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 DES HOMMES ET DES DIEUX

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Bridget

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MessageSujet: Re: DES HOMMES ET DES DIEUX   Jeu 23 Déc - 19:24


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Y a-t-il une vie après Des hommes et des dieux ?




Plus de 3 millions de spectateurs l'ont vu en France, 50 pays étrangers l'ont acheté. Crédits photo : Marie-JulieMaille/WhyNotProductions



ENQUÊTE - Le film de Xavier Beauvois n'a pas seulement bouleversé plus de trois millions de spectateurs. Il a aussi transformé ses acteurs.



L'Esprit souffle où il veut. Et pourquoi pas à travers un film ?

Sorti depuis trois mois, Des hommes et des dieux, de Xavier Beauvois, qui relate les derniers moments des moines de ­Tibéhirine, poursuit sa course à travers le monde. Plus de 3 millions de spectateurs l'ont vu en France, 50 pays étrangers l'ont acheté.


Le film vient de recevoir une première récompense américaine, le prix de la critique new-yorkaise.



«C'est plus profond que le simple succès. Xavier Beauvois a fait de nous des témoins et des passeurs», dit l'un des acteurs. Toute l'équipe du film a le sentiment d'avoir vécu une aventure qui marque la vie, et qui se prolonge dans les rencontres avec le public, diffusant un esprit de fraternité et de paix dont le cinéma n'est pas coutumier.


«Si le tournage était exceptionnel par son intensité et son harmonie, les contacts avec le public ne le sont pas moins», dit Lambert Wilson.
Comme il est le plus célèbre des acteurs du film, il est le plus habitué aux hommages populaires.

«Mais là, il y a une tonalité nouvelle pour moi. Ce ne sont pas des compliments, mais des remerciements.
Après des semaines, la ferveur et l'émotion restent intactes : c'est comme une action de grâce. Je n'ai jamais connu un effet pareil.
L'autre nouveauté, pour moi, tient à l'aspect multigénérationnel : les ados ou les personnes âgées s'y retrouvent, en parlent avec le même élan de sincérité.»



Tout en poursuivant ses activités, la tournée de La Fausse Suivante, qu'il a mise en scène, le tournage au Mexique du ­Marsupilami d'Alain Chabat, d'une tout autre fantaisie, l'acteur a fait une petite synthèse : «Il y a une curiosité pour l'événement : on est frappé par le destin de ces hommes.

À un niveau plus profond, il y a la dimension de spiritualité, de pureté, d'altruisme. Mais je crois aussi que le film touche beaucoup par son rapport au temps, si éloigné de la frénésie moderne. On voit des hommes dans un temps juste, un temps très humain.»



Michael Lonsdale, inoubliable frère médecin, fait la même observation : «Ce qui nous change, c'est de sortir de la précipitation générale. Tout à coup, on a un lieu de repos, de prière, d'entente avec une autre civilisation. C'est une espèce d'oasis dans le monde du cinéma. Espérons que cela incitera les producteurs à en créer d'autres…»



Farid Larbi, qui joue le chef du GIA, file la métaphore : «Ce film nous rafraîchit, dit-il. Le mot pourrait paraître étrange pour évoquer ce qui fut tout de même une tragédie sanglante.»
Mais Farid Larbi poursuit : «Il y a des films qui font rêver, d'autres qui vous réveillent. Celui-ci réveille en douceur. Ce n'est pas violent, pas choquant. Même dans l'affrontement, on peut se comprendre et s'estimer.
Mon face-à-face avec Lambert Wilson la nuit de Noël reste pour moi une scène clé. Ces deux hommes qui se défient ont quelque chose en commun, la foi, le respect de l'autre.»


Le film fait entrer dans une durée intérieure propice aux relations vraies avec soi-même et avec les autres. «Je crois que c'est un film nécessaire, à notre époque de violence et d'absurde, dit Philippe Laudenbach, qui joue le frère Célestin.
Tous les comédiens sont sensibles au silence inhabituel qui s'instaure à la fin des projections, que ce soit dans une salle de lycéens ou au ministère de la Culture. Michael Lonsdale trouve ce moment si précieux qu'il préfère intervenir avant la séance, et se taire ensuite avec les spectateurs.



Xavier Maly, interprète du frère Michel, continue à cultiver ce silence : «Le film m'a appris à descendre en moi-même, vers le repos et la concentration.
Depuis, tous les jours, je fais un temps mort, comme les enfants. Je n'ai pas changé brusquement, j'ai réalisé l'importance du retrait, de la méditation, alors que l'existence nous brusque sans cesse. Ça reste une énergie de fond pour ne pas être seulement dans le faire.»


Pour lui comme pour Farid Larbi, Des hommes et des dieux a été une chance professionnelle, consolidant leur carrière, mais surtout une expérience humaine rare.
Xavier Maly a connu le succès à 25 ans avec Trois Hommes et un couffin, Farid Larbi a été remarqué dans Un prophète, mais, avec Xavier Beauvois, ils ont trouvé une adéquation heureuse entre leur métier et leurs convictions personnelles.
Tous les deux ont des liens forts avec l'Algérie, Larbi par ses origines, Maly par ses amitiés, et pour eux, Des hommes et des dieux fait bouger les lignes en dépassant les complications, les peurs, les crispations politiques.
«Beauvois a évité beaucoup de détails, pour atteindre des choses très simples, universelles par leur simplicité même», dit Farid Larbi.



Homme de théâtre, compagnon de Laurent Terzieff depuis les années 1960, Philippe Laudenbach a le même sentiment d'une cohésion absolue entre le cinéma et la vie.
«Nous n'avons pas travaillé, nous avons vécu, dit-il .
L'intégrité artistique de Xavier Beauvois a obtenu ce premier miracle de nous rendre crédibles. Pendant deux mois, nous avons formé une communauté avec le souci constant d'être et non pas de jouer, en restant le plus proche possible des moines de Tibéhirine. Nous n'étions ni dans la fiction ni dans le documentaire.

Mais dans une relation qui fait progresser, humainement. Cela ne m'a pas changé, c'est plutôt comme une piqûre de rappel à l'essentiel très douce.»



Si l'aventure reste pour eux étonnamment vivante, c'est aussi à cause des liens qui se sont tissés avec les cisterciens. «J'ai aimé rencontrer les moines, dit Lambert Wilson. Il s m'ont clarifié, parce que ce sont des hommes centrés.
Depuis, nous correspondons par mails, et cela compte beaucoup pour moi.» Michael Lonsdale, lui, s'est fait un ami de frère Luc : «Il reste pour moi un exemple. Un modèle de vie, de don de soi.»


Joint sur son téléphone portable, Loïc ­Pichon, qui interprète le frère Jean-Pierre, se trouvait récemment au monastère ­Notre-Dame de l'Atlas, au Maroc : il était venu rendre visite au véritable frère Jean-Pierre, dernier survivant des moines de ­Tibéhirine, après le Festival de Marrakech.
«Nous avions correspondu, et je souhaitais beaucoup le rencontrer, dit le comédien. Nous avons parlé de cet engagement au service de la population qui est ce qui m'a le plus marqué. Au Maroc, ils poursuivent ce rapport amical avec les gens, ce service plein d'humanité.»

Loïc Pichon n'avait jamais séjourné dans un monastère avant le film. De retour en France, il partira en tournée avec La Peste, de Camus. Ce n'est pas sans résonances. «Cet humanisme me travaille…», constate-t-il. De Son côté, Jacques Herlin, interprète de frère Amédée, a retrouvé la scène et joue actuellement Des souris et des hommes au Petit théâtre Saint Martin, à Paris.


«Ce qui est réjouissant, c'est que ça nous dépasse , dit Caroline Champetier. Le sujet nous a dépassés pour nous imposer une cohésion et une harmonie rares, le succès nous dépasse aussi.»
Directrice de la photo, et seule femme de l'équipe, c'est elle qui signe cette image limpide, faite d'attention pure. «Il arrive qu'un film nous porte à un autre niveau de connaissance et de pratique. Des hommes et des dieux est de ceux-là.»



Ce qu'il change profondément dans les cœurs est le secret de chacun. Mais pour Michael Lonsdale, «ce film est un trésor, parce qu'il n'y a pas de générosité vaine. Chaque fois qu'on donne vraiment, un compte est ouvert dans le Ciel.»

À lire : «Tibhirine. Une espérance à perte de vie» , de Jean-Luc Barré, Éd. Fayard, 12 €. À voir : «Le Testament de Tibéhirine», documentaire d'Emmanuel Audrain qui a inspiré Des hommes et des dieux assorti de réflexions et de témoignages (DVD Éd. Montparnasse, 18 €).


Marie-Noëlle Tranchant / Le Figaro


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Dernière édition par Bridget le Jeu 24 Fév - 21:33, édité 1 fois
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liliane
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MessageSujet: Re: DES HOMMES ET DES DIEUX   Ven 7 Jan - 19:33

"Des hommes et des dieux" en piste pour le Bafta 2011 du meilleur film en langue étrangère
Le drame français Des Hommes Et Des Dieux de Xavier Beauvois participera à la course au Bafta 2011 du meilleur film en langue étrangère, revenu l'an dernier à Un Prophète de Jacques Audiard, annonce l'organisation des British Academy Film Awards vendredi 7 janvier.


Grand Prix du dernier Festival de Cannes, Des Hommes Et Des Dieux affrontera Biutiful du Mexicain Alejandro González Iñárritu, Amore du réalisateur italien Luca Guadagnino, Dans Ses Yeux de Juan José Campanella, thriller argentin déjà sacré d'un Oscar en mars dernier, et le polar suédois Millénium : Les Hommes Qui N'Aimaient Pas Les Femmes.

L'Académie du film britannique a également dévoilé sa "longlist", résultat d'un premier tour de votes de ses membres. Quinze films ont été présélectionnés dans 17 catégories, avant de réduire la liste à cinq candidats. Ces nominations définitives seront annoncées le 18 janvier prochain.

Black Swan domine le jeu avec un total de 18 présélections. Le drame psychologique torturé de Darren Aronofsky devance Le Discours D'Un Roi gratifié de 15 citations. Inception signé Christopher Nolan et We Want Sex Equality de Nigel Cole recueillent 14 pré-nominations. The Social Networksuit avec 13 citations et devance True Grit, Alice Au Pays Des Merveilles, Shutter Island ou encore The Fighter représentés douze fois. Millénium : Les Hommes Qui N'Aimaient Pas Les Femmesconfirme sa belle santé auprès des professionnels anglais avec 11 présélections.

De nombreux acteurs sont par ailleurs parvenu à s'immiscer deux fois dans les nominations. Leonardo DiCaprio est ainsi retenu pourInception et Shutter Island. Andrew Garfield apparaît doublement grâce à Never Let Me Go et The Social Network dans la catégorie meilleur second rôle masculin. Chez les femmes, Gemma Arterton et Helena Bonham Carter figurent aussi deux fois dans les listes établies par la British Academy of Film.

L'Hexagone se distingue avec le présélection de Des Hommes Et Des Dieux pour le Bafta 2011 du meilleur scénario original. Marion Cotillard brigue le trophée de la meilleure actrice dans un second rôle avec sa prestation dans Inception. Enfin, L'Illusionniste de Sylvain Chomet est classé en vue des nominations définitives pour le trophée du meilleur film d'animation.

Les Bafta 2011 seront décernés le 13 février prochain.

Site : www.bafta.org/awards
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MessageSujet: Re: DES HOMMES ET DES DIEUX   Mar 11 Jan - 12:36

DOCUMENTAIRE



Les sept moines
de Emmanuel Audrain


Editions Montparnasse 2010 / 17,99 €
Durée film 53 mn.
Classification : Tous publics
Sortie Cinéma, Pays : France, 2006
Sortie DVD : 7 Décembre 2010

Version : 1 DVD-5, zone 2
Format vidéo : PAL, Format 1.33
Format image : Couleurs, 4/3
Format audio : Français stéréo
Sous-titres : Aucun

Bonus :

- «Le testament», par Bruno Frappat, journaliste
- «L’Islam, le pardon», par Pierre Laffite, «frère des Frères» vivant à Alger
- «Chrétiens, musulmans, quelle réciprocité ?», par Jacques Julliard, journaliste
- «Le risque et l’engagement», par Henri Tessier, Évêque d’Alger
- «Un jeune «beuyr» à Tibhirine», par Rachid et Annick Bouzit
- «La démarche spirituelle de non-violence», par Jean-Marie Müller, écrivain
- «Merci à «nos» moines», par les voisins de Tibhirine

L’auteur du compte rendu :
Benoît Pupier, est membre du collectif
Cineades.
Il a réalisé un documentaire de création, Marcel Poulet, un peintre d’ocre en son pays.

L'abbaye Notre-Dame de l'Atlas est un monastère cistercien, au sud d'Alger, à Tibhirine.
En 1996, 7 moines furent enlevés et assassinés.
Le film de fiction de Xavier Beauvois, Des hommes et des Dieux,
sorti en 2010, évoque les dernières années de leurs vies.

Le Testament de Tibhirine est un do­cumentaire, commencé en 1998, sorti en 2006.

Il a inspiré le film de fiction.
Il fait revivre la résis­tance de cette communauté monacale
au milieu de la guerre civile algérienne.
Frère Christian, prieur du monastère, avait écrit son testament spirituel
au cas où il serait victime du terrorisme.
Frère Christophe a laissé son journal.
Ils disent pourquoi ils sont restés en refusant l'ultimatum lancé aux étrangers.
Ils disent le travail de la terre, le dialogue inter-religieux avec leurs voisins de Tibhi­rine,
le soin des malades, maquisards ou villageois,
Le refus des armes à l'intérieur du monastère.

Chaque jour les cloches cohabitaient avec l'appel du muezzin.
Le lieu est vide désormais, mais les habitants du village veillent sur lui.
Et sur les tombes.

Emmanuel Audrain est retourné sur place, il a filmé la région.
Des images d'archives servent de contre-point.
Il a interrogé des proches, des té­moins.
«Ils ne sont pas venus en Algérie pour convertir les gens,
mais pour s’imprégner de l’Algé­rie. (…) Ils m'ont révélé l'Algérie à moi-même»,
dit Rachid.

Emmanuel Audrain a eu du mal à re­cueillir la parole des Algériens,
la peur «des barbus» explique-t-il en 2006 en réponse
à un papier de Télérama
(voir le site dédié au documentaire :
www.letestamentdetibhirine.com).
Ce documen­taire n'enquête pas sur les circonstances réelles des assassinats.
Il est cheminement spirituel, huma­niste.

De nombreux témoignages prolongent le film :
Bruno Frappat, rédacteur en chef de La Croix en 1996
journal qui publie le testament spirituel de Frère Christophe ;
Pierre Lafitte, animateur d'une bibliothèque pour étudiants à Alger, prêtre ;
Jacques Julliard, journaliste, qui refuse le mot de martyr et préfère celui de témoignage ;
Henri Tessier, évêque d'Alger, qui revient sur les risques encourus,
entre responsabilité et dignité ;
Rachid et Annick Bouzit, neveux de Paul ;
Jean-Marie Muller et John W. Kiser, écrivains ;
un voisin devant les tombes des sept moines.

Benoît Pupier
( Mis en ligne le 07/01/2011 )
http://www.parutions.com/index.php?pid=3&rid=27&srid=230&ida=1885
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MessageSujet: Re: DES HOMMES ET DES DIEUX   Sam 15 Jan - 0:41

Prix de la Presse Etrangère à Paris
Vendredi 14 janvier 2011


Meilleur film de l'année : Des Hommes et des Dieux

Meilleur acteur de l'année : Michel Lonsdale pour son rôle dans ce film
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MessageSujet: Re: DES HOMMES ET DES DIEUX   Sam 5 Fév - 11:08

Le dernier moine de Tibhirine témoigne
Par Jean-Marie Guénois



À 88 ans, le frère Jean-Pierre, seul survivant du monastère de Tibihirine, pense chaque jour à ses frères disparus, mais, récusant la nostalgie, il a choisi l'espérance.

INTERVIEW - Rescapé de la tuerie de 1996, il n'avait jamais parlé depuis la mort des moines de Tibhirine. Nous avons retrouvé frère Jean-Pierre dans un monastère au Maroc, où il a accepté de se confier en exclusivité pour Le Figaro Magazine. Il parle de ses frères disparus, des événements tragiques qu'ils ont vécus, du film de Xavier Beauvois, Des hommes et des dieux. Mais aussi de sa foi et de son espérance. Un entretien lumineux.

LE FIGARO MAGAZINE. - Avez-vous apprécié le film«Des hommes et des dieux»?

Frère Jean-Pierre. - Il m'a très profondément touché. J'ai été ému de revoir les choses que nous avons vécues ensemble. Mais j'ai surtout ressenti une sorte de plénitude, aucune tristesse. J'ai trouvé le film très beau parce que son message est tellement vrai, même si la réalisation n'est pas toujours exacte par rapport à ce qui s'est passé. Mais cela n'a pas d'importance. L'essentiel, c'est le message. Et ce film est une icône. Une icône dit beaucoup plus que ce que l'on voit... C'est un peu comme un chant grégorien. Quand il est bien composé, l'auteur y a mis un message, et celui qui le chante trouve plus encore, parce que l'Esprit travaille en lui. En ce sens, ce film est une icône. C'est une vraie réussite, un chef-d'œuvre.

Vous n'avez aucune critique à formuler?

J'ai entendu certains critiquer le rôle du prieur, Christian de Chergé. Certains le trouvent un peu effacé, mais je le trouve très bien. D'autres le trouvent austère, car on ne le voit jamais sourire. Mais il est tout à fait dans le personnage qui convient à la situation grave que nous avons traversée. J'admire, dans ce rôle, sa façon d'être à l'écoute des frères, en particulier dans les moments difficiles. Il ne veut pas imposer. Il est à l'écoute. On le sent plein de respect pour les frères. On voit bien le pasteur et son souci de s'ouvrir à Dieu, pour se laisser travailler par Dieu et avoir la réaction qu'il faut devant les frères. Dans tout le film, on voit cette ouverture à Dieu, on l'interroge, on se laisse influencer par Lui. C'est monastique!

Y a-t-il un manque par rapport à l'histoire réelle?

Je n'ai pas ressenti cela.

Mais comment, en tant que moine, vivez-vous le succès du film?

Nous sommes comblés et émerveillés de voir un tel succès, mais nous n'y sommes pour rien! Le fait d'être connu me gêne un peu... Un moine est fait pour être caché.

Pourquoi étiez-vous opposés au principe du tournage du film?

Nous n'avons pas voulu accepter le film et son tournage au Maroc, en raison du danger d'être soupçonnés de prosélytisme. Certains, à ce moment-là, ne recevaient plus leur carte de séjour depuis très longtemps. Nous devions être très prudents mais nous étions abandonnés à la volonté du Seigneur. Nous n'avons donc pas été consultés. L'équipe savait notre opposition et les raisons de notre prudence. Ils ont été très respectueux.



Près de la chapelle, le «mémorial» et les photos de sept frères décapités. En bas à droite, celle du frère Amédée, également rescapé de Tibihirine et décédé ici, à Midelt, au Maroc.

Quand êtes-vous arrivés à Tibhirine?

Je n'oublierai jamais ce 19 septembre 1964. Quand nous sommes arrivés en 2 CV près du monastère, je verrai toujours cet enfant, assis sur un âne, qui vint à notre rencontre pour nous accueillir. J'étais très heureux. De ma petite cellule, je voyais la clôture, le jardin et le village au loin. Je me suis alors dit: voilà le paysage que je verrai jusqu'à la fin de ma vie. Car dans mon cœur, c'était pour la vie. Sans retour. J'y suis resté trente-deux ans, de 1964 à l'enlèvement en 1996.

Comment était la vie là-bas?

Les débuts ont été difficiles. La communauté manquait de stabilité et ce fut une période très dure à vivre. Par ailleurs, la nouvelle Algérie se mettait en place. Les relations avec les gens aux alentours n'étaient pas évidentes. Il y avait des réflexes de rejet des Français. On ressentait ce fossé à l'occasion des fêtes, chrétiennes ou musulmanes. On n'avait rien à voir les uns avec les autres. Nous avons donc lutté contre cela et essayé de nous apprivoiser mutuellement. Pour cela, le dispensaire, tenu par le frère Luc, fut très important. Il recevait jusqu'à 80 personnes par jour! Puis, Christian de Chergé a été élu prieur, en 1984. Nous avions besoin de quelqu'un comme lui qui parlait l'arabe et connaissait bien la culture musulmane. À partir de là, nous sommes devenus une vraie communauté, plus stable. Ceux qui s'engageaient le faisaient vraiment. Nous étions quasi indépendants. Ce qui fut un avantage, car cela nous a permis de prendre beaucoup d'initiatives dans la relation islamo-chrétienne.

Quel rôle Christian de Chergé a-t-il joué?

Il y a eu, avec lui, une évolution vers l'islamologie. Il a personnellement beaucoup étudié le Coran. Le matin, il faisait sa lectio divina, avec une Bible en arabe. Il faisait parfois la méditation avec le Coran. Il cherchait à nous faire évoluer. Nous avions des relations avec l'islam, mais pas à un niveau intellectuel. Lui connaissait très bien le milieu musulman et la spiritualité soufie. Certains moines estimaient que la communauté devait rester équilibrée et que tout ne devait pas être orienté par l'islam. Ce qui provoqua des frictions. Ces tensions finirent par être dépassées grâce à la création d'un groupe d'échange et de partage avec des musulmans soufis, que nous avions appelé le ribât. Nous avions compris que la discussion sur les dogmes divisait, car elle était impossible. On parlait donc du chemin vers Dieu. On priait en silence, chacun selon sa prière à lui. Ces rencontres bisannuelles ont été interrompues en 1993, quand cela a commencé à devenir dangereux. Mais cette connaissance mutuelle a fait de nous de vrais frères, en profondeur.

En quoi le père Christian de Chergé vous a-t-il marqué?

Ce qui m'a frappé chez lui, c'est sa passion intérieure pour la découverte de l'âme musulmane et pour vivre cette communion avec eux et avec Dieu, tout en restant vraiment moine et chrétien.

De qui étiez-vous le plus proche?

De frère Luc! On était très proches tous les deux. Il n'était pas prêtre, il était frère. On pouvait se confier à lui. Il était plein de sagesse. Dans une petite communauté où il n'y a pas beaucoup de prêtres, il n'est pas facile de trouver un directeur spirituel. Si on avait un problème ou une difficulté de relation avec un frère, on allait d'abord voir frère Luc, sachant très bien comment il allait répondre. C'était un modèle... Au chapitre, même pendant la période de tension et de peur, il avait toujours le mot pour faire rire. Il était précieux pour la vie commune. Même si, comme médecin, il avait un régime spécial, car il était dans son dispensaire toute la journée et qu'il faisait, en plus, la cuisine! Il commençait ses journées à 1 heure du matin pour être prêt à 7 heures au dispensaire. Il avait beaucoup d'asthme et n'arrivait pas à dormir. Il dormait assis! J'étais très proche aussi de frère Amédée, l'autre rescapé, qui est mort ici, à Midelt.


Notre-Dame de l'Atlas perpétue, au Maroc, l'esprit de Tibihirine et la même tradition de dialogue avec tous.

Priez-vous avec vos frères disparus?

J'essaie d'avoir un temps, tous les matins. On ne les oublie pas. Ils restent présents. Tous. On essaie de progresser. Le film, de ce point de vue, nous stimule dans notre vocation.

Vos frères vous parlent dans la prière?

Non, pas encore... J'ai la certitude qu'ils sont près du Seigneur. Je l'ai eue dès le début en raison de leur martyre. Cela donne de la joie, pas de la tristesse. C'est ce que j'éprouve en voyant le film: de la joie, pas de la nostalgie! (rire). En espérant que le Seigneur nous envoie d'autres moines qui voudront vivre cela.

Ne ressentez-vous jamais de nostalgie pour la vie à Tibhirine?

Un peu, oui... Nous avons vécu de très belles choses ensemble. Et puis, cette vie en commun pour représenter le Seigneur et l'Église. C'est une très belle vocation. Elle peut aller loin. Le Christ est plus grand que l'Église. Les soufis utilisaient une image pour parler de notre relation avec les musulmans. C'est une échelle à double pente. Elle est posée par terre et le sommet touche le ciel. Nous montons d'un côté, eux montent de l'autre côté, selon leur méthode. Plus on est proches de Dieu, plus on est proches les uns et des autres. Et réciproquement, plus on est proches les uns des autres, plus on est proches de Dieu. Toute la théologie est là-dedans!

Et pourtant, c'est la mort qui était au rendez-vous...

Ce que nous avons vécu là, ensemble et dès le début, était une action de grâce. On s'était préparés ensemble. Par fidélité à notre vocation, on avait choisi de rester en sachant très bien ce qui pouvait arriver. Le Seigneur nous envoie, on ne va pas démissionner même si, autour de nous, les violents cherchent à nous faire partir, et même les officiels. Mais nous avons Notre Maître et nous étions engagés par rapport à Lui. En second lieu est venue la volonté d'être fidèles aux gens de notre environnement pour ne pas les abandonner. Ils étaient aussi menacés que nous. Ils étaient pris entre deux feux, entre l'armée et les terroristes, les maquisards. La décision de ne pas se séparer avait été prise en 1993. Et même si nous avions été dispersés par la force, on devait se retrouver à Fès, au Maroc, pour repartir s'établir dans un autre pays musulman.

Comment vivez-vous ce qui s'est passé: comme un échec ou comme un accomplissement?

Après l'enlèvement, le père Amédée et moi avons été obligés de descendre à Alger avec la police. On priait pour nos frères. Pour que Dieu leur donne la force et la grâce d'aller jusqu'au bout. On attendait une intervention de la France ou une intervention ecclésiastique qui obtienne leur libération. On a appris leur mort le 21 mai 1996. Nous étions en train de prier les vêpres. Soudain, un jeune frère est arrivé à la chapelle et s'est jeté devant tout le monde à plat ventre, criant son désespoir: «Les frères ont été tués!» Le soir, alors que nous étions côte-à-côte à faire la vaisselle, je lui ai dit: «Il faut vivre cela comme quelque chose de très beau, de très grand. Il faut en être digne. Et la messe que nous dirons pour eux ne sera pas en noir. Elle sera en rouge.» Nous les avons tout de suite vus, en effet, comme des martyrs. Le martyre était l'accomplissement de tout ce que nous avions préparé depuis longtemps, dans notre vie. Ces années que nous avions vécues ensemble dans le danger. Nous étions prêts, tous. Mais cela n'a pas exclu la peur.


La chapelle, cœur battant du monastère : à gauche de l'autel l'icône de la Vierge rapportée de de Tibihirine, désormais solidement accrochée, ici, au Maroc.
Quand la peur a-t-elle commencé?

À partir de 1993, lors de la visite du GIA, le soir de Noël. La communauté s'est alors beaucoup développée en union et en profondeur. Le danger était désormais partout, de tous les instants, nuit et jour. Cela nous a beaucoup secoués. On est vraiment passés par le creux à ce moment-là.

Que s'est-il passé exactement?

Noël 1993, le soir, ils ont fait le mur. On était dans la sacristie avec Célestin, qui préparait les fiches de chants pour la messe de Noël. Des hommes armés jusqu'aux dents nous ont encerclés. Les Croates venaient d'être tués, on pensait y passer aussi. Ils nous ont rassurés. Parce que nous étions des religieux, ils ne nous feraient rien. Mais ils ont alors commencé à taper sur le gouvernement. Puis le chef a dit: «Je veux voir le pape du coin.» On est allés chercher Christian, qui a tout de suite dit: «Non, on n'entre pas ici avec des armes. Si vous voulez venir ici, laissez vos armes à l'extérieur. Personne n'est jamais entré ici avec des armes. Ici, c'est une maison de paix!» Ils ont finalement discuté et ont demandé trois choses: que le docteur puisse venir soigner les blessés dans la montagne, des médicaments, de l'argent. Avec tact, Christian a répondu non aux trois demandes. Sauf pour les blessés, qui pouvaient venir, comme tout le monde, au dispensaire. Puis il a dit en arabe que nous préparions «la fête de la naissance du prince de la paix». Ils ne le savaient pas et se sont excusés, mais ils ont dit: «On reviendra.» En donnant un mot de passe: ils demanderaient «monsieur Christian». Ce soir-là, la messe de minuit a eu un goût particulier. Le lendemain, au chapitre, nous avons commencé les discussions sur l'avenir.

Qu'avez-vous alors décidé?

Que s'ils demandaient de l'argent, on leur en donnerait un peu pour éviter la violence, mais nous pensions toutefois partir, car nous ne voulions pas collaborer avec eux. Puis l'évêque d'Alger est venu nous dire que si l'on décidait de quitter, il ne fallait pas quitter tous ensemble, pour ne pas affoler l'Église d'Algérie. On a décidé que deux d'entre nous partiraient. Célestin, qui avait été traumatisé par ce Noël et qui devait subir six pontages cardiaques, et frère Paul, qui avait besoin de repos.

Y avait-il unanimité entre vous?

Il y a eu un autre chapitre après ce Noël. Les uns pensaient qu'il fallait rester, les autres qu'il valait mieux partir. D'autant qu'à ce moment-là, par sécurité, nous avons été obligés de fermer le monastère dès la fin de l'après-midi et jusqu'au matin. Nous avons aussi dit aux retraitants de ne plus venir. Nous étions isolés. Cela a changé l'économie du monastère et il fallait trouver d'autres moyens pour vivre.

Il y a donc eu des divergences?

Ça a évolué. Le père Armand Veilleux, venu prêcher une des dernières retraites, nous avait dit que nous étions arrivés «au sommet» de notre vie commune. Nous étions en effet parvenus à l'unanimité à la décision de rester. Les relations fraternelles s'étaient encore soudées. En chapitre, nous ne pouvions prendre à la légère des décisions aussi graves. Par rapport au GIA, par rapport à un départ, sur notre conduite si nous étions enlevés ou dispersés... Nous étions alors tous décidés à rester, mais la peur de ce qui allait arriver était présente, plus ou moins, chez les uns et les autres. Mais il fallait continuer à vivre. Il y avait des attentats à droite et à gauche. Des proches du monastère avaient été arrêtés ou menacés. Voilà le climat dans lequel on vivait.


Frère Jean-Pierre chante les offices d'une voix de jeune homme; dans son regard, la gravité, mais aussi une intense joie intérieure.

Pas de sérénité, même une fois posé le choix de rester?

Non, aucune. Le soir, quand on chantait complies, il y avait comme une chape de danger, de plomb, qui planait sur le monastère. De nuit, il pouvait arriver n'importe quoi. On se disait: que va-t-il se passer cette nuit? On n'envisageait pas d'être tués, mais on savait que cela pouvait arriver à n'importe quel moment. On avait la chance d'être une communauté. Et la vie continuait, l'un était cuisinier, l'autre jardinier, l'autre s'occupait de l'administration. Cela permettait d'oublier, mais le soir, la nuit, on se demandait ce qui pouvait arriver. On ne se le disait pas, mais chacun y pensait.

Et que s'est-il passé le soir de l'enlèvement?

Le soir de l'enlèvement, j'étais dans la pièce du portier. Je me suis réveillé vers 1 heure, aux bruits de voix devant le portail. Ils étaient déjà à l'intérieur, dans le jardin. Sans doute voulaient-ils voir le docteur. J'attendais qu'ils frappent à la porte pour me manifester. Je suis allé voir à la fenêtre. J'en ai vu un qui allait directement vers la chambre de frère Luc. Ce qui n'était pas normal, car quand on veut voir le docteur, on frappe au portail et le portier se présente. Et j'ai entendu une voix qui disait: «Qui est le chef?». Et j'ai reconnu Christian. Je me suis dit: «Il les a entendus avant moi, il leur a ouvert et va leur donner ce qu'ils veulent.» Au bout d'un quart d'heure, j'ai entendu la porte qui donne sur la rue se fermer et j'ai pensé qu'ils étaient partis. Un peu plus tard, le père Amédée a frappé et m'a dit: «Les frères ont été enlevés!» Ils étaient donc sortis par derrière, sinon je les aurais entendus.

Qu'avez-vous ressenti alors?

La question que je me suis immédiatement posée était de savoir: si je les avais entendus et vus sortir, qu'aurais-je fait? Serais-je resté ou aurais-je couru derrière pour aller avec eux?

Et votre réponse?

Je n'ai pas encore répondu. Si cela s'était passé, cela n'aurait pas été facile, mais j'ai le sentiment que j'aurais couru derrière. Amédée m'a dit aussitôt: «Ils ne vont pas les tuer, car s'ils avaient voulu le faire, ils l'auraient fait tout de suite.» Il était en effet très difficile de circuler dans la montagne la nuit, car il y avait un poste militaire pas loin, sur la colline. De plus, frère Luc avait 82 ans et un autre venait de sortir de l'hôpital, avec six pontages. Marcher avec des gens comme cela, ce n'était pas facile. On pensait qu'ils allaient se servir d'eux pour quelque chose. En attendant, nous nous sentions tout seuls, privés de nos frères. La communauté était démolie. Nous espérions bien qu'ils seraient vite libérés, car s'ils ne revenaient pas, la vie était finie au monastère.


Pourquoi les ravisseurs ne sont-ils pas passés comme d'habitude?

Quand ils venaient, ils faisaient le mur. Puis, de l'intérieur, ouvraient la porte qui donnait sur la rue. Il y avait une simple targette. Cette porte n'était jamais fermée à clé. Nous voulions que nos relations soient fondées sur la confiance mutuelle.

Les ravisseurs étaient des gens du GIA ou non?

Le gardien du monastère m'a dit qu'ils étaient venus d'abord chez lui en disant qu'ils voulaient voir le docteur, sous prétexte qu'ils avaient deux blessés graves. Il leur avait répondu que les pères lui avaient interdit de prolonger son service de garde du monastère pendant la nuit. Ce qui était vrai, nous le lui avions interdit afin qu'il n'y ait pas de problème pour sa famille et pour lui en cas de malheur, s'il survenait une agression... Ils ont insisté. Le gardien est alors sorti de chez lui par la cour intérieure pour se rendre au monastère. Là, il est tombé sur un groupe qui était déjà dans la cour. Emmené devant le portail qui donnait chez le portier, il se trouvait au milieu d'un autre groupe qui avait déjà arrêté le père Christian. Ce dernier posa alors la question: «Qui est le chef?» L'un des ravisseurs répondit en désignant le meneur: «C'est lui, le chef, il faut lui obéir.» Puis l'un d'eux, s'adressant au gardien, demanda: «Ils sont bien sept?» Le gardien a répondu: «C'est comme tu dis.» Or, nous étions neuf... C'est donc probablement la raison pour laquelle père Amédée et moi-même n'avons pas été emmenés; car lorsqu'ils eurent arrêté sept frères, ils ont quitté les lieux sans fouiller la maison.

Mais vous, que pensez-vous: qui les a enlevés? Le GIA ou l'armée?

Nous ne savons que ce qui est arrivé au monastère. Pour le reste, on se pose des questions comme tout le monde. L'enquête continue. Pour ce qui est du GIA, le gardien m'a raconté que quand ils sont redescendus, l'un de ceux qui l'accompagnaient a dit à l'un de ses collègues: «Va chercher une ficelle, il va voir ce que c'est que le GIA», car ils voulaient l'égorger, mais il a réussi à s'éclipser.

Plusieurs années plus tard, vous n'y voyez pas plus clair sur les motifs de l'enlèvement?

On n'y voit pas clair. Dans un de ses communiqués sur la radio Medi 1, le GIA donne une raison à leur mise à mort: «Les gens s'évangélisent à leur contact, car ils avaient des relations et ils sortaient de leur monastère, ce que des moines ne doivent pas faire. Ils méritent la mort. Nous sommes en droit de les exécuter.» Voilà donc une des raisons. Elle est donnée par les islamistes eux-mêmes. Par la suite, d'autres motifs ont été donnés qui sont plutôt des hypothèses, en attendant le verdict du juge d'instruction, qui poursuit une enquête sur les circonstances de leur enlèvement et de leur mise à mort.


Le nouveau monastère est blotti sur les contreforts de l'Atlas, où une main divine semble avoir signé les paysage.


Comment vivez-vous cette énigme?

On aimerait bien savoir qui les a tués et où les corps sont enterrés. On aimerait bien le savoir, mais c'est tout, cela ne m'inquiète pas plus. Cela ne change rien à la mort des frères. Ils sont morts pour les raisons pour lesquelles ils avaient choisi de rester. C'est pour cela que ce sont des martyrs. Ils ont donné leur vie. Ils étaient prêts à donner leur vie pour cela.

Peut-on espérer le martyre?

Certains l'ont fait, mais ce n'était pas notre état d'esprit. On ne le souhaitait pas, on n'était pas là pour cela. Mais il fallait être prêt à cela. Nous étions dans les mains de Dieu. Et c'est pour cela que, vivant dans cet état d'esprit, mes frères sont morts. Je dois reconnaître et dire que nous n'avons pas été extrêmement choqués. Bien sûr, cela marque, cela fait souffrir, cela fait de la peine... Mais on savait «pourquoi», on était tous prêts pour cela! La vie n'est qu'un passage, elle se termine d'une façon ou d'une autre. Après, on rejoint le Seigneur.

Le film de Xavier Beauvois, inspiré de leur sacrifice, peut-il être un ferment de réconciliation entre chrétiens et musulmans?

Bien sûr! L'exemple des frères, dans leur relation avec les gens, avec les musulmans, montre que l'on peut devenir de vrais frères, dans la communion, ensemble, en profondeur et pas seulement en surface. En profondeur, devant Dieu. Certains l'ont vécu. Ce n'est pas rare. Quand les chrétiens voient cela, ils se rendent compte que les musulmans sont des gens comme les autres. Certains sont très bons: les valeurs d'accueil, de gentillesse, de serviabilité, se voient. Ainsi que les valeurs d'union à Dieu, de prières quotidiennes. Ils ont des relations avec Dieu qui sont parfois très surprenantes et qui sont de véritables exemples pour nous, chrétiens. Un ami de Christian, qui a donné sa vie pour lui, lui disait: les chrétiens ne savent pas prier... Ils sont très charitables, ils rendent beaucoup de services, mais on ne les voit jamais prier! Beaucoup de chrétiens pourraient entendre cela.

Vous n'avez jamais ressenti de haine pendant et après un tel drame?

C'est curieux, mais je n'éprouve pas ce sentiment-là.

Et d'amertume?

Non plus.

Comment interprétez-vous le durcissement actuel de certains musulmans contre les chrétiens, dont les attentats récents ont été un signe?

Cela vient des extrémistes. Les vrais musulmans disent, ce n'est pas nous cela. Ils ont honte de ce qui est arrivé aux frères. Cela n'est pas la « religion ». D'autre part, on ne se connaît pas assez. On se perçoit à travers les violents et cela crée une tendance à se regrouper entre soi et une peur des contacts. La solution, c'est de cultiver l'amitié, même si on peut se faire rouler.

Se faire rouler?

Oui, certains disent, la réciproque, on ne la voit pas ou peu: on permet aux musulmans de construire des mosquées chez nous, mais on peut toujours courir pour construire des églises chez eux!

Vous le pensez vraiment? Les chrétiens sont, de fait, souvent accusés de naïveté avec l'islam...

La question n'est pas là. Par la foi, nous risquons! C'est dans l'Évangile: «Aimez comme je vous ai aimés.» Alors, on est souvent perdant, il faut le savoir. Mais il arrive que cela réagisse. Alors, la réciprocité est là et une reconnaissance mutuelle peut aller très loin.

Quelle est votre espérance pour 2011?

Il faut espérer que l'amour soit toujours le plus fort. Que l'amour de Dieu aura le dernier mot. Fondée en Dieu, l'espérance doit demeurer. Et ce n'est pas nous qui pouvons résoudre cela. L'espérance invin cible, comme disait Christian de Chergé. Elle ne doit pas être vaincue, elle doit toujours rester ouverte, fondée sur Dieu, sur Sa grâce. Même quand on meurt sous les coups. Comme il disait, l'espérance doit rester ouverte...

4/02/2011
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/02/05/01016-20110205ARTFIG00005-le-dernier-moine-de-tibhirine-temoigne.php
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MessageSujet: Re: DES HOMMES ET DES DIEUX   Mer 9 Fév - 8:32

Yahia, le suspect que la France protège
Selon deux témoins entendus : Depuis quinze ans, les autorités françaises cachent la véritable identité d'un émissaire des terroristes du GIA, responsables du massacre des moines en Algérie en 1996.


Depuis quinze ans, les autorités françaises cachent la véritable identité d'un émissaire des terroristes du GIA, responsables du massacre des moines de Tibéhirine en mai 1996. Nouvelobs.com est en mesure de révéler que l'identité de ce témoin-clé était pourtant largement connu du personnel de l'Ambassade de France à Alger et, semble-t-il, des services de renseignement.

Le juge antiterroriste Marc Trévidic en charge de l'enquête vient en effet de réussir à remonter la trace de l'homme jusqu'ici seulement désigné par le pseudonyme d'"Abdullah". Selon ses dernières investigations, il s'agit du frère d'un terroriste bien connu de la France, chef du commando qui avait détourné un Airbus Alger-Paris en décembre 1995, abattu par le GIGN sur le Tarmac Marseille-Marignane.

Un émissaire pas si anonyme

L'histoire commence le 30 avril 1996. Cela fait alors un mois que les sept moines trappistes de l'abbaye de Tibéhirine ont été enlevés par les maquisards islamiques du GIA. Un émissaire des terroristes frappe à la porte de l'ambassade de France à Alger. Il apporte un message de "l'émir" Djamel Zitouni et un enregistrement de la voix des otages. Les documents sont remis à, l'ambassadeur. Et l'homme disparaît. Il ne donnera jamais plus de nouvelles. Les religieux seront décapités une vingtaine de jours plus tard.

Qui était donc ce messager anonyme, la seule piste tangible qui pouvait mener aux assassins ? Officiellement, personne ne sait rien sur cet homme qui s'était simplement déclaré sous le nom d'Abdullah. C'est, du moins, ce que les autorités françaises ont toujours affirmé jusqu'ici.

"Abdullah" était en réalité parfaitement connu du personnel de l'Ambassade où il avait travaillé quelque temps, comme d'ailleurs son père avant lui.

Entendus sur procès-verbal par le juge Trévidic, le 3 février dernier, deux employés de l'Agence française de développement (AFD) travaillant alors à l'ambassade de France à Alger ont déclaré de façon formelle avoir entendu parler, à l'époque, de la véritable identité de ce mystérieux émissaire. Selon leurs dires, il s'agissait du frère d'Abdul Abdallah Yahia, le pirate de l'air de l'Airbus Alger-Paris. Un troisième témoin entendu par le juge Trévidic est néanmoins moins affirmatif.

La DGSE absente

Pourquoi le Quai d'Orsay a-t-il dissimulé, depuis quinze ans, l'identité de ce messager du GIA ? Pourquoi la France n'a-t-elle jamais demandé à Alger de l'arrêter après le massacre des moines, une démarche qui, semble-t-il, n'a plus objet aujourd'hui, l'homme ayant vraisemblablement été descendu au cours d'une opération de l'armée algérienne ? L'Etat a-t-il fait sciemment de l'obstruction dans cette enquête pour ne pas empoisonner les relations entre Paris et Alger ? Autant de questions que se pose aujourd'hui le juge Trévidic.

Un homme a peut-être les réponses. Il s'appelle Pierre Le Doaré et était chef de poste de la DGSE, les services secrets français, à Alger. Convoqué comme témoin, par le biais d'une demande adressée au ministère de la Défense, l'espion devait être interrogé le 4 février dernier. Las ! Le jour dit, il ne s'est jamais présenté dans le bureau du juge, ni n'a pris contact avec une quelconque autorité judiciaire jusqu'ici. L'enquête sur le massacre des frères trappistes pourrait néanmoins connaître de très prochains rebondissements, avec la déclassification prochaine du secret défense sur des archives du ministère de la Défense. Pour le moment, seul le ministère de l'Intérieur n'a pas fait connaître sa décision de lever ou non le secret-défense sur toutes les archives de la DST concernant cette affaire.

Olivier Toscer - Nouvelobs.com
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20110208.OBS7706/info-obs-moines-de-tibehirine-yahia-le-suspect-que-la-france-protege.html
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MessageSujet:    Ven 18 Fév - 10:20

'Des Hommes et des Dieux', film français le plus rentable de 2010

Le succès inattendu du film de Xavier Beauvois Des Hommes Et Des Dieux, produit pour un budget relativement modeste de quatre millions d'euros, en fait le film français le plus rentable de 2010 selon le magazine professionnel Le Film français.

L'histoire des moines de Tibéhirine, Grand Prix à Cannes et 11 fois nommée aux prochains César, a attiré 3,2 millions de spectateurs depuis sa sortie en septembre, selon son distributeur Mars, soit un taux de rentabilité de 229%, a calculé Le Film français.

Ce taux met en rapport les recettes des films en salles - entre le 29 décembre 2009 et le 2 février 2010 - et leur budget.

En deuxième position, L'Arnacoeur, de Pascal Chaumeil avec Vanessa Paradis et Romain Duris, produit pour 9,7 millions d'euros, a atteint 113% de rentabilité avec 3,7 M d'entrées, devant Mammuth (Gustave Kervern et Benoît Delépine, avec Gérard Depardieu), qui avec un budget minime de 2,5 M a atteint les 900.000 spectateurs et amorti à 100% les frais de production engagés.

"Trois oeuvres seulement, selon nos estimations, peuvent se prévaloir d'avoir totalement amorti leur coût de production en 2010", souligne la rédaction.

Ainsi, le plus gros carton français au box-office, Les Petits Mouchoirs de Guillaume Canet et ses 5,3 M d'entrées avait aligné plus de 17 M EUR de production. En dépit de son succès, son taux d'amortissement n'a été que de 88%.

A l'autre bout de la chaîne, Hors-la-loi de Rachid Bouchareb, qui a coûté plus de 20 M EUR n'atteint que six pour cent de rentabilité, un gouffre.

Sur la décennie écoulée (2001-2010), Bienvenue Chez Les Ch'Tis reste inégalé avec un taux de 565% - 10 M EUR de budget et 20 M d'entrées, devant Les Choristes (486%) et le documentaire Être Et Avoir (446%).

http://www.commeaucinema.com/afp/des-hommes-et-des-dieux-film-francais-le-plus-rentable-de-2010,199079
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MessageSujet: Re: DES HOMMES ET DES DIEUX   Jeu 24 Fév - 21:05

.

Tibéhirine : la police s’est abstenue de convoquer l’agent de la DGSE





Le 4 février, l'ancien chef de poste des services secrets français à Alger avait fait faux bond au juge Trévidic.

Et pour cause : les policiers de la DCRI ne l'avaient pas convoqué.


Nouveau mystère dans l'enquête sur le massacre des moines de Tibéhirine : pourquoi la police s'est-elle abstenue de convoquer l'ancien chef de poste de la DGSE, les services secrets français, à Alger, comme le demandait le juge d'instruction Marc Trévidic ?

Chargé de l'enquête sur le massacre des sept moines trappistes en mai 1996 en Algérie, le juge antiterroriste Marc Trévidic avait demandé verbalement au service enquêteur, en l'occurrence les policiers antiterroristes de la DCRI, de retrouver un témoin-clé de l'enquête : Pierre Le Doaré, le chef de poste de la DGSE à Alger au moment de l'enlèvement. Et de le convoquer à son cabinet le 4 février dernier, pour recueillir son témoignage.

Mais le jour dit, l'ancien espion ne s'était pas présenté dans le bureau du juge, comme l'a révélé nouvelobs.com le 9 février. Il n'avait pas non plus pris contact avec la justice pour faire état d'un quelconque empêchement.

Selon nos informations, la DGSE avait pourtant transmis les coordonnées de son ancien agent aux policiers de la DCRI. Et ces derniers n'avaient fait état d'aucune difficulté particulière auprès du juge.

Une enquête qui agace les autorités algériennes



Nouvelobs.com a retrouvé Pierre Le Doaré. Dans un entretien téléphonique ce 24 février, celui-ci révèle n'avoir en réalité jamais été prévenu du rendez-vous souhaité par le juge. "Je n'ai reçu aucune convocation par écrit ou verbalement. Je n'étais absolument pas au courant que le juge d'instruction m'attendait dans son bureau, le 4 février dernier, affirme l'ancien espion français à Alger à Nouvelobs.com. Je ne l'ai appris que quelques jours plus tard en lisant votre site", précise-t-il.

Simple négligence des policiers ou volonté délibérée de ralentir l'enquête du juge Trévidic ?

En déplacement à l'étranger, le magistrat était injoignable ce jeudi pour commenter nos informations. Seule certitude : la DCRI voit d'un mauvais œil les investigations du juge dans le dossier Tibéhirine. Les policiers antiterroristes savent que cette enquête agace les autorités algériennes. Et ils ont peur que l'avancée des investigations ne complique leurs relations avec les services algériens dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Aujourd'hui retraité du service, l'ancien lieutenant-colonel de la DGSEse montre aujourd'hui discret. "Je réserve la primeur de mon témoignage à la justice, déclare-t-il. Je suis tout à fait d'accord pour l'aider à éclaircir cette affaire".

Olivier Toscer – Nouvelobs.com


http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20110224.OBS8624/info-obs-tibehirine-la-police-s-est-abstenue-de-convoquer-l-agent-de-la-dgse.html


.


Dernière édition par Bridget le Sam 26 Fév - 12:44, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: DES HOMMES ET DES DIEUX   Sam 26 Fév - 9:45

CE SUJET A ETE OUVERT
UN 28 AVRIL 2010
... ET




Parti favori de cette 36ème cérémonie des César,

Des Hommes et des Dieux, de Xavier Beauvois,
a empoché vendredi 25 février 2011 le prix du meilleur film.
Nommée dans onze catégories,
l'histoire des moines de Tibéhirine,
enlevés et assassinés en Algérie en 1996, est repartie avec trois récompenses.

Michael Lonsdale, interprète de Frère Luc dans le film, a enfin été récompensé,
pour la première fois à près de 80 ans, par le César du meilleur second rôle :
"Ah petit coquin, tu en as mis du temps !" a-t-il souri, avant d'ajouter aussitôt :
"Mieux vaut tard que jamais".

Une "récompense" pour un ETAT DE GRACE
En voici les vrais auteurs qui ont inspiré le 7e art.

Les moines de Tibhirine en mai 1989. De gauche à droite, Frères Christian,
Michel, Jean de la Croix, Jean-Pierre, Philippe, Bruno, Célestin, Christophe et Luc.
Frère Paul ne figure pas sur la photo.


PS : fraternelles pensées aux Frères de l'Abbaye Sainte Marie du Désert
Hte Garonne (31)
l'Abbaye Sainte Marie du Désert abrite depuis 1852
une communauté de moines Cisterciens.
Issus du même ordre, que les Frères de Tibehirine c'est à eux que je pense aussi.
Mozart a composé cet Ave Verum Corpus à la fin de sa vie,
pour un ami chef de chœur à Baden (Anton Stoll).
Il y a une profondeur et un recueillement incroyables dans ce morceau,
quasi inexplicables vue la simplicité apparente de la mélodie.
De l'art dans toute sa maîtrise …
les plus belles des prières se font aussi en musique.
ma dédicace du jour !

Texte original en latin :

Ave verum Corpus, natum de Maria Virgine
Vere passum, immolatum in cruce pro homine
Cujus latus perforatum, unda fluxit et sanguine
Esto nobis praegustatum in mortis examine

Traduction littérale en français :

Ô véritable corps, né de la Vierge Marie,
Qui a été supplicié et sacrifié pour l'humanité,
Dont le côté a été transpercé, d'où l'eau et le sang ont jailli,
Soit pour nous un avant-goût du paradis, dans l'examen de la mort.

Nin@rtmony



Je constate que ce sujet à été largement consulté
merci à tous les lecteurs.
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MessageSujet: Re: DES HOMMES ET DES DIEUX   Mer 2 Mar - 18:06

Des Hommes et des Dieux triomphe aussi en DVD

Le film Des Hommes Et Des Dieux, trois fois césarisé vendredi, poursuit une carrière "exceptionnelle" en DVD, selon la Warner qui a annoncé mercredi 100.000 copies vendues en une semaine.
"Pour un drame français de cette typologie, c'est un score tout à fait exceptionnel", assure le service commercial de la Warner contacté par l'AFP.


Le film de Xavier Beauvois, trois fois césarisé vendredi, notamment comme Meilleur film, a déjà enregistré un succès inattendu en salles avec plus de 3,2 millions d'entrées France, plus un million à l'étranger où il entame tout juste sa carrière, avant même la sortie en Amérique du nord et au Japon.

A titre de comparaison, il avait fallu neuf semaines pour atteindre les 95.000 DVD vendus pour un film comme Le Concert, beau succès populaire autour des 2 millions de spectateurs en salles, relève la Warner.

http://www.commeaucinema.com/afp/des-hommes-et-des-dieux-poursuit-une-carriere-exceptionnelle-en-dvd,200071
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MessageSujet: Re: DES HOMMES ET DES DIEUX   Dim 6 Mar - 13:58

Des Hommes et des Dieux vu des Etats-Unis




L'affiche américaine de Des Hommes et des Dieux  



Le film de Xavier Beauvois est projeté sur quelques écrans américains depuis vendredi 25 février. Et il a été globalement apprécié. Passage en revue des critiques.



Dans 33 salles de cinéma, les spectateurs nord-américains peuvent découvrir depuis vendredi 25 février Of Gods and Men.
Malgré cette très faible visibilité sur les écrans nord-américains, le film de Xavier Beauvois a fait parler de lui, notamment sur Internet.



Si elle est majoritairement positive, la critique du film est souvent entre le rappel historique et l'explication de texte. Le Los Angeles Times et le San Francisco Gate proposent des papier fleuves expliquant de bout en bout l'histoire du film, rappelant au passage les liens qui unissent la France et l'Algérie.


Un sujet qui interpelle


Au-delà de l'aspect historique, la question de la foi a surtout marqué les esprits.
Le Huffington Post publie la critique d'un prêtre catholique titrée "The best film on faith I've ever seen" (Le meilleur film sur la foi que j'aie jamais vu).
Un avis partagé par Joe Morgenstern du Wall Street Journal. New Jersey On Line angle sa critique sur la force, parfois destructrice, de la foi quand Le Los Angeles Times évoque cet aspect primordial du film avant de louer son déroulement dramatique.


Souvent comparé à Into a great silence, un documentaire de Philip Gröning sur le quotidien de moines, Of Gods and Men a touché par l'absence totale de prosélytisme, comme le souligne le National Post: "it's not a "message" film" (Ce n'est pas un film "à message").

La spiritualité et la réflexion dont font preuve les images et les dialogues ont aussi séduit.
Le journaliste du National Post Chris Knight évoque le dialogue entre un moine et une villageoise : "Nous sommes comme des oiseaux sur une branche, nous ne savons pas quand nous partirons" dit-il. Elle le corrige en disant : "Nous sommes les oiseaux, vous êtes la branche." Un dialogue métaphorique évoqué dans plusieurs critiques.


Le manichéisme (Thestar.com), la méditation (npr.org), la gestion du changement historique (Los Angeles Times), la condition du martyr (Huffington Post) ou la prise d'une décision cruciale (Wall Street Journal) sont également passés en revue.

Unanimement, ces critiques saluent le talent de Xavier Beauvois pour traiter ces thèmes sans jamais imposer une réponse : "There are no easy answers to questions like these, and the film has the grace not to pretend otherwise." (Il n'y a pas de réponse facile à ces questions, et le film n'a pas la prétention d'en donner) peut-on lire sur le Los Angeles Times.


La critique négative


Tous les journalistes des Etats-Unis ne sont pourtant pas prêts à lui décerner la Palme d'Or, comme le ferait Peter Howell de Thestar.com.

Le site Pastemagazine.com donne un avis très mitigé sur un film qui ne va jamais au-delà de la description.

Selon le site culturel, Hollywood a l'habitude de trop amplifier la réalité pour la montrer mais Xavier Beauvois tombe dans l'excès inverse.
Louant de belles images, le journaliste sanctionne un rythme lent et glacial et l'absence d'intrigue.

Pour New Jersey On Line ce rythme très lent est à la fois la force et la faiblesse du film. Certaines scènes relèvent carrément du morceau de bravoure pour Xavier Beauvois, qui montre à quel point il sait bien filmer la terreur silencieuse des moines.
"But why should they all be so terrified, in unison, at that moment? No reason at all -- except to provide Beauvois with a bravura scene." écrit le journaliste. (Pourquoi devrait-ils être si terrifiés, à l'unison, à ce moment ? Il n'y a aucune raison, excepté de permettre à Beauvois une scène de bravoure)



Ces acteurs français méconnus  !


Pas question de morceau de bravoure pour les acteurs dont la justesse est évoquée à plusieurs reprises : " the performances are nearly perfect" (les prestations sont presque parfaites) peut-on lire dans la critique du Huffington Post.

Et il semblerait que le film ait permis aux critiques de découvrir que Lambert Wilson n'est pas que le méchant de Matrix, et Michael Lonsdale celui de Moonraker!


http://www.lexpress.fr/culture/cinema/des-hommes-et-des-dieux-vu-des-etats-unis_967960.html


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MessageSujet: Re: DES HOMMES ET DES DIEUX   Lun 12 Sep - 7:16

Les moines de Tibéhirine: un livre met en accusation la sécurité militaire algérienne

Un nouvel ouvrage sur la mort des moines cisterciens de Tibéhirine, écrit par le journaliste français Jean-Baptiste Rivoire, dévoile des témoignages inédits, mais difficiles à corroborer, mettant de nouveau en cause la sécurité militaire algérienne dans la tragédie.

Le livre, "Le crime de Tibhirine" (Editions La Découverte), s'appuie notamment sur les déclarations d'anciens membres des services algériens et d'un islamiste affirmant que l'enlèvement a été ordonné par la DRS (sécurité militaire) et réalisé conjointement avec des islamistes.

Ces témoignages fragiles ne lèvent évidemment pas les zones d'ombre entourant la tragédie.

"Ces éléments doivent être accueillis avec beaucoup d'intérêt mais aussi précaution et prudence", a dit à l'AFP Me Patrick Baudouin, avocat des parties civiles.

"Le grand intérêt de cet ouvrage est, j'espère, qu'il va ouvrir la voie à de nouvelles investigations judiciaires", a-t-il ajouté.

"Une nouvelle fois, la vérité assénée depuis l'origine par les autorités algériennes sur l'enlèvement, la séquestration et l'exécution des moines par les islamistes est battue en brèche", dit-il.

Les sept moines de l'Orde de Citeaux de la stricte observance ont été enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 dans leur monastère isolé situé près de Medea. Le Groupe islamique armé (GIA) de Djamel Zitouni avait revendiqué l'enlèvement et l'assassinat des moines. Leurs têtes ont été retrouvées le 30 mai au bord d'une route de montagne.

Après avoir suivi la thèse islamiste, l'enquête judiciaire s'est réorientée depuis 2009 et le témoignage d'un ancien attaché de défense à Alger vers une bavure de l'armée algérienne.

Avant ces révélations, des témoignages d'officiers algériens dissidents avaient relevé le rôle trouble des autorités algériennes, accusant Alger d'avoir manipulé le groupe armé ayant revendiqué l'enlèvement.

Services algériens mis en cause

Dans ce nouvel ouvrage, les services algériens sont directement mis en cause dans le rapt par un ancien lieutenant dénommé "Kamel", décrit comme un proche du patron du Centre territorial de recherche et d'investigaton (CTRI) de Blida.

Selon lui, un petit groupe d'agents infiltrés a accepté, à la demande des chefs de la sécurité militaire, d'organiser l'enlèvement avec une quinzaine de vrais islamistes ignorant la manipulation.

Objectif selon "Kamel": débarrasser la région de témoins gênants, discréditer les islamistes et faire pression sur la France. L'opération se serait décidée début mars 1996 lors d'une réunion au CTRI en présence notamment de Smaïl Lamari, le patron de la principale unité du contre-espionnage algérien, aujourd'hui décédé.

Le livre rapporte aussi les déclarations de "Rachid", ancien islamiste qui dit avoir été membre du commando ayant enlevé les moines et relate l'encerclement du monastère et la difficile marche avec les trappistes dans la nuit qui a suivi.

Selon lui, les moines ont été remis quatre jours plus tard à un groupe d'islamistes dirigé par Abderrazak El Para, présenté comme un proche de Zitouni et soupçonné d'avoir été membre du contre-espionnage.

L'inconnu demeure sur ce que sont ensuite devenus les trappistes jusqu'à la découverte de leurs têtes.

L'ouvrage rapporte aussi le témoignage d'un autre militaire dissident, Karim Moulaï, qui donne une version nouvelle de l'exécution. M. Moulaï affirme avoir été en poste dans un centre de la sécurité militaire, à Ben-Aknoun près d'Alger, au moment des faits.

Il assure qu'un commando d'agents a été chargé de tuer les moines et que leur exécution a eu lieu au CTRI de Blida entre le 25 et 27 avril. Une assertion quasi impossible à recouper en l'état.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20110911.AFP7978/les-moines-de-tibehirine-un-livre-met-en-accusation-la-securite-militaire-algerienne.html
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MessageSujet: Re: DES HOMMES ET DES DIEUX   Ven 27 Jan - 9:01

Tibéhirine : le juge Trévidic veut se rendre en Algérie pour autopsier les moines

Le juge Marc Trévidic veut se rendre en Algérie pour exhumer et autopsier les crânes des sept moines de Tibéhirine tués en 1996, leurs corps n'ayant jamais été retrouvés, selon une information de Marianne à paraître samedi et confirmée par une source proche du dossier.

Le juge Trévidic a adressé une commission rogatoire internationale à l'Algérie, rédigée le 16 décembre et traduite en arabe, précisant sa demande d'autopsie et la vingtaine de témoins qu'il souhaite entendre sur place, précise l'hebdomadaire. Il entend se rendre à Tibéhirine, exhumer les têtes, pratiquer une expertise ADN pour identifier les victimes, puis réaliser l'autopsie avec deux médecins légistes, un expert en empreintes génétiques et un photographe de l'identité judiciaire, avant de remettre les cercueils en terre, ajoute-t-il. Le juge Trévidic a réuni en octobre les familles des victimes pour leur exposer sa démarche et obtenir leur assentiment.

Les sept moines de l'ordre de Cîteaux de la stricte observance avaient été enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 dans leur monastère isolé situé près de Médéa. Le Groupe islamique armé (GIA) de Djamel Zitouni avait revendiqué l'enlèvement et l'assassinat des moines. Leurs têtes avaient été retrouvées le 30 mai au bord d'une route de montagne, mais leurs corps ne l'ont jamais été. Une autopsie de ces têtes pourrait permettre au juge de recueillir des indices sur les conditions de leur mort. Après avoir suivi la thèse islamiste, l'enquête judiciaire s'est réorientée depuis 2009 et le témoignage d'un ancien attaché de défense à Alger vers une bavure de l'armée algérienne.

http://www.lepoint.fr/societe/tibehirine-le-juge-trevidic-veut-se-rendre-en-algerie-pour-autopsier-les-moines-27-01-2012-1424221_23.php
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MessageSujet: Re: DES HOMMES ET DES DIEUX   Ven 14 Déc - 8:27

Tibhirine, pourquoi le juge Trévidic veut aller sur place

L’avocat des parties civiles dans l’affaire des moines de Tibhirine adresse une lettre ouverte au président Hollande pour qu’il évoque le dossier lors de son déplacement la semaine prochaine à Alger. La Croix la publie en exclusivité.




Le juge antiterroriste Marc Trévidic attend le feu vert des autorités algériennes pour pouvoir poursuivre ses investigations dans l’enquête sur la mort des moines de Tibhirine.

Contrairement au discours officiel tenu à Alger, qui fait des islamistes les auteurs du massacre, il n’est plus exclu que les autorités algériennes soient impliquées dans la mort des religieux.



POURQUOI LA COMMISSION ROGATOIRE EST-ELLE CRUCIALE ?


Se rendre dès que possible en Algérie, telle est la priorité du juge Marc Trévidic. « Il faut commencer par le commencement ! », insiste le magistrat instructeur. Et pour cause, dans cette affaire hors du commun, rien n’a été fait selon les règles. Il a d’abord fallu attendre sept ans pour qu’une instruction soit finalement ouverte. Une fois lancée, l’enquête a végété pendant plusieurs années : aucune audition cruciale n’a été ordonnée, aucune autopsie des dépouilles n’a été versée au dossier, etc.

Depuis qu’il a récupéré le dossier, le juge antiterroriste a deux priorités : se rendre en Algérie pour auditionner une vingtaine de témoins clés de l’affaire et, surtout, exhumer les têtes des défunts (1). Pour remonter aux auteurs de la tuerie, il est impératif selon lui de savoir si les têtes présentent ou non des impacts de balles et si les moines ont été décapités ante ou post mortem.

La commission rogatoire adressée par ses soins à Alger il y a tout juste un an n’a fait l’objet d’aucun commentaire officiel. Difficile, donc, de connaître l’état d’esprit des autorités algériennes. « Si elles ne peuvent pas ouvertement refuser la poursuite de l’enquête, elles peuvent en revanche s’arranger pour effectuer les demandes d’actes en dehors de la présence du juge et, un beau matin, lui remettre le tout en estimant que l’affaire est close », s’inquiète l’avocat des parties civiles, Me Patrick Baudouin.

Marc Trévidic garde bon espoir de pouvoir se rendre sur place. Reste toutefois à négocier les conditions de sa venue. Il tient en effet à assister à l’exhumation des têtes et à les faire autopsier sur place par des experts français. S’agissant de l’audition des témoins, il réclame de pouvoir intervenir directement lors des interrogatoires. Autant de conditions difficiles à négocier auprès d’autorités algériennes qui ne voient pas d’un bon œil ce qu’elles considéreraient être les ingérences de la France dans les affaires intérieures du pays.

Que sait-on de la mort des moines ?

À Alger, le discours officiel n’a pas varié depuis 1996 : les moines ont été décapités par les islamistes qui les avaient kidnappés. La revendication du massacre par le Groupe islamique armé (GIA) vient à l’appui de cette thèse. L’enquête a toutefois pris un tour inattendu en 2009 avec l’audition du général François Buchwalter.

Selon cet ancien attaché de défense à l’ambassade de France à Alger, la mort des religieux résulterait d’une bavure de l’armée algérienne. « Lors d’une mission, (NDLR : des militaires en hélicoptère) ont repéré le bivouac. Ils ont tiré. Une fois posés, ils ont découvert qu’ils avaient tiré sur les moines », a-t-il expliqué au juge. À l’entendre, les moines auraient ensuite été décapités pour laisser croire à une exécution par les islamistes. Afin de ne pas éveiller les soupçons sur les causes exactes de leur mort, les autorités algériennes auraient fait en sorte qu’on ne retrouve que leurs têtes, et non leurs corps criblés de balles.

Nouveau rebondissement, quelques mois plus tard : selon Karim Moulai, un ancien agent de la sécurité militaire, l’enlèvement des religieux aurait été fomenté par le Département du renseignement et de la sécurité (DRS) et c’est un commando des services algériens qui les aurait exécutés. En mai 2011, Abdelkader Tigha, un ancien adjudant du DRS, confirme lui aussi l’implication des services secrets algériens dans l’enlèvement des sept trappistes. Selon lui, les services algériens auraient fait revendiquer l’assassinat par le GIA, lequel était infiltré au plus haut niveau par des hommes du DRS. Les autorités algériennes auraient ainsi souhaité montrer à la France la réalité du danger islamiste et obtenir son soutien accru dans la traque contre le terrorisme…

Qu’ont révélé les notes déclassifiées par la France ?

Après les révélations chocs du général Buchwalter, plusieurs notes « secret défense » ont été déclassifiées. Certaines d’entre elles donnent à penser que les autorités françaises ont tout fait pour ne pas mettre en difficulté leurs homologues algériens. Une note de la DGSE montre par exemple que les services secrets français savaient dès le 25 mai 1996, soit cinq jours avant l’annonce officielle du massacre des religieux, que seules les têtes des moines seraient restituées.

Lorsque Alger a finalement annoncé le 30 mai le décès des religieux et évoqué leurs « cadavres », les autorités françaises n’ont pas jugé utile de préciser aux familles que les dépouilles des victimes se résumaient à leurs seules têtes. Sans l’insistance du P. Armand Veilleux – qui a exigé qu’on ouvre les cercueils et qui a fait la macabre découverte –, personne n’aurait jamais su que les corps manquaient (lire l’entretien ci-contre) .

Une autre note de la DGSE, datée du 4 juin 1996, intrigue plus encore. Les services français y évoquent l’existence d’une opération de l’aviation algérienne qui « aurait bombardé le lieu où les moines ont été exécutés », mais « le lendemain de leur exécution » . La note conclut : « En conséquence, la présence de traces de blessures par balles sur les corps, s’ils étaient retrouvés, ne serait pas significative de la cause du décès des moines. » Les enquêteurs s’étonnent de cette façon d’exonérer d’emblée les autorités algériennes… alors même que la date exacte de la mort des moines reste inconnue.

Dernière déclassification déroutante : un document signé de l’ambassadeur de France à Alger résume l’ensemble des constatations médico-légales réalisées sur les têtes des victimes. Cette note est censée se baser sur le rapport d’autopsie réalisé par le médecin-gendarme de l’ambassade. Ce dernier, entendu par le juge, affirme n’avoir jamais réalisé d’autopsie. Il en aurait été bien incapable, ajoute-t-il, n’ayant aucune compétence en matière légiste.

Et, en effet, aucune autopsie ne figure au dossier. Les enquêteurs se demandent donc comment l’ambassadeur a pu étayer son compte rendu d’observations médico-légales aussi techniques sans avoir pour support un document médical. Ils n’excluent pas qu’il ait recopié une autopsie réalisée par les autorités algériennes elles-mêmes, dont les conclusions allaient dans le sens de la version officielle.

COMMENT EXPLIQUER L’ATTENTISME DES AUTORITÉS FRANÇAISES ?

Les enquêteurs ont le sentiment que rien n’est fait pour que l’affaire soit un jour élucidée. Le fait qu’aucune enquête préliminaire n’ait été ouverte par le parquet au lendemain de la mort des moines – alors qu’il s’agit d’une procédure quasi automatique après une mort suspecte – intrigue en effet. Selon Me Patrick Baudouin, l’inertie du parquet – et, en réalité, de l’exécutif – trouve son explication dans le contexte de l’époque. « Après la prise d’otages de l’Airbus en 1994 et la vague d’attentats à Paris en 1995, la priorité était donnée à la coopération entre les services secrets des deux pays. »

Dans ce contexte, peut-on imaginer que les services algériens aient été impliqués d’une façon ou d’une autre dans la mort des moines, que les autorités françaises l’aient su et aient accepté de fermer les yeux ? En clair : a-t-on sacrifié la vérité judiciaire sur l’autel de la coopération entre services ? Les enquêteurs ne l’excluent pas, même s’il ne s’agit que d’une simple hypothèse.

Quinze ans après les faits, le contexte a changé. Rien ne dit toutefois que l’époque soit plus propice aux investigations fouillées. Le rôle central joué par l’Algérie dans les négociations visant à faire libérer les otages français actuellement retenus au Mali complique à nouveau la donne. « Au fond, ce n’est jamais le bon moment », conclut, lucide, le juge Trévidic.

(1) Leurs dépouilles n’ont jamais été retrouvées.

MARIE BOËTON

http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/Tibhirine-pourquoi-le-juge-Trevidic-veut-aller-sur-place-_EG_-2012-12-13-887526
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MessageSujet: Re: DES HOMMES ET DES DIEUX   Lun 29 Avr - 19:26



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Michael Lonsdale porte la voix de Tibhirine à la cathédrale de Tulle





Le comédien Michaël Lonsdale accompagné du pianiste Nicolas Céloro étaient à Tulle pour porter une Parole d’amour de Tibhirine.
Un concert-lecture qui fait écho, trois ans après, au film de Xavier Beauvois, "Des hommes et des Dieux" dans lequel il incarnait Frère Luc. Aujourd'hui encore il se souvient avec émotion de son rôle qui lui valut un César.






Michael Lonsdale lit des textes de l'évangile selon Saint-Jean à la Cathédrale de Tulle (Corrèze)



L’acteur croyant a été très profondément touché par l’histoire des moines de Tibhirine, assassinés en Algérie en1996. Dans le film de Xavier Beauvois, il interprétait frère Luc dont l’exemplarité chrétienne et bienfaitrice irradiait au delà de l'enceinte du monastère. La lecture autour des textes de l’Evangile selon Saint-Jean et de Frère Luc a résonné en les murs de la cathédrale de Tulle.
© France3 / Culturebox












Michaël Lonsdale se fait le porte-voix du drame de Tibhirine. Avec ce concert-lecture il rend hommage aux moines qui ont péri d'une manière brutale et inexpliquée. Aujourd'hui encore le doute persiste, mais la communauté subsiste. Seuls deux moines ont survécu, le frère Amédée et le frère Jean-Pierre qui avaient réussi à se cacher et à échapper aux ravisseurs.

Aujourd'hui, à 89 ans, le frère Jean-Pierre Schumacher continue de faire vivre cette communauté à Midelt dans le Haut-Atlas. Son histoire et son témoignage sont relatés dans le livre de Nicolas Ballet "L'esprit de Tibhirine", aux éditions du Seuil.





http://www.francetv.fr/culturebox/michael-lonsdale-porte-la-voix-de-tibhirine-a-la-cathedrale-de-tulle-135461




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MessageSujet: Re: DES HOMMES ET DES DIEUX   Mer 15 Mai - 8:36




















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MessageSujet: Re: DES HOMMES ET DES DIEUX   Mer 19 Juin - 14:49




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Tibéhirine: les familles des moines écrivent à François Hollande


Dix-sept ans après les assassinats, elles l'exhortent de « lever les entraves » posées par les autorités algériennes.






Rebondissement dans l'assassinat des moines de Tibéhirine, enlevés dans leur monastère dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 avant que leurs têtes soient retrouvées deux mois plus tard sur le bord d'une route de montagne.

Déplorant que la commission rogatoire internationale délivrée en décembre 2011 par le juge parisien Marc Trévidic à Alger s'enlise depuis près de vingt mois du fait d'une suspecte inertie des autorités locales, les familles montent au créneau.
Par le truchement de leur conseil, Me Patrick Baudouin, elles ont adressé mardi soir au président François Hollande une lettre ouverte dont Le Figaro révèle le contenu.



Après des années d'attente et de propos feutrés destinés à ne froisser la moindre susceptibilité, le ton devient incisif. Courroucé et presque rugueux.
Considérant sans détour que «du côté algérien, il va sans dire qu'aucune action sérieuse n'a été entreprise pour faire la lumière sur ces assassinats», les familles affirment qu'il est «devenu indispensable, pour continuer à progresser dans la recherche de la vérité, d'accomplir divers actes en Algérie(…)» aux fins, «d'une part, de procéder à certaines auditions et, d'autre part, de faire enfin pratiquer une autopsie des têtes des moines.»


«Toutes les familles de ces derniers ont donné au juge leur accord pour que les autopsies puissent être réalisées», précise le courrier qui rappelle au chef de l'État que «plus le temps passe, plus les chances s'amenuisent de pouvoir obtenir un résultat».




Crainte du «dépérissement des preuves



Préoccupées par cette «question du dépérissement des preuves», les familles expriment leur ras-le-bol: «Il n'est pas acceptable que perdure la résistance des autorités algériennes à une collaboration réelle et positive avec la justice française.»
Et portent l'estocade: «Le climat d'opacité maintenu par ces autorités ne peut que continuer à entretenir la suspicion et le sentiment de totale impunité qui prévaut chez les victimes des violences qu'a connues ce pays.»

Dire que le spectre des sept religieux français de l'ordre de Citeaux hante de façon lancinante les relations franco-algériennes est un doux euphémisme.


Au fil des révélations obtenues notamment grâce à la pugnacité du juge Marc Trévidic, la thèse officielle du crime islamiste du GIA est battue en brèche. Sur procès-verbal, Abdelkader Tigha, ancien membre de la sécurité militaire algérienne, a notamment accusé Alger d'avoir ordonné l'enlèvement des religieux.
Mohamed Samraoui, qui fut lui aussi un agent des services de sécurité, a également soutenu que le GIA était instrumentalisé par la sécurité militaire. Plus récemment, le général Buchwalter, en poste à Alger de 1995 à 1998, a affirmé avoir appris qu'un pilote d'hélicoptère de l'armée algérienne et ses hommes avaient ouvert le feu sur un bivouac suspect: «Une fois posés, ils ont découvert qu'ils avaient tiré notamment sur les moines. Les corps des moines étaient criblés de balles.»


«Un des éléments compromettants vient du fait que les autorités algériennes ne voulaient pas ouvrir les cercueils dans lesquels ils avaient dit avoir placé les dépouilles des moines, rappelle Me Baudouin. Il a fallu l'obstination du père Armand Veilleux, responsable de l'ordre cistercien, pour découvrir qu'ils ne renfermaient chacun qu'une seule tête…»



Plus que jamais, le dossier épouse donc les contours d'une affaire d'État. En décembre 2012, à la veille d'une visite d'État à Alger, François Hollande avait été destinataire d'un premier appel solennel. Par voie épistolaire déjà, Me Baudoin avait demandé que l'hôte de l'Élysée fasse le nécessaire pour sortir la procédure de l'ornière.


À l'occasion de sa rencontre avec son homologue Bouteflika, le président de la République s'était livré à un numéro d'équilibriste. Il avait abordé le délicat sujet, sachant qu'il sollicitait à l'époque de l'aide de son précieux partenaire pour préparer l'intervention au Mali.

«Le président Bouteflika m'a dit qu'il avait donné toutes instructions, autant qu'il est possible, à la justice, pour aller jusqu'au bout de l'enquête», avait assuré François Hollande à l'issue de l'entretien.



Dans une lettre à l'avocat des familles, en date du 28 janvier dernier, le chef de l'État a répété: Bouteflika «m'a assuré de la coopération des autorités algériennes» avant de formuler cette engageante promesse: «Je veillerai personnellement au développement de cette coopération.»




« Toute vérité n'est pas bonne à dire tout de suite »
Président Abdelaziz Bouteflika, en 2004




Depuis lors, pourtant, le dossier est au point mort. Et Marc Trévidic attend toujours le feu vert pour enquêter sur place. S'il ne fait pas obstacle à la procédure, le président Bouteflika doit composer avec les militaires du régime.
Interrogé au sujet des moines en 2004, il avait lâché cette phrase à peine sibylline: «toute vérité n'est pas bonne à dire tout de suite».


«La France ne peut quant à elle se désintéresser du sort tragique réservé à sept de ses ressortissants qui n'ont cessé d'œuvrer dans leur pays d'adoption pour la paix et la réconciliation, et dont la vie exemplaire fait honneur à l'humanité tout entière», martèle l'avocat des parties civiles dans son courrier à François Hollande.
Ainsi informé de manière solennelle «de la persistance d'une situation de blocage», le chef de l'État se voit donc demander une ultime fois «d'intervenir à nouveau afin de lever les entraves apportées à la poursuite de l'instruction».


Plusieurs familles en profitent pour formuler le souhait d'une audience à l'Élysée afin d'exposer leurs «préoccupations» et leurs «espoirs». Les moines de Tibéhirine, dont l'extraordinaire don de soi a été célébré dans le film de Xavier Beauvois Des hommes et des dieux , méritent plus que jamais que la lumière soit faite sur les circonstances de leur martyre.


http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/06/19/01016-20130619ARTFIG00237-tibehirine-les-familles-des-moines-ecrivent-a-francois-hollande.php




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MessageSujet: Re: DES HOMMES ET DES DIEUX   Jeu 28 Nov - 19:44

Tibéhirine: Alger donne son feu vert pour l'exhumation des moines assassinés

Le juge Trévidic pourrait se rendre fin février ou début mars en Algérie avec une équipe d'experts français pour procéder à l'autopsie des crânes des religieux assassinés. En revanche, il ne pourra assister à l'audition d'une vingtaine de témoins cités dans le cadre la commission rogatoire internationale.

Une lueur d'espoir. Dix-huit ans après l'assassinat des sept moines de Tibéhirine, enlevés dans leur monastère dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, les autorités algériennes ont donné leur feu vert pour l'exhumation des têtes des religieux français de l'ordre de Citeaux retrouvées deux mois plus tard sur une route de montagne. Selon nos informations, le juge antiterroriste Marc Trévidic, qui s'est rendu à Alger de lundi à mercredi dernier, a obtenu l'assurance de ses homologues locaux se pouvoir mener, avec l'assistance d'une équipe de techniciens français, à l'autopsie des crânes afin de déterminer les circonstances dans lesquelles ont été perpétrés les crimes barbares. Un médecin légiste, un anthropologue, un expert en empreintes génétiques, un radiologue ainsi qu'un photographe de l'identité judiciaire devraient participer à cette mission. D'un commun accord, les travaux d'expertise médico-légale seront effectués en présence d'enquêteurs et de scientifiques algériens.

Dans l'entourage du magistrat, on se félicite du «très bon accueil» qui lui a été réservé et de «l'esprit constructif» qui pourrait permettre de faire le jour à ce qui est convenu d'appeler une véritable affaire d'État.

Outre d'éventuelles traces suspectes de perforations par balles, les experts pourront procéder à une ultime série d'expertises permettant de savoir si les décapitations des victimes sont post ou ante mortem. En d'autres termes, il s'agit de confirmer ou au contraire réfuter définitivement la thèse officielle d'un acte du Groupe islamique armé (GIA), privilégiée par Alger après une revendication de l'émir Djamel Zitouni au lendemain du septuple assassinats. Reste à savoir si le poids des années n'a toutefois pas effacé les traces.

Les algériens, rassurants, ont promis de mettre à disposition tout le matériel radiologique nécessaire aux examens. Au besoin, les autorités françaises pourraient aussi affréter du matériel sophistiqué depuis la France par avion cargo. «Dans la mesure où Tibéhirine se situe à environ 1000 mètres d'altitude et que les hivers y ont très rigoureux, le juge Trévidic et l'équipe qu'il met sur pied devront peut être attendre au moins la fin février avant de se rendre sur place», confie au Figaro une source proche du dossier. Sur place, la mission, méticuleuse, durera quatre ou cinq jours.

Pour l'heure, la procédure française ne dispose que de clichés des têtes des victimes, photographiées légèrement de profil effectuées par les gendarmes de Médéa à l'époque de la macabre découverte. Officiellement, les autorités algériennes ont depuis lors toujours prétendu n'avoir jamais pratiqué d'autopsie, ni de radiographie. Le juge souhaite aussi s'assurer que les restes humaines sont bel et bien ceux des religieux en faisant des comparaisons génétiques avec des échantillons prélevées sur des membres de leur famille.
«Au mépris de toute logique judiciaire, ce massacre hors du commun n'avait, à l'origine, jamais fait l'objet de la moindre ouverture d'enquête préliminaire, ni d'une quelconque analyse médico-légale, confiait il y a quelques mois au Figaro une source judiciaire. Il a fallu la constitution d'une partie civile en 2003 pour qu'une information judiciaire soit ouverte…» Alors que le dossier semblait s'enliser, ce feu vert d'Alger est considéré comme une signe très positif. Défiant les Cassandre qui lui prédisaient l'impasse, le juge Trévidic avait déjà réussi à pratiquer de précieuses expertises balistiques au Rwanda en septembre 2010.

Dans le cadre de la commission rogatoire internationale qu'il a délivrée en décembre 2011, Trévidic souhaite aussi recueillir les témoignages de vingt-deux témoins qui, pour l'heure, n'ont jamais été interrogés directement par des magistrats français. Parmi eux figurent notamment de présumés «geôliers» soupçonnés d'avoir transporté ou séquestré les prisonniers dans une maison surnommée el-Dar el-Hamra («la Maison rouge»), au lieu-dit de Tala es-Ser dans la région de Médéa, ainsi que d'anciens repentis islamistes du GIA.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/11/28/01016-20131128ARTFIG00502-tibehirine-alger-donne-son-feu-vert-pour-l-exhumation-des-moines-assassines.php
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MessageSujet: Re: DES HOMMES ET DES DIEUX   Sam 31 Mai - 14:20

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Tibéhirine : nouveau report de la mission de Marc Trévidic à Alger









La mission d'expertise du juge antiterroriste, qui était programmée samedi, vise à exhumer les corps des sept moines français pour faire enfin le jour sur les circonstances de leur assassinat, perpétré il y a 18 ans.
Me Patrick Baudouin, avocat des familles, espère que la prochaine venue de Laurent Fabius à Alger débloquera le dossier.




Nouvelle déconvenue pour les familles des sept moines de Tibéhirine, enlevés dans leur monastère dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 et retrouvés décapités deux mois plus tard sur une route de montagne.

La mission d'expertise que devait mener à partir de samedi en Algérie le juge antiterroriste Marc Trévidic, pour autopsier les crânes et tenter de déterminer enfin les circonstances dans lesquelles ont été perpétrés les crimes barbares, a été annulée.









Depuis des semaines, le magistrat français a mis sur pied une équipe de quatorze personnes, regroupant des fonctionnaires de la police judiciaire, des officiers de sécurité, un médecin légiste, un anthropologue, un expert en empreintes génétiques, un radiologue ainsi qu'un photographe de l'identité judiciaire.


Alors qu'Alger temporise, Paris peine à masquer son inquiétude face cette nouvelle déconvenue. Après avoir reçu un feu vert en novembre, le juge Trévidic devait déjà se rendre sur place du 2 au 6 mars dernier, avant que les autorités algériennes ne reportent la visite «à la fin mai ou au début juin».

Ce premier changement de calendrier avait été alors motivé par la tenue de l'élection présidentielle du 17 avril, qui a reconduit Abdelaziz Bouteflika au pouvoir.



Depuis lors, Trévidic était resté en contact indirect, via le magistrat de liaison à Alger, avec ses homologues algériens qui semblaient enclins à recevoir la mission française.


«À plusieurs reprises, des assurances verbales lui avaient été données, les billets d'avion avaient été pris pour le 31 mai et l'ordre de mission avait été signé par la Chancellerie, confie au Figaro une source informée.
Mais, il y a une quinzaine de jours, les Algériens ont soudain demandé que de nouveaux actes et auditions soient effectués avant d'accorder leur autorisation.
Puis, ils ont proposé au dernier moment d'avancer la date alors que tout était calé. Nous avons la fâcheuse impression qu'il s'agit là d'un nouveau prétexte, d'un contre-feu pour repousser encore ce voyage.»



Le déplacement officiel du ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, dans une semaine à Alger pourrait lever les derniers verrous et permettre l'obtention des précieux visas susceptibles de relancer une instruction qui s'enlise depuis des mois.
Pour certains observateurs, il s'agit d'une «dernière chance».



Outre d'éventuelles traces suspectes de perforations par balles, les experts français veulent toujours procéder à une ultime série d'expertises permettant de savoir si les décapitations des victimes sont post ou ante mortem.
Agissant dans le cadre de la commission rogatoire internationale délivrée en décembre 2011, ils entendent éprouver la piste d'un acte du Groupe islamique armé (GIA), privilégiée par Alger après une revendication de l'émir Djamel Zitouni au lendemain du septuple assassinat.


Au fil des révélations, cette thèse officielle semble battue en brèche. Sur procès-verbal, Abdelkader Tigha, ancien membre de la sécurité militaire algérienne, a accusé Alger d'avoir ordonné l'enlèvement des religieux.
Mohammed Samraoui, ex-agent des services de sécurité, a lui aussi soutenu que le GIA était instrumentalisé. Plus récemment, le général Buchwalter, en poste à Alger de 1995 à 1998, a affirmé avoir appris qu'un pilote d'hélicoptère de l'armée algérienne et ses hommes avaient ouvert le feu sur un bivouac suspect: «Une fois posés, ils ont découvert qu'ils avaient tiré notamment sur les moines. Les corps des moines étaient criblés de balles.»




«En cas de refus, nous en tirerons les conséquences»



Sans désarmer, les familles des religieux, par la voix de leur conseil Me Patrick Baudouin, entendent poursuivre leur combat pour connaître la vérité.
«Nous déplorons ce nouveau contretemps et espérons qu'il ne s'agit que d'un report à brève échéance, confie vendredi au Figaro Me Baudouin.
Dans le cas contraire, nous serons obligés d'en tirer toutes les conséquences…»

Préoccupées par cette «question du dépérissement des preuves», les familles expriment leur ras-le-bol dans une lettre ouverte adressée en juin 2013 à François Hollande et dont Le Figaro avait révélé le contenu: «Il n'est pas acceptable que perdure la résistance des autorités algériennes à une collaboration réelle et positive avec la justice française.»



Considérant sans détour que «du côté algérien, il va sans dire qu'aucune action sérieuse n'a été entreprise pour faire la lumière sur ces assassinats», elles affirmaient déjà qu'il est «devenu indispensable, pour continuer à progresser dans la recherche de la vérité, d'accomplir divers actes en Algérie (…)»

«Toutes les familles de ces derniers ont donné au juge leur accord pour que les autopsies puissent être réalisées», précise le courrier qui rappelle au chef de l'État que «plus le temps passe, plus les chances s'amenuisent de pouvoir obtenir un résultat».



Dans un courrier à l'avocat des familles, en date du 28 janvier dernier, le chef de l'État avait déclaré: Bouteflika «m'a assuré de la coopération des autorités algériennes».
Avant de formuler cette engageante promesse: «Je veillerai personnellement au développement de cette coopération.» C'était il y a cinq mois.




http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/05/30/01016-20140530ARTFIG00144-tibehirine-nouveau-report-de-la-mission-de-marc-trevidic-a-alger.php



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liliane
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MessageSujet: Re: DES HOMMES ET DES DIEUX   Ven 20 Fév - 10:24

Tibhrine: un témoin met en cause l'Algérie


Un homme se présentant comme un ex-agent des services secrets algériens, entendu en janvier par le juge français Marc Trevidic, a mis en cause l'armée dans l'assassinat en 1996 des moines cisterciens de Tibhirine.

Aujourd'hui âgé de 34 ans et vivant en Savoie où il est menacé d'expulsion, Mourad B. a expliqué au magistrat être entré fin 2006-début 2007 dans les services algériens, qui l'ont chargé d'infiltrer les rangs islamistes, sous le nom de code d'Abou Nadil, a rapporté une source proche du dossier.

Disant avoir dépendu du centre territorial de recherche et d'investigations d'Oran (CTRI), il aurait constaté que les groupes djihadistes étaient largement infiltrés par les services algériens: "Des terroristes téléphonaient et j'ai entendu des conversations", "J'ai vu des mères de terroristes venir au centre militaire d'investigations et on leur donnait de l'argent", a raconté Mourad B. au juge.

Fin 2009, début 2010, il exprime le souhait d'arrêter de travailler pour les services. Cet "infiltré" explique qu'un supérieur l'aurait alors prévenu "qu'on ne sortait pas de chez eux comme on y entrait". Un autre officier se serait ensuite fait plus précis dans ses menaces: "Si tu nous trahis, on fera ce que le colonel (...) a fait aux moines", l'aurait prévenu ce supérieur, selon sa déclaration.

Mourad B. quitte l'Algérie début 2011 pour la France. Son titre de séjour a depuis expiré, le plaçant sous la menace d'une expulsion vers l'Algérie où, dit-il, il serait en danger. L'enlèvement puis la mort de Christian de Chergé, Luc Dochier, Paul Favre Miville, Michel Fleury, Christophe Lebreton, Bruno Lemarchand et Célestin Ringeard, a donné lieu à plusieurs versions.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/02/20/97001-20150220FILWWW00065-tibhrine-un-temoin-met-en-cause-l-algerie.php
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MessageSujet: Re: DES HOMMES ET DES DIEUX   Sam 18 Avr - 11:56



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"13h15 le samedi" : Qui a tué les sept moines de Tibhirine ?


Sept moines français ont été enlevés en 1996 dans leur monastère de Tibhirine en Algérie. Le Groupe islamique armé (GIA) revendique leur assassinat et les têtes des trappistes sont retrouvées un mois plus tard. De nombreux témoignages remettent en cause la thèse officielle...

"Pourquoi est-ce si difficile de faire avancer ces démarches judiciaires ? Au bout d'un moment, on se demande ce qu'il y a au cœur du problème, si ce n'est les services algériens eux-mêmes", s'interroge Françoise Boegeat, la nièce de frère Paul, l'un des sept moines trappistes français enlevés en 1996 au monastère de Tibhirine en Algérie.

Le juge Marc Trévidic, en charge de l'enquête sur l'assassinat des religieux dont on a retrouvé les têtes un mois après leur rapt, affirme que "ces gens-là ont un réflexe d'autodéfense, ce qui ne veut pas dire qu'ils savent la vérité. Ca veut dire qu'ils ont peur de ce qu'ils peuvent découvrir".
"On a fini le travail... On les a tués"

Pour François Gèze, membre de l'association Algeria-Watch qui informe sur "la situation droits humains en Algérie", "l'hypothèse qu'ils auraient été tués avant est assez logique. Quelque chose a dû se passer au cours du premier mois de leur enlèvement".

"On a fini le travail... On l'a fait... On les a eus... On les a tués", témoigne à visage découvert Karim Moulaï, ancien membre des services secrets algériens (DRS) actuellement réfugié en Angleterre. Dix-neuf ans après les faits, les familles et amis des sept moines décapités attendent toujours de connaître la vérité.

Un document de Lionel Feuerstein, Matthieu Rénier et Anthony Santoro, à découvrir en intégralité dans 13h15 le samedi du 18 avril.



Extrait de "13h15 le samedi" du 18 avril.





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MessageSujet: Re: DES HOMMES ET DES DIEUX   Sam 18 Avr - 13:15


La phrase Kyrie Eleison signifie « Seigneur, prends pitié »
qu'on peut résumer par "action de grâce".
Les plus belles prières sont des chansons
celles qui bercent et guérissent.
Pour qu'on oublie jamais ...
comme le temps passe vite, les chants montent au plus haut,
et retombent, pour recouvrir de blancs manteaux les âmes pures,
les Frères de THIBiRINE, n'auront jamais froid !
il neige sur les hautes montagnes de Kabylie ..
peut être qu'a cette époque quelques fleurs poussent sur leurs pas.
une ou 7 jonquilles seront la présence de leur esprits,
toujours présents et bienveillants.

« Le choix des moines de Tibhirine de servir le « Dieu désarmé » plutôt que le « Dieu des armées » était et demeure une provocation pour tous ceux qui croient au pouvoir des armes »
citation de Henry Quinson.
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MessageSujet: Re: DES HOMMES ET DES DIEUX   Sam 15 Aoû - 13:38

Bonne Fête de la Vierge
à tous

cette voix céleste et intense exalte le mystère de la foi.
En hommage à tous les Chrétiens d'Orient et d'Occident.
Gardons le souvenir des Frères de Tibhirine et d'ailleurs ,
d'Algérie, de Syrie, d'Irak ..
plus loin encore d'Arménie et aussi de Rome,
il y a des temps et des temps.
aujourd'hui on découvre les massacres sanglants, la barbarie du 21e siècle et on s'étonne ?

l'histoire n'est qu'un éternel recommencement
Voici la voix d'un Ange
elle vient du Mont Liban ..


Soeur Marie Keyrouz du Liban
pour la paix des âmes

O Vierge Marie, O saintes âmes du paradis,
faites entrer par vos prières notre frêle navire
dans le port de la bienheureuse éternité.
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MessageSujet: Re: DES HOMMES ET DES DIEUX   Dim 17 Avr - 13:54

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13h15 le dimanche.
Moines de Tibhirine : sept morts sur ordonnance




Qui a tué au printemps 1996 les sept moines français enlevés dans leur monastère de Tibhirine en Algérie ? Une énigme de vingt ans dont les familles et la France attendent la résolution. Samedi 16 avril, vingt ans après leur disparition, un hommage officiel leur est rendu pour la première fois. Leurs proches, des représentants de la communauté chrétienne d’Alger, quelques dignitaires musulmans et des habitants de Tibhirine qui côtoyaient les moines seront présents.

La thèse officielle d'un assassinat collectif revendiqué par le Groupe islamique armé (GIA), très actif au moment des faits, est remise en cause par de nombreux témoignages. L'année dernière, dix-neuf ans après les faits, le juge antiterroriste Marc Trévidic avait relancé l'enquête en se déplaçant en Algérie pour pratiquer des autopsies et réaliser des expertises scientifiques.



Des hommes de paix décapités



Le magazine "13h15 le dimanche" (Facebook, Twitter, #13h15) diffusé sur France 2 a rencontré le juge Trévidic, enquêté et interrogé des hommes de l'ombre, espions et responsables de services secrets.

Dans ce document de Lionel Feuerstein, Matthieu Rénier et Anthony Santoro, la parole est également donnée à ceux qui ont connu ces hommes de paix décapités ! Ils se battent pour faire éclater la vérité... vingt ans plus tard.



http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/13h15/13h15-du-dimanche-17-avril-2016_1399051.html





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