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 MIKE BRANT

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valérie972

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MessageSujet: MIKE BRANT   Mar 20 Mai - 7:57



Moshé Michaël Brand, plus connu sous le nom de Mike Brant, était un chanteur crooner israélien, né le 1er février 1947 à Famagouste (Chypre) et décédé le 25 avril 1975 à Paris.


Origine
Il est le fils de Bronia Rosenberg, originaire de Lodz en Pologne, rescapée d'Auschwitz, et de Fichel Brand, résistant polonais originaire de Bilgoraj, de 20 ans son aîné. Ses parents se marient au sortir de la guerre puis essaient d'immigrer en Palestine mandataire, mais seront refoulés par les Britanniques dans un camp d'accueil à Famagouste à Chypre. C'est dans ce camp que naît Mike Brant. La famille Brand parvient finalement à débarquer en Israël à Haïfa fin septembre 1947 et y vit de l'agriculture dans un kibboutz en Galilée. Mike Brant ne parle qu'à l'âge de 4 ans et affirme très tôt à son entourage « plus tard, je serai vedette... ou clochard ! ». Il rentre à l'âge de 11 ans dans la chorale de son école.

À 15 ans et demi, il est choisi pour animer le réveillon de la Saint Sylvestre dans un grand hôtel d'Haïfa et à 17 ans, il devient un artiste reconnu dans les grands hôtels israéliens, à la tête de son groupe « les Chocolate's ». Il interprète pour la clientèle internationale des hits américains de ses chanteurs préférés : Tom Jones, Elvis Presley, Frank Sinatra, Aretha Franklin, les Platters.

Son père décède en 1967 et Mike Brant en est très affecté. Désormais, il commencera chacune de ses prestations par interpréter, en son honneur, la chanson préférée de son père. Peu après, à l'âge de 20 ans, il entre comme chanteur dans la célèbre troupe du grand music-hall d'Israël, Lakat Karmon et pendant deux ans, il fait connaître en Afrique, en Australie et aux États-Unis des airs du folklore israélien. Puis, il est embauché dans un night-club (le "Baccara") à Téhéran en Iran, et est remarqué par Sylvie Vartan et Carlos, qui l'invitent en France, bien qu'il ne parle pas le français et à peine l'anglais.


En France

C’est en 1969 qu’il arrive à Paris, et se produit grâce à Carlos au club Bistingo. Carlos lui fait également rencontrer Jean Renard, l’un des compositeurs de Johnny Hallyday qui lui écrit Laisse moi t’aimer. Il passera 2 mois à travailler la chanson dans les studios, en réécrivant phonétiquement les paroles en hébreu. Grâce à son travail acharné, la chanson devient rapidement un énorme succès et il est invité dans les émissions de télévision qui le font connaître. Il vendra plus d’un million de disques de son premier hit.

Le 28 octobre 1970, il interprète « Mais dans la lumière » et remporte le Grand Prix RTL international, référence de l’époque. Le 14 février 1971, il est victime d’un accident de la route à Bourg-en-Bresse. Il subit un traumatisme crânien et s’en sort très secoué. En novembre 1971, Dalida lui propose de participer à son prochain spectacle à l’Olympia de Paris, qui dure 17 jours. À cette époque, il part en tournée avec Esther Galil, avec qui il noue une grande amitié.

En 1972, il chante Qui saura, reprise de Ché Sara de José Feliciano, qui devient rapidement numéro 1 des hits et dépasse Claude François en popularité. Puis, c'est au tour de C'est ma prière et, en 1973, viennent trois autres succès : "Rien qu’une larme", "Tout donné, tout repris" et "Viens ce soir". Il enchaîne tournée sur tournée et soixante-dix galas pendant l’été. En 1974, d’autres succès voient le jour : "C’est comme ça que je t’aime", "Serre les poings et bats-toi", "On se retrouve par hasard" et "Qui pourra te dire ?".

Mike Brant a été enterré dans le cimetière Camp David de Haïfa en Israël le 7 mai 1975.


Principaux succès


1970 Laisse moi t'aimer
1970 Mais dans la lumière
1970 Parce que je t'aime plus que moi
1971 A corps perdu
1972 Qui saura
1972 C'est ma prière
1972 Sans amis
1973 Rien qu'une larme
1973 Toi mon enfant
1973 Tout donné, tout repris
1973 Viens ce soir
1974 Serre les poings et bats toi
1974 Qui pourra te dire
1974 C'est comme ça que je t'aime
1974 Toutes les couleurs
1975 Dis lui

Source: Wikipédia
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Nine
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MessageSujet: Re: MIKE BRANT   Mar 20 Mai - 9:49

Merci Valerie 972 c 'etait un tres bon chanteur, il avait fait une reprise de GEORGIA magnifique.

Beau souvenir :heart:
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Etoile

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MessageSujet: Re: MIKE BRANT   Sam 24 Mai - 18:41

J'aime beaucoup je l'ais beaucoup écouté quand j'étais petite , que de souvenir merci Valerie bisous
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karine

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MessageSujet: Re: MIKE BRANT   Mar 8 Juil - 22:04

moi aussi j'adore ce chanteur je crois avoir tout ses albums ou presque
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liliane
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MessageSujet: MIKE LAISSE NOUS T'AIMER   Mar 17 Aoû - 9:45



Une comédie musicale de Gadi Inbar
Adaptation française de Laurence Sendrowicz
Mise en scène Thomas le Douarec
Décors et Costumes Fréderic Pineau
Chorégraphe et assistante à la m.e.sc. Sophie Tellier
Lumières Patrick Meeus
Direction vocal Marco Beacco
Musiques additionnelles, nouvelles chansons Reinhardt Wagner, Michel Jourdan
Direction Musicale Reinhardt Wagner et Laurent Desmurs
Son Philippe Parmentier
Producteur délégué Marc Soustras
Assistant décorateur Matthieu Beutter
Assistant costumier Jérôme Bourdin



AVEC

Gregory Benchenafi : Mike Brant
Valérie Vogt : la mère de Mike
Christian Mulot : le père de Mike et Victor
Eric Boucher : Gérard Turennes / Radjid / Officier ss
Gilles Nicoleau : Simon Kaufmann / le secrétaire de permanence du commissariat / Officier
Jean-Paul Bazziconi : Jean Bouillon / Tsion / Journaliste et animateur télé
Antonio Interlandi : Manuel et le policier
Prisca Demarez : Dominique / choriste et danseuse
Aurore Delplace : Sylvie Vartan / La Journaliste / l’infirmière/ Mike enfant / la Fan / choriste et danseuse
Alexandra Sarramona : Felicita / la putain, la co-présentatrice du Midem choriste et danseuse
Caroline Devismes : Dalida / la co-présentatrice du Midem /choriste et danseuse


Pour la première fois en France, un spectacle musical lève le voile sur la véritable histoire de Mike Brant, ce chanteur populaire à la personnalité aussi charismatique que complexe qui a transformé sa vie en destin.

Sur la scène du Comédia, le public français pourra découvrir la pièce musicale de Gadi Inbar MIKE. Laisse nous t’aimer qui fait revivre l’histoire extraordinaire et tragique du chanteur Mike Brant.

Ce spectacle musical complet se propose de faire découvrir non seulement les coulisses de l’itinéraire de ce chanteur populaire qui subjuguait le public par sa beauté et sa voix mais aussi des aspects plus secrets de sa personnalité, de ses débuts jusqu’à sa fin tragique. Grâce à de brillants comédiens et musiciens et à la présence des incontournables succès du chanteur, ce spectacle nous permet de revivre, ou de découvrir, cette histoire bouleversante. MIKE. Laisse nous t’aimer est avant tout une lettre d’amour au chanteur disparu.


L'HISTOIRE

La pièce va entraîner les spectateurs dans les coulisses de la vie du chanteur, né en 1947 à Nicosie, dans un camp de réfugiés, élevé au sein d’une famille traumatisée par l’Holocauste, qui réussira en France, par sa beauté éblouissante et son immense talent, à séduire des millions de fans.

Repéré et encouragé par Sylvie Vartan et Carlos en mai 1969 à Téhéran, où il se produit avec un orchestre, Mike Brant décide de venir tenter sa chance en France. Le compositeur Jean Renard et Gérard Tournier, l’imprésario de Sylvie, lui signent un premier contrat et produisent son premier 45 tours Laisse-moi t’aimer.

En quelques mois, Mike devient une véritable idole pour des milliers de jeunes filles françaises. Ses tubes envahissent les hit-parades : Qui saura, C’est ma prière, Rien qu’une larme... Il devient le chanteur le plus populaire de France.


Mais la célébrité et la gloire ne suffisent pas à lui faire oublier son mal-être. Après une première tentative de suicide en novembre 1974 à Genève, il met fin à ses jours le 25 avril 1975, en se défenestrant du dernier étage d’un immeuble parisien.

Selon le propre témoignage de son frère Tsvika, Mike était avant tout un enfant de la seconde génération, issu de parents rescapés de la Shoah irrémédiablement brisés par cette épreuve. Pendant toute sa jeunesse à Haïfa, et sa période de gloire en France, il est resté incapable de s’affranchir du poids écrasant de la tragédie vécue par ses parents. Depuis 35 ans, Mike Brant flirte avec l’éternité.

Son allure de charmeur et ses chansons sont encore dans toutes les mémoires, dans tous les coeurs. Avec seulement cinq ans de carrière à son actif, ce prince charmant des années 70 a vendu près de trente millions de disques. Mike a vécu à tout allure une existence dont il avait rêvée. En pleine vitesse, il a conquis le public, en pleine jeunesse, il est devenu une star avant de disparaître pour toujours.

Ce spectacle musical retrace le fulgurant itinéraire d’un ange. Sa voix émeut, ses mots bouleversent encore les foules qui se pressent toujours, cherchant dans sa mémoire les soleils d’un bonheur à jamais perdu, ceux d’une vie bien trop courte et provisoire.

http://www.theatrecomedia.fr/presse/Mike-Brant/histoire-Mike-Brant.html
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liliane
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MessageSujet: Re: MIKE BRANT   Mar 17 Aoû - 10:02

DISCOGRAPHIE - 33 TOURS


Mike Brant
CBS 64 382
1970
Face A
Nous irons à Sligo - Mr Schubert I love you - Holly Holly - Arrava - Félicita - Laisse-moi t'aimer
Face B
Mais dans la lumière - Toi, moi, nous - Et je suis heureux - Un grand bonheur - Au pays de ma maison - Parce que je t'aime plus que moi
L'album d'or
CBS 65 377
1972
Face A
C'est ma prière - A corps perdu - La fille à aimer - Parce que je t'aime plus que moi - She's my life - Laisse-moi t'aimer
Face B
Qui saura - L'amour c'est ça, l'amour c'est toi - Sans ami - Qui à tord ? - Mais dans la lumière
Mike Brant 74
SONOPRESSE 36 602
1974
Face A
Viens ce soir - Laisse-moi t'aimer - C'est une belle fête - Arrava - Tout donné, tout repris - La musique au fond du coeur
Face B
Rien qu'une larme - Toi mon enfant - Qui saura - Das ist mein Lied - C'est ma prière
utes les couleurs
POLYDOR 2401 123
1974
Face A
Je vis la vie que j'ai choisie - On se retrouve par hasard - Attendez - Toutes les couleurs - Serre les poings et bats toi
Face B
Qui pourra te dire - Elle a gardé ses yeux d'enfants - Essayez de lui mentir - En plein coeur de ta jeunesse - Que tu es belle - C'est comme ça que je t'aime
Album souvenir
SONOPRESSE 36 605
1975
Face A
Rien qu'une larme - L'amour c'est ça, l'amour c'est toi - Mr Schubert I love you - A corps perdu - Au pays de ma maison - Qui saura
Face B
Viens ce soir - La fille à aimer - Nous irons à Sligo - La musique au fond du coeur - She's my life - Parce que je t'aime plus que moi
Face C
C'est ma prière - Sans amis - Arrava - C'est une belle fêtes - Un grand bonheur - Mais dans la lumière
Face D
Laisse-moi t'aimer - Et je suis heureux - Toi mon enfant - Qui à tord ? - Félicita - Tout donné, tout repris
Super succès vol. 1
SONOPRESSE 36 603
1975
Face A
Rien qu'une larme - L'amour c'est ça, l'amour c'est toi - Mr Schubert I love you - A corps perdu - Au pays de ma maison - Qui saura
Face B
Viens ce soir - La fille à aimer - Nous irons à Sligo - La musique au fond du coeur - She's my life - Parce que je t'aime plus que moi
Super succès vol. 2
SONOPRESSE 36 604
1975
Face A
C'est ma prière - Sans amis - Arrava - C'est une belle fêtes - Un grand bonheur - Mais dans la lumière
Face B
Laisse-moi t'aimer - Et je suis heureux - Toi mon enfant - Qui à tord ? - Félicita - Tout donné, tout repris
http://www.mikebrant.be/discographie.htm
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liliane
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MessageSujet: Re: MIKE BRANT   Mar 17 Aoû - 10:09



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MessageSujet: Re: MIKE BRANT   Mar 17 Aoû - 10:41

MIKE BRANT TOUJOURS VIVANT DANS SA LÉGENDE



En chantant l'amour, il était devenu l'un des plus aimés. Ses allures de séducteur cachaient un terrible désespoir. Quinze ans après, son frère et ses proches se souviennent d'un chanteur de légende.

On se suicide, dit-on, par incapacité de vivre les deux heures qui viennent. Qu'est-ce qui attendait donc Mike Brant de si insurmontable le 25 avril 1975 ?

Ce jour là, l'interprète de « Laisse-moi t'aimer », « Serre les poings et bats-toi »... doit visiter un appartement à Paris qu'il veut acheter. Peut-être pour s'installer avec la dernière femme de sa vie, Lena, un jeune mannequin suédois de 19 ans. Elle est belle, douce, effacée : Mike l'a rencontrée en mai dernier, avant sa dernière tentative de suicide, il y a tout juste six mois.

Ensemble, ils ont des projets, peut-être un enfant... Mike l'adore et il rêve d'une vie stable, familiale, lui qui ne connaît que le tourbillon des tournées, des galas, des idées noires dans les nuits blanches, des déménagements - dix en deux ans - pour échapper à ses groupies qui les persécutent. Mike est « en plein de ta jeunesse », comme il le chante. Il a 28 ans, il est beau, irrésistible même, disent tous ceux qui l'approchent.

Il avait, selon son premier directeur artistique, Jean Renard, qui l'a rencontré à ses tout débuts » Un magnétisme exceptionnel, un pouvoir de séduction qui s'exerçait sur tous. Personne ne pouvait lui résister. » Il est au sommet de son succès.


Michel Jourdan, qui a écrit les trois quarts de ses chansons et a vécu cinq ans très près de lui, raconte : « Il nous arrivait de travailler tard le soir. Quand je raccompagnais Mike, la nuit chez lui, il fallait enjamber dans l'escalier, dans le couloir, sur le paillasson, des filles installées là avec des sandwichs et des Coca-Cola. Quand elles apercevaient Mike, c'était du délire. Mike était obligé de vivre volets fermés pour ne pas qu'on l'observe à la jumelle. Au début, il était flatté, amusé ; ensuite, il s'est senti traqué, il est devenu nerveux, insomniaque. Un soir de gala, des filles s'étaient jetées sur Mike, armées de ciseaux pour lui couper une mèche de cheveux. Il avait été très secoué. Ces incidents avaient pris des proportions énormes, l'avaient laissé angoissé, inquiet. Il détestait qu'on le traite comme une idole, qu'on lui arrache ses vêtements, qu'on le bouscule, il rêvait d'une carrière de crooner à l'américaine, où il aurait chanté en smoking blanc, entouré d'un orchestre, violons blancs, piano blanc. »


A la surface seulement, la vie de Mike est la réalisation de ses rêves de jeunesse les plus fous, mais ce jeune homme si sain - il ne fume pas, ne boit jamais d'alcool, déteste tout ce qui est chimique, y compris les médicaments - n'a rien de simple. « Mon frère, explique le cadet de Mike, Tzvika Brant, dit Zvi, était un être très idéaliste. Quelqu'un de très droit, fait pour vivre à la campagne au milieu d'une famille. Même s'il aimait infiniment son métier, l'univers du show-biz n'était pas pour lui. Il était trop naïf, trop confiant. Mike avait aussi une fragilité psychologique, peut-être héréditaire, notre mère, déportée avec notre père à Auschwitz, avait souffert de troubles mentaux liés à cette terrible détention. Quand Mike a essayé la première fois de se tuer, nous sommes venus le voir à Genève, ma mère et moi. il a été incapable de nous expliquer pourquoi il avait sauté par la fenêtre, il ne se souvenait de rien. Ma mère a senti que Mike était très déprimé. Elle lui a demandé de rentrer en Israël pour consulter des médecins. Elle voulait qu'il voie un spécialiste habitué à soigner les rescapés des camps, sachant quelles séquelles toutes les privations infligées aux déportés pouvaient avoir sur leurs enfants. « Là-bas, ils sauront te soigner », disait-elle. Mike a refusé, il ne voulait pas rentrer malade chez lui. »

Pour le petit garçon né en 1947, deux ans après la libération de ses parents des camps de la mort, qui ne parle qu'à l'âge de 4 ans, qui vit toute sa jeunesse dans une extrême pauvreté, le pays, son frère, ses parents comptent infiniment. « Il était vraiment déraciné en France, explique Jean Renard. J'ai cru un moment que ce serait insurmontable pour lui. Il avait eu beaucoup de mal à parler et à comprendre notre langue. Au début, il s'exprimait dans un anglais quasi incompréhensible. Il a travaillé frénétiquement pour pouvoir enregistrer en français. Pour son premier album, onze titres, nous avons passé au studio 265 fois 3 heures. Tous les jours, il venait travailler deux heures avec moi, non pas pour modifier sa voix - elle était magnifique, très timbrée, exceptionnellement étendue, 17 notes en voix pleine, dix notes suraiguës, il avait vraiment un gosier en or - mais pour articuler les paroles. Il répétait inlassablement après moi les mots pour les rendre compréhensibles. Mais, même à ses tous débuts, je le sentais angoissé, perturbé, inquiet ; tout le déroutait, ce qu'il voyait, ce qu'il mangeait, si éloigné de la cuisine familiale. »
« C'était un inquiet de nature, confirme Michel Jourdan. Il courait après un rêve d'absolu, inaccessible par essence, sa mère lui manquait aussi beaucoup. Un jour, il m'a dit : « Je voudrais que tu m'écrives une chanson pour Mamina. C'est ainsi qu'il appelait sa mère. Et ce fut : « Elle a gardé ses yeux d'enfant ma mère, tout comme au temps où j'ai grandi près d'elle, sous ses cheveux, je vois un peu de neige mais dans son coeur ne vient jamais l'hiver. »


« Mike avait très mal supporté aussi la mort de notre père, en 1967, confie Zvi, il avait déjà eu un début de dépression nerveuse. Il aurait tellement voulu qu'il le voit réussir. Mike s'était imaginé qu'il pourrait consoler nos parents de tout ce qu'ils avaient souffert. A leur mariage, ils n'avaient pas d'argent pour s'acheter d'alliances, ce n'est que lorsque mon père fut remboursé de quelques-uns de ses biens, après la guerre, qu'il put offrir une montre en or à sa femme. Un jour, ma mère perdit cette montre. Elle en fut désespérée, elle avait une telle valeur sentimentale à ses yeux ! Mike, avec son premier cachet, notre père était déjà mort, revenant du Moyen-Orient où il chantait et allant à Paris, s'arrêta à Tel-Aviv pour offrir à notre mère la montre en platine et brillants qu'il lui avait achetée. Plus tard, ce fut un appartement. Toujours, il s'est occupé d'elle. »
Quand son frère combat pendant la guerre de Kippour, Mike culpabilise, c'est pour lui un cas de conscience. Devrait-il être parmi les siens ? Il répond en allant chanter en Israël devant les soldats mais il supporte mal d'être attaqué sur ses sentiments patriotiques.

Mike chante, vend des millions de disques, même si le métier est loin de le reconnaître à l'unanimité, il est amoureux - très sérieusement- de Guitta, une hôtesse de l'air qui vit au Canada et qu'il a présentée pour la première fois à sa mère, et puis soudain c'est le naufrage.

Guitta rompt, partager avec toutes les groupies qui envahissent la vie de Mike, c'est trop demander ; Mike réalise que, dans le clan des soi-disant amis qu'il a regroupés autour de lui et avec lesquels il travaille, certains le trahissent, le volent même. « Quand il est rentré chez lui, après son voyage au Canada, raconte son frère, il a découvert qu'on lui avait dérobé beaucoup de lithos de Dali, que le peintre, qui était son ami, lui avait données. Il en a été terriblement déçu. »

Le 22 novembre 1974, il se jette par la fenêtre de l'hôtel de la Paix, à Genève. Il est miraculeusement arrêté par le talon de sa chaussure sur le balcon du troisième étage. Ce geste fou, Mike Brant est incapable de l'expliquer à ses proches ou à lui-même. Michel Jourdan estime lui qu'il a été broyé par l'engrenage implacable du succès arrivé trop tôt, trop vite ; « Mike était très délicat, très jeune, tout dans sa vie était axé sur sa carrière d'artiste. La démesure, la pression, la réussite si brutale étaient autant d'évènements qui le dépassaient et étaient la cause d'une extrême fatigue. Sa vie ne lui appartenait plus, d'autres décidaient pour lui, choisissaient les filles pour lui, portaient ses chaussures ou ses cravates. Lui qui avait tant besoin d'amour se retrouvait terriblement seul, au bord de l'écoeurement. »

Quinze jours plus tard, Mike enregistre « Feelings », de Morris Albert, devenue « Dis lui ». Il chante « Dis lui qu'à nouveau j'aime vivre ». Il est fier de son travail, jure à Jourdan « Nous irons à l'Olympia avec cette chanson et quarante musiciens en smoking blanc, c'est un nouveau départ. » Le disque sortira quinze jours après sa mort. Après qu'il se soit de nouveau précipité dans le vide, rééditant cet acte terrible qu'est la défenestration, l'une des formes de suicide les plus désespérées. Sa chute de 20 mètres fait éclater la boite crânienne que les médecins devront entourer de bandelettes pour rendre le chanteur décent.


A son enterrement à Haïfa, à parts a famille, seuls sont présents : Simon Wajntrob, son producteur, sa femme, Alain Krief, son directeur artistique, et Michel Jourdan. « Il faisait un temps magnifique, se souvient celui-ci, le ciel était d'un bleu intense, le cimetière descendait en pente douce jusqu'à la plage, tout incitait au recueillement mais même là, Mike ne devait pas être laissé en repos. Des scènes d'hystérie, de larmes ont éclaté parmi ses fans qui avaient tenu à l'accompagner jusque là. »

Aujourd'hui sa tombe est envahie de ces petites pierres, témoignages de fidélité, qui, en Israël, remplacent les fleurs. Jean Renard, qui avait revu Mike la veille de sa mort et lui avait promis de retravailler avec lui, a été bouleversé pas sa disparition « Je n'aurais jamais dû abandonner Mike. Fabriquer un artiste, c'est comme mettre un enfant au monde, lui révéler le trésor qui est en lui. Cette dépendance en fait des êtres désarmés. Et c'est leur vie qui leur échappe. »

TÉLÉ 7 JOURS - 28 avril 1990 - Danielle Sommer
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