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 SAMI FREY

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Bridget

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MessageSujet: SAMI FREY   Dim 1 Nov - 14:32

Sami Frey seul avec Beckett



«Pour Premier amour, je n'ai pas voulu d'une lecture, mais d'une interprétation» précise Sami Frey.

Après « Cap au pire », présenté il y a deux ans, le comédien retrouve la scène de l'Atelier et le grand Irlandais avec « Premier amour », qu'il met lui-même en scène.

Il vient de terminer la répétition du jour. Plus léger, disponible. Il a désormais ses habitudes dans ce merveilleux Théâtre de l'Atelier où l'on croit toujours entendre le grincement de la carriole de Charles Dullin. Sami Frey est dans son pays au théâtre, dans sa patrie dans la plus haute littérature.

Il y a vingt ans, à Avignon, puis Salle Favart, puis un peu partout, juché sur les montagnes mouvantes imaginées par Jean-Marc Stehlé, il pédalait ferme en disant, avec une gourmandise, une finesse, une malice qui lui sont consubstantielles, le Je me souviens de Georges Perec.
Le vélo, il avait l'habitude. Et c'est toujours ainsi qu'il grimpe jusqu'à Montmartre… La solitude de la scène, il connaissait un peu moins. Mais sans doute y a-t-il pris goût. Il voyage léger depuis quelques années. Il y a deux ans, il était donc déjà ici, avec un texte de la fin de la vie de l'auteur d'En attendant Godot.

Répétitions sur les bancs de Paris

«Pour Premier amour, je n'ai pas voulu d'une lecture, mais d'une interprétation, précise-t-il. C'est un texte que Beckett avait écrit en 1945. Il ne l'avait pas publié. Jérôme Lindon avait retrouvé le manuscrit en 1969 et Beckett l'avait alors repris… Il est donc tissé de deux moments de la vie de l'écrivain, de sa maturité - il a 39 ans -, à son âge mûr - il a 63 ans.»

Pour ces cinquante pages de Beckett, Sami Frey a prévu cinq mois de travail. «Il faut cela pour faire sien ce texte, dit-il. Je me souviens que Barrault parlait toujours du nombre de mots qu'utilisent les écrivains : 400 pour Racine, mais 750 pour Beckett… mine de rien.»

C'est auprès de Jean-Louis Barrault, alors que lui-même jouait Le Soulier de satin, que Sami Frey a croisé parfois Samuel Beckett et sa haute silhouette osseuse, son visage émacié, son regard saisissant. «C'est à la même époque que Madeleine Renaud a créé Oh les beaux jours, et il était souvent au théâtre, impressionnant évidemment…»

Dans le texte, que l'on ne résumera pas, car cela n'a pas de sens, le narrateur, chassé de sa chambre après la mort de son père, rencontre une femme sur un banc et parle de «l'affreux nom d'amour»…

Sami Frey a donc travaillé seul, accompagné de Franck Thévenon, artiste des éclairages présent déjà au temps de Je me souviens.« Je me suis appuyé sur des lectures, l'étude de Deleuze, L'Épuisé, la biographie remarquable que lui a consacrée James Knowlson, des éléments de la fin de sa vie, lorsqu'il vivait dans une chambre modeste d'une maison médicalisée. Je me suis inté ressé à la période “oblomovienne” de sa vie.»

Sami Frey a répété sur les bancs de Paris. «Avec la multiplication des gens qui parlent dans les micros de leur portable, je ne passe plus pour un fou… et puis on peut s'enregistrer, se corriger…» Il aime ce texte qu'il a eu l'occasion de lire à Nîmes, l'été dernier. «J'ai été touché par l'écoute de 700 personnes. C'est qu'il y a dans ce texte des zones que Beckett n'aime pas trop aborder. Il met tout sur la table. Même la sentimentalité. Et l'humanité profonde.»

Sami Frey parle bien de son travail. Il ne renoncerait pour rien au théâtre, mais n'oublie pas le cinéma. «J'aime tourner un ou deux films par an. Le prochain est Mensch, de Steve Suissa, qui sort en décembre ; j'y ai un très beau rôle de vieux patriarche d'une famille juive du quartier de Montmartre… Cela m'a beaucoup intéressé.» À suivre.

http://www.lefigaro.fr/theatre/2009/10/31/03003-20091031ARTFIG00338-sami-frey-seul-avec-beckett-.php






A Partir DU 3 NOVEMBRE
du mardi au samedi à 19h

Auteur: Samuel Beckett

Avec: Sami Frey

L'histoire: « J'associe, à tort ou à raison, mon mariage avec la mort de mon père, dans le temps. Qu'il existe d'autre liens, sur d'autres plans, entre ces deux affaires, c'est possible.
Il m'est déjà difficile de dire ce que je crois savoir. » Samuel Beckett

Texte publié aux Editions de Minuit - Crédits photos: Hélène Bamberger

http://www.theatre-atelier.com/spectacle-premier-amour-46.htm
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liliane
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MessageSujet: Re: SAMI FREY   Mer 11 Nov - 8:58

PREMIER AMOUR de Samuel Beckett
L'artiste et son double




Un homme à la fin de sa vie, peut-être même au-delà. Solitaire depuis toujours ou presque. Qui préfère les cimetières aux jardins publics, la compagnie des morts à celle des vivants. Pourtant l'homme a aimé une fois. Inexplicablement. Irrésistiblement. C'est ce « Premier Amour » signé Samuel Beckett que Sami Frey, acteur rare, a choisi de raconter sur la scène de l'Atelier. Un texte doux-amer, drôle et horrifique, écrit en 1945 par un géant du théâtre.
La scénographie est « à la Beckett » : minimale. Deux bancs devant le rideau de fer doré, une lampe rouge qui clignote, appels vers l'enfer, coeur qui s'emballe avant de s'arrêter. Un vague bruit de fond, rumeurs du monde étouffé. Une sirène parfois, comme un rappel à l'ordre, au temps compté. Sami Frey se tient au bord de la scène, debout ou assis, silhouette saisissante de vagabond en manteau noir, sac vert en bandoulière, captant chaque regard d'un public attentif, tendu comme la peau d'un tambour.
Tel un félin avec sa proie, l'acteur joue avec les mots, avant de les dévorer tout cru, calculant chaque geste et chaque intonation, pour porter sans faillir toute la férocité du texte. L'ironie domine - un demi-sourire fantôme accompagne l'essentiel de sa litanie. Sami Frey dose ses effets, ses pointes d'humour, ses brefs accès de colère, quand son personnage s'emporte face à ses restes vains d'humanité ou ses « erreurs de jeunesse ». Une jeunesse somnambule d'errance en clair-obscur, soudain troublée par l'irruption d'une jeune fille « tenace », qui l'attire un temps dans ses rets. Son premier - et son unique - amour.
Emotion intense

Aucun pathos ne vient brouiller le jeu du comédien, subtil et distancé. Il faut préserver le mystère de l'homme. De ce misanthrope en rupture de ban. De ce texte fulgurant et fragile. L'émotion immense - immensément contenue - s'exprime à la lisière des phrases, dans les points de suspension ou dans certains passages murmurés. Dans la flamme ardente qui illumine constamment son regard - ses yeux disent autant que sa bouche, en un troublant contrepoint.
En à peine plus d'une heure, on a tout entendu, ressenti de ce « Premier amour » : les odeurs des morts et des vivants, la froide douceur de l'hiver, le poids des jambes de la jeune fille sur ses genoux, l'appel de la montagne qui se dresse, sombre et frémissante, derrière la fenêtre… Et le cri, le cri d'amour désespéré qui vous poursuit toute la vie. Sami Frey et Beckett ne font plus qu'un. La salle retient son souffle un lourd instant, avant de saluer en un tonnerre d'applaudissements l'artiste et son double.

PHILIPPE CHEVILLEY, Les Echos
[ 10/11/09 ]
http://www.lesechos.fr/info/loisirs/020212049811-l-artiste-et-son-double.htm
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http://www.artmony.biz
 
SAMI FREY
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