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 BRASSENS CITE DE LA MUSIQUE

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liliane
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MessageSujet: Re: BRASSENS CITE DE LA MUSIQUE   Lun 31 Jan - 9:42

Brassens: des textes inédits retrouvés


Une quarantaine de chansons inédites de Georges Brassens ont été retrouvées à l'occasion de l'exposition Brassens ou la liberté qui se déroulera à la Cité de la musique à Paris à partir du 15 mars, selon une information du Parisien.

Ces textes, collectés par la journaliste Clémentine Deroudille, commissaire de l'exposition et le dessinateur Joann Sfar, se trouvaient dans différentes demeures du chanteur situées à Paris. La plupart de ces textes sans partition musicale datent de la période 1938-1952, avant l'enregistrement des premiers disques du chanteur.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/01/31/97001-20110131FILWWW00381-brassens-des-textes-inedits-retrouves.php
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http://www.artmony.biz
Bridget



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MessageSujet: Re: BRASSENS CITE DE LA MUSIQUE   Dim 13 Mar - 14:30





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Portrait de Brassens en jeune homme




Adolescent, Georges Brassens voulait être poète ou écrivain. © Dalmas / Sipa




Propos recueillis par MARION COCQUET


La chanson, il connaît, et il aime. Depuis quinze ans, Olivier Daviaud travaille avec tous les noms de la scène française en tant que compositeur et arrangeur.
Mais Brassens, sa langue, sa musique, restent à ses yeux incomparables : "Je l'écoute comme du Purcell", dit-il.

Pour la grande exposition "Brassens ou la liberté", qui ouvre ses portes le 15 mars à la Cité de la musique, et qu'il a préparée avec la journaliste Clémentine Deroudille et le dessinateur Joann Sfar, il a mis en musique des textes de jeunesse de son idole dont les mélodies avaient disparu. Il parle de ce travail au Point.fr.


Le Point.fr : Connaissiez-vous ces textes de Brassens avant l'exposition ?



Olivier Daviaud : Non. C'est lorsque nous avons commencé à réfléchir sur le contenu de l'exposition, avec Joann Sfar et Clémentine Deroudille, que nous avons découvert que Brassens avait écrit des dizaines de chansons avant son premier disque en 1952.
Les paroles de la plupart d'entre elles avaient déjà été publiées, dans les OEuvres complètes de Jean-Paul Liégeois, mais il n'existe malheureusement pas de traces des musiques.
Pour mettre en lumière son travail d'écriture de l'époque, nous avons décidé de "re-composer" des musiques sur ces textes de jeunesse.



Comment avez-vous mené ce travail ?


Je suis allé en Ardèche, dans une petite maison au bord d'une rivière, et j'ai commencé à composer. En essayant de ne pas trahir l'esprit de Brassens : pour les textes les plus vieux, j'ai écrit des musiques qui évoquaient les années 30-40, pour ceux où l'on sentait poindre le "nouveau style" de Brassens, des musiques qui, avec toutes les réserves que vous devinez, auraient pu être écrites par lui.
Je me suis bien sûr posé la question de la légitimité de ce travail. Pourquoi reprendre des textes de jeunesse si Brassens avait décidé de ne pas les chanter ?

Mais c'était pour nous une sorte de témoignage dans l'exposition, une mise en lumière de sa première écriture, alors je me suis lancé.



Laisse-t-elle apparaître un Brassens différent de celui qu'on connaît ?



En un sens, tout est déjà là. Dans la thématique du moins : on retrouve son irrespect, son côté anarchiste qui emmerde les bourgeois, et puis la mort, le temps qui passe, les rapports compliqués entre les hommes et les femmes, un rapport ambivalent à la religion, une vraie liberté.

Mais l'écriture est davantage d'un jeune homme, elle est plus fleur bleue, et la construction est un peu moins rigoureuse.



Quelle était la vie de Brassens à cette époque, et son rapport à la chanson ?



Adolescent, il voulait être poète ou écrivain. Il chantait pour ses copains, il pianotait, mais il ne comptait pas être chanteur, même s'il avait baigné tout petit dans la chanson.

Ses premiers textes sont très influencés par Trenet, par Jean Tranchant, par Mireille et Jean Nohain - on sent qu'il n'a pas encore trouvé son style à lui.
En 1943, il est envoyé par le STO à Basdorf en Allemagne, dans une usine de BMW, où il écrit d'autres chansons, et l'année suivante il profite d'une permission à Paris pour se planquer. Il arrive alors impasse Florimont, chez la fameuse Jeanne, la femme de l'Auvergnat, où il a vécu pendant 20 ans.
Entre 43 et 52, il mène une vie très marginale, partagée entre l'écriture et l'anarchisme. C'est dans cette période qu'il élabore son "nouveau style".



Vous allez poursuivre l'aventure ?



Oui, je me suis pris au jeu : dans l'expo, on pourra entendre dix-huit chansons de jeunesse, dont six interprétées par François Morel et Bertrand Belin ; mais j'ai mis en musique une quarantaine de textes. Pour le moment, ils n'existent que sur le papier, mais je vais les enregistrer l'été prochain et ils feront probablement l'objet d'une publication discographique.


http://www.lepoint.fr/culture/portrait-de-brassens-en-jeune-homme-09-03-2011-1304289_3.php




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Dernière édition par Bridget le Ven 18 Mar - 14:54, édité 1 fois
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Bridget



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MessageSujet: Re: BRASSENS CITE DE LA MUSIQUE   Ven 18 Mar - 11:37

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Portrait Brassens décrypté


Par Gilles Médioni, publié le 15/03/2011









La moustache, la pipe, les polos et Les Copains d'abord...Derrière ces images qui perdurent se cachait un homme sportif, élégant, cinéphile,amoureux des belles-lettres.

Portrait intime de l'auteur de Gare au gorille, à l'occasion d'une exposition qui lui est consacrée à la Cité de la musique.





Une exposition, Brassens ou la liberté, présentée à la Cité de la Musique, à Paris, rend hommage au grand "arbre" de la chanson, disparu en 1981, à 60 ans. Conçue comme une déambulation ludique dans l'univers de l'artiste, cette rétrospective, qui mélange dessins inédits de Joann Sfar et scénographies intimes, documents et photographies rares, est l'occasion de faire tomber les clichés.

Et de découvrir, derrière l'image fixe du poète tranquille de Sète, un homme moderne, farceur, sportif et bon vivant.

Décryptage du personnage avec les commissaires de l'exposition, Clémentine Deroudille et Joann Sfar (voir l'interview de Joann Sfar: "Si Brassens était un animal, ce serait un chat et rien d'autre!")




Un burlesque à la Chaplin



Brassens est un cinéphile averti, amateur des chefs-d'oeuvre du muet, de westerns - tout jeune, il en avait même réalisé un avec un âne -, des polars des années 1950, des Maigret et des films avec Lino Ventura, Jean Gabin ou Bourvil.
L'esprit de Charlie Chaplin a laissé des traces en lui; ses chansons sont des courts-métrages burlesques joués par des personnages récurrents. "Je dois te remercier de te servir de Chaplin dans ta comparaison, écrit-il à son ami Roger Toussenot, et aussi d'avoir vu quelle influence a exercée sur moi le rythme saccadé et poétique du cinéma muet."


Rattrapé par la célébrité, qui l'empêche de sortir, Brassens fait venir le 7e art à domicile. Il s'achète un projecteur 16 millimètres et montre la série des Fantomas à ses amis. Puis fait l'acquisition, en plusieurs exemplaires, des premiers magnétoscopes. C'est un passionné de high-tech qui craque pour les chaînes hi-fi, les machines à écrire IBM à boule ou les Walkman.




Une élégance à la Cary Grant




Georges Brassens, jeune homme, à Sète. La cravate avant le polo. Coll. P. er F. Onteniente


Jeune homme, Brassens s'habille à la façon des grands séducteurs américains, comme Cary Grant.

Puis il entre dans sa période bohème: pantalons de velours et cols roulés synthétiques achetés sur le catalogue Manufrance.
A chacune de ses tournées, il commande à son tailleur, rue Daguerre, à Paris, "deux costumes qui font déjà vieux".
Qu'il porte avec chemise blanche et cravate noire. "Je ne voudrais pas que l'on pensât que je suis un vieil anar qui se déguise pour aller en scène, précise-t-il.
Alors j'aime mieux me déguiser dans la tenue réglementaire."

"Aujourd'hui, quand je revois ses photos, confie Agathe Fallet, l'épouse de l'écrivain René Fallet, grand ami de Brassens, sa ressemblance avec Orson Welles jeune me frappe. Une même force de la nature aux traits délicats.
Mais Georges avait, en plus, cette légère coquetterie dans l'oeil."




Des livres pour l'amitié


Un jeune professeur, Alphonse Bonnafé, initia Georges Brassens à la littérature: "A 14 ou 15 ans, on était des brutes et on s'est mis à aimer les poètes. Tu mesures le renversement?" confie-t-il à son ami André Sève.

L'amour des livres et des écrivains ne le quittera pas. Une photo de Léautaud est même glissée dans son portefeuille.
Brassens fait recouvrir les livres de sa bibliothèque de couvertures de couleurs différentes pour les reconnaître: la poésie en marron, la philosophie en noir, etc.



"Il y a chez lui, comme chez Albert Cohen ou Jean Giono, explique Joann Sfar, cette idée d'une culture des belles-lettres. Brassens est un mélange de grand érudit et de facteur Cheval."
"Quand il rencontre des personnes avec qui il pense s'entendre, ajoute Clémentine Deroudille, il leur offre des livres comme des passeports pour l'amitié: Mon oncle Benjamin, de Claude Tillier, Le Bachelier sans vergogne, d'Albert Marchon, les Fables de La Fontaine."
Etre son ami, c'est partager son goût du verbe.




Georges Brassens sur la plage de Sète avec ses amis, dans les années 1950. Coll. Mario Poletti




Des 33-tours d'Elvis



Dans le "bunker" qu'il s'est aménagé rue Santos-Dumont, à Paris, Georges Brassens possède une collection impressionnante de 33-tours. Sur les étagères figurent en bonne place ceux de Charles Trénet, qui l'a influencé, d'Elvis Presley, de Johnny Hallyday, de Claude François et du jazz qui l'a fait naître à la musique.
Le jazz lui rendra d'ailleurs le compliment: Sidney Bechet et André Revéliotty sont les premiers à enregistrer en version jazzy Brave Margot et La Cane de Jeanne.Brassens déteste la musique classique et dit lui "préférer le bruit du rasoir électrique".

Sa maison de disques, Philips, lui faisait parvenir tous les vinyles des poulains de la variété française. C'est ainsi qu'il programme - entre autres - Yves Simon en première partie d'un tour de chant à Bobino alors que le premier album du chanteur n'est pas encore sorti.




Ses amis les bêtes







Ce n'est pas une légende: l'impasse Florimont, à Paris, abrite les chats et les chiens errants du quartier. Mais aussi une buse aveugle, un singe et un perroquet.

Des dizaines d'albums rassemblent les images de ces animaux que Brassens photographie et filme avec tendresse, parfois durant des heures.
"J'inscrivais leur nom, leur date de naissance - jour d'adoption - et celle de leur mort sur le plâtre du mur de ma chambre. La liste était longue. C'était en quelque sorte leur monument funéraire." Il garde la cendre de ses animaux préférés dans de petites boîtes.




Monsieur muscle




Fan d'exercice physique, le chanteur n'hésitait pas à soulever des haltères (ici, dans la cour de sa maison de Bretagne, près de Paimpol, au milieu des années 1970.)
Coll. Mario Poletti


Couché tôt (20 heures), levé aux aurores (4 ou 5 heures), Brassens pratique la culture physique dès son réveil. Il range sous son lit une planche pour travailler ses abdominaux, tire sur des extenseurs et, la pipe aux lèvres, enfourche son vélo posé sur des rouleaux.
Il adore la petite reine et les voitures de sport, rêve de conduire une Ferrari rouge, lui qui, dit-on, n'a jamais passé son permis - il l'aurait acheté en Belgique et fait valider en France.

Pour faire de l'exercice, le week-end, dans son moulin à Crépières (Yvelines), il creuse avec ses copains des trous qui ne servent à rien, joue au ping-pong et tire à la carabine sur des boîtes de fer.
Brassens avait posé dans l'allée des haltères de 100 kilos qu'il soulève négligemment devant son entourage.




Farceur et blagueur



"Georges adorait faire des choses insolites, raconte Agathe Fallet. Lui, si digne, mettait soudain un casque à pointe ou un faux nez." Il faisait provision de fluide glacial et de poil à gratter qu'il mettait dans les draps de ses copains.

En 1971, à l'arrivée de la course Paris-Roubaix, qu'il avait suivie avec René Fallet, il déclare à un spectateur qui le fixait: "Bonjour, je m'appelle Jacques Brel."
"Le Brassens dionysiaque, solaire et rieur reste méconnu, insiste Joann Sfar.

D'où l'idée de l'affiche de l'exposition, où il apparaît dépoitraillé."









"Son anarchisme est poétique"


Bertrand Dicale, auteur de Brassens? (Flammarion), s'est interrogé sur l'évolution politique du chanteur.

Brassens était-il de gauche ?


Oui, mais pas seulement. Lui qui n'a jamais voté ni appelé à voter, par exemple pour François Mitterrand en 1981, appartient à une gauche morale, humaniste, éthique. Ses chansons ne parlent pas de lutte de classes, de prolétariat, de masses laborieuses. Il ne prend jamais de positions politiques, même au plus fort des années 1960. Mais le Georges Brassens de la maturité - vers 1953-1955 - est plutôt centriste.



C'est-à-dire ?

Ses textes invitent à se méfier des extrêmes. La charge est si exagérée qu'elle semble viser les autres et ne provoque pas de mécontentements à droite. Par moments, c'est du François Bayrou.
Une chanson comme Boulevard du temps qui passe est même explicitement centriste.


Finalement, comment le définiriez-vous ?



Il est plus nihiliste de droite qu'anar de droite. Si un consensus s'est fait autour de Brassens, c'est parce que son anarchisme est poétique et cultivé.
Au fond, cet anarchisme-là n'est-il pas soluble dans la République ?







Des repas de conserves


On imagine Brassens fin gastronome. "Pas du tout, il se nourrissait de conserves, précise Clémentine Deroudille.
Parfois, lorsqu'il dînait chez des amis, il apportait ses boîtes de couscous, de lentilles ou de choucroute."
A une époque, Brassens, mangeait un poulet entier ou des sandwiches à la douzaine. Lorsqu'il est en tournée, il fait provision de charcuterie.
"Après son concert, il lave sa chemise, la fait sécher sur un cintre et suspend sur un autre les saucissons achetés dans la journée et qu'il dévore comme des bananes", rappelle Clémentine Deroudille.

Origines italiennes obligent, il adore les spaghettis, les macaronis, les lasagnes et autres pâtes. Lino Ventura vient d'ailleurs en préparer chez lui avec sa propre machine.




L'obsession de la camarde



La mort, qu'il avait fini par apprivoiser, est au centre de son oeuvre. "Il assistait à tous les enterrements, avait une fascination pour les objets funéraires et notait la date du décès de ses proches un peu partout, raconte Clémentine Deroudille.

Dans ses carnets, derrière une horloge, sur les murs ou un calendrier." "Ce n'était pas un prof de désespoir, ajoute Joann Sfar, mais un morbide gourmet comme Romain Gary.

Pour Brassens, la mort signifie qu'il faut vivre encore plus intensément." A Jacques Canetti, qui lui a demandé de changer de nom, Brassens, farouchement opposé à cette idée, avait rétorqué: "Alors, ce sera Pépin cadavre."



A écouter, à lire

Brassens ou la liberté, le livre par Clémentine Deroudille et Joann Sfar (Dargaud). 1 coffret CD/DVD. INA.

Georges Brassens. L'intégrale des albums originaux (Mercury/Universal).

Georges Brassens. Gare au gorille. 1952 -1960. 2 CD (Discograph).

Brassens, chansons illustrées , par Joann Sfar (Gallimard).

Brassens intime, par Pierre Cordier (Textuel).

Georges Brassens. Auprès de son âme . Commentaire de Bernard Lonjon (Textuel).

Brassens, homme libre, par Jacques Vassal (Cherche Midi).

Brassens me disait, par Mario Poletti (Flammarion).


Brassens ou la liberté. Cité de la musique, Paris (XIXe). Jusqu'au 21 août.



http://www.lexpress.fr/culture/musique/brassens-decrypte_972105.html
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