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 LA SUPERBE

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Nine
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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Sam 6 Mar - 10:56

POUR PATIENTER ET EN ATTENDANT ....
LA FRENCH TOUCH



LES VICTOIRES DE LA MUSIQUE 2010

Un doublé voire un triplé est possible pour Benjamin Biolay
qui a déjà été REVELATION DE L'ANNEE : ALBUM ROSE KENNEDY
et aussi en partage pour CHAMBRE AVEC VUE pour SALVADOR ...

*Souvenir 2001*

***
Ce jeune auteur-compositeur de 28 ans a du talent, comment en douter ?
Ses ainés dans le métier s'en sont rendu-compte :

il a déjà travaillé avec Hubert Mounier (l'ex-leader du groupe Luis Trio),
Ol (le nouveau protégé de Françoise Hardy),
et Keren Ann bien sûr, avec qui il avait déjà écrit et composé plusieurs titres
de "Chambre avec vue",
l'album qui a permis à Henri Salvador de faire
son grand retour sur le devant de la scène à 83 ans.

Il a pris son temps pour sortir son propre album, et quel album !
Benjamin Biolay a un syle à lui, qui ne ressemble à aucun autre.
En complicité avec Keren Ann, il nous offre des chansons agrémentées
d'arrangements du meilleur niveau.
"Les roses et les promesses" et "Les cerfs volants"
incluent même deux extraits des films américains "Some like it hot"
et "River of no return", interprétés par Marilyn Monroe.

Il fallait oser ! Et c'est réussi !
Cet album oscille entre nostalgie et modernité ;
il nous entraîne vers une histoire et des personnages sans âge,
des fantômes qui nous susurrent des mots doux à l'oreille.
Si vous vous laissez emporter, ces scénarios,
inspirés par l'histoire de la famille Kennedy, vous emmèneront là bon leur semble,
dans leur "coin de paradis" qui deviendra vite le vôtre !

Benjamin a le style "crooner du troisième millénaire", tout y est :

le charme de son interprétation faussement détachée,
ses arrangements de cordes qui s'envolent,
portées par les cuivres, le piano et les guitares.
Mélange de styles et d'inspirations, tout comme l'album
"La biographie de Luka Philipsen" de Keren Ann auquel Benjamin a participé,
ce premier enregistrement est une merveille de poésie.

Par le biais de cet album et de son travail pour d'autres en tant qu'auteur,
compositeur et/ou arrangeur, Benjamin Biolay
entre par la grande porte dans la cour de ceux dont
la musique française peut être fière.

***
(mercredi 29 août 2001)
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Bridget



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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Dim 7 Mar - 12:40




Le Parisien 7 Mars 2010


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Bridget



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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Dim 7 Mar - 15:42

.


Benjamin Biolay a estimé "un peu ahurissant" d'avoir d'avoir été récompensé à deux reprises samedi soir par les Victoires de la musique de l'interprète masculin et de l'album de l'année, ajoutant que c'est ce dernier trophée dont il est "le plus fier".
"Etre reconnu par mes pairs ne faisait pas partie de mes plans dans la vie", a confié le chanteur en coulisses.

"J'ai toujours suivi ma route comme j'en avais envie et finalement ce n'est peut-être pas la plus mauvaise façon", a-t-il ajouté, estimant que la Victoire de l'album de l'année est celle "dont (il) est le plus fier".

"Ca arrive dix ans après la Victoire de l'album révélation. En tant qu'artisan, c'est une grande joie d'avoir pérénnisé", a-t-il déclaré.
"Je vais bientôt avoir 40 ans, j'ai été assez torturé dans ma vie pour accepter les plaisirs quand ils arrivent", a encore dit Benjamin Biolay qui a proposé que la Victoire de l'interprète masculin soit renommée : "Victoire Alain Bashung de l'interprète masculin de l'année".


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Nine
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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Lun 8 Mar - 14:32

Le temps de la reconnaissance
pour Benjamin Biolay




«Je n'ai pas toujours été le gendre idéal de la chanson française.
Mais je pense que cette Victoire arrive au bon moment».
«Je n'ai pas toujours été le gendre idéal de la chanson française.
Mais je pense que cette Victoire arrive au bon moment».


On a espéré, samedi soir, au Zénith de Paris, tout au long de la longue soirée ...
des 25es victoires de la musique.

On a beaucoup espéré que Benjamin Biolay reçoive la victoire
de l'interprète masculin de l'année.
En soi, pas un trophée si important pour le chanteur,
qui se dit volontiers « anachronique » et plus apte à relativiser les choses
« à l'approche de la quarantaine »
qu'à l'époque où il pensait pouvoir « dire tout ce qu'il pensait ».

Mais il était temps que son immense talent soit reconnu par ses pairs.

On a donc bondi de joie deux fois lorsque cette victoire lui fut décernée,
puis celle de l'album de l'année.
Deux victoires incontestables, qu'il était prêt à apprécier.

extrait La voix du Nord
********************************

TOUT ARRIVE A POINT A QUI SAIT ATTENDRE !
Mais il était temps ...
Quelle aventure !

espérons que les fâcheux et les grincheux se rappelleront que
BENJAMIN BIOLAY
est avant un MUSICIEN et un AUTEUR
qu'il vend de la superbe Musique
et pas des colonnes dans la presse poubelle !
mais on est pas à une "abbération" près
nous en avons des cosmiques et des chromatiques ..

*En optique géométrique :
l'aberration chromatique désigne une aberration optique qui produit une image floue
et aux contours irisés,
effet provoqué par la décomposition de la lumière blanche
en plusieurs bandes de couleurs.

A nous de garder la bonne vision.

Alors, pour faire court ...
Bravo pour ses deux Victoires largement méritées
son oeuvre le prouve et il n'y a que çà qui compte à nos yeux.

Nin@rtmony


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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Dim 14 Mar - 15:14

La « Superbe », victoire de la bien-pensance ?

Il y a tout juste deux semaines, on sacrait le Roi Biolay. Meilleur artiste masculin et meilleur album de l’année : les Victoires de la Musique 2010 ont officiellement adoubé Benjamin Biolay et son dernier album, « La Superbe ». J’aurais tendance à penser que ces récompenses sont amplement méritées (Marc Lavoine, Johnny Hallyday et Bénabar n’auraient jamais pondu un album comme La Superbe, nous y reviendrons). Ajoutez à cela une certification disque de platine, et le sacre est complet. Mais une question me taraude : Pourquoi a-t-il fallu autant de temps pour reconnaître le talent de ce garçon ?

Biolay n’est pas consensuel, personne ne me contredira. Dès lors, que penser de cette Victoire ? Est-elle l’aveu d’un déclin de la « nouvelle chanson française », sur laquelle Benjamin Biolay a tiré avec la finesse d’un bazooka ? Ou est-elle la perpétuation du syndrome de bien-pensance qui semble régner sur la chanson française depuis des années ?

Commençons par le commencement : La Superbe porte bien son nom. A double titre. Biolay se relance là sur la pente glissante du double-album, déjà expérimentée sur le sombre Négatif et facilement interprétable comme le signe d’un orgueil difficilement supportable (qui colle bien à l’image de dandy-bobo qu’il se donne, certes). Mais que peut-on reprocher à cette Superbe quand on prête l’oreille à ce qu’elle comporte? Je les ai prêtées, mes oreilles, et elles n’en sont toujours pas revenues. Pourquoi ?

Il fallait oser lancer l’album sur la 5eme symphonie de Chostakovitch (Halte au plagiat de « Southpath » de Morrissey dira-t-on : oui mais le sampler ne fait pas tout), y mêler des boucles électroniques classieuses, des paroles ciselées, et une pointe de jazz ("La Superbe")
Il fallait oser poursuivre sur une note de folk avec une lettre de rupture bobo (« 15 août ») à laquelle fait écho, en fin d’album, une cynique et superbe réponse, noyée dans une mélodie hypnotique (« 15 sept »)

Il fallait oser raconter la vie d’un couple par l’intermédiaire de post-its sur un réfrigérateur (« Brandt Rhapsodie »)

Il fallait oser avouer ses torts et ses faiblesses sans mélo, voire sur une musique rugueuse (« Jaloux de tout », « Padam »).

Il fallait oser invoquer les grands sans pour autant plagier. Je ne pense pas que Biolay puisse être comparé à Gainsbourg, mais l’influence de l’homme à tête de chou se sent largement dans « Ton Héritage », et celle de Bashung dans « Prenons le large ».

« J’avoue honteusement avoir voté pour moi » dit-il lors de la soirée de récompenses. Pour ma part j’avoue honteusement m’être peu préoccupé de Benjamin Biolay avant cette soirée. Erreur réparée depuis. Mais j’ai été d’autant plus surpris de cette récompense que les Victoires de la Musique semblent être la grand-messe de la musique consensuelle : Gérald de Palmas en 2002, Calogero en 2004, Raphaël en 2006, Bénabar en 2007 ont triomphé, entrecoupés, certes, par les succès d’Alain Bashung ou de –M- dont la recherche musicale est sans aucun doute plus riche.

On s’extasie donc, à raison me semble-t-il, sur la ligne musicale de cet album. Mais il est surprenant de constater que la musique de Biolay n’a pas opéré un virage radical avec La Superbe : qu’on écoute la sombrissime « Négatif » sur l’album du même nom, les mélodies recherchées du projet mené avec son ex-épouse, Chiara Mastroianni (la « Ballade du mois de Juin » est admirable), ou la moins méconnue « Merco Benz » sur l’album Trash Yéyé, bon nombre des éléments cités plus haut s’y retrouvent.

La cause du succès serait-elle alors que le malaimé tirailleur de la chanson française s’est calmé? Les paroles de la « Superbe » semblent l’attester pour partie. A cela s’ajoutent des interviews-confessions nettement moins agressives. Sans aucun doute la vision qu’a Bénabar de la chanson le « débecte » toujours autant, mais il reconnait dans Le Figaro en 2009, à propos de ses propos sur Bénabar et Henri Salvador: « C'est ma croix. Il faut l'avoir fait une fois dans sa vie pour ne jamais retourner à une interview ivre mort ».

Attitude plus posée, moins objectivement pédante ? Peut-être, mais on voit bien ce qu’on veut voir. La musique de Biolay a toujours été rugueuse, et ce ne sont pas ses déclarations publiques qui vont changer la donne. Dans La Superbe, il parle-chante les amours de « sa pute, sa sainte », d’un homme qui « dès 20h30 n’a plus le cœur », mais que sa « queue ». Et déjà, il demandait dans « La garçonnière » de Trash Yéyé, qu’on lui dise encore « je suis ta putain… ». Pendant ce temps, Renan Luce se contentait de façon prude(nte?) de préférer à ses voisins ses voisines et Biolay était un « sous-Gainsbourg » – énoncer cet argument pour attaquer Biolay revient à mon avis à se scotcher une grenade dans la main, car il dévalorise aussi Gainsbourg dont on fait alors indirectement un érotomane, mémorable seulement pour ses paroles équivoques et son parler-chanter.

Il me semble que le sacre tardif d’un homme dont la ligne musicale n’a pas tellement changé dépend plus du jugement que l’on porte sur ses déclarations, pas toujours adroites, que sur ses qualités musicales. Dommage que celles-ci n’aient pas pu exploser au milieu de la scène musicale française, asphyxiées sous le désamour public, et virtuellement engoncées dans l’appellation « musique française » qu’elles s’évertuaient à renier. Faut-il rappeler que Trash Yéyé avait été salué par la critique musicale, et par Bashung (que beaucoup de monde adore pourtant !) ?

Alors, ce sacre serait-il plus celui de la bien-pensance que celui de la musique de Biolay ? Biolay aurait-il été sacré s’il avait à nouveau osé dire ce que beaucoup pensent de la chanson française, c'est-à-dire qu’elle est rétrograde, et que l’influence de Brassens a fait son temps ? Pas sûr, et c’est dommage. Mais peut-être n’y a-t-il pas que de ça. En tout cas, ce sacre porte à nouveau sur le devant de la scène, et cette fois pas pour ses déclarations fracassantes, un musicien de génie, qu’on aurait tort de prendre pour un dérivé de Gainsbourg, et dont les chansons dépassent de loin tous les modèles piano-voix, arpèges faciles, et soirées pot-au-feu, qu’on nous sert multiplement réchauffés. Car comme tout ce qui est trop réchauffé ils sont aussi appétissants qu’une semelle de Rangers. Biolay est moderne, sa musique aussi: les influences classiques et anglo-saxonnes associés à des textes bel et bien français forment un ensemble cohérent et visionnaire. Avec « Brandt Rhapsodie », il montre avec brio qu’on peut raconter une histoire simple de façon novatrice, dire « j’embrasse ton cul » comme d’autres diraient « Je t’aime », sans vulgarité : c’est là le plus beau et le plus raffiné doigt d’honneur qu’il y’avait à faire à la passive chanson française. Espérons juste qu’il fasse des petits."

PS: En plus, Biolay se se paye le luxe d’une performance live mieux que l’originale!

ET c'est signé Paul Vertier !

http://entbth.blogspot.com/2010/03/initials-benjamin-biolay-la-superbe.html


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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Mar 23 Mar - 19:22

L’IMPOSSIBLE MONSIEUR B.B.



Ex-petit génie ramenard revenu de tout,
Benjamin Biolay a toujours agacé autant qu’impressionné.
Mais avec La Superbe, album déprimé et grandiose
doublement récompensé aux Victoires de la Musique, Biolay a retrouvé la sienne.
Ou quand le talent s’illumine à mesure que l’homme s’assombrit.

Stéphane Duchêne
Publié dans le n°569
-----------------------
Livrons nous à un petit sondage, puisque c’est à la mode.

«Si vous deviez, à l’aide d’une citation,
définir au plus près Benjamin Biolay diriez-vous comme Michel Audiard :
«Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît»
ou comme Jonathan Swift :
«Quand un génie véritable apparaît en ce bas monde,
on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui».

Il y a fort à parier que le résultat d’une telle enquête d’opinion frôlerait le 50-50,
dévoilant la réalité d’un chanteur détesté par tous ceux qui ne l’adorent pas.
Con génial ou génie déconnant,
la réalité de Biolay, pourtant, se trouve sans doute à mi-chemin
de la punchline des Tontons Flingueurs et de l’aphorisme du père de Gulliver,
fruit de l’agacement dont le chanteur fait régulièrement l’objet
et de la reconnaissance artistique sans cesse renouvelée dont il bénéficie
depuis sa première Victoire de la Musique en 2002.

Adoubé Chevalier des Arts et des Lettres en 2004,
Biolay a eu contre lui d’être aussi un paladin du mot cru asséné
comme un coup d’épée, fut-ce mal ajusté,
fut-ce dans l’eau croupie de la rancœur,
comme dans une fameuse interview à Technikart en 2007.
Un Gulliver, à géométrie variable :
aussi grand et risque tout dans son ambition musicale
que petit dans ses propos montés en épingle,
mais finalement plus moyen qu’il n’y paraît,
boy next door caladois aux airs pas si grands.

Pop Star

Dans un article de 2005, titré "Le Pop Star", le New York Times,
avec la distance qui sied aux observateurs étrangers,
disait du chanteur à la moue impénétrable :

«Les Français peuvent paraître méchants et distants alors qu’ils ne sont que timides».

Ce qui est sans doute le meilleur et plus court moyen
d’identifier la complexité présumée d’un Benjamin Biolay.
Des timides, il a la franchise mal dosée de celui qui s’est trop longtemps
retenu de l’ouvrir ou qui simplement préfère dessouder les collègues
que parler de lui.
Un travers souvent exagéré qui ne l’a jamais empêché d’être
l’homme de l’ombre dont on s’arrache le talent :

Keren Ann, Françoise Hardy, Coralie Clément, Chiara Mastroianni,
Carla Bruni, Isabelle Boulay, Elodie Frégé, Henri Salvador,
Julien Clerc, Hubert Mounier ont tous pu tirer un certain bénéfice,
artistique ou financier, de ses largesses musicale.

Parfois avec ingratitude, comme quand Salvador renia son travail sur
"Chambre avec vue", l’album de sa panthéonisation,
pour en attribuer tout le mérite à sa complice Keren Ann.
Quand l’homme de l’ombre prend trop la lumière, c’est un souci.
Mais dans ce monde de faux modestes que peut être la chanson française,
Biolay, peu suspect de calcul, exigeant jusqu’au chichiteux,
et hasardeux en promo, est devenu difficile à vendre,
obligeant ses maisons de disques à effacer les traces
de ses «crimes» de lèse-Bénabar.

Musicalement aussi, l’homme-orchestre, compositeur, arrangeur,
producteur, fait tout lui-même sauf des concessions.
Dans une industrie encline au «12 titres de 3 minutes douche comprise»,
son goût prononcé pour le long format en atteste.
Tout comme son canardage tous azimuts à l’assaut
des barrières entre genres musicaux.

Padam, pas dupe

Sans doute parce que Biolay a trop longtemps été un autre :
enfant de classe moyenne de Villefranche-sur-Saône,
un peu complexé par son côté provincial, il dégaine en 2002,
un premier album consacré au clan Kennedy.

Se rêve héraut fitzgéraldien pour mieux refuser
le réalisme de la nouvelle chanson française, et par là sa propre réalité.
D’où l’impression d’une musique, brillante certes,
mais où le décor cache la misère de tout ce qu’on ne dévoile pas.
D’entrée, il induit une distance, se pose en dandy,
esthète un peu hautain qui ne se mélange pas.

Aujourd’hui, à mesure qu’il accepte de nourrir la bête musicale
et textuelle avec ses propres tripes et ses déboires sentimentaux,
Biolay, devenu également comédien,
assume de cannibaliser l’ensemble des influences qui l’ont fait
(de Michel Legrand à Booba, de John Lennon à New Order).
Prend conscience de ce qu’il peut y avoir à gagner à risquer la perte de l’amour,
des illusions, de l’estime de soi et des autres.

Artiste pop mais pas populiste, Biolay a beaucoup été comparé à Gainsbourg :
son côté franc-tireur,
sa dépendance aux femmes et à ce besoin de les faire chanter,
cet air de défiance qui dissimule mal la timidité, sa Gainsbarrisation un peu schlass.
La comparaison l’a beaucoup agacé mais il a fini par l’accepter
comme on accepte l’évidence.
Si BB est en quelque chose l’héritier de Serge,
c’est en sa volonté de secouer le cocotier de la chanson,
d’en faire tomber les imposteurs et d’en accommoder différemment les fruits.

Pourtant, paradoxe là encore partagé avec son aîné,
le double vainqueur, sincèrement honoré, des dernières Victoires de la musique
ne renie pas son désir de reconnaissance,
comme il le chante sur Padam :

«J’attendais en vain que le monde entier m’acclame,
qu’il me déclare sa flamme, dans une orgie haut de gamme».


C’est juste qu’il a suffisamment grandi, encaissé et donné de coups,
pour n’être pas dupe quand cela arrive, sur le plan artistique ou sentimental,
ce qui pour lui revient au même.

Comme sur Night Shop où il confie :

«La nuit je mange
Une fille aux cheveux orange qui me dit t’es beau
Moi, moi, moi, moi, je la crois pas trop».
À tort et à raison, sans doute.


Benjamin Biolay | Transbordeur |
Ven 26 mars à 20h30

--------------------------------
http://www.petit-bulletin.fr/index2.php?page=thematiques/articles.php&thema=musique&idarticle=37769-L’Impossible+Monsieur+B.B.&type=1&idvillepb=lyon
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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Mar 30 Mar - 1:36

.

Benjamin Biolay | Transbordeur | Ven 26 mars à 20h30





Album / Il faut un certain culot pour intituler son album La Superbe quand on a déjà une réputation d’imbuvable qui pète plus haut que son cul et crache sur les copains.

Ou pour ouvrir cet album d’un titre éponyme à la grandiloquence entretenue.

Il faut ne pas avoir peur d’offrir son flanc au sacrifice de l’éreintement de la critique. Mais en martelant en guise de refrain désabusé «on la perd, on la gagne, la superbe», ce Benjamin Biolay à l’inspiration et aux humeurs en montagnes russes, sait de quoi il parle et retrouve la sienne, de superbe.

Et comme tous ceux qui connaissent des pannes d’inspiration, quand il la retrouve, il lâche les vannes, les rênes et les violons. Pas vraiment freiné musicalement par son nouveau label Naïve, Biolay a fait tout ce qu’il a voulu et voulu tout et son contraire.

Ca donne ce morceau d’ouverture, donc, La Superbe, qui nous réconcilie avec cette vieille lune fade qu’est devenu le trip-hop et ouvre les choses en grand. Album de variété au sens propre du terme, d’influence hip-hop comme pop (Prenons Le Large, très New Order, ou Reviens-mon amour patiné Smiths), La Superbe est un album roboratif mais jamais étouffant.

Où Biolay creuse son écriture à l’os, quand la nudité des maux se consomme en crudité de mots, s’en repait sans affectation. Ironiquement, c’est quand, avec sa complice Jeanne Cherhal, dont la voix est ici un appel à tomber amoureux, il singe l’überquotidien tel que décortiqué par la nouvelle chanson française, qu’il est le plus touchant.
C’est Brandt Rhapsodie, ping pong amoureux à base de post-it collés sur un frigo, comme fil de la relation d’un couple : coups de foudre, dîners en famille, liste de courses bio, factures, agacements à distance, médocs, rupture. Sorte de Je t’aime moi non plus quasi rappé pour kitchenette bobo, l’exercice de style est vertigineux et résume assez l’œuvre de cet arrangeur hors-pair et grand dérangé : entre grandiloquence et petites mesquineries, élans du cœur et micro-saloperies qui les foudroient.

Avec toujours, les femmes comme fil rouge qui, telle Pénélope, font et défont le canevas d’illusions dans lesquelles Biolay invite son auditeur à perdre.
SD

«La Superbe» (Naïve)

http://www.petit-bulletin.fr/index2.php?page=thematiques/articles.php&thema=musique&idarticle=37770-Le+Superbe&type=1&idvillepb=lyon


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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Ven 2 Avr - 10:20

Remise du disque de Platine le 26 mars 2010



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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Mar 20 Avr - 11:49

.

B. Biolay : "le succès de la Superbe, je le savoure"



Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo


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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Ven 30 Avr - 9:55

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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Ven 30 Avr - 20:29

Benjamin Biolay



« Je me suis trop noyé dans le monde de la nuit »
Dans la foulée de « La superbe », son magnifique double album,
le chanteur compositeur Benjamin Biolay s’apprête à partir en tournée.
Tour à tour écorché vif et mélancolique,
« B. B. » tord ici le cou à sa mauvaise réputation
et laisse apparaître un garçon lucide et dispo.
Superbe simplement.

Marianne Mairesse
Journal Marie Claire

Découvrez l'interview de Benjamin Biolay.
Benjamin Biolay : son nouvel album le révèle ultrasensible et touchant

Il existe un malentendu Biolay que même la majesté
de son disque n'arrive pas à dissiper.
«La superbe », son cinquième album,
est une envolée magistrale vers les tréfonds, les bas-fonds de soi,
mais aussi vers la lumière et le soleil.

C'est une ballade aux couleurs noires de la vie,
une autopsie de l'amour possible et impossible,
une déclaration chavirante à son enfant, un appel aux jours possiblement roses.
C'est une splendeur.

Benjamin Biolay s'y révèle ultrasensible, honnête, touchant.
Dire qu'il est « hautain » et « prétentieux » est complètement à côté de la plaque.

L'incompréhension entre le chanteur et une partie du public va-t-elle enfin se déliter ?

A la Maison de la Radio, un mercredi après-midi, il avance dans les longs couloirs,
sac de sport à l'épaule.
Son rythme est lent, il laisse passer les dames, il est galant.
Dans la grande loge, il s'assied et se prête à l'interview.
C'est un timide au timbre grave mais doux,
un mec tatoué et torturé qui cache un saphir autour du cou.

Il s'explique volontiers, parle travail comme un artisan, avoue, sourit,
remet sa mèche entremêlée de quelques cheveux gris, fume, prend le temps.
Humble, oui. La seule chose à faire, c'est d'écouter son album.
Et l'attraper en concert à partir du 21 janvier.

* Un chanteur et compositeur plus timide que prétentieux

Marie Claire :
Une avalanche d'excellentes critiques est tombée pour votre album.
Vous êtes content ?

Benjamin Biolay :
Je vous avoue que ça ne me rend pas heureux, mais ça me rend content,
ce qui est déjà rare. C'est l'artisan qui l'est.
Un double album, par définition, c'est une double charge de travail.
Une sacrée aventure. J'y ai laissé des plumes. J'ai bossé comme un cinglé.
J'avais envie que ça plaise.
C'est vrai qu'il n'y a pratiquement que de très bonnes critiques,
deux ou trois mauvaises.
Dans une, je me fais défoncer - elle ne me fait aucun effet -,
et une autre dit : « C'est joli, mais un peu facile » ;
ça, par contre, ça m'énerve :
« Viens dans ma peau pendant deux ans et demi !
Une fois que tu as fini tes chants, tes guitares, tes claviers
et qu'il faut t'enfermer pour écrire tes cordes et, le lendemain,
les diriger, viens voir si c'est facile ! »
Mais bon, ce n'est pas si grave. J'attends le tacle.
Certains n'ont jamais pu me blairer. Ma vie est comme ça.

Marie Claire : On lit souvent que vous êtes « prétentieux » ou « agaçant ».
Vous avez l'impression que l'on parle de vous ?

Benjamin Biolay :
Non, pas du tout. Bon, je me dis qu'il n'y a pas de fumée sans feu.
A la télévision, j'ai dû avoir l'air hautain car je suis très timide.
Les gens qui me connaissent savent que j'ai fait des efforts surhumains
pour en arriver à ce que je fais aujourd'hui.
Ma nature est de me terrer dans un trou.
Je suis un musicien, j'ai passé ma vie en studio.
Lors de ma toute première télé, j'ai dû passer pour un type odieux.
J'étais tellement intimidé, tellement mal dans ma peau.
C'était dans l'émission de Thierry Ardisson,
à la grande époque des questions genre :
« Tu t'es fait enculer à quel âge la première fois ? »
Pourtant, Ardisson a été hyper-gentil. Il me disait :
« Vous ne voulez pas sourire ? » Je répondais : « Ben non. »

Marie Claire : Vous dites, dans la chanson « Padam » :
« J'attendais en vain que le monde entier m'acclame. »
Il n'y a pas un peu de vrai là-dedans ?

Benjamin Biolay :
Non. C'est une chanson qu'on ne peut faire que si on a obtenu
un peu de reconnaissance.
Quand Aznavour a écrit « Je me voyais déjà »,
il possédait déjà un château en Suisse ;
il ne l'a pas écrit dans sa piaule du 18e arrondissement.
Quand je vois d'où je viens, je m'en suis vraiment bien sorti.
Je n'ai pas de frustration.

Marie Claire : Mais vous ne voulez pas être davantage reconnu
pour ce que vous faites plutôt que jugé sur ce que vous pouvez dégager ?

Benjamin Biolay :
Je préférerais cent fois qu'on arrête de dire que je suis prétentieux
et que je me la raconte, plutôt que de vendre un million de disques.
Plein d'amis ont connu le succès, ça reste une malédiction,
ça entame un peu le système nerveux.
On est dans l'œil du cyclone en permanence.
Je trouve scandaleux le traitement qu'on inflige à Diam's :
se faire paparazzer à la sortie d'un lieu de culte, c'est d'une violence...
Sous-entendre, en plus, qu'elle est devenue neuneu.
Si elle avait une jupe-culotte et une croix en bois, personne ne dirait rien.
Tous les chanteurs aux MTV Awards remercient Dieu avant leur maison de disques,
ça ne choque personne, mais là...
Cet entrisme dans sa vie privée, dans ce qu'elle a de plus intime
- l'amour, la religion -, est démoniaque.
Moi je ne suis pas cul-bénit mais il m'arrive parfois d'aller à l'église Saint-Sulpice
pour passer un moment tranquille.

Marie Claire : Vous croyez en Dieu ?

Benjamin Biolay : Oui, beaucoup, depuis toujours.
Je n'ai même pas de problème à l'avouer.
Mais je crois beaucoup plus en l'Homme.


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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Ven 30 Avr - 20:41

Une période noire plongée dans le monde de la nuit



Marie Claire : La nuit est très présente dans votre album : vous l'aimez ?

Benjamin Biolay :
(Silence.) Ça fait quelques mois que je ne l'aime plus du tout, que je ne sors plus.
Je me suis trop noyé dans le monde de la nuit,
à faire n'importe quoi de ma vie, à boire beaucoup, à partir en virée.
C'est là que la célébrité fausse absolument tout.

Marie Claire : Pourquoi ?

Benjamin Biolay :
Avec les filles, par exemple. Ce n'est même pas du libertinage, c'est facile,
il n'y a plus d'enjeu, ça n'a plus de sens.
J'étais ivre mort et je ne me rendais pas compte à quel point c'était biaisé.
Les filles se faisaient un chanteur pour raconter à tout le monde
que je ne les rappelais pas le lendemain.
J'ai aussi cette réputation. Je ne l'ai pas volée, mais bon...
C'était un moment de ma vie où j'étais célibataire et déprimé.

Marie Claire : Vous dormez la nuit ?

Benjamin Biolay J'ai du mal avant 3 heures du matin.
Quand j'étais au conservatoire de musique, à Lyon,
je partageais un appartement avec plein d'amis musiciens de classique,
et quand ils dormaient, moi je composais tout doucement.
J'aimais voler ces heures.
J'avais 17 ans, je dormais deux heures, mais le lendemain,
je pouvais quand même jouer « Le sacre du printemps ».
J'ai aimé la nuit comme ça.

Mais le milieu de la nuit ne m'attire pas. Je suis un anticocaïne primaire.
Une génération est en train de se détruire avec cette pseudo-drogue sociale.
La toxicomanie, c'est quand même honteux, aujourd'hui c'est devenu glorieux.
L'autre jour, dans ma ville natale, un pote me dit :
« Viens, on va se faire des poutres. »
Je lui ai dit qu'il était malade :
« Après tu vas rentrer chez toi et tu vas faire quoi ?
Jouer à 'Fifa 2008' jusqu'à 7 heures du mat ? » T
out ça, j'en ai soupé. Pour écrire, il faut l'avoir vécu. C'est sans regret.

Marie Claire : C'est vous le sujet de votre chanson « La toxicomanie » ?

Benjamin Biolay :
C'est Chet Baker. Je peux en parler car, depuis que je suis jeune,
j'ai toujours fumé beaucoup de haschich. Je n'ai jamais réussi à décrocher. I
l n'y a pas de drogues douces.

Marie Claire : Le mot « soleil » est très présent dans votre disque,
comme le contrepoint de votre possible noirceur.

Benjamin Biolay :
Sans doute. Cet album, je l'ai écrit dans la période où j'étais quasiment au plus mal.
La première fois que le soleil m'a marqué,
c'est dans un film qui s'appelle « Johnny got his gun » (de Dalton Trumbo, ndlr).
C'est un pauvre type mutilé pendant la guerre de 14, il ne voit plus rien ;
à un moment, on lui ouvre la fenêtre de sa chambre d'hôpital et il sent le soleil.
On voit ce que ça peut apporter aux hommes, un peu de soleil.
Quand en plus on vit intérieurement dans les catacombes, c'est vrai, on rêve de soleil.

Marie Claire : Ça pourrait être qui ou quoi le soleil dans votre vie ?

Benjamin Biolay : Ma future épouse, si elle existe, je ne sais pas.
Mais pour l'instant, j'ai bien plus qu'un soleil,
j'ai l'amour de ma vie qui est ma petite fille.
Mon rêve le plus cher, c'est une maison à la campagne avec des gamins,
ce n'est pas trois soirs blindés à Bercy, je vous jure.

Marie Claire : Dans « Tout ça me tourmente », vous chantez :
« Dès 20 h 30, je n'ai pas de cœur, je n'ai que ma queue. »

Benjamin Biolay Oui, je parlais de cette époque-là. Ce n'est tellement pas glorieux.
J'ai dû faire du mal à des filles... j'en ai fait, d'ailleurs.
J'ai consommé de la fille qui a consommé du chanteur,
donc quelque part on est quittes. Ensuite, c'est ma conscience.

Marie Claire : Vous écrivez, en parlant à une possible femme :
« On s'en souviendra dans quarante ans » et
« Je voudrais compter les jours sur tes doigts ». Vous y aspirez ?

Benjamin Biolay :
Oui, j'ai en moi une quête d'amour vraiment durable et sain.
Si j'étais le diable en personne, Don Giovanni ou Casanova,
si ma vie était une hécatombe assurée et que je prenais le parti d'être
un jouisseur quoi qu'il en coûte, je n'aurais jamais eu de remise en question.
J'ai erré, car la vie a été accidentée, ma famille s'est disloquée.


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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Ven 30 Avr - 20:48

enfance, jalousie, complexes ou plaisirs ...



Marie Claire : Si je vous dis Villefranche-sur-Saône,
qu'est-ce qui vous vient comme images ?

Benjamin Biolay :
Des images pas très joyeuses. On ne peut rien y construire, c'est une réalité cruelle.
Pour faire mes études de musique, j'ai dû quitter Villefranche-sur-Saône pour Lyon.
Mais j'avoue que j'étais content : ça m'a permis de me tirer à 14 ans.
Je crois que c'était le plus beau jour de ma vie.
Le premier.

Marie Claire : Vous avez fui quoi ?

Benjamin Biolay :
Ma ville, avant tout. Et mon destin : une vie de merde, faire un métier chiant.
Vers 10-12 ans, j'ai réalisé que ça allait mal finir si je restais.
Et puis, j'étais en conflit violent avec mes parents.
Partir, c'était une question de vie ou de mort.
J'ai accepté de faire des études supérieures d'un instrument qui ne m'intéressait pas,
je mentais même à des gens que j'adorais.
Je savais que c'était juste un moyen de fuir.

Marie Claire : Dans l'une de vos chansons, « la fille aux cheveux orange »,
vous dit que vous êtes beau. Vous le croyez ?

Benjamin Biolay :
Non. J'ai toujours été horriblement complexé.
Déjà, des bouches comme la mienne, il n'y en a pas beaucoup chez les garçons.
A l'école, j'ai souffert de mon physique. J'ai toujours eu des cernes un peu noirs.
Même avant que je fume, quand j'étais très sain et que je faisais du sport,
on m'appelait « le camé ».
J'ai toujours eu les paupières un peu lourdes, aussi.
On me dit parfois que ça fait mon charme,
mais ça me fait doucement rigoler car j'ai traîné ça comme un boulet.
Je trouve qu'Alain Delon est beau, vous voyez à quel point je ne lui ressemble pas.
J'aurais voulu être un peu plus Ken ! (Rires.)

Marie Claire : Dans la vie de tous les jours, quels sont vos plaisirs personnels ?

Benjamin Biolay : Ce que j'aime, c'est vraiment ne rien foutre.
Bouquiner, faire l'amour si possible. Des choses simples et gratuites.

Marie Claire : Vous faites de la musique chez vous ?

Benjamin Biolay :
Jamais. J'en fais seulement quand j'ai envie de faire un disque,
quand je sens que ça bouillonne en moi, que je suis vraiment plein comme un œuf ;
là je vais en studio et je crache tout.
Je veux préserver ma petite source d'inspiration, qui est tarissable.
Parfois j'ai une vraie pulsion pour une chanson,
mais je n'ai pas de quoi la composer chez moi.
En ce moment, j'ai une guitare, mais la corde de sol est cassée depuis six mois.
L'époque où je travaillais beaucoup à la maison m'a bouffé.
Quand j'étais avec celle qui partageait ma vie, je lui disais :
« Bouge pas, je reviens dans dix minutes », et je revenais à 7 heures du matin.
Je me disais : « Merde, il fait jour, comment c'est possible ? » (Rires.)
J'ai une toute petite forme de schizophrénie qui s'appelle l'atemporalité.
Même pour quelqu'un qui vous respecte énormément, y compris comme artiste,
c'est très dur. Ça doit être très humiliant.

Marie Claire : On découvre dans « Jaloux de tout » que vous l'êtes donc...

Benjamin Biolay :
Je l'ai été, et je n'en étais même pas conscient.
Quand on dit : « T'étais où connasse ? T'as fait quoi ? Fais sentir ton odeur »,
on sait qu'on est jaloux, mais moi je gardais tout pour moi.
Je me disais que je ne pouvais pas l'être, que je ne pouvais pas être naze à ce point.
Mais si : j'étais naze à ce point ou fou d'amour à ce point.

Marie Claire : C'était quoi, de la possessivité ?

Benjamin Biolay : Un complexe d'infériorité. Cette chanson a été un révélateur.
Je l'ai écrite à 4 heures du matin, en studio, complètement torché,
juste avant d'aller faire la voix.
Le lendemain, je l'ai réécoutée et j'ai voulu la jeter parce que j'avais honte.

Marie Claire : Si vous deviez vous définir en quelques adjectifs ?

Benjamin Biolay :
Je ne sais pas : un pauvre type qui essaie de s'en sortir. (Sourire.)

Marie Claire : Avez-vous conscience et admettez-vous
que vous êtes un musicien de talent ?

Benjamin Biolay : Non, je suis un travailleur,
j'ai dû travailler quatre fois plus que les autres.
Dans mon milieu, les artistes sont vite très satisfaits d'eux-mêmes,
c'est souvent ce qui les perd.
Moi je sais que je fais des petites chansons, même si elles ne sont pas mal foutues.
Mais il n'y a aucune raison de se la raconter.

JOURNAL MARIE CLAIRE
M. Mairesse

http://www.marieclaire.fr/,benjamin-biolay-enfance-jalousie-complexes-ou-plaisirs-il-nous-devoile-tout,20263,39554,4
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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Dim 2 Mai - 9:59

Benjamin Biolay
de la Superbe à la Scène et dans nos villes




Il est… poète et chanteur, arrangeur et musicien,
sombre et sauvage, solitaire et mélancolique.
On lui doit bien des albums de la nouvelle scène,
on lui doit même peut être son arrivée, à la nouvelle scène.
On l’aime depuis « l’origine », « Rose Kennedy » et « Négatif ».
Pour la « vanité » et « novembre », pour lui et pour les autres,
les « 7 erreurs » et le reste.
On le découvre autrement avec «La Superbe»,
album phare de la rentrée 2009,
qui mène Benjamin Biolay sur scène à travers la France.

Par Axelle Emden

Une jolie gueule, un côté rock et un côté discret,
sauvage et peu friand des médias.
Des mélodies travaillées et des paroles qui ébranlent, dites ou chantées,
par lui ou par les autres.
Des chansons douces et des titres enlevés,
du « bruit » rock et un son nouveau, indéniablement nouveau,
telle est la signature hétéroclite de Benjamin Biolay,
révélé depuis une dizaine d’années au grand public.


Son image ? Dandy hors genre, pop star doucement adulée,
mauvais garçon ultra-doué… avec Delerm réconcilié et pas très fan de Bénabar…
les images sont passées sans se ressembler.
Poète intimiste aux textes ici et là engagés,
provocateur de talent aux innombrables dons,
Benjamin Biolay est sans nul doute l’un des artistes les plus précieux
de la scène contemporaine française.

Qui plaît ou déplaît, mais qui laisse rarement indifférent.

Avec Keren Ann, à laquelle il est fidèle depuis des années,
il est sans doute l’arrangeur le plus brillant et le plus demandé de notre scène française.
Une émule de Gainsbourg qui signa le retour de Salvador (« Chambre avec vue »)
et un hommage au maître Serge à la demande de Bambou (2001),
un môme du conservatoire qui fut violoniste et adepte du tuba
avant d’opter pour la guitare et le rock.
Un inconnu d’un groupe nommé « Wind » ou « Mateo Galion ».
Repéré par Philippe Viennet, auteur attitré de Liane Foly,
puis par Hubert Mounier (le chanteur du groupe lyonnais L'Affaire Louis Trio),
il signera des titres pour Isbelle Boulay, Françoise Hardy ou sa cadette de sœur,
Coralie Clément.

Valérie Lagrange, Julien Clerc et Juliette Gréco,
trois interprètes, jadis, de Gainsbourg,
enregistrent avec Biolay des collaborations éparses,
tandis qu’il travaille bientôt avec une autre petite qu’on adore,
Daphné, à l’univers mutin et à l’intelligence romantique.
Ça, c’est avant de signer la véritable arrivée d’Elodie Frégé,
qui se révèle avec un deuxième album sublime, « Le Jeu des sept erreurs »,
qui doit beaucoup à la rencontre de ces deux univers.
Il y aura aussi Carla (Bruni) et puis des bandes originales de films
(Clara et moi, joli long qui révéla Boisselier) et puis du cinéma un peu, aussi.

« Si tu aimes la mauvaise vie...
Si tu ne fleuris pas les tombes mais chéris les absents...
Si tu parles à ton ombre de temps en temps...
Si l'on perd souvent ta trace dès qu'arrive le printemps, si la vie te dépasse... »


Auteur, compositeur, chanteur et arrangeur,
le musicien essuie pourtant de nombreux échecs ou du moins de nombreux silences,
avant de se faire une place, et quelle place, sur la scène musicale.
Ex-mari de Chiara Mastroianni, avec laquelle il signe un album
de duos piquants et amoureux,
il se distingue rapidement par ce que l’on peut considérer
comme un perfectionnisme absolu.
Maniérisme doublé d'une agaçante image de bobo-minet pour les uns,
simple transcendance musicale pour les autres.
Reste que la magie opère.

Benjamin Biolay, c’est une musique qui laisse toute sa place au silence,
un texte parfois presque dit, un texte central,
et qui laisse toute sa place aux intermèdes musicaux aussi.
Biolay, ce sont des disques où cohabitent la douceur et la rage,
le bruit et la poésie, dans une étrange unité « arrangée » ou son orchestration à lui.
Une griffe reconnaissable et des genres qui pourtant ne se ressemblent pas,
même sur ses propres albums.
D'ailleurs il séduit rarement entièrement.
Biolay, au fond, c’est plusieurs métiers d’artisans,
l'amour des yéyés mais aussi de la New Wave, du rap et des chansonniers.
Aux confins de mille influences,
il se caractérise par l’union inattendue des genres
(qui caractérise pourtant une génération à moins que ce ne soient
juste les meilleurs génies, de Jamie Cullum à Camille) :
bossa et pop, rock et folk, électro et violons…
l’enfant formé au classicisme, en bon génie, libre,
se joue des étiquettes pour réconcilier la musique.
Biolay, c’est le mariage de la rébellion et de la minutie.

Tout un univers…

Un univers mélancolique et mélodique fait de petits riens,
d’histoires d’amour et de moments volés, de déceptions beaucoup,
politiques et charnelles.
Un monde commun, fait d’érotisme assumé et d’amours impossibles,
de jalousies et de diables aux corps.
Une musique qui ne mâche pas ses maux ni ses névroses.
Dans laquelle on a souvent vu Gainsbourg,
mais dans laquelle on pourrait aussi voir Brel ou Barbara.
Une petite musique de quotidiens conversés et d’échanges emmurés,
où le ciel est « blanc cassé ».
Un ton plutôt habité par le passé.
Qui sait jouer la carte de la gaieté, le temps du violon des voyages et des amants.
Qui sait jouer la carte des lendemains, le temps des « Cerf-volants ».
Biolay, c’est un monde de portes claquées à la face des rêves,
un monde désenchanté quoi, tissé de nuits fuyantes,
échouées sur le bitume des éclaircies.

Un ton habité de cette foi un peu étrange, qui sait sublimer les mélancolies.
Et qui pianote de tristes mélodies du bonheur.
Biolay, pourtant enfant de la campagne qui ne voulait justement pas en porter l'image,
c’est Paris aussi.
Paris et les grands ensembles, Paris et les vices et ses hôtels
et ses bars et la toxicomanie.
Et les gens vrais, dont les défauts rendent amoureux.
Les femmes qui rendent le narrateur fou.
Un univers de temps perdus et de personnages de romans,
plus réels qu’ailleurs, plus réels que souvent.
Un savant mélange tiré au cordeau,
faisant étrangement cohabiter une simplicité brute et une sophistication absolue.

« On reste Dieu merci à la merci d’une étincelle, quelque part à Paris,
aux fins fonds du bar d’un hôtel, de la prochaine vie… »

Avec « La Superbe » il signe sans doute son album le plus abouti.
Confectionné dans la solitude et l’incertitude,
cet opus de plus de 20 titres
fut l’un des plus beaux cadeaux musicaux de la rentrée 2009.

Nos titres favoris ?
Celui qui ouvre l’album et qui porte son nom, celui qui est dédié à son enfant aussi,
« Ton Héritage ».

La Superbe, Naïve, octobre 2009

Un double CD en forme de conte de vie, vie qui déchante d'ailleurs,
découd, dévoue et recoud.
Un album au centre duquel séparation et trouvailles se déhanchent
et dont les textes touchent le fond :

dépression, alcool... résilience serait un parfait mauvais raccourci en trois temps.
On l'aime en entier, cet album,
mais si l'on ne devait en citer encore que deux titres,
ce serait ce duo avec celle qui fut révélée par « Un couple normal », Jeanne Cherhal,
avec laquelle Biolay partage sa « Brandt Rhapsodie »,
ou l'histoire d'amour écrite aux blocs notes jusqu'au désamour.
Et « Night Shop », cette valse de noctambule fruitée dans laquelle Biolay
joue les passe-murailles...
Ou « Jaloux de tout » ? Quoi d'autre ?

« Celui qui fut collectionneur obsessionnel de John Lennon
nourrit aussi ses chansons de références aux Smiths (Reviens mon amour),
à New Order (Prenons le large), à Chet Baker (La Toxicomanie),
aux bandes originales de Danny Elfman »
comme le fait très justement remarquer Stéphane Davet dans Le Monde.

« La Superbe » livre en effet une nouvelle facette de Benjamin Biolay,
le versant de la maturité peut-être, défait de préoccupations qui n'en sont pas.
Il faut aller le voir sur scène, puisqu’on a de la chance,
puisqu’on est contemporain de lui.
A Paris ?

Ce sera en mai, au Casino… de Paris.

A noter absolument…
Benjamin Biolay
La Superbe, Naïve, octobre 2009
Au Casino de Paris les 7 et 8 mai 2010 (35€)
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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Mer 5 Mai - 0:38

LA SUPERBE
DISQUE DE PLATINE



J'attendais en vain
Que le monde entier m'acclame
Qu'il me déclare sa flamme
Dans une orgie haut de gamme
Padam padam padam padam pam pam

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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Mar 25 Mai - 19:50

Benjamin Biolay ma vérité


Photo Victor Tonelli / Reuters

Depuis son triomphe aux Victoires de la musique en mars dernier,
il avait gardé le silence à cause d’une rumeur qui empoisonnait son existence

Un entretien avec Benjamin Locoge - Paris Match

Cela aurait dû être la consécration tant attendue.
La fête ne fut que de courte durée.
Depuis mars dernier, Benjamin Biolay est la cible de rumeurs
et de règlements de comptes.
Pendant quelques semaines,
le chanteur s’est contenté de donner des concerts devant des salles
de plus en plus bondées, toutes enfin dévouées à sa cause.
Car, pendant longtemps, Biolay fut le mauvais garçon de la chanson française,
­arrogant, trop talentueux. Il devait forcément y avoir une faille.
Nous l’avons rejoint en Espagne, où il donnait quatre concerts,
faisant vivre une nouvelle fois les chansons de « La superbe ».

Deux heures intenses, pleines de sueur et d’émotions.
L’adrénaline est là, il lui faut quelques heures pour redescendre de son nuage.
Et pour dresser le bilan de ces neuf derniers mois.

Paris Match. Le 6 mars dernier,
vous receviez deux Victoires de la musique pour “La superbe”.
Comment l’avez-vous vécu ?
Benjamin Biolay.
Sur le moment, j’étais super heureux.
Mais, dès le lendemain, j’ai dû faire face aux rumeurs
qui me prêtaient une liaison avec Carla Bruni.
Ça a été très violent, très déroutant.
Vous n’avez pas préféré en rire ?
Je me suis dit que ça ne durerait pas, que cela pouvait presque me faire de la pub.
Mais plus la rumeur a grandi, plus c’est devenu oppressant.

D’où est-elle venue ?
Je ne sais pas vraiment. De Twitter, il me semble…
Mais que les choses soient claires. Je n’ai pas vu Carla Bruni depuis deux ans.
Nous avions travaillé ensemble sur son dernier disque et, depuis,
je n’ai pas pris un verre avec elle, je n’ai pas dîné avec elle.

En avez-vous parlé ensemble ?
Elle m’a appelé, désolée de l’ampleur que cela prenait.
Mais j’ai le sentiment d’avoir été lâché dans l’affaire.
Le président dispose d’un cabinet qui lui permet de réagir
à tous les coups qu’on lui porte, tout comme la secrétaire d’Etat qui était citée…
Moi j’étais seul, c’était surréaliste.
Cela a fait du mal dans mon entourage,
c’est arrivé à un très mauvais moment pour moi.
C’est pour ça que j’ai décidé de réagir et d’attaquer.
Je me suis quand même retrouvé à la une de la presse anglaise,
en étant présenté comme l’amant de la première dame…
C’est dur pour moi, pour ma fille et pour la femme que j’aime.

Depuis, vous êtes constamment sous le feu des projecteurs...
C’est très dérangeant.
Dès qu’on me voit boire un verre avec quelqu’un, je suis avec.
Dès que je travaille avec une chanteuse, je suis forcément avec elle…
Je n’ai pas choisi la vie publique,
je ne suis pas un homme d’action publique comme peut l’être
un président de la République ou une Carla Bruni.
C’est le plus dur à vivre.

Paradoxalement, du côté de votre carrière, c’est votre plus belle année.
Je suis extrêmement heureux, malgré cette vaste zone d’ombre.
D’autant que je n’avais pas vu venir le succès de cet album,
je l’ai même parfois envisagé comme mon dernier.
Je pensais que mon disque précédent, “Trash Yéyé”, allait me révéler.
Et il ne s’est rien passé. C’est même celui qui s’est le moins bien vendu.
J’étais assez prêt pour un nouvel échec !
Je ne tirais plus de plans sur la comète,
je me contentais de faire mon truc en sachant qu’il y avait
une poignée de gens qui aimaient ce que je faisais.

Vous avez changé de maison de disques. Etait-ce salutaire ?
Ça m’a aidé, en tout cas.
Je n’ai rien contre Virgin, mon ancienne maison, au contraire.
J’avais besoin d’une nouvelle relation, vierge et immaculée,
sans aigreurs ni contentieux. Virgin m’avait signé mon premier contrat.
Là, c’est moi qui suis allé vers Naïve.
Cela modifie complètement la donne.

Vous souffriez aussi d’un déficit d’image.
Longtemps, on vous a ­assimilé au bobo parisien, au dandy.
Certainement, mais je vois mon parcours comme une lente progression.
J’ai commis des erreurs de jugement, je ne me suis pas toujours bien comporté.
J’ai pu être complètement maladroit. J’ai reçu beaucoup de coups.
C’est ce qui m’a longtemps agacé,
car je suis avant tout un musicien hyper spontané et hyper sincère.
Même si aujourd’hui ça va mieux, il y a encore des plaies ouvertes.
On commence seulement à comprendre
que je ne suis pas ce dandy parisien mondain.

Comment est née cette fausse image ?
Mon véritable problème, c’est l’album “Home”
que j’ai enregistré avec Chiara [Mastroianni, son ex-femme].
On a dit que je mettais ma vie en scène,
mais c’est à mille lieues de moi, tout comme c’est à mille lieues d’elle.
Cependant je revendique encore ce disque,
comme un album merveilleux qui était le reflet de notre histoire d’amour.
C’était très fort, très intense, et nous l’avions fait d’abord pour nous,
de manière spontanée.
Ensuite, je me suis laissé convaincre qu’il fallait le publier.
On n’imaginait pas que cela puisse déclencher tant de foudres.
Je le regrette vraiment car c’est le disque le plus joli
et le plus pur que j’aie fait. Mettez-vous à ma place.
Je n’ai jamais vu Chiara comme la fille de Deneuve et Mastroianni.
C’était ma femme et c’est la mère de ma fille.
C’était le disque d’un couple amoureux,
c’était un truc magnifique, pour nous.
N’importe quel musicien a envie de faire chanter l’amour de sa vie.
La presse américaine a comparé l’album de Scarlett Johansson et Pete Yorn
à “Home” ! J’ai l’impression d’avoir essuyé les plâtres.

Pendant vos concerts, en ce moment,
vous êtes applaudi quand vous chantez
“J’attendais en vain / Que le monde entier m’acclame.” L’ironie du sort ?
Je vis ça avec bonheur, comme un cadeau.
Et je me dis que j’ai bien fait d’être opiniâtre.
Les gens savent que c’était du second degré.
Ça veut dire aussi que je suis compris, cela fait du bien.
Depuis le temps que je fais ce métier…

Comment vous sentez-vous en sortant de scène ?
Il y a une forme évidente de schizophrénie quand on est ovationné.
Je ne vais pas cracher dessus.
Lorsque la scène est passée,
je suis la même personne qui a toujours envie d’écrire de meilleures chansons,
de jouer mieux, d’être plus affable, plus aimable,
plus agréable, de faire mieux tout court…

Aux Victoires, pourtant, vous n’avez pas pu vous empêcher de
railler vos concurrents…
C’est ma tête de con qui me donne cet air ironique. Mais j’étais sincère.
Quand j’ai salué Diam’s, Emilie Simon et Phoenix,
c’est parce qu’ils ont fait de grands disques.
L’album d’Emilie, je l’écoute encore souvent en ce moment.
Le Phoenix est génial.
Je reconnais que j’ai toujours un côté mauvais garçon,
une envie de provoquer un peu bête. Mais, ce jour-là, j’étais honnête.
Le problème vient aussi du fait que je ne suis pas un grand orateur.

Faites-vous désormais attention à ce que vous dites ?
En permanence. C’est pour cela que je m’exprime moins.
Je refuse presque toutes les interviews.
Je ne veux plus me faire avoir,
je ne veux plus qu’on m’attribue des paroles ou des pensées
qui ne sont pas les miennes.

Comment vos parents vivent-ils votre succès ?
Il y a trop de pudeur entre nous pour qu’on en parle vraiment…
Je sais qu’ils sont fiers.

Et vous, êtes-vous fier ?
De ce qui m’arrive en ce moment, oui.

Comment imaginez-vous la suite ?
Depuis un mois, dès que j’ai un peu de temps, je file en studio.
J’ai le feu ! Le succès de “La superbe” ne m’a pas anéanti.
Tant mieux. Aujourd’hui, je ne fais que ce qui m’éclate.
Point final

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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Lun 28 Juin - 19:19

LA SUPERBE EDITION DELUXE



L’album multi-récompensé par ses pairs et plébiscité par le public
La Superbe de Benjamin Biolay ressort aujourd’hui.

Découvrez "Non madame" et "La fin des cours",
deux titres inédits de Benjamin Biolay dans la nouvelle édition
digitale deluxe de La Superbe, ce qui porte à 25 le nombre de chansons.
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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Lun 19 Juil - 1:27

Estivales
l'Ultra Biolay attendu ce lundi au Campo Santo
Perpignan



Benjamin Biolay

doublement récompensé aux Victoires de la Musique cette année,
vient marquer de sa voix grave et profonde,
ces Estivales, ce lundi 19 juillet à 21 h 45 au Campo Santo.

Celui que l'on considère aujourd'hui comme l'un des meilleurs de la chanson française,
vient présenter au public du Campo Santo son nouvel opus La Superbe.

Entre sonorités pop anglo-saxonnes et ambiances crépusculaires,
entrez dans l'univers intimiste et bouleversant de ce chanteur-compositeur.

Producteur, musicien, interprète, parolier, compositeur et arrangeur,
Benjamin Biolay est aujourd'hui, à 36 ans seulement,
l'une des grandes figures de la scène musicale française.

C´est à travers son oeuvre personnelle (6 albums studio),
ses nombreuses collaborations (Henri
Salvador, Keren Ann, Raphaël...)
et sa puissance scénique (tournées en France et à l'étranger)
que Benjamin Biolay affiche toutes les facettes d'un talent peu commun,
reconnu par la critique depuis ses premières créations de 2001.
Avec son dernier double album La Superbe, celui-ci ne rompt pas le charme,
il le confirme avec ces 22 titres qui raisonnent et s'imposent
comme une évidence en chaque auditeur...

C'est ainsi qu'il nous offre une abondance d'univers musicaux
où tous les sons deviennent exemplaires, chacun dans un style qui lui est propre.
L'artiste semble avoir atteint un raffinement musical qui le place
parmi les grands chanteurs français d'aujourd'hui.


Tarif : de 10€ à 35 euros.
Rés. Palmarium, Fnac, 0 892 68 36 22 et sur www.estivales.com.
Achat possible sur place 1 h avant le début du spectacle,
paiement par chèque ou espèces uniquement.

http://www.lindependant.com/articles/2010-07-18/ultra-biolay-217116.php
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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Jeu 22 Juil - 1:56

"Une année en chansons"
Benjamin Biolay




ENFIN LA CONSECRATION AU BOUT DE 10 ANS
200 chansons ...
la superbe le plus bel album de l'année 2010
500 000 exemplaires ...
un artisan de la musique douloureux de beauté.

Séquence détente musicale sur RTL. Du lundi au vendredi,
à 7h23 (rediffusion dans "Laissez-vous tenter"),
Anthony Martin vous propose un nouveau rendez-vous intitulé
"Une année en chansons".
Quand le spécialiste musique de la rue Bayard
revient sur les événements musicaux de la saison passée.
Mercredi 21 juillet :
Victoires de la Musique, album carton et tounée,
c'est l'année de la consécration pour Benjamin Biolay.

sur RTL à écouter absolument les déclarations de l'artiste ici :
je vous laisse découvrir.
http://www.rtl.fr/fiche/5945652066/une-annee-en-chansons-benjamin-biolay.html

Benjamin Biolay se produit ce mercredi soir
au Paleo Festival à Nyon, en Suisse.
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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Jeu 22 Juil - 12:19

NUITS DE FOURVIÈRE
BENJAMIN BIOLAY
"AVANT, JE ME CENSURAIS TROP EN STUDIO"



© Manon Milley

Propos recueillis par
Vincent Raymond 22/07/2010

2010 est l'année Biolay
celle où les graines qu'il a patiemment semées dans ses albums
ont transformer sa tournée en une floraison sans fin.
Rencontre avec l'auteur-compositeur-chanteur....


Dans La Superbe, vous créez une collection d'ambiances visuelles,
de films sonores où l'on trouve des échos aux compositions
pour le cinéma de François de Roubaix…

Oui, c'est vrai.
L'oreille et le cerveaux identifient ce qui fait musique de film ;
c'est un truc d'harmonies, de rythmique, de texture de son.
Quand tu mets une percussion qui se détache, ça devient très cinématographique.
C'est plaisant de souligner des choses avec les ingrédients de la musique de film..

Depuis Trash Yéyé (2007), votre manière de chanter a évolué…

Avant, je me censurais trop en studio,
parce que comme 90 % des auteurs-compositeurs, je n'aime pas ma voix.
Mais là, j'arrête la censure, et je chante plus comme en live.
J'ai fabriqué des playbacks plus costauds,
j'étais donc obligé d'être plus costaud derrière, pour ne pas me faire bouffer par eux.

Le succès que connaît La Superbe se répercute sur vos albums précédents,
leur offre un nouvelle considération publique…

Ce qui est bien dans une discographie,
quand on a la chance de continuer à être publié,
donc — même si ça fait un peu pédant — de bâtir une œuvre,
c'est que ce n'est pas direct, mais à tiroirs.
Il faut parfois un album déclencheur pour finalement décrypter les choses
qui faisaient que l'on n'accrochait pas sur les précédents.
C'est pareil pour les films :
souvent, on découvre un cinéaste à son huitième film ;
alors on revient en arrière.
Ça m'arrive avec plein d'artistes !

Vous avez conçu cet album sans label,
comme un quitte ou double qui a, d'ailleurs, débouché sur un double…

Oui, c'était un peu chaud pour moi.
J'ai senti que Virgin ne voulait pas me reconduire, j'étais stupéfait.
Alors j'ai pris les devants ;
j'ai demandé une réunion avec la direction de l'époque :
"— On fait quoi ? — Ben… on fait rien".
Ils m'embrouillaient, me demandaient si je voulais monter un label.
Il n'y avait aucune envie chez ces gens-là ;
ils étaient trop obnubilés par les plans sociaux qu'ils devaient gérer.
Donc, pendant que j'étais encore sous contrat,
j'ai passé des coups de fil, pour voir qui était intéressé…

L'indépendant Naïve, chez qui vous avez signé,
a accueilli depuis d'autres "pointures" : Etienne Daho, Arno…

C'est Patrick
[Zelnik, président de Naïve, ancien patron de Virgin France, NDLR]
qui récupère son catalogue historique.
Après, il faut quand même du sang neuf pour que ça marche.

Benjamin Biolay + Emilie Simon + Angil et Hiddntracks aux Nuits de Fourvière :
5, rue de l’Antiquaille, Lyon 5e. 04 72 32 00 00.
www.nuitsdefourviere.fr. 32 euros. Annoncé complet.

La Superbe, Benjamin Biolay, Naïve. 18 euros.
En concert le vendredi 26 mars au Transbordeur :
3 boulevard Stalingrad, Villeurbanne. 04 78 93 08 33. A 20 h 30.

LA TRIBUNE DE LYON
http://www.tribunedelyon.fr/index.php?actus/culture/21961-nuits-de-fourviere-:-benjamin-biolay--avant,-je-me-censurais-trop-en-studio-
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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Lun 16 Aoû - 14:39

Citation de Benjamin Biolay

«Quand il y a des mouvements collégiaux,
c'est inéluctable de te retrouver catalogué au milieu de gens avec qui tu n'as rien à voir.
Moi, ce mouvement de la nouvelle chanson française me débecte…»



Jonathan Swift :
«Quand un génie véritable apparaît en ce bas monde,
on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui».
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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Ven 15 Oct - 15:36

COFFRET LIVE LE 29 NOVEMBRE 2010



C'est peu de le dire que Benjamin Biolay a cassé la baraque cette année. Lancé dans un train médiatique à grande vitesse par des Chansons du Cinquième Étage forcément décisives, plus rien n'a arrêté le Français par la suite, qui prenait au passage une revanche éclatante sur ses (immérités) fours précédents.

Pour couronner le tout, le 29 novembre prochain paraîtra un coffret live aux multiples facettes. Trois, pour être précis, dont voici le détail (en sachant que troisiémo sortira un peu plus tard que ses copains deuxiémo et premiéro) :

- Premiéro : un double DVD comprenant un live d'1h30 filmé par Lætitia Masson au Casino de Paris les 7 et 8 mai derniers, et le film Dans Ta Bouche, aussi réalisé par Lætitia Masson. Soit une fiction d'1h30 prenant pour point de départ Benjamin Biolay : sa musique, ses textes, ses chansons et les personnages de ces chansons. [13,50€].

- Deuxiémo : le double DVD décrit dans le premiéro auquel s'ajoute le double album La Superbe. [19,50€].

http://www.magicrpm.com/artistes/benjamin-biolay/infos/coffret-live-le-29-novembre

- Troisiémo : le double DVD décrit dans le premiéro auquel s'ajoute un recueil de photos de 330 pages signé M/M, les artistes visuels attitrés de BB. Avec des clichés de la tournée agencés autour d'un texte de Mathias Augustyniak. [55€].
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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Ven 5 Nov - 11:07

Sortie du DVD Live le 29 novembre 2010

Live, Inclus le film "Dans ta bouche"
REALISATION L. MASSON



Il aura fallu attendre deux années après le précédent opus,
Trash Yéyé, pour que Benjamin Biolay sorte La Superbe.

Deux années qui ont été marquées par le changement
de maison de disque du chanteur français.

La critique est unanime à sa parution.
Ainsi l’Express qualifie le disque de "meilleur album de l’année" ;
les références citées sont prestigieuses :

rien de moins qu’XTC, Morrissey ou Gainsbourg.
C’est aussi Gainsbourg mais aux côtés cette fois de Bashung et Daho
qui sont invoqués sur France Inter.

Les Inrockuptibles sélectionnent quant à eux le titre Lyon presqu’île pour leur compilation
Une rentrée 2009 vol. 3
et le présentent comme
"l’un des vingt-deux diamants qui composent l’hallucinant diadème La Superbe".

Enfin, Télérama attribue au disque la note maximale...

Le public semble partager le même engouement.
L’album est à la première place du classement
des meilleures ventes d’albums téléchargés, la semaine de sa sortie.

La tournée du chanteur fait également le plein.
C’est afin d’immortaliser cette rencontre avec les fans,
qu’un DVD live a été tourné.
Incluant également le film Dans ta bouche, titre issu de Trash Yéyé,
il arrive à point nommé pour les fêtes !

http://www.evous.fr/musique/Benjamin-Biolay-DVD-Live,11297.html
Sortie le 29 novembre 2010.

ICI :
http://video.fnac.com/a3197598/Live-DVD-Zone-2?Origin=zanox873698

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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Sam 6 Nov - 20:00

6-11-2010
Benjamin Biolay comme chez lui




C’est le 11 décembre que le chanteur Benjamin Biolay terminera sa tournée 2010
par un concert à Villefranche.

La date sera évidemment particulière pour ce caladois,
qui tenait vendredi sa première conférence de presse dans la capitale du Beaujolais,
avant d’être reçu par Bernard Perrut à la mairie.
Un retour tout à fait naturel, sans excès ni fanfare.
Un peu comme on rentre chez soi,
mû simplement par le bonheur discret de retrouver les siens.
D’excellent augure avant le final de Noël à Parc Expo.

Lyon Mag : Ça vous fait quoi de finir votre tournée à Villefranche, votre ville natale ?

Benjamin Biolay :
C’est quand même assez émouvant. Pour être honnête, je ne m’y attendais pas.
J’avais envie de jouer à Villefranche, mais la date n’avait pas été intégrée
dans le plan de tournée.
J’ai trouvé ça un peu dommage de ne pas jouer dans ma ville natale.
Finalement, ce sera ma toute dernière date
Ca me fout les jetons, plus que faire le Casino de Paris.
C’est l’endroit le moins neutre pour moi.
Mais on avait envie de le faire. Avec les infrastructures,
la possibilité de le faire à Parc Expo, on s’est dit que c’était le moment ou jamais.

Conférence de presse, réception à la mairie, votre retour est plutôt bien accueilli ?

J’ai beaucoup aimé passer à la mairie.
J’ai été reçu dans la salle où ma soeur s’est mariée.
Le maire me connait depuis que je suis tout petit.
Plus jeune, j’ai beaucoup participé à la vie associative locale, musicale.
J’ai l’impression d’être à la maison,
mais pas forcément de rentrer comme si j’avais gagné le Paris-Dakar.
Ca ne me retourne pas le cerveau non plus.
C’est très émouvant et très sympa.

« Le spectacle durera deux heures et demie... si on ne lasse pas les gens ! »

Avant cette dernière caladoise, vous donnez deux concerts à Mexico et à Buenos Aires. Comment expliquez-vous ce succès si lointain ?

Je ne sais pas.
Quand j’y suis allé la première fois,
je pensais vraiment jouer devant cent expats français ou des gens de l’ambassade.
Quand j’ai vu les 4 000 spectateurs,
je me suis dit qu’il s’était passé un truc que je n’ai même pas pu supputer,
et qui est impossible à imaginer quand on chante en français.
Quand je me ballade dans la rue, certaines personnes m’interpellent,
« Biolay ! », avec l’accent.
C’est très étonnant.
Mais ce sont de gros malades de culture française.
Charles Aznavour fait 30 000 entrées là-bas.
A Paris, il fait 20 000. C’est dire si c’est énorme.
Clémenceau disait que l’Argentine était un pays d’avenir, mais qu’il le restera.
C’est un pays en développement pour toujours.
Cette ébullition, ce dyonisiaque perpétuel...
Un peu de Rome, de Paris, de Madrid, beaucoup d’intellectuels.
Il y a encore des existentialistes à Buenos Aires, dans les cafés.
J’ai vu au festival de Bafici des films d’Alain Guiraudie,
avec 4 000 spectateurs.
C’est un peu l’élixir de la vieille Europe que l’on fantasme tous.

On vous a vu partager la scène à Fourvière cet été.
Le spectacle de Villefranche sera plus conséquent ?

Le spectacle durera au moins deux heures et demie, si on ne lasse pas les gens !
On rentrera de la tournée sud-américaine.
On sera plein de bonnes vibrations. Le concert sera plus rentre-dedans.
C’est la dernière, le lendemain, plus de concert.
Il ne faut pas que j’en ressorte frustré en me disant j’aurai du faire ci ou ça,
tel solo, tel morceau. Il faut se lâcher.
L’avantage que j’ai, c’est que les cinq autres musiciens ne sont pas de Villefranche.
Ils seront moins émotifs que moi avant de monter sur scène.

Le région vous a déjà servi de support de composition :
dans l’album Négatif, vous dépeignez Villefranche,
dans La Superbe, vous chantez Lyon Presqu’île.
Quelle est l’histoire de ces deux morceaux ?

Pour la chanson sur Villefranche, j’ai figé le jour de mon départ.
Je me suis barré à 14 ans,
en me disant « je pars à Lyon, la musique, c’est là-bas. »
C’est une chanson assez naïve, assez candide.
Elle est vue à travers le prisme d’un enfant de 14 ans.
La chanson sur Lyon, je l’ai composé à Bruxelles au petit matin.
J’ai fait une musique.
Ça m’a rappelé Lyon, et c’est parti comme un petit film.
C’était un désir impérieux de parler de cet endroit.
Mais pour moi, ces deux lieux ne sont pas vraiment distincts.

« A long terme, j’aimerais me tourner vers la réalisation »

Quel regard portez-vous sur votre ville natale ?

Quand on est jeune, on pense à s’arracher.
C’est pas Disney World.
C’est la sous-préfecture de province.
Mais tu fais trois kilomètres à pied,
et tu es parmi un des plus beaux décors de la terre.
Le Beaujolais, en automne, c’est un truc de fou.
Moi j’aime quand les gens me parlent comme ça de ma région.
Quand ils y sont allés, se sont émerveillés de sa beauté.
C’est indissociable de moi.
Et si demain je trouve un petit môme à Villefranche qui fait une musique qui déchire,
je l’aiderais plus qu’un petit môme de Lille. C’est con.
Si c’est un petit merdeux d’ici, comme moi, qui a grandi au même endroit,
qui fait un truc bien, j’aurais forcément envie de l’aider.


En ouvrant, par exemple, la première partie de votre scène à un groupe local...

On a fait un appel à candidature.
On a reçu des trucs épatants.
Je pense d’ailleurs que c’est quelqu’un d’ici qui va le faire.
J’aime bien l’idée de transmission de flambeau, même si c’est un grand mot.
Moi, quand j’ai commencé avec l’affaire Luis Trio,
le chanteur m’a transmis des choses, que Kent lui avait transmis...
Et ainsi de suite. On se passe passe le relais. C’est la musique de notre coin.
On est d’ici. Après, on fait des télés à Paris comme tout le monde.
Mais les Lyonnais, c’était quelque chose.
Il y a un nombre de groupes qui ont marqué l’histoire.

Vous vous faites également plus pressant au cinéma...

J’ai tourné pas mal de films qui vont sortir.
J’ai eu des propositions intéressantes.
L’année prochaine, je privilégierai plus le cinéma.
La composition aussi. Mais ça, ça se fait à la maison.
A long terme, j’avoue que j’aimerais bien réaliser.
Mais dans le coin, il y a déjà Gaël Morel et Raymond Depardon.
Ce sera difficile ! J’aime beaucoup les deux.
J’ai énormément d’admiration pour Depardon que je n’ai croisé qu’une fois dans ma vie
mais qui m’a vraiment impressionné. C’est un Monsieur.

Une promotion est-elle prévue pour la sortie du DVD de votre tournée
La Superbe le 29 novembre ?

Je n’y participe pas trop.
Il ne faut pas aller faire de la retape quand tu vends un disque.
C’est un peu abuser les gens. Mon album est sorti il y a un an.
J’ai beaucoup de chance, beaucoup de gens l’ont acheté.
Je ne vais non plus leur faire miroiter que le DVD, c’est Elton John à Wembley.
C’est juste mon concert au casino de Paris. J’en suis très content.
Il faut que les gens aient envie de le voir ou de le revivre.
Mais il ne faut pas faire une retape de malade,
comme si tu vendais des chansons originales.



http://www.lyonmag.com/article/19744/benjamin-biolay-comme-chez-lui
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MessageSujet: Re: LA SUPERBE   Mer 10 Nov - 0:12

Le Caladois Ronan Siri
en première partie de Benjamin Biolay
à Villefranche



SWALLOWS

Benjamin Biolay, pour son concert de fin de tournée à Villefranche le 11 décembre,
a décidé d’ouvrir la première partie de sa scène
à un jeune artiste via un appel à candidature.

Et le jury, composé de Benjamin Biolay, Loïc Planche (Be My Events),
Patrick Zelnick (Naïve) et Pierre Jaconelli
a finalement tranché après l'écoute de près de 80 maquettes.

L'heureux gagnant est caladois.
Il s’agit de Ronan Siri, interprète et musicien complet d'une vingtaine d'années,
sur une veine pop folk très mélodique.

Une jolie voix donc qui ouvrira la dernière scène 2010
de l’auteur de La Superbe. Benjamin Biolay,
lors de sa conférence de presse donné à Villefranche vendredi,
avait laissé entendre qu’un artiste « local »
était en bonne position pour emporter le morceau.
C’est désormais confirmé, depuis 19h mardi, via la page Facebook du chanteur.

MYSPACE RONAN SIRI :
http://www.myspace.com/undatrees
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