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 BMG LE RETOUR !

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Nine
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Date d'inscription : 03/05/2008

MessageSujet: BMG LE RETOUR !   Ven 14 Jan - 2:26

Industrie musicale :
retour en force de BMG sur le devant de la scène


dans So_cult’ par Philippe Astor



Disparue, au sens propre comme au figuré, des radars de l’industrie musicale en 2008,
après le retrait du groupe de médias allemand Bertelsmann
du capital de la maison de disques Sony BMG, l’étiquette BMG,
qui fut celle d’une des cinq majors de la musique,
revient en force sur le devant de la scène.

Retour sur une désintégration en bonne et due forme,
qui se traduit aujourd’hui par une renaissance inattendue.

C’était en janvier 2000.
On ne parlait pas encore de Napster, qui n’avait que quelques mois d’existence.
Le premier Midemnet ouvrait ses portes à Cannes.
Michael Robertson, fondateur de Mp3.com,
qui hébergeait des centaines de milliers d’artistes non signés sur son site Web,
annonçait la fin des grandes maisons de disques.
Et tout le monde lui riait au nez.

Quelques jours plus tôt, AOL, fleuron d’un Internet au faîte de sa bulle,
annonçait son projet de racheter, par un échange d’actions,
le géant des médias américains Time Warner, propriétaire de Warner Music,
l’une des cinq majors du disque.
Personne ne soupçonnait alors ce que l’intrusion d’Internet dans le giron
de l’industrie musicale allait provoquer :
dix ans de descente aux enfers, au bas mot.
L’année précédente, l’industrie du disque avait réalisé l
e plus gros chiffre d’affaires de son histoire.
Et à la veille de l’ouverture du 34ième Marché international
de l’édition musicale à Cannes,
tout allait encore pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Sur un air de fusion

Jusqu’au matin du dimanche 23 janvier 2000.
Alors que le Midem 2000 ouvrait officiellement ses portes, l
e cheveu encore douloureux des agapes de la veille,
le personnel d’EMI Music présent sur la Croisette apprenait, sonné,
que des discussions en vue d’une fusion avec Warner Music étaient engagées,
avec les inévitables restructurations en ligne de mire et,
surtout, la perspective qu’un géant de l’Internet puisse mettre la main,
en l’espace de quelques mois, sur deux des cinq plus grandes maisons de disques.

A l’automne suivant,
les autorités antitrust européennes donnaient leur aval à la fusion
entre AOL et Time Warner mais bloquaient celle de Warner Music et EMI.
La vénérable maison de disques anglaise devenait alors une proie potentielle
pour de nombreux prédateurs,
au point de provoquer à de multiples reprises la convoitise dans les années qui suivirent.
A commencer par celle de BMG, qui allait se manifester sans tarder.

Dès le début de 2001, une fusion entre BMG et EMI était dans les tuyaux,
alors que le groupe Bertelsmann,
propriétaire de la maison de disques allemande, envisageait, seul contre tous,
de soutenir le lancement d’une version légale de Napster.
En faisant tomber EMI dans son escarcelle, BMG espérait certainement,
à ce moment-là, peser suffisamment lourd (plus de 25 % de parts de marché)
pour parvenir à convaincre les autres majors du disque de le suivre dans cette voie.

Cette manœuvre de BMG, si elle avait réussi,
aurait probablement changé à jamais la face de l’industrie musicale.
Mais elle a échoué, car au printemps 2001,
la Commission européenne s’opposait une nouvelle fois à la fusion
de deux majors du disque.

Un an plus tôt, la bulle Internet avait éclaté.
Le contexte économique n’était plus le même.
Les plans sur la comète de Vivendi Universal (propriétaire d’Universal Music),
d’AOL Time Warner (propriétaire de Warner Music)
et de Bertelsmann (propriétaire de BMG),
trois grands groupes de médias qui se rêvaient en géants
de la convergence des tuyaux et des contenus, avaient volé en éclat.

Le début de la fin

Pour la maison de disques BMG, c’était probablement le début de la fin.
Les restructurations engagées pour faire face au déclin du marché du disque
allaient certes payer au cours des deux années suivantes,
au point que BMG dégageait un EBITA positif en 2002 et en 2003,
et se payait même le luxe de racheter à prix d’or
le label Zomba Records et sa division Publishing.

Mais, fin 2003, la décision de fusionner avec Sony Music America était prise.
Et les autorités antitrust, qui avaient repoussé un nouveau projet de fusion
entre EMI et Warner Music l’année précédente, donnèrent leur aval.

La nouvelle entité, qui excluait la division japonaise de Sony Music
et la division Publishing de BMG, espérait réaliser une réduction des coûts
de 350 millions de dollars par an.
Elle vit le jour à l’été 2004, sous le nom de Sony BMG.
En conservant BMG Music Publishing,
le groupe Bertelsmann restait cependant propriétaire
de la troisième maison d’édition musicale au niveau mondial,
sur un secteur (les droits d’édition)
beaucoup moins chahuté par la crise que celui du disque.
Au point que ses revenus ont légèrement progressé au cours des dix dernières années,
du fait de la multiplication des canaux de diffusion
et du développement du placement de musique à l’image
(au cinéma, dans la publicité, à la télévision), qui s’avère fort rémunérateur.

En 2006, cependant, le groupe Bertelsmann a eu besoin
de financer le rachat des parts que détenait le groupe belge Albert Frères dans son capital,
et la décision de céder BMG Music Publishing a été prise. Universal Music Group remportait la partie, en mettant 1,63 milliard d’euros sur la table, et devenait par la même occasion le numéro un mondial de l’édition musicale. Bertelsmann n’était plus alors présent dans l’industrie musicale qu’à hauteur de sa participation de 50 % dans Sony BMG. Ce qui n’allait pas durer.
Deux ans après avoir vendu BMG Music Publishing, le groupe de médias allemand décidait en effet de céder cette participation à Sony Music America,
La cession a été conclue pour 1,5 milliard de dollars
et Sony BMG devint Sony Music Entertainment.

L’étiquette BMG avait dès lors complètement disparu du paysage,
et le groupe Bertelsmann n’avait, semble-t-il, plus rien à voir avec la musique.
En l’espace de huit ans, le numér
o trois du marché mondial de la musique
s’était complètement désintégré. Mais il allait très vite renaître de ses cendres.
En quête de droits masters

Dès la fin 2008, le groupe Bertelsmann,
qui avait conservé quelques droits masters et d’édition par-devers lui,
créait en effet une nouvelle structure, BMG Rights Management,
entièrement dédiée à la gestion de droits.
Cette nouvelle structure s’est lancée depuis dans une politique d’acquisition
tous azimuts de catalogues d’édition prestigieux,
en joint-venture avec le fonds britannique KKR (Kohlberg Kravis Roberts & Co),
qui a investi 332 millions de dollars dans son capital en septembre 2009,
en échange d’une participation de 51 %.

Après avoir acquis le catalogue de Crosstown Song America en juillet 2009,
BMG Rights Management a mis la main sur celui de Cherry Lane Music Publishing
en mars dernier,
l’un des plus gros éditeurs indépendants américains,
avant de racheter celui du célèbre éditeur britannique Chrysalis ,
au mois de novembre 2010. Ses velléités de croissance externe,
Q’une nouvelle injection de 2Q00 millions de dollars dans son capital
par ses deux actionnaires a renforcées il y a quelques mois, ne s’arrêtent pas là.

Non content d’être un candidat déclaré au rachat d’EMI Music Publishing,
branche d’EMI dans l’édition musicale,
dans le cas d’une cession par appartements de la maison de disques
par la banque américaine Citigroup-
laquelle a financé son rachat par le fonds Terra Firma
et s’apprête à en saisir tous les actifs au mois de mars prochain-,
BMG Rights Management se dit également intéressé
par celui de la division phonogramme d’EMI.

Dans une interview accordée à Music Week, son PDG, Hartwig Masuch,
a déclaré récemment :

"Intégrer l’édition d’EMI serait compliqué,
mais si vous considérez la branche musique enregistrée, c’est une autre histoire.
Nous représentons de plus en plus de catalogues de masters
et celui d’EMI est le plus emblématique de tous. [...]
Il n’est un secret pour personne que nous sommes plus intéressés
par les droits masters que par les droits d’édition."

En rachetant la maison de disques EMI,
et fort des catalogues d’édition et de droits masters déjà agrégés,
BMG pourrait donc très vite revenir dans la cour des grands,
et figurer de nouveau parmi les quatre majors de la musique au niveau mondial.

Un retournement de situation qui serait véritablement spectaculaire,
et une renaissance qui se ferait, qui plus est,
sur des bases financières parfaitement assainies...

http://www.bmg.com/
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http://www.artmony.biz
 
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