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 LA SUPERBE

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Nine
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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Mar 10 Nov - 13:03

Biolay sur les pas de Gainsbourg

Par Sacha Reins
Le Point


Benjamin Biolay revient avec son nouvel album "Superbe" © Claude GASSIAN


Le nouvel album de Benjamin Biolay,
franc-tireur méprisant le politiquement correct, s'intitule Superbe

Cette superbe n'est qu'apparente, car derrière ses 23 chansons réparties sur un double CD, doutes et tourments font leur oeuvre. On pense à Gainsbourg pour la noirceur exprimée avec l'arrogance qui cache les grands mal-être. Le point de départ de cet album fut une rupture, celle avec sa maison de disques. Ce n'est pas lui qui est parti, mais elle qui lui rendit son contrat. "Je l'ai très mal vécu", avoue-t-il. Biolay a trouvé refuge chez Naïve, le plus farouche des indépendants qui, en ces temps de crise, a accepté l'incroyable : le laisser faire un double album. "Techniquement, dit Biolay, tout pouvait tenir sur un seul CD, mais j'ai voulu séparer les chansons qui appartenaient à des univers différents."

Le premier CD se termine sur "Brandt Rhapsodie", où la trajectoire d'un couple, de la mise à feu exaltée à l'implosion finale, est racontée à deux voix (avec Jeanne Cher­hal) au travers des Post-it que le couple se laisse sur le frigo. "Nous avons chacun écrit nos propres textes avec interdiction de censurer l'autre", explique Biolay. L'album est en tête des ventes. Comme, désormais, il fait aussi l'acteur, dans un mois sortira son nouveau film : La Meute , de Franck Richard, un film d'horreur gore dans lequel il est un zombie dégénéré white trash. Voilà ce qui arrive quand on pousse à bout un grand romantique.
"Superbe" (Naïve).


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liliane
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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Mar 10 Nov - 16:55

Benjamin Biolay - "La superbe"



Posté par Les Superbes le 2009-11-04 19:30:08




Ton héritage…

Commençons cet examen minutieux du nouvel album de Benjamin Biolay en évoquant son disque précédent, Trash Yéyé, un album particulièrement noir avec ses tonnes de chansons trash et bien dégueulasses, ses mots blessants et acérés mais aussi forcément des vérités poignantes et des tonnes d’émotions (du rock aussi). BB s’y lâchait total, poussait sa voix comme jamais et c’était jubilatoire en partie d’ailleurs via cette absence totale de retenue dans cette noirceur, ce sexe, ces mots.

Il est important d’évoquer cet album parce que celui-ci suit le même chemin du côté des thématiques, des sujets pas particulièrement guillerets (on en reparlera) mais dans une veine tout de même plus soignée et accessible. Les puristes y verront peut-être un formatage mais c’est aussi et surtout une manière de toucher un public plus large sans le brosser forcément dans le sens du poil auditif.


L’observatoire…

« La Superbe » donc, voici un album long en bouche, 22 titres dans lesquels il est aisé de se perdre (surtout à l’heure du zapping aléatoire et de la shuffleisation de l’écoute), un double album comme son second disque « Négatif » (souvenez-vous des merveilles « Little Darlin’, et Chaise à Tokyo »), une abondance d’univers musicaux sous la multiple couche d’instruments (une habitude chez BB) qui nécessite du temps pour y trouver sa route bien que, petit à petit, chaque titre ou presque finisse par s’imposer et dessiner le chemin en chaque auditeur. Notons que la notion de double-album vaut pour son versant « physique », la version digitale proposant elle les 22 titres de manière indissociables, disons aussi que les deux disques sont liés l’un et l’autre et forment un grand tout (une chanson comme « 15 août » sur le premier et une autre comme « 15 septembre » sur le second par exemple).

La métaphore de la promenade est ici de première pertinence, on se promène au fil des titres entre des ambiances automnales ou crépusculaires, là où il pleut des (superbes) cordes sur un narrateur/chanteur revenu de tout et surtout de lui-même (le titre introductif "La superbe", "Ton héritage" ou le définitif "Brandt Rhapsodie" pour citer les plus mémorables), et des tempos plus altiers (et non légers) où des sonorités plus anglo-saxonnes émergent (si tant est que la basse ronflante soit une trademark uniquement estampillée british).

Ainsi le morceau éponyme qui ouvre le disque un peu comme « Le brasier » ouvrait un album d’Etienne Daho, ce solennel teinté d’amertume et de mélancolie absolument sublime (même si pour les différencier on dirait volontiers que Daho ne peut s’empêcher de chanter en se dodelinant même doucement là où Biolay lui donne toujours l’impression de chanter assis). Car si Biolay peut agacer par moment dans sa manière de dire les choses (on se souvient de cette interview néo-rebelle à Teknikart par exemple) il est évident qu'il possède un immense talent de mélodiste et d'arrangeur. Toutes les musiques de ce double album sont ainsi presque exemplaires, chacune dans son propre style (de la pop altière au tempo piano jazz en passant par des chapes de violonneries ou des petits riffs de guitare du meilleur gout) , il semble arriver ici et bien plus que sur ses précédents disques à une certaine maestria (on ne dira pas maturité tant ce mot fait horreur et semble signifier davantage un pourrissement à venir qu'une apogée momentanée) musicale et trône en tous les cas à des hauteurs peu atteintes au sein de la pop hexagonale (on dira aussi "variété française" dans le sens le plus noble du terme).

Si les styles éclatent il en va de même pour les références, non pas à entendre du côté des « comme si… » mais plutôt du voisinage et du cousinage. Quelques éléments du dossier ? Et bien cette ambiance très Forestière à la Cure sur « Prenons le large » (à moins que ce ne soit un écho lointain aux premiers U2 ?), le superbe « Jaloux de tout » qui pourrait être la meilleure chanson de Sébastien Tellier si celui-ci s’attachait un jour à écrire des paroles dignes de ce nom, ce « Buenos Aires » étonnant qui sonne comme un reggae Gainsbourien salopé par Manu Chao (difficile d’imaginer deux chanteurs plus dissemblables que Biolay et Chao).

Toujours et encore également une efficacité pop d’ensemble symbolisée peut-être par la classe d’un « Si tu suis mon regard », cette ambiance à la Renaud Paravel sur « Miss Catastrophe » (quelle sublime musique !) ou encore une mélodie proche de l’univers développé par Bruno Maman sur son dernier album à l’occasion de « Tu es mon amour ». On insiste sur le fait que ce n’est là la preuve de nul emprunt mais simplement un cousinage fécond. Ce maelstrom musical toujours pertinent et jamais gratuit qui rend le disque magistral et rappelle combien Biolay à travers toute cette diversité fait avant tout et surtout du Biolay.


Regarder la lumière…

Car cette diversité des styles (que l’exercice du double album favorise) n'est en rien synonyme d'armée mexicaine en grande partie de par le chant de traîne de Biolay, sa singularité comme sa limite, ce chant qui évoque le Gainsbourg parlant-récitant des années 70 (et non celui "chantant" des débuts) et qui colle aux mélodies le plus souvent avec bonheur (mais pas toujours). On cite Gainsbourg mais on pourrait aussi citer aussi Dominique A ou bien Jean-Louis Murat, bref ces adeptes du parlé-chanté (ici majoritaire), ce fameux "sprechgesang".

Cette voix qui chante des mots souvent amers. Les thématiques développés ici comme auparavant sur ses albums peuvent finalement se résumer aux questions suscitées par la temporalité et la finitude : Finitude des corps, des vies et des êtres tout d’abord mais aussi finitude d’un amour, d’un désir, d’une pulsion. Ces textes qui ciblent le plus souvent ce fil temporel qui est le nôtre à travers l’idée d’un inéluctable déclin, celui des corps mais aussi de l'amour et puis la mort au bout du chemin. On pense là-encore et plus que jamais à Gainsbourg (cette phrase surtout « L’amour physique est sans issue ») mais aussi à Miossec, cet éditorialiste de la rubrique des amoureux écrasés d'autant que certaines facilités sémantiques rognent par moment un enthousiasme par ailleurs survolté ("La toxicomanie", mouais). On pense à l’un (surtout) et à l’autre (bien plus brouillon et moins subtil que Biolay), on peut éventuellement parler d’héritage (difficile de faire de la pop ou de la chanson française par chez nous sans y trouver la trace de Gainsbourg) mais petitement et surtout pas en en faisant une synthèse paresseuse et fallacieuse sur les questions de filiation consanguine (qu’est-ce que ça aurait été si Biolay avait dragué Charlotte et non Chiara d’ailleurs, Lou aussi d’ailleurs).

Non BB n’est pas l’Héritier (avec un H majuscule) d’un Gainsbourg ni même d’un Bashung ou encore d’autres de ces compatriotes. Bashung affichait déjà plus de 60 printemps à l’heure de sa mort, Gainsbourg aurait plus de 80 ans aujourd’hui, sans leur faire la moindre injure on peut tout de même dire que de l’eau a coulé sous les ponts et le monde dans lequel ils sont nés n’est pas celui de la crise économique et climatique et de la mondialisation de ces crises qui ont vu naître BB.

Le monde entier, comme un gigantesque tsunami, est passé par le territoire hexagonal (avec 15 ans de plus, Etienne Daho le savait déjà). Alors des figures tutélaires sans doute, des ombres voraces sûrement pas.

Wake up ! On peut aimer nos vieux sans faire des fixettes annihilantes pour les 15 générations qui vont suivre. On souhaite simplement à Biolay de ne pas se transformer à son tour en un cynique « Biolard» surtout que le risque existe, compte tenu de sa consommation d’alcool, de l’aveu même de l’auteur (cf. la pochette de Trash Yéyé). Cette posture du dandy cynique et désabusé est sans doute l’écueil principal que devra éviter Biolay à l’avenir.

Mais revenons à cette Superbe. Ce qui émeut paradoxalement chez BB c’est aussi sa timidité (comme chez Gainsbourg d’ailleurs tiens mais chut, oui ca ne sera pas facile de résister à la tentation du calque, il le faut pourtant). Voilà ce qui donne plus de force encore à cet album, son élégance, sa profondeur. Voilà un type ultra doué, empêché par sa voix pas puissante (sauf quand il la pousse, et il faut qu’il la pousse parce qu’alors elle est terrible), par ses névroses multiples, son obsession de l’échec, sa célébrité people, sa fausse image de faux garçon rebelle gendre idéal ayant viré au queutard, et qui l’air de rien, vous emmène très loin, sur des chemins inédits, inattendus, inouïs.


Brandt Rhapsodie…

Et puis en bout du premier disque il y a ce « Brandt Rhapsodie », une chanson touchante comme rarement. On peut certes dire que c’est avec le magnifique « Ton héritage » que Biolay réussit le passage de l’instant classic et de la chanson éternelle de par sa thématique et la profondeur de sa musique mais c’est avec cette idée de départ toute bête (vous pensez, l’histoire d’un couple de sa naissance à sa mort racontée via des petites notes laissées à l’un pour l’autre au fil des jours, des phrases d’amour et de désir du début aux textos en mode SMS de fin, des sentiments dévoilés dans l’instant de leur ressenti jusqu’à l’énoncé froid des « tâches » à accomplir) mais d’une justesse incroyable. Une chanson touchée par la grâce (et ce jusqu’à son titre).

Biolay a étonné quand il a avoué que cette chanson était en fait une parodie de toute ces chansons pour bobos et ces ritournelles qui cherchent à faire swinger le quotidien le plus asphyxiant. La présence de Jeanne Cherhal déjà comme voix féminine accrédite cette thèse d’autant qu’on peut dire aussi qu’on tient là une version trash du « 4 murs et un toit » de Benabar (Benababar de son vrai nom, un mix entre Ben Arfa et Babar c’est vous dire le niveau) mais la circonspection reste tout de même de mise devait pareil propos.

Déjà ce côté pudique ou timide qu’il développe par ailleurs peut faire pencher cette déclaration du côté du masque de la pudeur, aussi et surtout il est difficile d’imaginer que Biolay montre aussi peu de respect pour son public sans compter que c’est là un terrain d’interprétation sans doute trop familier. Le sens parodique existe peut-être mais ce n’est sans doute pas là la visée principale de l’objet.

On peut creuser d’ailleurs la question en suivant une piste plus intéressante et plus gratifiante : celle de son ambiguïté perpétuelle entre "grandes idées" et "ancrage dans le quotidien", cet appel à l'identification ou son éternel retour à l'idée qu'on est tous confrontés aux mêmes démons du quotidien. S'il y a parodie, c'est alors peut-être une parodie de lui-même, une sorte d'autodérision délicate.


Billy Bob a raison….

Vous l’aurez sans doute compris, Benjamin Biolay réussit avec « La Superbe » et d’assez loin son meilleur travail et sans doute l’un des disques les plus impressionnants depuis longtemps (le Rio Baril de Florent Marchet ou bien encore le plus récent Cristal Ballroom de Babx mais ces deux superbes disques opèrent finalement dans une veine bien plus étroite musicalement parlant que cette Superbe).

Il vient de réaliser ici une sorte de petit livre (disque?) blanc de la pop à la française. Une sorte de bréviaire qui pourrait à la fois symboliser cette élégance pop française (de Gainsbourg à Daho en passant par des noms moins reconnus) comme servir de guide aux futurs apprentis sorciers de l'arrangement qui tue et du texte définitif. Un superbe disque de variétés à la française, dans le sens le plus noble du terme, l’occasion de citer aussi Arthur H, cet autre sorcier auquel Biolay ici se rapproche non pas du point de vue du résultat mais du côté de l’exigence et de la créativité manifeste d’un album à l’autre.

La sensation, que nous partageons tous à Culturopoing (enfin une large partie), et nous ne sommes pas les seuls, d'être face à un disque qui marquera non seulement son époque mais les décennies à venir. Ce qui ne veut absolument pas dire qu'il se vendra bien, d'ailleurs.

C'est peut-être en ça qu'il se rapproche le plus de Gainsbourg, tenez... D’autant qu’on a du mal à ne pas penser que tôt ou tard Biolay nous fera un complexe lui aussi sur la "petite musique" pop au vue de sa formation classique et de ses immenses connaissances en la matière (sa peinture à lui ?). Il n’est pas facile de se défaire d’un penchant d’accointance par trop forcée avec le grand Serge qu’on prête abusivement à Benjamin Biolay. C’est juste qu’il n’est pas fréquent d’écouter pareil disque capable d’un aussi grand écart musical sans jamais perdre grâce et fulgurance. La dernière fois ça devait peut-être se passer du côté de Montréal en 1976 et puis parce que ce n’était pas de la musique, c’était une certaine Nadia Comaneci, un perfect 10.


http://culturopoing.com/Musique/Benjamin Biolay La superbe -2531


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Bridget

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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Mer 11 Nov - 1:52

Chronique album Benjamin Biolay pour Bakchich


08 novembre 2009

Benjamin Biolay sort un bijou double, «La Superbe", à ranger à côté de
« Histoire de Melody Nelson », pour faire «La Superbe Histoire de Melody Nelson"

Il y a des grandes gueules comme Jean-Louis Murat qui sortent de bons disques et il y a des petites gueules qui sortent des disques géniaux.
Ce double, «La Superbe", est une œuvre d’Art, un chef d’œuvre (avec pourtant Jeanne Cherhal dedans, je vous raconte pas l’exploit), la gélatine gonflée du négatif de la vie poétisée.
L’esprit de Philippe Léotard n’est pas loin.

C’est bien simple, cet album est LE seul actuellement qui vaille d’être écouté si on veut comprendre ce que c’est que d’être vivant : un carrefour de vibrations mélancoliques, de bords de mer échoués dans nos affects, des cuivres tragiques, des arrangements cinématographiques (le long plan séquence textuel de « Brandt Rhapsody » - correspondance d’un couple, de la naissance du désir à la fin de la relation, noyée dans les habitudes du quotidien -, sublime et paralysant).

Benjamin Biolay a bâti le triptyque d’une vie d’artiste avec ses albums « A l’origine », « Trash yéyé » et «La Superbe". Et il a une fois encore enregistré une chanson parfaite : « Night shop ». Qui a dit que la perfection, cette chose non subventionnée, n’existait pas ?

Heureusement, « La superbe » existe maintenant.
Voilà ce qui restera de la chanson française quand elle sera élaguée de tout le purin contemporain
- ce purin d’idéaux où tout fabrique des sots comme dirait Murat -,
long travail que seul le temps peut effectuer.

Quelle aventure, « La superbe » ! Disque à l’intelligence des sens, des mots, des climats, des mélodies, « 15 août », « 15 septembre », la boucle conceptuelle est bouclée, le Beau est en boîte. Biolay peut mourir (« le plus tard possible » selon l’expression consacrée de Thierry Roland).

Grâce à lui, Johnny c’est fini, la mafia des bons sentiments qui gangrène ce petit monde de la chanson française vient de se prendre le coup de boule qu’elle mérite.
On le sait, les politiques ne démissionnent pas en France, quels que soient les faits qui leurs sont reprochés. Cette arrogance aussi gangrène le pays.
Et les autres chanteurs, que vont-ils faire maintenant que ce disque est sorti ? Vont-ils avoir le courage de démissionner ? De se retirer, de nous foutre la paix, de laisser l’espace radiophonique et télévisuel à Biolay, qu’on respire enfin, comme semble nous y inviter le visuel de l’album. D’ailleurs, que voit-on sur cette pochette : le grand soir sur la morne plaine ensablée (si si, regardez bien). Suivez le guide Biolay, on y est presque !

http://aurayoncd.canalblog.com/archives/2009/11/08/15724858.html


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Bridget

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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Mer 11 Nov - 19:36

Benjamin Biolay chante les liens du sang


11/11/2009 – 16h00
PARIS (NOVOpress) –

Les esprits chagrins s’interrogeront sur le manque d’identité du nouvel album de Benjamin Biolay,
« La superbe », tant les influences et styles musicaux sont mélangés :
Michel Legrand, The Smiths, New Order, Chet Baker ou même Manu Chao.

Les autres salueront l’éclectisme parfaitement maîtrisé de ce double album.
Et ils n’auront pas tort. Benjamin Biolay, un auteur-compositeur très doué
mais aussi agaçant avec ses poses de dandy arrogant, sa mine boudeuse,
un look faussement négligé et des appels du pied obsessionnels à Serge Gainsbourg.

Mais quelle voix ! Quelle efficacité mélodique ! Et des textes qui ne laissent pas de marbre.
Sur « Ton héritage », l’interprète de Rose Kennedy chante les liens du sang,
le caractère incontournable de l’hérédité, l’importance des racines :
« C’est ta chair, ton sang, il va falloir faire avec ou plutôt sans », s’amuse Benjamin Biolay.

En 2005, sur son album « A l’origine », le natif de Villefranche-sur-Saône (Rhône),
réalisait une formidable saillie contre le capitalisme en général et la société de consommation en particulier.
La chanson « L’appât » ne laissait aucun doute sur la cible :
« Toutes les promesses qu’on nous fait sont des fables. On est sobre à la tâche mais on exécute.
Toutes ces caresses pour mieux nous faire les poches, nous tenir en laisse ».
Le morceau se termine sur une voix enfantine répétant en boucle :
« Ferme ta gueule et passe à la caisse ». Tout est dit. Superbe.


http://fr.novopress.info/38550/benjamin-biolay-chante-les-liens-du-sang/


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Nine
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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Jeu 12 Nov - 3:59

SUPERBE

signifie aussi Qui est imposant,
qui a belle apparence,
qui présente de la grandeur, de la magnificence, de la somptuosité.


A trop voir des stars d'un jour dépourvues de talent sortir une série d'albums indigestes,
on se demandait s'il existait encore en ce bas monde,
des virtuoses capables de créer en quelques notes, une flopée de titres sublimes.
En France, on a trouvé cette alternative inespérée à la soupe ambiante en la personne de :

Benjamin Biolay.



Quelle aventure !
la Superbe, s'il n'en restera qu'un ...
çà sera celui là !
On reste Dieu merci à la merci d'une étincelle.
Non seulement Benjamin Biolay a ramené la Chanson Française à sa juste place,
mais il a inspiré, réveillé la plume des critiques, engourdis et anesthésiés par le néant des robinets à musiques qui se répandent dans l'océan de la médiocrité.

Je réserve encore un peu ma vague personnelle, juste encore un peu d'écume ici ou là, de la dentelle sur une étincelante noirceur il faut du temps, des heures ,
pour "flairer la flamme singulière"et gagner la Superbe.

nin@rtmony

"La mission suprême de l'art consiste à libérer nos regards des terreurs obsédantes de la nuit, à nous guérir des douleurs convulsives que nous causent nos actes volontaires."
Friedrich Nietzsche, 1883


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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Jeu 12 Nov - 5:14

BENJAMIN BIOLAY - La Superbe



Depuis "Trash Yéyé", Benjamin Biolay s'est affranchi des postures et des jugements.

Il revient plus en verve que jamais avec ce double album concept qui s'étire du
"15 août" au "15 septembre" et puise dans la matière autobiographique.

Avec ce disque pieuvre, Biolay ne se réinvente pas, au contraire,
il creuse la veine de son style désabusé jusqu'à parvenir à la substantifique moelle.

Des recettes et alors ?

Biolay est devenu un auteur époustouflant qui manie la langue avec brio,
alternant rimes riches et rimes pauvres, langage parlé et langage châtié, élégance et vulgarité.
Une langue qui charrie des flots de sentiments contraires sur un timbre pâteux de gros fumeur.
Une langue déliée, dialogues fleuves d'un film sans images et sans happy end au bout.

Et puis Biolay exhibe crânement toutes ses qualités de démiurge musical
qui embrasse tous les styles :
chansons orchestrées au millimètre (à la mode Jean-Claude Vannier),
pop-songs anglophiles, ballades jazzy flippées, spoken words hallucinés.
Son disque a de la gueule malgré sa gueule de bois et sa sainte trilogie ressassée
(fantasmes, fantômes, fêlures).
Exercice d'impudeur pudique creusant les sempiternels thèmes chers à sa plume,
au hasard la morsure du temps qui passe, les amours contrariées,
les chroniques urbaines sous Prozac.

Vingt-deux chansons, c'est forcément trop, d'autant que le disque n'évite ni la redite,
ni le pilotage automatique sur le deuxième volet mais quelle profusion
quel appétit, quel souffle aussi !
Aimerait-on autant Fellini sans ses outrances et ses outrages ?
Pareil pour Biolay toutes proportions gardées.

Ces chansons débordent du cadre, dégueulent de vie,
donnent des coups de menton arrogants
pour au final exhiber tous les méandres d'un cerveau en vrac.

Des chansons qui se paient le luxe de rejouer la Comédie Humaine
dans un Paris du XXIe siècle avec les meilleurs chapitres qui ont pour titre
"La Superbe", "Miss catastrophe", "Brandt rhapsodie" en duo avec Jeanne Cherhal,
"Tout ça me tourmente", "Ton héritage".

Voilà où le musicien acteur a hissé la barre pour ce cinquième album,
faisant loin devant la course en solitaire.
Et puis, Biolay l'acteur se taille dans ce disque un rôle sur mesure.
Celui de la belle gueule déchue qui se met minable pour les beaux yeux de la plus jolie fille du bal.

Forcément pathétique et superbe.

Luc Taramini
Popnews
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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Ven 13 Nov - 0:02


Interview Exclusive : Booba / Benjamin Biolay, ni putes, ni soumis .



Surprise. Entre booba, tête de gondole tatouée du hip-hop français décomplexé et Benjamin Biolay, icône bobo à cheveux longs et fine fleur de la chanson à textes, il y a un point commun qu’on ne soupçonnait pas : le rap. Un métier pour le premier, une passion pour le second. Rencontre interculturelle à Boulbi, entre deux lascars insoumis et forts en gueule. (Interview à lire dans le Rap Mag≠56)





http://www.rapmag.fr/news/interview-exclusive-boobabenjamin-biolay-ni-putes-ni-soumis


Vous semblez vous connaitre, ou et quand vous etes – vous rencontrés pour la première fois ?


Benjamin.B : On s' est croisés une fois seulement à Houston, en 2006, à l' occasion du premier All Star Game auquel participait Tony Parker.


Connaissez – vous chacun la musique de l' autre ?


Booba : Pas très bien pour ma part, je dois l' avouer.

Benjamain.B : Moi, je connais très bien ce que fait Booba. Je le suis depuis ses débuts, pratiquement. Il y a quelques années, je travaillais dans un studio ou Geraldo ( ex – Time Bomb ) faisait les sons des X – Men et j' aimais bien aller écouter les séances d' enregistrement.
Il était d' ailleurs mon voisin dans le 20ème arrondissement. Geraldo m' a dit " si t' aimes les X – Men, il faut que tu écoutes Lunatic ". J' ai donc découvert Booba, d' abord via Lunatic, et plus précisement le titre " La Lettre ", un morceau qui m' avait retourné à l' époque. On dirait de la littérature russe, du Alexandre Soljienitsyne.

Booba : J' aime aussi beaucoup ce texte – là.

Benjamain.B : Il est vraiment très beau. Ce n' est pas un texte habituel sur l' enfermement. Le mec parvient à prendre de la hauteur alors qu' il est incarcéré. Il faut etre brillant pour arriver à ce résultat.



UNE LIBERTE DE PROSE



Benjamin, à quand remonte ton premier contact avec le rap ?



Benjamain.B : Le premier titre que j' ai entendu, ça devait etre " Fuck Martinez ", du 2 Live Crew. Je viens de la banlieue lyonnaise donc, forcément, le rap était omniprésent. C' était notre musique. J' adorais aussi les Beatls mais je ne le disais pas, je les éccoutais en cachette.


Qu' est – ce qui te plait tant dans cette musique ?



Benjamain.B : Tout. Le beat et le texte. La liberté du rappeur. Dans la chanson française, nous sommes des paroliers, tandis que les rappeurs sont des auteurs.
Nous, on a trois minutes avec des pieds de musiques à suivre pour faire notre truc, tandis qu' eux n' ont pas de format. " La Lettre ", par exemple, est un titre hors – format.
Cette liberté de prose devrait influencer la chanson française d' ailleurs, mais comme ils n' écoutent pas ... J' aime les mots donc forcément je me retrouve dans le rap. Je me souviens avoir reçu une gifle dès la première fois que j' ai entendu les rimes de Nas.



Toi Booba, as – tu une culture chanson française ?



Booba : Quand j' étais petit, je n' avais pas le choix, il n' y avait que ça à écouté. J' ai grandi avec Desirless et Jean Jacques Goldman. J' ai surtout été marqué par Renaud et ses images.
En l' écoutant, j' avais l' impression de voir un film ou de lire un BD. Je me souviens notamment du titre " Marche A L' Ombre " qui m' amusait. C' était vraiment bien écrit, il utilisait un argot bien à lui.

Benjamain.B : Il y avait aussi une réalité sociale dans ses textes.

Booba : C' était le loubard en Perfecto qui trafiquait sa mobylette.

Benjamain.B : La caillera de l' époque, quoi.


Aujourd' hui, gardes – tu encore une oreille sur ce qui se fait en chason française ?



Booba : Non, pas vraiment. J' entends certaines choses, je sais reconnaitre un Cabrel ou un Brel mais je ne vais pas écouter de moi – meme. Mais quand j' entends j' entends ces artistes, je me dis " le mec est balaise, quand meme ".

Benjamin.B : C' est ce que j' aime chez les rappeurs : quand ils écoutent des artistes de la chanson française, tu peux etre sur que c' est de la qualité. Ils sont sensibles aux textes bien écrits. C' est sain. Tout le monde devrait écouter uniquement des chansons ou l' écriture est soignée.


Benjamin, tu disais précédemment que la chanson française devrait s' inspirer des rappeurs français ...



Bbenjami.B : Bien sur ! Elle a la chance d' avoir à coté d' elle une scéne hip -hop de qualité. Quand je visite un pays, je demande toujours les disques de rap et parfois il y en a pas. En Argentine, il n' y a aucaun rappeur, par exemple. Nous, on en a et en plus ils sont brillants pour la plupart. Profitons – en.



LE RAP, CE MAL AIME



On sent presque un certain mépris de la part de la chanson française à l' égard du rap hexagonal ...


Benjamin.B : En fait, ils n' écoutent meme pas ce qui se fait. Le mépris émane d' une certaine partie de la chanson française, super conservatrice, qui veut faire plaisir à papa quand elle fait un disque. Mais meme Elvis voulait choquer sa mère quand il faisait un album.

Booba : Moi, ma mère ne m' écoute pas.

Benjamin.B : Oui, j' imagine bien. Meme si tu dis la vérité dans tes titres, elle n' a pas envie de l' entendre.

Booba : En fait, non, c' est jusqte qu' elle est trop émotive, elle n' arrive pas à m' écouter.



On a la sentiment que la chanson française ne reconnait pas les talents d' écritures de certains rappeurs ...


Benjamin.B : Elle ne veut pas de ces rappeurs, c' est tout. Ca se saurait n' était pas un pays raciste. C' est du racisme éthnique, social et culturel. C' est atroce. Je me souviens qu' une fois, aux Victoires De La Musique, quand le 113 est arrivé, les mecs bouclaient tous leur loge. C' était ridicule.

Booba : On n veut pas nous donner la place qu' on mérite. C' est bien pour ça que j' ai fais la Star Academy. A la fin de l' émission, les mecs m' adoraient, n' ont pas césser de me remercier.
Je voulais leur montrer que j' étais un artiste du meme titre que Johnny. C' est du rap mais avant tout de la musique. Je suis un professionnel. Je vends des diques, j' ai un label, des avocats, un comptable et surtout, un cerveau, Je ne fais que pisser dans les loges ou devaliser celle du voisin. Si tu m' invites, je viens faire le boulot. Je suis poli, je dis " bonjour " et " au revoir " comme tout le monde.

Benjamin.B : Surtout que le mec impoi qui pisse dans la loge n' est pas forcément celui qu' on imagine ...

Booba : Il faut admettre aussi que les rappeurs ont contribué à nourrir cette image d' eux – meme. On a aussi foutu la merde. J' ai vu des trucs, j' en ai fais aussi et je peux comprendre que certains n' aient pas franchement envie de nous revoir. Mais si un rockeur a le meme comportement, ça passe.

Benjamin.B : Faut comprendre aussi qu' à son arrivée, le rap se faisait chier sur la gueule, sauf qu' à un moment, les mecs raflaient tous les disques d' or et faisaient vivre l' industrie. L' argent des majors servait au rap. Virgin était bien content d' avoir IAM. Alors forcément, le rap s' est un peu laché.

http://www.facebook.com/pages/B2oBa/90956335879?v=app_2347471856

LA SUITE ARRIVE ........
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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Sam 14 Nov - 12:37


Initiales B. B.






par OLIVIER NUC


Longtemps, Benjamin Biolay a souffert de devoir correspondre à l'image que l'on avait de lui. Sophistiqués et précieux, ses premiers albums peinaient à retranscrire l'étendue des talents de ce mélodiste-arrangeur-parolier-chanteur d'exception.

Depuis A l'origine, en 2005, il affirme un style plus percutant, qui l'a définitivement distingué du tout venant de la nouvelle chanson française. Son dernier double album fleuve * atteste de la stature du bonhomme, à l'aise dans une multitude de registres, de la ballade au piano au morceau rock en passant par des ambiances électro et hip-hop.

L'album contient un duo sidérant avec Jeanne Cherhal, Brandt Rhapsody, qui écrase toutes les chansons « quotidiennistes » dont on nous rebat les ondes. Brillant.

http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2009/11/14/01006-20091114ARTFIG00073--initiales-b-b-.php


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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Sam 14 Nov - 17:24

Il est le fils spirituel de l’homme à tête de chou



Tout chez lui nous rappelle l’homme de la rue de Verneuil: de ses airs lunaires et taciturnes aux titres désenchantés de son dernier album, La superbe. Décryptage.

«L’influence est évidente dans l’attitude, dans la gestuelle, dans la voix: Benjamin a de Gainsbourg une certaine manière d’être et de chanter.» C’est Juliette Gréco qui l’affirme. Et la muse éternelle s’y connaît, elle a collaboré avec le grand Serge (il lui a écrit Accordéon ou La Javanaise), mais aussi Biolay pour son dernier album, Aimez-Vous Les Uns Les Autres Ou Bien Disparaissez (Polydor).
Physiquement, d’abord, les apparences sont formelles: avec sa démarche patibulaire, sa tignasse en bataille et ses yeux bouffis pour cause de nuits blanches Benjamin pourrait sans problème se faire passer pour le fils de l’homme à tête de chou.
Leurs parcours, ensuite, présentent d’étranges similitudes. Ultratimides à leurs débuts, Serge et Benjamin ont débarqué sous les feux de la rampe en garçons rangés, avec un look de jeunes premiers bien peignés, chantonnant Le poinçonneur des Lilas pour l’un, le mélodique Cerfs-volants pour le second. Après une crise cardiaque en 1973, puis par sa rupture d’avec Jane Birkin dix ans plus tard, Serge se déglingue.



Tout comme Benjamin après son divorce d’avec Chiara Mastronianni (qu’il avait épousé en 2002 et avec laquelle il a une petite Anna, six ans). Brisés, les deux chanteurs cassent leur image proprette. Gainsbourg devient Gainsbarre, joue la provoc sur les plateaux de télé en déclarant à Whitney Houston « I want to fuck with you » ou en brûlant un billet de cinq cents francs avec désinvolture.
Benjamin, lui, compose le très sombre A l’origine et se montre de plus en plus antipathique, peu consensuel et misanthrope. Si ses interviews sont parfois censurées – suite à la relecture exigée par ses managers, comme cela a été le cas récemment pour la revue Technikart –, est-ce parce que son franc-parler n’est pas compatible avec la politique de sa nouvelle maison de disque, Naïve, qui est aussi le label de la première dame de France? Possible.
Le bellâtre à la gueule de Benicio Del Toro n’est pas du genre à faire son cinéma. Même si le septième art est un autre point commun entre le musicien – meilleur acteur dans un second rôle, pour Stella, aux Césars 2009 – et son mentor, qui avait débuté sa carrière cinématographique dès 1959 dans Voulez-vous danser avec moi, de Michel Boisrond, aux côtés de Brigitte Bardot. BB dont il deviendra plus tard le Pygmalion après avoir connu la gloire, à travers France Gall, à l’Eurovision en 1965 grâce à Poupée de cire, poupée de son.

Arrangeur chouchou de ces dames, il fera chanter, entre autres Isabelle Adjani, Jane Birkin, Vanessa Paradis et Joëlle Ursulle. Biolay, de son côté, explose en collaborant avec Elodie Frégé, victorieuse de la Star Ac 2 (ci-dessus), et, à trente-six ans, compte à son palmarès, outre Juliette Gréco, Keren Ann, Françoise Hardy, son ex-épouse, Chiara Mastronianni et… Jane Birkin.
Tout comme Serge, Benjamin a été supposé vivre de belles aventures amoureuses avec la plupart de ses protégées. Rumeurs qu’il a toujours démenties. La surmédiatisation de son couple avec la fille de Catherine Deneuve n’avait pas soutenu leur collaboration artistique…
A l’instar de celui formé par Serge et Jane. S’il se défend d’être l’élève de Gainsbourg - « Je l’admire énormément et je sais qu’il était infiniment plus brillant que moi », a-t-il déclaré à France Soir –, c’est pourtant vrai : que Benjamin Biolay le veuille ou non, il lui ressemble... lui non plus.
Amélie de Menou
Gala, novembre 2009
http://www.gala.fr/l_actu/on_ne_parle_que_de_ca/benjamin_biolay_le_nouveau_gainsbourg_191110#
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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Dim 15 Nov - 13:38

DOMINIQUE A
EVOQUE BENJAMIN BIOLAY



... extrait ...

- Enfin pour terminer, une question rituelle : quels sont les disques et les lectures qui vous accompagnent en ce moment, vos coups de coeur ?

En musique, « La superbe », de Biolay,
sans doute appelé à devenir le « Fantaisie militaire » de cette décennie,

« Actor » de Saint Vincent, et « Prince of truth », d’Evangelista. Au niveau bouquins,
le superbe manga de Kamimura « Lorsque nous étions ensemble »,
graphiquement splendide et habité,
« La vie meurtière » de Félix Valloton*, un roman très noir daté des années 20
sur l’histoire d’un homme qui porte en lui un principe de mort et provoque
malgré lui le décès des gens autour de lui, un récit palpitant.

ITV intégrale : encore un Artiste "rare".
http://alter1fo.com/dominique-a-13211

*Felix Valloton le peintre :
http://www.artmony.biz/les-peintres-f87/felix-valloton-rare-et-precieux-t2314.htm
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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Dim 15 Nov - 16:34

.
Benjamin Biolay était l'invité du 19/20 le samedi 14 /11 sur France . Edition Ile de France .







http://www.megaupload.com/?d=2W3OB343


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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Lun 16 Nov - 19:49

.
SUPERBE BIOLAY








On a plus parlé de Benjamin Biolay pour ses frasques que pour sa musique. Aujourd’hui, c’est avec un double album d’une grâce redoutable qu’il se fait remarquer -double album en écoute intégrale ici-même


Sur Benjamin Biolay, 36 ans, on aura souvent entendu ceci : mec doué, surdoué même, beau gosse (un peu trop pour être honnête), grosse tête (à claques parfois), provocateur (il a été pressenti pour faire partie de jurys dans plusieurs télé-réalités), pas sympa, patibulaire, ingérable, incorrect, en marge du milieu, voire kéké sur les bords.

Biolay a démarré fort, très jeune et très vite, au début des années 2000 : avec des disques pop un poil amidonnés (Rose Kennedy en 2001, Négatif en 2003), mais surtout avec un coup de maître pour le chanteur hilare et UMP Henri Salvador (Chambre avec vue).


A l’époque, la chanson française tient son wunderkind mais ne semble pas bien savoir comment l’aimer – ça tombe bien, lui non plus.

La situation est quelquefois problématique mais pas désespérée. En 2004, avec sa compagne d’alors, Chiara Mastroianni, il signe un très beau disque d’intérieur (Home), qui achève de délier les mauvaises langues. La suite est moins agréable : la presse people, qui s’intéresse de près au gendre de la grande Catherine Deneuve, a taclé Biolay en plein vol.

On parle alors plus de ses frasques que de sa musique. Pendant ce temps, Biolay se bonifie dans son coin comme un beau maroilles. Ses chansons se sortent la chemise du pantalon, les textes s’écrivent au jour le jour, élégants et au plus près de l’os.


A l’origine, sorti en 2005, est salué par Alain Bashung.

Trash yéyé, publié en 2007, est l’ami idéal pour ceux qui en bavent.

Deux ans plus tard, après avoir été évincé de sa maison de disques, Biolay revient en homme libre avec un sixième album d’une grâce et d’une fragilité redoutables.

Un disque où notre chanteur ne s’épargne rien et se permet même, dans la foulée, un peu tout. On y trouve des chansons d’amour – le vrai – (Reviens mon amour, Miss Catastrophe), des ritournelles (Night Shop, Prenons le large), des confessions parfois intimes (15 août, Ton héritage, Padam), des coups de sabot (Sans viser personne, 15 septembre), des coups d’épée dans l’eau (Mélancolique, L’espoir fait vivre), des coups de maître (Brandt Rhapsodie, Jaloux de tout).


Baptisé La Superbe en hommage à la sublime chanson qui l’ouvre en grand, cet album compagnon tient bien ensemble, porté à bout de bras par un seul et même homme, qui se met à nu, se dévoile avec justesse et pudeur, humour aussi. Un homme qui se serait résolument mis en marge du monde pour composer, enfin, son morceau de bravoure attendu.


Album : La Superbe (Naïve)


http://www.lesinrocks.com/musique/musique-article/article/superbe-biolay/


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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Mar 17 Nov - 2:10

16.11.2009
BENJAMIN BIOLAY




Il sort un album formidable, "La Superbe", et poursuit une double carrière musicale et cinématographique. Benjamin Biolay irrite, étonne, détonne. Rencontre.
OLIVIER DE BRUYN

Il donne envie de paraphraser Brassens. Dans le village “sans prétention” de la chanson française, Benjamin Biolay a mauvaise réputation. Ses cinq albums de feu et les succès écrits pour les autres (Henri Salvador, Juliette Gréco, Françoise Hardy, Julien Clerc…) ont excité les jalousies. Ce garçon compose avec une régularité métronomique des mélodies et des textes imparables. Tout le monde le sait. Et ça énerve beaucoup de monde. Mais ce n’est pas tout. Son dilettantisme en guise de pose existentielle et ses déclarations incendiaires (sur Henri Salvador, Bénabar, l’industrie du disque) l’ont rangé dans la catégorie “caractériel ingérable”.

Son idylle passée avec Chiara Mastroianni et ses liaisons jugées “people” par la presse du même nom ont fait le reste. Benjamin Biolay, vague sourire aux lèvres et voix embrumée, résume sa situation dans la société du spectacle. “Il faut se méfier de l’auto caricature, murmure-t-il. Je sais que je suis considéré comme un “bon client”. J’ai parfois été violent parce qu’on voulait m’enfermer dans un genre auquel je n’appartenais pas, la nouvelle chanson française. Alors, dans les interviews, j’ai souvent grossi le trait…”

Dans le studio d’enregistrement où il donne rendez-vous et arrive (très) en retard, Benjamin Biolay semble d’abord prendre plaisir à singer son image. Look “saut du lit” en plein cœur de l’après-midi, il raconte ses pérégrinations festives de la nuit écoulée à ses attachées de presse, blague avec le photographe, boit une grande tasse de café noir, enchaîne cigarette sur cigarette et repousse l’échéance journalistique. Arrogance ? Non, plutôt timidité, distance. Le vrai Biolay ne tarde pas à contredire sa légende.

La Superbe - Naïve



Suivez la suite de la rencontre avec Benjamin Biolay dans le Femmes n°16, en kiosque actuellement.

http://www.femmes.com/culture/musique/un-nouveau-depart-14395
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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Mer 18 Nov - 12:02

Benjamin Biolay
La Superbe



Paris
18/11/2009 -
Fruit d’un artiste à l’appétit musical hors du commun, Benjamin Biolay,
le foisonnant double album intitulée La Superbe, est d’ores et déjà un incontournable.
Deux ans seulement après son album précédent, Trash Yéyé,
l'auteur-compositeur-interprète semble enfin montrer son talent à sa juste mesure.

Ce n’est un secret pour personne : depuis l’inaugural Rose Kennedy,
Benjamin Biolay cherche à bâtir une "œuvre".
De celles dont on se souviendra au-delà des nouvelles vagues de la "nouvelle chanson française".
Avec ses deux volets de 23 titres et une palette musicale et émotionnelle inouïe,
La Superbe relève en partie ces ambitions.

Des maîtres à jouer de la pop hexagonale –
Christophe excepté, rares sont ceux qui embrassent tous les genres musicaux
avec un tel panache :
le classique, avec la sublime partition de cordes du titre d’ouverture,
le rock anglais des années 80 `(Prenons le large) et même le reggae dub sur l’hypnotique Padam.
On ne saurait faire plus difficile en matière de grand écart musical, et pourtant le charme opère
. La faute à une surdose d’inventivité dans les arrangements,
comme ces boucles électro subtilement nichées dans les chansons pop les plus classiques (L’espoir fait vivre).

Moins aventureux mais toujours incisifs,
les textes distillent la même noirceur amoureuse que les albums antérieurs,
entrecoupée ça et là d’euphorie grisante (Prenons le large)
ou de nostalgie proustienne (Lyon Presqu’île).
Mention spéciale, pour son originalité, au déjà culte Brandt Rhapsody.

Bien sûr, le maniérisme vocal affiché du chanteur – le chanté-parlé, les susurrements –
et certains titres un peu faciles (La Toxicomanie) ne le réconcilieront pas avec ses détracteurs.
Mais Biolay n’en a cure :
il vient, peut-être, de signer son Melody Nelson.

RFI MUSIQUE
La Superbe
Jerome Pichon


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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Sam 21 Nov - 0:30

EN PROVENANCE D'UN SITE PORTUGAIS IL ME SEMBLE

Benjamin Biolay – La Superbe [2009]
by flip on November 20th, 2009

try: RS
watch: youtube
buy: amazon

Five LPs into his brilliant career, the Frenchman finally gets the first British release of what might just be his masterpiece. Fittingly, it’s a sprawling set that veers from apocalyptic techno to Gang of Four-style post-punk via melancholic chanson, with piano ballads (Night Shop), guitar-driven sounds (L’Espoir Fait Vivre) and orchestral numbers (the title track) sharing space. For such a weighty package, however, it’s remarkably free of anything that should have been trimmed. Superbe, indeed.
(Naive)


——————————————-
Depuis “Trash Yéyé”, Benjamin Biolay s’est affranchi des postures et des jugements. Il revient plus en verve que jamais avec ce double album concept qui s’étire du “15 août” au “15 septembre” et puise dans la matière autobiographique. Avec ce disque pieuvre, Biolay ne se réinvente pas, au contraire, il creuse la veine de son style désabusé jusqu’à parvenir à la substantifique moelle. Des recettes et alors ? Biolay est devenu un auteur époustouflant qui manie la langue avec brio, alternant rimes riches et rimes pauvres, langage parlé et langage châtié, élégance et vulgarité. Une langue qui charrie des flots de sentiments contraires sur un timbre pâteux de gros fumeur. Une langue déliée, dialogues fleuves d’un film sans images et sans happy end au bout. Et puis Biolay exhibe crânement toutes ses qualités de démiurge musical qui embrasse tous les styles : chansons orchestrées au millimètre (à la mode Jean-Claude Vannier), pop-songs anglophiles, ballades jazzy flippées, spoken words hallucinés. Son disque a de la gueule malgré sa gueule de bois et sa sainte trilogie ressassée (fantasmes, fantômes, fêlures). Exercice d’impudeur pudique creusant les sempiternels thèmes chers à sa plume, au hasard la morsure du temps qui passe, les amours contrariées, les chroniques urbaines sous Prozac.
Vingt-deux chansons, c’est forcément trop, d’autant que le disque n’évite ni la redite, ni le pilotage automatique sur le deuxième volet mais quelle profusion, quel appétit, quel souffle aussi ! Aimerait-on autant Fellini sans ses outrances et ses outrages ? Pareil pour Biolay toutes proportions gardées. Ces chansons débordent du cadre, dégueulent de vie, donnent des coups de menton arrogants pour au final exhiber tous les méandres d’un cerveau en vrac. Des chansons qui se paient le luxe de rejouer la Comédie Humaine dans un Paris du XXIe siècle avec les meilleurs chapitres qui ont pour titre “La Superbe”, “Miss catastrophe”, “Brandt rhapsodie” en duo avec Jeanne Cherhal, “Tout ça me tourmente”, “Ton héritage”.
Voilà où le musicien acteur a hissé la barre pour ce cinquième album, faisant loin devant la course en solitaire. Et puis, Biolay l’acteur se taille dans ce disque un rôle sur mesure. Celui de la belle gueule déchue qui se met minable pour les beaux yeux de la plus jolie fille du bal. Forcément pathétique et superbe. (Popnews)


http://bolachas.org/benjamin-biolay-la-superbe-2009
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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Dim 22 Nov - 18:40



Benjamin Biolay - La superbe



Il aura fallu deux ans et demi de travail en studio à Benjamin Biolay pour nous offrir son sublime dernier album. Avec deux cd et 22 chansons (23 dans le collector), ce magnifique opus présente de nombreuses ambiances sonores, (jazz, pop rock, électro, bossa, hip hop,etc…), et un univers dense où l’on découvre des torrents d’émotion. Sur une musique profonde et enveloppante qui agit comme un film, ce double cd d’une totale beauté est porté par une voix chaude, lumineuse, sensuelle et plus ample.





La trame est celle d’un mois très chaotique dans la vie d’un homme, entre confessions intimes, l’auteur se dévoile avec justesse, pudeur et humour. Un double album écrit en toute liberté, sans pression sur la relation amoureuse, le quotidien, l’intime. Au fil des chansons, on retrouve une certaine élégance dans l’écriture, Benjamin Biolay y a mis du cœur, cela se sent, c’en est bouleversant tant l’album est émouvant.

Ce double album évoque l’amour, la passion avec ce que cela comporte de cruel. L’excitation des débuts, la lassitude qui s’installe, les petites lâchetés de la rupture, les remords et les fêlures sont analysés par le chanteur.

Si le premier cd est mélancolique, le second est lui plus « dynamique ».

Le premier album parle de ruptures, de déchirements amoureux, et démarre sur « la superbe » magnifique, époustouflante. « La superbe », (qui a été écrite et interprétée il y a quelques années, à voir ou revoir avec Virginie Ledoyen et Benjamin Biolay dans « Voyage au bout de la rue », magnifique interprétation de ces deux artistes d’ailleurs !)

La drogue est évoquée comme style de vie, d’autres titres évoquent également la fréquentation des gouffres.

« Ton héritage » lettre écrite à sa petite fille, dans laquelle il dresse le bilan de sa vie, cruel sur lui même, sur une mélodie assez cheesy pour aller avec un texte très cru, mais bouleversante et touchante à la fois..

«Brandt Rhapsody » formidable duo écrit et chanté avec Jeanne Cherhal, récit d’un couple de la rencontre à la séparation via la lecture de post-it laissés sur un frigo.

Le deuxième album sur un rythme plus « dansant » évoque toujours la rupture amoureuse , un regard sur l’existence et sur son prochain.

A noter le goût de l’introduction chez cet auteur compositeur qui laisse venir les mots qui s’installent dans la chanson.

Belle réussite musicale dans lequel Benjamin Biolay démontre son talent de compositeur capable d’explorer tous les styles, et dont la qualité d’écriture, le sens de la mélodie, le phrasé unique et la diversité des arrangements confirme son génie musical.

Benjamin Biolay se révèle dans ce double album, c’est un feu d’artifice d’émotions à l’état pur, de mélodies remarquables, ce double album brillant, est pétillant par sa diversité, rayonnant par sa splendeur, avec ce goût de l’arrangement qui le caractérise, Benjamin Biolay a réussi là un album grandiose : un chef-d’œuvre à écouter de toute urgence !

Seul bémol, il faudra attendre quelques semaines pour voir le chanteur s’exprimer en concert, alors en attendant laissez vous emporter par la beauté de ce double album superbement magnifique !


http://savemybrain.net/v2/2009/11/14/benjamin-biolay-la-superbe/


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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Dim 22 Nov - 19:07

Une date supplémentaire pour le Casino de Paris , le 4 Février 2010



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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Mar 24 Nov - 14:07

Ce soir (ou jamais !) avec benjamin Biolay 24 11 09


Revue de presse

Présenté par : Frédéric Taddeï

Invités : Sylvie Brunel (géographe), Benjamin Biolay (chanteur), Antoinette Fouque (militante féministe), Denis Tillinac (écrivain)

Pour sa revue de presse hebdomadaire, Frédéric Taddeï accueille notamment la géographe Sylvie Brunel, mais aussi Benjamin Biolay, dont le double album, «La Superbe», est sorti en octobre dernier. Le live du jour est assuré par Ed Laurie, qui interprète un extrait de son CD, «Small Boat Big Sea», dans les bacs depuis le 2 novembre.
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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Sam 28 Nov - 0:20

CHARLES AZNAVOUR AIME LA SUPERBE


Aznavour le boulimique
Olivier Nuc
27/11/2009

"Depuis plus de cinquante ans, le public est resté fidèle à cet atypique qui mit du temps à imposer sa différence. «Musicalement, je n'ai rien inventé : j'ai fait des mélodies pour habiller mes chansons. Ma chance, c'est d'avoir baigné enfant dans les cultures gitane, russe, arménienne, turque et iranienne.» Ce fils d'immigrés est devenu une manière d'ambassadeur de la culture française, un rôle qu'il prend au sérieux. «Je suis français, très français, franchouillard même», s'enflamme-t-il avec son accent parisien. «On me parle toujours des difficultés que j'ai eues, mais j'ai vécu une vie très drôle. Le bilan est positif !» Attentif à la bonne santé de la chanson française, il se reconnaît de nombreux héritiers : Grand Corps Malade, Sanseverino, Olivia Ruiz ou —Bénabar. Avec une mention spéciale pour Benjamin Biolay. «Son dernier album, La Superbe, est une petite merveille.» S'il avoue ne plus vouloir faire de grande tournée, il caresse le projet de revenir sur scène dans des salles intimistes. «J'ai envie de revenir en toute petite formation.»

http://www.lefigaro.fr/musique/2009/11/28/03006-20091128ARTFIG00214-aznavour-le-boulimique-.php
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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Dim 29 Nov - 15:52

.
Concert privé Europe 1 le 9 Décembre .





http://jeux.europe1.fr/Benjamin-Biolay
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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Dim 29 Nov - 16:46

A l'image de James Gray, réalisateur de "Two Lovers", Benjamin Biolay impose son style dès la première scène. Sans fioriture, beau et poignant. Avec son titre éponyme, "La superbe" s'ouvre comme une plaie sur un espoir d'embellie. Les violons transpercent les mots, les saignent, vont et viennent, puis reviennent. Encore et encore. Piano et guitare redoublent d'intensité. Ils semblent courir côte à côte avant de s'écraser ensemble sur une voix qui s'emballe progressivement. C'est l'occasion pour Biolay de se livrer vocalement, bien plus qu'à l'accoutumée, avant qu'un air de saxophone vienne entériner cette introduction aussi sombre que brillante. Préface des vingt et un chapitres qui suivront. De variations presque toutes plus tristes les unes que les autres, émerge un thème d'espérance, un hymne à l'amour et une volonté de croire en la grande aventure qu'est la vie.

Chapitre premier.

"Paris, le 15 août,
Je t'écris du Bristol où j'ai déjeuné seule. Une salade sans sauce, dégueulasse. Cet été est sans fin. C'est même un été pourri. Voilà, je suis partie hier. Je t'ai laissé un mot sur la commode noire dans l'entrée. Je voudrais bien tout t'expliquer, mais évidemment c'est pas si simple. C'est même compliqué. Je ne demande rien naturellement. De toutes façons, j'ai horreur de quémander. Je t'appellerai dans quelques jours, le temps de digérer un peu. Moi, ça va. Ne reste pas seul. Essaie de voir des amis.
Je t'embrasse.
P.S : J'ai vu ta sœur dans le 41." ('15 août')

'15 août', elle est partie...........

aircoba

La suite, ici :

http://aircoba.wordpress.com/2009/11/29/chronique-benjamin-biolay-la-superbe/


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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Lun 30 Nov - 1:07

CULTURE-MATCH | DIMANCHE 29 NOVEMBRE 2009

AZNAVOUR-BIOLAY, LE MAÎTRE ADOUBE L’ÉLÈVE





Alors que Benjamin Biolay triomphe enfin avec «La superbe», son nouvel album, il s’est prêté au jeu de l’entretien croisé face à une de ses idoles, Charles Aznavour. Qui sait qu’une carrière ne se bâtit pas en un jour.

Un entretien avec Benjamin Locoge - Paris Match




L’aîné Aznavour arrive en avance, le jeune Biolay n’est pas loin derrière. Renfrognés devant le photographe, animés dès qu’il s’agit de parler musique. Le grand Charles porte des bretelles jaunes et des lunettes noires, le petit Benjamin un jean et une chemise grise. Presque 1,90 mètre, Benjamin Biolay redevient élève devant le colossal Aznavour. Le doyen tient dans ses mains noueuses le livret de «La superbe», passant en revue chaque morceau pour un bilan positif : «Il n’a pas eu peur de se déshabiller.» Trenet, Piaf, Gainsbourg, Debussy, Hallyday, si un demi siècle les sépare, les influences de ces deux auteurs se croisent, amoureux du texte avant tout. Ils se sont rencontrés pour la première fois en Argentine, il y a plusieurs années, et se retrouvent, ce mardi 27 octobre, dans un studio parisien pour un état des lieux de la chanson française.

Paris Match. Charles, qu’avez vous pensé du disque de Benjamin ?
Charles Aznavour. Sur ses disques précédents, Benjamin avait une influence importante, celle de Serge Gainsbourg. Sur celui ci, on la sent de moins en moins. Bientôt on ne la sentira plus du tout. Le plus emmerdant pour un artiste, c’est d’entendre : “Vous ressemblez à untel ou untel.” Là, Benjamin en est sorti.

Benjamin Biolay. Ma première influence, c’est Charles Trenet. J’ai écouté Gainsbourg quand j’étais jeune, mais je ne l’écoute plus depuis longtemps. Avec lui, je me disais : “Voilà un narrateur qui a du succès, je pourrais faire la même chose.”

C.A. Moi, j’ai croisé une fois Gainsbourg dans ma vie, et seulement dix minutes. Il m’a dit qu’il utilisait ma chanson “Parce que” pour draguer ! Il n’y a qu’un Gainsbourg par génération. Aujourd’hui, la plupart des jeunes femmes qui chantent sont influencées soit par Madonna, soit par Céline Dion. Où va la chanson française avec ça ? Je préfère un disque comme celui de Benjamin. C’est beau, bien orchestré, écoutez “La superbe” ! Enfin une chanson où l’on entend les paroles.

B.B. Ces derniers temps, on a trop fait de chansons à textes. Donc on partait du texte et on oubliait de faire une chanson derrière.

C.A. C’est bien le problème ! On a mis les mélodies au placard au profit des tubes. Il faut provoquer les gens, oser écrire dans la longueur. C’est ce que j’ai toujours fait.

B.B. Récemment, l’influence anglo-saxonne a beaucoup prédominé. Dans les disques anglais, on n’a pas besoin de mettre la voix très en avant pour entendre les textes, car c’est une langue qui se projette. Le français demande plus d’attention.

C.A. Leurs textes n’ont pas notre richesse intellectuelle. Mais on les apprécie ainsi. Prenez “Yesterday” des Beatles, une sublime chanson, mais qui n’arrive pas à la hauteur d’un texte de Léo Ferré ! Cole Porter avait trouvé quelques bonnes phrases, mais il a toujours répété les mêmes. Nous, on cherche à se différencier ! Moi qui dis toujours que les rappeurs sont des bons auteurs, j’ai été surpris par votre disque, Benjamin. Dans “Miss Catastrophe” par exemple, c’est à la fois rappé, chanté et mis en musique. C’est la première fois que j’entends ça !

B.B. Vous vous trompez, votre chanson “Poker” était déjà proche du rap.

C.A. Mais ce n’est pas du rap !

B.B. Ah si, vous débitez plus que vous ne chantez.

C.A. Non, c’est une époque où le rap n’existait pas. J’étais peutêtre précurseur, mais ce n’était pas volontaire.

Charles, à vos débuts, vous doutiez beaucoup de vous.
C.A. Je doutais de moi parce que la presse m’accablait. La révolution, c’est quand on commence à bâtir, à dire des choses, à savoir ce que l’on sera demain. Vous êtes en plein dedans, Benjamin. Je vous souhaite la troisième et la quatrième révolution, qui sont les plus rares !

Quelles sont-elles ?
C.A. Ce sont celles où l’on a fait une vie, où l’on oublie sa table de travail. On n’y revient que lorsque l’on a un disque à faire ! Je suis en plein dedans. Le plus dur, c’est de ne pas se copier. Les plus grands ont toujours su se renouveler. Je pense à Béart, Brel, Brassens, Ferré ou Trenet.

Charles, vous avez dû vous battre pour vous imposer, notamment auprès des médias.
C.A. Ah oui. On a retrouvé des articles où l’on disait que “Sur ma vie” était une très bonne chanson écrite par un très mauvais chanteur ! Mais les gens qui pensaient me détruire m’ont en réalité construit.

B.B. Je comprends ce que vous dites, je suis passé par là. Je ne suis pas un grand chanteur, mais si j’avais vos capacités vocales, et que l’on m’ait dit que je ne savais pas chanter, je serais devenu hystérique. Quand j’ai lu votre livre, je me suis dit que j’allais m’en resservir. La prochaine fois que quelqu’un me demandera un fond de tiroir, je lui répondrai ce que vous dites : “Je n’écris pas pour mes tiroirs !”

C.A. Liane Foly vient de me demander une chanson. Ça m’a fait plaisir, car il y a bien longtemps que l’on ne m’avait pas sollicité. Du coup, j’ai bien travaillé, il y a des mots durs dedans, sur la jouissance notamment. Je pars du principe que si une chanson devient un classique sur scène, c’est formidable. Mes plus gros succès ont été remarqués tardivement. “Emmenez-moi”, je l’ai écrite il y a cinquante ans, “Mes emmerdes”, il y a quarante ans. Et elles sont devenues des "classiques" vingt ou trente ans plus tard.

B.B. Je ne savais pas tout ça...

"PIAF M'A APPRIS
À ÊTRE PATIENT"

C.A. C’est Piaf qui m’a appris à être patient. Elle chantait un titre, “Monsieur SaintPierre”, qui ne marchait pas du tout. J’avais beau lui dire que ça ne fonctionnait pas, elle me disait “ils la prendront”, et elle continuait à l’interpréter tous les soirs. Si on ne s’obstine pas, si on fait ce que veulent les gens, alors on commence à régresser.

Pensez-vous que le CD vit ses dernières heures ?
C.A. Je n’en sais rien et je ne me sens pas concerné. Je n’ai pas écrit pour vendre, mais j’ai accepté l’argent que je gagnais !

B.B. Vous évoquez souvent des sujets durs. Un titre comme “L’aiguille” ne passera pas à la radio. Or, tout le monde devrait la connaître, elle est extrêmement poignante.

C.A. Aujourd’hui, quand on parle du sida dans une chanson, on utilise le mot sida. Moi, je ne le dis pas une seule fois. J’adorerais faire des chansons à succès, j’avoue, tout comme j’adorerais écrire des chansons populaires. Mais ce n’est pas le cas. Je ne saurais pas faire “ploum ploum tralala” ou “là il y a des frites”. J’ai toujours eu besoin d’espace et de temps pour raconter une histoire. Mes maîtres s’appellent Trenet, Prévert, Guitry, Molière, Corneille et Racine. Avec eux, vous ne pouvez pas vous tromper.

B.B. C’est marrant que vous citiez Guitry, “Tu te laisses aller” m’a toujours fait penser à lui !

C.A. Mais c’est tiré de l’un de ses films, “La poison” ! Au départ je voulais être comédien, tout ce que j’ai fait, c’est du théâtre !
Il y a cinq ans, on parlait de la nouvelle scène française. Aujourd’hui, on se rend compte qu’il y a eu beaucoup d’appelés pour peu d’élus.

B.B. Ça a toujours été le cas ! Charles est le seul qui a soutenu Johnny Hallyday à ses débuts quand il se faisait défoncer par la critique.

C.A. Quand Dalida est remontée sur scène après son divorce, elle avait le métier contre elle. Tout le monde avait pris le parti de Lucien Morisse car il passait des disques. Le soir de sa première, j’étais au premier rang, prêt à bondir sur scène pour dire merde au public.

B.B. Moi aussi je suis en permanence en colère !

C.A. La colère est un moteur, ce n’est pas de la méchanceté. Pour revenir à Johnny, quand je l’ai vu, j’ai compris qu’il y avait quelque chose. Déjà, il n’était pas qu’un rockeur, mais aussi un chanteur.

B.B. Pour moi, c’est un personnage paradoxal. Je l’apprécie quand il chante “Retiens la nuit” ou “Tennessee” seul à la guitare, mais quand il fait du rock, il ne m’intéresse plus.

Benjamin, regrettezvous de ne pas avoir été juré à la “Star Academy”?
B.B. Pas du tout. J’ai même refusé une énorme somme d’argent...

C.A. C’est une émission de variété et il faut s’arrêter là. Personne ne devient en quatre mois un comédien ou un showman extraordinaire.

B.B. Moi, j’ai mis du temps pour être à l’aise sur scène. Petit, j’ai fait le conservatoire de musique et je jouais très souvent en public. Devenir chanteur a été difficile. Heureusement que je suis passé par la case “comédien” entre deux. Cela m’a désinhibé.

C.A. A mes débuts, quand je montais sur scène, je devais me montrer. Aujourd’hui, je viens juste chanter mes chansons. Je sens bien, Benjamin, que vous avez un fond de timidité. Mais on s’éclate sur scène, en disant dans les chansons ce que l’on n’oserait pas dire ailleurs. Désormais, j’ai décidé que je ne chanterai plus en uniforme. Je viendrai tel que je suis au quotidien. On me verra en jean ou en pull, peu importe. Est ce que l’on vient m’écouter ou est ce que l’on vient voir mon costume ? Face au public, il faut être humble et naturel. Et plus on l’est, plus il nous aime. C’est ce que je retiens de ces soixante dix dernières années !

http://www.parismatch.com/Culture-Match/Musique/Actu/Aznavour-Biolay-Le-maitre-adoube-l-eleve-148456/
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Bridget

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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Jeu 3 Déc - 1:29


Tout et son contraire
Philippe Vandel reçoit une personnalité qui a marqué l’année : politique, spectacle, médias, littérature, sport : chaque jour, un entretien de trois fois quatre minutes...


Benjamin Biolay le chanteur, auteur et compositeur "trop franc"





Ouvrir la page et cliquer sur les flèches à droite :

http://www.france-info.com/chroniques-tout-et-son-contraire-2009-11-20-23-11-benjamin-biolay-chanteur-auteur-compositeur-371399-81-400.html


Dernière édition par Bridget le Jeu 3 Déc - 15:42, édité 1 fois
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Bridget

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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Lun 14 Déc - 21:22

Clip promo Télé


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Bridget

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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Lun 14 Déc - 21:43


Benjamin Biolay : « Je me suis trop noyé dans le monde de la nuit »




Dans la foulée de « La superbe », son magnifique double album, le chanteur compositeur Benjamin Biolay s’apprête à partir en tournée. Tour à tour écorché vif et mélancolique, « B. B. » tord ici le cou à sa mauvaise réputation et laisse apparaître un garçon lucide et dispo. Superbe simplement.

Benjamin Biolay : Un chanteur et compositeur plus timide que prétentieux

Il existe un malentendu Biolay que même la majesté de son disque n'arrive pas à dissiper. «La superbe », son cinquième album, est une envolée magistrale vers les tréfonds, les bas-fonds de soi, mais aussi vers la lumière et le soleil.
C'est une ballade aux couleurs noires de la vie, une autopsie de l'amour possible et impossible, une déclaration chavirante à son enfant, un appel aux jours possiblement roses. C'est une splendeur.

Benjamin Biolay s'y révèle ultrasensible, honnête, touchant. Dire qu'il est « hautain » et « prétentieux » est complètement à côté de la plaque.
L'incompréhension entre le chanteur et une partie du public va-t-elle enfin se déliter ?

A la Maison de la Radio, un mercredi après-midi, il avance dans les longs couloirs, sac de sport à l'épaule. Son rythme est lent, il laisse passer les dames, il est galant. Dans la grande loge, il s'assied et se prête à l'interview. C'est un timide au timbre grave mais doux, un mec tatoué et torturé qui cache un saphir autour du cou.
Il s'explique volontiers, parle travail comme un artisan, avoue, sourit, remet sa mèche entremêlée de quelques cheveux gris, fume, prend le temps. Humble, oui. La seule chose à faire, c'est d'écouter son album. Et l'attraper en concert à partir du 21 janvier.
suivant >


Benjamin Biolay : son nouvel album le révèle ultrasensible et touchant


Marie Claire : Une avalanche d'excellentes critiques est tombée pour votre album. Vous êtes content ?

Benjamin Biolay : Je vous avoue que ça ne me rend pas heureux, mais ça me rend content, ce qui est déjà rare. C'est l'artisan qui l'est. Un double album, par définition, c'est une double charge de travail. Une sacrée aventure. J'y ai laissé des plumes. J'ai bossé comme un cinglé. J'avais envie que ça plaise. C'est vrai qu'il n'y a pratiquement que de très bonnes critiques, deux ou trois mauvaises. Dans une, je me fais défoncer - elle ne me fait aucun effet -, et une autre dit : « C'est joli, mais un peu facile » ; ça, par contre, ça m'énerve : « Viens dans ma peau pendant deux ans et demi ! Une fois que tu as fini tes chants, tes guitares, tes claviers et qu'il faut t'enfermer pour écrire tes cordes et, le lendemain, les diriger, viens voir si c'est facile ! » Mais bon, ce n'est pas si grave. J'attends le tacle. Certains n'ont jamais pu me blairer. Ma vie est comme ça.


Marie Claire : On lit souvent que vous êtes « prétentieux » ou « agaçant ». Vous avez l'impression que l'on parle de vous ?

Benjamin Biolay : Non, pas du tout. Bon, je me dis qu'il n'y a pas de fumée sans feu. A la télévision, j'ai dû avoir l'air hautain car je suis très timide. Les gens qui me connaissent savent que j'ai fait des efforts surhumains pour en arriver à ce que je fais aujourd'hui. Ma nature est de me terrer dans un trou. Je suis un musicien, j'ai passé ma vie en studio. Lors de ma toute première télé, j'ai dû passer pour un type odieux. J'étais tellement intimidé, tellement mal dans ma peau. C'était dans l'émission de Thierry Ardisson, à la grande époque des questions genre : « Tu t'es fait enculer à quel âge la première fois ? » Pourtant, Ardisson a été hyper-gentil. Il me disait : « Vous ne voulez pas sourire ? » Je répondais : « Ben non. »


Marie Claire : Vous dites, dans la chanson « Padam » : « J'attendais en vain que le monde entier m'acclame. » Il n'y a pas un peu de vrai là-dedans ?

Benjamin Biolay : Non. C'est une chanson qu'on ne peut faire que si on a obtenu un peu de reconnaissance. Quand Aznavour a écrit « Je me voyais déjà », il possédait déjà un château en Suisse ; il ne l'a pas écrit dans sa piaule du 18e arrondissement. Quand je vois d'où je viens, je m'en suis vraiment bien sorti. Je n'ai pas de frustration.


Marie Claire : Mais vous ne voulez pas être davantage reconnu pour ce que vous faites plutôt que jugé sur ce que vous pouvez dégager ?

Benjamin Biolay : Je préférerais cent fois qu'on arrête de dire que je suis prétentieux et que je me la raconte, plutôt que de vendre un million de disques. Plein d'amis ont connu le succès, ça reste une malédiction, ça entame un peu le système nerveux. On est dans l'œil du cyclone en permanence.
Je trouve scandaleux le traitement qu'on inflige à Diam's : se faire paparazzer à la sortie d'un lieu de culte, c'est d'une violence... Sous-entendre, en plus, qu'elle est devenue neuneu. Si elle avait une jupe-culotte et une croix en bois, personne ne dirait rien. Tous les chanteurs aux MTV Awards remercient Dieu avant leur maison de disques, ça ne choque personne, mais là... Cet entrisme dans sa vie privée, dans ce qu'elle a de plus intime - l'amour, la religion -, est démoniaque. Moi je ne suis pas cul-bénit mais il m'arrive parfois d'aller à l'église Saint-Sulpice pour passer un moment tranquille.

Marie Claire : Vous croyez en Dieu ?

Benjamin Biolay : Oui, beaucoup, depuis toujours. Je n'ai même pas de problème à l'avouer. Mais je crois beaucoup plus en l'Homme.
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Benjamin Biolay : Une période noire plongée dans le monde de la nuit


Marie Claire : La nuit est très présente dans votre album : vous l'aimez ?

Benjamin Biolay : (Silence.) Ça fait quelques mois que je ne l'aime plus du tout, que je ne sors plus. Je me suis trop noyé dans le monde de la nuit, à faire n'importe quoi de ma vie, à boire beaucoup, à partir en virée. C'est là que la célébrité fausse absolument tout.

Marie Claire : Pourquoi ?

Benjamin Biolay : Avec les filles, par exemple. Ce n'est même pas du libertinage, c'est facile, il n'y a plus d'enjeu, ça n'a plus de sens. J'étais ivre mort et je ne me rendais pas compte à quel point c'était biaisé. Les filles se faisaient un chanteur pour raconter à tout le monde que je ne les rappelais pas le lendemain. J'ai aussi cette réputation. Je ne l'ai pas volée, mais bon... C'était un moment de ma vie où j'étais célibataire et déprimé.

Marie Claire : Vous dormez la nuit ?

Benjamin Biolay J'ai du mal avant 3 heures du matin. Quand j'étais au conservatoire de musique, à Lyon, je partageais un appartement avec plein d'amis musiciens de classique, et quand ils dormaient, moi je composais tout doucement. J'aimais voler ces heures. J'avais 17 ans, je dormais deux heures, mais le lendemain, je pouvais quand même jouer « Le sacre du printemps ». J'ai aimé la nuit comme ça.

Mais le milieu de la nuit ne m'attire pas. Je suis un anticocaïne primaire. Une génération est en train de se détruire avec cette pseudo-drogue sociale. La toxicomanie, c'est quand même honteux, aujourd'hui c'est devenu glorieux. L'autre jour, dans ma ville natale, un pote me dit : « Viens, on va se faire des poutres. » Je lui ai dit qu'il était malade : « Après tu vas rentrer chez toi et tu vas faire quoi ? Jouer à 'Fifa 2008' jusqu'à 7 heures du mat ? » Tout ça, j'en ai soupé. Pour écrire, il faut l'avoir vécu. C'est sans regret.

Marie Claire : C'est vous le sujet de votre chanson « La toxicomanie » ?

Benjamin Biolay : C'est Chet Baker. Je peux en parler car, depuis que je suis jeune, j'ai toujours fumé beaucoup de haschich. Je n'ai jamais réussi à décrocher. Il n'y a pas de drogues douces.

Marie Claire : Le mot « soleil » est très présent dans votre disque, comme le contrepoint de votre possible noirceur.

Benjamin Biolay : Sans doute. Cet album, je l'ai écrit dans la période où j'étais quasiment au plus mal. La première fois que le soleil m'a marqué, c'est dans un film qui s'appelle « Johnny got his gun » (de Dalton Trumbo, ndlr). C'est un pauvre type mutilé pendant la guerre de 14, il ne voit plus rien ; à un moment, on lui ouvre la fenêtre de sa chambre d'hôpital et il sent le soleil. On voit ce que ça peut apporter aux hommes, un peu de soleil. Quand en plus on vit intérieurement dans les catacombes, c'est vrai, on rêve de soleil.

Marie Claire : Ça pourrait être qui ou quoi le soleil dans votre vie ?

Benjamin Biolay : Ma future épouse, si elle existe, je ne sais pas. Mais pour l'instant, j'ai bien plus qu'un soleil, j'ai l'amour de ma vie qui est ma petite fille. Mon rêve le plus cher, c'est une maison à la campagne avec des gamins, ce n'est pas trois soirs blindés à Bercy, je vous jure.

Marie Claire : Dans « Tout ça me tourmente », vous chantez : « Dès 20 h 30, je n'ai pas de cœur, je n'ai que ma queue. »

Benjamin Biolay Oui, je parlais de cette époque-là. Ce n'est tellement pas glorieux. J'ai dû faire du mal à des filles... j'en ai fait, d'ailleurs. J'ai consommé de la fille qui a consommé du chanteur, donc quelque part on est quittes. Ensuite, c'est ma conscience.

Marie Claire : Vous écrivez, en parlant à une possible femme : « On s'en souviendra dans quarante ans » et « Je voudrais compter les jours sur tes doigts ». Vous y aspirez ?


Benjamin Biolay : Oui, j'ai en moi une quête d'amour vraiment durable et sain. Si j'étais le diable en personne, Don Giovanni ou Casanova, si ma vie était une hécatombe assurée et que je prenais le parti d'être un jouisseur quoi qu'il en coûte, je n'aurais jamais eu de remise en question. J'ai erré, car la vie a été accidentée, ma famille s'est disloquée.

Benjamin Biolay : enfance, jalousie, complexes ou plaisirs, il nous dévoile tout



Marie Claire : Si je vous dis Villefranche-sur-Saône, qu'est-ce qui vous vient comme images ?

Benjamin Biolay : Des images pas très joyeuses. On ne peut rien y construire, c'est une réalité cruelle. Pour faire mes études de musique, j'ai dû quitter Villefranche-sur-Saône pour Lyon. Mais j'avoue que j'étais content : ça m'a permis de me tirer à 14 ans. Je crois que c'était le plus beau jour de ma vie. Le premier.



Marie Claire : Vous avez fui quoi ?

Benjamin Biolay : Ma ville, avant tout. Et mon destin : une vie de merde, faire un métier chiant. Vers 10-12 ans, j'ai réalisé que ça allait mal finir si je restais. Et puis, j'étais en conflit violent avec mes parents. Partir, c'était une question de vie ou de mort. J'ai accepté de faire des études supérieures d'un instrument qui ne m'intéressait pas, je mentais même à des gens que j'adorais. Je savais que c'était juste un moyen de fuir.


Marie Claire : Dans l'une de vos chansons, « la fille aux cheveux orange », vous dit que vous êtes beau. Vous le croyez ?

Benjamin Biolay : Non. J'ai toujours été horriblement complexé. Déjà, des bouches comme la mienne, il n'y en a pas beaucoup chez les garçons. A l'école, j'ai souffert de mon physique. J'ai toujours eu des cernes un peu noirs. Même avant que je fume, quand j'étais très sain et que je faisais du sport, on m'appelait « le camé ».
J'ai toujours eu les paupières un peu lourdes, aussi. On me dit parfois que ça fait mon charme, mais ça me fait doucement rigoler car j'ai traîné ça comme un boulet. Je trouve qu'Alain Delon est beau, vous voyez à quel point je ne lui ressemble pas. J'aurais voulu être un peu plus Ken ! (Rires.)

Marie Claire : Dans la vie de tous les jours, quels sont vos plaisirs personnels ?

Benjamin Biolay : Ce que j'aime, c'est vraiment ne rien foutre. Bouquiner, faire l'amour si possible. Des choses simples et gratuites.

Marie Claire : Vous faites de la musique chez vous ?

Benjamin Biolay : Jamais. J'en fais seulement quand j'ai envie de faire un disque, quand je sens que ça bouillonne en moi, que je suis vraiment plein comme un œuf ; là je vais en studio et je crache tout. Je veux préserver ma petite source d'inspiration, qui est tarissable. Parfois j'ai une vraie pulsion pour une chanson, mais je n'ai pas de quoi la composer chez moi.
En ce moment, j'ai une guitare, mais la corde de sol est cassée depuis six mois.
L'époque où je travaillais beaucoup à la maison m'a bouffé. Quand j'étais avec celle qui partageait ma vie, je lui disais : « Bouge pas, je reviens dans dix minutes », et je revenais à 7 heures du matin. Je me disais : « Merde, il fait jour, comment c'est possible ? » (Rires.) J'ai une toute petite forme de schizophrénie qui s'appelle l'atemporalité. Même pour quelqu'un qui vous respecte énormément, y compris comme artiste, c'est très dur. Ça doit être très humiliant.

Marie Claire : On découvre dans « Jaloux de tout » que vous l'êtes donc...

Benjamin Biolay : Je l'ai été, et je n'en étais même pas conscient. Quand on dit : « T'étais où connasse ? T'as fait quoi ? Fais sentir ton odeur », on sait qu'on est jaloux, mais moi je gardais tout pour moi. Je me disais que je ne pouvais pas l'être, que je ne pouvais pas être naze à ce point. Mais si : j'étais naze à ce point ou fou d'amour à ce point.

Marie Claire : C'était quoi, de la possessivité ?

Benjamin Biolay : Un complexe d'infériorité. Cette chanson a été un révélateur. Je l'ai écrite à 4 heures du matin, en studio, complètement torché, juste avant d'aller faire la voix. Le lendemain, je l'ai réécoutée et j'ai voulu la jeter parce que j'avais honte.

Marie Claire : Si vous deviez vous définir en quelques adjectifs ?

Benjamin Biolay : Je ne sais pas : un pauvre type qui essaie de s'en sortir. (Sourire.)

Marie Claire : Avez-vous conscience et admettez-vous que vous êtes un musicien de talent ?

Benjamin Biolay : Non, je suis un travailleur, j'ai dû travailler quatre fois plus que les autres. Dans mon milieu, les artistes sont vite très satisfaits d'eux-mêmes, c'est souvent ce qui les perd. Moi je sais que je fais des petites chansons, même si elles ne sont pas mal foutues. Mais il n'y a aucune raison de se la raconter.


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