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 KEREN ANN

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MessageSujet: Re: KEREN ANN   Lun 11 Avr - 16:29

Keren Ann – Un très bel objet




Publié par Frédéric Tremblay le 10 avril 2011
Frédéric TREMBLAY

C’est par ses collaborations avec Benjamin Biolay et Henri Salvador
que le nom de la chanteuse Keren Ann est parvenu jusqu’à nous.
Loin du confort du Jardin d’Hiver du chanteur guyanais,
elle nous entraîne aujourd’hui dans un univers fictif assez particulier.

La principale qualité de ce sixième album solo est sa réalisation, une des plus créatives entendues ces dernières années. La qualité des enregistrements a toujours été une source de plaisir chez Keren Ann. Ici, on dépasse le simple plaisir pour parvenir à une véritable affirmation artistique, difficile à décrire avec des mots. À l’écoute de 101, on entre dans un monde fictif. Un peu comme si on voyait un dessin pour la première fois, alors que l’on a jamais vu que des photographies. Ou comme si on rencontrait un objet de plastique, après n’avoir connu que le bois.

Cela tient au fait que ces chansons pop sont interprétées par un orchestre hybride, où l’on entend batterie et guitare accoustique, mais aussi pas mal de claviers. Il ne s’agit jamais vraiment de musique électronique, par contre; les sons synthétiques sont ici utilisés comme ceux d’une section de cordes, pour accompagner la chanson, sans influencer sur le style. Les instruments « réels » (dépourvus de circuits imprimés) nous sont présentés sous une lumière brillante. Le son est extrêmement clair, plus blanc que blanc, ce qui renforce cette impression d’être dans une fiction.

Cette trop grande perfection, ce côté irréel, empêche l’album d’avoir un réel impact émotionnel. Par contre, il reste rempli de mélodies tout à fait agréable, et sa qualité de production est carrément impressionnante. Une écoute qui laisse donc sans sensation particulière, autre que celle d’une grande satisfaction au contact d’un objet très bien conçu.
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MessageSujet: Re: KEREN ANN   Lun 21 Nov - 8:11

« La chanson française, ça reste Trénet et Barbara… »


Revenue des États-Unis mais pas à la langue française, la chanteuse cosmopolite multiplie les projets, seule ou en duo, de Sylvie Vartan à l’opéra. Le « 101 Tour », qui fait suite à son sixième album, passe par Strasbourg.

Quatre années ont passé entre vos deux derniers albums : pourquoi ?

J’ai réalisé avec Doriand l’album d’Emmanuelle Seigner ( Dingue), l’album de Sylvie Vartan ( Soleil Bleu), la BO du film Thelma, Louise et Chantal, j’ai travaillé avec l’orchestre symphonique de Reykjavík pour un projet de Lady & Bird (NDLR : le duo qu’elle forme avec le musicien islandais Bardi Johannsson), et j’ai écrit un opéra dont la première a été donnée le 4 novembre à Rouen. J’ai la chance de faire plein de projets parallèles à ma carrière solo. Faire une pause entre deux albums, ce n’est donc pas forcément faire une pause tout court.

Êtes-vous beaucoup sollicitée ou proposez-vous vos services à d’autres artistes ?

Cela dépend des cas. Doriand et moi avions envie d’écrire un album ensemble pour quelqu’un d’autre, on a écrit Dingue, qui correspondait bien à une actrice, et Emmanuelle Seigner cherchait des collaborateurs à ce moment-là. L’opéra de Rouen, Bardi et moi avions écrit le synopsis il y a quatre-cinq ans, on l’a envoyé partout, et on nous a contactés il y a deux ans pour cette commande. J’ai vécu également, cette année, une sublime expérience avec Questlove, du groupe The Roots, une relecture de compositions de Ravel, Stravinski, et Sati, avec des poèmes d’Hemingway, d’Éluard, une création à Philadelphie, pour laquelle on est venu me chercher…

Vous continuez d’apprécier l’écriture à quatre mains, comme avec Benjamin Biolay autrefois…

J’adore les collaborations, j’en ai besoin, ça m’enrichit. Doriand (NDLR : qui assure les premières parties sur la tournée actuelle de Keren Ann) est un ami de longue date, nos familles partent en vacances ensemble, chaque projet avec lui est un vrai bonheur. Il vient d’ailleurs de sortir un nouvel album, Lieu-Dit, que je conseille chaleureusement.

Avec Bardi, on a fait un seul album studio sous le nom Lady & Bird, mais on écrit aussi pour la danse, le théâtre, cet opéra… Je travaille avec Bardi depuis dix ans, je ne peux pas boucler un projet personnel sans qu’il y apporte sa touche, et je fais pareil sur les albums de son groupe, Bang Bang.

Êtes-vous toujours en contact avec Benjamin Biolay ?

Oui, bien sûr. On a fait énormément de choses ensemble (NDLR : notamment les chansons du retour en grâce d’Henri Salvador, en 2000), ensuite nos routes ne se sont plus croisées professionnellement, mais nous restons en contact…

Paris, New York, Israël : où êtes-vous basée aujourd’hui ?

Je vais à New York plusieurs fois par an, pour des concerts, mais ma base est redevenue Paris, d’autant que le projet d’opéra m’a amenée à me rendre fréquemment à Rouen cette année.

Quel accueil est fait à vos chansons aux États-Unis ?

Je joue entre quatre et huit fois par an à New York, deux fois à Los Angeles, et je fais une tournée chaque année. J’ai donné une vingtaine de concerts en juin.

« 101 », votre dernier album, est à nouveau 100 % anglophone, pour la troisième fois : pourquoi ?

Parce que je veux que les gens qui sont autour de moi, ma famille, comprennent de quoi je parle. Pour moi, la langue est juste un outil pour raconter une histoire. Mon éducation musicale est passée par des songwriters américains, l’instinct va davantage vers l’anglais. Je n’ai appris le français qu’à l’âge de 11 ans, j’adore écrire en français, mais ma vie se passe plutôt en anglais aujourd’hui, je la raconte donc dans cette langue.

Quel regard portez-vous sur vos premiers albums, qui étaient considérés comme contribuant à un certain renouveau de la chanson française ?

C’était peut-être une manière un peu plus moderne de raconter, mais pour moi, la chanson française, ça reste Charles Trénet, Barbara… Je n’aime pas spécialement ce qui se passe dans la chanson actuelle, à part Doriand, Benjamin Biolay ou Arthur H, mais ils sont là depuis quinze ans déjà. Pour le reste, je ne trouve aucun artiste qui me donne envie de rire ou de pleurer avec une telle force.

Quant à mes premiers albums, je les trouve très honnêtes par rapport à la vie qui était la mienne à l’époque, je l’ai racontée dans la langue dans laquelle cette vie se passait. Le seul regret, c’est au niveau du son et de la production : je n’avais pas réalisé mon premier album, et avec la maturité, j’y entends plein d’erreurs. À l’époque, je pensais qu’un chanteur devait prendre un producteur. Depuis, j’ai compris que pour aller au bout de ses idées, il faut réaliser soi-même.

La pochette de « 101 » est très contrastée et « agressive », les chansons abordent des sujets durs, mais les compositions sont moins tranchantes que planantes…

Les chansons parlent de religion, de sang, l’une d’elles évoque une chanteuse qui massacre toute une salle de concert, à la Tarantino. Pour moi, la pochette symbolise parfaitement l’album. Au niveau de la production, j’ai envie de changer d’un album à l’autre. Le son est cette fois un peu plus « sombre », pour faire ressortir la gravité des chansons. Dans le précédent album, j’avais envie de davantage de légèreté.

Vos chansons prennent souvent beaucoup d’ampleur sur scène : comment abordez-vous les concerts actuels ?

Je suis accompagnée par une formation assez rock et électro, mais sur une même tournée, il m’arrive d’alterner jusqu’à cinq formules différentes. Je n’ai jamais trouvé d’intérêt à refaire sur scène la même chose que sur les albums. En studio, il y a une intimité, une proximité ; sur scène, on a la possibilité d’un son plus ample, panoramique…

Vendredi 25 novembre à Strasbourg (Laiterie). Première partie : Doriand. Tarifs : 23/26 €. Rens. www.laiterie.artefact.org

Propos recueillis par Olivier Brégeard

http://www.lalsace.fr/actualite/2011/11/21/la-chanson-francaise-ca-reste-trenet-et-barbara
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MessageSujet: Re: KEREN ANN   Lun 21 Nov - 9:28

Lady & Bird à l'opéra


L'idée est née il y a cinq ans quand Keren Ann et son complice Bardi Johannsson -ils ont réalisé plusieurs albums ensemble sous le nom de Lady & Bird -décident d'écrire un opéra. « Nous n'y connaissions absolument rien, mais nous savions que nous voulions parler de sujets qui nous obsèdent, de rituel, de magie, d'envoûtement, de gémellité, raconte Keren Ann. Nous sommes fascinés par les communautés qui vivent en vase clos, coupées du monde. Parfois, elles se développent de façon subtile, mais elles peuvent, au contraire s'isoler et exprimer une forme d'animalité. » Ignorant des règles de base de l'opéra, le duo fait appel au parolier de Björk, Sjon, qui les aide à faire le tri dans leurs idées et à les mettre en ordre.

L'histoire est celle d'un jeune professeur (Brother) qui, à la suite d'une découverte sensationnelle sur la télépathie entre jumeaux, revient dans son village natal. Il découvre une communauté assez primitive située au bord d'une rivière aux eaux rouges régie par un rituel : deux fois par jour, les habitants, sous la direction d'un Prédicateur (Preacher) et de ses Nymphes, viennent s'abreuver à la fontaine. Ils célèbrent ainsi la légende de jumeaux incestueux qui est à l'origine de la fondation du village.

Mystérieux et poétique

En 2009, quand le metteur en scène Arthur Nauzyciel vient à Reikjavik présenter « Le Musée de la mer », de Marie Darrieussecq, Keren Ann et Bardi lui proposent de s'emparer de « Red Waters ». « Finissez-le, et je le monte », assure-t-il. C'est dans une chambre, à Orléans, que « Red Waters » voit véritablement le jour. « Nous avions chacun un clavier, se souvient Keren Ann. On ne sortait que pour déjeuner ou dîner. Sur les murs, nous avions accroché des idées et des croquis de personnages. Chaque mur correspondait à un acte. On écrivait le livret à même le sol. » La chorégraphie, enfin, comme les choeurs, jouera un rôle décisif dans le dispositif. « Ces nymphes, c'est un peu Bardi et moi : elles sont un élément de paix, elles ne jugent personne. On voulait que les spectateurs soient plutôt en empathie avec les gens du village. »

Créé à Rouen et à Evreux dans le cadre du Festival Automne en Normandie, « Red Waters » réussit, l'espace de quatre-vingt-dix minutes, à installer un monde mystérieux et poétique. L'alchimie entre la musique répétitive, à la fois classique et baroque, les voix naturelles, dénuées de vibrato (Anne-Françoise Lecoq, Thibault de Montalembert, Thorgeir Gudmunsson, entre autres), la malicieuse chorégraphie des nymphes et la pureté des choeurs (une chorale de femmes islandaises habituées de Lady & Bird) envahit l'espace drapé de rouge. On pourra juste regretter la longueur des textes du récitant en voix off (Deus ex Machina), qui ralentit l'action et nous prive des morceaux chantés supplémentaires qu'on aurait volontiers goûtés.

THIERRY GANDILLOT

http://www.lesechos.fr/journal20111121/lec1_entracte/0201751601002-lady-bird-a-l-opera-251715.php
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