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 LA DANSE EN HERITAGE

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Bridget

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MessageSujet: LA DANSE EN HERITAGE   Dim 10 Avr - 15:59

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LA DANSE EN HÉRITAGE




Continuer ou se saborder ?

La disparition des chorégraphes Maurice Béjart, Pina Bausch ou Merce Cunningham pose la question de la survie de leurs compagnies.










Passé l’émotion et la stupeur liées à la disparition, il y a peu, des stars de la danse qu’étaient Maurice Béjart, Pina Bausch et Merce Cunningham, il a fallu pour chaque compagnie orpheline envisager la suite.




Avec plus ou moins de sérénité.

D’un point de vue pratique, on s’interroge sur la viabilité des tournées, on renégocie des subventions bien souvent tributaires de la – forte – personnalité de ces artistes visionnaires installés à Lausanne, Wuppertal ou New York.

Quant à la dimension artistique, primordiale, elle pose la question du futur : une compagnie peut-elle survivre à son créateur ? Et si oui, avec quels moyens, quels ballets ?


L’exemple douloureux de la succession de la chorégraphe américaine Martha Graham est dans toutes les mémoires.

Figure de la modern dance, qui révéla le danseur Merce Cunningham, elle ouvrit une école fréquentée par… Madonna, entre autres. La Graham laissa à sa disparition, en 1991, des dizaines de ballets à son protégé, Ron Protas. Un legs malheureux, Protas les interdisant par la suite aux danseurs de la troupe ! Les dettes s’accumulent, le bâtiment historique est vendu, la compagnie cesse de se produire en 2000. Un jugement en 2002 – qui confirme que Martha était une salariée du Graham Center – permet enfin de décanter la situation. Et la danse de la grande dame de revivre sur scène.








Merce Cunningham, l’autre vedette du XXe siècle américain, s’y prend autrement.

Diminué physiquement mais ayant toute sa tête, il décide de l’avenir de sa compagnie : le 9 juin 2009, six semaines avant sa ­disparition, il annonce qu’à sa mort la Merce Cunningham Dance Company entamera une ultime tournée mondiale.

Dont le final à New York en décembre 2011 au Park Avenue Armory se fera avec des places à 10 dollars !


La compagnie sera ensuite dissoute, les danseurs et autres accompagnateurs payés une année supplémentaire.
Enfin, l’héritage de Merce sera conservé sous forme de « dance capsules », avec une documentation sur la plupart des chorégraphies légendaires du maître !

Ainsi, le style Cunningham pourra survivre à son démiurge.

Problème cependant, les sommes nécessaires – quelque 8 millions de dollars – sont loin d’être réunies ! Il est en effet plus facile de récolter des fonds du vivant d’un artiste avec force dîners de gala où la bonne société se montre. Et paie !









Du côté de Lausanne, la situation de l’après-Béjart est aujourd’hui plus simple à défaut d’être rassurante.

Maurice Béjart avait insisté pour que son danseur fétiche, Gil Roman, continue son œuvre.
Ce qu’il fait depuis décembre 2007, prenant les rênes de l’institution avec des dizaines d’interprètes venus du monde entier.


Au-delà de l’aspect budgétaire – la compagnie est assurée du soutien de la ville de Lausanne pour encore trois ans –, Gil Roman est persuadé qu’il faut insuffler un sang nouveau : « Une troupe qui ne crée pas de nouveaux ballets meurt à petit feu. »


Si l’héritage Béjart fait vendre, il faut que les danseurs qui, pour un tiers, n’ont même pas connu Maurice aient de la nouveauté à travailler.

« Le Béjart Ballet Lausanne a soif », résume Gil Roman. Ce sera, en plus du « Sacre » ou de « Dionysos », les tubes de Maurice Béjart, un « Aria » écrit par Roman ou cette création à venir de l’Américain Alonzo King.


« Au moment de créer “Aria” avec le BBL, juste après avoir signé avec la ville pour renouveler nos subventions, il y avait une tension pour nous tous : on savait que cette création était importante au plus haut point. »


Gil Roman ne le dit pas, mais on comprend le message : une compagnie moderne qui ne vivrait que sur son répertoire n’aurait pas d’avenir.

Les tournées comme celle-ci en France sont essentielles pour stabiliser le budget. Et avec des Zénith, on rentabilise au mieux, de l’avis du producteur privé.
« Mais on ne cède rien sur la qualité », précise Gil. « On va montrer que la compagnie vit sans faiblesse. » Et sans Béjart.











A Wuppertal, en Allemagne, la mort soudaine de Pina Bausch en juin 2009 a surpris tout le monde.

Passé le choc émotionnel, il a fallu penser l’avenir immédiat.
Le Français Dominique Mercy, l’un des plus proches collaborateurs de la chorégraphe et danseur du Tanztheater Wuppertal, résume l’état d’esprit d’alors : « Il était évident pour chacun des membres de la compagnie qu’il fallait continuer.

La question était : “Comment ?”. Avec un directeur, sous la forme d’un collectif ?

Pas mal de regards se sont tournés vers moi. J’ai accepté, je ne pouvais tourner le dos. »

Aidé de l’assistant de Pina, Robert Sturm, Dominique Mercy est le codirecteur ­artistique actuel.

Fort du soutien de la ville de Wuppertal jusqu’en 2013 dans un premier temps. « Pina n’a jamais eu de contrat à vie ici malgré sa reconnaissance internationale, elle était consciente du côté éphémère de tout cela », résume Mercy.


Les droits de ses pièces appartiennent à son fils qui a, depuis, créé une fondation, comme le voulait Pina Bausch.

A la question de savoir s’il est possible de créer après Pina pour le Tanztheater Wuppertal, Dominique Mercy n’esquive pas : « Dans une troupe, les danseurs doivent à un ­moment être dans la créativité. C’est la raison d’être d’une compagnie, et Pina l’aurait voulu ainsi.
En même temps, elle a pris soin d’entretenir son répertoire, de remonter des pièces anciennes. C’est d’abord vers cela que l’on doit se tourner. »



Une partie des interprètes n’ont d’ailleurs pas dansé ces créations d’avant. Et le public ne les a pas vues non plus.

Dominique Mercy, sur le fil de l’émotion, dit enfin que cette disparition est trop récente (moins de deux ans) pour avoir des certitudes.

Comme un travail de deuil qui n’est pas achevé.

En juin prochain, c’est un ballet inédit de Pina Bausch, « ...como el musguito en la piedra, ay si, si, si… » (« …comme la mousse sur la pierre… »), son dernier, que le public saluera.

Un adieu qui ne dit pas son nom.





«Dyonisos», de Maurice Béjart, créé en 1984



Philippe Noisette - Parismatch.com


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