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 APPLE, les 10 raisons d'un succès planétaire

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Bridget

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MessageSujet: APPLE, les 10 raisons d'un succès planétaire   Dim 30 Mai - 14:48

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APPLE STORY





Le Figaro Magazine révèle les clés de l'engouement des consommateurs
pour les produits de la marque à la pomme




En janvier dernier, Steve Jobs annonce le lancement de l'iPad. Crédits photo : AFP



1 Un leader visionnaire et charismatique.


Nul dirigeant n'incarne aussi pleinement l'image d'une marque que Steve Jobs.
Habile conférencier, personnage charismatique, il est le moteur de la compagnie (qu'il a créée en 1976 avec Steve Wozniak). Il est évincé en 1985 et les ventes plongent ; mais lorsqu'il revient en 1996, les affaires reprennent.
On lui doit toutes les innovations d'Apple : l'interface graphique, la souris, les polices à chasse variable, l'iMac, l'iPod, l'iPhone, l'iPad... Il manage ses équipes avec un enthousiasme et un autoritarisme qui séduisent et effraient à la fois.



En 1996, le jour même du départ de son prédécesseur, il lance pendant une réunion : «Expliquez-moi ce qui ne va pas ici !»
Sans attendre, il répond luimême : « Ce sont les produits, ils sont à chier !» Il prend des décisions radicales (réduction des gammes) qui donneront naissance à l'un des produits les plus emblématiques de l'informatique : l'iMac.
Son souci du détail et de la perfection vont jusqu'à ce petit clic qui se produisait lorsque l'on branchait un casque sur la première version de l'iPod. « Trop bas de gamme», trouvait-il. Il l'a fait éliminer.






2 Des objets magnifiques.









Lorsque l'iMac sort en 1998, le monde des ordinateurs est peuplé exclusivement de machines et d'écrans rectangulaires et grisâtres, et on l'imagine mal sortir de l'univers austère d'un bureau de comptable.
Avec sa mine rondouillarde et ses couleurs acidulées, l'iMac décomplexe l'informatique.
On n'a plus peur de le montrer, on l'expose fièrement dans son salon. Les créatifs ne jurent plus que par lui et on le retrouve fréquemment dans les films de l'époque.
C'est un choc pour l'industrie de l'informatique et un nouveau souffle pour Apple qui n'abandonnera jamais ce filon.

Sous la houlette du designer Jonathan Ive, la marque à la pomme sortira des dizaines de produits reconnaissables dès le premier coup d'oeil.
Packagés avec soin (même l'emballage est un régal), ils bénéficient d'un souci du détail permanent.
Ainsi, le populaire iPod lancé en 2001, outre ses formes élégantes et épurées, ne comporte-t-il aucune vis disgracieuse. De même, l'iPhone n'intègre qu'un seul bouton, laissant le regard s'attarder sur la pureté des lignes.
Il est frappant de remarquer que le design de l'interface logicielle des Mac (fenêtres transparentes, icônes stylées) se retrouve sur la coque de l'ordinateur.
Le clavier et la souris adoptent eux aussi les mêmes codes. Parmi les produits les plus réussis, notons l'iMac G4 Tournesol en 2002, qui inclut l'unité centrale dans le pied de l'écran, le portable ultrafin MacBook Air et, enfin, le populaire iPhone.





3La simplicité d'utilisation.









Déplacer la flèche sur le bureau avec la souris et double-cliquer sur le document pour lancer l'application correspondante…
Cette manoeuvre apparemment anodine ne l'est pas en 1984 quand Apple lance le Macintosh.
Face à des PC encore astreints à d'obscures lignes de codes pour réaliser la moindre opération, elle réplique avec un écran d'accueil affichant un ludique «Hello».
Une véritable philosophie alliant élégance et simplicité d'utilisation qui va transformer l'informatique à tout jamais.

« Quand on parle du design, les gens pensent “à quoi ça ressemble ?”, mais pour nous cela veut dire “comment ça marche ?”» aime à résumer Steve Jobs.

De fait, tous les produits Apple s'utilisent le plus facilement du monde. Le système Mac OS présent sur les Mac se pilote de manière intuitive, même pour les non-initiés à l'informatique.

Pas besoin de rechercher un pilote (logiciel de gestion) pour installer un périphérique, et lorsque l'on désire supprimer une application, il suffit de la mettre dans la corbeille alors qu'un PC réclame de nombreuses manipulations pour un résultat aléatoire.

Cerise sur le gâteau, le Mac s'avère épargné par les virus alors que le PC, plus répandu, concentre l'attention des cybercriminels.

Même constat de simplicité pour l'iPod (260 millions d'exemplaires vendus) dont la molette puis l'écran tactile ont fait leurs preuves en matière d'ergonomie.
Et que dire de l'iPhone qui est livré sans le moindre mode d'emploi et ne semble pas opposer de résistance à des enfants de 8 ans ?





4 Réussir avec les idées des autres.







S'ils ont la réputation d'avoir révolutionné l'informatique, les ingénieurs d'Apple n'ont pourtant pas inventé grand-chose. Ils ont surtout su s'inspirer de l'existant pour proposer une expérience en accord avec les besoins des consommateurs.

Souvent avec des appareils moins puissants techniquement que leurs concurrents et vendus plus chers. Ainsi le bureau virtuel et la souris qui pilotaient les imprimantes Xerox ont ils inspiré Steve Jobs lors d'une visite en 1979.

Quant à l'iPod, il est arrivé après bien d'autres baladeurs (Creative, iRiver...) mais, en pleine explosion d'un marché balbutiant, il a su proposer une offre simple et complète de téléchargement.

Le cas de l'iPhone est révélateur. Il s'attaque au monde de la téléphonie tenu par des marques réputées indétrônables comme Nokia, Samsung ou Sony Ericsson.

Contre toute attente, il bouleverse la donne et devient un véritable phénomène de mode. Il ne propose pourtant rien de neuf mais il le fait mieux.

Son interface tactile est plus réactive que celle des concurrents, ses applications, rangées sous forme d'icônes, sont plus accessibles, son navigateur internet réagit sans délai... Même son magasin d'applications, qui revendique 3 milliards de téléchargements en dix-huit mois seulement, est inspiré de celui de Microsoft pour Windows Mobile.

Quant à l'iPad, il dispose déjà d'une notoriété incroyable alors que d'autres ont défriché le terrain de manière plus confidentielle depuis quelques années (Archos Tablet, Tabbee d'Orange, Hubster de SFR...).





5 Un univers à part.









Lorsque l'on cherche son mobile, on dit : «Je cherche mon téléphone.» Lorsqu'un possesseur d'iPhone fait de même, il dit :«Je cherche mon iPhone.»

Car un produit Apple n'est pas comme les autres. On en est fier et on l'arbore comme un signe d'appartenance à une élite.
Ce phénomène trouve sa source en 1984. Le 22 janvier, lors de la mi-temps du plus grand événement sportif de l'année au Etats-Unis, la finale du Super Bowl, des millions de téléspectateurs découvrent une publicité qui est devenue l'une des plus célèbres au monde : elle annonce le lancement du premier Macintosh en le présentant comme une révolution dans un univers totalitaire faisant référence au 1984 de George Orwell.

Apple se définit comme un anticonformiste, position qu'il matérialisera plus tard au travers de sa perpétuelle guerre contre les PC de Microsoft, qu'il ridiculise régulièrement dans des publicités.

Cet antagonisme se retrouve dans le slogan «Think different» (Pensez différemment). Apple ne vend pas seulement un produit mais un mode de vie.
On achète Apple comme on achète Vuitton ou Chanel, le prix restant secondaire. Face à un ennemi commun, les PC en l'occurrence, les fans de Mac vont constituer une communauté grandissante avec ses temples (les Apple Store), sa littérature spécialisée et une certaine arrogance.
L'un des tours de force de Steve Jobs est d'avoir réussi à élargir son audience de base vers le grand public (avec l'iPod puis l'iPhone) sans froisser les anciens, de s'être positionné sur un marché de masse tout en faisant croire à chacun qu'il est particulier.





6 De l'informatique à la culture.










Alors que les baladeurs numériques existent depuis quelques années et que le marché de la musique en ligne commence à émerger, Apple propose à partir de 2001, non pas un baladeur mais une solution complète incluant un lecteur MP3, un logiciel de gestion et de téléchargement de musique (iTunes) et un magasin de musique en ligne (iTunes Store).
Plutôt que de courir après de la musique pirate sur le net, Apple estime que les internautes sont prêts à payer 1,29 dollar (puis 0,99 dollar) pour qu'on leur simplifie la vie.
Pour ne pas se tirer une balle dans le pied, la compagnie accepte pour la première fois de s'ouvrir au monde PC. Compatible avec Windows, le logiciel iTunes permet d'acheter et de gérer des contenus depuis tout type d'ordinateur connecté au net.

Le succès est au rendezvous. Aujourd'hui, sept ans après sa création, l'iTunes Store est devenu le premier vendeur de musique dans le monde (90 % de parts de marché sur la musique en ligne) devant les magasins Wall Mart (principale chaîne d'hypermarchés américains).

Plus de 10 milliards de titres ont été téléchargés sur un total de 11 millions de références. Apple a réussi son pari en passant du statut de simple constructeur d'ordinateurs à celui de distributeur de contenus culturels (musique, clips, films). Un coup de génie qui lui permet de conserver 30 % des sommes dépensées sur iTunes sans produire lui-même le moindre contenu.
Cet écosystème d'un genre nouveau va trouver de nombreuses déclinaisons grâce à l'iPhone qui permet de vendre des applications (3 milliards de téléchargements en dix-huit mois), et maintenant l'iPad, qui se positionne dans les secteurs du livre numérique et de la presse.





7 Des clients captifs.








La firme américaine a toujours voulu garder ses utilisateurs dans son giron (les Mac n'étaient pas compatibles avec l'univers PC), mais elle réalise à partir de 2003 un tour de force dont n'aurait osé rêver aucune entreprise dans le monde : rendre ses clients entièrement captifs.

Tout possesseur d'un iPod doit obligatoirement passer par le logiciel iTunes pour acheter de la musique sur le magasin iTunes Store pour des raisons de simplicité et de lutte contre le piratage.

Et pour écarter la concurrence ! Les morceaux en vente ne sont lisibles que par les iPod grâce à un format propriétaire et à un opportuniste système antipiratage (DRM).

Face au tollé généré, l'entreprise fait peu à peu marche arrière et libère les fichiers musicaux des DRM en 2009.
Mais les iPod restent dépendants de iTunes. Entre-temps, l'iTunes Store est devenu la première plate-forme de téléchargement de musique. On retrouve le même phénomène d'entonnoir pour l'iPhone et ses applications additionnelles.

Grâce à la contrainte de passer par le péage iTunes, elles assurent à Apple la maîtrise complète de cette nouvelle économie et des revenus associés. Dans le cas de l'iPad, les ambitions semblent démesurées puisqu'il s'agit ni plus ni moins que de se substituer à terme aux canaux de distribution des livres et de la presse, se réservant les contacts clients.






8 Le monde travaille pour eux.







Des dizaines de milliers de travailleurs bénévoles : voilà encore l'une des grandes idées de la firme de Jobs.
Lors de la sortie de l'iPhone, en 2007, Steve Jobs refusait d'autoriser des développeurs extérieurs à proposer des applications additionnelles.

Un an plus tard, volte-face ! Tirant parti de l'expérience de l'internet 2.0 (comme les sites de partage de vidéos alimentés exclusivement par les contributions des internautes), il ouvre l'AppStore, un magasin en ligne où chacun peut mettre en vente (ou en accès gratuit) le fruit de son travail pour l'iPhone.
L'essor est fulgurant. En dixhuit mois, près de 400 000 applications sont créées.


On y trouve des jeux, de la météo, de la cuisine, des dictionnaires...
Une profusion incroyable alimentée par les espoirs de petits développeurs et l'attirance des marques pour le hype iPhone. Adidas, Volkswagen, Le Figaro..
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Tout le monde veut son application. Malin, Apple conserve 30 % de tout ce qui transite sur l'App Store mais aussi à l'intérieur des applications.
Une manne qui semble inépuisable. D'autant que la société garde un contrôle tyrannique sur le système. De nombreux logiciels sont refusés de manière arbitraire.

On peut citer le navigateur Google qui concurrençait un peu trop Safari ou le cas d'Adobe, ancien partenaire privilégié avec l'application Photoshop. Steve Jobs ne veut plus entendre parler de la technologie Flash, pourtant majoritaire sur les sites de vidéos.





9 Apprendre de ses échecs.









Si Apple représente aujourd'hui un modèle de société visionnaire, il faut savoir que ses grandes innovations se sont bâties sur les leçons de ses cuisants échecs.

En 1989, le Macintosh Portable intègre clavier, trackball (un dérivé de la souris), écran monochrome de 640 x 400 points et disque dur de 40Mo. Il accuse cependant un poids de 7 kilos et un prix prohibitif de 6500dollars.
Un flop qui mènera deux ans plus tard au PowerBook 100. Considéré comme le premier agenda électronique de l'histoire, le Newton voit le jour en 1993. Il propose un stylet et le transfert sans fil entre deux machines.

Sa taille importante et son autonomie réduite auront raison de ses prétentions. La même année, Apple propose le Macintosh TV : un ordinateur qui fait également office de téléviseur, mais pas les deux en même temps. Seuls 10.000 exemplaires trouveront preneur. Plus étonnant, en 1994 apparaît l'un des premiers appareils photo numériques : le Quick Take. Doté d'un capteur 0,3mégapixel et d'une mémoire intégrée de 1 Mo autorisant le stockage de 8 photos, il n'est compatible qu'avec les ordinateurs Apple. Une erreur que la firme ne reproduira pas au lancement de l'iPod. Ecoulée à 40 000 exemplaires dans le monde, la console Pippin (1996) est construite sur une base de Mac allégé. Seuls 18 jeux seront produits pour les Etats-Unis et 80 pour le Japon.
Parmi d'autres revers, notons pour finir le PowerMacG4Cube en 2000, un curieux ordinateur cubique de 20 cm de côté vendu 15.500 francs qui n'intéressera pas grand monde, ou le système MacOSX sorti en 2001, et dont la première version générera de nombreux bugs. Dernier raté notable en 2007, l'Apple TV était considérée comme le tueur du DVD. Cette box TV fut étouffée par celles des opérateurs internet qui proposaient les mêmes fonctions.





10 Créer l'événement.









Le 9 janvier 2007, Steve Jobs présente l'iPhone. Cette annonce parasite complètement celles de ses concurrents au CES de Las Vegas (l'un des plus grands Salons mondiaux de nouvelles technologies) qui se tient quelques jours plus tard.


Tous les technophiles ne parlent plus que du smartphone d'Apple. En 2010, le même procédé annonce l'arrivée de l'iPad. Depuis de nombreuses années, Apple maîtrise sa communication d'une main de fer.


Rien ne doit filtrer qui ne soit décidé par le grand manitou. Ainsi, les rares journalistes privilégiés ayant reçu l'iPad avant sa sortie ont dû s'engager à le conserver fixé à un câble, dans une pièce protégée par un code.

Faisant peu appel à la publicité, la société distille ses infos comme des trésors rares, ici à un journaliste du New York Times, là en affichant brièvement sur son site un embryon d'information qui sera décryptée, conjecturée puis communiquée par une nuée de spécialistes.

Le comble est atteint au mois d'avril 2010 lorsqu'un iPhone de quatrième génération est retrouvé dans un bar de San José près des bureaux d'Apple.
Oublié par un ingénieur un peu éméché, il atterrit rapidement sur le site high-tech le plus populaire des Etats-Unis (Gizmodo.com) pour une inspection minutieuse. En quelques minutes, l'information, vidéo à la clé, fait le tour du monde par internet, créant le buzz à la une de tous les journaux.

L'opération n'a rien coûté. Cette propension à créer le désir, à jouer avec la curiosité des consommateurs et à alimenter sans cesse la rumeur autour de ses activités est un art qu'une seule compagnie au monde maîtrise : Apple.
L'existence même de cet article en est la preuve...




http://www.lefigaro.fr/sciences-technologies/2010/05/27/01030-20100527ARTFIG00506-apple-les-10-raisons-d-un-succes-planetaire.php


Dernière édition par Bridget le Ven 7 Oct - 10:52, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: APPLE, les 10 raisons d'un succès planétaire   Dim 26 Déc - 0:26



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Apple, la religion de la pomme







Sept millions et demi d’iPad vendus dans le monde. Derrière ce nouveau succès, Steve Jobs, patron obsédé depuis toujours par le contrôle et la culture du secret.


"Je n'ai que 30 ans et je veux avoir la possibilité de continuer à créer. Je sais que je porte encore en moi au moins un super ordinateur. Et Apple ne va pas me donner la chance de le faire."
La lettre date de 1985. Un an après le lancement du Macintosh, Steve Jobs explique à Mike Markkula, troisième homme à l'origine d'Apple, pourquoi il quitte la société qu'il a créée huit ans plus tôt. En fait, son conseil d'administration vient de le pousser dehors.


Quelques mois plus tôt, John Sculley, le nouveau patron de l'entreprise que Jobs avait débauché de chez Pepsi - en lui demandant "Tu veux continuer à vendre de l'eau sucrée ou tu veux changer le monde avec moi ?" - avait obtenu que Steve Jobs soit suspendu de la plupart de ses fonctions chez Apple.
Jobs, de l'avis du conseil d'administration, n'était pas assez productif.


"Me faire virer d'Apple, ça a été la meilleure chose qui pouvait m'arriver, a assuré Steve Jobs il y a cinq ans devant un parterre d'étudiants. Ça m'a libéré pour entrer dans une des périodes les plus créatives de ma vie."


Pour certains observateurs, tel Leander Kahney, auteur de Inside Steve's Brain, cet épisode humiliant de 1985 - recruter une pointure qui vous met dehors - pourrait motiver l'aspiration de Jobs à tout contrôler aujourd'hui. La dernière fois qu'il a confié le pouvoir à quelqu'un (John Sculley), il en a payé les conséquences.


Wozniak et Jobs, c'est l'ouverture contre le contrôle absolu

Tim Wu, un professeur de l'université de Columbia célèbre pour avoir inventé l'expression "neutralité du net", développe une autre explication. Dans The Master Switch, il explique que des deux fondateurs d'Apple Steve Jobs et Steve Wozniak, Jobs était dès le départ, selon lui, celui qui avait le goût du contrôle.


La caractéristique de l'Apple II (premier ordinateur grand public de la boîte) rappelle-t-il, c'était le capot. Soulevez le capot et vous verrez l'intérieur de la machine. Libre à vous d'y mettre les doigts.
Sur le Macintosh au contraire, comme sur les produits Apple qui suivront, tout est fermé, verrouillé : du refus d'Apple de revendre son système d'exploitation à d'autres constructeurs jusqu'aux batteries inamovibles.
Parce qu'à l'origine, l'Apple II est l'ordinateur de Steve Wozniak tandis que le Mac est celui de Steve Jobs.


Quand ils se sont connus, Jobs avait 13 ans, Wozniak cinq de plus. Quand ils conçoivent le premier Apple huit ans plus tard, Wozniak, passé depuis chez Hewlett-Packard, est selon l'auteur d'Inside Steve's Brain "l'ingénieur qui fabrique l'ordi qu'il ne pouvait pas se payer" ; Jobs, qui a fait ses débuts chez Atari, se soucie de son utilisation, de sa commercialisation (dans les clubs de micro-informatique) et recrute les équipes.


Système fermé ou ouvert, Apple se trouve encore tiraillé entre les deux visions de ses fondateurs quand Steve Wozniak est victime d'un accident d'avion en 1981.
Souffrant de troubles neurologiques et d'amnésie, il ne peut reprendre immédiatement le travail. A son retour, le Mac est né. Il est fermé. Wozniak est mis sur la touche.
Détail symbolique de la part d'héritage spirituel qui revient aujourd'hui à Wozniak : Jobs a refusé d'écrire la préface de son livre iWoz dans lequel il raconte les débuts d'Apple.
Là encore, Jobs préfère contrôler le récit.



"To get Steved"


Si Jobs n'est pas un magicien de l'électronique comme Wozniak, ses talents de visionnaire sont incontestables.
Dans une interview accordée à Playboy en 1985, l'homme qui divise le monde (et son entreprise) entre "génies" et "bozos" explique que le marché de la micro-informatique, comme on dit alors, va changer.


"Pour la plupart des gens, la raison la plus pressante d'avoir un ordinateur chez soi sera de se relier à un réseau de communications national."



Dix ans avant les débuts d'internet grand public.


Jobs, comme il l'a prouvé depuis son retour à la tête d'Apple en 1997, n'avait pas seulement de nouveaux ordinateurs dans le ventre.
Depuis son come-back, l'entreprise a vu naître l'iPod, l'iPhone et l'iPad. "Je suis aussi fier de ce qu'on ne fait pas que de ce qu'on fait", a déjà observé Steve Jobs.
De la quarantaine de produits, des imprimantes aux PDA (personal digital assistant, de type Palm), qu'il trouve à son retour en 1997, il ne gardera que quatre lignes.
C'est de cette époque, au siège de Cupertino, que date l'expression "to get Steved" : se faire coincer par Jobs qui vous demande de justifier votre activité et se faire virer quand la réponse ne paraît pas convaincante.



Avec aussi peu de produits, le moindre faux pas est dangereux. A la fin des années 1990, Steve Jobs, captivé par le potentiel de la vidéo, néglige l'apparition de Napster et l'engouement pour les fichiers musicaux.
Les Mac, qui n'ont pas de graveurs de CD, ne se vendent plus. De 11 milliards de dollars en 1995, le chiffre d'affaires de l'entreprise tombe à 5 milliards en 2001. Le marché s'interroge sur la survie de la société.


Apple reprendra pied avec l'iPod. "Apple ne peut pas se permettre de rater une génération", remarque David B.Yoffie, un prof de la Harvard Business School qui fait plancher ses étudiants sur des études de cas Apple depuis une quinzaine d'années.



Jobs n'a pas peur que l'iPhone bouffe l'iPod



Une des explications de la capacité de l'entreprise à se renouveler tient à ce que Jobs n'a pas peur de la cannibalisation de ses activités. "Sony aurait pu inventer l'IPod", a fait remarquer Jon Rubinstein, ancien vice-président d'Apple.
Sous-entendu, c'est la peur de mettre en danger ses baladeurs musicaux qui a freiné l'entreprise japonaise.


Jobs, au contraire, ne craint pas que l'iPhone bouffe l'iPod, il n'a pas peur de faire disparaître l'ordinateur. En 2007, année de l'iPhone, Apple Computers est, sans qu'on s'en aperçoive, rebaptisée Apple Inc : oubliez les ordinateurs, les ventes d'iPhone représentent maintenant près de la moitié de son chiffre d'affaires.



"Les marges générées par la vente d'ordinateurs sont tellement faibles que les fabricants de PC ne peuvent plus y gagner d'argent, note Tim Barjarin, consultant en nouvelles technologies de Creative Strategies.
Apple l'a compris : ils ne créent pas des produits électroniques mais un écosystème, des expériences."


De la fluidité de l'utilisation à la mise en scène des produits dans les Apple Stores, Jobs veut que ces "expériences" soient parfaites.
Depuis la fin des années 1970, le fondateur de l'entreprise a les mêmes priorités, résume Leander Kahney : "facilité d'utilisation, design et esthétique". "Apple veut contrôler l'expérience de ses clients.
C'est une idée en contradiction avec celle d'un web ouvert, fait remarquer le bloggeur américain Nicholas Carr1. Ils parient que les gens veulent d'abord des produits élégants et faciles à utiliser, qu'ils ne s'intéressent pas à l'ouverture du web".


Autre force de l'entreprise : nos cartes de crédit. "Une grande partie de leur puissance tient à ce qu'ils ont un système de paiement", observe David B. Yoffie à la Harvard Business School.

Grâce à iTunes, aux abonnements téléphone, "vous n'avez qu'à entrer votre mot de passe pour acheter tout ce qu'Apple pourrait vous proposer à l'avenir.
Même si vous trouvez qu'Android de Google est un meilleur téléphone que l'iPhone, Android n'a pas de système de paiement et pour un fournisseur de contenu, cela devient plus intéressant de travailler avec Apple."












Un phénomène plus qu'une multinationale



Apple représente aujourd'hui la société high-tech à la plus forte capitalisation boursière, devant Microsoft et Google.

Paradoxalement, malgré son poids, malgré son appétit de contrôle, Apple n'a pas encore la réputation de grand méchant loup dont a pâti Microsoft.
Peut-être une question d'image, celle d'une entreprise qui à coups de com' ("Think different") a réussi à faire croire qu'elle n'en était pas une, à se faire passer pour un phénomène plutôt qu'une multinationale.
Celle d'un patron gourou, "autocrate charismatique" comme dirait Leander Kahney, en jean et col roulé, mythique pour ses retours, après son départ d'Apple ou après des rumeurs qui le disaient mort.
Comme blaguait Steve Jobs, "les annonces de ma mort sont très exagérées".

Guillemette Faure


http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/56778/date/2010-12-19/article/apple-la-religion-de-la-pomme/?tx_ttnews[sViewPointer]=1&cHash=ea44166e1b3b6b492fb1a8770ae7f44e



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liliane
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MessageSujet: Re: APPLE, les 10 raisons d'un succès planétaire   Jeu 6 Oct - 8:38

Steve Jobs, l'emblématique patron d'Apple, est décédé


L'écran d'accueil du site d'Apple tel qu'il apparaît sur l'écran d'un ordinateur, jeudi matin à Séoul, en Corée du Sud. Crédits photo : Lee Jin-man/AP

Le créateur du Mac, de l'iPod et de l'iPhone est mort mercredi en Californie à l'âge de 56 ans, des suites d'un cancer.

"Vous souvenir que vous pouvez mourir est la meilleure façon d'éviter de penser que vous avez quelque chose à perdre", expliquait Steve Jobs en 2005, après avoir échappé à un cancer de la prostate. En 2009, une greffe du foie réalisée à Memphis, à l'issue d'une course folle en hélicoptère, lui donnait une nouvelle chance. Cette fois-ci, la maladie a été la plus forte... Celui qui, après le Macintosh, a changé la donne de la musique (iPod), de la téléphonie (iPhone) et de la télévision (iPad) vient de s'éteindre. Quand il est né, les téléphones avaient des cadrans, les télévisions ressemblaient à des cubes et on écoutait la musique encore sur des 78 tours. Le fondateur d'Apple a passé sa vie à changer la nôtre...

L'histoire commence pourtant par une fin de non-recevoir. Quand ils le mettent au monde en février 1955, l'étudiant en sciences politiques Abdulfattah Jandali, venu de Syrie trois ans plus tôt, et Joanne Schieble, élève en psychologie d'origines allemande et suisse, estiment qu'ils ne pourront subvenir aux besoins du petit Steve. Ils ne sont alors qu'étudiants et décident de l'abandonner. Une vérité que Jobs découvrira sur le tard. Un coup de massue d'autant plus douloureux que ses parents naturels garderont Mona, sa soeur cadette. Cette dernière, mariée un temps à un scénariste des Simpson, racontera dans The Lost Father l'histoire de leur famille décomposée.

Une terreur à l'école

Le petit Steve atterrit à Palo Alto, à une demi-heure de route au sud de San Francisco. Ses parents adoptifs, Paul, employé d'une entreprise de lasers, et Clara Jobs, comptable, habitent un pavillon doté d'un garage. À l'école primaire, Steve est une terreur. "On mettait des serpents dans la salle de classe et on faisait exploser des bombes à eau", confesse-t-il à Playboy en 1985. Un jour, il ingurgite du poison pour fourmis et est envoyé illico presto aux urgences... Dilettante ? Oui, mais avec une certaine suite dans les idées. À 12 ans, il déniche dans le bottin le numéro de Bill Hewlett, cofondateur de l'entreprise star de la Silicon Valley. Le vétéran répond gentiment à ses questions durant vingt minutes. Et offre à Steve un "job d'été" d'assemblage de composants qu'il effectuera trois ans plus tard.

Quand ils l'ont pris sous leur aile, les Jobs s'étaient engagés à lui faire suivre des études. Ce sera au Reed College, dans l'Oregon. Là aussi, il trouve le temps long. "Il dormait à même le sol en écoutant en boucle Tambourine Man et Hurricane de Bob Dylan, ses cheveux collés à un énorme transistor", se souvient pour Le Point Daniel Kottke, un des pensionnaires. Les deux se lient alors d'amitié avec Robert Friedland, un fort en gueule de cinq ans leur aîné, qui fera fortune par la suite dans les mines au Venezuela. Mais, surtout, "Toxic Bob", comme Friedland sera surnommé à la suite de l'explosion d'une de ses mines dans le Colorado, possède un verger dans l'Oregon. Apple doit son nom à ces après-midi d'automne "bohèmes", où Jobs, l'étudiant peu assidu, gamberge à l'ombre des pommiers.

Méditation et LSD

Ces divagations lui donnent le goût de l'aventure. Jobs ferait alors n'importe quoi pour se rendre au Kumbh Mehla, plus gros rassemblement religieux du monde qui se tient tous les quatre ans en Inde, sur les bords du Gange. Il rêve d'y rencontrer Maharishi Mahesh Yogi, un adepte de la méditation transcendantale dont les enseignements ont été suivis par les Beatles et Mia Farrow. Il convainc ses parents de lui offrir un billet en 1974. Il n'a que 19 ans, ne découvre pas de grand maître, mais le LSD, de terribles indigestions, et le goût de l'inconnu. Un jour, alors qu'il parcourt l'Himalaya, Jobs rencontre un moine qu'il ne connaît ni d'Ève ni d'Adam. Le Californien parle avec lui de l'origine de la vie, et accepte de se faire tondre la tête en signe de "purification".

De retour dans l'Oregon, au bout de quatre mois, Jobs plaque tout. Plus question de passer l'examen final. L'école de la vie s'avère plus difficile que l'école tout court. "Je ramassais les bouteilles de Coca-Cola pour récupérer la consigne de cinq cents", reconnaîtra-t-il en 2005, lors d'un retour sur sa vie devant les étudiants de Stanford. Chaque dimanche soir, il parcourt à pied les 10 kilomètres qui le séparent du temple Hare Krishna de Portland pour obtenir un repas (végétarien) gratuit. Il sèche les cours donc, à l'exception de l'enseignement de la calligraphie. Il y découvre les empattements. Ces terminaisons des caractères proviennent de la trace laissée par le pinceau lorsque la main s'élève en achevant le geste d'écriture. "Cette initiation influera la manière d'écrire sur un Mac", expliquera-t-il toujours à Stanford. "Et comme Microsoft s'est borné par la suite à copier notre interface, tous les propriétaires de PC ont pu en bénéficier." Le ton est donné.

1 820 dollars

Car entre-temps, Jobs a rencontré Steve Wozniak chez Hewlett-Packard. "Enfin, il trouvait quelqu'un qu'il avait envie d'écouter", se souvient Bill Fernandez, un copain de fac, qui a présenté les deux Steve. Tous deux sont passionnés d'électronique, mais Woz, de quatre ans son aîné, est plus bidouilleur. À 11 ans, aidé de son père, il a déjà assemblé une radio ! Tout au début de l'informatique, Woz met au point un ordinateur baptisé Cream Soda Computer, en référence à la quantité de boisson gazeuse qu'il a ingurgitée lors de sa conception. "C'est ce type d'objet qu'il faut vendre !" hurle Jobs à Woz, qui n'y voyait qu'un jouet d'adolescent attardé. Jobs tanne Woz pour qu'il abandonne son poste chez HP et vende jusqu'à sa HP 65, une des premières calculatrices de poche. Jobs, qui vient de commencer un boulot chez Atari (il en est le 40e employé), refourgue de son côté sa camionnette Volkswagen.

En tout, les deux Steve mettent 1 820 dollars de côté. Un petit butin qui leur permet d'acheter des microprocesseurs. Et d'amorcer la production de leur premier ordinateur dans le garage des Jobs : l'Apple I, composé d'un clavier en bois gravé à la main. Les compères en écoulent 150 la première année. Enfin libre ! Jobs ne sera plus obligé d'habiller les répliques miniatures des personnages d'Alice au pays des merveilles à 3 dollars de l'heure, comme en 1972 au Westgate Mall, un centre commercial de San Jose... Il faut alors passer aux choses sérieuses. Le look Levis 501 et baskets New Balance en effraie alors plus d'un. "Pourquoi vous m'avez envoyé ce renégat ?" s'emporte l'investisseur Donald Valentine, quand il le rencontre en 1972. Beau joueur, cette figure du capital risk recommande tout de même Jobs à Mike Markkula, un ex d'Intel. Il signe le premier chèque (250 000 dollars) qui permet à Apple de se doter de ses propres bureaux à Cupertino.

Contre IBM et Microsoft

Dès sa création, Apple se positionne en réaction à l'establishment. Au départ, l'ennemi à abattre s'appelle IBM, qui veut remplir le monde de ses ordinateurs gros comme des salles à manger. Dans la publicité "1984" réalisée par Ridley Scott, Big Blue a des allures de Big Brother et Apple vient libérer une armée d'esclaves. David n'est pas toujours de très bon goût avec Goliath : à l'instar de ce cliché qui le montre devant une affiche d'IBM, le sourire aux lèvres et le majeur au garde-à-vous. Microsoft, né en même temps qu'Apple, n'est guère mieux traité par le trublion : "Bill Gates aurait pu avoir l'esprit plus large s'il avait pris une fois de l'acide en étant plus jeune."

Pour Jobs, avoir l'esprit large, c'est accorder une grande importance au design. À 20 ans, il est passionné des ouvrages de Stewart Brand - un écrivain qui, avec son "Whole Earth Catalog", invente une nouvelle manière d'écrire, truffée de collages - qu'il dévore dans sa nouvelle maison de Los Gatos. Sur les murs blancs de sa maison, Jobs ne tolère que des tableaux du peintre du début du XXe siècle Maxfield Parrish : la destruction créatrice. "Tout ce dont j'avais besoin, c'était une tasse de thé, un briquet, une stéréo", explique-t-il à l'occasion d'un portrait réalisé par Diana Walker en 1982. En 2003, il déclare au New York Times : "Le design, ce n'est pas seulement l'apparence et la sensation, c'est aussi l'utilité." Séduit par la souris qu'Apple rend accessible au grand public, Andy Warhol est un des premiers adeptes du Macintosh, l'ordinateur qui succède à l'Apple II. Jobs commence à prendre confiance en lui.

Le jour de ses trente ans, il "loue" les services d'Ella Fitzgerald qui entonne "Joyeux anniversaire !" devant une trentaine d'invités... Jean-Jacques Servan-Schreiber est de la partie. Jobs est pris dans une course de vitesse... Cinq ans plus tôt, il a loué les services de Regis McKenna, le prince de la communication, pour introduire son entreprise en Bourse. "Entre Jack Kerouac et Rupert Murdoch, il a trop vite choisi le second", regrette alors un compagnon du départ.

Le revers de la légende

La légende de l'entrepreneur a son revers. Alors qu'il est au lycée, Jobs a fait la connaissance de Chris-Ann Brennan, jeune Californienne qui se passionne pour le bouddhisme. En juin 1978, leur aventure donne naissance à une fille, Lisa. Mais, à 23 ans, il n'a pas envie de la reconnaître. Il lui faut trois ans, et un test de paternité pour que Jobs reconnaisse enfin Lisa, devenue, depuis, écrivaine à New York. Il consent finalement à offrir une maison à son ex-compagne, qu'elle revendra pour passer une année sabbatique à Paris. Avant de revenir en Californie, où elle vit aujourd'hui de l'interprétation de mandalas, des dessins sanscrits.

C'est sûr, Chris-Ann est moins show-off que Joan Baez.. Au début des années 1980, Jobs fréquente l'ex de Bob Dylan. Il l'invite à une soirée de développeurs d'Apple. "Dire que j'ai dû danser avec elle... J'étais gêné, mais fier", se rappelle le compagnon des débuts Andy Hertzfeld. Selon Jeffrey Young et William Simon, auteurs d'iCon : Steve Jobs, le créateur d'Apple finira par la laisser tomber en 1982, car il avait peur qu'une femme de 41 ans ne puisse pas lui donner d'enfant...

Génial, mais ingérable

Car son autre bébé, le Macintosh, n'attend pas. Jobs doit à la fois mobiliser une équipe de développeurs de talent et structurer l'entreprise. Il va réaliser alors la plus grosse erreur de sa vie. En 1985, il débauche John Sculley, le patron de Pepsi. À cet as du marketing, Jobs lance "Dis-moi, John, tu préfères passer le reste de ta vie à vendre de l'eau sucrée ou bien à changer le monde ?" Tope là ! Au départ, tout va bien. Mais, très vite, l'indépendance de Jobs gêne. "Ses propos naviguaient entre une nonchalance désarmante et des arguments qui partaient dans tous les sens", déplore alors Sculley. Le nouvel homme fort décide de se séparer de ce génial ingérable. Et voilà Jobs viré de l'entreprise qu'il avait créée dix ans plus tôt !

Jobs vit mal cette mise à pied... "Si Apple devient un endroit où la romance a disparu, et où les gens oublient que les ordinateurs sont l'invention la plus formidable de l'homme, je pense que j'aurai perdu Apple." Il élabore alors un plan avec son ami Larry Ellison, le richissime patron d'Oracle, pour racheter Apple et revenir à sa tête. Au dernier moment, le plan n'est pas mis à exécution, mais Jobs a pris soin de garder une action de la firme. Ce qui lui permet de scruter, trimestre après trimestre, les résultats de l'entreprise...

Retour triomphal

Cette "traversée du désert" va se révéler salutaire. En 1986, il achète Pixar au producteur George Lucas (La guerre des étoiles) 10 millions d'euros. Il revendra le studio 7,4 milliards à Disney vingt ans plus tard. Entre-temps, il a transformé l'entreprise brinquebalante en boîte à tubes (Le monde de Nemo, Toy Story, ou encore Monsters). Toujours en 1986, Steve l'infatigable crée NeXT (au suivant, en anglais), une compagnie qui, espère-t-il, va inventer l'ordinateur idéal pour les étudiants. Si le système rencontre un succès d'estime (Ross Perot investit dedans et Jobs offre un ordinateur NeXt au roi Juan Carlos), il n'en vend que 50 000 unités. Un échec commercial donc, mais, à ce moment-là, Jobs va réussir son coup de maître : en 1996, l'obstiné persuade Apple de racheter NeXT et sa technologie. L'enfant prodigue est de retour: au départ simple conseiller de Gil Amelio (qui a remplacé Sculley), il deviendra patron en 2000.

À son retour, Jobs change tout : de la cafétéria, où il fait embaucher un spécialiste du tofu, aux salles de réunion, qu'il baptise du nom de peintres de la Renaissance. Il cite alors le hockeyeur star Wayne Gretzky : "Je me dirige où le palet va être, non là où il est allé." Surtout, il sort Apple de son carcan. Avec l'iPod, Steve Jobs devient le plus grand vendeur de morceaux de musique au monde. Et un Français, Jean-Marie Hullot, l'encourage à se lancer dans la téléphonie. L'iPhone sort en 2007, et l'iPad, une tablette multimédia à tout faire, en 2010. Des lancements qu'il orchestre au cours de shows enseignés dans les écoles de commerce. À l'instar de la "keynote" présentée le 2 mars pour le lancement de l'iPad 2. Alors qu'il est censé être de nouveau en congé maladie depuis trois mois, Jobs apparaît sur scène, le pas plus assuré qu'à l'accoutumée. One more thing ? Jobs poursuit l'ouverture des Apple Store, il en existe aujourd'hui 243 dans le monde...

Et voilà Jobs, rejeté un temps par l'entreprise qu'il a co-créée, de nouveau porté aux nues. "C'est le patron capable des meilleurs come-back", explique Richard Branson, le numéro un de Virgin. Même Bill Gates, l'ennemi des débuts, expliquera en 2008, plus de trente ans après la création d'Apple et de Microsoft, que "Steve Jobs est celui qui a le plus contribué à l'industrie informatique"... Jobs est de nouveau le boss. Quelqu'un se trompe dans la taille des caractères d'une présentation et il rentre dans une colère noire. "Il aurait fait un parfait roi de France", plaisantait dans Time dès 1982 Jef Raskin, un des principaux développeurs du Mac.

Google, le nouvel ennemi

Le pouvoir isole. Car, à ce moment-là, Apple, ex-symbole de la contre-culture, devient dominant. Les opérateurs téléphoniques en ont gros sur la patate de voir ce nouveau venu créer un modèle fermé qui lui permet de facturer directement des mini-programmes (applications) aux clients. Et Google, l'ami de toujours, devient un ennemi en 2009. "Je suis désolé, mais je ne me suis jamais lancé dans les moteurs de recherche", moque Jobs.

Ces dernières années, Jobs semblait avoir réussi à faire la paix avec lui-même. En 1990, il a rencontré Laurene Powell, à l'occasion d'une conférence donnée à Stanford. Un an plus tard, le moine bouddhiste Kobun Chino Otogawa les a mariés au coeur du Yosemite Park. L'ex-banquière chez Merrill Lynch, reconvertie dans la vente de produits bio au sein de l'entreprise Terravera, lui a donné trois enfants, Reed, Erin et Eve, tout comme une certaine quiétude. Pour cette nouvelle progéniture, comme pour sa première fille Lisa, il avait des tonnes de projets. Ne venait-il pas de démolir la Jackling House, une gigantesque demeure du village de Woodside, pour en faire un paradis familial ? Bien décidé à ne pas reproduire l'erreur de New York où il avait retapé un triplex avant de le revendre en 2003 15 millions de dollars au chanteur Bono sans l'avoir jamais occupé.

Le livre de Jobs se referme. Que retiendra-t-on de celui que le mensuel Forbes a nommé patron de la décennie ? Chris-Ann Brennan, la première femme qui a partagé sa vie, se souvient de ces nuits où il se réveillait un poing tendu vers le haut en hurlant "je veux conquérir le monde !" Pour mieux croquer le personnage, elle sort un stylo. Et griffonne sur un coin de table un dessin resté jusqu'ici secret. En haut se trouvent un moine zen, en bas Henry Ford, à gauche François d'Assise et à droite... Hitler ! Steve Jobs, pour elle, se situait à la croisée de ces quatre personnalités. Avec sa part de lumière et d'ombre, mais avec une rage et une force qui ont galvanisé cet autodidacte jusqu'au dernier souffle. Jusqu'à en faire un des hommes qui a révolutionné notre quotidien.

Par GUILLAUME GRALLET

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MessageSujet: Re: APPLE, les 10 raisons d'un succès planétaire   Ven 7 Oct - 10:51




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Steve Jobs manque à l’Apple










Le fondateur de l’emblématique marque à la pomme est décédé, mercredi, des suites d’un cancer.




Steve Jobs n’était ni Léonard de Vinci ni Albert Einstein. Ni tout à fait inventeur ni vraiment magicien. C’était un «génie» de notre époque numérique.
Entrepreneur et marchand, redoutable marketeur et grand communicant. Un de ces geeks californiens, technoïde maniaque et méthodique doté d’une véritable vision de notre présent-futur consumériste. Il faisait partie de cette poignée d’hommes qui changent le monde à leur manière dans l’espace-temps trop court d’une vie.
Grand architecte de la «Nation Apple», il a révolutionné tour à tour le monde de l’informatique personnelle avec l’univers Mac, du cinéma d’animation avec le studio Pixar, sauvé des eaux pirates le business de la musique avec l’iPod, avant de «digitaliser» la manière de communiquer entre êtres humains connectés.



Emporté mercredi à 56 ans, à San Diego, par le vilain crabe qu’il combattait depuis sept ans - une forme rare de cancer du pancréas diagnostiquée en 2004 -, «Steve», comme ses 48 000 collaborateurs et ses millions d’admirateurs l’appelaient, avait démissionné de ses fonctions de PDG d’Apple le 24 août. «J’ai toujours dit que le jour où je ne pourrais plus remplir mes devoirs en tant que patron d’Apple, je serai le premier à le faire savoir. Malheureusement, ce jour est venu», avait-il écrit dans une lettre adressée au conseil d’administration de la firme et «à la communauté Apple».


Apple sans Jobs ? Personne ne voulait y croire, mais tous s’y préparaient. A commencer par lui : «Je crois que les jours les plus brillants et les plus innovants d’Apple sont devant nous», concluait-il dans ce court message en forme de testament.
Tout le monde avait compris : «sans moi»…



Steve Jobs avait apprivoisé la mort depuis longtemps, mais il était habité par le sentiment d’urgence de ceux qui ont une œuvre à accomplir.
En 2005, lorsque cet autodidacte avait été fait docteur honoris causa par l’université de Stanford, il avait donné sa leçon de vie à un auditoire fasciné :«La mort est un destin que nous partageons tous. Et c’est bien ainsi, car la mort est probablement ce que la vie a inventé de mieux. Elle nous débarrasse de l’ancien pour faire place au neuf.»


Persuadé de mourir dans les six mois, il conjure les étudiants d’être eux-mêmes et d’accomplir leurs rêves : «Votre temps est limité, ne le gâchez pas en menant une existence qui n’est pas la vôtre.»
Toute sa vie, Steven Paul Jobs aura suivi ce mantra… et n’en aura fait qu’à sa tête.





Révélation.


Né le 24 février 1955 à San Francisco, cet enfant de la contre-culture californienne a été adopté, sans être orphelin de ses origines. Ses parents biologiques, Joanne Carole Schieble (une jeune étudiante célibataire) et Abdulfattah Jandali (un étudiant syrien devenu prof de sciences politiques) l’ont confié en un coup de téléphone, à Paul et Clara Jobs, un couple de la middle class, qui ne pouvait pas avoir d’enfant : «Nous avons un petit garçon qui n’était pas prévu. Le voulez-vous ?»


Le père adoptif est machiniste et, pour des raisons professionnelles, déménage la famille de San Francisco à la Silicon Valley voisine dès le début des sixties. Un clin d’œil du destin.
Le jeune Steve va grandir à Mountain View (actuel siège de Google), puis dans le bled voisin de Los Altos. Il manifeste un intérêt précoce pour l’électronique à laquelle un voisin l’initie, dans un garage, forcément. L’école n’est pas son truc. Mais Steve le bidouilleur sait ce qu’il se veut. Encore collégien, il réussit à parler vingt minutes au téléphone à William Hewlett, le «H» de HP, qui lui un propose un job d’été dans la foulée.



Mais la rencontre déterminante sera celle d’un gamin de son âge, Steve Wozniak, au lycée de Cupertino (actuel siège d’Apple). Entré à l’université de Berkeley, «Woz» fait lire à Steve, qui s’ennuie au Reed College de Portland (Oregon), un article d’Esquire racontant comment le réseau national de télécoms a été piraté par un ancêtre des hackers surnommé «Captain Crunch». Une révélation.

Avec leurs économies de 6 000 dollars, les deux compères fabriquent une «box» qui permet de téléphoner gratuitement… en toute illégalité. Et veulent la vendre, déjà.




Calligraphie.


Jobs quitte la fac après un semestre d’études, en 1972. Mais il culpabilise de dilapider l’argent de ses parents. Et va jusqu’à ramasser des bouteilles de soda pour récupérer la consigne de 5 cents ! C’est en errant dans les rues de Portland, qu’il entre par hasard dans un temple Hare Krishna. Il est fasciné par l’esthétique ascétique et la calligraphie indienne - «un art ancré dans le passé, une subtile esthétique qui échappait à la science», racontera-t-il plus tard.


Cette seconde révélation mystique lui inspirera, dix ans plus tard, le design épuré et la typographie élégante du premier Macintosh. Sans cette découverte de la calligraphie, «le Mac ne posséderait pas une telle variété de polices de caractères», et par conséquent l’ordinateur personnel en général, «puisque Windows s’est borné à copier le Mac», dira-t-il.
De retour dans la Silicon Valley en 1974, il prend un boulot chez Atari, pionnier du jeu vidéo, où il est chargé du design de la carte électronique devant faire tourner le tout premier casse-briques, Breakout. Mais n’a pas vraiment le niveau informatique.

C’est Wozniak qui vole à son secours moyennant 375 dollars. Jobs garde pour lui la prime de 5 000 dollars, sans lui en parler. Les affaires sont les affaires. Mais Steve se cherche toujours.




Troisième révélation.



Il part en Inde pour un long voyage initiatique. Et tâte du LSD : «L’une des deux ou trois choses les plus importantes que j’ai faites dans ma vie.»Jobs moquera d’ailleurs plus tard le Wasp «coincé» Bill Gates sur le thème du «il serait plus ouvert s’il avait essayé l’acide».


Revenu en Californie, il retrouve «Woz», qui travaille chez HP comme ingénieur et se passionne pour l’informatique personnelle balbutiante. C’est l’autre Steve, Wozniak, qui met au point le prototype de l’Apple I.
Mais c’est Jobs qui a l’intuition qu’un jour proche, ce genre d’engin se vendra comme des petits pains. A 22 ans, Jobs a trouvé sa voie : en 1976, il crée Apple dans le garage de ses parents avec son copain et une mise initiale de… 1 300 dollars.

Avec déjà un souci maniaque de l’image : la pomme choisie pour logo est un hommage à Newton, qui a découvert la gravité après que le fruit lui soit tombé sur la tête. Les deux Steve sont aussi des fans des Beatles (qui leur feront un procès pour détournement de la marque Apple Records).

La pomme est «diététique», explique le végétarien Jobs. Elle est croquée… peut-être en hommage au physicien Alan Turing, qui s’est suicidé avec une pomme au cyanure.



Grand coup.


Avril 1977 : l’Apple II est présenté à San Francisco. Enorme sensation qui préfigure le futur de la micro-informatique.

Succès immédiat. Le chiffre d’affaires s’envole de 2 millions de dollars en 1977 à 600 millions en 1981. L’année où IBM se décide à lancer son premier PC, Apple est déjà en Bourse. La marque à la pomme est devenue une world company, annonçant la vague des start-up vingt ans plus tard.

Devenu le leader des ordinateurs personnels, l’entreprise de Cupertino frappe un grand coup en lançant le Mac en 1984. Première révolution avec un système d’exploitation (OS) intuitif, un lecteur de disquette, la souris intégrée, un design minimaliste et un logiciel de traitement de texte grand public. Le tout pour un prix conséquent mais pas inaccessible. La pub, signée Ridley Scott, assimile IBM au Big Brother d’Orwell (gonflé quand on sait ce qu’Apple est devenu).


Carton mondial… disséqué par Bill Gates pour développer Windows. Pour débaucher John Sculley de Pepsi et en faire son second chez Apple, Jobs dit : «Est-ce que vous voulez passer le reste de votre vie à vendre de l’eau sucrée ou voulez-vous avoir une chance de changer le monde ?»



Le même Sculley qui, en 1985, évincera Jobs d’Apple pour divergence de vision stratégique ! Les actionnaires ne croyaient pas Steve Jobs capable de diriger une société de cette taille en jean et tee-shirt.


Pomme+Q, la fenêtre se referme. «Je venais d’avoir 30 ans. […] J’étais en miettes», racontera-t-il aux étudiants de Stanford.

Sonné mais pas pour longtemps, il crée NeXT Computer, rachète les studios d’animation Pixar à George Lucas l’année suivante. Ce sera Toy Story, quatre ans de travail acharné. L’informatique au service du cinéma, deuxième révolution dans les salles du monde entier.

Steve Jobs devient milliardaire grâce à Pixar (rachetée en 2006 par Disney). En parallèle, il jette les bases de la renaissance de la marque à la pomme, sans le savoir.
Apple, qui a perdu son bon karma, rachète NeXt à Jobs et en fait son «conseiller». C’est le retour de l’enfant prodige, bientôt le messie. Apple est une entreprise moribonde, croulant sous les coups de boutoir de Microsoft.



Acidulé.



Ascétique en polo noir, il invoque la couleur pour réinventer le Macintosh en perdition avec le designer britannique Jonathan Ive. 1998, cest la sortie de l’iMac, un bonbon translucide et acidulé incroyablement plus sexy que les PC gris muraille. C’est surtout une machine intuitive et accessible (1 300 dollars), qui créé un sentiment d’appartenance à un peuple d’élus de l’informatique. Troisième révolution.


Qui donne naissance à toute une famille de produits : l’iBook portable en 1999 et, surtout, l’iPod en 2001.

Obsédé de l’organisation, Jobs a réorganisé la chaîne d’innovation-production-distribution comme une armée. «Il» est au centre et donne son feu vert au moindre détail. Ses entretiens d’embauche sont dignes d’un interrogatoire de la CIA, cortex en plus. Ses apparitions à chaque lancement de produit sont suivies comme un prêche.


Apple, une religion. Tyrannique, colérique, ce despote éclairé ne se fait pas que des amis : «Steve est la preuve vivante que ce n’est pas un problème de se comporter comme un connard, il tourne sous un autre OS», dira de lui Guy Kawasaki, ex-responsable marketing d’Apple.
Mais il a un charisme messianique qui entraîne tout sur son passage. Jobs a la vision du nouveau monde connecté, partout, tout le temps, via tous les terminaux. Un monde Apple, bien sûr. Car l’ex-baba est tout sauf un libertaire du Net.



Après l’iMac, premier produit très rentable d’Apple, Steve Jobs passe à la vitesse supérieure. Lancé en 2001, l’iPod est plus qu’une réinvention du Walkman : c’est la porte d’entrée dans un monde 100% marchand. Une répétition générale pour l’opération iPhone, préparée dans le plus grand secret.

La suite tout le monde la connaît. «Une fois de temps en temps, un produit révolutionnaire bouleverse tout», prophétisera Jobs lors du lancement de l’iPhone en 2007.

Bis repetita avec l’iPad. Il s’absente pour se soigner, mais reste connecté en permanence avec ses équipes. Il subit une greffe du foie en 2009 mais revient à la barre. Et reste omniprésent jusqu’au bout de ses forces, plus maigre à chaque apparition, jusqu’à en devenir transparent.


Mercredi, la rumeur de sa mort maintes fois annoncée n’était donc plus «prématurée», comme Jobs s’en était amusé lui-même.

Et, malgré cette disparition, Apple tutoyait toujours hier à Wall Street la première capitalisation mondiale Exxon Mobil.


Mais «être l’homme le plus riche du cimetière» n’intéressait pas ce businessman bouddhiste qui pensait qu’un individu peut changer le monde.«Ne vous laissez pas piéger par le dogme. Restez affamés, restez fous», conseillait-il encore à Stanford.


Jusqu’à la fin, Steve Jobs se sera appliqué à lui-même cette ligne de vie existentialiste.


Libération du 7 Octobre 2011 .



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