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 NICOLAS DE STAEL

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Nine
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MessageSujet: NICOLAS DE STAEL   Dim 22 Aoû - 22:50

NICOLAS DE STAEL

Nicolas de Staël
baron Nicolaï Vladimirovitch Staël von Holstein,
en russe Николай Владимирович Шталь фон Гольштейн
,
né le 5 janvier 1914 à Saint-Pétersbourg,
mort le 16 mars 1955 à Antibes (il repose dans le cimetière de Montrouge),
est un peintre français originaire de Russie.
Sa technique picturale le rapproche de celle d'un sculpteur.
Chez De Staël, même le noir était lumière et, par leur texture unique,
ses toiles ont exploré des lignes de force inédites.

"Toute ma vie, j'ai eu besoin de penser peinture,
de voir des tableaux, de faire de la peinture pour m'aider à vivre,
pour me libérer de mes impressions, de toutes les sensations,
de toutes les inquiétudes auxquelles je n'ai trouvé d'autre issue que la peinture."

"Je vais aller sans espoir jusqu'au bout de mes déchirements, jusqu'à leur tendresse."
N. DE STAEL


Nicolas de Staël : Nu couché, 1954 par Artcurial
Cette peinture est celle de la femme aimée, à cette époque de sa vie, Jeanne Mathieu, dont l’artiste fut éperdument amoureux. Cette passion dévorante l’habita de 1953, année de sa rencontre avec Jeanne, jusqu’à sa mort en mars 1955.

En 1953, Nicolas de Staël, sa femme Françoise et leurs trois enfants s’installent dans le Midi de la France, à Lagnes, sur la route d’Apt, dans une magnanerie appelée « Lou Roucas ». René Char avait souvent parlé à Nicolas de cet endroit majestueux. La famille Mathieu, qui en est propriétaire, exploite un domaine agricole. Elle accueille chaleureusement l’artiste. Autour des parents, quatre enfants, dont Henri, le poète, et Jeanne, la femme-fleur.

Le 20 juillet 1953, Nicolas de Staël, bouleversé, écrit à René Char : « Jeanne est venue vers nous avec des qualités d’harmonie d’une telle vigueur que nous en sommes encore tout éblouis. Quelle fille, la terre en tremble d’émoi, quelle cadence unique dans l’ordre souverain. Là-haut, au cabanon, chaque mouvement de pierre, chaque brin d’herbe vacillaient (…) à son pas. Quel lieu, quelle fille ! » Il en oublie que Jeanne a un mari et deux enfants. N’importe, il organise une épopée familiale en Italie. Le but du voyage est la Sicile. Françoise, les enfants et Jeanne, qu’il a convaincue de les accompagner, s’entassent dans la camionnette Citroën.

La petite troupe débarque en Sicile où l’artiste se rassasie de culture antique et s’enivre de couleurs. Il ressent un choc esthétique qu’il traduira magistralement sur la toile et sur le papier jusqu’au terme de son œuvre.

Laurent Greilsamer, dans son ouvrage Le Prince foudroyé, La vie de Nicolas de Staël, écrit que la findu périple ressemble à une débâcle.

Nicolas partait se promener seul avec Jeanne, abandonnant Françoise, et les enfants.
Un climat de tension et de tristesse s’abat sur la petite troupe. L’artiste sent frémir en lui de grands désordres qu’il appellera bientôt les « brusqueries de son inconscient » , ainsi qu’il l’écrit à Jacques Dubourg. De retour à Lagnes, il impose à sa famille une séparation momentanée et renvoie Françoise et les enfants à Paris. Il veut rester seul, peindre seul, vivre seul, retrouver son souffle qui lui échappe. Staël va alors traduire ses impressions siciliennes sur la toile : paysages et nus se succèdent et c’est à cette époque que naît une liaison entre lui et Jeanne Mathieu.

L’artiste est dévoré par la passion. Mais il aime plus qu’il n’est aimé. Le 14 mars 1955, Jeanne refuse de le voir. Il met de côté les lettres qu’elle lui a adressées, en fait un paquet et va l’offrir à son mari en lui disant : « Vous avez gagné ! » Le 16 mars, il se précipite dans le vide.

http://www.artcurial.com/fr/actualite/cp/2011/2011_12_06_2052_nicolas-de-stael.asp
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http://www.artmony.biz
Bridget

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MessageSujet: Re: NICOLAS DE STAEL   Dim 8 Juin - 14:57

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Nicolas de Staël. Lumières du Nord    Lumières du Sud












du 07 juin au 09 novembre 2014




Musée des Beaux Arts André Malraux  Le Havre






A l'occasion du centenaire de la naissance de l'artiste (Saint-Pétersbourg, 1914 – Antibes, 1955), le MuMa organise la première exposition consacrée au paysage dans l'oeuvre de cette grande figure de l'art du milieu du XXe siècle.


Dédié à la lumière, ouvert sur la mer et haut lieu de la peinture moderne de paysage, le musée du Havre a été conçu dans les années mêmes où Staël « retourne sur le motif » pour travailler en Ile-de-France, dans le Sud de la France, mais également en Normandie. Les paysages de la Côte de la Manche ont été à l'origine d'une quarantaine de peintures réalisées en 1952.







Mer et nuages (1953)



Nicolas de Staël réalise au cours d'une carrière fulgurante, entre 1942 et 1955, l'une des productions artistiques les plus libres et reconnues de l'après-guerre.
Après une période abstraite, il évolue, au moment du triomphe des abstractions, vers une peinture qui renoue avec le réel, la nature et le paysage, dépassant l'opposition apparente entre abstraction et figuration.













Le Lavandou (1952)






« Je n'oppose pas la peinture abstraite à la peinture figurative. Une peinture devrait être à la fois abstraite et figurative. Abstraite en tant que mur, figurative en tant que représentation d'un espace ».
Nicolas de Staël, 1952.









Calais (1954)









Au terme de l'année 1951, où la réalisation de bois gravés pour Poèmes - le livre qu'il réalise avec René Char - accompagne une nouvelle conception de l'espace pictural, sa peinture s'ouvre pleinement aux lumières d'Ile-de-France, de Normandie, du Midi de la France ou de la Sicile.
Entre le début de l'année 1952 et mars 1955, le paysage représente un peu plus de la moitié de l'ensemble des peintures réalisées par l'artiste, dont une majorité de marines.
















Paysage (Remparts, Paysage Honfleur) (1952)












Le paysage, pour Staël, ce n'est pas le pittoresque ou la description fidèle d'un site, mais avant tout la lumière et l'espace, les éléments. Il réalise des études peintes sur le motif, dessine également, à l'encre ou au feutre, à l'occasion de ses voyages, puis reprend les thèmes à l'atelier, dans un renouvellement formel continu, évoluant de peintures à la matière épaisse à des fluidités presque transparentes.








Les Mâts (1955)






Gentilly, Mantes-la-Jolie, Honfleur, Villerville, Dieppe, Calais, Dunkerque, ou Gravelines au Nord ; Le Lavandou, Lagnes, Ménerbes, Marseille, Uzès, Antibes, ou la Sicile au Sud sont ces lieux de choix et de circonstances traversés par la vision de ce « nomade de la lumière » qui écrivait dès 1949 :

« L'espace pictural est un mur, mais tous les oiseaux du monde y volent librement. A toutes profondeurs ».




Cette exposition réunit plus de 130 oeuvres (80 peintures et 50 dessins) réalisées entre 1951 et 1955. Un quart d'entre elles est inédit ou n'a jamais été exposé en Europe.


De nombreux prêteurs privés ainsi que les plus grandes collections publiques françaises, allemandes et américaines s'associent par leurs prêts à ce grand projet : Paris, musée national d'art moderne, Bibliothèque Nationale de France ; Dijon, musée des beaux-arts ; Antibes, musée Picasso ; Aix-en-Provence, musée Granet ; musées de Düsseldorf, Karlsruhe, Los Angeles, Milwaukee, Buffalo, Cincinnati, Charlotte.

 


http://www.muma-lehavre.fr/fr/expositions/nicolas-de-stael-lumieres-du-nord-lumieres-du-sud



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Bridget

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MessageSujet: Re: NICOLAS DE STAEL   Lun 9 Juin - 23:58

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Nicolas de Staël, sombre et lumières

Critique. Arts . Au Havre, le musée Malraux célèbre le centenaire de la naissance du peintre avec une exposition regroupant ses dernières œuvres, réalisées en Normandie et à Antibes.


Par Édouard Launet Envoyé spécial au Havre












Ce matin-là, veille de vernissage, les nuages étaient ronds et blancs, le ciel bleu givré, la mer émeraude, le vent de secteur ouest force 2 à 3, tandis qu’une lumière vive fracassait les baies vitrées du musée Malraux.


Derrière celles-ci, les rayons réchappés au filtre du verre venaient ressusciter les toiles de Nicolas de Staël qui se trouvaient là, au Havre, au bord de la Manche, extraordinairement à leur place.



Elles s’y trouvent toujours, et pour un certain temps encore : l’exposition célébrant le centenaire de la naissance du peintre (1914-1955) va durer cinq mois.



Il serait dommage de ne pas venir voir ces quelque 130 tableaux et dessins, tant la lumière normande fait de bien à Staël et au teint en général.


La majeure partie provient de collections privées, un quart des œuvres sont inédites ou n’ont jamais été exposées en France. Il y a beaucoup de petits formats, parfois joliment réencadrés par le musée havrais. L’ensemble est assuré pour une valeur de 170 millions d’euros, c’est dire l’aura de Staël aujourd’hui.




Marines. Rien ne semblait prédisposer Le Havre à accueillir cet événement : celui qui, le 16 mars 1955, à 41 ans, se jeta de la terrasse de son atelier d’Antibes (Alpes-Maritimes) par dépit amoureux n’est-il pas considéré comme un homme du Sud ?



Oui, mais non. Nicolas de Staël a été élevé dans les lumières du Nord, en premier lieu celles de la Belgique où il a passé une partie de son enfance.







Face au Havre (1952)





Comme beaucoup d’autres avant lui, le natif de Saint-Pétersbourg est allé le long des côtes de la Manche et de la mer du Nord peindre sur le motif. Les marines qu’il en a rapportées sont parmi ses tableaux les plus renversants. Ce sont en tout cas ceux que la lumière du Havre caresse avec le plus de tendresse et d’efficacité.















Marine à Dieppe (1952)








Magie des musées de bord de mer, où les peintres de la lumière sont comme chez eux ! Il n’était pas question de remonter ici la grande rétrospective faite - et bien faite - par le centre Pompidou, à Paris, en 2003.



Annette Haudiquet et Virginie Delcourt ont choisi de se concentrer sur les paysages, tout particulièrement ceux réalisés entre 1952 et 1955, période d’intense activité lors de laquelle le peintre a consacré plus de la moitié de sa production à ce type d’œuvres, avec une majorité de marines (affirme le joli catalogue).




Evidemment, les panoramas de Nicolas de Staël n’ont pas vocation documentaire et bien téméraires les marins qui s’en serviraient pour négocier les entrées des ports de Dieppe ou de Calais.







Si, à cette époque, l’ami de Georges Braque et de René Char avait renoncé à la pure abstraction, il n’en était pas pour autant revenu à une classique figuration. Ses paysages sont réduits à leur essence d’espace et de lumière, de formes et de vibrations.










Paysage du Vaucluse n°2 (1953)





Au Nord, gris et bleu pâle dominent, tandis qu’au Sud, les toiles s’allument de jaune et de rouge. Entre les deux (banlieue parisienne et autres lieux éloignés de la mer), diverses nuances de vert viennent dire bonjour.




Comme le parcours de l’exposition est chronologique et que le peintre a, durant ces quatre années, alterné voyages au Nord et voyages au Sud, le visiteur avance dans une oscillation de chaud et de froid.


Le hasard faisant bien les choses, les couleurs du Midi sont souvent dans la lumière artificielle du côté rue et celles du septentrion, dans le flux naturel du ciel de la Manche.



La vie distribuant (parfois) mal les cartes, la fin du parcours havrais et de l’existence du peintre sont dans les teintes grises du désespoir : jamais Antibes n’a tant ressemblé à une plage de la mer du Nord.


L’aimée s’appelait Jeanne Mathieu. Elle était mariée. La veille de son suicide, Staël a réuni les lettres de Jeanne et s’en est allé les rendre à son mari avec ces mots : «Vous avez gagné.»










Bord de mer (1952)




Dans son texte du catalogue, Virginie Delcourt cite opportunément ce propos de Vincent Van Gogh à son frère Theo : «Cela m’a fait du bien d’aller dans le Midi pour mieux voir le Nord.» La canicule fait apprécier la fraîcheur. Inversement, «ne faut-il pas avoir au fond des yeux la lumière nordique pour ressentir tout le choc de la Méditerranée ?» s’interroge la commissaire scientifique de l’exposition.




Ce sont là des questions essentielles pour un artiste comme Staël qui, quelques jours avant le fatal plongeon, écrivait à une amie : «Je suis inquiet pour la différence de lumière, lumière d’Antibes à Paris. Il se pourrait que les tableaux n’aient pas à Paris la résonance qu’ils ont dans mon atelier d’Antibes. C’est une angoisse.»




Iode. Les toiles qui résonnent le mieux dans la lumière havraise, ce sont des vues de la plage de Calais, du chenal et du phare de Gravelines, du cap Blanc-Nez et du cap Gris-Nez, tout cela peint durant l’été 1954.



Le ciel est sombre, mais rien n’est triste. La mer du Nord est pleine de vie, de clarté minérale : on s’y croirait, il ne manque que le vent et le parfum d’iode, et encore croit-on les sentir.



Le Havre lui-même est deux fois à l’honneur. D’abord avec un petit format extrait d’une série (de cinq) titrée «Face au Havre» : une huile sur carton réalisée sur le motif, à Honfleur, au printemps 1952. Ensuite avec une grande toile peinte à Antibes en 1955, lumineux paysage de montagne qui se trouve être propriété du musée Malraux grâce à la donation Senn-Foulds.



Au bout du compte, le Nord l’emporte largement sur le Sud, il faut bien le reconnaître. A Antibes, c’eût peut-être été l’inverse. «Le Nord est l’Orient intérieur taillé à même la lumière de l’esprit, écrit Anne de Staël, la fille aînée.




Et ne pas perdre le nord signifie rester au plus près de l’illumination des choses» pour «ce peintre toujours attaché à tailler une journée en pointe de diamant». L’expo se clôt sur un vol de mouettes - ou de goélands ? - s’enfuyant au-dessus d’une mer sombre vers un horizon obscur.

Nicolas de Staël Lumières du Nord. Lumières du Sud

Musée d’Art moderne André-Malraux, Le Havre (76). Jusqu’au 9 novembre. Rens. : www.muma-lehavre.fr


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MessageSujet: Re: NICOLAS DE STAEL   Dim 15 Juin - 17:55






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Nicolas de Staël, sombre et lumières





Au Havre, le musée Malraux célèbre le centenaire de la naissance du peintre avec une exposition regroupant ses dernières œuvres, réalisées en Normandie et à Antibes.









Ce matin-là, veille de vernissage, les nuages étaient ronds et blancs, le ciel bleu givré, la mer émeraude, le vent de secteur ouest force 2 à 3, tandis qu’une lumière vive fracassait les baies vitrées du musée Malraux.


Derrière celles-ci, les rayons réchappés au filtre du verre venaient ressusciter les toiles de Nicolas de Staël qui se trouvaient là, au Havre, au bord de la Manche, extraordinairement à leur place.




Elles s’y trouvent toujours, et pour un certain temps encore : l’exposition célébrant le centenaire de la naissance du peintre (1914-1955) va durer cinq mois.


Il serait dommage de ne pas venir voir ces quelque 130 tableaux et dessins, tant la lumière normande fait de bien à Staël et au teint en général. La majeure partie provient de collections privées, un quart des œuvres sont inédites ou n’ont jamais été exposées en France. Il y a beaucoup de petits formats, parfois joliment réencadrés par le musée havrais. L’ensemble est assuré pour une valeur de 170 millions d’euros, c’est dire l’aura de Staël aujourd’hui.





Marines.





Rien ne semblait prédisposer Le Havre à accueillir cet événement : celui qui, le 16 mars 1955, à 41 ans, se jeta de la terrasse de son atelier d’Antibes (Alpes-Maritimes) par dépit amoureux n’est-il pas considéré comme un homme du Sud ?


Oui, mais non. Nicolas de Staël a été élevé dans les lumières du Nord, en premier lieu celles de la Belgique où il a passé une partie de son enfance.
Comme beaucoup d’autres avant lui, le natif de Saint-Pétersbourg est allé le long des côtes de la Manche et de la mer du Nord peindre sur le motif. Les marines qu’il en a rapportées sont parmi ses tableaux les plus renversants. Ce sont en tout cas ceux que la lumière du Havre caresse avec le plus de tendresse et d’efficacité.




Magie des musées de bord de mer, où les peintres de la lumière sont comme chez eux ! Il n’était pas question de remonter ici la grande rétrospective faite - et bien faite - par le centre Pompidou, à Paris, en 2003.


Annette Haudiquet et Virginie Delcourt ont choisi de se concentrer sur les paysages, tout particulièrement ceux réalisés entre 1952 et 1955, période d’intense activité lors de laquelle le peintre a consacré plus de la moitié de sa production à ce type d’œuvres, avec une majorité de marines (affirme le joli catalogue).



Evidemment, les panoramas de Nicolas de Staël n’ont pas vocation documentaire et bien téméraires les marins qui s’en serviraient pour négocier les entrées des ports de Dieppe ou de Calais.

Si, à cette époque, l’ami de Georges Braque et de René Char avait renoncé à la pure abstraction, il n’en était pas pour autant revenu à une classique figuration.

Ses paysages sont réduits à leur essence d’espace et de lumière, de formes et de vibrations. Au Nord, gris et bleu pâle dominent, tandis qu’au Sud, les toiles s’allument de jaune et de rouge.
Entre les deux (banlieue parisienne et autres lieux éloignés de la mer), diverses nuances de vert viennent dire bonjour.




Comme le parcours de l’exposition est chronologique et que le peintre a, durant ces quatre années, alterné voyages au Nord et voyages au Sud, le visiteur avance dans une oscillation de chaud et de froid.

Le hasard faisant bien les choses, les couleurs du Midi sont souvent dans la lumière artificielle du côté rue et celles du septentrion, dans le flux naturel du ciel de la Manche.


La vie distribuant (parfois) mal les cartes, la fin du parcours havrais et de l’existence du peintre sont dans les teintes grises du désespoir : jamais Antibes n’a tant ressemblé à une plage de la mer du Nord.


L’aimée s’appelait Jeanne Mathieu. Elle était mariée. La veille de son suicide, Staël a réuni les lettres de Jeanne et s’en est allé les rendre à son mari avec ces mots : «Vous avez gagné.»



Dans son texte du catalogue, Virginie Delcourt cite opportunément ce propos de Vincent Van Gogh à son frère Theo : «Cela m’a fait du bien d’aller dans le Midi pour mieux voir le Nord.» La canicule fait apprécier la fraîcheur. Inversement, «ne faut-il pas avoir au fond des yeux la lumière nordique pour ressentir tout le choc de la Méditerranée ?» s’interroge la commissaire scientifique de l’exposition.


Ce sont là des questions essentielles pour un artiste comme Staël qui, quelques jours avant le fatal plongeon, écrivait à une amie : «Je suis inquiet pour la différence de lumière, lumière d’Antibes à Paris. Il se pourrait que les tableaux n’aient pas à Paris la résonance qu’ils ont dans mon atelier d’Antibes. C’est une angoisse.»





Iode.




Les toiles qui résonnent le mieux dans la lumière havraise, ce sont des vues de la plage de Calais, du chenal et du phare de Gravelines, du cap Blanc-Nez et du cap Gris-Nez, tout cela peint durant l’été 1954.


Le ciel est sombre, mais rien n’est triste. La mer du Nord est pleine de vie, de clarté minérale : on s’y croirait, il ne manque que le vent et le parfum d’iode, et encore croit-on les sentir.


Le Havre lui-même est deux fois à l’honneur. D’abord avec un petit format extrait d’une série (de cinq) titrée «Face au Havre» : une huile sur carton réalisée sur le motif, à Honfleur, au printemps 1952.


Ensuite avec une grande toile peinte à Antibes en 1955, lumineux paysage de montagne qui se trouve être propriété du musée Malraux grâce à la donation Senn-Foulds.



Au bout du compte, le Nord l’emporte largement sur le Sud, il faut bien le reconnaître. A Antibes, c’eût peut-être été l’inverse. «Le Nord est l’Orient intérieur taillé à même la lumière de l’esprit, écrit Anne de Staël, la fille aînée.


Et ne pas perdre le nord signifie rester au plus près de l’illumination des choses» pour «ce peintre toujours attaché à tailler une journée en pointe de diamant».


L’expo se clôt sur un vol de mouettes - ou de goélands ? - s’enfuyant au-dessus d’une mer sombre vers un horizon obscur.



http://next.liberation.fr/arts/2014/06/09/nicolas-de-stael-sombre-et-lumieres_1036961
Edouard LAUNET Envoyé spécial au Havre





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MessageSujet: Re: NICOLAS DE STAEL   Dim 22 Juin - 15:58

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"La figure à nu", hommage à Nicolas de Stael au musée Picasso Antibes









À partir de 1951 en effet, et jusqu'à sa disparition le 16 mars 1955 (année où il se donne la mort à Antibes), Staël renoue dans sa production avec les grands thèmes de la peinture, et en particulier avec celui du nu et de la figure féminine.




A l'occasion du centenaire de la naissance du peintre Nicolas de Staël, le musée Picasso d'Antibes accueille jusqu'au 7 septembre 2014 une exposition des oeuvres de l'artiste, entièrement dédiées à la figure et au nu.


Et pour lui rendre le plus vibrant des hommages, le directeur du musée qui détient plusieurs tableaux de Nicolas de Staël a choisi de présenter des oeuvres de la période 1951/1955.


Baptisée "La figure à nu", l'exposition montre le travail figuratif de celui que beaucoup considèrent comme une des icônes de l'abstraction. Résultat : un accrochage que sa fille Anne de Staël a découvert en avant première avec beaucoup d'émotion.











L'exposition d'Antibes rassemble, pour la première fois, un ensemble de peintures et de dessins souvent inédits du maître.







Nu de profil , 1955 Fusain sur toile Musée Picasso, Antibes
Photo © imageArt, Claude Germain



"Nicolas de Staël, , la figure à nu, 1951-1955" au Musée Picasso

Du 17 mai au 7 septembre 2014  Château Grimaldi, 06600 Antibes






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