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liliane Admin

Nombre de messages: 8844 Age: 61 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Lun 2 Nov - 21:24 | |
| BENJAMIN BIOLAY : "J’AI TOUJOURS EU UNE VISION UN PETIT PEU CINÉMATOGRAPHIQUE DE LA MUSIQUE"
Article de type Interview publié dans le genre Variétés Françaises le 02/11/2009 par Christian Eudeline
Apparu il y a une dizaine d’années, Benjamin Biolay a, depuis, sorti 5 albums, La Superbe est le sixième, et collaboré en tant qu’arrangeur ou compositeur avec Henri Salvador, Julien Clerc, Juliette Greco, Hubert Mounier, Elodie Frégé, Vincent Delerm, Keren Ann. Il a aussi offert trois albums à sa sœur, Coralie Clément. Pourtant, l’homme n’apparaît pas comme un stakhanoviste du travail, plutôt un dandy à la Gainsbourg qui déborde d’idées et de talent.
Son nouvel album est double et rassure les fans qui ont pensé l’année dernière que sa carrière d’acteur allait prendre le pas sur sa carrière de musicien, il est vrai que son rôle dans le film de Sylvie Verheyde Stella lui a valu une nomination aux Césars, mais heureusement elle n’a pas annihilé l’envie d’écrire de belles mélodies. Entretien.
Ce nouvel album, La Superbe, semble désabusé et mélancolique… Je trouve le ton parfois assez mélancolique mais pas réellement désabusé. Il y a quelques sentences parfois sur moi-même un peu définitives mais il y a un peu de mélancolie aussi, une mélancolie un peu chaude, agréable, comme quand on repense à des choses du passé qu’on a aimées.
Vous vous livrez un peu plus que d’habitude semble-t-il, vous parlez de votre garçon que vous aimeriez voir plus souvent… ("Je te rappelle que tu as un fils qui va à l’école tous les matins et qui aimerait bien prendre le petit déjeuner avec son père de temps en temps… ", extrait de Brandt Rhapsodie) C’est de la fiction car j’ai une fille. (sourire) Mais, il y a des chansons qui sont très intimes, ouais, qui parlent vraiment d’émotions intimes ou même de situations réellement vécues, et comme tout un chacun, je pense que je fais aussi des chansons complètement fictionnelles. Le duo Brandt Rhapsodie avec Jeanne Cherhal c’est une oeuvre de fiction complète, mais c’est ça qui est agréable, de glisser de temps à autre une chose totalement fictionnelle et inventée, ça permet parfois d’être plus sincère sur des chansons plus intimes.
Est-ce une thérapie car l’autre caractéristique de cet album, c’est que les textes sont extrêmement longs ? Les textes sont assez fournis, c’est vrai, parfois peut-être un peu trop bavards mais ils sont tellement sortis du fond du cœur que j’ai peu de recul. Mais, on ne peut pas appeler ça une thérapie, même s’il est vrai que parfois quand je relis mon texte, je me dis : "bah dis donc faudrait peut-être parler à quelqu’un !" Mais c’est pas vraiment une thérapie, ça ne me fait pas spécialement ni de bien ni de mal d’écrire des textes... Mais parfois j’ai une révélation, en lisant une phrase par exemple, je me rends compte qu’une chose m’obsède par exemple.
On a l’impression de petits scénarios, est-ce que votre expérience cinématographique vous amené quelque chose ? Le fait d’avoir la chance de faire l’acteur de cinéma de temps en temps m’a sans doute débloqué pour tout ce qui est en rapport avec l’interprétation en fait, avec la performance comme disent les Américains. J’ai toujours eu une vision un petit peu cinématographique de la musique, j’ai toujours fait ça un petit peu comme un metteur en scène frustré. J’ai toujours eu envie de faire des petits films via mes chansons, donc c’est une chose qui n’est pas nouvelle, comme le fait que je sois cinéphile ça remonte à bien longtemps. Faire l’acteur aide à sortir de soi, à se désinhiber et ça peut avoir des répercussions sur l’écriture, pourquoi pas.
Que recherchez-vous au cinéma ? Rêver. J’aime oublier, je recherche un peu les mêmes choses que lorsque je regarde du sport à la télé, j’aime oublier ma vie et voir un spectacle qui me fait rêver.
Est-ce la même chose avec la musique ? Au cinéma, on nous prend la main du début à la fin, alors qu’avec une chanson, c’est moins carré. Un film, c’est quelque chose d’extrêmement directif. Dans un scénario il y a les acteurs, les décors et une intrigue qui sont très précis, donc on regarde une œuvre passivement. Alors que lorsque l’on écoute une chanson, on peut laisser sa propre vie déborder dedans, une chanson ressemble plus à une Bande Originale de sa vie, chacun en fait ce qu'il veut, et parfois on peut être attaché à des chansons singulièrement ringardes ou pourries mais qui nous rappellent quelque chose de délicieux. C’est la différence essentielle entre le cinéma et la chanson.
Quel est votre secret d’écriture ? Parfois, ça vient juste d’une ambiance musicale et les mots se greffent dessus, sans savoir comment… En fait il y a ce que j’appelle d’un côté les chansons et de l’autre les morceaux. Pour moi, une chanson, ça s’écrit depuis la nuit des temps comme les gens qui écrivaient des leaders, avec un clavier, une guitare et une mélodie et un texte. Et il y a des morceaux qui peuvent naître juste d’une idée de percussions ou d’un riff de guitare sur lesquels chacun jamme un peu et se cale. Je ne comprends jamais que l’on puisse comparer les Beatles et les Rolling Stones par exemple, car ils ne composent pas du tout de la même façon, les premiers font des chansons et les seconds des morceaux. Keith fait tourner un riff, et les autres viennent se greffer dessus, les Beatles écrivent des chansons comme les troubadours le faisaient au Moyen Age.
Et vous ? Ca dépend.
Quel est votre but ? Procurer des plaisirs aux gens qui y sont sensibles.
Mais cela passe avec l’écoute de morceaux ou de chansons ? Il n’y a pas de règle, ça dépend des moments de la vie et de ce que l’on attend d’un disque.
http://musique.sfr.fr/mag/article/interview/benjamin-biolay-jai-toujours-eu-une-vision-un-petit-peu-cinematographique-de-la-musique |
|  | | liliane Admin

Nombre de messages: 8844 Age: 61 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Mar 3 Nov - 16:48 | |
| Benjamin Biolay fait la démonstration de sa Superbe dans un opus où on le découvre... en se reconnaissant. Un bonheur presque simple en un double album ultra-élaboré. Constat d'évidence: écouter La Superbe, le dernier (double) album de Benjamin Biolay, c'est s'asseoir dans une salle de cinéma. Une question d'orchestrations, mais aussi de sens du récit. Car, de 15 août, deuxième titre après La Superbe, à 15 septembre, générique de fin, les images sont là, à travers les mots et les arrangements de cet album… superbe.
Il a été de bon ton de flinguer Biolay. Et, même encore, de s'acharner sur un type qui est tout sauf un "faiseur" ou un "poseur". Dommage pour la caricature. Postulats à retenir: uno, Benjamin Biolay est un vrai musicien. Deuzio, s'il "s'écrit", dans ses textes, c'est de chacun de nous, lui dans le lot, qu'il décrit ou décrie au fil des 22 titres. CQFD: La Superbe est un album qui ne s'arrête pas au nombril mais s'attaque aux tripes.
Bon, cette propension aux codes cinématographiques, cette voix entre déclamations et chant, ces scènes de ruptures ou sourd la violence et une déchirante désinvolture, ces beats obsédants, c'est d'évidence du Gainsbourg. Mais pas une piètre singerie de l'homme à tête de choux. Parlons plutôt un talent "à la hauteur de", un hommage, volontaire ou non et une influence certaine. Même si ça va peut-être agacer Benjamin Biolay, poursuivi par ce parallèle. Et pourtant le compositeur- interprète a bien le dandysme provoc' de son aîné, son sens de l'instrumentation et de l'évitement systématique des clichés, tant musicaux que textuels. De la Superbe, en somme. Ce qui ne se copie pas. On l'a, ou on l'a pas. Biolay, lui, la tient. Et nous, on n'en perd pas un morceau.
La Superbe, Benjamin Biolay, Naïve.
Jean-Frédéric Tronche Mardi 3 novembre 2009
http://www.gala.fr/l_actu/on_ne_parle_que_de_ca/benjamin_biolay_ne_perdons_rien_de_sa_superbe_190550 |
|  | | liliane Admin

Nombre de messages: 8844 Age: 61 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Jeu 5 Nov - 15:13 | |
| La Superbe – 2009, année Biolay ?
Par Thomas Sinaeve • jeu 5 nov 2009 • Categorie: Musique
Deux semaines après la sortie d’un album qu’une fois n’est pas coutume on est bien content de chroniquer en retard, la question mérite d’être soulevée. Bien malin celui qui ces derniers temps aura échappé à Benjamin Biolay à la télé, à la radio ou dans les journaux. L’album, aux dernières nouvelles, se vend bien. Les critiques sont excellentes, même si beaucoup prêtent à sourire(1). Pincez-nous chers lecteurs – on rêve. Depuis quand les disques aussi bons, aussi fins, aussi travaillés… ont-ils du succès ? Et dire que Bashung n’est plus là pour voir ça…
Entre nous, tout cela semble presque trop facile (en tout cas c’est assurément trop beau). Il y a encore un mois, Benjamin Biolay était selon vos amis un connard arrogant se prenant pour Gainsbourg (et de vous parler de sa non-voix, de ses cheveux, de son snobisme). Aujourd’hui les mêmes trouvent que c’est un artiste exceptionnel qui vient de sortir un superbe album – car vos amis bien sûr ne s’épargnent pas le jeu de mots à deux balles (pourquoi le feraient-ils alors que les journalistes eux-mêmes ne s’en privent pas, rivalisant de formules plus pauvres les unes que les autres depuis la sortie – il faut bien combler la célèbre peur du vide qualitatif (2) ?). On est à la fois géné aux entournures par ce buzz subit et ravis du pied de nez. Car une fois n’est pas coutume, c’est bien de l’incroyable talent de Biolay dont on cause le vendredi soir entre amis, ces derniers temps. Faire un succès d’un double-album aussi riche, varié, complexe et torturé… c’est une performance qui mérite d’être applaudie longuement (3). Car pour être honnête, en écoutant pour la première fois La Superbe, quelques jours avant sa sortie… on sentait plus volontiers venir le four que des pole-positions sur toutes les plateformes de téléchargement légal (destin réservé à cet album au bout d’une petite semaine). Depuis des années qu’il vomit publiquement (et qu’il est quasiment le seul) les artistes kleenex, la musique populaire nivelée vers le bas, le cynisme, la pipolisation, la superficialité… le fait que Benjamin Biolay parvienne aujourd’hui à voir croître sa popularité sans affadir ni même simplifier (au contraire) sa musique constitue pour lui une victoire dont on imagine sans peine qu’elle n’a pas de prix. Et pour les esthètes de France et de Navarre, c’est quasiment Noël avant l’heure.
Il se passera certes encore quelques années avant d’entendre le titre même le plus pop d’un tel album (Si tu suis mon regard) caracoler sur les ondes FM ; Biolay ne sera sans doute pas le plus gros vendeur de 2009 (4), c’est entendu. Tout de même, il y a de quoi se réjouir. Car franchement, La Superbe n’est pas un album facile. Sans être aussi abrupt que le néanmoins sublime À l’origine (2005), il n’en constitue pas moins un remède de cheval au racolage actif régnant sur la scène française (5). Exigeant. Luxuriant. Presque improbable. Depuis des années que l’on compare (plus souvent à tort qu’à raison) Biolay à Gainsbourg, il en atteint une fois pour toutes le niveau, sinon en terme de songwriting du moins en terme de richesse harmonique. Des semaines qu’on l’écoute au casque, et l’on n’est pas encore parvenu à en faire le tour, à en déceler toutes les subtilités (ni bien sûr à s’en lasser mais ça… c’est une évidence). La Superbe est un calvados millésimé, pur et extrêmement long en bouche. La seule différence, c’est qu’on s’en enfilerait bien une bouteille chaque jour – ce qui pour un tel breuvage relèverait du blasphème pur et simple.
La comparaison pourra certes sembler oiseuse, dans la mesure où la grande majorité des gens n’a jamais fût-ce goûté du calvados millésimé. Cependant qu’on ne s’y trompe pas : la grande majorité de la population française n’a jamais non plus eu l’occasion d’écouter des albums comme celui-ci (6). Nous parlons-là d’une œuvre très au-dessus du tout venant de la pop-music… et la chanson française on n’en parlera même pas – ce serait presque insultant. D’ailleurs d’insulte il est bel et bien question avec La Superbe. On serait à la place de Bénabar ou Cali, on serait bien plus furieux de la manière dont Biolay nous ridiculise à chaque note que de ce qu’il peut bien raconter sur nous dans ses interview. Quand le chanteur français moyen parvient péniblement à glisser sur son dernier album deux chansons pouvant être qualifiées de « pas mauvaises » Benjamin Biolay, lui, en sort vingt-deux dont pas une seule qui soit en-dessous de l’excellence. S’il faut vraiment détester l’auteur de ce Ton héritage à pleurer, c’est assurément plus pour l’insolence de son talent que pour une supposée arrogance oratoire.
Une insolence qui atteint son paroxysme lorsque l’on s’aperçoit au long des écoutes que La Superbe réussit la prouesse d’être tout à la fois une collection de chansons individuellement parfaites ET un édifice cohérent (ainsi chaque titre du second CD semblera-t-il répondre à un titre du premier, comme un écho déformé et envoûtant). Alors superbe… cet album l’est, sans le moindre doute possible. Et mélancolique. Et rageur. Tout de ruptures et d’envolées lyriques surprenantes (et poignantes), avec voix sur la brèche et arrangements à se damner. Après avoir longtemps été Ferry, voici Biolay définitivement devenu Roxy – cela pourrait difficilement déplaire. Et encore se paie-t-il le luxe de surprendre ! Car si certains artistes font de leur premier album une carte de visite de tous les registres qu’ils sont capables d’aborder, force est de noter que Rose Kennedy, il y a déjà une presque décennie, ne nous préparait pas à cela. N’indiquait en rien qu’on entendrait un jour son auteur s’ébrouer dans un trip discoïde (Assez parlé de moi… ce à quoi l’on répondra volontiers « raté ! »), alterner talk-over à la Gainsbourg avec une pop symphonique d’une rare élégance (La Superbe, véritable vaccin à la variété rock neo-classique récemment remise au goût du jour par Muse), gambader de new-wave (Prenons le large) en réminiscence tziganes (Tu es mon amour aurait pu s’appeler Thomas Dutronc ? Game Over)… Titre après titre, c’est comme si Biolay liquidait méthodiquement la concurrence hexagonale en allant chasser sur son terrain et humiliant successivement chacun des prétendants à la couronne. D’ailleurs regardez bien la photo ci-dessus ? Ça ne vous rappelle personne ? Mais si, bien sûr : le temps d’un album incroyable, Biolay s’est tout simplement transformé en Vincent Vega (7). Et le moins qu’on puisse dire c’est que son efficacité n’est plus à démontrer – une manière unique de pouvoir prétendre d’ici une dizaine d’année au costard de Bashung.
La Superbe, de Benjamin Biolay, édité chez Naïve
1. Ce n’est pas un hasard si cet article paraît aussi tard… un double album d’une telle richesse mérite – il nous semble – que l’on prenne le temps de l’appréhender plutôt que de verser dans la même promo bas du front que Biolay trouvait méprisable lorsqu’elle ne le servait pas. 2. Fléau longuement développé par notre camarade 3. Si je vous propose une standing-ovation devant votre écran je suppose que vous allez refuser ? 4. Le fadouille Renan Luce et son charisme de flaque d’eau s’en chargeront sans doute… 5. Pas que, soit… mais on conviendra que s’il est relativement fréquent qu’un bon groupe cartonne dans les pays anglo-saxons, cela reste un quasi-miracle au pays de Michel Drucker et de Daniela Lumbroso. 6. Rappelons qu’en 1971, Gainsbourg peinait à écouler dix mille exemplaires de son Melody Nelson ! 7. L’antihéros de Pulp Fiction, incarné par John Travolta.
http://culturofil.net/2009/11/05/la-superbe-benjamin-biolay/ |
|  | | Nine Admin

Nombre de messages: 8798 Date d'inscription: 03/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Sam 7 Nov - 17:10 | |
| LES SUISSES CRAQUENT POUR LA SUPERBE ! Programme musical RADIO SUISSE ROMANDEdimanche 08 novembre 2009 Le retour des Dandys Johanne Dussex nous révèle le nouvel album de Benjamin Biolay Le musicien français revient avec "La superbe"
On dit de benjamin Biolay que c’est un dandy, mais un dandy désabusé, râleur, agaçant. Le chanteur aux faux airs de Droopy vient de sortir un album salué par la critique. Une unanimité à laquelle il n’est guère habitué. Cet album est en fait un double CD comprenant plus de 20 chansons qui parlent de rupture, de solitude ou encore de dérive. Enregistré en Belgique, il est intitulé La superbe et il est notre grand air cet semaine. http://www.rsr.ch/la-1ere/airs-de-rien/selectedDate/07/11/2009/ |
|  | | Bridget

Nombre de messages: 1517 Age: 60 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Dim 8 Nov - 13:47 | |
| . Chronique : Benjamin Biolay - La Superbe (2009)
Tout le monde connaît Benjamin Biolay ! Ses quelques passages dans les médias l'inscrivent dans la grande tradition, initiée par l'Homme à la Tête de Chou, des chanteurs-provocateurs-têtes à claques à la française. Ajoutez à cela une réputation collant à la vision bien stéréotypée du "bobo", des "articles de fond" sur ses idylles sentimentales rédigés par la presse de salle d'attente médicale (aussi appelée "presse people"), et tout semble fait pour que Biolay devienne le péstiféré des mélomanes.
Mais cela ne doit pas faire oublier que Biolay est également un musicien, et qu'il sort cette année son nouvel opus.
Et le moins que l'on puisse dire est que Benjamin n'est pas radin : La Superbe est un double album, dont le single éponyme était déjà disponible en téléchargement libre, pour peu qu'on le demande gentiment au site web du chanteur. "Quoi ? Un double album ? Trop long ..." s'exclame M. Pop, qui sait que marier quantité et qualité constitue généralement une gageure, bien qu'il soit également fan de l'ami Biolay. Donc qu'en est-il de cet étrange objet ?
Eh bien, si Biolay a passé une bonne partie de ses interventions médiatiques à tenter de flinguer la "Nouvelle Chanson Française Télérama-France Inter" (son fameux "la chanson française me débecte"), il y parvient de façon bien plus pertinente en une bonne vingtaine de titres, tous plus bluffants les uns que les autres.
Le morceau donnant son titre à l'album constitue d'entrée de jeu ce que Biolay faisait de mieux jusqu'ici : arrangements de corde délicats et lancinants, discrète partition d'un piano pourtant omniprésent, bref, le sommet de la symphonie pop biolaysienne qui synthétise assez bien tout ce qu'on avait adoré de lui depuis son premier album Rose Kennedy.
Cependant, Biolay impressionne cette fois par sa capacité à se réapproprier des influences qui semblent parfois attendues, et d'autres fois totalement insoupçonnées.
Ainsi, Night Shop est un hommage le plus vibrant à Bashung : le chant, le rythme et la symphonie évoquent une Fantaisie Militaire jamais entendue, ce qui constitue un plaisir forcément déléctable. De même, Miss Catastrophe conjugue l'influence tutélaire conjuguée de Gainsourg et Bashung : paroles aux sonorités dures et cruelles de l'un, mêlées à une mélodie aux nuances claires-obscures amères de l'autre. A l'opposé, l'artiste s'offre des incursions new orderiennes surprenantes et réussies (Si Tu Suis Mon Regard, Prenons le Large, Assez Parlé de Moi), des hits potentiels que la maisons de disque a pu s'offrir le luxe de ne pas proposer en singles. Mais ces influences plus ou moins prégnantes ne font pas oublier que Biolay reste Biolay.
En effet, s'il est des aspects de l'oeuvre du compositeur qui n'ont pas disparu avec le changement de maison de disque opéré avant la sortie de ce nouvel album, c'est bien la noirceur, la colère et la mélancolie (votre serviteur a d'ailleurs eu le courage insensé d'écouter l'album en entier lors d'un week-end pluvieux, ce qui est fortement déconseillé).
Ainsi, soucieux de racheter son image de "mauvais garçon", l'artiste apporte sa modeste contribution au débat national initié par M. Besson (mais si, vous savez bien, "c'est quoi, être français ?"), en livrant une radiographie concise et cinglante de notre société, expédiée en une trentaine de vers, ironiquement intitulée Sans Viser Personne. Sa réponse est simple : "Déçu de nous, déçu de tout.". Tout y est dit avec un minimum d'effets, avec une finesse toute relative, mais avec une parfaite élégance. Entre la ballade naïve et suicidaire 15 Août, au climat sonore lourd évoquant le déjà regretté Jacno, et le résumé glacé d'une relation amoureuse, mis en musique avec Jeannne Cherhal dans Brandt Rhapsodie, Biolay s'enfonce plus encore dans les tréfonds de son égo torturé. Les petites lâchetés et rancoeurs inhérentes à beaucoup (toutes ?) d'histoires sentimentales sont décrites sans concessions (Tout ça Me Tourmente, Jaloux de Tout), enrobées parfois par des sonorités d'une douceur ironique toute smithienne. Probablement le moment le plus émouvant de l'album, Ton héritage est une mélodie dédiée à la fille du chanteur, emplie de bout en bout d'un optimisme totalement désespéré.
L'album se clôt par le morceau de facture plus classique mais délicate, 15 Septembre, histoire d'une rupture mélancolique qui s'achève par des paroles constituant une variation du morceau introduisant ce même album (La Superbe) , un petit gimmick idiot mais délicieux, tant il conforte le sentiment global de cohérence apporté par le double CD.
Avec La Superbe, Biolay semble commencer à s'imposer comme le potentiel "futur patron de la chanson française : son écriture s'est encore affinée (l'influence de la poésie des textes de Bashung) sans qu'il ne renie ses thèmes de prédilection, la tonalité globale de sa musique s'est encore assombrie et des fulgurances pop anglo-saxones traversent de part en part un album d'une richesse surprenante.
La Superbe est une définitivement drogue dure : vénéneuse et hautement addictive.
M. Indie
http://rawpowermagazine.blogspot.com/2009/11/chronique-benjamin-biolay-la-superbe.html
Dernière édition par Bridget le Sam 14 Nov - 11:38, édité 3 fois |
|  | | Nine Admin

Nombre de messages: 8798 Date d'inscription: 03/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Mar 10 Nov - 12:03 | |
| Biolay sur les pas de Gainsbourg
Par Sacha Reins Le Point  Benjamin Biolay revient avec son nouvel album "Superbe" © Claude GASSIAN Le nouvel album de Benjamin Biolay, franc-tireur méprisant le politiquement correct, s'intitule Superbe
Cette superbe n'est qu'apparente, car derrière ses 23 chansons réparties sur un double CD, doutes et tourments font leur oeuvre. On pense à Gainsbourg pour la noirceur exprimée avec l'arrogance qui cache les grands mal-être. Le point de départ de cet album fut une rupture, celle avec sa maison de disques. Ce n'est pas lui qui est parti, mais elle qui lui rendit son contrat. "Je l'ai très mal vécu", avoue-t-il. Biolay a trouvé refuge chez Naïve, le plus farouche des indépendants qui, en ces temps de crise, a accepté l'incroyable : le laisser faire un double album. "Techniquement, dit Biolay, tout pouvait tenir sur un seul CD, mais j'ai voulu séparer les chansons qui appartenaient à des univers différents." Le premier CD se termine sur "Brandt Rhapsodie", où la trajectoire d'un couple, de la mise à feu exaltée à l'implosion finale, est racontée à deux voix (avec Jeanne Cherhal) au travers des Post-it que le couple se laisse sur le frigo. "Nous avons chacun écrit nos propres textes avec interdiction de censurer l'autre", explique Biolay. L'album est en tête des ventes. Comme, désormais, il fait aussi l'acteur, dans un mois sortira son nouveau film : La Meute , de Franck Richard, un film d'horreur gore dans lequel il est un zombie dégénéré white trash. Voilà ce qui arrive quand on pousse à bout un grand romantique. "Superbe" (Naïve).
Dernière édition par Nine le Mer 11 Nov - 13:43, édité 1 fois |
|  | | liliane Admin

Nombre de messages: 8844 Age: 61 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Mar 10 Nov - 15:55 | |
| Benjamin Biolay - "La superbe"
Posté par Les Superbes le 2009-11-04 19:30:08
Ton héritage… Commençons cet examen minutieux du nouvel album de Benjamin Biolay en évoquant son disque précédent, Trash Yéyé, un album particulièrement noir avec ses tonnes de chansons trash et bien dégueulasses, ses mots blessants et acérés mais aussi forcément des vérités poignantes et des tonnes d’émotions (du rock aussi). BB s’y lâchait total, poussait sa voix comme jamais et c’était jubilatoire en partie d’ailleurs via cette absence totale de retenue dans cette noirceur, ce sexe, ces mots. Il est important d’évoquer cet album parce que celui-ci suit le même chemin du côté des thématiques, des sujets pas particulièrement guillerets (on en reparlera) mais dans une veine tout de même plus soignée et accessible. Les puristes y verront peut-être un formatage mais c’est aussi et surtout une manière de toucher un public plus large sans le brosser forcément dans le sens du poil auditif. L’observatoire… « La Superbe » donc, voici un album long en bouche, 22 titres dans lesquels il est aisé de se perdre (surtout à l’heure du zapping aléatoire et de la shuffleisation de l’écoute), un double album comme son second disque « Négatif » (souvenez-vous des merveilles « Little Darlin’, et Chaise à Tokyo »), une abondance d’univers musicaux sous la multiple couche d’instruments (une habitude chez BB) qui nécessite du temps pour y trouver sa route bien que, petit à petit, chaque titre ou presque finisse par s’imposer et dessiner le chemin en chaque auditeur. Notons que la notion de double-album vaut pour son versant « physique », la version digitale proposant elle les 22 titres de manière indissociables, disons aussi que les deux disques sont liés l’un et l’autre et forment un grand tout (une chanson comme « 15 août » sur le premier et une autre comme « 15 septembre » sur le second par exemple). La métaphore de la promenade est ici de première pertinence, on se promène au fil des titres entre des ambiances automnales ou crépusculaires, là où il pleut des (superbes) cordes sur un narrateur/chanteur revenu de tout et surtout de lui-même (le titre introductif "La superbe", "Ton héritage" ou le définitif "Brandt Rhapsodie" pour citer les plus mémorables), et des tempos plus altiers (et non légers) où des sonorités plus anglo-saxonnes émergent (si tant est que la basse ronflante soit une trademark uniquement estampillée british). Ainsi le morceau éponyme qui ouvre le disque un peu comme « Le brasier » ouvrait un album d’Etienne Daho, ce solennel teinté d’amertume et de mélancolie absolument sublime (même si pour les différencier on dirait volontiers que Daho ne peut s’empêcher de chanter en se dodelinant même doucement là où Biolay lui donne toujours l’impression de chanter assis). Car si Biolay peut agacer par moment dans sa manière de dire les choses (on se souvient de cette interview néo-rebelle à Teknikart par exemple) il est évident qu'il possède un immense talent de mélodiste et d'arrangeur. Toutes les musiques de ce double album sont ainsi presque exemplaires, chacune dans son propre style (de la pop altière au tempo piano jazz en passant par des chapes de violonneries ou des petits riffs de guitare du meilleur gout) , il semble arriver ici et bien plus que sur ses précédents disques à une certaine maestria (on ne dira pas maturité tant ce mot fait horreur et semble signifier davantage un pourrissement à venir qu'une apogée momentanée) musicale et trône en tous les cas à des hauteurs peu atteintes au sein de la pop hexagonale (on dira aussi "variété française" dans le sens le plus noble du terme). Si les styles éclatent il en va de même pour les références, non pas à entendre du côté des « comme si… » mais plutôt du voisinage et du cousinage. Quelques éléments du dossier ? Et bien cette ambiance très Forestière à la Cure sur « Prenons le large » (à moins que ce ne soit un écho lointain aux premiers U2 ?), le superbe « Jaloux de tout » qui pourrait être la meilleure chanson de Sébastien Tellier si celui-ci s’attachait un jour à écrire des paroles dignes de ce nom, ce « Buenos Aires » étonnant qui sonne comme un reggae Gainsbourien salopé par Manu Chao (difficile d’imaginer deux chanteurs plus dissemblables que Biolay et Chao). Toujours et encore également une efficacité pop d’ensemble symbolisée peut-être par la classe d’un « Si tu suis mon regard », cette ambiance à la Renaud Paravel sur « Miss Catastrophe » (quelle sublime musique !) ou encore une mélodie proche de l’univers développé par Bruno Maman sur son dernier album à l’occasion de « Tu es mon amour ». On insiste sur le fait que ce n’est là la preuve de nul emprunt mais simplement un cousinage fécond. Ce maelstrom musical toujours pertinent et jamais gratuit qui rend le disque magistral et rappelle combien Biolay à travers toute cette diversité fait avant tout et surtout du Biolay. Regarder la lumière… Car cette diversité des styles (que l’exercice du double album favorise) n'est en rien synonyme d'armée mexicaine en grande partie de par le chant de traîne de Biolay, sa singularité comme sa limite, ce chant qui évoque le Gainsbourg parlant-récitant des années 70 (et non celui "chantant" des débuts) et qui colle aux mélodies le plus souvent avec bonheur (mais pas toujours). On cite Gainsbourg mais on pourrait aussi citer aussi Dominique A ou bien Jean-Louis Murat, bref ces adeptes du parlé-chanté (ici majoritaire), ce fameux "sprechgesang". Cette voix qui chante des mots souvent amers. Les thématiques développés ici comme auparavant sur ses albums peuvent finalement se résumer aux questions suscitées par la temporalité et la finitude : Finitude des corps, des vies et des êtres tout d’abord mais aussi finitude d’un amour, d’un désir, d’une pulsion. Ces textes qui ciblent le plus souvent ce fil temporel qui est le nôtre à travers l’idée d’un inéluctable déclin, celui des corps mais aussi de l'amour et puis la mort au bout du chemin. On pense là-encore et plus que jamais à Gainsbourg (cette phrase surtout « L’amour physique est sans issue ») mais aussi à Miossec, cet éditorialiste de la rubrique des amoureux écrasés d'autant que certaines facilités sémantiques rognent par moment un enthousiasme par ailleurs survolté ("La toxicomanie", mouais). On pense à l’un (surtout) et à l’autre (bien plus brouillon et moins subtil que Biolay), on peut éventuellement parler d’héritage (difficile de faire de la pop ou de la chanson française par chez nous sans y trouver la trace de Gainsbourg) mais petitement et surtout pas en en faisant une synthèse paresseuse et fallacieuse sur les questions de filiation consanguine (qu’est-ce que ça aurait été si Biolay avait dragué Charlotte et non Chiara d’ailleurs, Lou aussi d’ailleurs). Non BB n’est pas l’Héritier (avec un H majuscule) d’un Gainsbourg ni même d’un Bashung ou encore d’autres de ces compatriotes. Bashung affichait déjà plus de 60 printemps à l’heure de sa mort, Gainsbourg aurait plus de 80 ans aujourd’hui, sans leur faire la moindre injure on peut tout de même dire que de l’eau a coulé sous les ponts et le monde dans lequel ils sont nés n’est pas celui de la crise économique et climatique et de la mondialisation de ces crises qui ont vu naître BB. Le monde entier, comme un gigantesque tsunami, est passé par le territoire hexagonal (avec 15 ans de plus, Etienne Daho le savait déjà). Alors des figures tutélaires sans doute, des ombres voraces sûrement pas. Wake up ! On peut aimer nos vieux sans faire des fixettes annihilantes pour les 15 générations qui vont suivre. On souhaite simplement à Biolay de ne pas se transformer à son tour en un cynique « Biolard» surtout que le risque existe, compte tenu de sa consommation d’alcool, de l’aveu même de l’auteur (cf. la pochette de Trash Yéyé). Cette posture du dandy cynique et désabusé est sans doute l’écueil principal que devra éviter Biolay à l’avenir. Mais revenons à cette Superbe. Ce qui émeut paradoxalement chez BB c’est aussi sa timidité (comme chez Gainsbourg d’ailleurs tiens mais chut, oui ca ne sera pas facile de résister à la tentation du calque, il le faut pourtant). Voilà ce qui donne plus de force encore à cet album, son élégance, sa profondeur. Voilà un type ultra doué, empêché par sa voix pas puissante (sauf quand il la pousse, et il faut qu’il la pousse parce qu’alors elle est terrible), par ses névroses multiples, son obsession de l’échec, sa célébrité people, sa fausse image de faux garçon rebelle gendre idéal ayant viré au queutard, et qui l’air de rien, vous emmène très loin, sur des chemins inédits, inattendus, inouïs. Brandt Rhapsodie… Et puis en bout du premier disque il y a ce « Brandt Rhapsodie », une chanson touchante comme rarement. On peut certes dire que c’est avec le magnifique « Ton héritage » que Biolay réussit le passage de l’instant classic et de la chanson éternelle de par sa thématique et la profondeur de sa musique mais c’est avec cette idée de départ toute bête (vous pensez, l’histoire d’un couple de sa naissance à sa mort racontée via des petites notes laissées à l’un pour l’autre au fil des jours, des phrases d’amour et de désir du début aux textos en mode SMS de fin, des sentiments dévoilés dans l’instant de leur ressenti jusqu’à l’énoncé froid des « tâches » à accomplir) mais d’une justesse incroyable. Une chanson touchée par la grâce (et ce jusqu’à son titre). Biolay a étonné quand il a avoué que cette chanson était en fait une parodie de toute ces chansons pour bobos et ces ritournelles qui cherchent à faire swinger le quotidien le plus asphyxiant. La présence de Jeanne Cherhal déjà comme voix féminine accrédite cette thèse d’autant qu’on peut dire aussi qu’on tient là une version trash du « 4 murs et un toit » de Benabar (Benababar de son vrai nom, un mix entre Ben Arfa et Babar c’est vous dire le niveau) mais la circonspection reste tout de même de mise devait pareil propos. Déjà ce côté pudique ou timide qu’il développe par ailleurs peut faire pencher cette déclaration du côté du masque de la pudeur, aussi et surtout il est difficile d’imaginer que Biolay montre aussi peu de respect pour son public sans compter que c’est là un terrain d’interprétation sans doute trop familier. Le sens parodique existe peut-être mais ce n’est sans doute pas là la visée principale de l’objet. On peut creuser d’ailleurs la question en suivant une piste plus intéressante et plus gratifiante : celle de son ambiguïté perpétuelle entre "grandes idées" et "ancrage dans le quotidien", cet appel à l'identification ou son éternel retour à l'idée qu'on est tous confrontés aux mêmes démons du quotidien. S'il y a parodie, c'est alors peut-être une parodie de lui-même, une sorte d'autodérision délicate. Billy Bob a raison…. Vous l’aurez sans doute compris, Benjamin Biolay réussit avec « La Superbe » et d’assez loin son meilleur travail et sans doute l’un des disques les plus impressionnants depuis longtemps (le Rio Baril de Florent Marchet ou bien encore le plus récent Cristal Ballroom de Babx mais ces deux superbes disques opèrent finalement dans une veine bien plus étroite musicalement parlant que cette Superbe). Il vient de réaliser ici une sorte de petit livre (disque?) blanc de la pop à la française. Une sorte de bréviaire qui pourrait à la fois symboliser cette élégance pop française (de Gainsbourg à Daho en passant par des noms moins reconnus) comme servir de guide aux futurs apprentis sorciers de l'arrangement qui tue et du texte définitif. Un superbe disque de variétés à la française, dans le sens le plus noble du terme, l’occasion de citer aussi Arthur H, cet autre sorcier auquel Biolay ici se rapproche non pas du point de vue du résultat mais du côté de l’exigence et de la créativité manifeste d’un album à l’autre. La sensation, que nous partageons tous à Culturopoing (enfin une large partie), et nous ne sommes pas les seuls, d'être face à un disque qui marquera non seulement son époque mais les décennies à venir. Ce qui ne veut absolument pas dire qu'il se vendra bien, d'ailleurs. C'est peut-être en ça qu'il se rapproche le plus de Gainsbourg, tenez... D’autant qu’on a du mal à ne pas penser que tôt ou tard Biolay nous fera un complexe lui aussi sur la "petite musique" pop au vue de sa formation classique et de ses immenses connaissances en la matière (sa peinture à lui ?). Il n’est pas facile de se défaire d’un penchant d’accointance par trop forcée avec le grand Serge qu’on prête abusivement à Benjamin Biolay. C’est juste qu’il n’est pas fréquent d’écouter pareil disque capable d’un aussi grand écart musical sans jamais perdre grâce et fulgurance. La dernière fois ça devait peut-être se passer du côté de Montréal en 1976 et puis parce que ce n’était pas de la musique, c’était une certaine Nadia Comaneci, un perfect 10. http://culturopoing.com/Musique/Benjamin Biolay La superbe -2531
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|  | | Bridget

Nombre de messages: 1517 Age: 60 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Mer 11 Nov - 0:52 | |
| Chronique album Benjamin Biolay pour Bakchich 08 novembre 2009
Benjamin Biolay sort un bijou double, «La Superbe", à ranger à côté de « Histoire de Melody Nelson », pour faire «La Superbe Histoire de Melody Nelson"
Il y a des grandes gueules comme Jean-Louis Murat qui sortent de bons disques et il y a des petites gueules qui sortent des disques géniaux. Ce double, «La Superbe", est une œuvre d’Art, un chef d’œuvre (avec pourtant Jeanne Cherhal dedans, je vous raconte pas l’exploit), la gélatine gonflée du négatif de la vie poétisée. L’esprit de Philippe Léotard n’est pas loin.
C’est bien simple, cet album est LE seul actuellement qui vaille d’être écouté si on veut comprendre ce que c’est que d’être vivant : un carrefour de vibrations mélancoliques, de bords de mer échoués dans nos affects, des cuivres tragiques, des arrangements cinématographiques (le long plan séquence textuel de « Brandt Rhapsody » - correspondance d’un couple, de la naissance du désir à la fin de la relation, noyée dans les habitudes du quotidien -, sublime et paralysant).
Benjamin Biolay a bâti le triptyque d’une vie d’artiste avec ses albums « A l’origine », « Trash yéyé » et «La Superbe". Et il a une fois encore enregistré une chanson parfaite : « Night shop ». Qui a dit que la perfection, cette chose non subventionnée, n’existait pas ?
Heureusement, « La superbe » existe maintenant. Voilà ce qui restera de la chanson française quand elle sera élaguée de tout le purin contemporain - ce purin d’idéaux où tout fabrique des sots comme dirait Murat -, long travail que seul le temps peut effectuer.
Quelle aventure, « La superbe » ! Disque à l’intelligence des sens, des mots, des climats, des mélodies, « 15 août », « 15 septembre », la boucle conceptuelle est bouclée, le Beau est en boîte. Biolay peut mourir (« le plus tard possible » selon l’expression consacrée de Thierry Roland).
Grâce à lui, Johnny c’est fini, la mafia des bons sentiments qui gangrène ce petit monde de la chanson française vient de se prendre le coup de boule qu’elle mérite. On le sait, les politiques ne démissionnent pas en France, quels que soient les faits qui leurs sont reprochés. Cette arrogance aussi gangrène le pays. Et les autres chanteurs, que vont-ils faire maintenant que ce disque est sorti ? Vont-ils avoir le courage de démissionner ? De se retirer, de nous foutre la paix, de laisser l’espace radiophonique et télévisuel à Biolay, qu’on respire enfin, comme semble nous y inviter le visuel de l’album. D’ailleurs, que voit-on sur cette pochette : le grand soir sur la morne plaine ensablée (si si, regardez bien). Suivez le guide Biolay, on y est presque !
http://aurayoncd.canalblog.com/archives/2009/11/08/15724858.html
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|  | | Bridget

Nombre de messages: 1517 Age: 60 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Mer 11 Nov - 18:36 | |
| Benjamin Biolay chante les liens du sang 11/11/2009 – 16h00 PARIS (NOVOpress) –
Les esprits chagrins s’interrogeront sur le manque d’identité du nouvel album de Benjamin Biolay, « La superbe », tant les influences et styles musicaux sont mélangés : Michel Legrand, The Smiths, New Order, Chet Baker ou même Manu Chao.
Les autres salueront l’éclectisme parfaitement maîtrisé de ce double album. Et ils n’auront pas tort. Benjamin Biolay, un auteur-compositeur très doué mais aussi agaçant avec ses poses de dandy arrogant, sa mine boudeuse, un look faussement négligé et des appels du pied obsessionnels à Serge Gainsbourg.
Mais quelle voix ! Quelle efficacité mélodique ! Et des textes qui ne laissent pas de marbre. Sur « Ton héritage », l’interprète de Rose Kennedy chante les liens du sang, le caractère incontournable de l’hérédité, l’importance des racines : « C’est ta chair, ton sang, il va falloir faire avec ou plutôt sans », s’amuse Benjamin Biolay.
En 2005, sur son album « A l’origine », le natif de Villefranche-sur-Saône (Rhône), réalisait une formidable saillie contre le capitalisme en général et la société de consommation en particulier. La chanson « L’appât » ne laissait aucun doute sur la cible : « Toutes les promesses qu’on nous fait sont des fables. On est sobre à la tâche mais on exécute. Toutes ces caresses pour mieux nous faire les poches, nous tenir en laisse ». Le morceau se termine sur une voix enfantine répétant en boucle : « Ferme ta gueule et passe à la caisse ». Tout est dit. Superbe.
http://fr.novopress.info/38550/benjamin-biolay-chante-les-liens-du-sang/
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|  | | Nine Admin

Nombre de messages: 8798 Date d'inscription: 03/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Jeu 12 Nov - 2:59 | |
| SUPERBE
signifie aussi Qui est imposant, qui a belle apparence, qui présente de la grandeur, de la magnificence, de la somptuosité.A trop voir des stars d'un jour dépourvues de talent sortir une série d'albums indigestes, on se demandait s'il existait encore en ce bas monde, des virtuoses capables de créer en quelques notes, une flopée de titres sublimes. En France, on a trouvé cette alternative inespérée à la soupe ambiante en la personne de : Benjamin Biolay.  Quelle aventure ! la Superbe, s'il n'en restera qu'un ... çà sera celui là ! On reste Dieu merci à la merci d'une étincelle. Non seulement Benjamin Biolay a ramené la Chanson Française à sa juste place, mais il a inspiré, réveillé la plume des critiques, engourdis et anesthésiés par le néant des robinets à musiques qui se répandent dans l'océan de la médiocrité.
Je réserve encore un peu ma vague personnelle, juste encore un peu d'écume ici ou là, de la dentelle sur une étincelante noirceur il faut du temps, des heures , pour "flairer la flamme singulière"et gagner la Superbe.
nin@rtmony
"La mission suprême de l'art consiste à libérer nos regards des terreurs obsédantes de la nuit, à nous guérir des douleurs convulsives que nous causent nos actes volontaires." Friedrich Nietzsche, 1883
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|  | | Nine Admin

Nombre de messages: 8798 Date d'inscription: 03/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Jeu 12 Nov - 4:14 | |
| BENJAMIN BIOLAY - La Superbe Depuis "Trash Yéyé", Benjamin Biolay s'est affranchi des postures et des jugements. Il revient plus en verve que jamais avec ce double album concept qui s'étire du "15 août" au "15 septembre" et puise dans la matière autobiographique. Avec ce disque pieuvre, Biolay ne se réinvente pas, au contraire, il creuse la veine de son style désabusé jusqu'à parvenir à la substantifique moelle. Des recettes et alors ?
Biolay est devenu un auteur époustouflant qui manie la langue avec brio, alternant rimes riches et rimes pauvres, langage parlé et langage châtié, élégance et vulgarité. Une langue qui charrie des flots de sentiments contraires sur un timbre pâteux de gros fumeur. Une langue déliée, dialogues fleuves d'un film sans images et sans happy end au bout.
Et puis Biolay exhibe crânement toutes ses qualités de démiurge musical qui embrasse tous les styles : chansons orchestrées au millimètre (à la mode Jean-Claude Vannier), pop-songs anglophiles, ballades jazzy flippées, spoken words hallucinés. Son disque a de la gueule malgré sa gueule de bois et sa sainte trilogie ressassée (fantasmes, fantômes, fêlures). Exercice d'impudeur pudique creusant les sempiternels thèmes chers à sa plume, au hasard la morsure du temps qui passe, les amours contrariées, les chroniques urbaines sous Prozac. Vingt-deux chansons, c'est forcément trop, d'autant que le disque n'évite ni la redite, ni le pilotage automatique sur le deuxième volet mais quelle profusion quel appétit, quel souffle aussi ! Aimerait-on autant Fellini sans ses outrances et ses outrages ? Pareil pour Biolay toutes proportions gardées. Ces chansons débordent du cadre, dégueulent de vie, donnent des coups de menton arrogants pour au final exhiber tous les méandres d'un cerveau en vrac. Des chansons qui se paient le luxe de rejouer la Comédie Humaine dans un Paris du XXIe siècle avec les meilleurs chapitres qui ont pour titre "La Superbe", "Miss catastrophe", "Brandt rhapsodie" en duo avec Jeanne Cherhal, "Tout ça me tourmente", "Ton héritage". Voilà où le musicien acteur a hissé la barre pour ce cinquième album, faisant loin devant la course en solitaire. Et puis, Biolay l'acteur se taille dans ce disque un rôle sur mesure. Celui de la belle gueule déchue qui se met minable pour les beaux yeux de la plus jolie fille du bal.
Forcément pathétique et superbe.
Luc Taramini Popnews |
|  | | Bridget

Nombre de messages: 1517 Age: 60 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Jeu 12 Nov - 23:02 | |
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Interview Exclusive : Booba / Benjamin Biolay, ni putes, ni soumis .
Surprise. Entre booba, tête de gondole tatouée du hip-hop français décomplexé et Benjamin Biolay, icône bobo à cheveux longs et fine fleur de la chanson à textes, il y a un point commun qu’on ne soupçonnait pas : le rap. Un métier pour le premier, une passion pour le second. Rencontre interculturelle à Boulbi, entre deux lascars insoumis et forts en gueule. (Interview à lire dans le Rap Mag≠56)
http://www.rapmag.fr/news/interview-exclusive-boobabenjamin-biolay-ni-putes-ni-soumis
Vous semblez vous connaitre, ou et quand vous etes – vous rencontrés pour la première fois ?
Benjamin.B : On s' est croisés une fois seulement à Houston, en 2006, à l' occasion du premier All Star Game auquel participait Tony Parker.
Connaissez – vous chacun la musique de l' autre ?
Booba : Pas très bien pour ma part, je dois l' avouer.
Benjamain.B : Moi, je connais très bien ce que fait Booba. Je le suis depuis ses débuts, pratiquement. Il y a quelques années, je travaillais dans un studio ou Geraldo ( ex – Time Bomb ) faisait les sons des X – Men et j' aimais bien aller écouter les séances d' enregistrement. Il était d' ailleurs mon voisin dans le 20ème arrondissement. Geraldo m' a dit " si t' aimes les X – Men, il faut que tu écoutes Lunatic ". J' ai donc découvert Booba, d' abord via Lunatic, et plus précisement le titre " La Lettre ", un morceau qui m' avait retourné à l' époque. On dirait de la littérature russe, du Alexandre Soljienitsyne.
Booba : J' aime aussi beaucoup ce texte – là.
Benjamain.B : Il est vraiment très beau. Ce n' est pas un texte habituel sur l' enfermement. Le mec parvient à prendre de la hauteur alors qu' il est incarcéré. Il faut etre brillant pour arriver à ce résultat.
UNE LIBERTE DE PROSE
Benjamin, à quand remonte ton premier contact avec le rap ?
Benjamain.B : Le premier titre que j' ai entendu, ça devait etre " Fuck Martinez ", du 2 Live Crew. Je viens de la banlieue lyonnaise donc, forcément, le rap était omniprésent. C' était notre musique. J' adorais aussi les Beatls mais je ne le disais pas, je les éccoutais en cachette.
Qu' est – ce qui te plait tant dans cette musique ?
Benjamain.B : Tout. Le beat et le texte. La liberté du rappeur. Dans la chanson française, nous sommes des paroliers, tandis que les rappeurs sont des auteurs. Nous, on a trois minutes avec des pieds de musiques à suivre pour faire notre truc, tandis qu' eux n' ont pas de format. " La Lettre ", par exemple, est un titre hors – format. Cette liberté de prose devrait influencer la chanson française d' ailleurs, mais comme ils n' écoutent pas ... J' aime les mots donc forcément je me retrouve dans le rap. Je me souviens avoir reçu une gifle dès la première fois que j' ai entendu les rimes de Nas.
Toi Booba, as – tu une culture chanson française ?
Booba : Quand j' étais petit, je n' avais pas le choix, il n' y avait que ça à écouté. J' ai grandi avec Desirless et Jean Jacques Goldman. J' ai surtout été marqué par Renaud et ses images. En l' écoutant, j' avais l' impression de voir un film ou de lire un BD. Je me souviens notamment du titre " Marche A L' Ombre " qui m' amusait. C' était vraiment bien écrit, il utilisait un argot bien à lui.
Benjamain.B : Il y avait aussi une réalité sociale dans ses textes.
Booba : C' était le loubard en Perfecto qui trafiquait sa mobylette.
Benjamain.B : La caillera de l' époque, quoi.
Aujourd' hui, gardes – tu encore une oreille sur ce qui se fait en chason française ?
Booba : Non, pas vraiment. J' entends certaines choses, je sais reconnaitre un Cabrel ou un Brel mais je ne vais pas écouter de moi – meme. Mais quand j' entends j' entends ces artistes, je me dis " le mec est balaise, quand meme ".
Benjamin.B : C' est ce que j' aime chez les rappeurs : quand ils écoutent des artistes de la chanson française, tu peux etre sur que c' est de la qualité. Ils sont sensibles aux textes bien écrits. C' est sain. Tout le monde devrait écouter uniquement des chansons ou l' écriture est soignée.
Benjamin, tu disais précédemment que la chanson française devrait s' inspirer des rappeurs français ...
Bbenjami.B : Bien sur ! Elle a la chance d' avoir à coté d' elle une scéne hip -hop de qualité. Quand je visite un pays, je demande toujours les disques de rap et parfois il y en a pas. En Argentine, il n' y a aucaun rappeur, par exemple. Nous, on en a et en plus ils sont brillants pour la plupart. Profitons – en.
LE RAP, CE MAL AIME
On sent presque un certain mépris de la part de la chanson française à l' égard du rap hexagonal ...
Benjamin.B : En fait, ils n' écoutent meme pas ce qui se fait. Le mépris émane d' une certaine partie de la chanson française, super conservatrice, qui veut faire plaisir à papa quand elle fait un disque. Mais meme Elvis voulait choquer sa mère quand il faisait un album.
Booba : Moi, ma mère ne m' écoute pas.
Benjamin.B : Oui, j' imagine bien. Meme si tu dis la vérité dans tes titres, elle n' a pas envie de l' entendre.
Booba : En fait, non, c' est jusqte qu' elle est trop émotive, elle n' arrive pas à m' écouter.
On a la sentiment que la chanson française ne reconnait pas les talents d' écritures de certains rappeurs ...
Benjamin.B : Elle ne veut pas de ces rappeurs, c' est tout. Ca se saurait n' était pas un pays raciste. C' est du racisme éthnique, social et culturel. C' est atroce. Je me souviens qu' une fois, aux Victoires De La Musique, quand le 113 est arrivé, les mecs bouclaient tous leur loge. C' était ridicule.
Booba : On n veut pas nous donner la place qu' on mérite. C' est bien pour ça que j' ai fais la Star Academy. A la fin de l' émission, les mecs m' adoraient, n' ont pas césser de me remercier. Je voulais leur montrer que j' étais un artiste du meme titre que Johnny. C' est du rap mais avant tout de la musique. Je suis un professionnel. Je vends des diques, j' ai un label, des avocats, un comptable et surtout, un cerveau, Je ne fais que pisser dans les loges ou devaliser celle du voisin. Si tu m' invites, je viens faire le boulot. Je suis poli, je dis " bonjour " et " au revoir " comme tout le monde.
Benjamin.B : Surtout que le mec impoi qui pisse dans la loge n' est pas forcément celui qu' on imagine ...
Booba : Il faut admettre aussi que les rappeurs ont contribué à nourrir cette image d' eux – meme. On a aussi foutu la merde. J' ai vu des trucs, j' en ai fais aussi et je peux comprendre que certains n' aient pas franchement envie de nous revoir. Mais si un rockeur a le meme comportement, ça passe.
Benjamin.B : Faut comprendre aussi qu' à son arrivée, le rap se faisait chier sur la gueule, sauf qu' à un moment, les mecs raflaient tous les disques d' or et faisaient vivre l' industrie. L' argent des majors servait au rap. Virgin était bien content d' avoir IAM. Alors forcément, le rap s' est un peu laché.
http://www.facebook.com/pages/B2oBa/90956335879?v=app_2347471856
LA SUITE ARRIVE ........ |
|  | | Bridget

Nombre de messages: 1517 Age: 60 Localisation: Paris Date d'inscription: 13/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Sam 14 Nov - 11:37 | |
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Initiales B. B.
par OLIVIER NUC
Longtemps, Benjamin Biolay a souffert de devoir correspondre à l'image que l'on avait de lui. Sophistiqués et précieux, ses premiers albums peinaient à retranscrire l'étendue des talents de ce mélodiste-arrangeur-parolier-chanteur d'exception.
Depuis A l'origine, en 2005, il affirme un style plus percutant, qui l'a définitivement distingué du tout venant de la nouvelle chanson française. Son dernier double album fleuve * atteste de la stature du bonhomme, à l'aise dans une multitude de registres, de la ballade au piano au morceau rock en passant par des ambiances électro et hip-hop.
L'album contient un duo sidérant avec Jeanne Cherhal, Brandt Rhapsody, qui écrase toutes les chansons « quotidiennistes » dont on nous rebat les ondes. Brillant.
http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2009/11/14/01006-20091114ARTFIG00073--initiales-b-b-.php
Dernière édition par Bridget le Dim 15 Nov - 15:35, édité 1 fois |
|  | | liliane Admin

Nombre de messages: 8844 Age: 61 Localisation: dans la galaxie Date d'inscription: 02/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Sam 14 Nov - 16:24 | |
| Il est le fils spirituel de l’homme à tête de chou 
Tout chez lui nous rappelle l’homme de la rue de Verneuil: de ses airs lunaires et taciturnes aux titres désenchantés de son dernier album, La superbe. Décryptage.
«L’influence est évidente dans l’attitude, dans la gestuelle, dans la voix: Benjamin a de Gainsbourg une certaine manière d’être et de chanter.» C’est Juliette Gréco qui l’affirme. Et la muse éternelle s’y connaît, elle a collaboré avec le grand Serge (il lui a écrit Accordéon ou La Javanaise), mais aussi Biolay pour son dernier album, Aimez-Vous Les Uns Les Autres Ou Bien Disparaissez (Polydor). Physiquement, d’abord, les apparences sont formelles: avec sa démarche patibulaire, sa tignasse en bataille et ses yeux bouffis pour cause de nuits blanches Benjamin pourrait sans problème se faire passer pour le fils de l’homme à tête de chou. Leurs parcours, ensuite, présentent d’étranges similitudes. Ultratimides à leurs débuts, Serge et Benjamin ont débarqué sous les feux de la rampe en garçons rangés, avec un look de jeunes premiers bien peignés, chantonnant Le poinçonneur des Lilas pour l’un, le mélodique Cerfs-volants pour le second. Après une crise cardiaque en 1973, puis par sa rupture d’avec Jane Birkin dix ans plus tard, Serge se déglingue.
Tout comme Benjamin après son divorce d’avec Chiara Mastronianni (qu’il avait épousé en 2002 et avec laquelle il a une petite Anna, six ans). Brisés, les deux chanteurs cassent leur image proprette. Gainsbourg devient Gainsbarre, joue la provoc sur les plateaux de télé en déclarant à Whitney Houston « I want to fuck with you » ou en brûlant un billet de cinq cents francs avec désinvolture. Benjamin, lui, compose le très sombre A l’origine et se montre de plus en plus antipathique, peu consensuel et misanthrope. Si ses interviews sont parfois censurées – suite à la relecture exigée par ses managers, comme cela a été le cas récemment pour la revue Technikart –, est-ce parce que son franc-parler n’est pas compatible avec la politique de sa nouvelle maison de disque, Naïve, qui est aussi le label de la première dame de France? Possible. Le bellâtre à la gueule de Benicio Del Toro n’est pas du genre à faire son cinéma. Même si le septième art est un autre point commun entre le musicien – meilleur acteur dans un second rôle, pour Stella, aux Césars 2009 – et son mentor, qui avait débuté sa carrière cinématographique dès 1959 dans Voulez-vous danser avec moi, de Michel Boisrond, aux côtés de Brigitte Bardot. BB dont il deviendra plus tard le Pygmalion après avoir connu la gloire, à travers France Gall, à l’Eurovision en 1965 grâce à Poupée de cire, poupée de son. Arrangeur chouchou de ces dames, il fera chanter, entre autres Isabelle Adjani, Jane Birkin, Vanessa Paradis et Joëlle Ursulle. Biolay, de son côté, explose en collaborant avec Elodie Frégé, victorieuse de la Star Ac 2 (ci-dessus), et, à trente-six ans, compte à son palmarès, outre Juliette Gréco, Keren Ann, Françoise Hardy, son ex-épouse, Chiara Mastronianni et… Jane Birkin. Tout comme Serge, Benjamin a été supposé vivre de belles aventures amoureuses avec la plupart de ses protégées. Rumeurs qu’il a toujours démenties. La surmédiatisation de son couple avec la fille de Catherine Deneuve n’avait pas soutenu leur collaboration artistique… A l’instar de celui formé par Serge et Jane. S’il se défend d’être l’élève de Gainsbourg - « Je l’admire énormément et je sais qu’il était infiniment plus brillant que moi », a-t-il déclaré à France Soir –, c’est pourtant vrai : que Benjamin Biolay le veuille ou non, il lui ressemble... lui non plus. Amélie de Menou Gala, novembre 2009 http://www.gala.fr/l_actu/on_ne_parle_que_de_ca/benjamin_biolay_le_nouveau_gainsbourg_191110# |
|  | | Nine Admin

Nombre de messages: 8798 Date d'inscription: 03/05/2008
 | Sujet: Re: LA SUPERBE Dim 15 Nov - 12:38 | |
| DOMINIQUE A EVOQUE BENJAMIN BIOLAY  ... extrait ... - Enfin pour terminer, une question rituelle : quels sont les disques et les lectures qui vous accompagnent en ce moment, vos coups de coeur ? En musique, « La superbe », de Biolay, sans doute appelé à devenir le « Fantaisie militaire » de cette décennie, « Actor » de Saint Vincent, et « Prince of truth », d’Evangelista. Au niveau bouquins, le superbe manga de Kamimura « Lorsque nous étions ensemble », graphiquement splendide et habité, « La vie meurtière » de Félix Valloton*, un roman très noir daté des années 20 sur l’histoire d’un homme qui porte en lui un principe de mort et provoque malgré lui le décès des gens autour de lui, un récit palpitant. ITV intégrale : encore un Artiste "rare". http://alter1fo.com/dominique-a-13211 *Felix Valloton le peintre : http://www.artmony.biz/les-peintres-f87/felix-valloton-rare-et-precieux-t2314.htm |
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