avec Médecins sans frontières, avant de participer à des missions au Guatemala, en Inde, au Tadjikistan et au Kosovo.

Professeur assistant de psychiatrie à la faculté de médecine de Pittsburgh en 1993, il y crée en 1998 un centre de médecine complémentaire. Il recevra en 2002 le prix du meilleur psychiatre de Pennsylvanie. La même année, il crée et dirige en France l'Institut d'EMDR, une thérapie psychologique fondée sur les mouvements oculaires, utilisée dans le traitement des syndromes de stress post-traumatiques. Chargé de cours à la faculté de médecine de Lyon-I, il reste en parallèle professeur clinique de psychiatrie à la faculté de médecine de Pittsburgh.

"Il n'y a pas de 'cure miracle' contre le cancer"

Guérir, paru en 2003, s'attaque à la dépression, au stress et à l'anxiété, qu'on peut combattre par des approches naturelles, "sans médicaments ni psychanalyse". Anticancer : prévenir et lutter grâce à nos défenses naturelles va plus loin, en s'attaquant à la maladie qui cause le plus de décès dans le monde entier. Publié après une première rechute d'un cancer dont les premières manifestations dataient de 1992, le livre souligne comment des méthodes non conventionnelles - exercice physique, méditation, lutte contre le stress, nutrition contrôlée -, peuvent renforcer les thérapies classiques, en augmentant le potentiel naturel d'autodéfense. Même s'il a affirmé et réaffirmé que ces méthodes ne devaient venir qu'en renfort aux approches conventionnelles, des cancérologues lui ont reproché de proposer des règles "simplistes, sans preuve scientifique à la clé".

Après une grave rechute, David Servan-Schreiber avait publié en juin 2011 son dernier livre, "On peut se dire au revoir plusieurs fois", pour répondre à la question : "Si je suis rattrapé par la maladie alors que je pense, mange, bouge, respire et vis anticancer, alors que reste-t-il d'Anticancer ?". Et il y affirmait : "Il n'y a pas de 'cure miracle' contre le cancer, pas de réussite à 100%. On peut mettre tous les atouts dans son jeu, mais le jeu n'est jamais gagné d'avance". "Je suis heureux", confiait-il, "d'avoir été porteur de valeurs auxquelles je reste extrêmement attaché", à savoir "la capacité vitale de reprendre le pouvoir sur soi-même".

Dans sa phase ultime, la maladie avait reconstitué autour de lui le clan Servan-Schreiber, les quatre fils de Jean-Jacques et de Sabine Becq de Fouquières. Le fondateur de l'Express, atteint d'une dégénérescence affectant la mémoire, est mort en novembre 2006, à l'âge de 82 ans.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/07/24/97001-20110724FILWWW00168-david-servan-schreiber-est-mort.php
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MessageSujet: Re: David Servan Schreiber    Lun 25 Juil - 15:01

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DAVID SERVAN-SCHREIBER


Créer du lien jusqu'au dernier souffle








Ursula Gauthier, journaliste au "Nouvel Observateur", et co-auteur du dernier livre du neuropsychiatre, se souvient de son ami,"un être rare".



L’être rare qui vient de nous quitter était mon ami. Ce n’était ni un immense penseur, ni un philosophe, ni un mandarin de la science ou de la médecine. Il se définissait lui-même doublement comme un scientifique et un humain pourvu d’affect. La tête et le cœur, l’intellect et l’émotion, c’est ce qui fait tout le prix du message qu’il a transmis dans ses trois livres.



A quoi il faut ajouter un aspect plus intime, dévoilé dans son dernier livre : un goût assez étonnant pour l’exploit sportif extrême et un courage physique confinant à la témérité. La tête, le cœur, le corps : c’est le triangle de David.




"Gourou new age"



Scientifique, il l’était avant tout, passant chacune de ses opinions, chacune de ses affirmations au tamis serré des études les plus sérieuses, les plus indiscutables, qu’il allait chercher à la source, dans les revues scientifiques les plus exigeantes. Rien n’est plus injuste que l’accusation qui a volé parfois, l’assimilant à un pseudo-savant, une sorte de "gourou new age".



Je sais, pour l’avoir longuement interviewé puis pour avoir collaboré avec lui sur l’écriture de ses deux derniers livres, qu’il n’avançait jamais aucune hypothèse sans l’avoir dûment fondée sur une documentation en béton, constituée en compulsant des dizaines de publications spécialisées. Le "vulgarisateur" (au sens noble) qu’il était devenu n’avait rien abandonné de la rigueur du chercheur de très haut vol qu’il avait été jusqu’à l’âge de 30 ans, quand la maladie l’a éjecté de sa trajectoire.



"Existence menacée"



Le cœur, l’importance cruciale des liens émotionnels, a été pour David une découverte assez tardive. Il avait été élevé plutôt "pour faire de grandes choses" et "réaliser un destin hors du commun".
Son père, Jean-Jacques, fondateur de l’Express, élu et éphémère ministre sous Giscard, le destinait à une carrière publique. Bon gré mal gré, David a dû porter ces attentes d’autant plus dévorantes qu’elles devaient compenser les ambitions déçues de son père.



Dans "Anticancer", David raconte le poids que ces espoirs démesurés ont fait peser sur ses épaules durant toute son enfance et sa jeunesse. Et le soulagement qui l’a saisi quand, à l’âge de 31 ans, il a découvert – par un hasard inouï – la tumeur qui rongeait son cerveau.
La menace gravissime qui faisait irruption dans sa vie le sauvait paradoxalement du carcan de la "mission" imposée. Elle le replaçait sur son propre terrain, face à sa propre logique, le sommait de faire ses propres choix, de tracer sa propre trajectoire. De donner par lui-même un sens à son existence menacée.




Star de la science



C’est une des raisons pour lesquelles, bien que combattant le cancer avec la plus extrême détermination, David n’a jamais manifesté de la haine ni de la colère contre le sort qui le faisait basculer définitivement dans le camp des malades.
Avant cette collision avec la maladie, il avait bien tenté de se libérer ; il avait subrepticement dévié de la voie tracée d’avance (politique, médiatique), pour se tourner vers un univers tout autre : la médecine et la recherche.



Mais il restait encore, obscurément, sous l’emprise de cette quête dévorante de l’exception. Par exemple, il avait choisi un secteur en flèche de la recherche fondamentale : les neurosciences.
Et au sein de ce secteur, un sujet encore plus pointu : la modélisation informatique des réseaux neuronaux. Son directeur de thèse était un prix Nobel.
A trente ans, il était bien placé pour gagner sa place au firmament des "stars" de la science.




Le cancer



Le cancer – et peut-être, comme il le raconte avec humour dans son dernier livre, la chirugie qu’il a dû subir, avec l’ablation d’une partie de son lobe frontal droit – l’ont changé en profondeur.
Un David sensible, voire ultra-sensible, est né de cette épreuve : s’attendrissant avec une facilité déconcertante, toujours au bord des larmes, entrant sans aucune peine en résonance avec la souffrance d’autrui.




Pour un psychiatre, cela semble aller de soi, mais ce n’est malheureusement pas toujours le cas. C’est grâce au cancer, m’a-t-il toujours affirmé, qu’il est réellement devenu un médecin, après avoir été un scientifique pur. Il a été capable d’un échange réel avec ses patients, d’une connivence profonde fondée sur la communauté dans l’épreuve, même s’il se gardait bien d’accabler ses patients avec son problème personnel.
Bien qu’il ne s’en vante pas, je sais qu’il est alors devenu un thérapeute exceptionnel, un de ces médecins qui ont le don d’enclencher un processus de guérison par leur seule présence et la simple attention qu’ils portent à leur patient.




"Psychiatre de service"




Cette découverte du lien profond avec le "tout un chacun" des malades qu’il devait soigner dans son hôpital général à Pittsburgh a constitué pour lui un magnifique saut dans le domaine peu exploré de l’émotionnel.
"Guérir" et "Anticancer" sont issus, plusieurs années plus tard, de cette découverte. Dans l’immédiat, David a d’abord "fait le ménage" dans sa vie.



Il a abandonné les cimes glacées de la recherche fondamentale pour la tâche plus humble mais bien plus enrichissante du "psychiatre de service". Il a trouvé sa propre voie, une voie qu’il définissait ainsi : "créer du lien", "partager en profondeur", "contribuer au bien-être d’autrui", "donner un sens aux choses"…



Médecine douce



Dans le même temps, il s’est passionné pour les médecines dites "complémentaires" qui commençaient à peine à être explorées aux Etats-Unis.

"Complémentaires" s’entend vis à vis de la médecine "dominante", que ces méthodes n’entendent pas remplacer, mais compléter, en redonnant une place à des approches négligées ou oubliées : le continent fascinant des gymnastiques dites "douces" – yoga, taïchi, qigong, etc. –, la méditation héritée de pratiques orientales, les massages, des exercices plus "modernes", comme la cohérence cardiaque, voire des rituels de guérison inspirés des pratiques shamanistiques ou amérindiennes.



Ces approches sont aujourd’hui mieux connues, et les études existantes confirment leur valeur dans le traitement des souffrances psychiques.
Il a fallu un courage et une ténacité rares au jeune médecin qu’était David pour convaincre sa hiérarchie de l’intérêt d’ouvrir le premier centre hospitalier consacré à ces approches nouvelles.



Toujours le syndrome Servan-Schreiber ? Toujours la quête éperdue de l’excellence ?

Ou plutôt, comme je le crois, le fruit d’une curiosité inépuisable et d’un authentique instinct d’innovation... J’ai pu m’apercevoir, au travers de nos innombrables heures de discussion, que David était une véritable tête chercheuse capable de repérer le sujet le plus "brûlant" et le plus prometteur dans son domaine, tout en ne perdant jamais de vue l’humble dimension humaine dont il avait compris une fois pour toute la valeur.




Casse-cou



Le corps, donc, et son extraordinaire capital de guérison, ne quittera plus son champ de pensée. Il avait jusqu’alors un rapport assez "spartiate" au corps, voire "militaire", comme il raconte avec tendresse et humour dans son dernier livre.

Une conception et des pratiques inculquées par son père, lui-même mémorable trompe-la-mort.



Je dois avouer mon immense surprise quand j’ai découvert que ce scientifique lisse, aux allures ultra-policées, incapable d’élever la voix ou d’exprimer un mouvement d’humeur, était un authentique casse-cou pratiquant des sports extrêmes dans des conditions souvent limites.

Je le revois encore sur une plage de l’île de Ré (où nous travaillions sur "Anticancer"), se jeter à la mer et nager droit vers le large, sa tête devant de plus en plus petite sur les vagues, puis disparaissant complètement.



Puis, après une durée interminable, la petite tache brune qui finissait par réapparaître à l’horizon et s’approchait du rivage. Il sortait de l’eau épuisé, magnifiquement heureux, et déclarait avoir nagé jusqu’à l’extrême limite de sa capacité, en calculant au plus juste les forces dont il aurait besoin pour le retour…




Face à la mort



Ce courage parfois insensé, qu’il attribuait à la leçon de son père, explique en partie cette sorte de "gourmandise" paradoxale qu’il avait en vivant les épisodes les plus durs de sa maladie.
C’était encore une épreuve à surmonter, encore une occasion de pousser la machine au maximum, et une chance de découvrir des "sensations-expériences-idées" inconnues…

C’est peut-être ce qui explique sa sérénité à l’approche de la mort, qu’il a regardée en face sans peur ni bravade, comme une ultime chance de vivre – vivre, encore – quelque chose d’exceptionnel.



En tant que médecin, David ne connaissait que trop le prix de tout ce qui peut sauver les mourants de l’angoisse. Il pensait avoir des connaissances, tirées de sa longue pratique médicale, sur cette question difficile.

Fidèle à ses choix ("contribuer", "créer du lien", "donner du sens", "partager ce qui a du prix"), il a voulu partager ces idées avec le plus grand nombre.

Et bien que sa santé soit déjà très compromise, il a choisi de consacrer le plus clair de ses dernières forces à mettre en forme cet ultime message. David, l’être rare qui voulait créer du lien, jusqu’au dernier souffle.



Ursula Gauthier - Le Nouvel Observateur


Ursula Gauthier a notamment collaboré avec David Servan-Schreiber à l'écriture d'"Anticancer" (Robert Laffont, 2007); elle a été co-auteur de son dernier livre "On peut se dire au-revoir plusieurs fois" (Ed. Robert Laffont, juin 2011).



http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20110725.OBS7574/david-servan-schreiber-creer-du-lien-jusqu-au-dernier-souffle.html




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Bridget

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MessageSujet: Re: David Servan Schreiber    Mer 27 Juil - 1:01





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David Servan-Schreiber reposera à Veulettes-sur-Mer









Attaché à la Normandie, David Servan-Schreiber s'est éteint ce dimanche à Fécamp. Son frère témoigne.



Médecin et spécialiste des neurosciences cognitives, l'écrivain David Servan-Schreiber s'est éteint à l'âge de 50 ans ce dimanche à l'hôpital des Hautes-Falaises à Fécamp (Seine-Maritime) où il était hospitalisé depuis une semaine.

Le neuropsychiatre - fils aîné de Jean-Jacques Servan-Schreiber (JJSS), une figure marquante de la vie politique française des années 1970 - luttait contre une grave rechute d'un cancer du cerveau apparu en 1992.

David Servan-Schreiber avait connu la célébrité avec deux ouvrages traduits en 40 langues, « Guérir », publié en 2003, et « Anticancer », en 2007, vendus à plusieurs millions d'exemplaires.


Dans le premier, il présentait sept approches naturelles pour guérir anxiété et dépression, « sans médicaments ni psychanalyse ».

Dans le second, où il évoquait la tumeur au cerveau dont il était atteint, il préconisait des méthodes permettant d'augmenter le potentiel naturel d'autodéfense et de renforcer le traitement traditionnel : exercice physique, méditation, lutte contre le stress, nutrition contrôlée…


Suite à sa rechute en 2010, il avait récemment publié « On peut se dire au revoir plusieurs fois », un petit ouvrage intime et personnel pour parler des difficultés qu'il traversait.



Joint hier, son frère Franklin confie : « Mon frère s'est éteint entouré de ses trois frères et de sa mère. Il est parti en douceur, en paix et sereinement. »

Franklin Servan-Schreiber rappelle surtout le lien qui unit sa famille avec Veulettes-sur-Mer en Seine-Maritime. Ses grands-parents furent maires du village pendant plus de vingt ans. « C'est la maison de famille de notre enfance, il y avait les cousins, les oncles, les tantes…

C'est la mer et le plaisir de se baigner ensemble. Ca forge l'esprit de corps. C'est aussi l'ancrage dans le terroir. Mon père est également mort à Fécamp.


Lorsque David a commencé à faiblir, on savait que la chimio était le dernier remède d'espoir. Il venait de boucler son dernier livre, il a donné deux interviews puis est venu à Veulettes à la mi-juin. Le temps était merveilleux. Nous l'avons installé dans une chambre, l'ancien bureau de notre père, au rez-de-chaussée. Il y a reçu tous les soins médicaux, le personnel soignant a été formidable, à l'hôpital également… »



Christian Legrand, maire de Veulettes, rend aussi hommage au médecin-écrivain : « J'ai appris sa mort dimanche soir, en rentrant tardivement après une balade sur la plage. Son grand-père avait été maire en 1947, puis sa femme Denise. Ils ont eu quatre enfants, Jean-Jacques, Christiane (Collange), Brigitte (Gros) aujourd'hui décédée, et Jean-Louis, le directeur de journaux…

La famille et le domaine de la Ferme de la Vallée sont surtout très connus des anciens du village car la population a été renouvelée à 80 %. Moi, j'étais boulanger pendant quarante ans, j'ai donc connu tous les enfants et petits-enfants. Sa disparition est une triste nouvelle… »


David Servan-Schreiber sera inhumé jeudi à Veulettes-sur-Mer (Seine-Maritime) lors d'une cérémonie strictement familiale dans l'après-midi. « La veille, une cérémonie publique se déroulera à 17 h 30 en l'église Saint-Eustache de Paris, dans le quartier des Halles. Nous ne souhaitons pas de fleurs mais des dons pour l'institut Curie qui lutte contre le cancer », souligne le frère du défunt.


« Son dernier livre était un vrai message d'amour, il parlait de la mort. Il est numéro un depuis quatre semaines, c'était très important pour lui d'avoir eu des lecteurs jusqu'au bout… »



http://www.paris-normandie.fr/article/societe/david-servan-schreiber-reposera-a-veulettes-sur-mer



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