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 JAMES DEAN

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liliane
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MessageSujet: JAMES DEAN   Mer 26 Jan - 10:08

« On the road ... une vie programmée » JAMES DEAN

Du 9 février au 9 mai 2011

Renoma Café Gallery
32 avenue Georges V
75008 Paris


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Roy Schatt - 1954

Jean-Noël Coghe – Pourquoi une expo James Dean ?

Maurice Renoma – J’ai découvert James Dean quand j’avais 14 ans et cela a été un choc. C’était la première fois, dans La Fureur de vivre, que je voyais quelqu’un porter la main sur son père ! Pour nous, la famille était quelque chose de sacré.

Le père était le grand “boss” … Quand on rentrait de l’école, on retrouvait le milieu familial, un univers quelque peu carcéral.

Et tout d’un coup, on voit quelqu’un qui ose ce que de nombreux adolescents rêvent de faire un jour ou l’autre. Je pense que cela a été un déclic qui a mis à mal les protocoles. James Dean n’était pas conventionnel, c’était un révolté, un rebelle. Il a bouleversé ma vie d’adolescent, et simultanément, ma vie de styliste.

Pour moi, Jimmy Dean est le personnage qui a le plus influencé le style et la mode. Le premier modèle que j’ai créé quand j’avais 14 ou 15 ans, a été son blouson rouge. Je l’avais façonné en daim à l’époque, non doublé, pour donner ce côté libre qu’inspire James Dean. Tout le monde voulait ce blouson très étriqué, en daim rouge que j’avais adapté et qui n’était pas tout à fait le même que celui porté dans le film. Il symbolisait James Dean, la liberté.

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Phil Stern

JnC – Est-il encore d’actualité ? Est-ce une raison pour en faire une exposition ?

MR – Jimmy Dean a en quelque sorte recréé l’ homme. Bien entendu, il a été influencé par Marlon Brando, son aîné, mais il l’a surpassé. Brando a été l’élément déclencheur de la carrière de Dean mais ce dernier est parvenu à être lui-même. Son style est immuable. Tous les acteurs contemporains, de Paul Newman à Johnny Depp, ont une attitude “à la James Dean”, mais aussi les chanteurs : Bob Dylan, David Bowie le reconnaît lui-même.

Dans cinquante ou cent, voire deux cents ans, ce sera toujours une référence dans la mode et la photo.

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JnC – James Dean, c’est la mode jeans, blouson de cuir, T. Shirt, mais aussi costumes …

MR - Il pouvait se mettre n’importe quoi sur le dos. Tout est dans son attitude. Il pouvait porter des jeans, des pantalons larges … Il a rendu la mode intemporelle : c’est ça le style. J’ai essayé de faire pareil avec mes photos et mes vêtements. On pourra les porter dans des dizaines d’années, ils seront toujours d’actualité. Et pourtant ce sont des modèles que j’ai créés à mes débuts …

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JnC – James Dean, ce n’est pas uniquement l’acteur aux trois films qui l’ont rendu célèbre … C’est également le théâtre, une soif incroyable de connaissance, de curiosité pour la photographie, la peinture, la sculpture … Cela vous intéresse, vous interpelle …

MR – On s’aperçoit que l’on connaît Jimmy uniquement en tant qu’acteur, alors qu’il semble avoir été “programmé”, comme Marilyn Monroe, pour devenir ce personnage rebelle, atypique, beau et talentueux. Au départ, sa mère lui fait faire du théâtre. Il était acteur, réalisateur, peintre, dessinateur, danseur, musicien, sportif, coureur automobile, et partout il était champion. Je crois que c’est ça qui est important : il se surpassait et on sentait qu’il allait réussir mais on ne savait pas dans quoi. En tant que basketteur, il a été le meilleur de son école, malgré sa taille -1,72m- qu’il jugeait petite et sa myopie.

En tant que peintre, il avait un talent extraordinaire et prémonitoire. Et c’est ainsi pour tout ce qu’il entreprenait.

Jimmy est un type assez exceptionnel, méconnu par rapport à l’image que l’on a de lui. Certes, beaucoup de gens ne le trouvent pas très bon acteur, ne le trouvent pas ci ou ça … mais il faut dire qu’autour de 1955, en tout cas, il nous a tous fait réfléchir, iI a ouvert beaucoup de portes. C’est ça qui est important. Moi, dans la mode, il m’a vraiment éclairé.

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JnC – Sa carrière est fulgurante. Les trois films cultes, A l’Est d’Eden, La Fureur de vivre et Géant, il les tourne entre les mois d’avril 1954 et septembre 1955 !

MR – Dix-huit mois de tournage pour cinquante ans de carrière, c’est quand même incroyable ! Jimmy était un interprète remarquable à la mémoire extraordinaire et avec un sens certain de la mise en scène. Je pense qu’il était maître du jeu. J’ai découvert que le personnage était plus impressionnant que ses films.

JnC – Comment rendre compte, dans une expo photo, des multiples facettes de James Dean ?

MR - Je viens du milieu de la mode et suis entré dans celui de la photo parce que j’aime l’image. Je me suis développé dans la scénographie et dans pas mal de domaines. Je n’ai pas envie de faire une exposition banale, avec des photos de James Dean convenues, qu’on voit partout. Au contraire, je suis en train de tout mettre en oeuvre pour réaliser une scénographie qui corresponde à cet artiste et qui apportera son lot de surprises.

JnC – James Dean était lui aussi un passionné de photos. Ami de Dennis Stock, Roy Schatt, Sanford Roth, il croise Gjon Mili, Phil Stern, et d’autres …

MR – Quand on regarde ses photos, on pourrait penser qu’il a été influencé par Man Ray. Il a toujours pris exemple sur les plus grands. C’est vrai que, quand je regarde ses photos, sa peinture, je le trouve très talentueux. Je vais essayer, de mon côté, d’être performant pour cette exposition. James Dean est mon idole … J’espère être à la hauteur. En tout cas, c’est excitant !

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Sanford Roth

JnC – S’il n’avait pas été tué ce 30 septembre 1955, James Dean serait venu à Paris, un mois plus tard, avec le photographe Sanford Roth qui connaît la ville et Picasso, Braque, Cocteau, Colette … des personnalités que James Dean voulait rencontrer.

MR – C’est tout de même un parcours peu commun : quelqu’un qui vient d’une petite ville de l’Indiana et qui devient l’acteur le plus emblématique du monde … En venant à Paris, il aurait encore découvert et appris des choses, surtout en présence de Picasso ou de Cocteau ... Il avait soif de savoir et donc de rencontrer des personnes au niveau intellectuel intéressant. Cette face cachée de Dean va en étonner plus d’un. Quand j’ai vu ses films, j’ai pris conscience de sa manière de vivre, de sa façon d’être et de l’impact qu’il a eu sur les gens. Quoiqu’il arrive je suis heureux de faire cette exposition, et je pense que si Jimmy était à Paris, il viendrait la voir !

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JnC – On a tous quelque chose de James Dean …

MR – Absolument. J’ai l’impression que je l’ai toujours connu, comme un grand frère. Et puisqu’on en est à créer des liens familiaux, je pense que l’on peut établir un parallèle entre James Dean et Jack Kerouac : des cousins germains en quelque sorte. Il y a une similitude dans leur façon d’appréhender la vie et la manière dont ils se baladent dans leur époque. Ce sont les prémisses de la Beat Generation. L’itinéraire de James Dean se calque sur ce phénomène qui est naissant. Dean, le Quaker venu de l’Indiana, débarque à New-York et s’immerge de façon naturelle dans ce mouvement qui s’annonce. Tout comme Jean-Louis “ Jack” Kerouac, le catholique aux origines québécoises et bretonnes, il évolue dans un milieu alors marginal où se côtoient des musiciens, des acteurs, des artistes noirs ou issus des populations immigrées des Pays de l’Est.

Ne parler que de James Dean acteur est réducteur : avec Jimmy les codes masculins ont été modifiés et c’est ce changement que décrit Kerouac dans son livre.


http://www.actuphoto.com/17955-laquo-on-the-road-une-vie-programmee-raquo-james-dean.html
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liliane
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MessageSujet: Re: JAMES DEAN   Mer 26 Jan - 10:17

Jimmy the kid ; James Dean secret - Jean-noël Coghe

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On a tous quelque chose de James Dean... Elvis Presley, Bob Dylan, Andy Warhol, Frank O'Hara, Martin Sheen, Johnny Depp et tous les autres, célèbres ou non.

A l'aube du rock'n'roll, James Dean a marqué nos générations de son empreinte. L'adolescent torturé a magnifié à l'écran et dans sa vie toutes les angoisses, les espérances, les contestations et les rêves de la jeunesse, qui étaient aussi les siens. Elevé à la campagne dans les valeurs traditionnelles, il fait sa mue à New York, s'impose à Hollywood mais ne renie jamais ses origines. II grogne, jure, exige, se montre exécrable envers ses amis, mais il aime et respecte les enfants, les animaux, et pleure en lisant Le Petit Prince de Saint Exupéry. Ce solitaire, complexe, introverti, exhibitionniste, charmeur, mais toujours authentique, a soif de découvertes et d'expériences qui confortent ses talents réels de comédien, de peintre, de sculpteur, de musicien, de photographe...

Passionné de tauromachie, il lit Hemingway, découvre Jean Genet. Eclectique, il écoute Bach et Schoenberg, Jimmie Rodgers et Billie Holiday, il aime Chaplin et apprécie Jacques Tati. Sportif accompli, pilote émérite, il paie de ses deniers l'objet de ses passions. De juin 1954 à septembre 1955, il tourne trois films, trois classiques: East of Eden avec Elia Kazan, Rebel Without a Cause avec Nicholas Ray, Giant avec George Stevens.

Le 30 septembre 1955, il se tue au volant de sa Spyder. Et entre dans la légende. John Dos Pasos, Hemingway, Edgar Morin, Elsa Triolet, Antoine Blondin, Jean Cocteau entre autres saluent l'artiste. "Marion Brando a changé la manière de jouer, mais James Dean a changé la façon de vivre" résume Martin Sheen.

* Editeur : Hugo
* Parution : 27 Septembre 2007
* Genre : Cinéma, Télévision, Audiovisuel, Presse, Médias
* 383 pages, 21.6 X 17 cm, 718 grammes

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MessageSujet: Re: JAMES DEAN   Mer 26 Jan - 14:26

JAMES DEAN
Février 1931 - Septembre 1955

Quand un acteur joue une scène exactement comme le réalisateur le lui demande, il ne joue pas : il suit des instructions. N'importe qui, s'il est apte physiquement, peut faire cela.



James Dean est un mythe. Tout le monde le sait. Sa vie, il semble l’avoir voulu mythique dès son plus jeune âge.

Petite enfance

James Byron Dean naît à Marion dans l'Indiana le 8 février 1931. Ses parents, Winton, 23 ans, et Mildred, 20 ans, se sont mariés très jeune et ont dû mal à réaliser qu'ils forment maintenant une famille. Quand Jimmy est encore petit, ils partent s'installer à Fairmount, la ville natale de Winton. Mildred reste à la maison pour s'occuper de son fils tandis que son mari est dentiste.

Winton est un homme un peu frustre qui ne sait pas exprimer ses émotions ou son enthousiasme. Jimmy passe son temps à chercher son attention, son affection. Son père l'aime mais ne le montre pas. Aussi, comme son père reste distant et froid, Jimmy se rapproche de Mildred. C'est une femme très chaleureuse. Elle lui apprend à dessiner et à peindre et tous deux aiment recevoir des amis et de la famille. Selon Marcus Winslow, le cousin de James, c'est de Mildred que Jimmy a dû hériter de son amour pour le théâtre. Elle l'a sans doute beaucoup influencé dans son choix de devenir acteur.

A l'été 1935, le père de Jimmy obtient une promotion inattendue. Tandis que le pays est plongé dans la dépression, on lui propose un poste à Santa Monica en Californie. Jimmy est inscrit à l'école maternelle Brentwood et le petit garçon timide suit des cours de violon et de danse. Constamment encouragé par sa mère, il fait des prouesses. Mildred lui inculque également l'idée de réussir comme par magie et aussi et surtout, d'être différent.

Puis à l'automne 1939, l'univers du petit garçon s'effondre quand sa mère apprend qu'elle a un cancer du sein. Selon les médecins, elle est condamnée. Jimmy voit sa mère dépérir ; sa meilleure amie au monde l'abandonne et il ne comprend pas pourquoi. Le 14 juillet 1940, Mildred Dean s'éteint. Pire que tout, le père de Jimmy l'envoie tout seul assister à l'enterrement de sa mère dans l'Indiana et quand Winton insiste pour que Jimmy reste à Fairmount avec sa tante et son oncle Winslow, le jeune garçon éclate en sanglots mais Winton a dépensé toutes ses économies pour le traitement de sa femme. Il est conscient que renvoyer Jimmy en Indiana est la meilleure solution. Il s'est sans doute dit à l'époque que c'était provisoire cependant cette rupture signifiait pour Jimmy qu'il perdait coup sur coup sa mère et son père. Il en gardera un côté "petit garçon perdu".


Adolescence et découverte d'une vocation


Dans un premier temps, Jimmy a dû mal à s'adapter à la vie d'une petite ville de campagne mais peu à peu, l'enfant introverti découvre qu'il est doué pour le sport et commence à se faire de nouveaux amis. Il excelle au basket malgré sa petite taille d'1m72 et, en Indiana, le basket, c'est une religion. Pour être populaire, il faut être bon en sport. Il fallait à tout prix s'intégrer et le basket servait à ça.

Mais même s'il tente de s'intégrer, Jimmy sait qu'il est différent. Le docteur James De Weerd, un pasteur très cultivé, le comprend et tous deux passent beaucoup de temps à écouter de la musique classique et à lire du Shakespeare. De Weerd devient une figure paternelle pour l'enfant et l'emmène même à un championnat de Formule 1. Progressivement, Jimmy découvre le monde au-delà de Fairmount.

Sa sensibilité artistique est évidente pour le pasteur qui l'encourage à jouer la comédie. Jimmy va à l'église avec sa tante qui lui donne des choses à apprendre par cœur, des programmes de noël par exemple. Il aime bien se donner en spectacle devant les gens mais bientôt il se lasse des spectacles de l'église et il concentre son énergie sur des pièces montées par le lycée ; Frankenstein par exemple où il est crédible et s'en tire bien.

N'hésitant pas à afficher sa différence, Jimmy interprète un fou dans un concours d'art dramatique où il hurle et déchire ses vêtements. Son jeu puissant et à fleur de peau impressionne les juges qui lui décernent le premier prix. En mai 1949, il quitte le lycée, persuadé qu'il est né pour être acteur.

Premiers contrats


Après la guerre, le père de Jimmy s'est installé à Los Angeles où il s'est remarié. Impatient de quitter Fairmount, Jimmy décide d'entrer à l'université grâce à lui et part vivre avec Winton en lui promettant de suivre des études de commerce. Mais quand il change de filière pour s'inscrire en section d'art dramatique, son père entre dans une colère noire. Jimmy décide alors de plier bagages. Malgré son amour pour son père, il ne veut pas renoncer à la comédie. Il part pour éviter le conflit.

A l'automne de sa deuxième année de fac, le jeune homme de 19 ans obtient le rôle de Malcolm dans Macbeth. Mais son manque de technique, sa diction particulière et son style original laissent ses camarades de glace. On aurait pu croire que sa mauvaise prestation l'aurait empêché d'avoir de l'argent mais en fait, Isabelle Drasmer a décidé de s'occuper de lui...

Peu après la pièce, Jimmy décroche son premier contrat professionnel : il danse autour d'un piano dans une publicité pour Pepsi Cola. Il a à peine vingt ans quand il quitte l'université car il a obtenu un premier rôle, celui de l'apôtre Jean dans un téléfilm : Hill number one(1951). Mais aucune autre proposition ne suit et l'acteur se referme sur lui-même. Il devient irritable si on tente de le faire parler et se montre très agressif.

En d'espoir de cause, Jimmy utilise tous les contacts qui pourraient l'aider dans sa carrière. Il est opportuniste et c'est ainsi qu'il devient voiturier à CBS, pensant rencontrer quelqu'un d'important. Parmi les relations qu'il se fait à l'époque se trouve un réalisateur de la radio CBS : Rogers Brackett qui est attiré par le physique de séducteur de Jimmy. De son côté, le jeune homme de l'Indiana adore profiter des relations haut placées de son nouvel ami. Avec Brackett, Jimmy dîne dans les meilleurs restaurants, assiste à des projections privées et rencontre l'élite du milieu du cinéma. Il est ambitieux et prêt à tout pour arriver à ses fins...

Grâce à ses nouveaux amis, Jimmy décroche un petit rôle dans Trouble with father (1952) de la série télévisée The Stu Irwin Show. Il fait également quelques apparitions dans des films de cinéma mais ce sont des séries B qui ne lui plaisent pas car il veut être un acteur sérieux.

New York
Son prof d'art dramatique à la fac était James Whitmore et celui-ci lui avait dit que s'il voulait faire carrière, il devrait aller à New York et jouer au théâtre. Aussi, en septembre 1951, James Dean décide donc de jouer sa carrière naissante sur un voyage à New York. Il est prêt à tout risquer pour voir son nom en haut de l'affiche.

Au début des années 50, l'Amérique de la classe moyenne profite de la prospérité économique et s'offre des cuisines aménagées et des Chevrolet. Mais quand James Dean arrive à New York, sans un dollar en poche, c'est toute une contre-culture underground qui s'offre à lui. Pour ce garçon de la campagne avide de sophistication, Manhattan est l'endroit rêvé.

En outre, au début des années 50, la télévision est en plein boom. Un nouveau type de personnage est apparu : le délinquant juvénile et grâce à son allure juvénile, Jimmy se voit confier des rôles d'adolescents rebelles par les producteurs de la télévision. Il a ainsi l'occasion d'interpréter un jeune voyou qui rêve d'une vie meilleure dans Something for an empty briefcase (1953) de la série Campbell Television Soundstage.

Jimmy arpente les rues de New York jusqu'à l'aube, errant de clubs de jazz en cafés. Son charme de petit garçon incorrigible fait beaucoup d'effets sur les femmes. Un soir, il rencontre la danseuse Liz Sheridan dans un club.

Jimmy et Liz deviennent rapidement inséparables et décident de s'installer ensemble malgré leurs moyens restreints.

Le charisme de Jimmy séduit aussi bien les hommes que les femmes et il apprend à user de ce pouvoir. Quand il découvre que Rogers Brackett est en ville, il se sépare de Liz et retourne auprès du réalisateur de CBS. Jimmy refusait de se donner à quelqu'un juste pour pouvoir devenir acteur, cependant il devient bisexuel, entamant une relation avec Brackett.

Par l'intermédiaire de Brackett, Jimmy obtient de petits rôles dans des dramatiques télévisés. Dans un épisode de Studio One intitulé Abraham Lincoln, il joue un soldat de la guerre de Sécession gracié par Abraham Lincoln. Mais il est insatisfait car il voudrait des rôles plus conséquents.

L'automne approche et Jimmy sait ce qu'il lui reste à faire car c'est bientôt le moment des auditions annuelles de l'Actor's Studio. Y être accepté était un honneur et signifiait qu'on était un artiste, qu'on faisait parti de l'élite. En novembre 1952, à 21 ans, James Dean s'impose face à 150 autres candidats et devient le plus jeune acteur à intégrer cette école prestigieuse. Mais avant de pouvoir s'en réjouir, on lui propose un rôle qui semble être fait sur mesure pour lui. Un ami de Brackett, un producteur de Broadway, est séduit par son physique et lui offre un rôle de taille dans une nouvelle pièce, See the jaguar. Dans See the jaguar, Jimmy joue un attardé mental que sa mère tient à l'écart du monde. Il est comme un animal. Dean se sent particulièrement proche de cet adolescent prisonnier dans une cage.

La première de See the jaguar a lieu le 3 décembre 1952 au Court Theatre. Les critiques ne sont pas enthousiastes mais c'est un tournant dans la jeune carrière de Jimmy. A cause de critiques, la pièce s'arrête après cinq jours mais Jimmy a été remarqué.

Plein d'assurance et d'espoir, il quitte l'Actor's Studio. Il a appris ce qu'il voulait : la technique d'immersion totale dans ses personnages. Maintenant, il doit trouver son propre style. L'industrie balbutiante de la télévision semble le meilleur endroit pour commencer. Il joue notamment dans The Harvest de la série Robert Montgomery presents et dans The bells of cockaigne de la série Armstrong's circle theater . A la télévision, ses personnages se rebellent contre le système. Ils se battent pour faire changer les choses et Jimmy incarne parfaitement cette révolte.

Mais si les offres affluent, Jimmy se forge une réputation désastreuse. Il a pour habitude de marmonner pendant les répétitions afin d'économiser son énergie et sa spontanéité pour le tournage. Cette approche originale exaspère les vedettes confirmées et les réalisateurs. Lors du direct, il énerve l'équipe en faisant des choses qui n'étaient pas dans le scénario mais qu'il plaise néanmoins au public.

Dean gagne maintenant entre 200 et 300 dollars par téléfilm mais il jette l'argent par les fenêtres. Il change d'appartement très souvent, n'emportant que ses biens les plus précieux : ses disques de jazz, ses percussions et une vieille cape de toréador. Il est insouciant de savoir comme il va s'en sortir alors qu'il n'a pas d'argent et passe son temps à emprunter de l'argent à droite et à gauche.

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En décembre 1953, Dean est choisi pour jouer dans une pièce provocante d'André Gide qui raconte l'histoire d'un mariage brisé par une liaison homosexuelle The Immoralist (L'immoraliste). Une fois encore, Jimmy entre en conflit avec son metteur en scène et ses partenaires. Il arrive en retard aux répétitions, modifie son jeu à chaque scène et aime se moquer de la vedette de la pièce, Louis Jourdan. Il ne l'apprécie nullement.

The Immoralist sort à Broadway en février 1954. Les critiques remarquent James Dean et lui décerne le prix du jeune acteur de théâtre le plus prometteur de l'année. Mais il va bientôt recevoir une récompense bien plus importante.

East of Eden ; Pier Angeli

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Le réalisateur Elia Kazan a vu la pièce et il a adoré la performance de Jimmy. Il a exactement l'attitude et la personnalité qu'il recherche pour son prochain film. En mars 1954, James Dean, rongé par le trac, embarque dans un avion avec deux sacs en papier qui contiennent tout ce qu'il possède : il part pour Hollywood.

En avril 1954, James Dean signe un contrat de 10 000 dollars avec la Warner Bros pour interpréter le rôle principal du nouveau film d'Elia Kazan : East of Eden (A l'est d'Eden). Il doit jouer un adolescent, Cal Trask, mais Kazan cherche l'acteur qui interprétera son frère aîné Aron. Paul Newman tourne un bout d'essai avec Jimmy et le courant passe entre les deux jeunes acteurs. Mais ce n'est pas ce type de relation que le réalisateur recherche pour ses deux personnages. Le casting se poursuit et Jimmy commence à faire les 400 coups en ville. Avec son premier cachet, il s'achète une moto mais quand il déboule dans les studios de la Warner avec son engin, Kazan intervient. Il lui interdit de faire de la moto : il roulait très vite et prenait des risques, comme toujours.


Jimmy défie les pontes du studio en s'achetant une voiture de sport et en roulant à tombeau ouvert dans les virages de Mullholland Drive, à Hollywood. Incapable de dormir à l'approche du tournage, il roule souvent toute la nuit dans les rues de Los Angeles jusqu'au lever du soleil.

En mai 1954, Kazan choisit Richard Davalos pour jouer Aron et le tournage de East of Eden commence. Jimmy se plonge totalement dans le rôle de ce fils cherchant en permanence à gagner l'amour de son père, interprété par Raymond Massey. Jimmy est très proche de son personnage de Cal, ayant eu de nombreux problèmes avec son propre père. Kazan a imaginé le film comme une sorte de documentaire sur son état psychologique. Dans l'une des scènes les plus marquantes, Cal donne l'argent qu'il a gagné à son père et celui-ci refuse ce cadeau. Cal devait seulement partir mais Dean apporte sa touche et se met à pleurer et à serrer Raymond Massey avant de partir ; ceci montre bien à quel point la créativité de Dean ne fait que commencer.

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Pendant le tournage, Jimmy fait la connaissance de l'actrice Pier Angeli. Le jeune homme de 24 ans est immédiatement séduit par la sophistication et l'élégance de la star italienne. La mère de Pier déteste Jimmy. C'est alors un amour interdit qu'il s'instaure et Jimmy trouve cela irrésistible.

Profondément amoureux, Jimmy a enfin trouvé l'âme sœur. En quelques semaines, les gazettes d'Hollywood se font l'écho de cette liaison. En septembre, il supplie la jeune fille de l'épouser en secret mais elle refuse, craignant la réaction de sa mère. Jimmy est effondré quand Pier lui annonce qu'elle ne peut plus jamais le revoir. Sa famille préfère qu'elle épouse un catholique, le chanteur Vic Damone.


Au sommet

Trois mois plus tard, Jimmy se glisse incognito au premier rang pendant la première de East of Eden. Dans la salle, les critiques sont emballées par le film mais ce sont surtout les centaines d'adolescents qui réagissent, le trouvant formidable. East of Eden sort en salles en avril 1955. En quelques jours, il est propulsé en premier place du box-office. Soudain, la presse se rue sur la nouvelle idole des adolescents américains : les femmes et les photographes sont aux trousses de Jimmy, il ne peut plus sortir. En d'autres termes, la vie de l'acteur a basculé et contrairement à ce qu'il dit, ça lui plait beaucoup.

Jimmy est enfin là où il rêvait d'être, au sommet. Mais la gloire n'est sans doute pas ce qui pouvait lui arriver de mieux... Il se comporte mal, boit, fait régulièrement des esclandres. Il a un comportement autodestructeur : une sorte de désespoir le pousse à se bagarrer avec des gens, à conduire vite, à froisser la tôle... Il est surnommé le "Little Bastard" et une fois encore, Jimmy s'aliène ses plus proches amis, les repoussant alors qu'il a désespérément besoin d'eux.

Tandis que Jimmy s'attire les foudres d'Hollywood, toute la jeunesse tombe sous son charme. La Warner Bros est inondée de dizaines de milliers de lettres de fans, toutes adressées à James Dean. Des millions d'adolescents s'identifient aux angoisses exprimées à l'écran par cette nouvelle star. Soudain les héros virils d'autrefois sont démodés, ils sont remplacés par de jeunes anti-héros. James Dean a donné aux adolescents incompris d'Amérique le droit de se révolter.

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Au printemps 1955, des milliers d'admiratrices hurlent dès qu'Elvis Priestley entre en scène. Le pays est pris par la fièvre de l'adolescence. Un jeune réalisateur Nicholas Ray veut surfer sur cette vague avec son nouveau film Rebel without a cause (La fureur de vivre). James Dean y tient la vedette aux côtés de Nathalie Wood, Sal Mineo et Carey Allen. C'est l'histoire d'un jeune garçon solitaire qui a dû mal à s'intégrer dans son nouveau lycée. Rebel without a cause est un film sur les jeunes, fait par des jeunes, y compris Nicholas Ray, et pour les jeunes. Les adolescents américains se voient comme un groupe en rébellion contre la société bourgeoise des adultes.


Le réalisateur Nicholas Ray laisse la bride sur le cou de Jimmy qui peut improviser en toute liberté sous l'œil attentif de la caméra. Rebel without a cause est une sorte de manifeste lancé à la face des grands studios et de leurs stars vieillissantes qui feraient mieux de laisser leur place à la révolution des jeunes en colère.


Courses automobiles ; Giant

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Jimmy réalise pour la première fois qu'il fait parti de l'industrie du cinéma, de cette usine à films qu'est Hollywood. A 24 ans, il cherche encore sa voie en tant qu'artiste mais le piège de la célébrité commence à l'étouffer. Au printemps 1955, James Dean troque sa voiture de sport contre une Porsche bien plus rapide et emmène ses amis dans des virées à faire froid dans le dos. Il roule comme un dingue, sans aucune visibilité. Sur Mullholland Drive, sa voiture dérape et ils se retrouvent au bord de la montagne et la seule chose que trouve à dire James Dean est : "La prochaine fois, on plongera dans le vide."

Jimmy participe à des courses en secret, sachant que le studio serait furieux s'il l'apprenait car la star montante d'Hollywood ne doit prendre aucun risque.

En mai 1955, Jimmy accepte le rôle le plus difficile de sa jeune carrière. La plus jeune star de la Warner doit jouer Jett Rink dans la superproduction de Georges Stevens : Giant (Géant). Jimmy incarne un cow-boy pauvre qui fait soudain fortune mais garde une vieille rancune contre la riche famille Benedict menée par Rock Hudson et Elizabeth Taylor.

Les choses se gâtent immédiatement sur le tournage de Giant. Georges Stevens sait ce qu'il veut et les acteurs ne sont pas censés proposer leurs propres idées. Jimmy n'aime pas ça et quand il tient tête à Stevens, celui-ci est offensé. Il déteste Jimmy.

Les relations entre l'acteur et son metteur en scène sont orageuses. Quand Jimmy manque sans vouloir un jour de tournage, Georges Stevens explose. Pendant trente jours, personne ne parle à Jimmy sur le plateau. Il est maquillé et habillé en silence. Tout le monde le déteste et le lui montre sans se cacher.

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Toute l'équipe retourne à Hollywood à l'été 1955 pour la suite du tournage et Jimmy est heureux de pouvoir reprendre les courses automobiles. Triste ironie du sort, la police de la route demande à la jeune star de s'adresser aux jeunes téléspectateurs dans un spot pour la sécurité routière.

Le lendemain du tournage de ce spot, Jimmy échange sa Porsche Speedster contre un nouveau modèle : la 550 Spyder.


Jimmy se prépare activement pour une course à Monterrey le 1er octobre. Dans le privé, il se sent très seul. Il ne s'est pas remis de sa rupture douloureuse avec Pier Angeli et se sent isolé des autres acteurs. Ses amis commencent à s'inquiéter pour lui car il est suicidaire et part pourtant faire des courses. Il flirte avec la mort et malgré les supplications de ses amis, il ne renonce pas aux courses.

Un triste jour de septembre . . .

Au matin du vendredi 30 septembre, Jimmy retrouve George Barris qui a personnalisé la voiture de James et Rolf Wutherich, le mécanicien. A 15h30, à la sortie de Bakesfield, un policier donne une amende à Jimmy pour excès de vitesse. Près de la ville endormie de Cholame, en Californie, Dean remarque une voiture qui approche de la seule intersection de toute la vallée et qui lui coupe la priorité. Un jeune étudiant, Donald Turnuspeed, est au volant. Il rentre chez ses parents dans une Ford Sedan et ne voit même pas la minuscule Porsche qui tente de l'éviter en catastrophe. La voiture de course se fracasse sous le choc, projetant Wutherich sur le côté. Au volant, Jimmy est écrasé par la tôle. James Dean vient de mourir, à 24 ans.


James Dean : Le mythe

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Frank Worth


Le 1er octobre 1955, la nouvelle de la mort de James se répand dans le pays, provoquant l'incrédulité et un profond chagrin. Le 8 octobre 1955, quatre mois avant son 25ème anniversaire, James Dean est inhumé près du corps de sa mère à Fairmount, dans l'Indiana. La foule qui se presse aux funérailles est plus nombreuse que les habitants de sa ville natale. Environ 3 000 personnes assistent aux funérailles.


Les biens de James Dean sont immédiatement pillés par ses fans qui cherchent le moindre souvenir de lui. Sa pierre tombale a été volée trois fois par exemple.

Des lettres pleines de tristesse arrivent par milliers à la Warner Bros. Pour y répondre, le studio produit un documentaire "The James Dean Story" (L'histoire de James Dean) comme s'il était encore vivant.

East of Eden et Giant valent à James Dean deux nominations aux oscars dans la catégorie meilleur acteur. Au grand étonnement de la Warner, le succès de ses trois films ne se dément pas au fil des années. Le culte dont il fait l'objet gagne le monde entier. Ses fans tentent de faire ressusciter son image de toutes les manières possibles. Partout, on trouve des T-shirts, des posters à l'effigie de James Dean. Il est figé dans le temps, ce qui crée un mythe.

La légende de James Dean a contribué à déclencher une révolution parmi les adolescents américains. Il est le premier à avoir exprimé l'idéal héroïque des adolescents et à le rendre si attrayant.

Plus d'un demi-siècle après la mort de Jimmy, des milliers de fans se réunissent toujours, tous les ans, à Fairmount, en septembre pour se souvenir de la star disparue. L'esprit de James Dean continue à pousser chaque génération à parler haut et fort.

Nul ne saura jamais ce que James Dean aurait accompli s'il avait vécu plus longtemps mais en quelques mois, il a changé la donne culturelle dans le monde entier et tous les adolescents ont ressenti son impact. Il fait partie de la culture. C'est un symbole américain qui ne mourra jamais...



D'après un documentaire télévisé américain réalisé par Kevin Burns en 2002 pour la 20th Century Fox Film Corporation
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MessageSujet: Re: JAMES DEAN   Mer 6 Avr - 11:19

LA BALLADE DE JIM
Alain Souchon



Comme elle est partie, Jim a les nerfs
Jimmy boit du gin dans sa Chrysler
La presqu’île, le boulevard de la mer est con
Comme elle est partie, attention : Jimmy tourne en rond

Hier soir encore, son héroïne
Le serrait si fort en disant "Jim"
Elle était son calmant, son alcool profond
Comme elle est partie, attention : Jimmy tourne pas rond

Jimmy, t’es fort, mais tu pleures
Sur le cuir de ta Chrysler
Là-bas le soleil s’écroule dans la mer
Jimmy, les filles pour le cœur
Comme l’alcool et les revolvers
C’est sauter en l’air
Tomber par terre
Boum!

Depuis deux ans, sûr, Jim bossait fort
Pour que sa starlette bronze en hors-bord
Avec elle, il voulait un bébé, sans rire
Comme elle est partie, attention : Jimmy veut mourir

Jimmy, t’es fort, mais tu pleures
Sur le cuir de ta Chrysler
Là-bas le soleil s’écroule dans la mer
Jimmy, les filles pour le cœur
Comme l’alcool et les revolvers
C’est sauter en l’air
Tomber par terre
Boum!

Jimmy va trop vite, Jimmy pleurniche
Il sent son parfum sur la corniche
Les lacets, le gravier, et, dans l’air du soir
La Chrysler s’envole dans les fougères et les nénuphars

Jimmy s’éveille dans l’air idéal
Le paradis clair d’une chambre d’hôpital
L’infirmière est un ange et ses yeux sont verts
Comme elle lui sourit, attention : Jimmy veut lui plaire

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