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 Newsweek : la véritable question nucléaire : le contrôle des matériaux

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liliane
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MessageSujet: Newsweek : la véritable question nucléaire : le contrôle des matériaux   Mer 14 Avr - 15:02

Le terrorisme nucléaire représente une nouvelle menace que la communauté internationale n’est tout simplement pas prête à affronter.



Si le président Obama a raison lorsqu’il affirme que le risque de voir des terroristes se procurer une arme nucléaire représente la plus grande menace à laquelle doivent faire face les Etats-Unis — comme il l’a déclaré à Prague l’an dernier, position réitérée voici une semaine dans le rapport gouvernemental dit "Nuclear Posture Review" — le "sommet sur la sécurité nucléaire" qui s’est tenu à Washington cette semaine est bien plus important que le nouveau traité START signé la semaine dernière avec le président russe Dimitri Medvedev. Le traité START comporte quelques modestes mesures destinées à dédramatiser un face à face qui, on l’espère appartient au passé.

Le terrorisme nucléaire, en contraste, représente une nouvelle menace que la communauté internationale n’est tout simplement pas prête à affronter. Que 47 leaders internationaux se réunissent à Washington pour en parler suggère que le monde commence à en prendre conscience. Le défi qui se pose à Obama sera de traduire cette inquiétude en actions concrètes.



L’acquisition d’armes : "devoir religieux" de Ben Laden

La menace est bien réelle. Oussama ben Laden a décrété "devoir religieux" l’acquisition d’armes non seulement nucléaires, mais également biologiques. Fin 2002 et début 2003, des agents d’Al Qaeda en Arabie Saoudite se pensaient si près de réussir l’achat de trois bombes nucléaires — supposément d’origine russe — que leur commandement a autorisé la transaction, quelle que soit le prix demandé, à la seule condition que des ingénieurs atomiques pakistanais (restés anonymes) puissent inspecter les armes et confirmer leur authenticité. Selon l’ancien directeur de la CIA George Tenet, qui révèle l’incident dans ses mémoires, alertés par la CIA, les Saoudiens ont pu écraser le réseau.

On ne sait pas vraiment si les bombes russes en question existaient réellement. En dépit de vingt ans et plus de sept milliards de dollars d’assistance technique américaine à la Russie, le contrôle par l’état russe de son arsenal de têtes nucléaires tactiques — qu’on estime à plus de 5000, ce que la Russie se refuse à confirmer — représente toujours pour les experts du Pentagone chargés de la question une source d’inquiétude.

Selon Gary Samore, qui chapeaute les travaux sur la non-prolifération à la Maison Blanche, le défi autour duquel Obama veut organiser le sommet, c’est la quantité d’uranium enrichi et de plutonium, matières premières des armes nucléaire, existant encore dans le monde. "Certains stocks doivent être protégés et sécurisés de façon beaucoup plus stricte" indique Samore.



1600 tonnes d’uranium enrichi et 500 tonnes de plutonium

L’Agence Internationale de l’Énergie Atomique de Vienne a calculé qu’il existe dans le monde une quantité ahurissante de 1600 tonnes d’uranium enrichi et 500 tonnes de plutonium. Ces chiffres bruts exagèrent la menace la plus imminente. Pour faire exploser le plutonium, il faut un détonateur à "implosion" que les centres de recherche américains sur les armes nucléaires estiment être hors de la compétence d’une quelconque organisation, hormis un pays possédant déjà de telles armes.

Les bombes à uranium sont plus simples : elles peuvent être déclenchées en tirant via un canon similaire à celui d’un pistolet un projectile de matière fissile dans un manchon constitué de la même matière fissile, afin d’atteindre la masse critique (les scientifiques du Manhattan Project étaient à ce point certains de la détonation de la bombe d’Hiroshima, qui reposait sur ce principe, qu’ils n’ont même pas testé de prototype). La bonne nouvelle, c’est qu’un tel dispositif, même si l’on considère qu’il est techniquement à la portée d’un groupe terroriste, requiert un uranium très enrichi, constitué à 80 % de l’isotope Uranium 235. L’essentiel de l’uranium existant dans le monde est enrichi à hauteur de 20 % d’uranium 235.



Rassembler les stocks d’uranium enrichi à 80 %

La tâche la plus urgente — qui selon les responsables gouvernementaux sera la priorité de l’année prochaine — est de rassembler les stocks d’uranium enrichi à 80 %. Hormis les états dotés de l’arme nucléaire, la quasi-totalité se trouve dans les barres de combustibles des réacteurs de recherche (certaines ont déjà été volées. Selon un rapport de 2007 de l’Institut Internationale d’Études Stratégiques, huit barres de combustible ont disparu voici quelques années d’un réacteur à Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo ravagée par la guerre. Seule une barre a pu être retrouvée).

Partout dans le monde, des équipes envoyées par la NNSA, l’administration américaine de la sécurité nucléaire s’attachent à regrouper les matériaux nucléaires dangereux. Une équipe se trouvait au Chili en février au cours du tremblement de terre qui a touché le pays. La NNSA a indiqué au Congrès qu’avant la fin 2014, elle aurait retiré l’uranium de niveau militaire de 108 des 129 réacteurs de recherche de la planète à même de produire ce matériau. Des responsables de l’administration, qui ont requis l’anonymat, indiquent qu’Obama voudrait faire plus vite.



Rassembler tous les stocks de matières fissiles

La grande inconnue, c’est l’étendue des vols de matériaux de niveau militaire par des employés d’usines d’armement nucléaire. L’AIEA tient deux registres : l’un, public, comporte les principaux vols de plutonium ou d’uranium enrichi confirmés par les gouvernements (15 entre 1993 et 2008, selon le dernier décompte de l’AIEA). L’autre, confidentiel – mais aussi long — concerne les vols dont l’AIEA a eu connaissance, mais que les gouvernements n’ont pas rapportés (tous les vols ou presque concernent des stocks de l’ex Union Soviétique)

Au final, la seule solution véritablement sûre consisterait à rassembler tous les stocks de matières fissiles. Ce serait coûteux. Dans le but de les collecter dans une demi-douzaine de pays seulement (parmi lesquelles l’Afrique du Sud, le Mexique et la Serbie), Obama a demandé au Congrès 211 millions de dollars de plus en 2011. Pour lui, la principale difficulté à affronter cette semaine à Washington sera de dissiper ce que Matthew Bunn, principal enquêteur du projet Managing the Atom d’Harvard, qualifie "d’années de complaisance massive" à l’égard de cette menace. Il devra ensuite persuader les leaders réunis de mettre la main au portefeuille afin d’éviter une catastrophe potentielle.

Par John Barry

Traduit de l'américain par David Korn


http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20100414.OBS2421/dans-newsweek-la-veritable-question-nucleaire-le-controle-des-materiaux.html
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