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 ROBERT HOSSEIN - 6 HOMMES EN QUESTION

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liliane
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MessageSujet: ROBERT HOSSEIN - 6 HOMMES EN QUESTION   Sam 10 Avr - 14:57

ROBERT HOSSEIN

Acteur au cinéma, comédien au théâtre, metteur en scène (tout court) metteur en scène interprète, directeur de théâtre, auteur, auteur acteur et même auteur-acteur-metteur en scène, "6 hommes en question".



120 films comme acteur
15 films comme réalisateur
quelques dizaines de pièces comme comédien
50 mises en scène théâtrales : la plupart devenues, au Palais des Congrès et au Palais des Sports, des représentations mythiques totalisant des millions de spectateurs....
et, cerise sur le péplum, « Ben Hur » au Stade de France

Robert Hossein, de son vrai nom Abraham Hosseinhoff, est né le 30 décembre 1927 à Paris.
Sa mère est née à Kiev où elle a commencé une carrière de comédienne. Elle a fui la Révolution russe, s’est réfugiée à Berlin puis à Paris au moment de la montée du nazisme. Son père, Amin, est né à Samarkand (Ouzbékistan). Musicien et compositeur – connu et reconnu – venu lui aussi à Paris, il a composé beaucoup de musiques de film. Robert Hossein a donc reçu une double culture – russe et française – dans une famille toujours fauchée et toujours entre la dérision et la joie de vivre. Les études ne l’intéressent pas ; il aime la nature, le cinéma. Il va, en fraude, dans les cinémas de quartier voir Ivanhoé, Robin des Bois, etc.
De 1941 à 1945, Robert Hossein est l’un de ses pensionnaires de Madame Barbe Bienaimé (née Pokitonov) à Verrière les Buissons (10 kms de Paris), dans un foyer destiné à éduquer à la culture russe les enfants mâles des émigrés russes.
De retour dans la Capitale, Il a vécu longtemps, dormant ici ou là. Il a cotoyé des êtres exceptionnels ou bizarres. Il a traîné ses guêtres au milieu d’écrivains, de philosophes, d’intellectuels de gauche et de droite . Passé par l’Ecole du Vieux Colombier, il rencontre Tania Balachova qui croit en lui. C’est ensuite le cours de Maurice Escande, mais il n’envisage pas encore le théâtre. Vient le cours Simon. Il est à ce cours comme s’il était chez lui…Tellement bien qu’il y reste 8 ans.

1943
Avec son ami Studer ils ont créé une organisation excellant dans les cours privés à domicile, pour jeunes filles aisées avec seulement dans la tête l’envie de devenir comédiennes. Ils enquêtent sur les situations de famille, sont bien élevés, charmants. Ces demoiselles en redemandent ! Ils s’arrangent pour finir leurs cours particuliers au début des repas , s’excusent et sont priés de rester à déjeuner !

Chez Simon, il ne paie pas ses cours. Simon a foi en sa valeur, il n’a pas tort. C’est un découvreur : François Perrier, Pierre Mondy, Philippe Lemaire, Jean-Claude Pascal, Claude Gensac, Philippe Nicaud, Nicole Courcel, François Chaumette et Jacqueline Maillan… Belle brochette !... Lui, ne croit pas à sa chance !

Sa première pièce en 1949, en tant qu’auteur et acteur, "les Voyous" au Vieux Colombier, n’a qu’un succès d’estime. La même année, il joue dans "Haute Surveillance" de Genet, "Le retour de l’Enfant Prodigue" de Gide et "La Neige était sale" de Simenon.
En 1948, à 21 ans, c’est le début de sa carrière cinématographique. Il joue «Les souvenirs ne sont pas à vendre » de Robert Hennion, dans le film de Sacha Guitry «Le Diable boiteux », dans "Aux yeux du souvenir" de Delannoy et en 1949 avec Viviane Romance dans "Maya" de Raymond Bernard.
Il fait équipe avec Christian Marquand et Vadim. Il s’installe dans les murs de ce dernier et porte même ses costumes. Ils mènent joyeuse vie, partageant tout, même le film "Sait-on jamais" en 1957 et ont tourné ensuite 4 films ensemble.
Au cours de ses pérégrinations, il rencontre Raymond Rouleau. Pour la première fois, il ne sèche pas ses cours. Grâce à lui, en 1949, il reprend le rôle de Daniel Gélin, malade, dans "La Neige était sale" adapté pour la scène par Frédéric Dard. Il a 48 heures pour apprendre ce rôle. Enfermé, il le fait…Il déverse sur le public tout ce qu’il a sur le cœur. Il règle enfin des comptes. Il raconte :
"J’ai eu un peu plus de quarante-huit heures pour apprendre le texte. Le premier soir où j’ai joué, il y avait dans la salle André Bernheim, le célèbre imprésario, et Edith Piaf. Dans les secondes où le rideau s’est levé, je me suis senti écrasé par le personnage et puis toute appréhension a disparu. Je ne jouais pas. Je déversais tout ce que j’avais sur le cœur. Quand on a baissé le rideau, il y eut un silence effrayant. Je me suis dit : « C’est le bide du siècle ! Je me suis cassé la gueule. » On n’avait même pas annoncé que Gélin était remplacé. J’allais me faire écharper. Et puis il y a eu un tonnerre d’applaudissements, une véritable ovation. Je me demandais ce qu’on applaudissait comme ça. Le spectacle sans doute ! Quand le délire – car c’en était un – s’est terminé, Bernheim m’a pris par le bras et m’a dit avec autorité : « Vous rentrez chez moi. »
Mais il reste obsédé par l’envie de monter lui-même une pièce. Il met en scène en 1954 L'Homme traqué" de Francis Carco adapté par son ami Frédéric Dard.
Il fait équipe avec Michel Auclair, Henri Vidal, Reggiani et Frank Villard en 1954 et joue au théâtre de la Renaissance «La Corde» qui fit les beaux jours d’Hitchcock. Le succès est au rendez-vous.
Du côté du théâtre du "Grand Guignol" avec Frédéric Dard, après la réussite de "Du plomb pour ces demoiselles", il décide qu’il faut sortir du genre "grandguignolesque". Ils montent : "Dr Jekyll et mister Hyde" en 1954 et "La chair de l’orchidée" en 1955.
Toujours en 1954 alors qu’il n’a pas encore écrit le 3ème acte de « Responsabilité limitée », et n’a pas dit non plus qu’il était l’auteur du texte. Il doit l’avouer… Connaissant l’homme de réputation, Grenier et Hussenot le séquestrent dans le Théâtre Fontaine pour être sûrs et certains que le 3ème acte sera écrit en un mois.
La critique est enthousiasme sur « Responsabilité Limitée » où jouent : Roger Carrel, Jean Rochefort, Lila Kedrova, Grenier et Hussenot et Jean-Louis Trintignant.
Il est comblé : sa pièce se joue au Théâtre Fontaine, il fait la mise en scène au Grand Guignol et est sur scène tous les soirs dans « La Corde au théâtre de la Renaissance..
Ami de Michel Auclair, il est « Chemise rose » en costume vert : gangster au premier degré dans « Quai des Blondes » au cinéma en 1954. Il continue les mauvais garçons dans «Série Noire » en 1955. Il y est remarqué par Jules Dassin qui le convoque pour «Du Rififi chez les Hommes ».
Il est donc dans cet instant précis : espoir du théâtre et débutant bien observé au cinéma.
Alors là, installation à l’Hôtel, rue des Saints Pères, table ouverte chez Lip et aux Deux Magots, invitations aux amis, sans compter. Il rend un peu ce qui lui avait été donné aux jours creux…
Son âme retombe cependant en angoisse et le remède est Frédéric Dard et sa famille. Lorsque cet ami le quitte, pour l’autre monde, il a une peine infinie, à la hauteur de ce que M. Hossein peut éprouver pour ses amis.
Puis, il y a les 4 filles Poliakoff autour de leur Mère, comparables à l’œuvre de Tchekhov où elles n’étaient que 3 ! Après avoir rencontré Odile et Hélène sur les Champs, il leur laisse 4 billets pour venir le voir jouer…
Marina est belle, blonde et elle a 16 ans. Il se trouve amoureux un matin en s’éveillant !
Et c'est la vieille Russie reconstruite à Maison-Lafitte, demeure imposante, chevaux dans les immenses allées du parc ; cette sublime famille reçoit beaucoup de gens intéressants…
En 1955, un producteur russe lui demande de mettre en scène "Les salauds vont en enfer" Pourquoi pas ? Il accepte, demande à Marina si elle veut jouer le personnage principal. Elle accepte.
Ce film lui vaut de comprendre que si l’on peut adapter des conceptions cinématographiques au théâtre, l’inverse n’est pas possible. Tout ce qu’il apprend , années après années, fait de lui ce qu’il est devenu avec ses Grands Spectacles.
Il a aimé Marina Vlady, c’était réciproque. Ils se sont mariés au cours du tournage de "Crime et Châtiment" en 1955. "Pardonnez-nos offenses" en 1956 lui est resté en travers de la gorge. Mais il obtient un assez beau succès avec "Toi le venin " en 1959 roman de Frédéric Dard, où toutes les filles Poliakoff participent, soit comme actrices, soit à la technique.
Il est acteur dans "Sait-on jamais" de Vadim en 1957 et dans "Méfiez-vous fillettes" d’Allégret, la même année.
Marina et lui ont deux fils : Igor et Pierre, et se sont quittés en 1959, avec "Les Canailles" de Maurice Labro.




Il réalise en 1959 "la nuit des espions" "Le Vice et la Vertu" en 1962,"Maldonne" en 1968, "Sept hommes pour Tobrouk", il fut même Rommel dans "La bataille d’El Alamein", en 1968.
En 1961, il y a "Le goût de la Violence" où il n'est pas truand, "Le Jeu de la Vérité", en 1962 "Madame sans Gêne", "Le Monte Charge", et "Les Petits Matins".

il épouse le 07 juin 1962 Caroline Eliacheff alors âgée de 15 ans, fille de Françoise Giroud, qui lui donne un fils : Nicolas. Il divorcera de nouveau. Docteur en médecine et titulaire d’un diplôme d’études spécialisées en psychiatrie infantile, elle est psychanalyste depuis 1974 et a épousé en 1975 le producteur Marin Karmitz avec lequel elle a eu 2 enfants

Avec Vadim, en 1962, il tourne "Le Repos du guerrier" et en 1963 "Le Vice et la Vertu", deux films totalement différents.

En 1963, il est membre du Jury au Festival de Cannes, dont il aime l’atmosphère particulière.

Puis arrive le temps du "Diable boiteux". Ses aventures s'étalent sur 5 ans :
1964 : "Angélique Marquise des Anges"
1965 : "Merveilleuse Angélique" où il n’apparait pas.
1966 : "Angélique et le Roi"
1967 : "Indomptable Angélique"
1968 : "Angélique et le Sultan"

Durant l’année 1965 , il a tourné "La Seconde Vérité" avec Michèle Morgan, puis "Le Tonnerre de Dieu" avec Jean Gabin et Michèle Mercier. Cette dernière lui en a voulu de ne pas lui avoir fait signe lorsqu’il a monté en Grand Spectacle (1995 / 1996 ) "Angélique Marquise des Anges"
Pour Monsieur Hossein, le film qui existe c’est celui qu’il a fait en noir et blanc "Le Vampire de Düsseldorf" en 1964 ; Il en est l' acteur et son père a écrit la musique. Il a été tourné avec des petits moyens, en banlieue, à Versailles et Madrid, pas de prises en Allemagne. C’est Bertrand Tavernier qui en a assuré le lancement lorsqu’il était journaliste de cinéma. Pour la Presse et les Critiques, ce film "existe" et ils sont unanimes à saluer le travail.
Quant à ses rapports, en 1966, avec Marguerite Duras au cours du tournage de "La Musica" à Deauville, ils sont excentriques, c’est le moins que l’on puisse dire ! Elle a tendance à le considérer avec une sorte d’affection condescendante, lui déclarant tout cru " Vous êtes un Don Juan de bazar, un Casanova pour midinettes" !
Quand lui vient l’idée de "J’ai tué Raspoutine" sorti en 1967, il demande à Alain Decaux d’écrire le scénario. Il le prie fiévreusement de recueillir le témoignage du Prince Youssoupof qui n’est autre que le meurtrier de Raspoutine. Dans ce film, Monsieur Hossein interprète un rôle secondaire : un officier russe complice de Youssoupof. La Presse est enthousiaste. Le public boude.
En 1968 et 1969, il s’étourdit en tournages, habitant un moment l’Italie.
La Bataille d’El Alamein – 7 Hommes pour Tobrouk – Angélique et le Sultan – Maldonne de Sergio Gobi – La Leçon Particulière de Boisrond (où il campe un pilote automobile professionnel) Il ajoute, dans La Nostalge "je n’ai pas mon permis et je ne conduis pas" ! Le voleur de crime de Nadine Trintignant – La Femme Ecarlate de Jean Valère – Une Corde,un Colt de Robert Hossein !

Le vampire de Dusseldorf

La Nuit des Espions
En 1968, la "dolce vita" qu’il partage avec quelques uns commence à lui donner mauvaise âme… Il ne comprend rien à ce qui se passe à Paris… Tout le monde braille "Tout détruire et tout recommencer" Sans aucun mode d’emploi à suivre … Son amertume est énorme de voir son Odéon investi et transformé en tribune publique. D’avoir vu Jean-Louis Barrault "laisser faire" est une amère déception.
Il repart prestement, sans remord aucun , avec Dalban et Castelot, pour l’Italie. Il tourne, à Rome, en 1970, "Les Conspirateurs" de Luiggi Magni avec Claudia Cardinale, Nino Manfredi, Alberto Sordi et Hugo Tognazzi . C’est l’histoire du Dr Montanari, chef des Carbonari.
Durant tout ce temps, Notre boîteux national et la Marquise font un tabac !
La Nouvelle Vague a tout bousculé depuis Mai 68 . C’était le déclin de l’âge d’or…
Les Châteaux forts du cinéma, Billancourt, St Maurice, Joinville, La Victorine, vont disparaître… Il avait fait du cinéma…Tout ce qu’il a aimé dans le cinéma le rapproche de plus en plus du théâtre… Au cinéma, on tourne dans le désordre des séquences. Le montage sera le travail de l’ordre.

A cette époque, il a de nombreux détracteurs car il ne se comporte pas en acteur consacré, mais comme un bohême. Il n’est pas rentré dans le rang, donc n’a pas le vrai talent…
Il écrit avoir "adoré" plus de la moitié des 90 films auxquels il a participé, pas pour leur valeur, mais pour la vie qui régnait autour de ces films, les souvenirs, les amitiés. Il se moque de l’argent, il s’en sert seulement, ce qui fait la différence !...

A son retour d’Italie, en 1970, il est las… Il est allé à Athènes pour tourner le film de Verneuil "Le Casse" avec J.P Belmondo, Omar Sharif, Pellegrin, Constantin et Elsa Martinelli. Son rôle ne lui plait qu’à moitié.

Il confie à Jean-Paul Belmondo, qu’il a vu à Reims dans la Maison de la Culture, 2 salles polyvalentes dont la plus grande ne sert à rien… faute d’une troupe de comédiens ! Et qu’il va faire du théâtre à Reims…
Il fait une tournée d’adieux. Personne n’y croit…Tous disent qu’il fera le trajet aller-retour en huit jours de temps.

En plein succès cinématographique, Robert Hossein quitte la capitale en 1971 pour diriger, jusqu'en 1978, le Théâtre Populaire de Reims. A travers 17 créations, il jette les bases d'un théâtre destiné au plus grand nombre, avec comme slogan : "du théâtre comme vous n'en verrez qu'au cinéma".


A suivre.............


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MessageSujet: Re: ROBERT HOSSEIN - 6 HOMMES EN QUESTION   Sam 10 Avr - 17:54

REIMS : 1971 - 1978

Ses contacts sont pris au Ministère des Affaires culturelles, avec le Directeur de la Maison de la Culture de Reims. Le Maire : M. Jean Taittinger l’a assuré de son appui personnel. La moitié du Conseil d’Administration était pour, l’autre moitié : contre…
Sa vie passée est épluchée et discutée . Pour lui, ce n'est pas vraiment une victoire. On parie même qu’il n’aura pas 5.000 places avec un seul spectacle.
Première représentation : 8.000 abonnés et 20.000 spectateurs hors abonnement. Cependant, même Planchon essaie de l’en dégouter !
Il est parti sans bagage. Il a donné tout ce qu’il a à son chauffeur et à sa cuisinière. Son salaire de Directeur, metteur en scène et acteur est de peu de milliers de francs ! Il trouve un milieu différent, prend un appartement modeste et ses repas à la Cafeteria de la Maison de la Culture…
Sans repère, il ose davantage…
Avec son passé de star, ses appuis, personne ne peut comprendre qu’il est venu là pour un salaire minime, sans qu’il y ait quelque chose de "louche". C’est l’hostilité ! Il lui faut faire Salle comble. Il fait le démarcheur auprès des Comités d’Entreprises . Son équipe extraordinaire est restée en place, unie durant 7 ans : directeur de scène, ingénieur du son, lumières, cascadeur, costumière, chargé de presse et tous autres techniciens…Il est proche de son équipe et en est fier.
Il reçoit 1 million de subvention. Un important cahier des charges lui impose 4 créations par saison, et l’accueil de 6 à 7 pièces. Son école a bénéficié d’une tolérance, à lui de s’en débrouiller. Elle est très importante pour lui. Il lui donne une allure de pensionnat de 50 élèves, cycle de 3 années, avec des acteurs professionnels pour 5 à 6 élèves. Ils sont logés et nourris pour 400 frs mensuels.
Le matin : cours de langues étrangères, histoire et littérature, L’après-midi : technique, maîtrise du corps, chant, diction, escrime, danse et même cascade ! Le soir, les pensionnaires participent au spectacle dans de petits rôles, confrontés à des acteurs venant de Paris. Ils sont payés au tarif "élèves" ce qui les dispense de régler leurs cours, nourriture et logement.
Isabelle Hupert est venue jouer la pièce d’Hemingway "Pour qui sonne le glas". De passage à Paris, Monsieur Hossein ramena Isabelle Adjani à Reims, avec l’accord de ses parents, sous condition qu’elle passe son Bac. Le matin elle va à l’école et l’après-midi à l’école du Théâtre ! Elle eu son bac et les compliments de Monsieur Hossein qui voit déjà en elle, la merveilleuse actrice qu’elle sera.
Elle interpréte, durant la 2ème saison de Reims "La maison de Bernada" de Garcia Lorca. Annie Ducaux de la Comédie Française a pris un congé pour interpréter "la mère". Adjani est l’une de ses filles. Elle est sublime et merveilleuse. Pierre Dux qui est présent, a déjà vu "Les bas fonds" montés l’année précédente. Il a simplement dit : "Vous pouvez jouer les 2 pièces à l’Odéon".
Francis Huster et Isabelle Adjani ont passé la scène de la mort de "Roméo et Juliette" à Monsieur Hossein et à quelques uns qui ont eu le privilège de connaître une émotion des plus rares. Elle fut engagée par Pierre Dux à la Comédie française où elle joua, avec bonheur "L’Ecole des Femmes" et "Ondine". Peu après, Francis Huster arrivait, à son tour, chez Molière…
Pour Monsieur Hossein, l’Ecole de Reims est son royaume. Elle a été aménagée avec son Equipe, de leurs mains, dans un vieil Hôtel particulier un peu décrépi.
Pas de surveillant , les élèves de 16 à 25 ans s’autogèrent. Les portes ferment à 22 heures. Les mineurs subissent l’appel, si absent… "virage". Bonne méthode, puisqu’aucun problème ne se pose malgré la mixité des cours… Pour Monsieur Hossein, c’estt un bonheur de voir ses pensionnaires se dégager de leurs difficultés pour prendre leurs vraies dimensions et devenir eux-mêmes.
Faute de crédits, l’expérience prend fin dans les délais prévus de 3 années. Elle a été passionnante !
Après les vagues promesses de l’Education nationale, non tenues, obligation de passer à autre chose, malgré sa tristesse. Il a consacré la totalité de la subvention à son premier spectacle "Crime et Châtiment", puis monté "Les Bas Fonds" de Gorki, "La Prison" de Simenon et "Le Bourgeois Gentilhomme" joué par les élèves, en faisant des dettes (qu’il rembourse, bien sûr !)
Les deux premières années de Reims demeurent parmi les plus belles de sa vie. Il existait !... Il est resté 2 ans sans tenir un rôle dans une pièce et 1 an sans retourner à Paris.
Il a, dans sa vie, facilement passé d’une chambre de bonne à un palais, et vice versa, sans état d’âme.

En 7 saisons, il a monté 17 créations, dont 2 ballets, et a accueilli une quarantaine de pièces. Durant ce temps, il a donné ce qui est enfoui en lui et qu’il aime. Tous les soirs, c’est le jeu à guichets fermés. Ce sont 1.000 places, comme à Marigny, avec des prix défiant toute concurrence… Brecht est à la mode. Lui, a invité le Public à venir écouter Dostoïevski, Lorca, Gorki et Steinbeck. On taxe ses choix de « ringards ». L’émotion des spectateurs les conduisait à la réflexion, l’inverse ne se produit pas souvent. Tout ceci ne s’est pas bâti tout seul. Il a fallu acclimater les uns aux autres : public, équipe pour créer une ambiance en quelque sorte…
Avec les 3 spectacles en chantier, il n’a pas beaucoup de répit : lever à 7 heures, arrêt du travail, minuit. Il a eu 7 années de saisons triomphales. A son arrivée, il se sentait utile à se consacrer au Théâtre. Il avait atteint son but, passer de son rêve à la réalité. Mais le manque de moyens ne lui permettait pas de faire mieux connaître des œuvres qui éclaireraient le Public sur la condition humaine.
La subvention ne suffisait pas à couvrir les dépenses pour créer plusieurs spectacles ambitieux. Il était couvert de dettes qu’il a réglées avec ses salaires, lorsqu’il est retourné dans le privé…
Il aurait pu demeurer à Reims. En raison du travail qu’il avait accompli, la Maison de la Culture était devenue un Centre Dramatique National ! Mais il savait qu’ "On" ne lui donnerait pas la possibilité d’aller au bout de ses ambitions.
Sur la fin de sa présence à Reims, il choisit des spectacles plus légers, les faisait répéter à Paris (ça coûtait moins cher !) et une partie des comédiens pouvait à Paris, arrondir leur fin de mois en faisant de la figuration ou de la synchro.
La fin de la saison 1977/1978 vit "LES LOUPS" de Romain Rolland, avec Jacques Dacmine. Cette pièce primée au Festival de Sarlat, fut reprise au théâtre de Boulogne Billancourt, puis pour une tournée dans toute la France.
Pour Monsieur Hossein, le théâtre devait aller au devant des spectateurs…
On s’opposa, avec la même énergie à son départ qu’à son arrivée…
Ce qui le troubla le plus c’était le paradoxe de l’échec et de la réussite mêlés ; Echec financier dû au coût inévitable des spectacles populaires, non compensé par des salles combles. Réussite complète quant à la fréquentation et l’accueil de spectateurs.
Il jugea qu’après cette opération un peu commando, ON aurait dû lui donner un théâtre national, en toute logique…
Son lieu magique, en revanche le portait vers l’Odéon.
Dans ces rêves, il y aurait eu des sociétaires, mais aurait laissé les classiques à la Comédie française. Il aurait programmé Victor Hugo, des Auteurs français et étrangers, des fresques, des spectacles d’avant-garde, une Ecole, un Conservatoire de l’Odéon…
C’est au cours de l’été, le 6 août 1974 qu’il eut un terrible accident de voiture. Il n’était pas conducteur. Il a vu périr brûlée la jeune femme qu'il aimait alors, l’une des deux héroïnes de la série « La mer est grande », Michèle Wattrin. Il fut hospitalisé durant tout le mois d’Août, à Nice. Le clan Grimaldi ne le laissa pas sans visite, en toute amitié…
Il sortit de cet accident avec corset et béquilles.

Il a été poussé par ses amis fidèles à vivre en se retranchant dans le travail. Pour le bien de son moral, le prix de la critique et le prix Europalia ont couronné la réussite d’Hernani..
Il put faire jouer "Crime et Châtiment" pour l’inauguration de la Maison de la Culture de Créteil et au Théâtre de Paris, suivis de "La Maison de Bernada" à l’Odéon avec Adjani ainsi que "Roméo et Juliette" au Théâtre de la Porte St Martin.
Il avait endossé, en 1973, la soutane dans "Prêtres interdits" de Denys de la Patelière, et avait retrouvé B.B. dans "Don Juan 73" de Vadim. Il retrouva son complice du temps du Grand Guignol : Roger Hanin, dans "Le Protecteur" avec Bruno Cremer et Jean Servais, et Bernard Blier dans "Faux cul".
Sa saison de Reims s’est terminée en beauté 1977/1978, par une tournée en jouant "Huis clos" et "La Putain respectueuse" de Sartre. S’il est un homme qu’il a tenu à connaître réellement, c’est J.P Sartre. Il le prenait pour un professeur de philo, redoutait un tête à tête avec ce penseur . Il découvre un homme généreux et comprend que l’existentialisme ce n’est ni la débauche des mœurs, ni un refuge pour égocentristes. Pour Monsieur Hossein, c’est un homme de théâtre.

Monsieur Hossein a ainsi programmé à Reims :

1971/1972 : Crime et Châtiment de Dostoïevski, Les Bas-Fonds de Gorki, La Prison de Georges Simenon.
1972/1973 : La Maison de Bernarda de Federico Garcia Lorca, Roméo et Juliette de Shakespeare
1973/1974 : Pour qui sonne le glas d’Ernest Hemingway, La Maison des Otages
1974/1975 : Hernani de Victor Hugo, Sheherazade ballet d’André Hossein
1975/1976 : Le Procès de Jeanne d’Arc, Des Souris et des Hommes de Steinbeck
1976/1977 : L’Histoire du Chevalier des Grieux et de Manon Lescaut d’après l’Abbé Prévost, Pas d’orchidées pour miss Blandish d’après James-Hadley Chase, Mosaïques ballet d’André Hossein et Georges Skibine
1977/1978 : Le Cauchemer de Bella Maningham de Patrick Hamilton, Les Loups de Romain Rolland

Cherchant une actrice féminine pour le rôle de Dounia , sœur de Raskolnikov dans "Crime et chatiment", il feuilleta le Bottin des acteurs. Ayant remarqué la photo de Candice Patou, il la convoqua. D’après Monsieur Hossein, ils n’eurent pas franchement le coup de foudre ! Au contraire, elle n’eut le rôle de Dounia qu’à la suite de l’arrêt de jeu de la comédienne qui avait eu le rôle… Elle s’y montra admirable… La suite des jours fit qu’ils se sont rapprochés l’un de l’autre… Ils s’épousèrent le 28 juin 1976 pour le meilleur et quelque peu, dit-il, pour le pire ! Un fils leur est né, en 1980.. A Reims, il avait rencontré un curé, le Père LANGER ; c’est avec lui que Robert Hossein et sa femme préparent leur fils, Julien, au baptême. Baptisés aussi sa femme et lui, ils deviennent catholiques.
en 1981, il tournera avec Lelouch "Les Uns et les Autres" assez désappointé de tourner une scène sans préparation . Lelouch le fait se dépêcher de courir avant le coucher du soleil dont il avait besoin, pour seulement aller s’asseoir sur un banc, de dos, auprès de sa mère atteinte de folie… Ce fut l’une des plus belles scènes de ce film ; et Lelouch de lui dire "Eh bien, t’en as fait des histoires pour si peu de choses, tu n’crois pas" ?
en 1982, il retrouvait Roger Hanin dans "Le Grand Pardon" d’Alexandre Arcady, avec Richard Bohringer’.
En 1982, il força donc Lino Ventura, Jean Carmet et Michel Bouquet à endosser respectivement les costumes d’époque de Jean Valjean, Thénardier et Javert, dans son film ‘ Les Misérables’.
Monsieur Hossein a un mauvais souvenir de son spectacle à Mogador sur le maccarthysme. Les acteurs n’y étaient pour rien, d’autant plus qu’ils avaient noms : Jean Topart, Roger Hanin , Paul Guers et Yolande Fauliot…
Il dit qu’il y avait inadéquation entre le sujet et le lieu : Mogador. Adieu le Théâtre Mogador !
Bonjour le Théâtre de Paris !
A suivre ......


Dernière édition par liliane le Mar 26 Juil - 18:41, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: ROBERT HOSSEIN - 6 HOMMES EN QUESTION   Lun 12 Avr - 2:38


Bonjour le Théâtre de Paris

Il peut le gérer à sa guise. En 2 années, il séduit un public populaire avec ‘Crime et Châtiment’ de Dostoïevski, ‘Des souris et des Hommes’ de Steinbeck et ‘Le Procès de Jeanne d’Arc’ pièce inspirée de Bresson.
Ce Théâtre de Paris était Sien : la chaufferie, les grilles, les gens du ménage, les caissières, il les aimait tous. Cependant , se trouvait un huissier en habit qui dormait la plupart du temps, n’était au courant de rien, ne voyait rien, mais sa stature vêtue impressionnait.
Monsieur Hossein a la vocation du Théâtre. Il aime et sait créer l’atmosphère de ses montages. Lorsqu’il a monté ‘La Maison de Bernada’, il a su créer un monde dans l’ombre avec au dehors, un soleil éclatant. Il y a mis toutes les musiques typiques espagnoles et même les grillons…
Alors, contre sa nature même, il essaie de s’assagir et de respecter une certaine mesure. Par exemple : son rêve de folie serait de faire revivre Gengis Khan !...
Pour une Première, Monsieur Hossein aurait aimé, comme on le fait pour le lancement d’un paquebot, casser une bouteille de champagne.
Il s’évadait perpétuellement avec ‘Notre Dame de Paris’, avec ‘Jésus’, avec ‘de Gaulle’ . Il s’est fait ‘la belle’ avec ‘Coupable ou non Coupable’ avec ‘ Othello’. C’est un récidiviste….

Il aime les grandes Salles

Au Palais des Sports, en 4 représentations, 16.000 personnes assistent au spectacle !
Au Guiness Book des records, 700.000 spectateurs ont vu ‘Un Homme nommé Jésus’.
Il y a eu 191 représentations au Palais des Sports. Dans un Théâtre ordinaire, il aurait fallu plus de 700 représentations !
Mais avant de drainer les foules, il faut des subsides… Il dit avoir passé une bonne partie de sa vie à chercher de l’argent ! Pour ses grands spectacles, non seulement il lui faut trouver de l’argent mais aussi des commanditaires. Les Banques ne correspondent pas à ses besoins : tours de table interminables, garanties, études de marchés, faisabilité du projet. Tout cela trop long ! Il ajoute, avec juste raison, que si ses partenaires se portent garants, il ne voit pas pourquoi avoir besoin d’une Banque.
LE CUIRASSE POTEMKINE


Monsieur Hossein a mis toute son énergie à gagner les cœurs pour monter son amour de jeunesse ‘Le Cuirassé Potemkine’ qu’Eisenstein a réalisé en 1925. Georges Soria directeur de l’ALAP, Europe 1 et Robert Thominet ont accepté de produire ‘Potemkine’ en 1975.
Les regards sont plus qu’incertains lorsque Monsieur Hossein a déclaré ’Qu’il y aurait des bateaux sur la scène’. Dans le bureau, le silence est de glace…
Notre inventeur a un décorateur génial : Jean Mandaroux. Monsieur Hossein explique ses volontés. Le projet est d’une remarquable intelligence.
Le décor du fond permet d’avoir la perspective du grand escalier d’Odessa. Sur le côté, l’avant du cuirassé, et celui d’un second ‘Georges le Victorieux’ sortent de la scène et donnent l’impression d’avancer dans la Salle.
Soria et Decaux se mettent à l’adaptation avec Lorenzi. Beaucoup d’anciens élèves de Reims sont là.
Notre novateur a travaillé les lumières, sa fidèle costumière a fait des miracles sur les uniformes de la Marine Impériale.
Ferrat chante sa chanson ‘Potemkine sur scène. Le Forestier a écrit les chansons du spectacle.
Plus de 380.000 spectateurs voient ‘Le Potemkine’, à l’affiche 67 jours. Il aurait pu tenir le double raconte humblement Monsieur Hossein, mais la Salle n’était plus disponible…


NOTRE DAME DE PARIS

Il faut programmer, prévoir une très longue période pour monter les décors, juger des lumières, de la durée des répétitions…
Pour le spectacle par lui-même, il faut prévoir sur 3 mois pour 120 ou 130 représentations, afin de minimiser le coût élevé des investissements.
Le Palais des Sports recevait à l’époque ‘Holiday on ice’, des ballets, le Cirque de Moscou, des concerts, des matchs de boxe, etc, etc …
Nous avons décidé de programmer un spectacle tous les deux ans, de la mi-septembre jusqu’en janvier ou février.
‘Notre Dame de Paris’ entre en lice pour 131 représentations (du 20 septembre 1978 au 7 janvier 1979).
La même question est posée ‘Comment ferez-vous entrer N.D de Paris sous la coupole du Palais des Sports ?’
Même réponse : ‘Jean Mandaroux s’en chargera !’
Reconstitution de la Cathédrale, à l’échelle d’1/3 sur plateau tournant de 220 m2 ; Il faut d’ailleurs, détail incroyable, que le décor montre tantôt le parvis, tantôt le haut des tours…
Il a fallu 6 mois aux sculpteurs pour achever leur travail.
La toujours fidèle Sylvie Poulet confectionne 300 costumes pour les comédiens.

Les éclairagistes mettent au point 600 effets lumineux. (Hommage de M.Hossein à Christian Bréan).
La fureur créatrice de Monsieur Hossein impose le savoir des textes en répétition. Au cinéma, dit-il, a-t’on le texte à la main avec ‘silence on tourne’ ?
La préparation dure 6 mois. Chaque scène devient un tableau véritable.
Pour rendre un hommage personnel à Monsieur Hugo, Monsieur Hossein veut qu’à la fin du spectacle, une porte de la cathédrale s’ouvre sur le parvis. L’ombre d’un vieux comédien, en contre jour, sort dans un faisceau bleuté. C’est Victor Hugo.
Tous les morts du parvis se lèvent et tendent les bras vers lui. Ce sont les personnages de son roman.

477.620 spectateurs voient ‘Notre Dame de Paris’.
LES MISERABLES


Après le grand succès de Notre-Dame de Paris, la Direction du Palais des Sports veut monter ‘Les Misérables’ en comédie musicale.
Au départ, Monsieur HOSSEIN a refusé. Ensuite … C’était en 1983.
A l’époque, sur Europe 1, cette œuvre traitée en musique sous la houlette de C.M. Schönberg et A. Boublil est aux premières places du hit-parade.
Les deux hommes se sont attaqués aux textes. Monsieur HOSSEIN a donc monté ce spectacle.
Viennent d’arriver une technique innovante : les micros HF, à dissimuler dans les cheveux des comédiens chanteurs. Plus de fils emmêlés…
Toujours Jean Mandaroux aux commandes : décors de misères, grilles, barricades, escaliers coulissants, fauteuil ou mourrait Jean Valjean…
L’esprit de l’œuvre est là, au bout de 20 mois de travail, dont 2 de répétitions.

430.000 spectateurs en ont fait le succès et ce succès passa nos frontières.En effet, depuis 1985, 54 millions de personnes dans 249 villes et dans 21 langues différentes ont vu le spectacle et cela continue…




UN HOMME NOMME JESUS


Monsieur HOSSEIN est un homme qui a la foi, il dit ‘Je crois en Dieu, parce que je crois en les hommes’.
Fasciné par Dieu fait homme par son fils Jésus, il a voulu traiter le sujet. Il aurait aimé le créer avant ‘Les Misérables’.
Les producteurs n’y croient pas. Ils lui parlent de Bonaparte. Ils redoutent que l’on prenne le Palais des Sports pour une grande église !
Il a fini par les catéchiser et à leur adjoindre J.L Lagardère de Hachette Première, et l’UGC.
‘Un Homme nommé Jésus’ est donc programmé du 20 Novembre 1983 au 18 Février 1984, pour 192 représentations.
Pas de scénario, les Evangélistes l’ont déjà écrit !... Avec Alain Decaux la Fidélité, ils se mettent au travail pour choisir les scènes essentielles. L’ambiance des répétitions est recueillie…
Il est, bien sûr attaqué. Fait étrange les plus hargneux sont les journaux catholiques ! ‘il jouait les marchands du Temple’… Monseigneur Lustiger et Di Falco le soutiennent.
Les spectateurs croyants ou non voient ce spectacle.
Les décors ne sont plus du fidèle et génial Jean Mandaroux. Il est parti rejoindre le héros du spectacle dans ses verts pâturages, avant la Première…
Ce sont François Comtet et Francis Robin qui réalisent une suite de falaises percées de grottes, une suite de roches. Il faut 35 semi-remorques pour acheminer ces décors, en 10 jours et 18 compagnons sur 2 équipes pour leur mise en place.
Durant ces travaux toujours grandioses, notre bon Apôtre fait passer l’audition à plus de 100 comédiens pour trouver deux Jésus, en alternance : Jean Claude Broche et Philippe Caroit sont choisis. Les 12 apôtres sont en tenue biblique.
Il a voulu faire, bien sûr, participer le public. C’est un pari ! A savoir quelles réactions… Eh bien ! ‘la Multiplication des pains’ a été une épopée pour ceux qui l’ont vécue. La peur !
Comment 85 comédiens vont pouvoir distribuer 3.600 pains aux 3.600 spectateurs ? Techniquement oui ! Mais l’accueil ? Angoisse !
Il y a la voix de Jésus et celle de Monsieur Hossein l’évangéliste, sur des scènes vivantes.
Pour la multiplication des pains, tout a été calculé. Couper les pains, donner le premier morceau au premier de chaque rang et inviter tous les suivants à partager les autres pains.
Et ça a fonctionné, avec des ovations terribles, tous ont applaudi, ça y est, le message d’amour passe.
A l’entracte, Jésus entouré des Apôtres, est en prière sur l’avant scène. C'est incroyable, des spectateurs approchent en silence, d’autres à genoux avec le groupe saint, prient. C’est bouleversant…
En 1983, suivi de ses Apôtres, il rencontre le Pape et converse en russe, c’est chaleureux… Il le revoit en 1998, lors du rassemblement de l’été. Il lit un épître à quelques pas de lui.
‘ Un homme nommé Jésus ‘ est entré dans le livre des records (Guinness Book) pour avoir battu tous les records d’affluence à Paris.
Jésus lui tenant à cœur, en 1991/1992, il crée ‘Jésus était son nom’ toujours adapté par Alain Decaux. Bernard Buffet a fait la couverture des programmes . C’est le récit de la vie de Jésus à travers les 4 évangiles, évocation de ce temps et de notre temps, au milieu du Public qui participe à l’action. Sœur Emmanuelle et l’Abbé Pierre s’y rendent…
Ce spectacle a fait l’objet d’une tournée en Europe, USA et Canada.
En l’an 2000, il veut créer ‘ Jésus et la Résurrection .’
C'est un coup de tête et un coup de cœur. Il pense que 2000 ans après, Jésus Christ doit être à l’honneur pour tous et qu’ils viendraient au Palais des Sports. Erreur !...
Commencer le spectacle en Février 2000 , il aurait dû finir le 8 Juillet. Il se termina le 25 Juin : 250.000 Spectateurs.
Pourquoi avoir oublié les vacances scolaires de Février , mars avril, le printemps, les escapades en week-end, Pâques, les ponts sur le mois de Mai ! La critique a de la prose. "Son spectacle est pour se faire plaisir avant toute autre chose". Le journal La France catholique écrit "On ne sort pas indemne d’un tel spectacle qui touche au plus profond de la condition humaine".

Des fêtes effrénées ont lieu en l’An 2000 , même la Tour Eiffel se pavane en robe de lumières. Qu’on le veuille ou non dans les querelles concernant la date exacte de la venue au monde de Jésus, il semble à Monsieur Hossein que 2000 sera un anniversaire symbolique…
Il fut triste…
JULES CESAR


En 1983/1984, après le dernière d’ « Un Homme nommé Jésus » il dit à ses producteurs qu’il fera « Jules César » d’après Shakespeare, en 1985/1986 . Il a eu leur confiance une fois de plus. Il choisit l’adaptation de Maurice Clavel, même équipe à la lumière, au son et aux costumes.
Il choisit des comédiens de grande expérience dont François Marthouret qui sera Brutus, Robert Party : César, Jean-Claude Jay : Cassius, Jean-Pierre Sentier : Marc-Antoine. Il sélectionne une centaine de figurants.
Le programme est établi du 18 Septembre 1985 au 5 Février 1986 : 150 séances dans une salle de 4.000 places. Les Anglais ne s’y seraient pas risqués !
Pour le décor, pas de vérité historique, mais les ruines d’un forum romain, succession de colonnes tronquées et d’escaliers, plus une statue de César.
Il y a eu des légionnaires romains parmi les 115 personnes en scène !
490 000 spectateurs l'ont vu
L'AFFAIRE DU COURRIER DE LYON


Il a l’idée de faire participer le public au déroulement de l’action sur scène. Les thèmes historiques ont énormément intéressé le Public. Les ordinateurs et l’électronique donnent la possibilité de voter ou de donner son opinion au cours de certains de ses spectacles.
En 1987, c'est la Justice qui lui tient à cœur et l’envie de faire intervenir les spectateurs en donnant leur avis sur « L’Affaire du courrier de Lyon »
Il prend 80 volontaires dans la Salle, les plaçe autour du plateau, sur des sièges munis de boîtiers électroniques, afin de voter.
La Salle du Tribunal est sur un plateau tournant de 14 mètres de diamètre, éclairage très travaillé. Il veut que tous les spectateurs puissent voir le déroulement sous le même angle.
La guillotine, haute de 4,50 mètres est la copie conforme de la vraie qui exécuta Lesurques. Il la fait fonctionner dans le noir, seul le bruit du couperet tombant prononce la mort.
Lors d’une représentation, les jurés sont des Hommes de Justice : Avocats et Magistrats. Ils ont joué le jeu de façon sérieuse.
Lesurques est acquitté…

624.000 spectateurs sont tous prêts à dénoncer l’erreur judiciaire.
LA LIBERTE OU LA MORT

Entre 1988 et 1989 , 9 ans après Danton et Robespierre il retourne au Palais des Congrès pour monter le spectacle "La Liberté ou la Mort".
166 représentations + 30 séances supplémentaires, au total 562.987 spectateurs.

Jean-Luc Lagardère souhaitait un drame sur la Résistance. Le choix se porte sur la pièce de son ami Frédéric Dard "Dans la Nuit, la Liberté".
Jean Mandaroux a réalisé un décor complexe avec plateau tournant de 14 mètres de diamètre. Ceci permet de changer complètement de décor à chaque demi-tour.
Sont présents les acteurs de sa Compagnie : Maurice Barrier, J.P Mernard, Paul Le Person, Jean Négroni, Philippe Mareuil, Mario David, Régis Bouquet, etc …

C’est une sorte de procès avec flash-back, ramenant l’Histoire elle-même : chant des Partisans, ordres gutturaux, étendards à croix gammée, portrait d’Hitler, uniformes vert de gris et bruits de bottes. Le public est bouleversé par ce sujet encore trop près et trop pénible.

563.000 spectateurs
JE M'APPELAIS MARIE ANTOINETTE


Toujours fidèle aux grandes fresques, il veut en 1993, faire rejuger Marie-Antoinette par les Français, par un vote des spectateurs.
Il a commencé cette originalité en 1986, au Théâtre Marigny, avec ‘Les brumes de Manchester’ où un diplôme de Sherlock Holmes était décerné aux spectateurs. Pour ‘Marie-Antoinette’, il récidive avec des isoloirs dans la Salle. Les spectateurs votent à l’entracte, une fois les plaidoiries terminées.
André Castelot et Alain Decaux ont serré de très près la vérité du procès.
Pour que les spectateurs votent, Monsieur Hossein a fait distribuer, à l’entrée, une petite plaquette plastifiée sécable : un côté à déposer dans le panier de leur choix après le jugement, acquittement, exil, prison ou la mort, l’autre petite partie de la carte : souvenir… souvenir …
Les réactions ont été terribles envers la Reine : insultes passant de "putain, ordure,salope, allemande, etc". Caroline Sittos l’actrice a très mal supporté ce rôle, la foule était en délire contre elle. Les royalistes actuels sont arrivés avec leurs banderoles dans la Salle, bataille !...
La pièce a tenu vaillamment 5 mois. La Reine Sihol était bien souvent en larmes dans sa loge. Elle refuse même quelques soirs de venir saluer… A Noël, elle s’est écroulée sur scène.
Jamais Marie-Antoinette n'est acquittée. En majorité, exilée à la rigueur ; quelques fois : la prison ; rarement : condamnée à mort ; acquittée : jamais.
Les tickets sont pesés le soir de la première.
24,8 Kg : exil
1,4 Kg : mort
367.000 spectateurs pour 146 représentations.
Marie–Antoinette aurait eu la vie sauve de nos jours…
ANGELIQUE, MARQUISE DES ANGES

A contre cœur, dans les années 1995/1996, il cède au désir de ses amis. C'est une erreur de présenter "Angélique, marquise des Anges" sans Michèle Mercier.

C'est un non sens, malgré le grand escalier, les merveilleux costumes, les grands décors fastueux, Monsieur Hossein ne s’y retrouve plus ! Il fait tout repeindre en noir. Il veut par là que seule la scène et les lumières de la scène soient visibles.
Puis c'estt le drame du RER à St Michel, plan Vigipirate, personne pour se rendre dans les lieux publics
A la première, le 28 Novembre 1995 , il a déjà senti l’insatisfaction. Peyrac et Angélique ne sont pas au rendez-vous dans les grands espaces des Aventures que le public avait aimées à l’Ecran…
Certains soirs ont vu 50 % de présence. Il aurait fallu une moyenne de 2500, il y en eu 1694. Angélique partit de la scène du Palais des Sports le 4 Février 1996.
CELUI QUI A DIT NON : DE GAULLE



Monsieur Hossein décide de ne plus céder aux chants des sirènes et de revenir à l’HISTOIRE .
Il a cherché en 1999 un financement, dans tout Paris, pour monter de GAULLE, en inaugurant le nouveau Palais des Congrès.
D’une manière prodigieuse il rencontre un homme remarquable (dit-il), François Pinault. Les Producteurs tiquent sur le sujet… Il le rencontre….
"Que voulez-vous faire" ?
"De Gaulle" .
"Hein ! de Gaulle " ?
"Oui, de Gaulle, pour parler d’autre chose que de Lui, pour Jean Moulin, pour les Camps, la Résistance, les Communistes, les Socialistes, les Gaullistes et la dernière guerre " !
"Vous croyez que les gens vont s’intéresser à ça" ?
"De la manière dont je veux le faire, j’en suis convaincu" !
"Vous avez des partenaires" ?
"Non, pas ce coup là. Il lui à même été dit " Mais tout de même , de Gaulle ce n’est pas Gary Cooper " !
"Autrement dit, vous voulez que je vous donne les moyens de monter ce spectacle ? Bien, je vais réfléchir" …

Il se dit que c’était fichu…
Huit jours après, Pinault annonce "J’ai réfléchi, c’est d’accord" !
Et Monsieur Hossein de se demander s’il avait bien entendu…
Pourquoi cette idée, lui qui se dit homme d’aucun parti… Parce que , pour lui, de Gaulle représente à lui tout seul tous ceux qui se sont ralliés à lui, pour que lui, Robert Hossein, soit LIBRE …
Il a voulu exalter le souvenir de tous ceux de toutes obédiences, de tous partis, de toutes nationalités, de toutes religions qui ont donné leurs vies…
Alain Decaux et Peyrefitte se sont chargés de l’adaptation d’après les "Mémoires du Général". En souvenir du jeune frère de sa mère, fusillé en tant que Résistant, Monsieur Hossein avait écrit un poème.

Il y eut 120 représentations et 450.000 spectateurs.
C'ETAIT BONAPARTE

Investissant en octobre 2002 le Palais des Sports en 50 tableaux, 600 costumes, et 100 comédiens, la grande machinerie de l'Histoire s'est installée sur des rails qui de 1800 à 1804 pénètrent jusqu'au sacre de Napoléon 1er, cette période où selon la thèse d'Alain Decaux est née la France moderne!...

L'argumentaire se veut pédagogique et c'est d'ailleurs accompagné de la projection de tableaux de maîtres que Talleyrand en personne guide tout au long de la soirée le spectateur dans le dédale chronologique des événements, ainsi fondateurs !...

D'emblée Hossein fait tirer le canon sur la foule (siège de Toulon), c'est-à-dire droit sur le public complètement médusé de sortir sain et sauf d'une telle audace!...

En deux parties où, succédant au socle des batailles extérieures, devra se construire la réconciliation nationale autour du code civil, du système judiciaire, des préfectures etc... C'est précisément comme clé de voûte que sera créée la Légion d'honneur destinée à récompenser les meilleurs citoyens qu'ils soient civils ou militaires!...

314 000 spectateurs
ON ACHEVE BIEN LES CHEVAUX


Spectacle musical joué au Palais des Congrès du 26 octobre 2004 au 6 février 2005 que Robert Hossein décrit :
« Horace Mac Coy, raconte l’histoire d’hommes et de femmes, à la recherche d’un emploi, en pleine dépression économique en Amérique, dans les années 30. Ayant tout perdu, guettés par la misère, les protagonistes s’inscrivent à l’un des marathons de danse, très fréquents à cette époque, qui mêlant des professionnels à des amateurs désespérés, leur permettent de gagner des primes… s’ils ne sont pas éliminés. C’est l’histoire que je montre, bouleversante, parfois cocasse, terrible ou drôle, à l’image de la vie. »
BEN HUR


Ben Hur, Alain Decaux, Robert Hossein, 300 figurants et quelques chars prennent d'assaut le Stade de France en revisitant la légende du judéen célèbre, né de la plume du général Lew Wallace.

Dans l'arène, une machine spectaculaire, bien huilée et interactive. La course de chars est dirigée par Mario Luraschi, célèbre cascadeur et conseiller
équestre qui a lui même participé à plus de 420 films et à mis en scène des cascades dans de grands spectacle comme Excalibur, à Las Végas, la légende du Far West à Bercy, Buffalo Bill Wild West show à EuroDisney.


330 000 en 5 représentations au Stade de France du 22 au 30 septembre 2006
N'AYEZ PAS PEUR - JEAN PAUL II


« N'ayez pas peur » raconte la vie du pape en 33 tableaux. Ce spectacle est un acte de foi sans recul historique. Un pape sur la scène.

Pour réaliser ce spectacle, le metteur en scène s'est entouré de Mgr Jean-Michel di Falco, Président du Conseil pour la communication, de l’historien Alain Decaux et de Bernard Lecomte, biographe du pape polonais.

Le récit débute sur la tentative d’assassinat de Jean Paul II, le 13 mai 1981. Sur son lit d’hôpital, Karol Wojtyla revoit toute sa vie, sa jeunesse de comédien de théâtre, son existence de prêtre puis de prélat à Cracovie, et anticipe les grands moments de son pontificat jusqu’à sa mort.

En s'attaquant à la vie de Jean Paul II (1920-2005) dans son nouveau spectacle , N'ayez pas peur, au Palais des sports à Paris du 21 septembre au 4 novembre2007, Robert Hossein ne craint pas de tomber dans la démesure, l'hagiographie, le brouillage historique. Avec sa foi de néophyte, sa fascination pour un homme qu'il a rencontré deux fois, il n'a pas peur d'étaler les rites d'une institution aussi décriée que l'Eglise ni d'exposer un pape si peu consensuel en dehors des catholiques.
A suivre .......


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MessageSujet: Re: ROBERT HOSSEIN - 6 HOMMES EN QUESTION   Lun 12 Avr - 14:25

THEATRE MARIGNY : 2000 - 2008


Marigny était inscrit dans la vie de M. Hossein grâce à François Pinault. Ce théâtre est devenu le Théâtre Marigny Robert Hossein, avec la tête de loup fétiche sur son fronton.
François Pinault est entré dans la vie de M. Hossein au moment où il a besoin de soutien. Avant, il avoue avoir été un marginal, ce qui ne le préoccupait ni lui, ni sa femme. Ils avaient l’habitude de passer, heureux, par des hauts et par des bas ! Il dit ne s’être jamais habitué à la richesse. L’argent, quand il en avait, fondait comme neige au soleil…
Après avoir bavardé librement et longuement avec son mécène de sa conception du Théâtre populaire, de son rêve de l’Odéon de son enfance, François Pineau lui fait part brusquement d’une opportunité avec le Théâtre Marigny, propriété de la Ville. Il l’a repris en Mars 2000 et lui a offert. " C’est désormais le Théâtre Robert Hossein " a-t’il déclaré…
L’expérience de Reims n’est pas transposable. Là-bas, il était subventionné, à Marigny, il " jouera " avec des fonds privés. Marigny est un pari fou ! François Pinault lui a donné les moyens parce qu’il aimait les Arts, les Artistes et les projets hors du commun. Il lui a fait confiance, l’a écouté…
Marigny est tout pour M. Hossein. Il y aura une école, sans subvention, ce sera F. Pinault qui assurera.
LA DAME AUX CAMELIAS

Pour l’inauguration de son théâtre, Monsieur Hossein a décidé de programmer dans la Grande Salle ‘ La Dame aux Camélias ‘ avec Isabelle Adjani. L’inauguration de la Grande Salle a lieu le 18 Octobre de l’An 2000 et la pièce sera jouée jusqu’au 25 janvier 2001.
Adaptation originale de René Ceccatty mise en scène d’Alfredo Arias, les costumes sont confiés à une amie d’Isabelle : Dominique Borg.
Alfredo, Isabelle et René choisissent ensemble les comédiens en fonction du récit ou des traits majeurs des personnages. Les répétitions ont lieu portes closes.
C’est une démarche originale, complètement démarquée du Roman d’Alexandre Dumas. Adjani est malade, mais ne tousse pas ! Les personnages se déplacent, règlent des comptes, annoncent ce qui va arriver, le rythme est soutenu, pas d’arrêt, pas de temps mort. C’est une inspiration nostalgique basée sur la finalité de cette passion mélodramatique. C’est plus intelligent et plus froid que les autres ‘’ Dames ‘’.
Isabelle Adjani inspire toujours la passion. Le public lui a rendu hommage chaque soir, debout, les larmes aux yeux, ne s’y est pas trompé. Certain ont aimé ce spectacle, d’autres non, tous ont ovationné Isabelle.
2000 et 2002 : Huis-clos de Jean-Paul Sartre, avec François Marthouret , Claire Borotra et Claire Nebout.
2001 : Coupable ou non coupable d'Ayn Rand, avec Natacha Amal, Michel Creton, Laurence Badie
2001 : Crime et Châtiment de Fedor Dostoievski, avec Francis Huster, Mélanie Thierry…
2003 : Antigone de Jean Anouilh, mise en scène de Nicolas Briançon, avec Robert Hossein, Barbara Schulz

Coupable ou non coupable


Parallèlement à ces mises en scène dans des salles immenses, Robert Hossein va réaliser et parfois interpréter des pièces dans des structures traditionnelles : Lorna et Ted, Le cauchemar de Bella Manningham, Les Hauts de Hurlevent, Un grand avocat, Les brumes de Manchester, Kean et Cyrano de Bergerac avec Jean-Paul Belmondo, Les Bas-Fonds, La nuit du crime, Ouragan sur le Caine, La vie en bleu (comédie musicale), Surtout ne coupez pas !,
En 2003, il remplace Jean Yanne, décédé, qui devait interpréter le rôle d'un Ministre dans San Antonio. Il se dirige ensuite vers la télévision endossant le rôle du patriarche décédé dans Petits meurtres en famille (2006), une mini-série adaptée d'un roman d'Agatha Christie. Ce passage par la télévision n'est pas le premier puisque Robert Hossein s'était déjà essayé dans des feuilletons tels que Le Tour d'écrou (1974) ou encore La Croisade des enfants (1988).
Son retour vers le grand écran se fait en 2007 avec La Disparue de Deauville, le premier thriller réalisé par Sophie Marceau.

A la veille de ses 80 ans, Robert Hossein tourne une nouvelle page de sa carrière. Ce saltimbanque hors du commun propose du septembre à décembre 2008, son premier one-man-show "Toute ma vie". Un spectacle autobiographique dans lequel, sur une scène sobrement décorée avec trois écrans (l’un consacré au théâtre, l'autre au cinéma, le dernier à ses proches) ; il raconte en solitaire ses multiples vies. Le voyage proposé sera étonnant, détonnant, drôle, émouvant et inattendu. Avec des rires et de petites larmes dont on ne sait si elles naissent de la joie ou de « la nostalgie ».

En 2009, on a pu le voir aux côtés de Jean-Paul Belmondo dans le film Un homme et son chien réalisé par Francis Huster.
L'AFFAIRE SEZNEC


De Réginald Rose. Ecrit par Olga Vincent et Ecrit Rognard.

Réalisé et présenté par Robert Hossein.

Avec : Philippe Caroit (Seznec), Robert Hossein (Présentateur), Yannick Debain (avocat), Pierre Dourlens (Président Tribunal), Erick Desmarestz (Procureur),Philippe Rigot (Greffier), Olga Korotyayeva (la femme de Seznec), Maître Paul Lombard (Intervention filmée), Jean Antolinos (Bagnard), Maurice Patou et Pierre Hossein (Gendarmes).

Du Mardi 26 Janvier 2010 au Samedi 24 Avril 2010 au Théâtre de Paris
Vingt-six comédiens. Rien que cela, pour incarner les protagonistes (magistrats, avocats, témoins...) du procès de 1924. Verdict de l'époque : condamnation aux travaux forcés à perpétuité de Guillaume Seznec par la cour d'assises du Finistère pour le meurtre de son ami, Pierre Quémeneur.


Après "L'Affaire Seznec", toujours à l'affiche, le metteur en scène Robert Hossein va monter un autre grand fait divers, "L'Affaire Dominici", à partir du 4 mai au Théâtre de Paris avec Pierre Santini dans le rôle principal, a annoncé lundi le service de presse du théâtre.

En août 1952, trois touristes Anglais, Jack Drummond, sa femme Anne et leur fille Elisabeth, sont assassinés près de leur voiture sur la commune de Lurs (Alpes-de-Haute-Provence).

Gaston Dominici, 75 ans, dont la ferme est située à proximité du drame, est reconnu coupable et condamné à la peine de mort. Il sera gracié par le général de Gaulle.

Entouré de 20 comédiens pour "L'Affaire Dominici, un procès impitoyable", Robert Hossein a reconstitué le procès et, comme pour son précédent spectacle consacré à l'affaire Seznec, demandera aux spectateurs de confirmer ou d'infirmer le jugement de l'époque.

Considérée comme l'une des plus grandes affaires criminelles françaises, L'Affaire Dominici a été portée à l'écran par Claude Bernard-Aubert en 1973 avec Jean Gabin dans le rôle principal.


sources : http://www.valeurs-francaises.fr/web/spip.php?article552
http://sites.google.com/site/airedejeu/l-equipe/robert-hossein


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MessageSujet: Re: ROBERT HOSSEIN - 6 HOMMES EN QUESTION   Lun 12 Avr - 14:59

ROBERT HOSSEIN : JE SUIS COMME UN LOUP.




Interwiew (05.12.2001)

JLV : Robert Hossein, chose très surprenante, lorsque vous entrez en scène et pendant tout le temps du spectacle, on sent très nettement une complicité immédiate entre le public et le comédien. Plus surprenant encore cette complicité est cent fois plus évidente lorsque vous êtes au milieu d’un groupe de spectateurs à la fin de la représentation… D’où vient cette magie ?

RH : C’est le cas pour tous les comédiens qui sont aimés ou appréciés par le public par rapport à leurs prestations. Le regard que pose le public sur moi, me touche infiniment mais c’est difficile d’avoir un sentiment là-dessus. J’aimerais avoir l’avis du public parce que cela m’est très difficile de parler de ce que je dégage en scène et comment les gens me perçoivent. Par contre je suis persuadé que cela correspond certainement quelque part à une demande par rapport au spectacle, à l’auteur et aux spectacles en général auxquels je participe. Je ne suis pas tout seul, il y a mes camarades acteurs, le sujet et puis le travail sur la pièce, sur la mise en scène, je crois que ça fait partie d’un tout et ça me touche infiniment car j’ai toujours été ou encensé ou très critiqué, mais je pense que si j’existe dans cette profession, je le dois énormément au public.

JLV : Il y a une magie évidente… Je vous ai beaucoup observé lorsque vous parliez aux spectateurs, c’est vous qui êtes ouvert au public, et aux gens…

RH : Je respecte beaucoup les gens et je me préoccupe d’eux, des hommes en général dans leurs problèmes qui n’ont rien à voir avec le milieu du spectacle, qui sont ceux de la vie quotidienne, angoissante d’ailleurs, il faut bien le dire, surtout aujourd’hui. J’essaie, à défaut d’être nécessaire, de me rendre utile en montant des spectacles qui ont un sens, qui veulent dire quelque chose et qui concernent surtout ceux qui viennent les voir.

JLV : Huis Clos est-il une façon de renouer avec vos tout débuts ? Pour ne parler que de Jean-Paul Sartre, une autre pièce « Le Diable et le bon Dieu » vous irait comme un gant et de plus correspondrait bien à l’un de vos slogans : « Du théâtre comme vous n’en verrez jamais qu’au cinéma »… et vous ne l’avez jamais mise en scène, ni jouée. Pourquoi ?

RH : Je ne sais pas. Parce que spontanément je me suis peut-être laissé aller à la facilité. Comme hommage à Sartre je trouvais que Huis Clos était une pièce intemporelle, ni d’hier, ni d’aujourd’hui, puisqu’elle traite de la condition humaine et «Le Diable et le Bon Dieu » je crois l’avoir vue avec Pierre Brasseur et cela a dû beaucoup m’impressionner pour que je ne m’attaque pas à cette pièce.


JLV : Jean Tullard dans son dictionnaire du cinéma dit de vous : «Il a promené son visage de slave tourmenté dans de nombreux films, est-ce un style voulu ? Cela correspond-il à votre sensibilité ou est-ce le résultat du hasard ?

RH : D’abord il y a des atavismes auxquels vous ne pouvez rien… les racines, les sources. J’en parle dans un bouquin qui sort bientôt, mais en dehors de cela c’est aussi une question d’emploi et il est évident qu’on m’a très vite catalogué dans des personnages qui étaient toujours des gens marginaux, en dehors d’un système, et qui avaient sur les épaules tout le poids de la tragédie humaine. Des personnages de séries noires ou dans une tragédie moderne, des personnages de héros tragiques, passionnés, exaltés. Emploi qui est dû certainement à une voix ou à un physique. J’étais jusque là parfaitement en équilibre par rapport aux personnages que j’ai interprétés, et puis ensuite est venue « La Marquise des Anges », avec des héros aussi dramatiques et aussi de la fatalité . Il y avait toujours un destin plutôt noir et comme le disait mon ami Frederic Dard : «Quand quelqu’un rentre seul dans un bistrot et demande un café crème et qu’on lui apporte quatre bougies pour sa famille... Moi j’aurai bien voulu jouer les gens marrants, drôles car j’espère avoir un sens de la dérision et un peu d’humour, mais on m’a rarement proposé à être autre chose qu’un homme soumis à un destin mystérieux, tragique, violent…

JLV : Mais aujourd’hui vous êtes maître de vos choix…
RH : Non

JLV : Mais oui, votre carrière de réalisateur…

RH : Hélas, on n’est jamais débarrassé de son enfance et j’y retourne à chaque fois. C’est comme une espèce de quatrième dimension. Soudain lorsque mon imagination commence à me harceler, je passe du côté de l’enfance c’est-à-dire tout ce qui m’a nourri dans une enfance assez difficile bercée par les bandes dessinés, les héros de Jules Verne, ceux de Jack London, de James-Oliver Curwood, les cinémas de quartier, les Robins des bois et autres Errol Flynn et tout cela mélangé a donné que par moments je vis beaucoup plus dans un monde imaginaire que dans un monde réel.

JLV : Parce qu’il vaut mieux vivre dans le rêve ?

RH : Non, aujourd’hui, il faut essayer, à défaut d’être nécessaire de se rendre utile. Il faut avoir le courage quelque part d’accepter la vie et d’essayer de servir de relais pour transmettre quelque chose à quelqu'un si l’on peut, et tout en ayant toujours mon imagination galopante et débordante qui m’aide et qui m’inspire par rapport aux spectacles que je monte, j’essaie de trouver des thèmes, des sujets qui parlent de la condition des autres, de la solitude et de la liberté, de la misère, de la communication.

JLV : Votre goût pour le grand spectacle, est-ce une compensation ou un essai original de synthèse, inédite forcément, entre le théâtre et le cinéma ?

RH : Non, c’est inné. Mes atavismes slaves m’ont joué un tour. Je suis comme un loup qui se déplace en bande avec l’appel de la forêt, celui des steppes immenses... Ce goût du grand spectacle est un goût inné et tout à coup cela devient comme une espèce de besoin. Je monte plus facilement des spectacles où on est deux mille, je plaisante, qu’un spectacle où on est trois avec trois divans. Dans Huis Clos j’ai beaucoup travaillé. Il a fallu beaucoup réfléchir, s’imprégner de l’ambiance. Dans Sartre il y a de la rigueur. Il est cartésien. On ne peut pas se permettre des débordements dans tous les sens.

JLV : Toujours dans le prolongement de votre goût pour les auteurs considérables comme Shakespeare et votre attirance pour le théâtre à grand spectacle, que pensez-vous du théâtre et du monde imaginaire, hautement coloré, de Michel de Ghelderode ?

RH : C’est admirable, Ghelderode est un très grand auteur. D’ailleurs c’est très marrant, je n’en ai jamais monté mais j’en ai vu beaucoup parce que j’avais un ami comédien qui était Lupovici et il a beaucoup monté Ghelderode qui est un visionnaire tout à fait extraordinaire. J’ai adoré.

JLV : Avec des pièces très actuelles comme Pantagleize…
RH : Effectivement, et il ne passe pas de mode.

JLV : Que pensez-vous du fameux paradoxe du comédien de Diderot, qui a toujours prétendu que le naturel était le comble de l’artifice ?

RH : Lorsqu’on arrive à être à ce point naturel c’est-à-dire comme le disait Marlon Brando : Etre quotidien et naturel avec un petit quelque chose en plus, c’est le comble de l’artifice. C’est génial, il faut une vérité telle pour parvenir à être un peu plus que la réalité, et en donnant l’impression que c’est le quotidien.

JLV : Grégory Peck dans une interview parue en 1985 disait qu’il trouvait les acteurs européens trop «serviles» vis à vis de leur réalisateur. Malgré sa vive amitié pour Fellini il n’a jamais accepté de tourner avec Fellini. Robert Hossein vous êtes à la fois comédien et directeur d’acteurs, quelle est votre attitude en tant que comédien vis à vis de vos réalisateurs et en tant que réalisateur vis à vis de vos comédiens ?

RH : J’ai une grande admiration pour lui, Grégory Peck, un très grand acteur, bel homme. Cela dépend de ce que vous demande le metteur en scène, tout est là. Il n’y a pas un voleur et un imbécile. C’est vraiment un couple et moi je fais totalement confiance aux acteurs car ils m’apportent parfois plus encore que ce que je leur demande. Dans la fidélité du fond pas de la forme, c’est-à-dire de l’œuvre qui elle a priorité. Si un comédien n’est pas dirigé, le plus grand des comédiens peut être effrayant, très mauvais. S’il est trop dirigé, si on ne lui laisse aucune liberté et aucune initiative, il a l’impression d’être enfermé. Par contre, j’ai un slogan assez terrifiant lorsque je suis comédien j’écoute absolument le metteur en scène même si je ne suis pas d’accord, je serai fidèle à sa pensée et j’irai jusqu’au bout de sa demande. Lorsque je suis metteur en scène, je me dis souvent, je préfère mes conneries à celles des autres. Francis Huster, que je dirige dans « Crimes et Châtiments » et qui n’est pas facile parce qu’il est lui-même metteur en scène, fait des one man show, et est un comédien très rare, très remarquable, très inattendu…Il est cependant complètement et entièrement rentré dans mon schéma. Au début, c’est exactement comme les chevaux sauvages et puis peu à peu il s’est apprivoisé par rapport à la réalité, par rapport à l’évidence même du propos et de la manière dont on lui demandait de l’interpréter et aujourd’hui, il est tout à fait remarquable avec des pulsions, des choses inattendues qu’il ne maîtrise pas lui-même.

JLV : Pensez-vous avoir suscité ces choses-là ?

RH : Oui en lui donnant un rôle qui flattait un peu tous ses défauts. Et puis avec des qualités énormes, une nature, un tempérament imprévisible, il reste à l’intérieur de la liberté que je lui concède.


JLV : «Un homme nommé Jésus » puis «Jésus était son nom» et puis «Jésus la résurrection ». Ce choix de sujets de pièces, s’inscrit-il dans votre intérêt personnel pour le personnage historique de Jésus ou plus largement dans l’optique de Malraux lorsqu’il disait que le 21ème siècle sera spirituel ou ne sera pas ?

RH : C’est-à-dire, pour être honnête avec vous, je n’ai ni pensé à ce que vous avez dit au début, ni à ce que vous venez de dire. Je l’ai fait spontanément, par conviction. Je dis de Dieu, j’y crois tellement qu’il finira bien un jour par exister et j’ai le respect du Dieu des autres, absolument de toutes les religions, de toutes les cultures. En ce qui concerne mes rapports si je peux dire, modestement, avec beaucoup d’humilité, avec le Christ, j’ai toujours vécu dans l’espoir de Dieu. Il y a beaucoup à dire, il y a surtout beaucoup à faire, interrogez donc l’Eglise à ce sujet, et cela dit, c’est parce que je crois en Dieu que je crois dans les hommes. C’est un paradoxe, ce qui m’a convaincu de Dieu, c’est les autres ….leurs contradictions, leurs faiblesses, leurs doutes. J’ai écrit un livre qui sortira en Janvier, c’est une vision à travers des entretiens mais où il y a une personne qui parle, c’est Dieu. Le titre est «Lumière et Ténèbres. C’est un livre assez dur, assez dérangeant et j’ai attendu longtemps avant de l’écrire. Sophia Loren en plaisantant, un jour m’avait dit : j’ai mis quarante ans pour apprendre à dire "non" et moi j’ ai mis plus de temps qu’elle, mais quand je l’ai dit et je viens encore de le dire, je n’ai pris aucune précaution. Je dis réellement ce que je pense, ce que je sens, ce que je vois, ce qui m’inspire en regardant tous les autres et plus j’avance, plus je m’intéresse, non seulement aux événements et aux personnes, mais plus je me dis que l’homme est mal barré. Qu’on va payer l’addition très cher.

JLV : Cette conception, chez vous dépasse les notions de gauche et de droite ?

RH : Complètement. Je n’ai jamais été inscrit dans un parti politique de toute mon existence et j’essaie d’être totalement objectif donc j’ai une distance et une objectivité absolue et totale. Quand je milite pour des œuvres humanitaires, je sais déjà que ce ne sera jamais assez, mais en ce qui concerne la politique elle-même bien que je ne reproche pas aux hommes politiques d’exister, je pense que dans le siècle où nous vivons l’image d’un homme politique doit être complétement repensée de A à Z, et la condition de l’homme aussi par rapport aux technologies qui devaient soi-disant améliorer la condition des uns et des autres, mais qui les asservissent au contraire. Je pense que le profil de l’homme politique devra se passer des grandes écoles. Pour parvenir à vouloir montrer le chemin aux autres, il faut autre chose que simplement ce qu’on apprend dans les universités. Il faut une conscience, du cœur, une dose d’amour pour les autres et en plus une générosité avec des idées à l’appui. Ce n’est pas demain la veille que cela arrivera. Je pense qu’aujourd’hui nous sommes gouvernés dans le monde, je n’ai pas parlé de la France, par des gestionnaires, des gens qui colmatent les brèches. Nous n’avons aucun visionnaire. Pour moi visionnaire, c’est synonyme d’espérance.

JLV : Donc nous manquons de philosophes ?

RH : Et nous manquons surtout d’hommes d’action. Et généreux…

JLV : Ne retombons-nous pas sur la phrase de Malraux ? Quand il dit « spirituel » c’est au sens large. Cela dépasse la religion…

RH : Nous mourons d’un manque de spiritualité évident et toute cette technologie qui devait améliorer la condition des hommes et un échec assez cuisant.

JLV :Vous y pensez avec optimisme en croyant que cela peut changer ?

RH : Non cela ne peut pas changer. S’il n’y a pas de prise de conscience universelle, s’il n’y a pas un arrêt pour reprendre son souffle, si on ne réorganise pas les rapports entre les peuples, les cultures, les continents, les pays sur le plan social, politique, intellectuel, spirituel : nous sommes cuits.

JLV : Vous pensez que des livres dans le style de celui que vous venez d’écrire peuvent contribuer à changer les mentalités ?

RH : J’en suis absolument certain s’il est compris. Mais vous savez moi je n’ai pas de message, pas de mission. Je ne me suis jamais considéré comme jouant un rôle. Je ne supporte pas la morale. Et surtout quand on me la fait, moi je ne la fais pas aux autres. Donc chacun est libre. Mais ce livre je ne l’ai pas écrit pour donner mauvaise conscience à qui que ce soit. Sûrement pas. Ce n’est pas en donnant mauvaise conscience aux gens qu’on les aide. Non, c’est une prise de conscience que j’attends. Il y va de l’avenir de l’ humanité. Il y va de la finalité de nous-mêmes. Par instinct de conservation, il faudrait tout de même à un moment donné qu’il y ait un réveil. J’ai la chance d’avoir un âge où en général on est déjà depuis quelques bonnes années à la retraite, et Dieu m’a encore permis de tenir debout, d’écrire énormément de choses pour inspirer d’autres. A l'inverse des jeunes, comme Vilar m’ont inspiré, comme Jouvet, comme Pitoeff comme d’autres m’ont inspiré avant. C’est apporter une petite pierre à l’édifice. Mais si j’avais les moyens et la liberté des événements, je renverse la planète en trois minutes. Je décrète immédiatement des choses absolument ahurissantes concernant la misère, concernant la justice. Des choses immédiates même les rapports avec les autres pays. Pour moi la fin ne justifie jamais les moyens. C’est les moyens qui justifient la fin et je vous parle plus comme un homme engagé sur un plan humaniste.

JLV : Nous organisons ici sérieusement la pendaison de Marchiavel…

RH : Ah oui, c’est lui qui disait que la fin justifiait les moyens. Si l’on n’est jamais troublé par sa conscience je ne vois pas pourquoi on ne mettrait pas en pratique ce qu’a dit Machiavel. Moi je dis que le monde aurait dû avoir accès à la connaissance pour choisir librement. Il vaut mieux un bon assassin qu’un mauvais journaliste. Sartre a dit ça mais on m’a dit aussi qu’il a dit le contraire, qu’il valait mieux être un bon journaliste qu’un mauvais assassin. Cela dit qu’est ce que c’est une société ? Si je me mettais à hurler ça, les gens seraient épouvantés mais je le hurle dans mon livre : c’est un composite d’hommes et de femmes qui vivraient dignement d’un métier qu’ils ont choisi. Les trois quarts de l’humanité vivent mal d’un métier qu’ils n’ont pas choisi. C’est pour cela qu’ils ne sont pas disponibles. C’est pour cela qu’ils sont préoccupés par des problèmes à résoudre, difficiles, de la vie de tous les jours et qui ne vont pas en s’améliorant. Les progrès techniques s’améliorent mais la conscience de l’homme absolument pas. Elle est complétement assoupie et nous allons aller tranquillement vers notre fin. C’est pas tragique. Il paraît qu’il y a des milliards d’étoiles et pour moi, il y a eu ailleurs des expériences analogues à celle de la terre et puis c’est devenu un astre mort parce qu’à un moment donné il y a eu une déflagration ou une pollution irréversible. On a déjà bien perdu les dinosaures en route un jour, on va bien nous perdre nous. Comme ça dans un souffle. Et ça n’aura aucune importance. Mais c’est dommage parce que rien n’est plus beau et plus sacré qu’une vie, une vie permet à la terre d’exister. Nous avons mal géré la terre, mal le sable, mal la mer, on a assassiné la nature, on se bat, il y a des morts tous les jours. On se demande aujourd’hui comment peut-on en arriver là . On passe tout doucement de la préhistoire à la décadence et la civilisation se sera pour une autre fois. Quand on parle de Dieu tout le temps, on en a plein le cul aussi parce que tout le monde dit toujours « Dieu, Dieu, c’est Dieu », démerde-toi, il n’est pas nécessaire de savoir si tu y crois ou pas. Il est important de savoir si quelque chose existe et s’il croit en nous car on finit pas le lasser quelque part.

JLV : J’ai vu un jour une interview de vous à la TV française, c’était à peu près à l’époque du Théâtre Populaire de Reims et vous teniez déjà un discours un peu semblable et très assassin…

RH : Je regrette de me répéter. Lorsqu’on est soi-disant une vedette ou une star de cinéma et qu’on prend une brosse à dent alors qu’on parcourt le monde et qu’on gagne sa vie plus que nécessaire et qu’on abandonne tout pour toucher 3.000F/mois et de partir à Reims pendant huit ans, c’est déjà un déclic qui a dû se produire parce que renoncer quand cela va bien, c’est plus dur que de renoncer quand cela ne va pas. Il n’y a rien d’héroïque là-dedans, c’est banal et normal, il y a plein de gens qui auraient aimé être à ma place. Si on était immortel, on pourrait s’installer pour l’éternité mais on est de passage. Qu’est-ce qu’on va faire, on ne peut pas aller vers le ciel avec des valises bourrées de fric, c’est impossible, on va s’alourdir, donc il faut faire attention.

Propos recueillis par Jean-luc VERNAL.
http://taliesinreporter.typepad.com/mon_weblog/interview_de_robert_hossein/
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MessageSujet: Re: ROBERT HOSSEIN - 6 HOMMES EN QUESTION   Mer 14 Avr - 16:43

Robert Hossein se met en scène : sa vie est un roman
jeudi 30.10.2008, 20:04 - PAR BRIGIITE LEMERY


Robert Hossein, un homme engagé, mais «désespéré» revient sur sa vie sur la scène du Colisée de Roubaix. P

Robert Hossein, Ida Chagall le qualifiait « d'espèce de bohémien ». C'est dire qu'elle avait tout saisi de la nature slave aventureuse, tout en constrastes, attirée par les vagabondages artistiques, le gigantesque, le spectaculaire d'un homme aujourd'hui plus centré sur les autres que sur lui-même. Le metteur en scène et comédien, arrivé à l'hiver de sa vie, se met à nu le 7 novembre au Colisée de Roubaix à l'occasion de son premier one man show. Rencontre.

Interviewer Robert Hossein. C'est une expérience. D'abord, c'est intimidant. On devine, pour ce qu'on connaît de lui, que l'exercice sera difficile. Il ne nous déçoit pas, en parvenant à être le maître du jeu du début jusqu'à la fin de l'entretien. On a préparé ses questions mentalement mais bille en tête, l'acteur démarre sur un coup de gueule et sa philosophie de la vie : « Je dis que la planète est en danger, que nous avons gaspillé la terre comme la condition humaine. Je dis simplement qu'on ne peut essayer de sauver cette putain de planète au moment où toutes les races, toutes les nationalités et toutes les religions, et je ne parle pas d'une manière utopique, se mettent ensemble pour réorganiser cette planète. Et, tous ensemble, parce qu'il y a trop d'injustice. Il faut revenir au sens du partage. Et je dis aussi que les trois quarts de l'humanité vivent mal d'un métier qu'ils n'ont jamais choisi ! »


« Et que, moi qui suis très croyant, je le dis, je ne le cache pas, je ne reproche pas, mais je constate que dans les églises, on vient pour s'asseoir tranquille et que les prêtres, les jeunes et tous ceux qui ont la foi devraient hurler d'indignation afin que les gens prennent conscience. On parle toujours des jeunes. Mais les jeunes auront le sentiment d'exister le jour où ils pourront vivre dignement d'un métier qu'ils sont choisi, sans être ni des chômeurs, ni des stars ! Dans "Ben-Hur", au Stade de France, on a eu des jeunes qui venaient de partout, de banlieue et ça c'est remarquablement passé. Ils ont eu tout à coup le sentiment d'exister et ça s'est capital. Quand j'apprend les chiffres du chômage des jeunes, je le jure sur Dieu, je suis complètement bouleversé. »

« Moi je connais des riches qui donnent beaucoup, je connais des riches qui ne donnent rien. Je connais des pauvres qui donnent ce qu'ils peuvent, qui essayent de partager. Il faut essayer de se mettre un peu à la disposition de tous ceux qui appellent au secours qui sont entrain de crever dans le monde de faim, de maladie. Les fameuses technologies qui doivent améliorer la condition humaine ne sont faites hélas que pour certains privilégiés ! Et cette histoire de fric qui actuellement fait s'écrouler des choses et à l'image de la nature qu'on assassine. On ignore que la vie c'est une expérience d'amour, bordel ! Et l'expérience d'amour qui a été tentée avec le Christ, elle est en train de déconner à mort ! Je ne sais pas ni d'où on vient, ni où l'on va. On est en train d'assassiner la planète. Il y a trop de gens par terre dans la rue. »
Vous vous sentez un homme libre ?


« Mais je ne suis pas libre du tout, parce que j'ai mauvaise conscience. Je ne sers pas à moraliser, à culpabiliser les gens, c'est con, et puis moi-même, je suis plein de doutes. Mais il y a quelque chose en nous qui doit se mettre à la disposition des autres. Et quand on est un vieux con comme moi, 80 berges, on commence à poser son regard sur autre chose que sur soi-même ou ses ambitions. On commence à écouter et à regarder. On essaye de se mettre au service à travers des spectacles. Alors parfois il y a des réussites, des échecs, mais vous savez, comme disait mon père: "Je suis né pauvre avec une cervelle de riche, il vaut mieux ça que le contraire !" ou "La première cinquantaine, c'est dur, après ça va mieux !". Pourquoi, mais parce qu'on s'habitue! Je comprends un peu l'ambition quand on a vingt ans, mais après il faut un peu remettre les choses en question. Vous voyez bien que tout est entrain de changer, tout est entrain de se transformer totalement. Avec les médias, on est au courant de tout désormais mais on s'habitue.Mais c'est dommage parce qu'il y a des scientifiques, des artistes, des êtres humains pauvres sublimes. Je m'excuse de vous raconter tout ça, de m'énerver et je vous jure je ne le dirais pas dans mon one man show, parce que j'aurais l'air de moraliser. Je sais, j'ai l'air d'un con, mais je suis désespéré si vous voulez tout savoir. Il faut tenter quelque chose ! »

-Vous êtes sûr que vous n'en parlerez pas dans le spectacle ?


« Oh, j'en parlerais parce que c'est un acte d'amour ! Et puis, à 80 berges, on ne raconte pas sa vie, j'ai jamais fait de one man show, ça veut dire qu'on est cuit, je ne me fais pas d'illusion. J'vais vous dire pourquoi, parce qu'à 80 berges, on est plus assuré ! Mais être assuré, ça n'empêche pas de faire des fours. Vous savez, il est plus facile de monter "Ben-Hur" avec 500 personnes au stade que de faire un one man show. Vous savez raconter sa vie ! Alors, il y a un grand écran sur scène et puis je commence. Vous voyez des photos, moi à un mois, mes parents qui ont eu une vie tellement hallucinante. Et sur cet écran, j'évoque, tous ceux qui m'ont aidé, beaucoup de monde dans ce métier et puis des anecdotes, tous mes pensionnats, j'en ai fais quinze ! Bah, oui, parce que quand il n'y avait plus d'argent pour en payer un, on me mettait dans un autre ! Et puis comment j'ai traîné mes guêtres, à Saint germain-des-Près et puis le théâtre, le cinéma et puis comment j'ai tout foutu en l'air une fois que j'étais arrivé, comment j'ai renoncé à tout en restant huit ans à Reims. Et c'est là qu'est venu Weber, Huster, Adjani, Isabelle Hupert, Anémone... On a monté des tonnes de spectacles. C'est devenu un centre dramatique national et je suis citoyen d'honneur de la ville, mais ça donne pas de fric ça ! »


-Pourquoi cet arrêt sur images dans votre carrière alors à l'apogée ?


« C'est vrai, dans Cinémonde, alors, j'étais parmi les cinq plus grands, Gabin, Fernandel, Jean Marais, Bourvil, de Funès. Et, un matin, je me réveille. J'habitais en face de Madame Claude. Mon ami Jean Lefebvre habitait en face. Je me lève et je me dis, ma liberté n'est pas la bonne. alors je me suis pointé à Reims et j'ai tout recommencé à zéro. J'ai ouvert une école. J'avais pas d'avenir, je tournais , je gagnais. Ma réussite, c'était la chance, le hasard. J'ai tout fait pour y arriver. Je ne sais pas, c'est peut-être mes parents qui m'ont donné cet exemple de tout remettre en question. Et après je raconte toutes mes conneries (ses grands spectacles) au palais des Congrès. Pinault a été fabuleux, il m'a donné les moyens de monter "de Gaulle", Bonaparte, Jésus. Il a ensuite acheté le fonds de commerce du Marigny (Théâtre à Paris). J'ai fait sept ans de programmation. Et au bout de sept ans, j'ai trouvé qu'il fallait laisser la place à quelqu'un d'autre pour courir à travers le monde, essayer de faire des trucs. D'ailleurs, à la fin du one man show, sur l'écran, dernière image, il y aura une gueule et juste une phrase en dessous : "Bientôt, c'est vous qui me jugerez !" On ne saura pas qui c'est. C'est la prochaine tentative que j'essaye de faire. Si vous voulez mon sentiment,toute ma vie est un yo-yo, j'aurais fais la manche. Donc je me demande si je ne vais pas la faire non plus la-haut ! »


-Vous pensez déjà à un prochain spectacle ?


« Oui, même si je suis plein d'humilité et de peur à chaque fois que je monte un truc, parce que vous savez, le génie, c'est dix-huit heures de travail par jour et d'en trouver aux autres! Alors quand quelque chose est réussi, c'est grâce aux autres. Mais quand c'est loupé, c'est la faute de ma mégalomanie, ma folie! Et bien, regardez aujourd'hui les théâtres, les cinémas, il y a une espèce d'angoisse totale, je ne parle même pas des banques, alors, je vais tenter quelque chose, je suis un malade. Je vais changer de changer les concepts à la fois du cinéma, du théâtre, de la technologie, de l'interactivité où les gens pourront s'exprimer sur tous les problèmes. Je le ferais à la fois en noir et blanc, en couleur et en leur faisant voir des exemples qui ont existé. Et je vais essayer de jouer dans des stades, des palais des congrés, des Zéniths, des salles de quartier à dix euros la place. Pas de théâtre, parce que tout va être filmé. En relief, interactif, une tentative nouvelle adaptable à toutes les salles, tous les âges. Les gens pourront voter dans la salle, par téléphone, par Internet. Ce sera un spectacle tous publics où les gens auront l'impression d'exister sur un problème qui a eu lieu mais qui n'est pas résolu aujourd'hui. C'est peut-être de l'utopie totale, mais il faut tenter parce que je trouve que nous sommes dans un monde où il faut tout renverser. Vous savez le cinéma coûte cher, les places de thêâtre à 80 euros, qui peut se permettre cela aujourd'hui ? C'est pour cela qu'il faut quelque chose qui aide à faire avancer les choses, si Dieu m'aide à réussir, tout va se transformer et paraître crédible. Sinon, ce sera un échec et j'irais vendre des moules, parce que quand on arrive à un certain âge, on vous dit celui- à, il n'est pas un peu has-been. Mon ami Belmondo, j'ai la plus grande admiration pour lui, d'ailleurs dans mon spectacle, il y a une scène du film qu'il vient de faire. Depuis des années, on a tourné ensemble. Il a joué Kean, Cyrano. Il a été sublime. Et puis il a été blessé. et bien quelqu'un de belssé, on l'aime encore plus. Beaucoup de gens ont gagné beaucoup d'argent avec lui et ce ne sont pas ceux là qui le défendent aujourd'hui. Dans mon one man show, il y aura aussi sur l'écran Huster, Weber, Bardot Michèle Mercier qui ont balancé des choses. On me voit aussi avec Jean Genet... »


-L'histoire de votre famille est rocambolesque ?


« Mon grand-père était banquier en Russie. Ma mère est née à Kiev, mon père à Samaracande. On a habité pendant des années rue de Vaugirard. On allait pisser au second et on prenait l'eau sur le palier. Et ma mère disait toujours à ceux qui rentraient : "Prenez tout !" Il y avait que dalle ! Le bortsch, le thé, enfin des conneries ! Et mon père avait un vieux piano. Il écrivait et la Symphonie des sables dans Ben-Hur, c'est lui qui l'a écrit comme des musiques de films Toi le venin, après ça allait mieux. Car durant l'occupation, avec des copains, on voit mon père qui marche dans la rue en ziz-zag. Mes copains lui demandent s'il est dans la Résistance. Il répond: "Mais oui, je résiste, je dois de l'argent au boulanger, au charcutier !" »
« Mes parents étaient d'une humilité, d'une modestie tous les deux, toujours pleins d'espoir, d'optimisme. Ils ont fui la Russie, en traversant la Roumanie, l'Allemagne. J'ai vécu avec des gens sublimes, merveilleux mais qui n'avaient pas un rond. On m'a mis en pension. Quand il n'y avait plus un rond, on me mettait dans une autre, Meudon, Chatou, Versailles, Clamart...Ce qui fait que j'ai été élevé sous 25 religions différentes ! J'ai passé ma vie à faire la manche à Saint Germain. Donc, dans le spectacle je raconte tout ça et je rends surtout hommage à tous ceux qui m'ont aidé comme Frédéric Dard, Jean-Louis Barrault, Vadim, Marquand, Alain Decault, Gélin qui m'a hébergé. J'ai vécu comme un parasite...Pourtant, je dois tout à la France. je l'aime à la folie et pourtant, des fois, il est chiant et puis il râle tout le temps ! »
-Vos grands spectacles, que des succès ?


« Notre-Dame de Paris, 500 000 spectateurs. Les Misérables, 500000 spectateurs. Ben-Hur, 300 000 spectateurs. 14 millions d'euros en cinq jours, il en a coûté huit. »

- Vous voyez comment l'avenir ?

« J'ai le sentiment de ne plus en avoir pour très longtemps. Je vais souvent sur le tombe de mes copains, celle de Vadim qui s'efface, de Gérard Philipe, Barclay, mes potes. Le gardien m'a dit: "Vous êtes un peu connu vous, il y a encore de la place !" Mais avant, je voudrais encore tester une ou deux folies, aller jouer un grand spectacle en Russie et en chine (dans le cadre de l'exposition universelle à Shangaï). ce serait formidable de représenter la France. Vous savez ce que je dis de Dieu, j'y crois tellement qu'il finira bien par exister. Et surtout, il y a des gens complètement athées près de lui. Vous savez, on est de passage et en toutes choses, il faut consider la fin. »

http://www.lavoixdunord.fr/France_Monde/actualite/Secteur_France_Monde/2008/10/30/article_robert-hossein-se-met-en-scene-sa-vie-est-un-roma.shtml
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MessageSujet: Re: ROBERT HOSSEIN - 6 HOMMES EN QUESTION   Sam 14 Aoû - 11:25

Robert Hossein a présenté son spectacle “Une femme nommée Marie” qui se déroulera à Lourdes le 13 août 2011


Présentation du spectacle "Une femme nommée Marie" -

Les médias s’étaient déplacés en nombre en cette fin de matinée, au dernier étage de l’accueil Notre-Dame qui sert de transit et où était présenté le spectacle que donnera, le 13 août 2011, en première mondiale, la compagnie de Robert Hossein : « Une femme nommée Marie ». Aux côtés du célèbre metteur en scène très ému pour la circonstance, se trouvaient Mgr Jacques Perrier, évêque de Tarbes et Lourdes ; le maire de Lourdes ; le Père Jacques Nieuvarts, directeur du pèlerinage national et Arnaud Legrez, président de l’Hospitalité Notre-Dame de Salut.

Le témoignage de l’abbé Jean-François Duhar

Le projet du célèbre metteur et « monstre » du cinéma est né d’une rencontre avec l’abbé Jean-François Duhar, curé de Luz-Saint-Sauveur et futur curé de Lourdes (installation le 12 septembre prochain), au retour du festival de Gavarnie où jouaient les fils de Robert Hossein. « L’été dernier, souligne le père J-F Duhar, la providence me donna la joie de croiser la route de Robert Hossein et de son épouse Candice Patou, autour des roches de Massabielle. Descendant de Gavarnie où Robert Hossein présidait le festival théâtral annuel, ils s’arrêtèrent tous deux à Lourdes. S’approchant de la Grotte, l’émotion fut trop forte pour notre ami et de ce cœur généreux naquit ce souhait fou d’offrir en ce lieu, pour nos frères et sœurs blessés par la vie, une des plus belles pages de notre histoire. En cet endroit si particulier, Robert Hossein se laissa imprégner par le visage de la belle Dame comme aimait la nommer Bernadette. Tout naturellement s’imposa à notre ami le désir de mettre en scène cet instant où la Vierge Marie catéchise Bernadette, lui montrant la vie de son Fils Jésus. Belle aventure qui me permit tout au long de cette année d’entrer dans ce projet et de découvrir un homme au coeur débordant de générosité et d’enthousiasme, s’insurgeant contre la misère de ce temps, et aimant faire partager sa foi ».

Mgr Jacques Perrier, évêque de Tarbes et Lourdes, ne pouvait refuser. Le spectacle aura lieu le samedi 13 août 2011, sur l’esplanade du Rosaire. Les répétitions débuteront en avril 2011. La ville de Lourdes mettra à disposition la salle des fêtes.

http://www.lourdes-infos.com/65100lourdes/spip.php?article2048
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MessageSujet: Re: ROBERT HOSSEIN - 6 HOMMES EN QUESTION   Mar 26 Juil - 18:32


Crédit photo © ULRICH LEBEUF / France télévisions.
Pour la première fois dans l'histoire des sanctuaires de Lourdes, un spectacle - mis en scène par Robert Hossein- sera donné sur le parvis de la basilique Notre-Dame-du-Rosaire. Samedi 13 août en soirée.

Une femme nommée Marie, filmé en HD et diffusé en direct, se veut, selon les propres termes de son metteur en scène, « une évocation riche et dépouillée qui atteindra son unique but : réunir, dans la communion de l’espérance, croyants et athées, mystiques et indifférents, laïcs et pratiquants ».

Dans Une femme nommée Marie, la Vierge raconte à Bernadette la vie de Jésus-Christ, son baptême, le choix des apôtres, les guérisons des malades, les paraboles, la multiplication des pains, la trahison de Judas, la Cène, son arrestation au mont des Oliviers jusqu'à sa crucifixion et sa résurrection.

25 000 personnes sont attendues à Lourdes ce samedi 13 août pour cette unique représentation qui sera retransmise en direct à la télévision, notamment sur France 3 et sur un écran géant installé devant le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Une équipe de 200 personnes, dont 80 comédiens, les voix de Robert Hossein, Brigitte Fossey et Jacques Frantz, des centaines de projecteurs et de haut parleurs, 15 caméras haute définition, sous la direction du réalisateur Dominique Thiel sont mobilisés pour cette création mondiale à Lourdes ce 13 août 2011.

Pour lancer l’événement, l’animatrice de la soirée, Clémentine Portier-Kaltenbach, évoquera le message universel des Écritures qui, faisant partie intégrante de nos racines et de notre société, nous touche tous, croyants ou athées. Elle présentera ensuite deux sujets de 2 min : le premier sur l’histoire de Lourdes en chiffres et en images, et le deuxième, un "making of" sur la mise en place du spectacle, les répétitions...

La sortie mondiale du DVD en multi langues est prévue en octobre 2011.

Production: Telmondis.

Direction et mise en scène : Robert Hossein.

Lumières: Jacques Rouveyrollis.

Réalisation: Dominique Thiel.



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MessageSujet: Re: ROBERT HOSSEIN - 6 HOMMES EN QUESTION   Ven 23 Sep - 19:01

EXCALIBUR
LA LEGENDE DU ROI ARTHUR
STADE DE FRANCE - 24 SEPTEMBRE 2011




Nouveau spectacle de Robert Hossein. Il nous présente l’incroyable destin du Roi Arthur, de la princesse Guenièvre, de Merlin l'enchanteur, de Lancelot du Lac et des Chevaliers de la Table Ronde. Partagez une soirée inoubliable et laissez-vous transporter par cette légende symbole de pouvoir, de magie, d'amour et d'honneur.


Découvrez les histoires de ces héros dans notre topic :
http://www.artmony.biz/t2981-lancelot-du-lac


Au coeur d’une scène de plus de 9000 m², vous serez tour à tour plongés dans la Forêt de Brocéliande, terre mythique de l'avènement du Roi Arthur retirant l’épée du rocher, dans le Château de Camelot dominé par ses donjons, siège de l’affrontement des Chevaliers de la Table Ronde face aux Forces du Mal et, point d’orgue du spectacle, vous assisterez à la plus grande joute équestre jamais organisée !


18 mois de création, plusieurs centaines de figurants, 450 costumes, plus de 50 cascadeurs équestres, une scène et des décors à 360°, des effets de lumière et pyrotechniques exceptionnels … pour 1h30 de spectacle grandiose au Stade de France.


http://accueil.stadefrance.com/customers/evenement/excalibur-legende-roi-arthur-chevaliers-table-ronde?noredir=1
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MessageSujet: Re: ROBERT HOSSEIN - 6 HOMMES EN QUESTION   Ven 23 Sep - 19:05



"Agnus Dei EXCALIBUR", interprété par le chœur d'enfants "Les Polysons" est supervisé par Fabrice Aboulker.

La musique, enregistrée par l'orchestre symphonique de Skopje accompagné de percussions et de chœurs grégoriens, sera : suspense, émotion, aventure et légèreté.»

Fabrice Aboulker nous transporte dans son univers alliant lyrisme et romantisme, percussions et chants.
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MessageSujet: Re: ROBERT HOSSEIN - 6 HOMMES EN QUESTION   

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