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| Auteur | Message |
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Bridget

Nombre de messages: 1517 Age: 60 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Dim 15 Nov - 15:34 | |
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Benjamin Biolay était l'invité du 19/20 le samedi 14 /11 sur France . Edition Ile de France .
Dernière édition par Bridget le Lun 16 Nov - 18:53, édité 2 fois |
|  | | Bridget

Nombre de messages: 1517 Age: 60 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Lun 16 Nov - 18:49 | |
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SUPERBE BIOLAY

On a plus parlé de Benjamin Biolay pour ses frasques que pour sa musique. Aujourd’hui, c’est avec un double album d’une grâce redoutable qu’il se fait remarquer -double album en écoute intégrale ici-même
Sur Benjamin Biolay, 36 ans, on aura souvent entendu ceci : mec doué, surdoué même, beau gosse (un peu trop pour être honnête), grosse tête (à claques parfois), provocateur (il a été pressenti pour faire partie de jurys dans plusieurs télé-réalités), pas sympa, patibulaire, ingérable, incorrect, en marge du milieu, voire kéké sur les bords.
Biolay a démarré fort, très jeune et très vite, au début des années 2000 : avec des disques pop un poil amidonnés (Rose Kennedy en 2001, Négatif en 2003), mais surtout avec un coup de maître pour le chanteur hilare et UMP Henri Salvador (Chambre avec vue).
A l’époque, la chanson française tient son wunderkind mais ne semble pas bien savoir comment l’aimer – ça tombe bien, lui non plus.
La situation est quelquefois problématique mais pas désespérée. En 2004, avec sa compagne d’alors, Chiara Mastroianni, il signe un très beau disque d’intérieur (Home), qui achève de délier les mauvaises langues. La suite est moins agréable : la presse people, qui s’intéresse de près au gendre de la grande Catherine Deneuve, a taclé Biolay en plein vol.
On parle alors plus de ses frasques que de sa musique. Pendant ce temps, Biolay se bonifie dans son coin comme un beau maroilles. Ses chansons se sortent la chemise du pantalon, les textes s’écrivent au jour le jour, élégants et au plus près de l’os.
A l’origine, sorti en 2005, est salué par Alain Bashung.
Trash yéyé, publié en 2007, est l’ami idéal pour ceux qui en bavent.
Deux ans plus tard, après avoir été évincé de sa maison de disques, Biolay revient en homme libre avec un sixième album d’une grâce et d’une fragilité redoutables.
Un disque où notre chanteur ne s’épargne rien et se permet même, dans la foulée, un peu tout. On y trouve des chansons d’amour – le vrai – (Reviens mon amour, Miss Catastrophe), des ritournelles (Night Shop, Prenons le large), des confessions parfois intimes (15 août, Ton héritage, Padam), des coups de sabot (Sans viser personne, 15 septembre), des coups d’épée dans l’eau (Mélancolique, L’espoir fait vivre), des coups de maître (Brandt Rhapsodie, Jaloux de tout).
Baptisé La Superbe en hommage à la sublime chanson qui l’ouvre en grand, cet album compagnon tient bien ensemble, porté à bout de bras par un seul et même homme, qui se met à nu, se dévoile avec justesse et pudeur, humour aussi. Un homme qui se serait résolument mis en marge du monde pour composer, enfin, son morceau de bravoure attendu.
Album : La Superbe (Naïve)
http://www.lesinrocks.com/musique/musique-article/article/superbe-biolay/
Dernière édition par Bridget le Dim 22 Nov - 17:41, édité 1 fois |
|  | | liliane Admin

Nombre de messages: 8844 Age: 61 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Mar 17 Nov - 1:10 | |
| 16.11.2009BENJAMIN BIOLAY
Il sort un album formidable, "La Superbe", et poursuit une double carrière musicale et cinématographique. Benjamin Biolay irrite, étonne, détonne. Rencontre. OLIVIER DE BRUYN
Il donne envie de paraphraser Brassens. Dans le village “sans prétention” de la chanson française, Benjamin Biolay a mauvaise réputation. Ses cinq albums de feu et les succès écrits pour les autres (Henri Salvador, Juliette Gréco, Françoise Hardy, Julien Clerc…) ont excité les jalousies. Ce garçon compose avec une régularité métronomique des mélodies et des textes imparables. Tout le monde le sait. Et ça énerve beaucoup de monde. Mais ce n’est pas tout. Son dilettantisme en guise de pose existentielle et ses déclarations incendiaires (sur Henri Salvador, Bénabar, l’industrie du disque) l’ont rangé dans la catégorie “caractériel ingérable”.
Son idylle passée avec Chiara Mastroianni et ses liaisons jugées “people” par la presse du même nom ont fait le reste. Benjamin Biolay, vague sourire aux lèvres et voix embrumée, résume sa situation dans la société du spectacle. “Il faut se méfier de l’auto caricature, murmure-t-il. Je sais que je suis considéré comme un “bon client”. J’ai parfois été violent parce qu’on voulait m’enfermer dans un genre auquel je n’appartenais pas, la nouvelle chanson française. Alors, dans les interviews, j’ai souvent grossi le trait…”
Dans le studio d’enregistrement où il donne rendez-vous et arrive (très) en retard, Benjamin Biolay semble d’abord prendre plaisir à singer son image. Look “saut du lit” en plein cœur de l’après-midi, il raconte ses pérégrinations festives de la nuit écoulée à ses attachées de presse, blague avec le photographe, boit une grande tasse de café noir, enchaîne cigarette sur cigarette et repousse l’échéance journalistique. Arrogance ? Non, plutôt timidité, distance. Le vrai Biolay ne tarde pas à contredire sa légende.
La Superbe - Naïve
Suivez la suite de la rencontre avec Benjamin Biolay dans le Femmes n°16, en kiosque actuellement.
http://www.femmes.com/culture/musique/un-nouveau-depart-14395 |
|  | | Nine Admin

Nombre de messages: 8798 Date d'inscription: 03/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Mer 18 Nov - 11:02 | |
| Benjamin Biolay La Superbe Paris 18/11/2009 - Fruit d’un artiste à l’appétit musical hors du commun, Benjamin Biolay, le foisonnant double album intitulée La Superbe, est d’ores et déjà un incontournable. Deux ans seulement après son album précédent, Trash Yéyé, l'auteur-compositeur-interprète semble enfin montrer son talent à sa juste mesure. Ce n’est un secret pour personne : depuis l’inaugural Rose Kennedy, Benjamin Biolay cherche à bâtir une "œuvre". De celles dont on se souviendra au-delà des nouvelles vagues de la "nouvelle chanson française". Avec ses deux volets de 23 titres et une palette musicale et émotionnelle inouïe, La Superbe relève en partie ces ambitions. Des maîtres à jouer de la pop hexagonale – Christophe excepté, rares sont ceux qui embrassent tous les genres musicaux avec un tel panache : le classique, avec la sublime partition de cordes du titre d’ouverture, le rock anglais des années 80 `(Prenons le large) et même le reggae dub sur l’hypnotique Padam. On ne saurait faire plus difficile en matière de grand écart musical, et pourtant le charme opère . La faute à une surdose d’inventivité dans les arrangements, comme ces boucles électro subtilement nichées dans les chansons pop les plus classiques (L’espoir fait vivre). Moins aventureux mais toujours incisifs, les textes distillent la même noirceur amoureuse que les albums antérieurs, entrecoupée ça et là d’euphorie grisante (Prenons le large) ou de nostalgie proustienne (Lyon Presqu’île). Mention spéciale, pour son originalité, au déjà culte Brandt Rhapsody. Bien sûr, le maniérisme vocal affiché du chanteur – le chanté-parlé, les susurrements – et certains titres un peu faciles (La Toxicomanie) ne le réconcilieront pas avec ses détracteurs. Mais Biolay n’en a cure : il vient, peut-être, de signer son Melody Nelson.
RFI MUSIQUE La Superbe Jerome Pichon
Dernière édition par Nine le Sam 21 Nov - 1:51, édité 4 fois |
|  | | liliane Admin

Nombre de messages: 8844 Age: 61 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Ven 20 Nov - 23:30 | |
| EN PROVENANCE D'UN SITE PORTUGAIS IL ME SEMBLE Benjamin Biolay – La Superbe [2009] by flip on November 20th, 2009 try: RS watch: youtube buy: amazon Five LPs into his brilliant career, the Frenchman finally gets the first British release of what might just be his masterpiece. Fittingly, it’s a sprawling set that veers from apocalyptic techno to Gang of Four-style post-punk via melancholic chanson, with piano ballads (Night Shop), guitar-driven sounds (L’Espoir Fait Vivre) and orchestral numbers (the title track) sharing space. For such a weighty package, however, it’s remarkably free of anything that should have been trimmed. Superbe, indeed. (Naive) ——————————————- Depuis “Trash Yéyé”, Benjamin Biolay s’est affranchi des postures et des jugements. Il revient plus en verve que jamais avec ce double album concept qui s’étire du “15 août” au “15 septembre” et puise dans la matière autobiographique. Avec ce disque pieuvre, Biolay ne se réinvente pas, au contraire, il creuse la veine de son style désabusé jusqu’à parvenir à la substantifique moelle. Des recettes et alors ? Biolay est devenu un auteur époustouflant qui manie la langue avec brio, alternant rimes riches et rimes pauvres, langage parlé et langage châtié, élégance et vulgarité. Une langue qui charrie des flots de sentiments contraires sur un timbre pâteux de gros fumeur. Une langue déliée, dialogues fleuves d’un film sans images et sans happy end au bout. Et puis Biolay exhibe crânement toutes ses qualités de démiurge musical qui embrasse tous les styles : chansons orchestrées au millimètre (à la mode Jean-Claude Vannier), pop-songs anglophiles, ballades jazzy flippées, spoken words hallucinés. Son disque a de la gueule malgré sa gueule de bois et sa sainte trilogie ressassée (fantasmes, fantômes, fêlures). Exercice d’impudeur pudique creusant les sempiternels thèmes chers à sa plume, au hasard la morsure du temps qui passe, les amours contrariées, les chroniques urbaines sous Prozac. Vingt-deux chansons, c’est forcément trop, d’autant que le disque n’évite ni la redite, ni le pilotage automatique sur le deuxième volet mais quelle profusion, quel appétit, quel souffle aussi ! Aimerait-on autant Fellini sans ses outrances et ses outrages ? Pareil pour Biolay toutes proportions gardées. Ces chansons débordent du cadre, dégueulent de vie, donnent des coups de menton arrogants pour au final exhiber tous les méandres d’un cerveau en vrac. Des chansons qui se paient le luxe de rejouer la Comédie Humaine dans un Paris du XXIe siècle avec les meilleurs chapitres qui ont pour titre “La Superbe”, “Miss catastrophe”, “Brandt rhapsodie” en duo avec Jeanne Cherhal, “Tout ça me tourmente”, “Ton héritage”. Voilà où le musicien acteur a hissé la barre pour ce cinquième album, faisant loin devant la course en solitaire. Et puis, Biolay l’acteur se taille dans ce disque un rôle sur mesure. Celui de la belle gueule déchue qui se met minable pour les beaux yeux de la plus jolie fille du bal. Forcément pathétique et superbe. (Popnews) http://bolachas.org/benjamin-biolay-la-superbe-2009 |
|  | | Bridget

Nombre de messages: 1517 Age: 60 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Dim 22 Nov - 17:40 | |
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Benjamin Biolay - La superbe
Il aura fallu deux ans et demi de travail en studio à Benjamin Biolay pour nous offrir son sublime dernier album. Avec deux cd et 22 chansons (23 dans le collector), ce magnifique opus présente de nombreuses ambiances sonores, (jazz, pop rock, électro, bossa, hip hop,etc…), et un univers dense où l’on découvre des torrents d’émotion. Sur une musique profonde et enveloppante qui agit comme un film, ce double cd d’une totale beauté est porté par une voix chaude, lumineuse, sensuelle et plus ample.
La trame est celle d’un mois très chaotique dans la vie d’un homme, entre confessions intimes, l’auteur se dévoile avec justesse, pudeur et humour. Un double album écrit en toute liberté, sans pression sur la relation amoureuse, le quotidien, l’intime. Au fil des chansons, on retrouve une certaine élégance dans l’écriture, Benjamin Biolay y a mis du cœur, cela se sent, c’en est bouleversant tant l’album est émouvant.
Ce double album évoque l’amour, la passion avec ce que cela comporte de cruel. L’excitation des débuts, la lassitude qui s’installe, les petites lâchetés de la rupture, les remords et les fêlures sont analysés par le chanteur.
Si le premier cd est mélancolique, le second est lui plus « dynamique ».
Le premier album parle de ruptures, de déchirements amoureux, et démarre sur « la superbe » magnifique, époustouflante. « La superbe », (qui a été écrite et interprétée il y a quelques années, à voir ou revoir avec Virginie Ledoyen et Benjamin Biolay dans « Voyage au bout de la rue », magnifique interprétation de ces deux artistes d’ailleurs !)
La drogue est évoquée comme style de vie, d’autres titres évoquent également la fréquentation des gouffres.
« Ton héritage » lettre écrite à sa petite fille, dans laquelle il dresse le bilan de sa vie, cruel sur lui même, sur une mélodie assez cheesy pour aller avec un texte très cru, mais bouleversante et touchante à la fois..
«Brandt Rhapsody » formidable duo écrit et chanté avec Jeanne Cherhal, récit d’un couple de la rencontre à la séparation via la lecture de post-it laissés sur un frigo.
Le deuxième album sur un rythme plus « dansant » évoque toujours la rupture amoureuse , un regard sur l’existence et sur son prochain.
A noter le goût de l’introduction chez cet auteur compositeur qui laisse venir les mots qui s’installent dans la chanson.
Belle réussite musicale dans lequel Benjamin Biolay démontre son talent de compositeur capable d’explorer tous les styles, et dont la qualité d’écriture, le sens de la mélodie, le phrasé unique et la diversité des arrangements confirme son génie musical.
Benjamin Biolay se révèle dans ce double album, c’est un feu d’artifice d’émotions à l’état pur, de mélodies remarquables, ce double album brillant, est pétillant par sa diversité, rayonnant par sa splendeur, avec ce goût de l’arrangement qui le caractérise, Benjamin Biolay a réussi là un album grandiose : un chef-d’œuvre à écouter de toute urgence !
Seul bémol, il faudra attendre quelques semaines pour voir le chanteur s’exprimer en concert, alors en attendant laissez vous emporter par la beauté de ce double album superbement magnifique !
http://savemybrain.net/v2/2009/11/14/benjamin-biolay-la-superbe/
Dernière édition par Bridget le Dim 22 Nov - 18:07, édité 1 fois |
|  | | Bridget

Nombre de messages: 1517 Age: 60 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Dim 22 Nov - 18:07 | |
| Une date supplémentaire pour le Casino de Paris , le 4 Février 2010
Dernière édition par Bridget le Mar 24 Nov - 23:49, édité 1 fois |
|  | | Bridget

Nombre de messages: 1517 Age: 60 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Mar 24 Nov - 13:07 | |
| Ce soir (ou jamais !) avec benjamin Biolay 24 11 09
Revue de presse
Présenté par : Frédéric Taddeï
Invités : Sylvie Brunel (géographe), Benjamin Biolay (chanteur), Antoinette Fouque (militante féministe), Denis Tillinac (écrivain)
Pour sa revue de presse hebdomadaire, Frédéric Taddeï accueille notamment la géographe Sylvie Brunel, mais aussi Benjamin Biolay, dont le double album, «La Superbe», est sorti en octobre dernier. Le live du jour est assuré par Ed Laurie, qui interprète un extrait de son CD, «Small Boat Big Sea», dans les bacs depuis le 2 novembre. |
|  | | liliane Admin

Nombre de messages: 8844 Age: 61 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Ven 27 Nov - 23:20 | |
| CHARLES AZNAVOUR AIME LA SUPERBE Aznavour le boulimique Olivier Nuc 27/11/2009 "Depuis plus de cinquante ans, le public est resté fidèle à cet atypique qui mit du temps à imposer sa différence. «Musicalement, je n'ai rien inventé : j'ai fait des mélodies pour habiller mes chansons. Ma chance, c'est d'avoir baigné enfant dans les cultures gitane, russe, arménienne, turque et iranienne.» Ce fils d'immigrés est devenu une manière d'ambassadeur de la culture française, un rôle qu'il prend au sérieux. «Je suis français, très français, franchouillard même», s'enflamme-t-il avec son accent parisien. «On me parle toujours des difficultés que j'ai eues, mais j'ai vécu une vie très drôle. Le bilan est positif !» Attentif à la bonne santé de la chanson française, il se reconnaît de nombreux héritiers : Grand Corps Malade, Sanseverino, Olivia Ruiz ou —Bénabar. Avec une mention spéciale pour Benjamin Biolay. «Son dernier album, La Superbe, est une petite merveille.» S'il avoue ne plus vouloir faire de grande tournée, il caresse le projet de revenir sur scène dans des salles intimistes. «J'ai envie de revenir en toute petite formation.» http://www.lefigaro.fr/musique/2009/11/28/03006-20091128ARTFIG00214-aznavour-le-boulimique-.php |
|  | | Bridget

Nombre de messages: 1517 Age: 60 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Dim 29 Nov - 14:52 | |
| . Concert privé Europe 1 le 9 Décembre . http://jeux.europe1.fr/Benjamin-Biolay |
|  | | liliane Admin

Nombre de messages: 8844 Age: 61 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Dim 29 Nov - 15:46 | |
| A l'image de James Gray, réalisateur de "Two Lovers", Benjamin Biolay impose son style dès la première scène. Sans fioriture, beau et poignant. Avec son titre éponyme, "La superbe" s'ouvre comme une plaie sur un espoir d'embellie. Les violons transpercent les mots, les saignent, vont et viennent, puis reviennent. Encore et encore. Piano et guitare redoublent d'intensité. Ils semblent courir côte à côte avant de s'écraser ensemble sur une voix qui s'emballe progressivement. C'est l'occasion pour Biolay de se livrer vocalement, bien plus qu'à l'accoutumée, avant qu'un air de saxophone vienne entériner cette introduction aussi sombre que brillante. Préface des vingt et un chapitres qui suivront. De variations presque toutes plus tristes les unes que les autres, émerge un thème d'espérance, un hymne à l'amour et une volonté de croire en la grande aventure qu'est la vie.
Chapitre premier.
"Paris, le 15 août, Je t'écris du Bristol où j'ai déjeuné seule. Une salade sans sauce, dégueulasse. Cet été est sans fin. C'est même un été pourri. Voilà, je suis partie hier. Je t'ai laissé un mot sur la commode noire dans l'entrée. Je voudrais bien tout t'expliquer, mais évidemment c'est pas si simple. C'est même compliqué. Je ne demande rien naturellement. De toutes façons, j'ai horreur de quémander. Je t'appellerai dans quelques jours, le temps de digérer un peu. Moi, ça va. Ne reste pas seul. Essaie de voir des amis. Je t'embrasse. P.S : J'ai vu ta sœur dans le 41." ('15 août')
'15 août', elle est partie...........
aircoba
La suite, ici :
http://aircoba.wordpress.com/2009/11/29/chronique-benjamin-biolay-la-superbe/
Dernière édition par liliane le Lun 30 Nov - 8:52, édité 1 fois |
|  | | liliane Admin

Nombre de messages: 8844 Age: 61 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Lun 30 Nov - 0:07 | |
| CULTURE-MATCH | DIMANCHE 29 NOVEMBRE 2009
AZNAVOUR-BIOLAY, LE MAÎTRE ADOUBE L’ÉLÈVE 
Alors que Benjamin Biolay triomphe enfin avec «La superbe», son nouvel album, il s’est prêté au jeu de l’entretien croisé face à une de ses idoles, Charles Aznavour. Qui sait qu’une carrière ne se bâtit pas en un jour.
Un entretien avec Benjamin Locoge - Paris Match
L’aîné Aznavour arrive en avance, le jeune Biolay n’est pas loin derrière. Renfrognés devant le photographe, animés dès qu’il s’agit de parler musique. Le grand Charles porte des bretelles jaunes et des lunettes noires, le petit Benjamin un jean et une chemise grise. Presque 1,90 mètre, Benjamin Biolay redevient élève devant le colossal Aznavour. Le doyen tient dans ses mains noueuses le livret de «La superbe», passant en revue chaque morceau pour un bilan positif : «Il n’a pas eu peur de se déshabiller.» Trenet, Piaf, Gainsbourg, Debussy, Hallyday, si un demi siècle les sépare, les influences de ces deux auteurs se croisent, amoureux du texte avant tout. Ils se sont rencontrés pour la première fois en Argentine, il y a plusieurs années, et se retrouvent, ce mardi 27 octobre, dans un studio parisien pour un état des lieux de la chanson française.
Paris Match. Charles, qu’avez vous pensé du disque de Benjamin ? Charles Aznavour. Sur ses disques précédents, Benjamin avait une influence importante, celle de Serge Gainsbourg. Sur celui ci, on la sent de moins en moins. Bientôt on ne la sentira plus du tout. Le plus emmerdant pour un artiste, c’est d’entendre : “Vous ressemblez à untel ou untel.” Là, Benjamin en est sorti.
Benjamin Biolay. Ma première influence, c’est Charles Trenet. J’ai écouté Gainsbourg quand j’étais jeune, mais je ne l’écoute plus depuis longtemps. Avec lui, je me disais : “Voilà un narrateur qui a du succès, je pourrais faire la même chose.”
C.A. Moi, j’ai croisé une fois Gainsbourg dans ma vie, et seulement dix minutes. Il m’a dit qu’il utilisait ma chanson “Parce que” pour draguer ! Il n’y a qu’un Gainsbourg par génération. Aujourd’hui, la plupart des jeunes femmes qui chantent sont influencées soit par Madonna, soit par Céline Dion. Où va la chanson française avec ça ? Je préfère un disque comme celui de Benjamin. C’est beau, bien orchestré, écoutez “La superbe” ! Enfin une chanson où l’on entend les paroles.
B.B. Ces derniers temps, on a trop fait de chansons à textes. Donc on partait du texte et on oubliait de faire une chanson derrière.
C.A. C’est bien le problème ! On a mis les mélodies au placard au profit des tubes. Il faut provoquer les gens, oser écrire dans la longueur. C’est ce que j’ai toujours fait.
B.B. Récemment, l’influence anglo-saxonne a beaucoup prédominé. Dans les disques anglais, on n’a pas besoin de mettre la voix très en avant pour entendre les textes, car c’est une langue qui se projette. Le français demande plus d’attention.
C.A. Leurs textes n’ont pas notre richesse intellectuelle. Mais on les apprécie ainsi. Prenez “Yesterday” des Beatles, une sublime chanson, mais qui n’arrive pas à la hauteur d’un texte de Léo Ferré ! Cole Porter avait trouvé quelques bonnes phrases, mais il a toujours répété les mêmes. Nous, on cherche à se différencier ! Moi qui dis toujours que les rappeurs sont des bons auteurs, j’ai été surpris par votre disque, Benjamin. Dans “Miss Catastrophe” par exemple, c’est à la fois rappé, chanté et mis en musique. C’est la première fois que j’entends ça !
B.B. Vous vous trompez, votre chanson “Poker” était déjà proche du rap.
C.A. Mais ce n’est pas du rap !
B.B. Ah si, vous débitez plus que vous ne chantez.
C.A. Non, c’est une époque où le rap n’existait pas. J’étais peutêtre précurseur, mais ce n’était pas volontaire.
Charles, à vos débuts, vous doutiez beaucoup de vous. C.A. Je doutais de moi parce que la presse m’accablait. La révolution, c’est quand on commence à bâtir, à dire des choses, à savoir ce que l’on sera demain. Vous êtes en plein dedans, Benjamin. Je vous souhaite la troisième et la quatrième révolution, qui sont les plus rares !
Quelles sont-elles ? C.A. Ce sont celles où l’on a fait une vie, où l’on oublie sa table de travail. On n’y revient que lorsque l’on a un disque à faire ! Je suis en plein dedans. Le plus dur, c’est de ne pas se copier. Les plus grands ont toujours su se renouveler. Je pense à Béart, Brel, Brassens, Ferré ou Trenet.
Charles, vous avez dû vous battre pour vous imposer, notamment auprès des médias. C.A. Ah oui. On a retrouvé des articles où l’on disait que “Sur ma vie” était une très bonne chanson écrite par un très mauvais chanteur ! Mais les gens qui pensaient me détruire m’ont en réalité construit.
B.B. Je comprends ce que vous dites, je suis passé par là. Je ne suis pas un grand chanteur, mais si j’avais vos capacités vocales, et que l’on m’ait dit que je ne savais pas chanter, je serais devenu hystérique. Quand j’ai lu votre livre, je me suis dit que j’allais m’en resservir. La prochaine fois que quelqu’un me demandera un fond de tiroir, je lui répondrai ce que vous dites : “Je n’écris pas pour mes tiroirs !”
C.A. Liane Foly vient de me demander une chanson. Ça m’a fait plaisir, car il y a bien longtemps que l’on ne m’avait pas sollicité. Du coup, j’ai bien travaillé, il y a des mots durs dedans, sur la jouissance notamment. Je pars du principe que si une chanson devient un classique sur scène, c’est formidable. Mes plus gros succès ont été remarqués tardivement. “Emmenez-moi”, je l’ai écrite il y a cinquante ans, “Mes emmerdes”, il y a quarante ans. Et elles sont devenues des "classiques" vingt ou trente ans plus tard.
B.B. Je ne savais pas tout ça...
"PIAF M'A APPRIS À ÊTRE PATIENT"
C.A. C’est Piaf qui m’a appris à être patient. Elle chantait un titre, “Monsieur SaintPierre”, qui ne marchait pas du tout. J’avais beau lui dire que ça ne fonctionnait pas, elle me disait “ils la prendront”, et elle continuait à l’interpréter tous les soirs. Si on ne s’obstine pas, si on fait ce que veulent les gens, alors on commence à régresser.
Pensez-vous que le CD vit ses dernières heures ? C.A. Je n’en sais rien et je ne me sens pas concerné. Je n’ai pas écrit pour vendre, mais j’ai accepté l’argent que je gagnais !
B.B. Vous évoquez souvent des sujets durs. Un titre comme “L’aiguille” ne passera pas à la radio. Or, tout le monde devrait la connaître, elle est extrêmement poignante.
C.A. Aujourd’hui, quand on parle du sida dans une chanson, on utilise le mot sida. Moi, je ne le dis pas une seule fois. J’adorerais faire des chansons à succès, j’avoue, tout comme j’adorerais écrire des chansons populaires. Mais ce n’est pas le cas. Je ne saurais pas faire “ploum ploum tralala” ou “là il y a des frites”. J’ai toujours eu besoin d’espace et de temps pour raconter une histoire. Mes maîtres s’appellent Trenet, Prévert, Guitry, Molière, Corneille et Racine. Avec eux, vous ne pouvez pas vous tromper.
B.B. C’est marrant que vous citiez Guitry, “Tu te laisses aller” m’a toujours fait penser à lui !
C.A. Mais c’est tiré de l’un de ses films, “La poison” ! Au départ je voulais être comédien, tout ce que j’ai fait, c’est du théâtre ! Il y a cinq ans, on parlait de la nouvelle scène française. Aujourd’hui, on se rend compte qu’il y a eu beaucoup d’appelés pour peu d’élus.
B.B. Ça a toujours été le cas ! Charles est le seul qui a soutenu Johnny Hallyday à ses débuts quand il se faisait défoncer par la critique.
C.A. Quand Dalida est remontée sur scène après son divorce, elle avait le métier contre elle. Tout le monde avait pris le parti de Lucien Morisse car il passait des disques. Le soir de sa première, j’étais au premier rang, prêt à bondir sur scène pour dire merde au public.
B.B. Moi aussi je suis en permanence en colère !
C.A. La colère est un moteur, ce n’est pas de la méchanceté. Pour revenir à Johnny, quand je l’ai vu, j’ai compris qu’il y avait quelque chose. Déjà, il n’était pas qu’un rockeur, mais aussi un chanteur.
B.B. Pour moi, c’est un personnage paradoxal. Je l’apprécie quand il chante “Retiens la nuit” ou “Tennessee” seul à la guitare, mais quand il fait du rock, il ne m’intéresse plus.
Benjamin, regrettezvous de ne pas avoir été juré à la “Star Academy”? B.B. Pas du tout. J’ai même refusé une énorme somme d’argent...
C.A. C’est une émission de variété et il faut s’arrêter là. Personne ne devient en quatre mois un comédien ou un showman extraordinaire.
B.B. Moi, j’ai mis du temps pour être à l’aise sur scène. Petit, j’ai fait le conservatoire de musique et je jouais très souvent en public. Devenir chanteur a été difficile. Heureusement que je suis passé par la case “comédien” entre deux. Cela m’a désinhibé.
C.A. A mes débuts, quand je montais sur scène, je devais me montrer. Aujourd’hui, je viens juste chanter mes chansons. Je sens bien, Benjamin, que vous avez un fond de timidité. Mais on s’éclate sur scène, en disant dans les chansons ce que l’on n’oserait pas dire ailleurs. Désormais, j’ai décidé que je ne chanterai plus en uniforme. Je viendrai tel que je suis au quotidien. On me verra en jean ou en pull, peu importe. Est ce que l’on vient m’écouter ou est ce que l’on vient voir mon costume ? Face au public, il faut être humble et naturel. Et plus on l’est, plus il nous aime. C’est ce que je retiens de ces soixante dix dernières années !
http://www.parismatch.com/Culture-Match/Musique/Actu/Aznavour-Biolay-Le-maitre-adoube-l-eleve-148456/ |
|  | | Bridget

Nombre de messages: 1517 Age: 60 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Jeu 3 Déc - 0:29 | |
| Tout et son contraire Philippe Vandel reçoit une personnalité qui a marqué l’année : politique, spectacle, médias, littérature, sport : chaque jour, un entretien de trois fois quatre minutes...
Benjamin Biolay le chanteur, auteur et compositeur "trop franc"
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|  | | Bridget

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 | Sujet: Re: LA SUPERBE Lun 14 Déc - 20:22 | |
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|  | | Bridget

Nombre de messages: 1517 Age: 60 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Lun 14 Déc - 20:43 | |
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Benjamin Biolay : « Je me suis trop noyé dans le monde de la nuit »
Dans la foulée de « La superbe », son magnifique double album, le chanteur compositeur Benjamin Biolay s’apprête à partir en tournée. Tour à tour écorché vif et mélancolique, « B. B. » tord ici le cou à sa mauvaise réputation et laisse apparaître un garçon lucide et dispo. Superbe simplement.
Benjamin Biolay : Un chanteur et compositeur plus timide que prétentieux
Il existe un malentendu Biolay que même la majesté de son disque n'arrive pas à dissiper. «La superbe », son cinquième album, est une envolée magistrale vers les tréfonds, les bas-fonds de soi, mais aussi vers la lumière et le soleil. C'est une ballade aux couleurs noires de la vie, une autopsie de l'amour possible et impossible, une déclaration chavirante à son enfant, un appel aux jours possiblement roses. C'est une splendeur. Benjamin Biolay s'y révèle ultrasensible, honnête, touchant. Dire qu'il est « hautain » et « prétentieux » est complètement à côté de la plaque. L'incompréhension entre le chanteur et une partie du public va-t-elle enfin se déliter ? A la Maison de la Radio, un mercredi après-midi, il avance dans les longs couloirs, sac de sport à l'épaule. Son rythme est lent, il laisse passer les dames, il est galant. Dans la grande loge, il s'assied et se prête à l'interview. C'est un timide au timbre grave mais doux, un mec tatoué et torturé qui cache un saphir autour du cou. Il s'explique volontiers, parle travail comme un artisan, avoue, sourit, remet sa mèche entremêlée de quelques cheveux gris, fume, prend le temps. Humble, oui. La seule chose à faire, c'est d'écouter son album. Et l'attraper en concert à partir du 21 janvier. suivant >
Benjamin Biolay : son nouvel album le révèle ultrasensible et touchant
Marie Claire : Une avalanche d'excellentes critiques est tombée pour votre album. Vous êtes content ?
Benjamin Biolay : Je vous avoue que ça ne me rend pas heureux, mais ça me rend content, ce qui est déjà rare. C'est l'artisan qui l'est. Un double album, par définition, c'est une double charge de travail. Une sacrée aventure. J'y ai laissé des plumes. J'ai bossé comme un cinglé. J'avais envie que ça plaise. C'est vrai qu'il n'y a pratiquement que de très bonnes critiques, deux ou trois mauvaises. Dans une, je me fais défoncer - elle ne me fait aucun effet -, et une autre dit : « C'est joli, mais un peu facile » ; ça, par contre, ça m'énerve : « Viens dans ma peau pendant deux ans et demi ! Une fois que tu as fini tes chants, tes guitares, tes claviers et qu'il faut t'enfermer pour écrire tes cordes et, le lendemain, les diriger, viens voir si c'est facile ! » Mais bon, ce n'est pas si grave. J'attends le tacle. Certains n'ont jamais pu me blairer. Ma vie est comme ça.
Marie Claire : On lit souvent que vous êtes « prétentieux » ou « agaçant ». Vous avez l'impression que l'on parle de vous ?
Benjamin Biolay : Non, pas du tout. Bon, je me dis qu'il n'y a pas de fumée sans feu. A la télévision, j'ai dû avoir l'air hautain car je suis très timide. Les gens qui me connaissent savent que j'ai fait des efforts surhumains pour en arriver à ce que je fais aujourd'hui. Ma nature est de me terrer dans un trou. Je suis un musicien, j'ai passé ma vie en studio. Lors de ma toute première télé, j'ai dû passer pour un type odieux. J'étais tellement intimidé, tellement mal dans ma peau. C'était dans l'émission de Thierry Ardisson, à la grande époque des questions genre : « Tu t'es fait enculer à quel âge la première fois ? » Pourtant, Ardisson a été hyper-gentil. Il me disait : « Vous ne voulez pas sourire ? » Je répondais : « Ben non. »
Marie Claire : Vous dites, dans la chanson « Padam » : « J'attendais en vain que le monde entier m'acclame. » Il n'y a pas un peu de vrai là-dedans ?
Benjamin Biolay : Non. C'est une chanson qu'on ne peut faire que si on a obtenu un peu de reconnaissance. Quand Aznavour a écrit « Je me voyais déjà », il possédait déjà un château en Suisse ; il ne l'a pas écrit dans sa piaule du 18e arrondissement. Quand je vois d'où je viens, je m'en suis vraiment bien sorti. Je n'ai pas de frustration.
Marie Claire : Mais vous ne voulez pas être davantage reconnu pour ce que vous faites plutôt que jugé sur ce que vous pouvez dégager ?
Benjamin Biolay : Je préférerais cent fois qu'on arrête de dire que je suis prétentieux et que je me la raconte, plutôt que de vendre un million de disques. Plein d'amis ont connu le succès, ça reste une malédiction, ça entame un peu le système nerveux. On est dans l'œil du cyclone en permanence. Je trouve scandaleux le traitement qu'on inflige à Diam's : se faire paparazzer à la sortie d'un lieu de culte, c'est d'une violence... Sous-entendre, en plus, qu'elle est devenue neuneu. Si elle avait une jupe-culotte et une croix en bois, personne ne dirait rien. Tous les chanteurs aux MTV Awards remercient Dieu avant leur maison de disques, ça ne choque personne, mais là... Cet entrisme dans sa vie privée, dans ce qu'elle a de plus intime - l'amour, la religion -, est démoniaque. Moi je ne suis pas cul-bénit mais il m'arrive parfois d'aller à l'église Saint-Sulpice pour passer un moment tranquille. Marie Claire : Vous croyez en Dieu ?
Benjamin Biolay : Oui, beaucoup, depuis toujours. Je n'ai même pas de problème à l'avouer. Mais je crois beaucoup plus en l'Homme. < précédentsuivant >
Benjamin Biolay : Une période noire plongée dans le monde de la nuit
Marie Claire : La nuit est très présente dans votre album : vous l'aimez ?
Benjamin Biolay : (Silence.) Ça fait quelques mois que je ne l'aime plus du tout, que je ne sors plus. Je me suis trop noyé dans le monde de la nuit, à faire n'importe quoi de ma vie, à boire beaucoup, à partir en virée. C'est là que la célébrité fausse absolument tout.
Marie Claire : Pourquoi ?
Benjamin Biolay : Avec les filles, par exemple. Ce n'est même pas du libertinage, c'est facile, il n'y a plus d'enjeu, ça n'a plus de sens. J'étais ivre mort et je ne me rendais pas compte à quel point c'était biaisé. Les filles se faisaient un chanteur pour raconter à tout le monde que je ne les rappelais pas le lendemain. J'ai aussi cette réputation. Je ne l'ai pas volée, mais bon... C'était un moment de ma vie où j'étais célibataire et déprimé.
Marie Claire : Vous dormez la nuit ?
Benjamin Biolay J'ai du mal avant 3 heures du matin. Quand j'étais au conservatoire de musique, à Lyon, je partageais un appartement avec plein d'amis musiciens de classique, et quand ils dormaient, moi je composais tout doucement. J'aimais voler ces heures. J'avais 17 ans, je dormais deux heures, mais le lendemain, je pouvais quand même jouer « Le sacre du printemps ». J'ai aimé la nuit comme ça.
Mais le milieu de la nuit ne m'attire pas. Je suis un anticocaïne primaire. Une génération est en train de se détruire avec cette pseudo-drogue sociale. La toxicomanie, c'est quand même honteux, aujourd'hui c'est devenu glorieux. L'autre jour, dans ma ville natale, un pote me dit : « Viens, on va se faire des poutres. » Je lui ai dit qu'il était malade : « Après tu vas rentrer chez toi et tu vas faire quoi ? Jouer à 'Fifa 2008' jusqu'à 7 heures du mat ? » Tout ça, j'en ai soupé. Pour écrire, il faut l'avoir vécu. C'est sans regret.
Marie Claire : C'est vous le sujet de votre chanson « La toxicomanie » ?
Benjamin Biolay : C'est Chet Baker. Je peux en parler car, depuis que je suis jeune, j'ai toujours fumé beaucoup de haschich. Je n'ai jamais réussi à décrocher. Il n'y a pas de drogues douces.
Marie Claire : Le mot « soleil » est très présent dans votre disque, comme le contrepoint de votre possible noirceur.
Benjamin Biolay : Sans doute. Cet album, je l'ai écrit dans la période où j'étais quasiment au plus mal. La première fois que le soleil m'a marqué, c'est dans un film qui s'appelle « Johnny got his gun » (de Dalton Trumbo, ndlr). C'est un pauvre type mutilé pendant la guerre de 14, il ne voit plus rien ; à un moment, on lui ouvre la fenêtre de sa chambre d'hôpital et il sent le soleil. On voit ce que ça peut apporter aux hommes, un peu de soleil. Quand en plus on vit intérieurement dans les catacombes, c'est vrai, on rêve de soleil.
Marie Claire : Ça pourrait être qui ou quoi le soleil dans votre vie ?
Benjamin Biolay : Ma future épouse, si elle existe, je ne sais pas. Mais pour l'instant, j'ai bien plus qu'un soleil, j'ai l'amour de ma vie qui est ma petite fille. Mon rêve le plus cher, c'est une maison à la campagne avec des gamins, ce n'est pas trois soirs blindés à Bercy, je vous jure.
Marie Claire : Dans « Tout ça me tourmente », vous chantez : « Dès 20 h 30, je n'ai pas de cœur, je n'ai que ma queue. »
Benjamin Biolay Oui, je parlais de cette époque-là. Ce n'est tellement pas glorieux. J'ai dû faire du mal à des filles... j'en ai fait, d'ailleurs. J'ai consommé de la fille qui a consommé du chanteur, donc quelque part on est quittes. Ensuite, c'est ma conscience.
Marie Claire : Vous écrivez, en parlant à une possible femme : « On s'en souviendra dans quarante ans » et « Je voudrais compter les jours sur tes doigts ». Vous y aspirez ?
Benjamin Biolay : Oui, j'ai en moi une quête d'amour vraiment durable et sain. Si j'étais le diable en personne, Don Giovanni ou Casanova, si ma vie était une hécatombe assurée et que je prenais le parti d'être un jouisseur quoi qu'il en coûte, je n'aurais jamais eu de remise en question. J'ai erré, car la vie a été accidentée, ma famille s'est disloquée.
Benjamin Biolay : enfance, jalousie, complexes ou plaisirs, il nous dévoile tout
Marie Claire : Si je vous dis Villefranche-sur-Saône, qu'est-ce qui vous vient comme images ?
Benjamin Biolay : Des images pas très joyeuses. On ne peut rien y construire, c'est une réalité cruelle. Pour faire mes études de musique, j'ai dû quitter Villefranche-sur-Saône pour Lyon. Mais j'avoue que j'étais content : ça m'a permis de me tirer à 14 ans. Je crois que c'était le plus beau jour de ma vie. Le premier.
Marie Claire : Vous avez fui quoi ?
Benjamin Biolay : Ma ville, avant tout. Et mon destin : une vie de merde, faire un métier chiant. Vers 10-12 ans, j'ai réalisé que ça allait mal finir si je restais. Et puis, j'étais en conflit violent avec mes parents. Partir, c'était une question de vie ou de mort. J'ai accepté de faire des études supérieures d'un instrument qui ne m'intéressait pas, je mentais même à des gens que j'adorais. Je savais que c'était juste un moyen de fuir.
Marie Claire : Dans l'une de vos chansons, « la fille aux cheveux orange », vous dit que vous êtes beau. Vous le croyez ?
Benjamin Biolay : Non. J'ai toujours été horriblement complexé. Déjà, des bouches comme la mienne, il n'y en a pas beaucoup chez les garçons. A l'école, j'ai souffert de mon physique. J'ai toujours eu des cernes un peu noirs. Même avant que je fume, quand j'étais très sain et que je faisais du sport, on m'appelait « le camé ». J'ai toujours eu les paupières un peu lourdes, aussi. On me dit parfois que ça fait mon charme, mais ça me fait doucement rigoler car j'ai traîné ça comme un boulet. Je trouve qu'Alain Delon est beau, vous voyez à quel point je ne lui ressemble pas. J'aurais voulu être un peu plus Ken ! (Rires.)
Marie Claire : Dans la vie de tous les jours, quels sont vos plaisirs personnels ?
Benjamin Biolay : Ce que j'aime, c'est vraiment ne rien foutre. Bouquiner, faire l'amour si possible. Des choses simples et gratuites.
Marie Claire : Vous faites de la musique chez vous ?
Benjamin Biolay : Jamais. J'en fais seulement quand j'ai envie de faire un disque, quand je sens que ça bouillonne en moi, que je suis vraiment plein comme un œuf ; là je vais en studio et je crache tout. Je veux préserver ma petite source d'inspiration, qui est tarissable. Parfois j'ai une vraie pulsion pour une chanson, mais je n'ai pas de quoi la composer chez moi. En ce moment, j'ai une guitare, mais la corde de sol est cassée depuis six mois. L'époque où je travaillais beaucoup à la maison m'a bouffé. Quand j'étais avec celle qui partageait ma vie, je lui disais : « Bouge pas, je reviens dans dix minutes », et je revenais à 7 heures du matin. Je me disais : « Merde, il fait jour, comment c'est possible ? » (Rires.) J'ai une toute petite forme de schizophrénie qui s'appelle l'atemporalité. Même pour quelqu'un qui vous respecte énormément, y compris comme artiste, c'est très dur. Ça doit être très humiliant.
Marie Claire : On découvre dans « Jaloux de tout » que vous l'êtes donc...
Benjamin Biolay : Je l'ai été, et je n'en étais même pas conscient. Quand on dit : « T'étais où connasse ? T'as fait quoi ? Fais sentir ton odeur », on sait qu'on est jaloux, mais moi je gardais tout pour moi. Je me disais que je ne pouvais pas l'être, que je ne pouvais pas être naze à ce point. Mais si : j'étais naze à ce point ou fou d'amour à ce point.
Marie Claire : C'était quoi, de la possessivité ?
Benjamin Biolay : Un complexe d'infériorité. Cette chanson a été un révélateur. Je l'ai écrite à 4 heures du matin, en studio, complètement torché, juste avant d'aller faire la voix. Le lendemain, je l'ai réécoutée et j'ai voulu la jeter parce que j'avais honte.
Marie Claire : Si vous deviez vous définir en quelques adjectifs ?
Benjamin Biolay : Je ne sais pas : un pauvre type qui essaie de s'en sortir. (Sourire.)
Marie Claire : Avez-vous conscience et admettez-vous que vous êtes un musicien de talent ?
Benjamin Biolay : Non, je suis un travailleur, j'ai dû travailler quatre fois plus que les autres. Dans mon milieu, les artistes sont vite très satisfaits d'eux-mêmes, c'est souvent ce qui les perd. Moi je sais que je fais des petites chansons, même si elles ne sont pas mal foutues. Mais il n'y a aucune raison de se la raconter.
http://www.marieclaire.fr/,benjamin-biolay-je-me-suis-trop-noye-dans-le-monde-de-la-nuit,20263,39554.asp |
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