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Sujet: ROMAN POLANSKI Un jour , un destin, Dim 7 Nov - 17:33
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Roman Polanski, les secrets d'une fuite
Mardi 9 novembre, France 2
Numéro inédit du magazine Un jour, un destin. Consacré au cinéaste et comédien Roman Polanski.
Un documentaire inédit de Laurent Allen-Caron et Fabien Boucheseiche. Présenté par Laurent Delahousse.
Il y a dans l'histoire du cinéaste Roman Polanski un parfum de scandale, de soufre et de luxure mais également les souffrances d'un homme qui se retrouvera traqué et exilé à plusieurs reprises.
Du ghetto juif de Cracovie en 1941 à son incarcération en Suisse en septembre 2009, les équipes d'Un jour/un destin ont enquêté sur la face cachée du cinéaste et les épisodes de sa vie.
Comment, enfant juif, a-t-il échappé à la mort pendant la guerre ?
Pourquoi a-t-il été soupçonné dans les années 70 d'être l'assassin de son épouse Sharon Tate ?
Comment s'est-il retrouvé au cœur d'une affaire de mœurs qui fera de lui un éternel fugitif ?
Grâce aux témoignages de ses proches et à des archives inédites, vous découvrirez le destin fascinant et tourmenté d'un homme sans cesse rattrapé par son passé.
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liliane Admin
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Sujet: Re: ROMAN POLANSKI Ven 3 Déc - 18:37
"The Ghost Writer" de Polanski parmi les favoris des Prix du Cinéma européen
Le thriller politique "The Ghost Writer" du cinéaste franco-polonais Roman Polanski part grand favori des Prix du Cinéma européen, la version européenne des Oscars, qui sera remise samedi à Tallinn. Le film a reçu sept nominations différentes de l'Académie européenne du cinéma, dont celles du meilleur réalisateur et de la meilleure image.
Roman Polanski, 76 ans, a remporté avec ce film l'Ours d'argent du meilleur réalisateur au Festival de Berlin en février, où cette production a connu sa première mondiale.
Le cinéaste n'a pas pu alors recevoir personnellement sa récompense, étant assigné à résidence en Suisse. Il y attendait une décision juridique à la suite d'une demande d'extradition émise par les Etats-Unis où il est poursuivi pour avoir eu en 1977 des relations sexuelles avec une mineure âgée de 13 ans.
La requête américaine a été finalement rejetée par la justice suisse.
Les autorités estoniennes ont déclaré que M. Polanski pourrait assister au gala à Tallinn sans être inquiété car, conformément à la loi de ce pays balte, son crime est déjà prescrit.
"The Ghost Writer" aura pour concurrents majeurs "Lebanon" du réalisateur israélien Samuel Maoz, lauréat du Lion d'or à la Mostra de Venise, et "Le Miel" du cinéaste turc Semih Kaplanoglu, Ours d'or au Festival de Berlin.
Le film français "Des hommes et des dieux" de Xavier Beauvois est également en lice dans la compétition.
Les Prix du Cinéma européen ont été créés en 1988. Ils sont décernés chaque année par l'Académie européenne du cinéma, qui compte comme membres 2.300 représentants du métier venus de toute l'Europe.
Les prix sont remis aux lauréats au cours d'une cérémonie qui est organisée alternativement à Berlin, siège de l'Académie, et dans d'autres grandes villes européennes.
TALINN, Estonie (AP) — Le film de Roman Polanski "The Ghost Writer" a remporté samedi soir le trophée du meilleur film lors de la 23e cérémonie des Prix du cinéma européen. Le thriller politique a quasiment fait carton plein en raflant cinq autres trophées après sept nominations.
"The Ghost Writer", qui conte l'histoire d'un écrivain-nègre à succès chargé de terminer de rédiger la biographie d'un ex-Premier ministre britannique a aussi remporté le prix du meilleur réalisateur, celui du meilleur acteur pour Ewan McGregor et celui du meilleur scénario, que Polanski partage avec Robert Harris. Le compositeur Alexandre Desplat et le décorateur Albrecht Konrad ont également été récompensés, respectivement pour la musique et les décors du film.
"Vous avez récompensé un vrai film européen. C'est vraiment trop (...) Merci beaucoup", a déclaré Roman Polanski, 77 ans, via une liaison par Skype depuis un endroit tenu secret. "Avant tout, je veux remercier l'équipe merveilleuse avec laquelle j'ai travaillé, une vraie équipe européenne", a-t-il ajouté.
"The Ghost Writer", présenté au Festival de Berlin en février dernier, lui avait valu de recevoir l'Ours d'argent du meilleur réalisateur.
Palmarès de la 23e cérémonie des Prix du cinéma européen décernés samedi soir à Tallinn, en Estonie, capitale européenne de la culture cette année : Meilleur film - The Ghost Writer, de Roman Polanski
Meilleur réalisateur - Roman Polanski (The Ghost Writer)
Meilleure actrice - Sylvie Testud (Lourdes)
Meilleur acteur - Ewan McGregor (The Ghost Writer)
Meilleur scénario - Robert Harris et Roman Polanski (The Ghost Writer)
Meilleure direction de la photographie - Giora Bejach (Lebanon, de Samuel Maoz)
Meilleur montage - Luc Barnier et Marion Monnier (Carlos, d'Olivier Assayas)
Meilleur décor - Albrecht Konrad (The Ghost Writer)
Meilleure musique - Alexandre Desplat (The Ghost Writer)
Découverte - Lebanon
Meilleur documentaire - Nostalgia de la Luz (Patricio Guzman)
Meilleur film d'animation - L'Illusioniste (Sylvain Chomet)
Dernière édition par Bridget le Ven 11 Mai - 18:43, édité 3 fois
Bridget
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Sujet: Re: ROMAN POLANSKI Mer 12 Jan - 11:43
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L’Académie Lumières rend un hommage exceptionnel à Roman Polanski.
Pour les 50 années de la carrière de réalisateur de Roman Polanski, carrière débutée en 1961 par la réalisation de Couteau dans l’eau, récompensé en 2009 par le Festival International de Varsovie, par le titre du "Meilleur scénario dans l’histoire du cinéma polonais", l’Académie Lumières souhaite rendre un hommage exceptionnel à l’un des plus grands cinéastes contemporains, auteur, entre autres, de Le Pianiste, Oliver Twist, La Jeune fille et la mort, Lunes de fiel, Frantic, Pirates, Tess, Le Locataire, Chinatown, Rosemary’s Baby, Le Bal des vampires, Cul de sac ou Répulsion.
http://www.academielumieres.com/
Le comédien français François Berléand présidera la cérémonie des prix Lumières, tandis que l'actrice américaine Jodie Foster présidera la cérémonie des Césars.
D'une part, les prix Lumières sont décernés par la presse étrangère à Paris et, par le fait même, considérés comme l'équivalent des Golden Globes américains. D'autre part, les Césars récompensent les artistes et les artisans du cinéma français, comme les Oscars le font pour le cinéma américain.
La cérémonie de la 16e remise des prix Lumières se tiendra le 25 février. Sur le site Internet de l'organisation, on peut lire que Kristin Scott Thomas remettra la Panthère d'honneur à Roman Polanski pour souligner ses 50 ans de carrière.
Rappelons que Les amours imaginaires, de Xavier Dolan, sont en nomination dans la catégorie du meilleur film francophone (hors de France).
La cérémonie se déroulera à la mairie de Paris.
Dernière édition par Bridget le Sam 15 Jan - 13:37, édité 1 fois
Bridget
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Sujet: Re: ROMAN POLANSKI Sam 15 Jan - 13:37
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Les lumières rendent hommage à Roman Polanski
Roman Polanski reçoit la panthère d'honneur ce vendredi 15 janvier à l'occasion de la 16ème cérémonie des Lumières
La presse internationale a rendu hommage à Roman Polanski en lui décernant une panthère d'honneur et a sacré Des hommes et des Dieux, de Xavier Beauvois, meilleur film de l'année 2011.
Si la presse internationale a décerné la récompense la plus haute au film de Xavier Beauvois Des Hommes et des Dieux, c'est sur le metteur en scène Roman Polanski que s'est focalisée toute l'attention médiatique ce vendredi 14 janvier, à l'occasion de sa deuxième sortie publique depuis la levée de son assignation à résidence. En plus d'une panthère d'honneur pour ses 50 ans de carrière, le réalisateur a également remporté les prix du meilleur réalisateur et du meilleur film pour The Ghost Writter.
"Nous voulons dire à Roman qu'il est à Paris chez lui. Et aussi combien nous l'aimons quand il est libre". À l'instar de cette déclaration de Christophe Girard, adjoint au Maire de Paris, chargé de la culture, les hommages chaleureux au "parisien" qu'est Roman Polanski se sont succédés dans une atmosphère étrange marquée par l'absence d'une grande majorité des nominés et des mises à jours régulières du plan de vol hasardeux du président tunisien Ben Ali.
Cette sixième édition était l'occasion pour Roman Polanski de refaire surface sur la scène publique quelques jours avant le tournage de son prochain film et pour la France de réaffirmer politiquement le profond attachement à son égard. Le réalisateur franco-polonais, peu bavard à son habitude, a tout de même fait part de son émotion en recevant ce prix, "sachant qu'il vient de la presse et qu'elle n'a pas toujours été (son) meilleur ami".
Le palmarès complet:
Meilleur film: Des hommes et des Dieux, de Xavier Beauvois
Meilleur réalisateur: Roman Polanski pour The Ghost Writer
Meilleur scénario: Robert Harris et Roman Polanski pour The Ghost Writer
Meilleur actrice: Kristen Scott Thomas pour Elle s'appelait Sarah (Gilles Paquet-Brenner)
Meilleur acteur: Michael Lonsdalle pour Des Hommes et des Dieux
Meilleur espoir féminin: Yahima Torres pour Vénus Noire (Abdellatif Kechiche)
Meilleur Espoir masculin: Antonin Chalon pour No et moi (Zabou Breitman)
Meilleur film francophone (hors de France): L'homme qui crie (Mahamat-Seleh Haroun)
Dernière édition par Bridget le Jeu 1 Mar - 18:02, édité 3 fois
Bridget
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Sujet: Re: ROMAN POLANSKI Jeu 27 Jan - 18:44
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Roman Polarité, Michael Lonsdale et Benoît Jacquot lauréats des Prix Henri-Langlois
Roman Polanski , Michael Lonsdale et Benoît Jacquot figurent dans la liste des principaux récipiendaires des 6èmes Prix Henri-Langlois, annoncent ses organisateurs dans un communiqué. Les trophées récompensent des professionnels du 7ème Art influents.
Réalisateur de The Ghost-writer, Roman Polanski succèdera à Régis Wargnier comme lauréat du trophée d'honneur. Michael Lonsdale recevra le prix Henri-Langlois du comédien grâce à sa composition dans Des Hommes Et Des Dieux de Xavier Beauvois. L'équivalent féminin sera décerné à Gisèle Casadeus, 96 ans et marraine de la cérémonie.
Bertrand Blier a décroché le prix du réalisateur avec Le Bruit Des Glaçons. Benoît Jacquot empoche le trophée Coup de coeur avec Au Fond Des Bois. Tony Gatlif (Humanisme et engagement), Mahamat-saleh Haroun (Cinémas du monde, d'ici et d'ailleurs), Michel Ocelot (Film d'animation et image animée), Christopher Thompson (Révélations) et Francis Lai (Musique) seront également décorés.
La 6ème cérémonie des Prix Henri-Langlois se déroulera lundi 31 janvier à Vincennes (Val-de-Marne).
Dernière édition par Bridget le Ven 28 Jan - 14:55, édité 1 fois
Bridget
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Sujet: Re: ROMAN POLANSKI Ven 28 Jan - 14:53
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Polanski par Polanski
ARTE LUNDI 31 JANVIER 2011 23H
Interviewé par Pierre-André Boutang sur des extraits de films et des images d'archives, Roman Polanski livre sa vision de son travail et son rapport à la critique.
Un accent léger comme un voile, une voix languide, des manières de dandy, un physique d'éternel jeune homme, et le charme d'une intelligence vive, aiguisée aux épreuves de la vie.
Car la vie de Polanski, à elle seule, est un roman. Un roman ponctué d'échappées miraculeuses et d'exils salvateurs. Polanski, petit juif de Cracovie, commencera par échapper aux rafles nazies avant de découvrir le cinéma, échappatoire suprême. Son existence sera faite alors d'incessants voyages, essentiellement entre la France et les Etats-Unis, dont il s'évadera de loin en loin après l'assassinat, en 1969, de sa première épouse, Sharon Tate, et qu'il fuira définitivement en 1978, alors qu'il se trouvera impliqué dans une affaire de moeurs.
Tel est Polanski, éternel fugitif, que le cinéma, en bon génie, semble avoir préservé pour toujours de la rumination du malheur.
Dans un documentaire captivant, le réalisateur de « Tess », interviewé par Pierre- André Boutang, dit tout l'amour qu'il a pour son métier.
L'hommage au septième art se double ici d'une passionnante leçon de cinéma. Pas d'ambition chez lui d'éblouir, de suivre des modes, d'avoir un style : « Je veux juste raconter des histoires. »
Il livre son goût pour les scénarios très écrits, les récits en zigzag, son souci du détail : « C'est le détail qui donne l'authenticité au récit. »
Sur le tournage de Répulsion Catherine Deneuve et Roman Polanski
On le voit travailler avec Mia Farrow sur le tournage de « Rosemary's Baby », avec Nastassja Kinski sur celui de « Tess », avec Catherine Deneuve sur le plateau de « Répulsion » : « Ce n'est pas un travail de bureau. Etre acteur, c'est s'exposer, montrer des choses qu'on n'a pas forcément envie de montrer... Il faut établir avec lui une relation intime, de confiance, pour qu'il ait envie de le faire. »
Dans une filmographie foisonnante de chefs-d'oeuvre (du « Couteau dans l'eau » à « The Ghost Writer » en passant par « Chinatown »), « Le Pianiste », dans lequel Polanski a mis beaucoup de souvenirs personnels, représente un film à part : « Il m'a semblé que tout ce que j'ai fait avant était une simple répétition. »
L'occasion pour lui d'évoquer ce qu'il a vécu enfant, en Pologne. Moment fort, bouleversant. On est suspendu à ses lèvres.
Il y a chez cet homme une vérité brute, nue, sans effet ni forfanterie, qui fait que, quoi qu'il dise, on l'écoute.
Dernière édition par Bridget le Sam 3 Sep - 11:18, édité 2 fois
Bridget
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Sujet: Re: ROMAN POLANSKI Sam 26 Fév - 12:01
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César 2011 «The Ghost Writer» de Roman Polanski.
César du Meilleur Réalisateur
César de la Meilleure Adaptation César du Meilleur Montage César de la Meilleure Musique
Cette cérémonie sonne comme une belle vengeance pour le réalisateur franco-polonais qui n’a franchement pas vécu une année facile, mais qui en a la confirmation, encore une fois: le monde du septième art le soutient, et adore son cinéma.
C’est d’ailleurs ce qui est principalement ressorti de la bouche de tous les intervenants, ce soir: l’ambiance du tournage, leur passion commune et les difficultés extérieures qui n’ont fait, au bout du compte, que les stimuler.
Dernière édition par Bridget le Jeu 1 Mar - 18:04, édité 1 fois
Bridget
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Sujet: Re: ROMAN POLANSKI Sam 3 Sep - 11:17
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CARNAGE
A Venise : le huis clos ravageur de Roman Polanski
Son nouveau film, Carnage, comédie grinçante d'après la pièce de Yasmina Reza, réunit Kate Winslet, Jodie Foster, Christoph Waltz et John C. Reilly.
Dans la compétition vénitienne, arrive un cinéaste fantôme, Roman Polanski, mais un film bien en chair, Carnage.
L'Italie ayant des accords d'extradition avec les États-Unis, Polanski n'a pu venir à la Mostra présenter sa puissante adaptation de la pièce de Yasmina Reza, Le Dieu du carnage, très bien accueillie, et défendue, à l'écran comme à la table de conférence de presse, par des acteurs convaincus: Kate Winslet, Christoph Waltz, John C. Reilly. Jodie Foster, qui complète le quatuor, n'a pu venir, retenue par un tournage au Canada.
Tous se disent flattés d'avoir été sollicités par le cinéaste: «Tourner avec Polanski, c'est une chance qui ne se refuse pas !» assure Kate Winslet.
Carnage transpose à New York l'action de la pièce, située à Paris. Parce que deux enfants se sont battus, leurs parents se rencontrent pour s'expliquer sur cet accès de violence et décider de la conduite à tenir pour réconcilier l'agresseur et l'agressé.
Au début, le dialogue est courtois, mais il va peu à peu dégénérer pour donner lieu à des règlements de compte inattendus. Le vernis de la civilisation se craquelle vite…
Un procédé théâtral
Polanski avait commencé à écrire avec Yasmina Reza (coscénariste) avant son arrestation, mais on peut dire que c'était le projet idéal dans sa situation: tourné en studio à Paris, le film met aux prises deux couples dans un décor unique.
Un huis clos d'où les visiteurs (Christoph Waltz et Kate Winslet) cherchent régulièrement à s'échapper. Mais chaque fois qu'ils vont partir, un incident ou un mot les en empêche, qui fait repartir la confrontation de plus en plus agressive entre les deux couples.
Le procédé est théâtral, tout comme la manière de faire varier les adversaires (couple contre couple, ou un de chaque couple, ou les hommes contre les femmes…). Mais la caméra de Polanski maîtrise habilement les figures de l'exercice, et le quatuor d'acteurs est formidable.
Eux-mêmes revendiquent ce travail théâtral: «On a répété dans le décor pendant plusieurs semaines, explique Christoph Waltz. Nous avons beaucoup discuté sur nos approches différentes, et nous sommes devenus une troupe très homogène. Polanski m'a dit qu'il n'avait jamais rencontré un groupe d'acteurs comme nous, sans aucune jalousie ni aucune rivalité.»
Pour Kate Winslet, «c'est un récit très complexe, avec des personnages très riches, qui mettent en jeu une dynamique familiale. Je viens d'une famille nombreuse et unie, et cette dynamique m'a passionnée.»
Enceinte lors du tournage, elle revient avec animation sur une scène où elle est prise d'un vomissement spectaculaire: «C'était assez délicat et difficile à faire, mais très amusant aussi, assure-t-elle. Il a fallu préparer cela soigneusement et ingurgiter le repas de la cantine en vue de le restituer à l'écran. Heureusement, il était bien indigeste, et les techniciens m'ont aidée !»
«Polanski se déplaçait sur le plateau comme une sauterelle, voyant tout, surveillant le moindre détail, indique John C. Reilly. Il est d'une précision extraordinaire dans l'espace étroit d'un plateau. Il m'a dit: “Il faut découvrir tout un univers dans un grain de sable”.»
Et c'est bien là la force de son huis clos ravageur, qui crée le malaise dans un petit coin d'apparente civilisation.
Dernière édition par Bridget le Sam 1 Oct - 12:34, édité 1 fois
liliane Admin
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Sujet: Re: ROMAN POLANSKI Mer 28 Sep - 6:38
Roman Polanski reçoit son prix deux ans après son arrestation
Le réalisateur franco-polonais Roman Polanski a reçu mardi à Zurich le prix d'honneur, qui lui avait été décerné en 2009 par le Festival du film de la ville et qu'il n'avait pu recevoir en raison de son arrestation.
Le cinéaste est arrivé sur le lieu de la cérémonie vêtu d'un costume noir et d'une chemise blanche, sous les applaudissements et les cris de ses fans. Il a pris le temps de signer de nombreux autographes avant de poser brièvement pour la centaine de photographes présents, a constaté un journaliste de l'AFP.
Dans la salle du cinéma Corso de Zurich, où se déroule le festival, M. Polanski a été accueilli par les applaudissements des spectateurs, qui ont duré plusieurs minutes.
"C'est un étrange anniversaire", a-t-il dit, deux ans jour pour jour après son arrestation à Zurich.
"Je suis heureux d'être ici. Cela n'a pas seulement été un choc pour moi, mais aussi pour ma famille et le festival", a-t-il poursuivi, visiblement ému.
M. Polanski a également tenu à "remercier le personnel de la prison, qui a essayé de rendre (son) séjour aussi agréable. Ce n'est pas une plaisanterie".
Il a ajouté avoir toujours aimé venir en Suisse et être "heureux de se trouver ici", malgré son arrestation il y a deux ans.
Dans un entretien à la télévision suisse TSR réalisé avant le remise du prix, le réalisateur avait indiqué que recevoir le prix était "aussi une manière de saluer et de remercier tous ceux qui m'ont soutenu pendant cette période difficile ici".
"Je n'ai jamais dit +je ne reviens plus ici+", après l'arrestation le 27 septembre 2009 à son arrivée à l'aéroport de Zurich sur mandat international américain, alors qu'il devait se rendre au festival de cinéma.
M. Polanski a expliqué venir depuis 40 ans en Suisse et y avoir "beaucoup d'amis".
Il avait trouvé pour la première fois refuge dans la Confédération helvétique après l'assassinat en 1969 à Los Angeles de sa femme, l'actrice américaine Sharon Tate, alors enceinte de huit mois, et de quatre autres personnes par des membres de la secte de Charles Manson.
Après son arrestation à Zurich, le réalisateur du "Pianiste" avait pu quitter le 4 décembre 2009 la prison de Winterthur, dans le canton de Zurich. Il avait été assigné à résidence dans son chalet de Gstaad contre une caution de 4,5 millions de francs suisses et avait été contraint de porter un bracelet électronique.
Il avait quitté libre en juillet 2010 sa résidence, après le refus de la Suisse d'extrader M. Polanski vers les Etats-Unis, où il était poursuivi pour des relations sexuelles avec une mineure âgée de 13 ans en 1977.
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Sujet: Re: ROMAN POLANSKI Sam 1 Oct - 12:32
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Roman Polanski : " Je suis habitué à la mort, oui "
Pour la première fois depuis son arrestation à Zurich, en 2009, Roman Polanski se confie dans une interview-document, qui sera diffusée à la Télévision suisse romande, dimanche 2 octobre .
Le cinéaste a accepté de répondre à Darius Rochebin, présentateur du journal télévisé suisse. Il décrit sa captivité, son travail en prison. Il raconte une vie marquée par une suite d'événements dramatiques.
"Dès ses premières réponses, précise Darius Rochebin, j'ai senti que Roman Polanski était en veine de confidences. Ce lundi 26 septembre, au Gstaad Palace, désert, ouvert uniquement pour nous, il semble soudain dénoué, ouvert à toutes les questions. Il avait accepté 'quelque chose de très court, juste pour les news'."
Il restera assis 60 minutes devant les caméras de la TSR. "Il ne donne presque jamais d'interview. Il a visiblement envie de faire une exception, poursuit Darius Rochebin. Peut-être une manière de boucler la boucle : il vient recevoir à Zurich le prix qui lui était destiné quand il a été arrêté, il y a deux ans jour pour jour. C'est aussi le fruit d'une relation de confiance depuis deux ans. Je me suis rendu plusieurs fois dans son chalet de Gstaad.
Nous avons parlé de son incroyable capacité de survie, de nos lectures respectives et du gâteau au pavot polonais qu'il m'a fait partager en signe de bienvenue."
Le Prix d'honneur du Festival de Zurich, Carnage, ovationné à la Mostra de Venise, cette tournée des honneurs, après le déshonneur de la prison, c'est ironique ?
Roman Polanski : C'est une chose à laquelle j'ai été déjà habitué il y a trente-quatre ans ! Il ne faut pas oublier que je suis allé en prison. J'ai fait ma peine. C'est pour ça que je suis parti des Etats-Unis, à l'époque, parce qu'on voulait "rebeloter". Mais cette fois, c'était plus supportable. Je n'avais plus cette panique du jeune metteur en scène jet-set qui ne reste jamais dans un même endroit plus que trois ou quatre jours.
Lors de l'affaire DSK, certains ont fait la comparaison avec vous. Une pulsion qui fait basculer une vie…
Oui. Oui. Bien sûr, oui.
Vous avez eu des regrets ?
Oui, naturellement. Cela fait quand même trente-quatre ans. Bien sûr, j'avais des regrets.
Aujourd'hui vous ne pouvez aller qu'en Suisse, en France, en Pologne…
Je vis en France, je suis français !
Oui bien sûr, mais il y a beaucoup d'endroits où vous ne pouvez pas aller. Vous sentez un enfermement ?
Non, parce que, déjà, je me suis habitué pendant cette année sabbatique [rire]. Et puis j'ai beaucoup voyagé dans ma vie. Ce qui compte pour moi, c'est d'être près de ma famille et de ne pas être séparé comme pendant cette année. Ce qui est bon maintenant, c'est que la vie est absolument normale.
On vous décrit parfois comme un nain maléfique et vicieux, ou comme un génie du cinéma, ou les deux à la fois…
Cette image de moi a commencé à la mort de Sharon Tate. C'est ça qui a plu aux médias, et ça roule comme une boule de neige. Ça a vraiment explosé avec l'invention de l'Internet.
La première fois que vous êtes venu en Suisse, c'était pour quoi ?
Bizarrement, la première fois, c'était pour fuir les médias. C'était après la tragédie qui nous est arrivée à Los Angeles, où Sharon Tate, ma femme, enceinte de huit mois, a été assassinée avec trois de mes amis. Avant qu'on trouve Manson, j'étais même soupçonné d'avoir quelque chose à faire avec ça. Cela excitait énormément les médias parce que je venais de finir le film Rosemary's Baby sur la magie noire et ils ont fait immédiatement un amalgame.
C'était insupportable. J'avais un ami qui m'a invité à Gstaad. Il m'a dit : "Ici tu seras à l'abri." Et en effet, à cette époque, on était complètement à l'abri. Il y avait quelques paparazzis qui venaient autour des fêtes de Noël dans la haute saison pour vous photographier et c'était tout.
Sharon Tate a été tuée alors qu'elle était enceinte. Votre mère avait été tuée à Auschwitz, elle aussi enceinte. Et vous vous êtes refait, toujours. Comment avez-vous fait ?
Vous savez, je me pose la question. Je suis peut-être fait d'un matériau plus dur. On pourrait faire des clous avec moi.
Vous avez vu si souvent la mort, la mort de ceux que vous aimiez, la mort à laquelle vous avez échappé ! Cela change le point de vue ?
Certainement, j'ai vu la mort très jeune, dans le ghetto. La première fois, j'ai vu une femme tuée, quand j'avais 7 ans, à quatre mètres de moi. C'est comme le chirurgien, il s'habitue au ventre ouvert. Je suis habitué à la mort, oui.
Il y a des tournants étonnants dans votre parcours, dans votre enfance, quand vous dites à une fille "baise mon cul", cela détermine beaucoup de choses !
Oui, c'était mon premier jour dans une crèche et on m'a viré tout de suite. Donc je n'ai jamais été en crèche. Mes parents étaient désespérés ! Il s'en est suivi un parcours compliqué. Très !
A l'école il y avait un épidiascope. J'étais fasciné, pas tellement par les illustrations de livre que ça permettait de projeter, mais par le mécanisme de la projection. J'étais toujours le problème de la classe, parce que je mettais la main devant l'objectif pour faire des ombres chinoises, c'était la mécanique de la projection qui me fascinait.
Au cinéma, de quand date la première illumination ?
C'était des moments où ma grande sœur m'emmenait voir des films. J'étais trop petit pour aller au cinéma, la seule chose intéressante c'est que le cinéma était vide, c'était l'après-midi et lorsque je voulais faire pipi, elle ne voulait pas rater la scène, elle me faisait pisser sous les rangs.
Ensuite, vos parents sont déportés. Vous êtes caché dans des familles polonaises catholiques.
C'était la campagne vraiment médiévale… Il n'y avait à manger que du gruau. La famille chez qui j'étais avait trois gosses. La femme était extrêmement bonne, très religieuse, et certainement cela avait à voir avec ça. Elle m'aimait beaucoup. C'était bien, ça, c'était bien.
Il y avait la peur, la méfiance ?
Oui, parce qu'on pouvait me découvrir. Heureusement, j'avais un physique extrêmement polonais. J'avais des cheveux clairs. On peut encore le voir un peu, même s'ils sont gris. J'avais un physique qui n'était pas difficile à cacher .
Vous avez eu beaucoup de chance ?
Beaucoup de chance oui. Beaucoup de malchance aussi. Cela se mélange. Peut-être que, dans cette amplitude, les hauts paient pour les bas…
Dans vos films l'humour se mélange aux situations dramatiques.
Dans la vie, l'humour se mélange au tragique ! Je me rappelle, en Pologne, les funérailles de mon père. C'était à l'époque où on sortait du communisme. Il y avait encore la vodka dans toutes les circonstances et les quatre croque-morts venus porter le cercueil étaient complètement bourrés. J'étais furieux. Je ne savais pas quoi faire. Il y avait mes amis, cinéastes, Wajda, Morgenstern. Ils m'ont dit : on va porter le cercueil. C'était drôlement lourd. Moi et Morgenstern, on était petits. Je sentais que le corps de mon père glissait vers nous, on portait tout le poids. C'était des trucs comiques et dramatiques et même temps.
Carnage, c'est un film que vous avez écrit en partie en captivité, ce sont des conditions très particulières.
C'est des bonnes conditions ! Moi, je forcerais certains scénaristes à se faire arrêter pour se mettre au boulot [rires]. Avant, dans les studios hollywoodiens, il y avait une partie qui s'appelait writer's block, et les scénaristes pointaient le matin !
C'est l'histoire de deux couples qui ont des rapports courtois au début, puis tout dégénère en insultes et en haine. C'est ça qui m'a séduit dans la pièce [de Yasmina Reza]. C'est la dénonciation du politiquement correct. Les personnages révèlent leur vraie nature humaine. C'est-à-dire des gens capables de haine, d'égoïsme, mais tout ça est couvert par le vernis de la classe moyenne, qui se veut d'ailleurs très civilisée.
On est tous comme ça ?
Je pense qu'on est tous comme ça, peut-être avec quelques exceptions… Moi ! [Rires.]
Oui, vous êtes pire !
Non je ne pense pas, je pense que j'ai moins de vernis…
La vraie nature des gens, sous le vernis, c'est une source d'inspiration dans tous vos films…
Souvent oui, montrer la vraie nature des gens. D'ailleurs, dans mon premier film, Le Couteau dans l'eau, il y avait beaucoup de ça et j'étais tout jeune, j'avais 27 ans quand j'ai fait ce film…
Pendant votre captivité, vous avez travaillé en prison, sur la table où les prisonniers coupent les oignons !
J'étais en train de terminer Ghost Writer. J'avais un ordinateur, mais je n'avais pas le droit à l'Internet. On m'envoyait des DVD. Je faisais des notes que je donnais à l'avocat, l'avocat les donnait à la police, la police les rendait à l'avocat. Ensuite, on les envoyait à mon monteur. C'était un processus extrêmement lent. Ils nous ont installés dans une salle où normalement les prisonniers pèlent les oignons pour gagner un peu de sous.
Vous nous racontiez que c'est votre fils qui a coupé le bracelet électronique à votre libération. Le goût de la liberté, c'était quoi ?
C'était un peu bizarre les premiers jours. C'est un autre angle, dans notre langage de cinéastes. Cela a des séquelles quand même. On ne fonctionne pas pareil après une expérience comme ça, à mon âge, si longtemps après tout ça…
Je me souviens vous avoir entendu dire que ce que vous préférez dans le cinéma, c'est les files d'attente des spectateurs à l'entrée !
Bien sûr, on peut faire les choses les plus merveilleuses, mais si elles ne sont pas acceptées, c'est des vies tragiques. C'est Van Gogh qui a vendu une seule toile, et encore, à son frère, je crois. Ce grand peintre qui est mon peintre absolument préféré a eu une vie pour nous, pas pour lui-même. Je n'ai pas cette ambition, je voudrais vouloir partager ma vue du monde avec d'autres.
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Bridget
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Sujet: Re: ROMAN POLANSKI Dim 2 Oct - 11:24
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liliane Admin
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Sujet: Re: ROMAN POLANSKI Mar 6 Déc - 15:47
Polanski plus fort que les bobos
Le Point - Publié le 06/12/2011
Véritable jeu de massacre, "Carnage", qui sort sur nos écrans le 7 décembre, transcende la pièce originale de Yasmina Reza.
Les revolvers pirouettent dans les airs, les balles sifflent, les chargeurs se vident. Règlements de comptes à OK Corral ? Non, conversation de salon à Brooklyn. Nous sommes chez Penelope (Jodie Foster) et Michael (John C. Reilly), sur un canapé confortable, devant une table basse garnie de livres d'art. Tous deux sont souriants, bien-pensants, têtes à claques. Face à eux, Nancy (Kate Winslet) et Alan (Christoph Waltz) - apprêtés, arrogants, odieux. On mange de la tarte aux poires, on discute. L'enfant des uns a cassé la dent de celui des autres ; le jeu de massacre peut commencer. On comprend aisément ce qui a séduit Roman Polanski dans la pièce de Yasmina Reza Le dieu du carnage (Albin Michel). D'abord, c'est un huis clos - leitmotiv de son cinéma apparu dès son premier film (et premier chef-d'oeuvre), Le couteau dans l'eau (1962). Leitmotiv de sa vie, aussi : lui, l'enfant du ghetto de Cracovie, n'était-il pas aux arrêts dans son chalet de Gstaad quand il travaillait au scénario ? Après The Ghost Writer, qui montrait un écrivain coincé dans la demeure luxueuse d'un homme politique, voici donc un nouvel affrontement entre quatre murs qui fait étrangement écho à la vie de son metteur en scène.
Vernis
Or, c'est dans la seconde partie, quand l'affrontement cesse d'être feutré pour devenir sanglant, que Polanski est à son meilleur. Le craquèlement du vernis de la civilisation, voilà qui le connaît : depuis son court-métrage polonais Les mammifères (1962), il n'a eu de cesse de faire apparaître l'animal qui sommeille en l'homme - insecte dans Répulsion (1965), loup dans Le bal des vampires (1967), cochon dans les mises en scène érotiques (volontairement grotesques) de Lunes de fiel (1992)... Est-ce un hasard si Polanski lui-même a joué sur scène Gregor Samsa, l'homme devenu cafard de La métamorphose ?
Carnage distille tous les plaisirs de la pièce. On rit beaucoup, surtout grâce à Christoph Waltz (le colonel nazi d'Inglourious Basterds), plus déchaîné encore que chez Tarantino. On y retrouve le goût du cinéaste pour une ironie sèche, son penchant pour les femmes au bord de la crise de nerfs et son pessimisme radical sur la nature humaine. Pessimisme que la transposition de l'intrigue du 14e arrondissement parisien à un quartier résidentiel de New York n'atténue guère. On les trouve donc des deux côtés de l'Atlantique, ces avocats arrogants et ces bourgeoises éperdues de compassion pour le sort de l'Afrique, ces parents surinvestis et ces couples sans désir ?
Insectes tordus
Une fois que la tarte aux poires a fait son effet et que Nancy vomit sur la table basse, les personnages de Carnage montrent donc leur vrai visage : ce ne sont plus des êtres policés, mais des insectes tordus et grimaçants que Polanski observe avec l'oeil clinique de l'entomologiste. Il contemple, par exemple, la façon dont sa mini-guerre des classes - grands bourgeois glaciaux contre bobos donneurs de leçons - tourne à l'affrontement entre les sexes. Le propos est divertissant, mais un peu léger, et ce n'est qu'à son style sec, affûté, impérial, que le cinéaste doit de le transcender. Il fut un temps où Roman Polanski observait nos grandes tragédies secrètes, notre paranoïa toujours justifiée - car autour de Rosemary rôdent vraiment des sorciers, et nos dirigeants sont réellement corrompus (Chinatown, The Ghost Writer). Carnage, peut-être parce que ses personnages antipathiques laissent le cinéaste indifférent, n'a pas la même portée philosophique. C'est un film où l'on rit plus que l'on ne s'inquiète de la marche du monde, un film sardonique qui rappelle la conclusion amère de Lunes de fiel, le roman de Pascal Bruckner : "Aujourd'hui, la tragédie ne s'abat plus sur les hommes par malédiction, elle naît de leur gaucherie. (...) Nos drames ne sont pas seulement douloureux, ils souffrent du handicap supplémentaire d'être ridicules." Or, c'est parce qu'il croque notre ridicule contemporain en refusant d'en faire un drame que Carnage touche si juste. Et fait mal.
Par FLORENCE COLOMBANI
Florence Colombani vient d'obtenir le prix du livre d'histoire du cinéma au Festival du film d'histoire de Pessac pour Roman Polanski, vie et destin de l'artiste (une coédition Philippe Rey-France Culture, 230 p., 18 euros).
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Sujet: Re: ROMAN POLANSKI Mer 7 Déc - 8:30
Petit carnage entre voisins
Et si nous n'étions rien d'autre que des enfants mal élevés ? La plupart du temps, l'homme dit civilisé parvient à surmonter son instinct. Malheureusement, il lui arrive de sombrer, de partir en vrille, de vouloir casser la gueule à son voisin, de vomir sur sa moquette... De plus, il fait un métier à la noix et son jus de cerveau sent le rance.
« Carnage », le dernier film de Roman Polanski, c'est ça : comment deux couples, prisonniers d'un huis-clos, disjonctent. Théoriquement ils sont là, dans ce propret appartement new-yorkais, pour faire preuve de plus de maturité que leurs enfants. L'ado du premier couple ayant fait exploser les incisives de l'enfant du second à coups de bâton, les parents se retrouvent pour parler assurance, éducation, morale. Le dialogue commence à pas feutrés, poliment. Puis le ton monte. L'alcool et la tension font craquer le vernis de personnages qui finissent par dire ce qu'ils pensent... Et non ce qu'il conviendrait de dire.
Dans « Carnage », les enfants en viennent aux mains ; les adultes, qui ne valent guère mieux, se lancent à la figure de lourdes vérités. On engueule l'autre couple ; on s'engueule, aussi, en couple. Constat lucide et glauque
Tiré d'une pièce de Yasmina Reza, ce film sonne cruellement juste. Prouvant que, même si l'homme peut paraître bon en surface, il ne faut pas gratter longtemps pour faire ressortir ses défauts. Pour autant, « Carnage » n'est pas une amorce de thérapie. C'est un constat lucide, un peu glauque. Roman Polanski a prouvé qu'il savait faire peur (« Rosemary's Baby », « Le Locataire »), qu'il pouvait faire rire (« Le Bal des vampires ») et s'amuser à jouer avec nos nerfs (« Frantic », « Ghost Writer », ...). Ici, s'appuyant sur des acteurs justes, il philosophe.
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Sujet: Re: ROMAN POLANSKI Jeu 1 Mar - 14:54
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LE PIANISTE ( 2001 )
Drame réalisé par Roman Polanski
Jeudi 1 mars de 20:35 à 23:08 sur France 3
De sa Palme d'or aux Oscars, Le Pianiste a glané de par le monde près d'une quarantaine de récompenses. Ce destin exceptionnel vient indirectement rappeler ce qui , pour beaucoup de sceptiques , faisait à l'avance les limites de ce film : il s'agit d'une production internationale, initiée par les Français, tournée en Pologne, mais en anglais.
Roman Polanski ne pouvait, dans ces conditions, qu'avoir vendu son âme au diable et cédé à l'académisme.
C'est tout le contraire qui apparaît : une oeuvre nécessaire, profondément habitée par la personnalité et le style de son auteur.
Pour raconter l'histoire véridique du pianiste Wladyslaw Szpilman - qui fut prisonnier du ghetto de Varsovie et n'échappa à la déportation qu'en se terrant dans les ruines de la ville -, Polanski ne se place pas en grand chef d'orchestre d'une superproduction.
Il y a de l'ampleur dans cette reconstitution d'un monde disparu, mais la sensibilité qui domine, c'est celle du soliste. Celle du pianiste : un homme seul filmé par un homme qui connaît visiblement la solitude. Ici, elle est partout.
Dans le ghetto, où le chacun pour soi devient la loi commune.
Dans le regard d'enfant terrorisé d'Adrien Brody, magnifique.
Pianiste sans piano pendant presque tout le film, la musique ne le quitte pourtant pas.
Ni le courage de vivre. Il est le symbole d'une résistance humaine dont Polanski montre la valeur de miracle dans un monde ravagé par la haine et l'absurdité.
Wladyslaw Szpilman était son nom.
En 1935, la radio d'Etat polonaise l'engagea, à Varsovie. Il avait 24 ans et son talent était déjà reconnu. Un grand pianiste, une célébrité. Il devait sûrement en imposer, ce jeune prodige.
Sur l'écran aujourd'hui, joué par Adrien Brody, c'est un homme qui semble presque capable de disparaître derrière la musique qu'il fait surgir au bout de ses doigts. Une admiratrice l'attend devant les studios de la radio, et c'est lui qui l'admire aussitôt.
Mais les Allemands bombardent. C'est 1939, la nuit noire du nazisme tombe sur Varsovie et sur le discret, le secret Wladyslaw Szpilman.
Roman Polanski ne le quitte jamais, si proche de ce personnage qu'il paraît le connaître depuis toujours.
Si le pianiste est réservé, c'est sans doute que son metteur en scène l'est aussi. L'un et l'autre fuient la virtuosité pour la virtuosité, les effets, la complaisance.
Mais, pour Polanski, qui a souvent été tenté par les exercices de style, c'est une sobriété nouvelle.
Même avec sa Palme d'or, son film est parfaitement étranger à ce désir plutôt bien vu au cinéma : briller. Son ambition est plus grande et plus sérieuse. Il s'agit de trouver la note juste pour une partition retentissante et délicate : la vie de Wladyslaw Szpilman tout au long des années de guerre, dans le ghetto puis dans les ruines de Varsovie, la mort toujours à ses côtés.
Pour raconter cette histoire, Polanski ne se place pas en grand chef d'orchestre d'une superproduction. Il y a de l'ampleur dans cette reconstitution, dans cette vision d'un monde disparu, mais la sensibilité qui domine, c'est celle du soliste.
Du pianiste : un homme seul filmé par un homme qui connaît visiblement la solitude. Ici, elle est partout. Les premiers effrois passés, on veut vite se rassurer chez les Szpilman : autour du poste de radio, Wladyslaw, ses parents, son frère et ses deux soeurs écoutent les nouvelles.
L'Angleterre entre en guerre, et la France va suivre, « la Pologne n'est plus seule ! » Mais si, elle est seule. Comme ils sont seuls, tous les juifs qui sont conduits dans le ghetto en un long cortège funèbre, comme au tombeau. C'est pourtant encore la vie, chacun veut y croire, et Polanski montre cet espoir qui s'accroche à tout, même à ce qui ne peut faire que le désespoir.
Mais il ne joue pas avec les illusions de ses personnages. Jamais mélodramatique, sa peinture du ghetto de Varsovie ne dit, profondément, qu'une seule chose : là, il n'y avait plus de salut. Et plus beaucoup de solidarité.
Quand la faim et la peur tenaillent, le chacun-pour-soi devient la loi commune. La bonté n'est pas forcément aussi efficace. Un homme qui a signé un faux certificat de travail pour le père de Wladyslaw Szpilman le lui donne avec ces mots : « Ça ne servira à rien. » Même avec les papiers qu'exigent les Allemands pour vous accorder le droit de rester dans le cauchemar du ghetto, vous serez déportés. Le pire est toujours sûr.
Pas de colère ni de pathos pour rappeler cela. Polanski ne se fait pas le porte-voix des sentiments dictés par l'Histoire. Il a les siens, généreux sans naïveté, pessimiste sans insistance.
Quand les Szpilman sont parqués, avec d'autres, avant d'être envoyés à Treblinka au « recyclage », comme dit un soldat, le père achète un caramel et le coupe en six morceaux. La scène est émouvante, mais pas seulement. C'est aussi une image terre à terre, lucide, d'une histoire collective devenue terriblement dérisoire : un pauvre caramel, payé une fortune parce que la loi du profit est increvable, c'est tout ce que peuvent partager ces six-là. Car c'est chacun sa guerre. Le train de la mort part. Wladyslaw Szpilman n'est pas dedans.
L'Histoire ressemble à une partie de roulette russe. La vie à laquelle chaque habitant du ghetto se rattache, cette vie magnifique pour laquelle ils sont prêts à endurer tout, les Allemands la jouent aux dés. Ou c'est tout comme.
Une femme pose une question à un soldat, il lui répond en lui tirant une balle dans la tête. Il aurait pu lui donner une claque, des coups de poing, un coup de crosse, l'insulter ou lui parler : c'est comme ça lui chante, il a tous les droits.
Cet horrible « bon plaisir » des nazis domine tout le film, et son pouvoir de terreur n'a jamais été plus impressionnant. Des Allemands entrent dans un immeuble du ghetto, ou font aligner des hommes dans la rue. C'est rapide, c'est brutal, comme si la foudre tombait.
Des atrocités de la guerre, on en a sûrement vu d'autres au cinéma, plus insupportables encore. Mais devant ces scènes du Pianiste, la peur la plus grande nous gagne : celle d'un enfant effaré, désemparé, horrifié.
Cet enfant que fut Polanski, à Cracovie, dans le ghetto. Wladyslaw Szpilman redevient lui-même un petit garçon. Echappé du ghetto, il trouve refuge dans des appartements déserts où des amis polonais le laissent avec toujours la même recommandation : ne fais pas de bruit.
Comme un enfant sage et solitaire, Wladyslaw Szpilman observe alors, par la fenêtre, le spectacle de la guerre qui continue. C'est là qu'Adrien Brody apparaît définitivement comme un extraordinaire interprète pour ce personnage.
Aucun acteur n'a autant d'enfance dans le regard. Le sens du temps, de la guerre, de la vie, de la mort, durant cette dernière partie tout se perd dans un monde qui semble avancer, tout à la fois, vers le néant et vers la paix.
Quand Wladyslaw Szpilman rencontre finalement un officier allemand qui pourrait l'achever mais qui lui donne à manger, les grands sentiments menacent : bonté, pardon, pitié...
La vérité des personnages, plus étrange, l'emporte heureusement encore : Szpilman est devenu une sorte d'homme des cavernes, sauvage hirsute, et la barbarie nazie a le visage de cet officier mélancolique et mélomane. L'homme des cavernes joue Chopin, et la musique dissipe la terreur, efface tout.
Un moment magnifique, entre le miracle et l'absurdité de la vie.
Avec Polanski, l'absurdité est émouvante, comme une image de l'humanité sans fard. Wladyslaw Szpilman, pianiste sans piano pendant presque tout le film, pianiste dans les ruines, est l'homme de l'absurdité. Il a survécu là où il ne pouvait pas vivre, il est magnifiquement humain .