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 L'HOMME A TETE DE CHOU

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Nine
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MessageSujet: L'HOMME A TETE DE CHOU   Jeu 29 Oct - 1:14

FACE A L'ABSENCE DE BASHUNG



Le chorégraphe Jean-Claude Gallotta évoque dans un entretien à l'Associated Press les liens qu'il a pu tisser avec Alain Bashung à l'occasion du projet autour du spectacle
"L'homme à tête de chou",
qui doit être présenté cet automne au public.


Marilou "tuée par le personnage de Gainsbourg" mais "toujours présente", Gainsbourg disparu,
Bashung aujourd'hui parti, "j'ai cet héritage de l'absence", a confié jeudi le chorégraphe.

La réinterprétation d'Alain Bashung de "L'homme à tête de chou"?

Jean-Claude Gallotta: "Très sincèrement, c'est magnifique. Il était encore avec sa voix, en pleine puissance, en pleine intériorité. C'est extraordinaire, parce que c'est à la fois Gainsbourg et Bashung. Il a réussi un truc incroyable. On sent dans sa voix : il le réinvente tout en lui rendant hommage. Je crois que c'est une très grande chose".

C'est "comme s'il l'avait répété toute sa vie en fait.
Alors que c'est pas facile, il l'a fait comme ça, d'une traite". "
Il n'a rien rajouté au niveau des textes, ça, il ne voulait pas.
Il a vraiment respecté l'oeuvre de Gainsbourg. Par contre", Bashung "a travaillé avec Denis Clavaizolle pour trouver l'adaptation des musiques et leur prolongement".

Le spectacle ?

JCG: "Il n'y a pas de metteur en scène. En fait, je fais tout, ce qui me donne une plus grande liberté. J'ai vraiment la bande d'Alain, l'histoire de Gainsbourg. Ca rejoignait en fait mes préoccupations.

"Je pense que tous deux ont flirté à la fois avec Beckett, l'intériorité et en même temps le rock. C'est une énergie du désespoir en fait, c'est sombre mais il y a de l'énergie".

Sur scène, il y aura "14 danseurs, sept filles, sept garçons,
et les spectateurs y verront soit l'homme à tête de chou soit Marilou.
Je pense que chacun va se passer le relais.
Parce qu'il y a douze séquences" mais "on a essayé de faire en sorte" qu'"on puisse aussi avoir une continuité, un seul ballet d'un seul jet".

"Avec la voix, on aura non seulement la charge émotionnelle mais aussi l'histoire. Tout est raconté", "l'oreille sera chargée musicalement et le visuel ne sera que la danse".

"On va commencer à répéter vers le mois de juillet, à l'été" et "après on se lance".

"Je ne sais pas encore" si l'absence de Bashung sera soulignée dans le spectacle. "C'est tellement brusque. Là, je suis en train de tout retravailler. Je ne veux pas m'arrêter parce que j'y ai vraiment cru, lui, il y a cru. Il faut dire que c'était un projet sur lequel il travaillait encore".

Mais Bashung ayant dit "qu'il ne serait pas sur scène", "c'était à moi de me débrouiller" sans "lui, avec sa voix". "La mort rajoute un effet de sublimation, mais ce que j'avais imaginé devrait continuer en fait".

La couleur du spectacle sera "le noir, le sombre, parce qu'il y a tout dans le noir comme dirait (Pierre) Soulages. Les deux aimaient le noir, c'étaient des sombres, Gainsbourg et Bashung". Et le plateau sera "nu". Car le "plateau nu, c'est vraiment un écran", une "page noire, c'est comme une scène de rock, c'est aussi comme un hôpital psychiatrique, comme une prison, en fait, ce sont des lieux de rassemblement. La lumière va sculpter l'espace".

"Normalement, on devait faire le projet la saison prochaine. Et puis, il s'est trouvé que Jean-Michel Ribes (directeur du théâtre du Rond-Point) avait un créneau d'un mois" cet automne et qu'il "fait une thématique sur la danse et la musique (...) En plus, on voulait gagner du temps, on savait Bashung malade. On s'est dit: on sera au moins ensemble pour ça (...) On voulait qu'il soit avec nous jusqu'au dernier moment et qu'il vienne voir les spectacles. Et puis rien n'interdisait même qu'il le fasse un soir en live, tout était ouvert et on voulait faire au plus vite".

Que retenez-vous de Bashung ?

JCG: "Pour moi, c'était le modèle parfait, parce qu'il représentait le rock que j'aime beaucoup, mais aussi une sorte d'intello. Donc, il nous rejoignait dans notre quête d'essayer d'embrasser le monde, avec des choses très populaires, très rock, très rockabilly, et en même temps", on pouvait "échanger sur Beckett, le pop art, ou sur des cinéastes, comme Straub et Huillet".

"On avait (avec sa musique) quelque chose à la fois de rythmé et de lyrique, de poétique, d'un peu fou, puis très beau".

"On s'est entendus incroyablement bien, c'était vraiment comme un ami spirituel parce qu'on avait les mêmes références", "c'était quelqu'un d'une incroyable douceur, très tranquille (...) Notre dernière rencontre date d'il y a "peut-être un mois dans un restaurant (...) Je me dis que je perds quelqu'un de précieux".

Le défi maintenant qu'Alain Bashung n'est plus là?

JCG: "Je ne sais pas. Je me dis que c'est un peu lourd à porter". "A la fois, c'est terrible et magnifique. Parce qu'on est les derniers à porter une chose comme ça, et en même temps, il y a cette lourdeur. Un peu trop, et du coup, je me rassure en disant: même si les gens n'aiment pas la danse, même si les gens n'aiment pas le spectacle que j'ai fait, au moins, ils entendront, je crois,
une très, très belle bande, comme un CD posthume de Bashung,
parce que c'est vraiment magnifique", "c'est énorme"
. AP

article paru sur nouvel obs AP | 20.03.2009


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MessageSujet: Re: L'HOMME A TETE DE CHOU   Jeu 29 Oct - 1:22

Bashung à tête de chou
Interview 03/2009



Le chorégraphe Gallotta révèle comment le chanteur mourant œuvrait avec lui
à une création d’après «l’Homme à tête de chou» de Gainsbourg.

Recueilli par MARIE-CHRISTINE VERNAY
LIBERATION

Après la disparition de Bashung, Jean-Claude Gallotta, directeur du Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN), se retrouve avec un enregistrement de l’Homme à tête de choux de Gainsbourg par Bashung, qui sera la bande-son de son prochain spectacle - et accessoirement, événementiellement,
tôt ou tard le «nouvel album» évident du chanteur de Chanteur disparu sur l’air de
Marilou repose sous la neige.

Dernière bande médiumnique, cette BO posthume est donc signée de feu-Bashung :

le rocker pharaon était déjà présent au finale d’un précédent spectacle du chorégraphe, Chroniques intimes-saison 1, présenté en décembre. Cet ensemble à la «Gallo», plein d’élan collectif et d’échappées belles individuelles, était en effet porté par Résidents de la République. Un clin d’œil-hommage qui inaugurait un projet plus vaste - encore et plus que jamais en oeuvre désormais.

Récit par Jean-Claude Gallotta de cette collaboration au sommet in extremis, qui aboutira au mois de novembre prochain à la création d’un ballet, à la MC2 de Grenoble et au Théâtre de l’Odéon, sans parler de la sortie discographique insolite, mort sur mort, tête à tête.
Très vite, il a accepté…

Ma première rencontre avec Alain remonte à l’inauguration de la MC2 en 2004. Il était venu faire un concert avec Christophe, et ma compagnie présentait My Rock. Bashung avait vu le spectacle et m’avait dit qu’il voulait mettre un peu de danse dans ses concerts. Nous en sommes restés là. Je pensais que, peut-être, c’était cela qui pouvait encore lui manquer, une dimension abstraite qu’il allait trouver dans la danse contemporaine.
Réincarner Gainsbourg…

En 2006, le producteur Jean-Marc Ghanassia avait envie de mettre en scène l’Homme à tête de chou de Gainsbourg. Il avait vu mes spectacles et pensait à un ballet. Mais qui pouvait réincarner Gainsbourg ? On a très vite évoqué Bashung, à la frontière entre le rock et quelque chose de plus contemporain. Alain a tout de suite accepté, dans la perspective de le jouer sur scène, et il a enregistré très vite sa voix, en 2006. C’était comme s’il l’avait répété toute sa vie. C’est sorti d’une traite.
Sans changer le texte…

Alain avait bien compris qu’il s’agissait de danse et a eu une attitude très humble, en prévoyant que les danseurs seraient sur le devant de la scène et les musiciens en retrait. Il n’a pas du tout changé les textes. Il a rallongé la musique pour que cela fasse une heure. de ballet. Les douze morceaux sont respectés, mais dans un continuum, comme s’il s’agissait d’un montage de film. Et puis il y a comme une 12 bis. Ecrire encore n’était pas faux, c’était comme si cette musique restait inachevée, il l’a prolongée.
Etrange été…

On s’est vu souvent l’été, on parlait, on échangeait chez lui et il était venu voir les Gens qui dansent. J’étais bien, il était si doux. Tout prenait sens. Etre avec lui, c’est rassurant, tu te dis :

«Merde, c’est encore possible…»
Silence radio…

Dès l’automne, c’est le silence radio. Je ne sais pas ce qui se passe. En 2007, j’apprends qu’il a le cancer. Je pense qu’alors, il a mis toute son énergie dans son album, toutes ses forces, et j’accepte sans problème le report du projet. En 2008, il m’informe qu’il n’a pas la force, qu’il n’aura pas le souffle suffisant, qu’il faudra trouver une autre solution. Il me demande : «Est-ce que ma voix est bien enregistrée ?» Elle l’est.

Une maquette magnifique…

Je ne sais pas vraiment, mais je pense qu’il avait prévu qu’il n’aurait pas la force de revenir sur la bande après son album. Ils nous a laissé une maquette magnifique, confiant aux mixeurs, Denis Clavaizolle et Jean Lamoot, le soin d’aboutir le projet musical. Le samedi précédant sa mort, on ne savait pas qu’il était à l’hosto, et on écoutait la bande. Je me suis dit que Bleu Pétrole était déjà dans l’Homme à tête de chou :

L’absence…

J’ai pensé abandonner, mais on était allé trop loin. Tout est engagé. On ne savait pas où on allait mais cela relevait de l’intuition, du coup de foudre, et lui, il me faisait un cadeau. On a parlé du cinéma, de la littérature. Il n’évoquait sa maladie que lorsqu’il allait mieux. Quand j’ai fait les Chroniques, je suis allé le voir. Je me sentais mal mais son entourage m’a dit :«Vas-y, cela lui fera plaisir.» C’était dans un resto. Il était très amaigri, affaibli, et je lui racontais ce que les danses faisaient sur sa musique.

Ce contact qu’il a avec la danse contemporaine, je le comprends.

Il y a l’absence de Marilou dans l’Homme à tête de chou. Puis il y a l’absence de Gainsbourg, et maintenant celle de Bashung…
Comme si la danse était le réceptacle de l’absence, qu’elle avait en charge l’énergie qui reste, la trace.



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MessageSujet: Re: L'HOMME A TETE DE CHOU   Jeu 29 Oct - 1:28


[Théâtre - Danse]

Lieu : Théâtre du Rond-Point - Paris
Dates : du 27 Novembre 2009 au 19 Décembre 2009


Chorégraphie et mise en scène : Jean-Claude Gallotta assisté de Mathilde Altaraz
Paroles et musiques originales : Serge Gainsbourg
Interprétation : Alain Bashung
Orchestration, musiques additionnelles : Denis Clavaizolle

Qui d'autre que Serge Gainsbourg pouvait imaginer pareille histoire et la développer
sur toute la durée d'un album ?
Interné dans une clinique psychiatrique, l'homme en question y ressasse son aventure fatale avec la belle Marilou pour laquelle il a claqué tout son fric et même plus,
avant de la démolir dans un accès de folie à coups d'extincteur.
Sorti en 1976, ce disque d'anthologie qui ne rencontra pas immédiatement le succès
devient aujourd'hui une oeuvre scénique.
Avec les danseurs du CCN de Grenoble
----------------
L'homme à tête de chou

Je suis l'homme à la tête de chou
Moitié légume moitié mec
Pour les beaux yeux de Marilou
Je suis allé porter au clou
Ma Remington et puis mon break
J'étais à fond de cale à bout
De nerfs, j'avais plus un kopeck
Du jour où je me mis avec
Elle je perdis à peu près tout,
Mon job à la feuille de chou
A scandales qui me donnait le bifteck
J'étais fini foutu échec
Et mat au yeux de Marilou
Qui me traitait comme un blanc-bec
Et me rendait moitié coucou.
Ah non tu peux pas savoir mec
Il lui fallait des discothèques
Et bouffer au Kangourou
Club alors je signais des chèques
Sans provision j'étais fou fou
A la fin j'y fis le caillou
Comme un melon une pastèque
Mais comment-Je ne vais pas du tout
Déballer comme ça aussi sec
Quoi ? Moi ? L'aimer encore ? Des clous.
Qui et où suis-je ? Chou ici ou
Dans la blanche écume varech
Sur la plage de Malibu

Serge GAINSBOURG


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MessageSujet: Re: L'HOMME A TETE DE CHOU   Jeu 29 Oct - 1:38

VARIATIONS SUR MARYLOU

«Là-dessus, cette Narcisse plonge avec délice
Dans la nuit bleu-pétrole de sa paire de Levis».



...Dans son regard absent
Et son iris absinthe
Tandis que Marilou s'évertue à faire des vol
Utes de sèches au menthol
Entre deux bulles de comic-strip
Tout en jouant avec son zip
A entrebailler ses Levi's
Dans son regard absent et son iris
Absinthe dis-je je lis le vice
De baby doll
Et je pense à Lewis Caroll...

L'homme à tête de chou est une oeuvre de Gainsbourg,
mise en scène par le chorégraphe Jean-Claude Galotta sous forme d'un ballet
Sauf qu'il fallait quelqu'un pour incarner Gainsbourg.
Le nom de Bashung est rapidement apparu comme une évidence.

En 2006, le chanteur a donc enregistré la maquette de l'oeuvre, d'une traite.
Les mois qui suivirent furent ceux des soucis liés à sa maladie, aux traitements lourds.

Bashung se rendit rapidement compte qu'il n'aurait "pas la force", plus "le souffle suffisant"
pour chanter cette oeuvre. Il se concentra sur son dernier album, Bleu Pétrole.
Mais il restait la maquette de L'homme à tête de chou, enregistrée quelques mois auparavant.
Alain Bashung et Jean-Claude Galotta étaient donc d'accord.

Cette maquette étant magnifique, malgré le décès du chanteur, le spectacle se fera, avec sa voix.
Etrange impression en perspective :
un génie interprété par un autre génie... les deux décédés...
nul doute que le spectacle sera d'une rare émotion.


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MessageSujet: Re: L'HOMME A TETE DE CHOU   Jeu 29 Oct - 1:47

Au-delà, Bashung…



Oeuvre posthume que cette adaptation de L’Homme à tête de chou de feu Gainsbourg,
mis en scène par le chorégraphe Jean-Claude Gallotta

Ce fut une somme de rencontres qui présida à cette œuvre.
Naguère celle, fortuite, du chorégraphe Jean-Claude Gallotta et d’Alain Bashung.

Entre eux l’étincelle et, pour le chanteur, l’envie de chorégraphies à venir…
Et cette autre rencontre entre le producteur Jean-Marc Ghanassia, et son désir têtu de faire mettre en scène L’Homme à tête de chou de Serge Gainsbourg, avec le ballet de Gallotta.

L’affaire est faite, rondement menée presque. Leur restait à trouver celui qui chanterait le personnage et prolongerait la musique : ça ne pouvait être, selon Gallotta, que Bashung.
Dont acte, ce fut Bashung dans une rencontre charnelle avec le matériau Gainsbourg.
L’œuvre existe désormais, qui sera créée le mois prochain à la MC2 de Grenoble.
Avec quatorze danseurs, en douze tableaux et la constante idée de suggérer
Marilou et cet Homme à tête de chou.

A l’origine, Bashung devait se produire en direct sur scène, en contrepoint des pas du ballet.
Puis vient la maladie que l’on sait… De fait, ce sera bande posthume,
tant que l’auteur de La Nuit je mens n’aura connu la bande musicale que par la maquette qu’il avait consigné sur son ordinateur, sans avoir pu entendre ni su attendre la version intégrale, celle avec de vrais musiciens.
Ni bien sûr constaté de visu l’union charnelle qui associe chant, musique et danse, qui lie l’art de Gainsbourg,
le sien et celui de Gallotta, constantes négociations entre
« l’art populaire et la profondeur, l’énergie et le sombre, dandy et désespéré ».

Sans être le testament musical d’Alain Bashung,
cet opus ultime est le dernier acte de l’œuvre que l’on sait.
C’est dire si ce sera événement. Un disque devrait sortir prochainement…

Du 12 au 14 novembre à la MC2 à Grenoble
puis au Théâtre du Rond-Point, à Paris, du 27 novembre au 19 décembre,
et à l’Espace Malraux de Chambéry, les 12 et 13 janvier.
*******************
Journaliste spécialisé dans la chanson
Michel Kemper
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MessageSujet: Re: L'HOMME A TETE DE CHOU   Jeu 29 Oct - 2:11

JEAN CLAUDE GALOTTA



"Aux Beaux-Arts, le professeur de dessin souhaitait que l'on peigne le mouvement
et que l'on sorte de l'atelier. (...) En dessinant ces petits chignons transpirants,
j'ai eu un coup de foudre pour cet art méconnu. ”


JC Gallotta commence la danse à 20 ans après avoir étudié aux Beaux Arts.
Fort de cette expérience, il imposera son style de chorégraphies pluridisciplinaires intégrant textes, musiques et interventions plastiques.
A New York, il découvre le travail de Merce Cunningham qui influencera durablement sa pratique.

En 1979 il fonde avec Mathilde Altaraz le Groupe Emile Dubois
qui s’intégrera bientôt à la Maison de la Culture de Grenoble dont il prendra la direction.
Il la rebaptise le « Cargo » en 1986, Cargo qui deviendra CCN (Centre Dramatique National).

Il crée alors Ulysse, son premier ballet, les décors et les costumes sont blancs en signe d’innocence, de commencement. Le spectacle sera vivement acclamé et fera une tournée au Japon et en Amérique du Nord, imposant un certain renouveau de la danse contemporaine.
JC Gallotta le reprendra 26 ans plus tard sous le nom de Cher Ulysse.
En 1987, il élabore Mammame, autre grand succès.

Entre 1997 et 2000, il travaillera au Japon avec le département danse du
Shizuoka Performing Arts Center.
En 2004, il élabore un spectacle nommé Trois générations
qui rassemble des enfants et d’anciens danseurs de la compagnie.
Avec Hans Peter Cloos, il travaille ensuite sur Les Sept péchés capitaux de Bertolt Brecht
sur une partition de Kurt Weill.



À plusieurs reprises, Jean-Claude Gallotta travaille à des projets audiovisuels.
Il réalise plusieurs longs métrages.
Il est également metteur en scène de textes de Jean-Marie Piemme et Bernard Pouy.
Galotta est l’auteur d’un livre autour de sa pratique Mémoire d’un dictaphone,
il existe aussi un recueil d’entretiens du chorégraphe nommé Les yeux qui dansent.

2009 : L'HOMME A TETE DE CHOU
Ce spectacle sera créé le 12 novembre 2009 : MC2 : Grenoble (Grenoble)

Mise en scène Jean-Claude Gallotta
Chorégraphie Jean-Claude Gallotta
Dramaturgie Claude-Henri Buffard
Costumes Jacques Schiotto, Marion Mercier
Musique Serge Gainsbourg
Paroles Serge Gainsbourg
Assistanat chorégraphique Mathilde Altaraz
Voix off Alain Bashung
Production Jean-Marc Ghanassia

Dates
2009-2010 MC2 : Grenoble (Grenoble) du 12/11/2009 au 15/11/2009
[ 4 rep. ] (à venir)
Théâtre du Rond-Point - Paris
Dates : du 27 Novembre 2009 au 19 Décembre 2009

Le Cratère (Alès) du 18/05/2010 au 19/05/2010 Grande salle

Partenaires de création
Co-production MC2 : Grenoble (Grenoble)
Maison de la Culture de Grenoble (Grenoble)
Centre chorégraphique national de Grenoble - Groupe Émile Dubois (Grenoble)
Co-réalisation Theâtre du Ront-point - Paris.


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MessageSujet: Re: L'HOMME A TETE DE CHOU   Jeu 29 Oct - 2:19



« Avec son regard absent et son iris absinthe »,
la petite garce shampouineuse Marilou rend « fou et à moitié coucou »
un type aux grandes oreilles, « moitié légume moitié mec »,
lequel finira par la faire disparaître sous la mousse, à coups d'extincteur.

L'Homme à tête de chou est un album-concept écrit en 1976 par Serge Gainsbourg.
Il y développe une dérision, une liberté et une invention verbale et musicale exceptionnelles.

Alain Bashung était de la même famille musicale, celle de l’élégance morale,
de l’exigence artistique, de l’ironie un peu désespérée, oscillant de la même façon entre gravité et légèreté.
Au printemps dernier, juste avant de s'en aller « faire un tour de l'autre côté »,
il a eu le courage et l'élégance d'achever sa part de travail
pour le projet chorégraphique de Jean-Claude Gallotta.
Il a enregistré les chansons de l'album l'Homme à tête de chou,
a lié les différents tableaux de l'histoire de Marilou en une continuité musicale d'une heure dix.
« Il l’a fait magnifiquement, dit Jean-Claude Gallotta,
sa voix était en pleine puissance, et en pleine intériorité. »

Jean-Claude Gallotta qui aime croiser le fer avec des genres différents
(rock, jazz, musique khmer, Bach, Kurt Weill, Janacek, Dusapin, Lully..)
retrouve ici ses idoles d'adolescent par lesquels il a découvert la musique.

En douze tableaux et avec quatorze danseurs, sous le regard des deux maîtres,
mais «leur absence en héritage »,
Jean-Claude Gallotta se propose de fondre son univers aux leurs,
de traiter chorégraphiquement le dépouillement, la violence, le désir,
« qu'on perçoive quelque chose, dit-il,
de la douleur latente qui parcourait ces deux artistes
en même temps que leur formidable énergie ».





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MessageSujet: Re: L'HOMME A TETE DE CHOU   Jeu 29 Oct - 2:32

Exclu Bashung :
J'ai écouté les 12 chansons de L'Homme à la tête de chou !



Gilles Médioni (L'Express)

C'est le disque posthume d'Alain Bashung.
Ou plutôt un enregistrement car le disque n'existe pas pour l'instant.
Pas encore ?

J'ai eu la chance de l'écouter grâce à Jean-Marc Ghanassia, le producteur du spectacle
L'Homme à la tête de chou. C'est lui qui est à la genèse du projet.
Et à Denis Clavaizolle qui signe les musiques additionnelles, les orchestrations et les arrangements.

Jean-Claude Gallotta a mis en scène et chorégraphié cette histoire d'amour et de sang imaginée par Serge Gainsbourg en 1976. La MC2 accueille L'Homme à la tête de chou à Grenoble du 12 au 15 novembre.
Le Théâtre du Rond-Point, à Paris, du 27 novembre au 19 décembre. Etc, etc...

La bande son fait 1 h 10. Le disque-culte de Gainsbourg culminait à 35 minutes.
Alain Bashung a accepté le projet en novembre 2006.
Et enregistré les chansons quelques mois après.

Lui et Denis Clavaizolle ont discuté longuement des univers sonores du spectacle :
Satie, Ravel, Mahler, Les Doors, Captain Beafheart...
Au départ, Bashung devait se produire en live avec ses musiciens à côté des danseurs.
Ce sera finalement une bande-son que l'on entendra.

Et alors! c'est comment ?
Quand j'ai posé le disque sur ma platine, mon coeur a sauté,
c'est un peu lyrique mais j'assume, d'ailleurs je l'ai rattrapé (mon coeur).
C'est sur la plage 2 que la voix de Bashung est montée:
L'Homme à la tête de chou, eh ouais, j'ai frissonné.

Bashung chante Gainsbourg en 12 actes - les 12 chansons du disque -
et c'est bien lui qui transpire dans cette version 2009 tremblée,
caverneuse et tordue dans tous les sens - aux sens propres aussi.
Entre Alain et Serge, ce n'est pas la même noirceur, ni la même pudeur ou impudeur
- Marilou est diablement érotique, il faut oser chanter Transit à Marilou -
mais ils ont vécu l'un et l'autre les mêmes nuits d'encre.
Bonne ballade dans la boîte crânienne de L'Homme à la tête de chou.

4 TITRES EN ECOUTE ICI :
http://www.lexpress.fr/culture/musique/ecoutez-alain-bashung-chanter-l-homme-a-tete-de-chou-de-gainsbourg_824526.html


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MessageSujet: Re: L'HOMME A TETE DE CHOU   Jeu 29 Oct - 2:44

A propos de Gainsbourg :
Alain Bashung


Alain Bashung livre ses impressions et souvenirs personnels de Serge Gainsbourg,
au delà de la fructueuse collaboration Play blessures.
- par Anne-Claire Norot les Inrocks


Gainsbourg a apporté beaucoup à la chanson française.
Il perpétuait une certaine forme de poésie, avait également de l'insolence, toute une attitude :
très noble, dandy et décadent à la fois.
Il abordait toujours des styles différents, donc on était toujours étonnés quand il livrait son dernier disque, c'était toujours une surprise.
Pour certains auteurs, c'était exactement ce qu'ils auraient aimé écrire.
Gainsbourg était une sorte d'étalon or, il montrait un niveau de qualité d'écriture.
C'était un bon guide.

Play blessures, l'album que j'ai fait avec lui, a été un album assez en avance à l'époque.
Avec le recul, c'était des atmosphères, des sons assez originaux et je voulais mélanger toute cette approche de sons avec des mots très choisis qui soient à la fois compréhensibles et élégants ou déséspérés mais en tout cas le plus justes possibles, avec une esthétique.
Il me proposait parfois des choses qui ne me convenaient pas toujours, parce qu'il travaillait beaucoup avec des femmes en général. Il a fait beaucoup de chansons pour des femmes, plus que pour des hommes, donc j'étais un peu là pour lui dire
"je suis un homme et certains mots ne passeront pas, sont trop fins."
Donc parfois il fallait un peu le brutaliser.

Lui avait quelque chose que je n'ai pas vraiment, il pouvait faire une chanson avec deux trois mots qui ne le concernaient pas spécialement, qui ne le prenaient pas aux tripes et il arrivait à en faire quelque chose qui tienne debout et qui sonne, juste par un travail de mécanisme artistique.

Moi, il faut que je le ressente vraiment pour avoir envie de finir la chanson. Je prenais de lui tout ce que je pouvais assumer. Parfois il écrivait quelques mots mais je lui disais "ça c'est très joli mais je ne peux pas l'assumer, ça me concerne moins." C'était toujours d'un grand niveau, ce n'était pas une question de qualité, c'était simplement que je sélectionnais les idées, les mots qui, dans ma bouche pouvaient sonner vrai.

Dans sa musique, il mettait le mot qu'il fallait au bon endroit avec le bon accord derrière, c'était sa force. Il était méticuleux, il travaillait presque dans le précieux. Il avait le sens du rythme des mots, il savait ce que donnait une phrase projetée comme ça, à l'oreille, pas seulement sur le papier.

Il était très conscient de la valeur de chaque mot et de ce que ça donnait sur une mélodie, sur un rythme, il avait une technique incroyable. Ce que je trouvais formidable, c'était d'avoir en face de moi quelqu'un qui pouvait faire le lien entre la chanson française de qualité, à l'échelle d'un Bijou, et tous ses voyages dans le jazz, la musique africaine, Kurt Weill ou le reggae, en passant par la pop.

Il démontrait qu'il n'y avait pas de racisme dans sa musique. Ce qui était important c'était de s'amuser avec tous ces styles et de les ramener à lui. Il démontrait quelque chose d'important pour la chanson à savoir qu'on pouvait aborder plein de styles différents et les remanier, sans frontières.
Seule la qualité des choses jouait.

J'avais un peu honte que les Français le découvre à cinquante ans, qu'il se sente presque obligé de devenir un Gainsbarre, comme ça, pour plaire à plus de gens.

Je me disais : A la fin de sa vie, peut-être qu'il n'avait pas le choix entre l'artiste et le personnage public.

Il me disait à un moment donné, comme il disait à tout le monde, qu'il avait fabriqué un personnage comme une marionnette qu'il propulsait devant lui, et il en était un peu prisonnier.
Il l'avouait lui-même.
J'aurais préféré qu'il se retrouve avec une sérénité mais je crois que ça l'aurait emmerdé.
L'idée d'équilibre social, je crois que ça l'emmerdait.
Ça ne l'empêchait pas de se sentir responsable par rapport aux siens, dans sa vie privée.

Au début des années 80, après le punk, on entendait beaucoup parler du retour du rock, on baignait beaucoup dans la sub-culture, on en était fier. Et j'avais en face de moi quelqu'un qui avait une culture artistique complète, il ne crachait pas sur ce qui était classique, architectes ou anciens musiciens, ni sur ce qui était nouveau ou futuriste.

C'était très excitant d'avoir en face de moi quelqu'un qui n'a pas aimé uniquement son petit bout de palier personnel, mais qui était très ouvert, qui avait une vraie culture du passé.
C'etait un bon guide !


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MessageSujet: Re: L'HOMME A TETE DE CHOU   Jeu 29 Oct - 3:40



À la façon des films noirs américains, l’histoire est construite en un long flash back.
Mi-homme mi-légume L’Homme à tête de chou revit l’histoire tragique de son amour
fatal pour Marie-Lou qui l’aura conduit à la folie et au crime.
Sur un plateau nu, sans meuble ni décor, Jean-Claude Gallotta met en scène cette histoire sous la forme de tableaux chorégraphiques interprétés par une troupe de 14 danseurs.
Les chansons de Serge Gainsbourg sont chantées sur bande par Alain Bashung avec de nouvelles orchestrations et des musiques additionnelles de Denis Clavaizolle.

Entretien
Comment avez-vous eu l’idée de créer une chorégraphie à partir de l’album L’Homme à tête de chou de Serge Gainsbourg ?

Jean-Claude Gallotta : Chez Gainsbourg, j’aimais le chanteur bien sûr mais aussi le poète,
le peintre maudit, le personnage.
L’album L’Homme à tête de chou m’a intrigué dès sa sortie. Il est construit comme une histoire,
comme un scénario de film, avec des fantasmes, de la poésie, du slam – ce côté chanté-parlé
que Gainsbourg maîtrisait si bien.
En le chorégraphiant, j’ai le sentiment de continuer un travail de transmission entre les arts :
d’abord sculpture, croisée, dit-il, dans la vitrine d’une galerie, l’Homme à tête de chou est devenu chansons, puis, par la grâce de Bashung, s’est transformé en une sorte d’opéra-rock.
Ma chorégraphie sera faite de toutes ces transmutations-là.

Comment avez-vous fait appel à Alain Bashung, et pourquoi ?
J-C G. : J’ai toujours eu envie de confronter la danse à d’autres disciplines artistiques.
Et le rock est une musique qui a beaucoup compté pour moi.
Pour donner une ampleur scénique à l’album, on a cherché un artiste qui soit capable de travailler à partir de cette base. Bashung, assez naturellement, s’imposait.
Il a donné son accord et s’est mis au travail tout de suite. Le fait d’avoir bien connu Gainsbourg lui a permis de faire ce travail presque facilement, comme si ça coulait de source.
Il a tout réorchestré à partir de la trame originale, et l’a merveilleusement interprété.
On a là un véritable inédit de Bashung.

Le projet
« J’ai croisé l’Homme à tête de chou à la vitrine d’une galerie d’art contemporain.
Sous hypnose, j’ai poussé la porte, payé cash, et l’ai fait livrer à mon domicile.
Au début, il m’a fait la gueule, ensuite il s’est dégelé et a raconté son histoire.
Journaliste à scandales tombé amoureux d’une petite shampouineuse assez chou
pour le tromper avec des rockers, il la tue à coups d’extincteur,
sombre peu à peu dans la folie et perd la tête qui devient chou. »

Serge Gainsbourg

Il y a des affinités évidentes entre Gainsbourg et Bashung...
C’est la même famille musicale, la même famille éthique si j’ose dire :
l’élégance morale, l’exigence artistique, l’inspiration parcourue de sombre et d’ironie.
Ils oscillent entre gravité et légèreté de la même façon.
Côté textes, il est rare de trouver une telle cohérence, un tel niveau, une telle régularité.
Je crois que tous les musiciens sont d’accord sur cette parenté,
plusieurs le rappelaient encore lors des dernières Victoires de la musique.

Pour l’anecdote, on remarquera que Bleu pétrole, titre du dernier album de Bashung, est une expression qu’on trouve également dans une chanson de L’Homme à tête de chou

(« Là-dessus cette Narcisse / Se plonge avec délice /
Dans la nuit bleu pétrole / De sa paire de Levi’s »).

Gainsbourg et Bashung ont travaillé ensemble, ils ont écrit un album à deux, Play blessures, en 1982. Curieusement on semble ne le redécouvrir qu’aujourd’hui,
sans doute par ce que c’est un album difficile d’accès pour le grand public,
l’un et l’autre y cultivent leur côté noir, sans complaisances avec la mode musicale de l’époque.

Bashung avait un infini respect pour Gainsbourg, à la fois pour ce qu’il a apporté à la chanson française et pour le style de l’homme,
ce que j’appelais son insolence, sa désespérance élégante.

Je crois qu’il admirait également chez Gainsbourg sa capacité à métisser la chanson française de jazz, de musique africaine, de Kurt Weill ou de reggae, en passant par la pop, à démontrer qu’il n’y a pas de racisme dans sa musique, à s’amuser avec tous ces styles et à en faire son propre style.

On l’a dit, L’Homme à tête de chou est un album-concept au sens où ce n’est pas une compilation de dix ou douze titres, c’est un ensemble de chansons avec une trame narrative, une histoire racontée.

C’est pour ainsi dire le jumeau de Histoire de Melody Nelson qu’il a écrit cinq ans avant.
La trame narrative est d’ailleurs assez proche :
une histoire d’amour qui se termine mal, un basculement dans la folie.

L’Homme à tête de chou est un texte d’une grande audace poétique.
Quant à la musique, Gainsbourg a osé ce qu’il n’ose pas ailleurs.
De ce point de vue, c’est son album le plus d’avant garde.
On y entend toutes sortes d’instruments, de distorsions, d’emprunts à des styles musicaux différents, rock, reggae, pop...

Jean-Claude Gallotta
Extraits des propos recueillis par Claude-Henri Buffard

Tournée
Du 12 au 14 novembre 2009 : MC2 : Grenoble
Les 20 et 21 novembre 2009 : Le Quartz à Brest
Les 12 et 13 janvier 2010 : Espace Malraux de Chambéry
Du 11 au 13 mars 2010 : Le Colisée de Roubaix
Les 4 et 5 mai 2010 : Odyssud à Blagnac
Les 10 et 11 mai 2010 : Le Théâtre musical de Besançon
Les 18 et 19 mai 2010 : Le Cratère d’Alès
Les 26 et 27 mai 2010 : Scène nationale de Combs la Ville
1er au 3 juin 2010 : La Comédie de Clermont-Ferrand



Dernière édition par Nine le Jeu 29 Oct - 4:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'HOMME A TETE DE CHOU   Jeu 29 Oct - 4:01

MARILOU SOUS LA NEIGE

L'homme à tête de chou 1976
* 2001 - Mercury, 548 432-2 (1 cd)

12 titres - 32:06 min
* 1/ L'homme à tête de chou (2:59)
* 2/ Chez Max coiffeur pour hommes (1:57)
* 3/ Marilou reggae (2:08)
* 4/ Transit à Marilou (1:30)
* 5/ Flash forward (2:35)
* 6/ Aéroplanes (2:35)
* 7/ Premiers symptômes (1:12)
* 8/ Ma Lou Marilou (2:39)
* 9/ Variations sur Marilou (7:39)
* 10/ Meurtre à l'extincteur (0:47)
* 11/ Marilou sous la neige (2:23)
* 12/ Lunatic asylum (3:20)

enregistrement
Studios Mercury à Londres, Royaume-Uni et Paris, France,
du 16 au 21 août et le 14 septembre 1976.
line up
Serge Gainsbourg (voix), Alan Hawkshaw (claviers, synthétiseurs), Alan Parker (guitare électrique lead, guitare acoustique), Judd Proctor (guitares électrique et acoustique), Brian Odgers (basse),
Dougie Wright (batterie), Jim Lawless (percussions), Claire Torry, Kay Garner, Jean Hawker (choeurs).
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MessageSujet: Re: L'HOMME A TETE DE CHOU   Jeu 12 Nov - 17:02

Derrière L'Homme à la tête de chou
Par Laurence Liban, publié le 12/11/2009 11:40


Le chorégraphe Jean-Claude Gallotta met en scène L'Homme à tête de chou, oeuvre culte de Serge Gainsbourg, enregistrée par Alain Bashung peu avant sa disparition.


Récit de répétitions


Le premier filage vient de se terminer sur le grand plateau de la MC2 de Grenoble. Dans l'immense salle désertée, des bribes de paroles et de musiques résonnent encore dans le chou : "Oh ma lou/Oh Marilou/Petite gueuse/Shampouineuse/De mes rêves." La voix d'Alain Bashung et les mots de Serge Gainsbourg cognent, bondissent et glissent dans le silence retrouvé, tandis que Jean-Claude Gallotta médite dans la pénombre.

Dans moins de quinze jours aura lieu la première de L'Homme à tête de chou, aboutissement d'un projet audacieux lancé en 2006 par le producteur Jean-Marc Ghanassia. Proposée d'abord au chorégraphe, l'idée est soumise au chanteur qui, après avoir vu le ballet Les Gens qui dansent, à Chaillot, donne son accord (explications ici). Entre les deux hommes, les références sont les mêmes et la connivence, immédiate. La musique est très vite enregistrée bien qu'il soit prévu de la jouer sur scène. Hélas, la maladie s'installe. Le projet est reporté. Jusqu'au jour où Bashung renonce à être en scène. Sa mort, le 14 mars 2009, laisse la troupe sonnée mais la promesse tient toujours.

Il est 15 heures. Dans le beau studio qui ouvre sur les montagnes du Vercors, Mathilde Altaraz, la femme et l'assistante de Jean-Claude Gallotta, opère les dernières mises au point : rebonds, chaloupés et lancers des bras. Des "duos bien lents, bien doux, bien suaves", du "ciselé", du "balancé", du "pulsé", demande-t-elle, un papier à la main telle une liste de courses. Problème : comment faire valser les hommes à la façon de cette petite garce de Marilou ? En les tenant par la braguette, bien sûr ! L'exercice provoque quelques fous rires. Après tout, L'Homme à tête de chou n'est pas une histoire d'enfants de choeur. Juste une histoire d'amour, de jalousie et de mort.

Déjà le soir est tombé. Pour la première fois, les danseurs vont interpréter le ballet dans sa continuité. Et c'est parti sur un air de guitare d'abord assez doux, puis très vite in the mood. "Je suis l'homme à la tête de chou/moitié légume moitié mec". En bordure de scène, est placé un dérisoire fauteuil de bureau. A moins qu'il ne vienne d'un salon de coiffure. "Je voulais intégrer Alain dans le spectacle en le faisant s'asseoir sur cette chaise, référence au lieu où l'homme à tête de chou avait rencontré sa shampouineuse, explique Gallotta. Je pensais aussi l'impliquer dans les duos où les garçons se laissent manipuler par les filles. Mais cela l'inquiétait un peu et il se demandait s'il allait devoir danser. Il croyait que ce serait trop difficile, ou bien que je faisais ça pour lui. Mais non : j'ai toujours aimé ces échanges de regards, de gestes."

Ces duos, le chorégraphe les a gardés. A sa troupe, Gallotta dit qu'Alain Bashung les regarde répéter depuis le début. Alors, il leur demande de la douceur. Comme dans la séquence inaugurale où les quatorze danseurs entrent en scène en une longue file silencieuse et s'arrêtent un instant pour accomplir, l'un après l'autre, un geste d'hommage et de tendresse devant ce siège que le chanteur aurait dû occuper. Siège vide, comme celui de Molière. L'autre nuit, Gallotta a rêvé de son ami. Ils étaient tous deux devant la billetterie de la MC2, et regardaient en riant le public arriver.

Pendant ce temps, "Pupille absente iris/Absinthe", Marilou "se plonge avec délice/Dans la nuit bleu pétrole/De sa paire de Levis." Seule devant le fauteuil, Cécile Renard, frange auburn et plastique ondulante, se "self-contrôle", comme dit Gainsbourg, au rythme de la mélodie. Pour être sexe, c'est sexe. Et rock aussi. "Entre abstraction et figuration, l'équilibre est difficile, explique le dramaturge Claude-Henri Buffard. Il faut éviter de verser dans la pantomime et, en même temps, cela doit rester explicite." Et ça l'est. Ça pulse et ça glisse et ça balance, dans un mouvement général de vaste amplitude où garçons et filles tracent une géographie du noir désir à la fois élégante, joyeuse et voyoute. "Avec Alain, nous voulions quelque chose qui déménage", dit le chorégraphe. D'où le nombre inhabituel de danseurs en scène : quatorze au lieu de huit. "Pour moi, c'est beaucoup. L'identité de ma compagnie, le groupe Emile Dubois, est celle d'une petite troupe à la Molière. Mais là, j'ai bien vu que ce projet rythmé et galopant risquait de paraître pauvre dès lors que je voulais séparer les filles et les garçons." De plus, il faut ménager des pauses discrètes afin que les interprètes, constamment sollicités, puissent reprendre souffle sans que cesse l'impression de bombardement permanent des duos, des trios et des groupes.

Sur le plateau, la pénombre s'est soudain installée. Restent des ombres redessinées par la lumière et rehaussées de touches de couleur : le jogging vert d'Adrien, le pantalon de Yannick, la capuche rouge de Béatrice. C'est beau et fantomatique. Le lendemain, lors de la répétition en costumes, tous noirs et blancs, l'impression sera totalement différente. Une gravure à la pointe sèche, une écriture à même le plateau. Les ambiances défilent, simples mais fortes. La nuit avance. Le filage touche à sa fin. Les couples tournent et dansent dans une folle dépense d'énergie. Les corps, de morphologies très différentes, s'accordent dans la vitesse et l'élan, dans la joie et la gravité. Et puis il y a Thierry Verger, l'un des compagnons des débuts de Gallotta. Sa longue silhouette poétique parcourt, comme sans y toucher, les méandres du souvenir et les impératifs du désir. Assis dans le fauteuil, il est simplement là, unique, solitaire, portant la douceur étonnée de son regard sur cette histoire qui les fait tous danser aujourd'hui : "Oh ma lou/Oh Marilou/Fais gaffe ou je te rentre dans le chou."

http://www.lexpress.fr/culture/derriere-l-homme-a-la-tete-de-chou_827822.html?p=2
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MessageSujet: Re: L'HOMME A TETE DE CHOU   Ven 13 Nov - 2:37

De Gainsbourg à Bashung



Drame de chair et de sang, L'Homme à tête de chou (1976),
disque devenu culte de Serge Gainsbourg,
raconte le meurtre de l'infidèle Marilou par son amant, échotier dans une feuille de chou.

L'album-concept, arrangé par Alan Hawkshaw, fut un échec commercial
mais les célèbres variations musicales de Marilou et de l'homme végétal
ont inspiré au producteur Jean-Marc Ghanassia l'idée d'un ballet.
Le vinyle culminant à 32 minutes, il a fallu réenregistrer les chansons,
ajouter des musiques - le spectacle dure 1 heure 10.
Alain Bashung donne un oui de principe en novembre 2006 pour jouer live avec ses musiciens.
"Son accord dépendait de sa capacité à avoir bien en bouche les mots de Gainsbourg",
se souvient Ghanassia.

Bashung se rend deux fois à Clermont-Ferrand dans le studio de Denis Clavaizolle,
le réalisateur élu pour l'aventure :

"On a d'abord ajusté son interprétation aux tempos, aux cassures et aux harmonies,
relate ce dernier. Puis Alain a posé sa voix sur des maquettes.
Il évoquait peu l'oeuvre de Serge mais a lâché à propos du côté très sexuel de cet album :

"Quand même, il était gonflé".

Puis le chanteur se consacra à son ultime CD,
Bleu pétrole les fans auront remarqué que la Marilou de L'Homme à tête de chou
"se plonge avec délice dans la nuit bleu pétrole".

Un mois avant sa disparition, Bashung écoute et approuve la bande-son,
dont il avait suivi de près l'élaboration :

"On voulait un côté lyrique, mélangé à une couleur seventies :
Satie, Ravel, Mahler, les Doors, Captain Beefheart", souffle Clavaizolle,
qui signe les musiques additionnelles, les orchestrations et les arrangements.
Au final, l'enregistrement a coûté 60 000 euros.

"Pour l'instant, Barclay, la maison de disques de Bashung,
ne semble pas intéressée par la sortie d'un disque", remarque Jean-Marc Ghanassia.
Une véritable faute de goût, vu cette exceptionnelle oeuvre au noir.

Gilles Medioni
L'Express.

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MessageSujet: Re: L'HOMME A TETE DE CHOU   Dim 15 Nov - 9:22

«L'Homme à tête de chou»
entre dans la danse



Ariane Bavelier
Le Figaro

«À 30 ans, j'étais amoureux d'une femme qui ne m'aimait pas.
On a passé la nuit à écouter L'Homme à tête de chou,
je suis reparti au matin en descendant les poubelles,
dépité mais obnubilé par l'idée de raconter en scène l'histoire de Marilou»,
raconte Jean-Marc Ghanassia, producteur de théâtre privé.

Près de trente ans plus tard, l'obsession a pris corps ;
les corps des quatorze danseurs du Centre chorégraphique national de Grenoble
dans une chorégraphie de Jean-Claude Gallotta où sept couples rejouent l'histoire
de l'homme à tête de chou et de sa fatale shampooineuse.
Entre-temps, il y a Alain Bashung :
sa flamme pour le projet, sa maladie, sa chaise vide aujourd'hui au centre de la scène.
Car l'album de Serge Gainsbourg fait trente-cinq minutes.
Pour un ballet, il fallait une heure dix de musique, réorchestrée pour porter de la danse.

«Bashung aimait découvrir des territoires qu'il ne connaissait pas.
Je l'ai rencontré en 2004 quand il est venu chanter à Grenoble.
Il m'a alors demandé si j'accepterais de faire des chorégraphies pour son prochain spectacle»,
raconte Gallotta. Le pacte s'est inversé.
C'est Bashung qui a écrit de la musique pour Gallotta,
gommant la manière syncopée de Gainsbourg et adaptant le rock à la danse contemporaine.
«On a passé l'été 2007 à parler du projet, puis quelques jours enfermés
dans une chambre d'hôtel avec Denis Clavaizolle, qui a signé l'orchestration.

À l'écoute des titres, Alain entendait que Gainsbourg aurait aimé en étendre les plages musicales, coupées artificiellement au format de l'album.
Je réclamais des tempos, des rythmes, des transitions. Ils m'en proposaient, je choisissais.»
L'homme à tête de chou de Bashung est moins âpre que celui de Gainsbourg, plus romantique,
sans perdre la poésie crue originelle.
Pour Bashung, Gainsbourg était un mentor et un modèle.
Ils ont signé ensemble un album d'écorchés, Play Blessure : les textes sont dits avec cet amour-là.

«L'Homme à tête de chou était un échec public et critique.
Je l'ai acheté dès sa sortie et aimé comme j'aime la plupart
des titres et ou des films qui ne marchent pas.
Généralement, ils posent les questions qui permettent d'avancer,
Mais quand Ghanassia m'a proposé le projet, j'ai fait le difficile.
Nous, les gens du théâtre public, on a une idée caricaturale des producteurs privés.
Pour le dégoûter, j'ai déballé toutes mes idées.»
Pas de décor, pas de narration systématique, la scène comme une boîte noire
et des images suggestives comme dans le cinéma de Murnau et Lang. Il a tout accepté.

«On les a nourries après avec Alain en parlant des comédies musicales qui nous inspiraient. Principalement Beau fixe sur New York,
avec Cyd Charisse débarquant sur un ring de boxe en talons aiguilles.
C'est tout ce qu'il connaissait de la danse.
On a aussi parlé thrillers : La Soif du mal, d'Orson Welles,
qui suinte la même perversité que L'Homme à tête de chou.»
Les danseurs se sont engouffrés dedans avec un enthousiasme débridé.
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MessageSujet: Re: L'HOMME A TETE DE CHOU   Dim 15 Nov - 9:46

Pour "L'Homme à tête de chou"
Bashung s'est coulé dans la peau de Gainsbourg



Sculpture Claude Lalanne.

"Je suis l'Homme à la tête de chou/Moitié légume-moitié mec."

Dès les premiers vers de Serge Gainsbourg, Alain Bashung,
son héritier le plus légitime, commet une faute révélatrice,
même si elle est très répandue. Dandy obsédé par Huysmans
, Gainsbourg se devait d'écrire "Homme à tête de chou",
avec ellipse littéraire de l'article qu'ignore son interprète.
Le premier était un intellectuel qui aurait aimé être un rocker.
Pour le second, c'était l'inverse.

Vingt-sept ans après leur rencontre sur l'album Play Blessures,
les deux disparus sont réunis pour L'Homme à tête de chou,
un spectacle chorégraphié par Jean-Claude Gallotta et créé jeudi 12 novembre
à la MC2 de Grenoble.

A l'origine, il y a un delirium versifié en virtuose à partir d'une sculpture
de Claude Lalanne. Gainsbourg tombe en arrêt devant ce futur pensionnaire
de la rue de Verneuil et l'immortalise, en 1976, avec un album-concept,
bide transformé depuis en culte.
L'histoire d'un plumitif tombé fou amoureux d'une shampouineuse.
Il en crèvera de jalousie, elle en crèvera tout court, à coups d'extincteur d'incendie.

L'art de Diaghilev

Ce qui aurait pu se prolonger en mauvais opéra-rock donne matière à une forme inattendue,
le ballet. Issu d'une famille de musiciens juifs de Russie,
Lucien Ginzburg aurait été flatté que l'on affilie sa créature à l'art de Diaghilev
davantage qu'à celui de Luc Plamondon.

En douze tableaux, Jean-Claude Gallotta ne surligne pas mais suggère.
Si le noir domine, si les torses nus sur les jeans renvoient au film Je t'aime moi non plus,
il y a une énergie absente du récit originel, glauque et dépressif.
La musique additionnelle de Denis Clavaizolle, rythmée de percussions vaudoues, y contribue.

Gallotta porte pourtant en lui une douleur, symbolisée par ce fauteuil à roulettes vide,
point de convergence des danseurs. Bashung aurait dû l'occuper,
entouré de son groupe, si la maladie ne s'était déclarée avant de l'emporter le 14 mars.
L'Homme à tête de chou est l'accomplissement d'une promesse,
un dialogue qui se perpétue avec l'absent dont la voix a été enregistrée sur bande.

Et le timbre chaud de Bashung se coule dans le récitatif avec aisance et respect.
Parfois trop, comme celui qu'on vouerait à un frère aîné et aimé.
La personnalité du narrateur, paranoïaque et cynique chez Gainsbourg,
est toutefois considérablement adoucie.

Variations sur Marilou, longue description clinique d'onanisme féminin,
devient une observation amoureuse.
Bashung, qui estimait Gainsbourg "gonflé" avec cette oeuvre,
l'est tout autant de s'être frotté à cet enfer de complexes et de sexe où l'auteur
a accompli un autre tour de force : poétiser une scène de double pénétration.

Bashung a bien dû sourire en déclamant ailleurs cette "nuit bleu pétrole"
dont il a dérobé les deux adjectifs pour le titre de son ultime album.
Plus tard, sa voix de crooner country décolle et déchire sur Ma Lou Marilou.
Ou plutôt sur la mélodie de l'"Appassionata".
Filou, Gainsbourg n'a jamais crédité Beethoven.
Les artistes médiocres imitent, les génies volent.

Bruno Lesprit
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MessageSujet: Re: L'HOMME A TETE DE CHOU   Lun 30 Nov - 16:32

Valse avec Bashung



Le chanteur a réinterprété L'Homme à la tête de chou de Gainsbourg,
chorégraphié par Gallota.

On s’en souvient comme si c’était hier, Alain Bashung nous a quittés la tête haute,
juste après son triomphe aux Victoires de la musique avec son ensorceleur Bleu pétrole.
On le sait moins mais, juste avant de tomber malade,
le dandy rocker avait planché sur un autre projet:
sa réinterprétation d’une œuvre majeure de son ami et maître à penser Serge Gainsbourg,
visible depuis vendredi sous forme de ballet contemporain au Théâtre du Rond-Point.
Et donc audible avec le timbre "minéral et païen" de Bashung.

Il s’agit de L’Homme à tête de chou qui, à sa sortie en 1976,
avait été boudé par la critique et le public. Mais devint par la suite culte.
La faute à la grâce foudroyante d’un texte hautement littéraire et osé.
Le récit d’un plumitif devenu meurtrier, interné en neuropsychiatrie,
coupable d’avoir éteint "le feu au cul de Marilou" avec un extincteur…

On imagine aisément à quel point Bashung savait apprécier ce livret habité
aux résonances reggae, où il est beaucoup question
d' "ouvrir braguette et prodiguer", "caresses endiguées", "spermatozoïdes aux aguets".
Gainsbourg y décrit notamment son héroïne en narcisse onaniste plongeant
"dans la nuit bleu pétrole de sa paire de Levi’s".

Jean-Claude Gallotta, le chorégraphe, résident de la MC2 de Grenoble, raconte:
"En 2004, venu pour finir sa tournée à Grenoble,
il avait vu et bien aimé ma création My rock.
Il m’avait alors parlé de créer un spectacle avec son répertoire."
L’année suivante, Jean-Marc Ghanassia, producteur de théâtre privé,
propose à Bashung de faire revivre les jeux érotiques de Marilou sur scène.
Séduit, Bashung veut d’abord tester sa voix sur l’album concept de Gainsbourg.
Et se lance…

Une chaise vide, symbole de l’absent

"Il m’a livré sa maquette très vite, poursuit Gallotta, dès lors je pouvais rêver.
Habituellement, je préfère inventer dans le silence."
Et là, que voit-il? "Bashung sur scène, en narrateur ou en homme à tête de chou.
Il était d’accord mais il voulait faire place à la danse et rester en fond de scène
avec ses musiciens."
Gallotta lui suggère alors de chanter sur une chaise à roulettes,
laquelle permettrait aux danseurs de le déplacer dans leur ballet…

Hélas, peu de temps après, au beau milieu de l’enregistrement de Bleu pétrole,
le chanteur annonce à Gallotta qu’il est trop malade pour être du ballet.
"J’ai voulu renoncer mais il m’a exhorté. Il me disait que j’étais fou,
que la bande était super. Cela m’a donné le courage d’aller au bout de mes angoisses."
Dont acte, aujourd’hui l’inattendu Bashung à tête de chou vit sur scène
avec quatorze danseurs. C’est un ballet noir et tragique mais dynamique, rythmé.
Vivant envers et contre tout. Comme une conversation qui se poursuit.
Inextinguible pulsion de vie quand bien même, sur scène,
ladite chaise à roulettes paraît bien seule. Rageusement ballottée. Vide.

L’Homme à tête de chou. Jusqu’au 19 décembre au Théâtre du Rond-Point.
Tél.: 01 44 95 98 21. Tarifs: 20 euros, 35 euros.

article : JDD
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MessageSujet: Re: L'HOMME A TETE DE CHOU   Jeu 14 Oct - 10:01

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MessageSujet: Re: L'HOMME A TETE DE CHOU   Sam 12 Mar - 23:11

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Bridget

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MessageSujet: Re: L'HOMME A TETE DE CHOU   Jeu 1 Sep - 12:16





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Lundi 5 septembre 2011 de 23h20 au mardi 6 septembre 2011 00h40 sur TV5MONDE




L'Homme à tête de chou










Synopsis de L'Homme à tête de chou


«L'Homme à tête de chou» est le deuxième album concept de Serge Gainsbourg, après «L'Histoire de Melody Nelson». Mi-homme, mi-légume, le héros revit l'histoire tragique de son amour fatal pour Marilou, qui l'a conduit à la folie et au crime.

Sur un plateau nu, sans meubles ni décor, Jean-Claude Gallotta met en scène cette histoire en différents tableaux chorégraphiques, exécutés par une troupe de quatorze danseurs.
Les chansons de Serge Gainsbourg sont interprétées sur bande musicale par Alain Bashung, avec de nouvelles orchestrations et des musiques additionnelles de Denis Clavaizolle.
La musique originale est augmentée de clavecins, congas, guitares, trompettes, violons et violoncelles, nourrie de Ravel comme des Doors ou de Debussy.




A l'épicentre de la scène gît une chaise vide. Elle symbolise la fugue. Celle de Marilou, « chienne shampouineuse » à « l'iris absinthe », assassinée pour avoir rendu « moitié coucou » l'homme à tête de chou en 1976.
Celle de son démiurge, surtout : Serge Gainsbourg, barré voilà déjà vingt printemps.
Celle d'Alain Bashung, enfin, qui revisita l'album en 2006 mais disparut trois ans plus tard avant d'avoir eu le temps de l'interpréter sur les planches.



« Comme si la danse était le réceptacle de l'absence », Jean-Claude Gallotta, chorégraphe et directeur du MC2 de Grenoble, leur rend ici hommage. Hanté par le chant sépulcral de Bashung et réarrangé par le producteur Denis Clavaizolle, ce ballet désenchanté prolonge en douze tableaux impressionnistes les trente-deux minutes originelles du chef-d'oeuvre protéiforme de Gainsbourg.



Quatorze danseurs et danseuses élastiques y incarnent la fable tragique des amants terribles, du prélude éponyme à l'épilogue funeste Lunatic Asylum, en passant par Chez Max, coiffeur pour hommes, Marilou Reggae, Ma Lou Marilou ou les superbes Variations sur Marilou...

Quatorze doubles maléfiques qui virevoltent tour à tour du désir à la jalousie, de l'égarement à la violence, jusqu'à la mort. Tournée par Jean-Marc Birraux au Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine en 2011, cette captation épouse soigneusement la mise en scène de Gallotta : souple et dépouillée jusqu'à l'épure.


Éléonore Colin


http://television.telerama.fr/tele/programmes-tv/l-homme-a-tete-de-chou,23442687.php



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liliane
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MessageSujet: Re: L'HOMME A TETE DE CHOU   Jeu 3 Nov - 20:23


Le 7 novembre sortie de L'Homme à tête de chou, oeuvre culte de Serge Gainsbourg chanté par Alain Bashung peu avant sa mort en mars 2009



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