Nombre de messages: 9237 Age: 61 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
Sujet: Re: 2010 - COUPE DU MONDE DE FOOTBALL Mar 22 Juin - 8:43
Les sponsors du football français souhaitent une remise à plat de leur partenariat 22/06/10
L'attitude des Bleus choque les partenaires de la Fédération française de football. L'appel à une nouvelle donne a sonné. Pour autant aucun sponsor ne remet en question, pour l'heure, son engagement auprès de la Fédération française de football. D'aucuns soulignent même leur soutien au football amateur.
Le malaise est tangible. N'en déplaise au sélectionneur Raymond Domenech, qui appelait dimanche urbi et orbi à laisser l'équipe de France de football vivre sa chance, infinitésimale, de se qualifier aujourd'hui pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde. N'en déplaise également à la Fédération française de football (FFF), qui tente, tant bien que mal, de sauver les apparences, la crise du football français n'en finit pas de susciter moult critiques dans l'Hexagone comme à l'étranger. Et tout particulièrement chez les très importants partenaires économiques de la FFF, qui tire de 60 % à 65 % de ses revenus de l'équipe de France.
Ainsi, conséquence d'une situation inédite, une conférence téléphonique, au sommet pourrait-on dire, a réuni, hier, trois grands sponsors de la fédération - Crédit Agricole, GDF Suez et SFR, mais aussi Adidas, l'équipementier des Bleus jusqu'à la fin de l'année -, ainsi que TF1, qui détient l'exclusivité de la retransmission des matchs de l'équipe de France à la télévision (du moins pour les rencontres à domicile). « Ce qui s'est passé ce week-end [grève, chasse au "traître", etc.] est inadmissible. On est consterné », déclarait-on notamment chez GDF Suez.
Alors que la société de restauration rapide Quick a décidé, dès dimanche, de stopper sa campagne d'affichage mettant en scène Nicolas Anelka, le Crédit Agricole, sponsor de rang 1 de la fédération pour quatre nouvelles années (2010-2014), a de son côté annoncé l'arrêt anticipé de sa publicité télévisée mettant en scène les Bleus « au vu des derniers événements ».
Par ailleurs, sous couvert de l'anonymat, certains partenaires de la FFF ne cachaient pas souhaiter une « remise à plat » de leurs relations avec la fédération : « On ne va pas réagir à chaud. On va discuter entre adultes et partenaires et voir comment cela ne se reproduira plus. Il faut des instances de gouvernance qui gouvernent et des sportifs qui font du sport. La fédération doit nous rendre des comptes. Nous, on met des billes, c'est quoi le retour ? Où est passée la charte 2008 sur la c ommunication de l'entraîneur ? », déclarait notamment l'un d'entre eux. GDF Suez, qui ne s'exprime pas sur ce sujet, envisage, dit-on, de se pencher sur son contrat et les droits et devoirs des parties.
Le lien avec le sport amateur
Par ailleurs, bien des sponsors de la FFF tenaient à souligner l'engagement auprès du sport amateur que revêt leur partenariat avec la fédération. Lié à cette dernière depuis une dizaine d'années, Carrefour, qui a rempilé pour quatre autres - devenant au passage sponsor de rang 2, et non plus de rang 1 -, rappelait ainsi que son nouveau contrat lui permet de « développer la proximité », ayant accru son aide matérielle aux équipes de jeunes de 13-14 ans (celle-ci concerne désormais 1.650 clubs et pourrait monter à terme à 2.000 environ). Le groupe de distribution rappelait aussi « être aux côtés » de l'équipeespoirs et du football féminin. Il n'avait, en tout état de cause, pas décidé hier de retirer de l'entrée de son siège l'effigie de Franck Ribéry.
GDF Suez, dont le contrat de rang 1 a également été renouvelé pour quatre ans - il est estimé entre 2,5 et 4 millions par an -, joue également sur les deux tableaux puisque, sur 100 euros versés à la fédération, 70 sont réservés au football amateur.
Si les partenaires sont quelque peu interpellés, il est toutefois trop tôt pour évaluer dans quelle mesure le spectacle laborieux offert jusqu'à présent par les Bleus affecte ou non leur image et leurs affaires. Ainsi, tout en se déclarant « déçu » par la contre-performance de l'équipe de France et lui rester « fidèle dans les mauvais moments comme dans les bons », Coca-Cola précisait hier que la quasi-totalité de ses canettes « collector » fabriquées à l'occasion de la Coupe du monde (200.000 au total) et commercialisées depuis la fin du mois d'avril a déjà été vendue…
De même, Citroën, pressenti pour être le nouveau partenaire automobile de la FFF - au rang 2 -, alors que Toyota a pris la décision, il y a plusieurs mois, de se retirer après huit années de sponsoring, ne remet pas en question, selon nos informations, son projet.
De fait, les nouveaux sponsors peuvent raisonnablement espérer que la situation de l'équipe de France, qui s'apprête à changer de sélectionneur, avec l'arrivée annoncée de Laurent Blanc, ne peut que s'améliorer. C'est notamment le cas pour le PMU, qui ne faisait pas de commentaire hier. Mais l'opérateur de paris hippiques, qui s'est diversifié dans les paris sportifs, invitait les parieurs à miser sur le match Afrique du Sud-France, qualifié de « spectaculaire »… Ironie fortuite ou non, le PMU a même osé appeler « seconde chance » une offre de paris complémentaires sur le match . C. P., AVEC LE SERVICE INDUSTRIE, Les Echos
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Sujet: Re: 2010 - COUPE DU MONDE DE FOOTBALL Mer 23 Juin - 0:58
SCOOP Je crois que j'ai trouvé le "traitre" qui serait en fait une "traitresse" la fille de ma voisine !
et quand on croit qu'il n'y en a plus y'en a encore ... des épisodes du feuilleton du foot en OR une production endemol La ferme en Afrique du Sud.
Bridget
Nombre de messages: 1627 Age: 60 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
Sujet: Re: 2010 - COUPE DU MONDE DE FOOTBALL Jeu 24 Juin - 0:52
Les légendes meurent aussi…
La règle du jeu L’humiliation. La déroute. L’honneur défait, bafoué, bradé. Onze, bientôt dix, soldats affolés et assourdis par des trompettes d’agonie. Un pays morose en ce piteux mardi des cendres.
Qui a rendu cela possible? Par quelle cascade de dérèglements, de lâchetés, de vanités, de bêtise, s’est-on abaissé jusqu’à ce degré zéro de la vaillance ?
Il y a quelque chose de fascinant, d’irrésistible – genre : la jeune fille et la mort – dans cette course à l’abîme de l’équipe de France:
d’abord, une déroute sous-estimée contre l’Autriche et une main tricheuse contre l’Irlande;
ensuite, ces types qui font grève en pleine compétition – une date désormais majeure dans l’histoire des luttes sociales… ;
les mêmes types qui s’enferment dans un autobus avec otages (leur coach) et exigences (fallait pas virer Anelka, ah, ah…);
qui mâchent leur chewing-gum pendant les hymnes ;
qui écoutent en boucle des rappeurs qui miment les bastons;
qui sont milliardaires, mais avec des réflexes et une culture de gagnants du Loto;
qui ne savent pas qu’on dit bonjour, au revoir, merci, s’il vous plaît;
qui n’ont appris à respecter ni leur père, ni leur prof, ni leur voisin, ni leur femme; et qui croient que la belle vie, c’est le fric et les putes… Ils étaient désemparés, ces dix allumés, ces dix décérébrés, à la fin du match:
“c’est quoi l’embrouille?”, semble dire l’un;
“j’le kiffe mal, ce stade…”, semble répondre l’autre… Pauvres diables. Faits comme des rats. De tout petits individus sans importance collective dont l’unique raison de vivre est de parader en 4/4 devant le Bar des Sports où ils sont venus saluer les copains restés dans la téci.
Qui sauver dans ce naufrage ? En gros, ceux qui n’ont pas quitté le banc des remplaçants.
Excellente coupe du monde pour Planus, Valbuena, Mandanda, Reveillère – qui n’ont presque pas joué.
Carton rouge pour les voyous (Evra, mains dans les poches devant son préparateur physique…), pour Gallas (dont le mollet gauche a fait trois fois la “Une” de l’Equipe), pour “Nico”, (qui avait choisi le look moine de Zurbaran à son arrivée, incognito, à Londres).
Dans cette odyssée foireuse, saluons tout de même quelques bons garçons : Gourcuff, qui devra se décider enfin à cogner (pas l’adversaire, mais les potes homophobes du vestiaire); Dhabi, élégant et racé; Lloris qui, un jour, apprendra à sourire et à s’amuser…
C’est un nuage tragique qui, de Tignes à Khysna, aura tournoyé inlassablement au-dessus de cette équipe maudite. Un nuage où la nostalgie de la grandeur se mêlait aux coups de téléphone des agents et des sponsors;
où une grâce défunte, déjà ancienne, s’évaporait devant une honte toute neuve.
La légende, née en juillet 1998 s’est achevée en juin 2010. Quatre ans de panache. Quatre ans difficiles. Quatre ans d’infortune – et cet épilogue stupéfiant.
Au début, j’avais pourtant le sentiment que tout était encore jouable. Un miracle ? Mais le foot – où l’on meurt toujours à blanc – est une religion où les miracles ont leur place. Quatre vingt-dix minutes plus tard, je m’avisais qu’un aficionado gagne à être pessimiste.
A l’horizon, les nuées se précisent : pour le ministre et la secrétaire d’Etat, pour les stars d’hier, le staff technique ou le 4-3-3.
Et, en France, tout va se tendre, vertigineusement, puisque l’opinion n’a pas reçu sa dose d’opium. Le peuple va se fâcher.
Entendez-le déjà qui rugit dans nos campagnes. Contre n’importe quoi : les retraites, le mauvais temps, François-Marie Banier, Mme Eric Woerth, les embouteillages, les inondations.
Sarkozy le sait. Maintenant, pour lui, ça va être dur de se qualifier. Il y a encore, par chance, l’Argentine et le Brésil. Tango et samba. Musique…
Jean Paul ENTHOVEN
http://laregledujeu.org/
liliane Admin
Nombre de messages: 9237 Age: 61 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
Sujet: Re: 2010 - COUPE DU MONDE DE FOOTBALL Jeu 24 Juin - 14:23
LA FILLE DU VOISIN - ALORS ON PERD (l'hymne de la défaite)
liliane Admin
Nombre de messages: 9237 Age: 61 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
Sujet: Re: 2010 - COUPE DU MONDE DE FOOTBALL Ven 25 Juin - 7:29
nounouka
Nombre de messages: 408 Age: 61 Localisation: IDF Date d'inscription: 09/04/2010
Sujet: Re: 2010 - COUPE DU MONDE DE FOOTBALL Ven 25 Juin - 11:32
Nombre de messages: 9237 Age: 61 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
Sujet: Re: 2010 - COUPE DU MONDE DE FOOTBALL Sam 26 Juin - 9:02
LA VRAIE STAR DU MONDIAL
Mondial 2010 - Larissa Riquelme, la supportrice de l'équipe du Paragay qui met le feu au Web...
liliane Admin
Nombre de messages: 9237 Age: 61 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
Sujet: Re: 2010 - COUPE DU MONDE DE FOOTBALL Ven 2 Juil - 17:57
LA HOLLANDE QUALIFIEE POUR LES DEMI FINALES DU MONDIAL
Les canaris étaient trop sereins et ont glissé sur une pelure d'orange
Nine Admin
Nombre de messages: 8850 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: 2010 - COUPE DU MONDE DE FOOTBALL Jeu 8 Juil - 0:51
Coupe du monde l'Espagne s'envole pour sa première finale
Vainqueur de l'Allemagne (1-0) lors de la seconde demi-finale de la coupe du Monde, l'Espagne a décroché son ticket pour la première finale de son histoire. Elle y rencontrera les Pays-Bas pour une finale inédite.
j'en avais rêvé ... ils l'ont fait ! Buena Suerte España que le meilleur gagne.
Nine Admin
Nombre de messages: 8850 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: 2010 - COUPE DU MONDE DE FOOTBALL Lun 12 Juil - 0:30
L'ESPAGNE A GAGNÉ LA COUPE DE MONDE DE FOOTBALL 2010
liliane Admin
Nombre de messages: 9237 Age: 61 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
Sujet: Re: 2010 - COUPE DU MONDE DE FOOTBALL Lun 12 Juil - 12:12
Une petite photo de l'équipe des vainqueurs, ils la méritent.
Nine Admin
Nombre de messages: 8850 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: 2010 - COUPE DU MONDE DE FOOTBALL Lun 12 Juil - 14:23
LE POULPE AVAIT RAISON !
Nine Admin
Nombre de messages: 8850 Date d'inscription: 03/05/2008
Sujet: Re: 2010 - COUPE DU MONDE DE FOOTBALL Lun 12 Juil - 14:51
L'IMPACTE DE LA PUB ! A VOUS DE TROUVER LE POINT COMMUN ! "LE COTE OBSCUR DE LA FORCE" ...
PUB ADIDAS
LE DEPART D'ANELKA !
liliane Admin
Nombre de messages: 9237 Age: 61 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
Sujet: Re: 2010 - COUPE DU MONDE DE FOOTBALL Lun 12 Juil - 16:16
Oui, Nine, le rapprochement est très subtil.
Mondial : la crise du star-system
Voici venu le moment de tirer la quintessence de soixante-quatre matches, de dresser les bilans, de désigner les gagnants et les perdants ou le onze des meilleurs joueurs, voire d'établir le "niveau" de cette Coupe du monde. D'autres fils se laisseront tirer pour tisser des tendances, comme celles que sont censées donner les phases finales en matière de philosophie de jeu ou d'orientations tactiques... Ainsi, un consensus se dégage d'ores et déjà sur l'échec global des "stars" du football international, emportées dans les déconvenues de leurs sélections.
AFP/CARL DE SOUZA Cristiano Ronaldo n'a rien pu faire face au collectif espagnol, le 29 juin. Défaite 1-0 pour le Portugal.
LES ÉTOILES S'ÉTIOLENT
Par star, on entend les têtes de gondole des équipementiers, les vedettes qui émargent souvent à la catégorie people et évoluent dans les clubs les plus prestigieux. Pas forcément les meilleurs joueurs, donc, puisque c'est justement à la compétition de désigner ces derniers, pas aux directions marketing. Or, les membres du casting des films publicitaires mondialisés produits pour l'occasion ont pour la plupart joué aux figurants sur le terrain : Eto'o, Ribéry, Anelka, Cristiano Ronaldo, Rooney, Drogba, Cannavaro, Kaka, Robinho, Torres ou Messi n'ont pas eu de destin dans cette Coupe du monde.
Seul David Villa – joueur qui partait d'un peu plus loin que les pré-cités – fait exception, et des figures comme Schweinsteiger, Müller, Robben, Sneijder, Suarez ou encore les vétérans Forlan et Klose ont ainsi gagné en statut ce que les autres ont cédé. En fait, certaines individualités se sont bien fondues dans les collectifs, tels Messi et Kaka, sans réussir à les sublimer, tandis que d'autres ne parvenaient pas à les tirer vers le haut quand ils défaillaient (Angleterre, Italie, Côte d'Ivoire, Cameroun, etc.). Cristiano Ronaldo, anodin dans une bonne équipe, constitue un cas d'espèce...
USURE PHYSIQUE ET MENTALE
S'il faut chercher une explication commune à ses échecs individuels, on est tenté d'invoquer d'abord leur état de forme. Au terme d'une saison à cinquante matches, quelle fraîcheur espérer chez des joueurs qui subissent toute l'année une pression sportive énorme, rafistolés physiquement lors de préparations expresses ? Depuis au moins l'édition 98, les clubs – en plus de ne leur laisser que de rares créneaux pour se préparer – ne livrent pas aux sélections des joueurs en pleine possession de leurs moyens, et le travail du sélectionneur est devenu l'art d'improviser.
L'argument n'est toutefois pas à lui seul convaincant, puisque d'autres joueurs pas moins sollicités sont parvenus à s'exprimer. Mais il est adjacent à la question de la motivation, dont on peut douter au seul motif de l'usure mentale des joueurs, sans mettre en cause leur bonne volonté : la Coupe du monde conserve un prestige sportif inégalable et elle constitue un vecteur d'image individuel considérable pour nos têtes d'affiche, qui ne vont pas spontanément négliger l'événement. Mais quelles réserves d'envie leur reste-t-il réellement quand, à l'heure des vacances, il leur faut s'embarquer dans un séjour-expédition avec une vingtaine de congénères durant un bon mois et demi ?
"80% DES GROUPES AU BORD DE L'IMPLOSION"
La Coupe du monde a en tout cas accordé une prime aux équipes... qui ont ressemblé à des équipes, et présenté une cohérence tactique et collective dont beaucoup de grandes nations ont été incapables. Chili, Mexique, Etats-Unis, Paraguay ou Japon, avant d'être rattrapés par leurs lacunes, ont rappelé quelques fondamentaux du jeu aux cadors. Dans le dernier carré, c'est la qualité collective qui a prévalu et permis aux individualités de briller.
L'Allemagne rajeunie, sans Ballack, a trouvé une formule efficace, l'Uruguay a brillé par sa solidarité et l'Espagne a continué d'incarner un idéal-type du jeu collectif. Même l'exception néerlandaise semble procéder d'un équilibre trouvé par le sélectionneur entre des personnalités explosives.
Et c'est bien à de la gestion de personnalités en milieu inflammable que sont désormais contraints l'encadrement des sélections, la France n'ayant pas constitué un cas d'espèce. "Étant ici avec dix ou onze joueurs, je peux vous dire qu'il y a 80% des groupes ici en Afrique du sud qui sont au bord de l'implosion, a déclaré Arsène Wenger, ajoutant: Tous les groupes vivent difficilement". L'entraîneur d'Arsenal y voit même "une constante nouvelle du football moderne", notamment "du fait qu'il y a très peu de discipline dans les équipes nationales, ou qu'il est très difficile de la faire respecter".
ROCK STARS
On ne sait pas si Arsène Wenger met quelque malice dans ce constat, dans la mesure où il a contribué à l'affaiblissement du football de sélection en épousant la cause du lobby des clubs les plus riches dont il a été un des hérauts, mais on ne doute pas de son acuité. Cela fait plusieurs décennies que l'on qualifie les joueurs de mercenaires égoïstes, mais un cap a peut-être été franchi au cours des dernières années. Dans le star-system du football mondial, les sélections profitent aux joueurs, mais l'inverse est de moins en moins vrai (Dans un lapsus ou par candeur, Abou Diaby avait déclaré qu'il y aurait "des cartes individuelles à jouer" au cours de la Coupe du monde...). Les stars ne sont plus des leaders dans le vestiaire, et sur le terrain elles cherchent à "faire la différence toutes seules".
L'équilibre éternellement instable entre les intérêts de l'équipe et ceux des joueurs est peut-être devenu introuvable pour une majorité de groupes aussi ingérables qu'un groupe de rock – et encore les groupes de rock ne comptent-ils pas 23 membres. Les déclarations d'amour envers le maillot national sont à ajouter aux classiques de la langue de bois : "le groupe vit bien" et "c'est un immense honneur de jouer pour mon pays". Merci Patrice.
LA REVANCHE DU FOOTBALL
Un changement de mentalité des joueurs est hypothétique, surtout s'il s'agit de leur faire ânonner l'hymne national ou de leur administrer des cours d'éducation civique. Pour restaurer l'intégrité du football de sélection, il faudrait faire évoluer le rapport de force avec le football de club, protéger les équipes nationales – notamment en repensant les calendriers. Les instances nationales et internationales n'en prennent pas le chemin. La crise économique, plus sûrement, est susceptible de redresser l'aiguille de la balance...
Nombre de messages: 9237 Age: 61 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
Sujet: Re: 2010 - COUPE DU MONDE DE FOOTBALL Mar 10 Aoû - 9:31
ANELKA D’ESPÈCE Jérôme Latta - lundi 9 août 2010
Premier rebelle de Knysna et dernier en date à avoir chargé Domenech, Nicolas Anelka a surtout témoigné contre lui-même.
Plonger dans la rhétorique de Nicolas Anelka, c’est entrer dans un monde à part: le monde d’Anelka, construit selon ses propres normes et son propre système de valeurs, et qui est malheureusement aussi devenu le monde des Bleus le temps d'une phase finale en Afrique du Sud.
Peu de joueurs auront autant drainé la polémique tout au long d'une carrière, sans que jamais il n’ait envisagé y être pour quelque chose. Sa deuxième réponse dans cette interview de France Soir (1) est d'ailleurs imparable: "Je n'ai aucun bilan à dresser vu que je n'ai pas participé au Mondial! Celui qui était sur le terrain avait mon nom sur le maillot mais ce n'était pas moi". Mais s'il faut entrer dans les détails, voici l'autre pilier de la philosophie anelkienne: qui ne comprend pas Anelka ne comprend rien.
« Le coach savait parfaitement où et comment je voulais jouer »
Car la cause principale de tout – la mi-temps de France-Mexique et l'échec des Bleus – c'est l'obstination de Raymond Domenech à le faire jouer au mauvais poste. Alors que Nico lui-même a tenté de lui faire comprendre, à ce bourricot: "Je lui ai répété que je préférais être libre sur le terrain". C'est pourtant simple: Anelka est un joueur "libre", on ne peut pas l'enchaîner, on ne peut pas lui dire où aller. Ce serait absurde. Comme de lui demander de forcer sa nature pour se mettre au service de l'équipe.
"Quand on me demande de jouer comme ça, une certitude: on verra tout sauf mes qualités. Rester dans la surface à attendre les ballons qui traînent, c'est tout sauf mon jeu. Cela fait des années que je dis que mon véritable poste n'est pas en pointe. Encore plus en équipe de France!" [NDLR: ??] "Le coach a alors appelé mon manager. Qui, pendant leur heure de conversation, lui a bien fait comprendre à quel poste je voulais jouer".
"Le coach savait parfaitement où et comment je voulais jouer. Hélas, ça ne s'est jamais produit!"
"Hélas", car Nicolas Anelka ne pouvait faire que du bien à l'équipe de France, ce qu'il savait mieux que quiconque.
"C'est bien dommage pour nous tous et pour les résultats de l'équipe de France". "Je pense savoir le mieux ce qui est bon pour moi et pour l'équipe de France".
En substance, Anelka dit qu’il ne pouvait pas joueur ailleurs qu’à son poste préférentiel (2), c’est-à-dire celui d’un "9 et demi" ou d'attaquant de soutien – ce label qui sied aux attaquants erratiques. Du point de vue égocentré qui suppose de construire la tactique collective à partir des désidératas d’un joueur incapable de concevoir d'autres paramètres que son confort de jeu, il fallait donc adopter un schéma à sa convenance (3), ou prendre quelqu'un d'autre. Le garçon est pourtant à deux doigts de la lumière quand il répète une énième fois ses préférences en racontant son entrevue avec Domenech avant la publication de la liste des 23.
"Je lui ai ouvert la porte de chez moi avant la liste des 23, il m'a demandé comment je voulais jouer. Je lui ai répondu: «libre». «Le problème, c'est que tout le monde veut jouer libre dans cette équipe», a-t-il ajouté".
Contestant les options tactiques, Anelka a préféré jouer – en décrochant et en refusant de se fixer en pointe – dans un schéma virtuel, comme s'il avait voulu démontrer (par l'absurde) que celui du sélectionneur ne marcherait pas.
« Ça m'est monté direct au cerveau »
Pourtant, le pari de Domenech de le faire évoluer à contre-emploi est initialement moins une erreur tactique (4) qu'une énorme bourde sur le plan humain: avec une mauvaise volonté aussi assumée, son n°21 ne pouvait pas supporter la panoplie de Guivarc'h 98. Le sélectionneur aurait dû se rappeler que, placé à droite du 4-2-3-1 des éliminatoires, Anelka avait maintes fois déserté son côté pour venir encombrer l'axe (contre le Nigéria ou les Féroé l'an passé). Domenech était bien, en juin dernier, le dernier à pouvoir le plier à un plan tactique contrariant. En lui accordant la plus démesurée des confiances, le "coach" n'y a gagné que le droit d'être considéré comme un imbécile (par Nicolas Anelka, excusez du peu) et d'y perdre les derniers vestiges de son autorité dans l'implosion de son vestiaire.
"Quand le coach, dans le vestiaire, contre le Mexique, m'a dit de rester devant, ça m'est monté direct au cerveau".
Anelka se montre évasif sur "les choses" qu'il a "marmonnées dans son coin" et qui "resteront dans le secret du vestiaire". En revanche, il confesse, avec ce mélange habituel de candeur et de cynisme, avoir exprimé à haute voix son refus d'obéir aux consignes.
"Le coach arrive et me dit: «Putain, Nico, je t'ai déjà dit d'arrêter de décrocher et de rester devant». Je lui réponds que rester devant, je ne fais que ça, que je ne touche pas un ballon. Et j'ajoute: «C'est bon, il faut arrêter de me dire de rester devant. Je ne reste plus devant»".
Après avoir noté que le joueur établit une chronologie différente de la version en vigueur jusqu'alors (selon lui, les insultes sont venues après l'annonce de son remplacement), on remarque surtout qu'il trouve indu d'être sorti du onze après avoir tenu de tels propos.
"Puis Pat m'a demandé de remettre mon maillot et a expliqué au coach que les disputes entre entraîneur et joueur à la mi-temps se produisaient tout le temps, qu'il ne fallait pas réagir sur un coup de tête et me faire sortir. Encore une fois, le coach n'a écouté que lui et a fait son changement".
Après cette généreuse "explication" de la part d'un cadre du groupe, Domenech aurait en effet dû se déjuger en remettant sur le terrain un joueur qui venait de l'insulter après avoir passé la première mi-temps à contrevenir à ses directives avant de lui déclarer qu'il persisterait en seconde... Il n'y avait décidément plus de sélectionneur en Afrique du Sud.
« Je continuerai à mettre des capuches et à acheter de grosses voitures »
La faute à Domenech... Après les si peu dignes déclarations de Gallas ou Évra, le groupe reste soudé. La thèse va finir par paraître grossière, mais pour sa part, Anelka ne voit comme cause du chaos que son remplacement à la mi-temps de France-Mexique, pas son comportement sur le terrain et dans le vestiaire.
"Parce que finalement, à la mi-temps [de France-Mexique] quand soi-disant je descendais trop, on tenait quand même le 0-0 et on était encore bien en place. La France avait encore toutes les chances de se qualifier. À ce moment, le coach pensait que c'était moi le problème dans cette équipe de France. Apparemment, ce n'est pas le cas. La suite, on la connaît..."
Dans le même ordre d'idée, le joueur reporte le reste de la faute sur L'Équipe et la publication de son titre injurieux. On peut certes le suivre quant à la volonté (ou du moins la certitude) qu'avait le journal de "détruire l'équipe de France" en procédant ainsi, mais pas quand il s'oublie encore comme facteur déclenchant de "la guerre entre le coach et les joueurs, puis entre les joueurs et la Fédération".
"Ce journal et ces prétendus journalistes (...) sont les premiers et principaux responsables de tout ce qui s'est passé. Parce que tout est arrivé après ce titre".
Cette longue interview compte trop d'anelkades pour les consigner toutes: on y trouve un peu de paranoïa mâtinée de révolte enfantine, un éloge appuyé de Patrice Évra ("Si un jour je dois aller à la guerre, Pat sera le premier nom sur la liste"), la révélation qu'il avait "décidé de quitter l'équipe de France après le match contre la Tunisie", "dégoûté de jouer de cette façon", mais que "trois joueurs cadres" l'ont convaincu de rester, des moments d'émotion ("J'ai vécu lors mes adieux des choses très fortes que je ne revivrai jamais"), un dégagement de responsabilité concernant Yoann Gourcuff (5)... et encore des représailles contre Domenech, qualifié de "kamikaze".
"Est-ce de l'incompétence [de la part de la Fédération] ou s'agit-il d'un complot. Peut-être fallait-il un bouc émissaire au naufrage". "J'ai démontré qu'on peut [réussir] sans leur aide. Et je continuerai à le faire. Et à porter des lunettes, puisque ça gêne, à mettre des capuches et à acheter de grosses voitures. (...) Je n'ai pas besoin d'eux, je ne suis pas un people mais un footballeur. Eux, en revanche, ont besoin de moi". "Pat a été un capitaine exemplaire. Parce que c'est un compétiteur et qu'il sait qui je suis et ce que j'apporte sur le terrain comme en dehors. C'est pour ça qu'il m'a défendu jusqu'à la mort!" "C'est plutôt le coach qui devrait avoir honte, après son refus devant le monde entier de serrer la main du sélectionneur sud-africain". "Il a réussi à me dégoûter du football alors que j'adore mon sport et mon métier".
On pourrait admettre la thèse d'Anelka (il n'a pas insulté Domenech, il a tenté de "contourner le mur vers lequel on fonçait", il a servi de bouc émissaire), mais il faut pour cela épouser étroitement son point de vue sans jamais s'en écarter. Anelka dit que les mots imprimés par L'Équipe "ne sont jamais sortis de sa bouche", mais il ne dit pas lesquels le sont. Il s'exclut systématiquement de l'explication, tout comme il refuse de considérer que la médiocrité de son jeu (consigné en pointe aussi bien que décrochant à sa guise) ne peut s'expliquer seulement par les choix tactiques. Pour trouver le témoignage cohérent, il faut aussi concevoir un football où plus aucune autorité d'entraîneur n'est légitime dès lors qu'elle contredit l'opinion du joueur, surtout son opinion de lui-même.
Alors on peut certes trouver toutes les vertus à Anelka, devant le troublant consensus négatif qu'il suscite, mais quand il se plaint de "l'image qu'on veut donner de [lui]" depuis ses débuts, il lui échappe qu'il en est le principal auteur. "Je sais qui je suis, quand je suis bon ou mauvais". Il semble que non, Nicolas.
(1) Menée par Arnaud Ramsay, auteur d'une biographie d'Anelka. Une première interview "déballage" avait déjà été publiée par le quotidien le 15 juillet . (2) Lorsqu'il avait bien voulu respecter sa zone, Anelka avait pourtant été très bon à droite du 4-2-3-1, notamment contre la Turquie en juin 2009 et la Serbie en septembre dernier.
(3) En l’occurrence, il aurait fallu évoluer en 4-4-2 avec deux attaquants, dont lui-même (ce fut le cas en octobre 2009 contre les Féroé).
(4) Le choix de Domenech procédait d'une offre d'attaquants de pointe réduite (Henry hors course, Gignac tendre, Benzema inefficace en sélection, Cissé revenant de loin) et du pari que le danger viendrait des côtés et de derrière. Il avait déclaré au cours du Mondial que dans ce schéma, l'attaquant de pointe était tenu de fournir un gros travail avec peu de chances d'obtenir des occasions pour son compte (lire ici). Reconnaissons à Anelka de dire une vérité qui tient aussi de l'aveu: "Si le coach voulait prendre un joueur de surface, ce n'est pas moi qu'il fallait choisir. Il s'est trompé dans le casting". Les erreurs les plus accablantes de Domenech ont effectivement résidé là.
(5) Anelka a cette sentence qui en dit long sur une conception d'équipe excluant la possibilité de faire mieux jouer les autres: "En aucun cas ni Franck ni Titi, ni moi ne sommes responsables de ses performances, bonnes ou mauvaises, sur un terrain".