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 NINA SIMONE LE BIOPIC

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Nine
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MessageSujet: NINA SIMONE LE BIOPIC   Lun 17 Mai - 1:10

Nina Simone sera incarnée par Mary J Blige


Ne me quitte pas J.Brel

A l’heure où les biopic
(biographies cinématographiques)
se multiplient ( Coco Chanel , Serge Gainsbourg ),
c’est au tour de la regrettée Nina Simone de faire l’objet d’un film.
Mary J Blige a été choisie pour l’incarner à l’écran.

Alors que Mary J Blige occupe la scène médiatique musicale
depuis décembre dernier avec son dernier opus Stronger With Each Tear ,
dont sont extraits les titres The One, I Am et We Got Hood Love ,
elle ouvrira bientôt un nouveau front sur la scène cinématographique.

En effet, la diva Soul/ R’n’B a été choisie pour incarner
une autre illustre chanteuse, Nina Simone ,
dans son biopic réalisé par Cynthia Mort
(qui avait co-écrit A Vif avec Jodie Foster ).

Le film sera orienté sur les relations de la Grande Prêtresse de la Soul
avec son assistant Clifton Henderson
(qui sera joué par David Oyelowo , révélé dans Le dernier roi d'Ecosse )
et reviendra sur la personnalité de Nina Simone, très difficile,
étant donné que cette dernière souffrait de schizophrénie.

Le tournage débutera en septembre prochain.

Mary J. Blige vient d'être officiellement choisie pour interpréter la voix du jazz,
Nina Simone !




Ce tournage aura lieu en grande partie
dans le sud de la France,
là où la chanteuse a résidé durant les dernières années de sa vie.
Un véritable challenge pour la très reconnue et appréciée Mary J.Blige,
qui fera au travers de ce rôle, ses véritables premiers pas au cinéma.

Le long métrage racontera l'amour de Nina Simone
pour la France ainsi que ses passions amoureuses.


Le film sera normalement dans les salles US en 2012 !
budget de 10 millions US$.

Sérieusement, au nombre de fans qu’à Nina Simone,
Mary J. Blige a de la pression !

Mary J. Blige participera à l'édition 2010 de la tournée Lilith Fair.
Celle-ci doit s'arrêter au Centre Bell, à Montréal, le 23 juillet.


Dernière édition par Nine le Lun 17 Mai - 2:12, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: NINA SIMONE LE BIOPIC   Lun 17 Mai - 1:28

MY BABY JUST CARE FOR ME
nina simone



Une super bande son suivra ce long métrage, à ne pas en douter !

Nina Simone

Sixième d'une famille de huit enfants,
Eunice Kathleen Wayman joue dès son plus jeune âge du piano
et chante dans la chorale de la paroisse avec ses soeurs.

Grâce au 'Fonds Eunice Wayman' créé par son professeur,
l'enfant prodige poursuit des études musicales et prépare
un grand concours de musique.
Refusée pour la couleur de sa peau,
elle persiste et étudie la musique à New York.

Malgré sa détermination à jouer du classique,
elle débute sa carrière dans des clubs de blues et de jazz.
Elle enregistre son premier album 'Little Girl Blue' en 1957.
Sa période la plus productive reste celle des années 1960
où elle enregistre neuf albums tandis qu'elle milite
pour les droits civiques avec Martin Luther King et Malcom X.

Après avoir sorti encore de nombreux albums dans les années 1970,
elle s'exile au Libéria.
Elle revient en 1987 avec 'Ne me quitte pas' de Brel.
Elle rédige ensuite sa biographie en 1991 et signe son dernier album
'A Single Woman' en 1993.
Considérée comme l'une des plus grandes chanteuses de jazz,
elle meurt en 2003.
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Nine
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MessageSujet: Re: NINA SIMONE LE BIOPIC   Lun 17 Mai - 1:55

LE BLUES DE NINA
Free at last ... Libre enfin



la musique de Nina Simone est une danse de l’affranchissement.
Le tempo gonflé de tous les possibles, le jeu pétri de swing évanescent,
le flow fluide ou tourmenté, elle bat comme bat le cœur.
C’est qu’elle porte dans ses tripes la mémoire de la beauté de la vie ;
le bonheur d’être en fin de compte au-delà des blessures de l’existence.
La vie est malgré tout un rêve.

Le blues du Mississipi et ses arbres aux fruits étranges.
Let my people go.
Des milliers de voix qui s’élèvent en un chant,
tantôt plaintif, tantôt dramatique :
Let my people go. Laissez aller mon peuple.
Et la voix de Nina Simone, le gospel en écho des années de mémoire :

I HAVE A DREAM

"J’avais un rêve.
Je voulais devenir la première femme noire concertiste de musique classique.
La volonté est-elle libre ? Sommes-nous libres de vouloir ?
Tel un pouvoir despotique, tyrannique, tout puissant,
le contexte de l’époque a anéanti mon rêve :
je me suis présentée au concours de l’Institut Curtis de Philadelphie
et j’ai été refusée. J’étais noire et invisible.
Citoyenne de seconde zone. Va manger à la cuisine".



Qu’est-ce la liberté ?

Notre histoire serait-elle en définitive gravée d’avance dans le marbre du destin,
bien avant son accomplissement ?
La liberté d’être est-elle impossible ?
L’existence promise au malheur, à la douleur, à l’amertume ?
Garder la souffrance au fond des soi jusqu’à en mourir ?
Non ! J’ai dit non !
Mon histoire ne finira pas en lambeaux devant ce mur de la ségrégation.
Ils ne me déposséderont pas ma volonté de vivre.
Non, le pouvoir de dire non !
J’ai choisi de dire non !
De transcender ma mutilation par la grâce de la musique."

Nina Simone : « Qu’est-ce la liberté ?

La liberté est une sensation.
Elle a quelque chose à voir avec la victoire sur
ce sentiment de crainte du terme final !


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MessageSujet: Re: NINA SIMONE LE BIOPIC   Lun 17 Mai - 2:14

I put a spell on you

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MessageSujet: Re: NINA SIMONE LE BIOPIC   Mar 30 Aoû - 8:47

Nina Simone, un mythe ravivé


On l'avait un peu oubliée. Mais Nina Simone, disparue en 2003, bénéficie d'une nouvelle aura auprès des jeunes musiciens. Retour sur la vie mouvementée de la diva soul alors que le Printemps de Bourges lui rend hommage.

Nina Simone a eu plusieurs vies. Jeune fille sage à vocation de pianiste classique, pasionaria du mouvement des droits civiques, grande prêtresse de la soul, diva bipolaire usée par les excès... Mais son héritage reste unique et universel parce qu'elle a su, dans chacune de ses incarnations, transcender les styles et les genres.

L'enfance et la ségrégation

Eunice Waymon a 10 ans. Elle est jeune, douée et noire. Young, gifted and black. Loin de se douter que ces trois mots seront le titre d'une chanson phare du mouvement pour les droits civiques à la fin des années 1960, l'hymne de la nation noire américaine. On est en 1943, et elle n'est pas encore Nina Simone. Juste une gamine qui a mis sa plus belle robe blanche pour donner un récital de piano à l'hôtel de ville de Tryon. Dans cette bourgade de Caroline du Nord où elle est née, à la frontière virtuelle du Nord industriel et du Sud rural, jadis esclavagiste, Eunice a connu la ségrégation polie d'un lieu de villégiature, sans tensions.

Deux dames blanches ont noté son talent précoce — à 3 ans, elle reproduisait sur l'harmonium familial des cantiques entendus à l'église. Mrs Miller, chez qui la mère d'Eunice faisait le ménage, et Mrs Massinovitch, la prof de piano qui l'a prise sous son aile, couvent du regard leur protégée ce jour-là. Grâce aux fonds récoltés par leurs soins, la jeune prodige est sur la voie d'accomplir son rêve un peu fou : devenir concertiste classique. Au premier rang de la salle, les parents Waymon ont la fierté modeste. Mary Kate est pasteur méthodiste, le pilier de la paroisse où Eunice passe des heures à faire ses gammes en accompagnant les offices ; John Divine a, lui, tâté dans son jeune temps de « la musique du diable » et gagné depuis sa vie en étant barbier, blanchisseur ou camionneur. La petite vedette du jour est la prunelle de ses yeux, sixième enfant d'une fratrie de huit.


Camille : « C'était une ensorceleuse »

« Nina Simone faisait partie de la culture familiale, et je l'ai tout de suite beaucoup aimée. Quand j'étais petite, sa voix m'impressionnait. Une voix d'ensorceleuse, de prêtresse, étrange, androgyne. Comme Michael Jackson ou Sting peuvent avoir des voix quasi féminines, Nina Simone a une voix d'homme ou presque. Elle n'a pas été un modèle vocal, mais elle m'a toujours fascinée. En revanche, je me suis plus identifiée à la culture africaine que l'on perçoit chez elle - elle parle de « black classical music » . Son chant recèle une sorte de pouvoir magique, incantatoire, proche de la transe. Au fond, cette femme a peu composé ; la force de son travail, c'est vraiment son interprétation. Et en dépit de son courage politique, elle n'a jamais vociféré : elle a su transcender ses colères et créer une distance entre son oeuvre et ses combats. Tout cela a conféré quelque chose de spirituel à sa façon de chanter. Une dignité magnifique . » Propos recueillis par Valérie Lehoux

Eunice Waymon s'apprête à jouer un extrait de L'Art de la fugue, de Bach. Elle voit qu'un couple de Blancs demande à ses parents de céder leur place. Elle se lève de son tabouret, annonce gravement qu'elle ne jouera pas dans ces conditions. Quelques rires fusent, les Waymon embarrassés se rasseoient, leur fille aussi. Mais de ce jour, écrira plus tard Nina Simone dans son autobiographie, « le racisme est devenu pour moi réalité, comme si on avait allumé la lumière ». Eunice a jusqu'ici tout sacrifié à son apprentissage. Mais c'était dans l'illusion pure que sa passion pour le piano la porterait vers un destin jamais offert à une fille noire. Désormais, tout sera difficile, à commencer par la conscience que sa couleur est un handicap.

La voix de la revanche

Nina Simone a 26 ans. Sur la scène du Town Hall de New York, ce soir de septembre 1959, elle porte une longue robe blanche. Une traîne coule de son épaule dénudée, le bas lui lèche les pieds chaussés de satin blanc. Ce cygne à peau noire et maintien d'altesse tient sa revanche sur un destin contraire. Huit ans plus tôt, on lui a refusé l'entrée au prestigieux Curtis Institute de Philadelphie. Terminus de sa vocation de concertiste. Préjudice de la race et du sexe ? L'apprentie pianiste aux ailes coupées n'en démordra jamais. Le choc encaissé, elle a monnayé son talent en donnant des leçons de piano, puis s'est enhardie à jouer dans les bars d'Atlantic City, la ville-casino du New Jersey.



Au Midtown Bar & Grill, un boyau minable avec au bout une estrade où tenait juste un piano, Nina Simone — un nom d'emprunt, car si sa mère savait... — a débuté devant une poignée de pochetrons irlandais, bientôt relayés par un public étudiant et bohème, curieux du phénomène : une fille amidonnée brodant des variations classiques sur les standards du moment, qu'elle assimilait avec une aisance un peu hautaine. À la demande du patron, « Nina » s'est mise à chanter. D'une voix pleine et grave, non sans retenue. Pouvant souffler le chaud comme le froid. Hanté par les mânes du gospel, ce chant est tout aussi insolite que son jeu de pianiste, nourri de milliers d'heures à bûcher les maîtres anciens. Chanteuse d'occasion, elle a découvert qu'elle pouvait tout s'approprier : hits pop, airs jazz, scies folk... Repérée par un agent new-yorkais, Nina Simone s'est vu offrir d'enregistrer un premier album. Elle n'a accepté qu'à la condition — culottée — de choisir son répertoire. Exigence d'un côté, naïveté de l'autre, qui lui firent signer un contrat douteux.

Au Town Hall, la dame en blanc délaisse déjà les morceaux de ce disque sorti l'année d'avant. Plutôt qu'I love you, Porgy, son premier succès, elle fait Summertime et deux chansons empruntées à Billie Holiday. Dans sa bouche, la ballade écossaise Black is the color of my true love's hair prend une saveur amère. Nina Simone sait que sur cette même scène, outre Rachmaninov ou Lily Pons, s'est produite Marian Anderson, contralto géniale dont l'opéra des Blancs n'a pas voulu. Alors elle goûte en secret son triomphe. La presse est à genoux, les critiques flattent, les people s'empressent. Le hic, avec cette nouvelle perle rare, c'est qu'on ne sait pas où la caser. Faute de mieux, on la dit jazz. Elle a déjà son idée sur la question : son truc, c'est de la « black classical music ». Mais ce genre-là n'est pas répertorié et il est trop tôt pour en faire un manifeste.


La pasionaria de la cause afro-américaine

Nina Simone est « the high priestess of soul ». Une grande prêtresse n'a pas d'âge, les humiliations de son sexe et les infamies de sa couleur sont des cicatrices qu'elle assume avec une morgue souveraine. Ce soir de 1969, elle passe à Top of the pops, l'émission jeune de la télé anglaise. Apprenant qu'elle porte une robe noire, le régisseur panique : le décor est noir aussi. Peut-on décemment demander à la reine de se changer ? Les preuves de son caractère ont fait le tour du monde. Ses crises d'autorité comme ses phases dépressives ne sont plus un mystère. À 36 ans, Nina Simone a déjà eu plusieurs vies. Au début des années 1960, elle a épousé un ancien flic, Andy Stroud, et fait de lui son manager. Elle lui a confié l'organisation de tournées sans répit, l'enregistrement d'albums sans vraie direction artistique, souvent captés live parce que sa musique y vibre mieux. À partir de 1963, elle s'est dévouée à la cause des droits civiques, sous l'influence d'une militante éclairée, Lorraine Hansberry. Sa passion dévorante s'est trouvé un but et son tempérament l'a poussée à prendre les partis les plus radicaux : Etat noir séparé, lutte armée. « Si on m'avait laissé faire, j'aurais été une tueuse », dira-t-elle.


Yael Naim « On a besoin d'artistes comme elle »

« À ma connaissance, sa musique diffère de tout ce qui existe : Nina Simone a amené la richesse de sa formation classique dans la chanson, le blues, le jazz... Sa manière de jouer du piano rappelle l'écriture de Bach ou les fioritures de Chopin, des harmonies et des techniques très raffinées. À l'inverse de son chant, très brut. Le mélange des deux n'appartient qu'à elle. Il dégage une émotion folle. Je l'ai découverte assez tard, vers mes 20 ans, en regardant un documentaire à la télé française. Je n'en revenais pas d'être passée à côté. Plus jeune, je rêvais de composer pour des orchestres, et j'ai encore la frustration de ne pas être allée plus loin. C'est aussi sans doute pour cela que je suis si sensible à sa musique. Ces temps-ci, Nina Simone est souvent citée en référence, mais c'est peut-être davantage lié à sa personnalité. Dans une période où la musique est si souvent commerciale et où les chanteurs sont politiquement corrects, on a besoin d'artistes comme elle : libres, pas lisses. » Propos recueillis par V. L.


Nina Simone alors n'était plus seulement l'interprète fascinante de Mississippi Goddam, de Four Women, de Strange Fruit, ces chansons qui lui brûlaient les lèvres avant d'enflammer — ou de tétaniser — l'auditoire. Elle était l'amie des écrivains noirs en pointe, James Baldwin et Langston Hughes, l'alliée de Malcolm X et Stokely Carmichael contre la non-violence ou, plus comiquement, l'hôtesse en nuisette qui fit boire du gin toute la nuit à Louis Farrakhan, sans que le fondateur de la Nation de l'Islam interrompe sa rhétorique pour la suivre à l'étage.



Nina Simone, Mississippi Goddam

Plus dure fut la désillusion quand le mouvement dont elle était devenue l'égérie céda pied à pied, vaincu par la répression des autorités américaines, éclipsé par la guerre au Vietnam. Délivrée malgré elle d'un combat qu'elle ne maîtrisait pas plus que le reste, Nina Simone avait toujours la musique, les festivals de jazz en Europe ou les émissions pop anglaises. Elle chantait aussi, comme les copains, du Dylan et du Beatles, du Brel et du Leonard Cohen, transformait un air de la comédie musicale Hair en hymne pétulant, Ain't got no (I got life), son tube de 1968. Ce soir-là, sur le plateau de Top of the pops, elle doit faire To love somebody, une reprise des Bee Gees. Aimer quelqu'un, être aimée, ça travaille aussi Nina, dont le couple part en vrille. Mais au fait, cette robe noire sur peau noire et fond noir ? Le régisseur a fait installer à la place un décor blanc, et on a évité le clash.


Les dernières danses

Nina Simone, ex-Stroud, a passé la quarantaine. En septembre 1974, elle s'est envolée pour le Liberia avec la Sud-Africaine Miriam Makeba. Elle se plaît à Monrovia, veut rester là, au bord de l'océan jadis traversé par des descendants d'esclaves pour y refonder un Etat libre... et y devenir à leur tour colons. À La Barbade, première étape de sa fuite après trop de déconvenues américaines, la chanteuse a été la maîtresse du Premier ministre, Errol Barrow. Partout accueillie comme une princesse, elle oublie la musique et passe du temps avec sa fille, Lisa. À Monrovia, elle dîne, danse, boit, se laisse aller. Une nuit, ça tourne au strip-tease, les gens autour crient, tapent des mains. « J'ai dansé nue pendant au moins deux heures, jamais je ne m'étais autant amusée », lit-on dans ses Mémoires. Elle va bientôt tomber dans les bras de C.C. Dennis, un ponte local, et ça ne va pas durer. Mais dans ce club, à cet instant-là, elle est libre. Loin de tout. Sa vie de Nina Simone va la reprendre. Elle se posera en Suisse. Puis à Paris, jouant presque anonyme dans de petits clubs. Elle fera une tentative de suicide à Londres. Habitera aux Pays-Bas. Elle érigera autour d'elle un mur de médicaments, un autre d'employés plus ou moins dévoués. Elle élira domicile dans le sud de la France, près d'Aix-en-Provence. Finira sa vie à Carry-le-Rouet, solitaire.


Les presque trente ans passés entre cette nuit de Monrovia où elle danse libre et nue et sa mort, en 2003, n'ont pas été un désert musical. Nina Simone a continué de se produire sur scène. Elle n'a cessé d'entretenir sa légende pour le meilleur et le pire, sublime ici, pathétique là, semblant de moins en moins faire la différence, cumulant caprices et menaces, trop souvent réduite à l'ombre d'elle-même. Elle a connu une résurrection inattendue en 1987, quand My baby just cares for me, standard gravé fissa pour boucler son premier album trente ans plus tôt, s'est vu propulser en haut des charts par une pub de parfum. Elle a encore enregistré des albums, à Bruxelles, Paris, Hollywood. Son chant d'adieu s'appelle A single woman : « Toujours seule à la maison comme dans la foule, captive d'un monde que peu de gens comprennent. » De cette vie sans pareille, pleine « de honte, de peur, de souffrance, de regrets » (dira son ami photographe Gerrit De Bruin), demeurent les traces musicales, faisant éclater les normes et les genres. Écouter Nina Simone aujourd'hui, c'est renouveler chaque fois l'expérience unique d'une femme possédant la musique, et possédée par elle.

Une discographie frustrante

Difficile de s'y retrouver dans la discographie pléthorique de Nina Simone. Sa période la plus productive (1959-1974) se répartit sur trois labels (Colpix, Philips et RCA). Avec une fâcheuse tendance à sortir les chansons par paquet de douze, en mélangeant studio et live, créations et resucées. Certains albums affichaient des thèmes (Folksy Nina, Sings the blues...) pas toujours cohérents avec leur contenu, le meilleur exemple étant Pastel Blues, dont au moins les deux derniers morceaux (Strange Fruit et Sinnerman) démentent la tiédeur du titre. D'autres étaient déjà des compilations. Celles-ci ont proliféré à l'ère du CD, on ne les compte plus. Quand a paru en 2008 le coffret To be free : The Nina Simone Story (3 CD + 1 DVD Sony) , on a cru tenir l'introduction idéale à la diva. Certes, il est bien conçu et copieusement garni. Il y manque pourtant des pièces essentielles : Sinnerman et Strange Fruit, mais aussi quelques délicieux standards première période (He was too good to me, Memphis in june), un ou deux extraits de l'intimiste Nina Simone and piano !, ou les deux brûlots qui embrasent Fodder on my wings (1982), son dernier grand disque : Thandewye et There is no returning. Faudra-t-il passer par une intégrale pour enfin coffrer comme il faut la Simone ?
François Gorin

http://www.telerama.fr/musique/nina-simone-un-mythe-ravive,125730.php
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