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 HOMMAGE A JULIETTE GRECO

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Nine
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MessageSujet: HOMMAGE A JULIETTE GRECO   Mar 6 Oct - 1:59

Juliette Greco



hommage de la Sacem
à l'occasion de ses 60 ans de carrière
Médaille d'or de la Sacem,
la plus haute distinction
décernée par la Société des auteurs, compositeurs
et éditeurs de musique.


"C'est grâce à Juliette Gréco et pour voir mes mots
devenir pierres précieuses,que j'ai écrit des chansons"
écrivait Jean-Paul Sartre.

Projection du film
"Juliette Gréco je suis comme je suis"


Mercredi 7 octobre prochain,
la Sacem accueille la projection en avant première du film
"Juliette Gréco, je suis comme je suis"*
réalisé par Bertrand Dicale et Brigitte Huault Delannoy.
Hommage à l'icône intemporelle.

Bertrand Dicale, Journaliste au service Culture du Figaro,
spécialiste de la chanson et des cultures populaires,
il est l'auteur de plusieurs biographies d'artistes français
"Gréco", de Bertrand Dicale, aux Editions Lattès.
La bio de référence.
(Gainsbourg, Louis de Funès…)


Brigitte Huault Delannoy, Directeur des opérations spéciales et responsable des documentaires de TF1

* Une production de Dream Way Productions avec la participation de la Sacem,
de France Télévisions pôle France 5, du CNC, de l'INA et de la TSR.

Diffusion sur France 5 dans le cadre de la "collection Empreintes"
le 9 octobre à 20h35.

Durée du film : 52 mn.

A cette occasion, Juliette Gréco se verra remettre par Claude Lemesle,
Président du Conseil d'administration
la médaille d'or Sacem pour ses 60 ans de carrière
.


Greco est née le 7 février 1927 à Montpellier, est une chanteuse et actrice française.

En 1939, elle est petit rat à l'Opéra de Paris.

Sa mère l'entraîne dans la résistance. Capturée, elle n'est pas déportée à cause de son jeune âge.
En 1945 elle découvre le bouillonnement intellectuel de la rive gauche et la vie politique à travers les Jeunesses communistes.
Elle décroche quelques rôles au théâtre (Victor ou les Enfants au pouvoir en novembre 1946) et travaille sur une émission de radio consacrée à la poésie.

En 1949, elle participe à la réouverture du cabaret « Le Bœuf sur le toit » disposant d'un riche répertoire (de Jean-Paul Sartre à Boris Vian...).
En 1950, elle reçoit le prix de la SACEM pour Je hais les dimanches.

En 1952 elle part en tournée au Brésil et aux États-Unis dans la Revue
« April in Paris ».

En 1954, elle chante à l'Olympia et rencontre son futur époux, le comédien Philippe Lemaire, sur le tournage du film de Jean-Pierre Melville Quand tu liras cette lettre. Mais, après la naissance de leur fille Laurence-Marie, ils divorcent en 1956.

Elle repart à New York et ses interprétations des plus grands auteurs français enthousiasment les américains.
Hollywood la courtise. Elle rencontre le puissant producteur Darryl Zanuck sur le tournage du film Le Soleil se lève aussi d'Henry King (1957).
Il devient son compagnon, malgré les différences d'âge et de tempérament.
Elle tourne dans quelques unes de ses productions jusqu'en 1961
notamment sous la direction de John Huston et de Richard Fleischer avec Orson Welles comme partenaire dans Drame dans un miroir (1960).

De 1959 à 1963 elle se consacre à la chanson, découvre et fait découvrir de nouveaux talents : Serge Gainsbourg, Guy Béart et Léo Ferré.

En 1965, elle tient un rôle de premier plan dans le feuilleton télévisé Belphégor ou le Fantôme du Louvre et fera une tentative de suicide quelques temps plus tard. En 1967, elle fait la connaissance de Michel Piccoli qui deviendra son mari.

Ils se sépareront en 1977. En 1968, elle inaugure la formule des concerts de 18 heures 30 au Théâtre de la Ville à Paris.

Elle y interprète une de ses plus célèbres chansons, Déshabillez-moi.

À partir de 1975 Gérard Jouannest, son pianiste et accompagnateur depuis 1968, compose la musique de ses chansons. Elle l'épouse en 1989.

Elle fait de nombreuses tournées à l'étranger et plus fréquemment en Allemagne et au Japon. En mai 2001, elle fait un malaise cardiaque lors d'un concert à Montpellier. Elle retrouve une fois de plus son public de l'Olympia en 2004 avant de continuer ses récitals en tournée.

Elle est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence.
Le 10 mars 2007, les Victoires de la musique la couronnent d'une Victoire d'honneur pour toute sa carrière.


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MessageSujet: Re: HOMMAGE A JULIETTE GRECO   Mar 6 Oct - 2:29

DESHABILLEZ MOI



La muse des poètes

Chanteuse et actrice, Juliette Gréco n'a plus rien à prouver sur son talent.
Après une vie pleine de turpitudes, elle tient toujours le haut de l'affiche.
Fille de résistante, égérie de la jeunesse intellectuelle de Saint-Germain-des-Prés, chanteuse de cabaret
puis star internationale et actrice, elle est l'image de la réussite.
Une des plus célèbres de ses chansons,
Déshabillez moi
est-elle une invitation à la sensualité
ou bien une invitation à mieux la connaître ?



"Je suis un animal sauvage impropre au dressage. ...
D'ailleurs, on m'a dit que le premier mot que j'ai prononcé
n'était ni maman ni papa.
C'était non !"
France Inter, 21 juin 2009.
Citations de Juliette Gréco


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MessageSujet: Re: HOMMAGE A JULIETTE GRECO   Mar 6 Oct - 2:32

JE SUIS COMME JE SUIS



Je suis comme je suis
Je suis faite comme ça
Quand j’ai envie de rire
Oui je ris aux éclats
J’aime celui qui m'aime
Est-ce ma faute à moi
Si ce n’est pas le même
Que j’aime chaque fois
Je suis comme je suis
Je suis faite comme ça
Que voulez-vous de plus
Que voulez-vous de moi

Je suis faite pour plaire
Et n’y puis rien changer
Mes talons sont trop hauts
Ma taille trop cambrée
Mes seins beaucoup trop durs
Et mes yeux trop cernés
Et puis après
Qu’est-ce que ça peut vous faire
Je suis comme je suis
Je plais à qui je plais
Qu’est-ce que ça peut vous faire

Ce qui m’est arrivé
Oui j’ai aimé quelqu’un
Oui quelqu’un m’a aimé
Comme les enfants qui s’aiment
Simplement savent aimer
Aimer aimer...
Pourquoi me questionner
Je suis là pour vous plaire
Et n’y puis rien changer.

JACQUES PREVERT

Moi, j'aime, je veux bien tout donner, je ne demande rien.
Je les enveloppe, je les installe, je les mets au chaud,
et d'un coup j'en ai marre de les voir s'endormir.
Je me fatigue, le secret du départ est là.
Citation de Juliette Gréco



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MessageSujet: Re: HOMMAGE A JULIETTE GRECO   Mar 6 Oct - 2:43



Juliette Gréco, « Merci ! »,
De Françoise Piazza, aux éditions Didier Carpentier


Biographie 160 pages.

En l’honneur des 60 ans de carrière de l’immense artiste Juliette Gréco,
l’auteur Françoise Piazza rend un émouvant hommage
à celle qui l’a tant préoccupé pendant des années.

Juliette Gréco débuta sa carrière à l’âge de 22 ans en chantant,
au début des années 50, au Bœuf sur le toit.
Dès lors, elle va gagner en notoriété et son nom sera rapidement lié
à ceux de Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Jacques Prévert
Boris Vian, Jean Cocteau…
Son talent incontestable,
a rapidement fait d’elle une icône de la variété française à travers le monde.

Son ambition pour la variété française ne cesse jamais de l’animer:
60 ans après Juliette Gréco continu à vivre de sa passion
et à la partager avec le plus grand plaisir.
A sept reprises elle chantera à guichets fermés,
offrant à un public conquis et sans cesse renouvelé, les immortelles chansons de Brassens, Ferré, Gainsbourg, Brel, Béart,
et plus récemment, celles d’Étienne Roda-Gil et de Jean-Claude Carrière.

«Ce qui m’intéresse, dit-elle, c’est la rencontre.»

A travers cette biographie,
l’auteur Françoise Piazza nous invite à découvrir l’autre versant de Juliette Gréco: derrière cette icône incontestable de la variété française s
e cache une femme douce et chaleureuse, pleine de vie et de bonté.

Cette autobiographie est enrichit de nombreux témoignages tel que:
Armande Altaï, Valérie Mairesse, Lambert Wilson, Pierre Arditi,
Clémentine Célarié, Claude Vega, Diane Dufresne, Frédéric Mitterrand,
Michel Blanc… sa costumière Mine Barral Vergez, ses musiciens,…

mais également de plus de 300 photographies et documents qui font de cet ouvrage une œuvre complète qui retrace intelligemment la vie de cette artiste au talent incontestable.

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MessageSujet: Re: HOMMAGE A JULIETTE GRECO   Mar 6 Oct - 3:12

INTERVIEW JULIETTE GRÉCO



Juliette Gréco:
«J'éprouve une admiration sans limite pour les jazzmen»

Greco3 Juliette Gréco s'est fendue le 2 août d'un concert triomphal pour son cinquième passage aux Francofolies de Montréal.
Emportée par le piano de Gérard Jouannest (son mari), et par l'accordéoniste Jean-Loup Matinier, la chanteuse, face à une salle magnétisée,
a rendu hommage à Brel (5 chefs d'œuvre), à Ferré (2), à Gainsbourg (2),
enfin à une flopée de compositeurs actuels.

Le charme de l'ancienne compagne de Miles Davis n'a pas perdu un atome.

Le traitement très personnel de chansons éternelles
("Ne me quitte pas", "J'arrive", de Jacques Brel et Gérard Jouannest;
"Avec le Temps" de Léo Ferré), ses libertés avec les partitions originales,
la rapprochent à la fois des slameurs d'aujourd'hui et des jazzmen éternels.
J'ai voulu savoir ce que la vedette gardait comme héritage des figures du Jazz. Retour vers le temps où Saint-Germain-des-Prés tenait pour égérie
la fille habillée de noir, qui voulait
"transformer la souffrance en beauté" .
Bruno Pfeiffer:

Plusieurs standing ovations... Quel est le secret de votre pêche?

Juliette Gréco:
Rien de compliqué. Je pratique depuis soixante ans exactement le même métier: interprète.
Le spectacle, ce sont des mots, des chansons.
J'essaie d'être lumineuse en servant les compositions des autres.
Je me bats pour que la poésie règne dans la rue.
Le public m'a renvoyé quelque chose d'extrêmement bon hier soir.
Quand j'arrive à Montréal, j'ai l'impression de débarquer dans une France jeune.
J'aurais voulu serrer les mains des gens qui ont afflué vers la scène pendant les rappels. Impossible: je me déplace difficilement, à cause d'un problème aux doigts de pieds.

Certaines interprétations, certaines accentuations, diffèrent nettement de l'original.

Encore heureux! Quand Brel chantait "Ne me quitte pas",
il se montrait démissionnaire, pleurnichard.
Je rageais! Je désapprouve son acceptation de la défaite.
Ce recul me rend hors de moi. Je marque ma colère. La tonalité que j'imprime à la chanson sonne ainsi: "Tu as tort de me quitter. Tu vas voir: tu vas en baver".
Cela sur la musique somptueuse de Jouannest, car je me sens davantage à l'aise sur des arpèges riches.

Vous vous inspirez du côté "improvisateur" du Jazz?

Je n'aurais jamais osé. J'aime le Jazz.
Cependant, je ne cherche pas l'inspiration dans les profondeurs de cette formidable culture afro-américaine.
J'insuffle une marque personnelle aux morceaux. Ce que je suis. Tout ce que je peux.
Le mieux possible. En revanche, tous ceux que j'aime baignent dans cette musique.
J'éprouve une admiration sans limite pour les jazzmen.

Boris Vian ?

Quel être merveilleux! Qu'il était beau.
D'une beauté physique, au premier abord, avec sa peau vert céladon.
L'être le plus tendre, le plus doux, le plus attentif que j'ai rencontré. Il avait un cœur énorme.
Il dégageait une finesse, une intelligence... et une férocité d'enfant.
Je le considérais comme mon grand frère. Il a fait office de psychiatre. Il m'a beaucoup aidé. Efficacement. Je n'avais plus envie de parler depuis l'Occupation.
Il m'a rendu la vie après la Libération. Il m'a sorti d'une prison intérieure.
La pilule qu'il aurait volontairement omis de prendre le jour de sa mort ?
Je n'y crois pas. Il est plutôt mort de rage.

Le Déserteur?

Immense chanson. Je n'ai jamais raté une occasion de la chanter.
Pourtant, on courait des risques à l'époque.
Je la reprends sur la compilation produite par Olivier Nuc
("On est pas là pour se faire engueuler"), sortie en juin dernier (chez Universal).
J'ai tenu quasiment à la réciter, à cause de la paix qui s'en dégage.
Les analystes la font passer pour un hymne anti-militariste.
Mon avis diffère. Je crois que Boris donne la parole à un humble paysan,
qui ne veut pas froisser le président de la République,
mais qui refuse de se faire tuer et d'assassiner les autres.
On le perçoit à son langage. Le gars dit simplement "Non à la guerre.
J'ai trop souffert; la guerre c'est de la merde."
Le texte est d'une pureté admirable. Nuc m'avait proposé d'autres chansons inédites.
Je me demande si certaines, qui lui ont été attribuées par la suite, sont de la main de Vian
. La griffe de mon Boris, je la reconnaîtrais entre mille.

C'est Vian qui vous a initié au Jazz?

Non, j'écoutais déjà à la radio des classiques comme le Lambeth Walk, avant la guerre.

Pourquoi ne pas être venue à Pleyel le 23 juin pour la célébration de l'anniversaire de sa mort? Vous auriez été la Reine de la soirée.

Tous les jeunes chanteurs présents méritaient de régner sur la soirée.
Moi, tout bêtement, je n'étais pas là.

Duke Ellington?

Magnifique. Pas mon idole, toutefois.
Ne me faites pas dresser un hit-parade, je mets tous les jazzmen à égalité.
Sauf Miles Davis. Lui, c'est le meilleur. Je le situe tout en haut. C'est ma vie.

Racontez-nous la rencontre avec Miles Davis.



On était très jeunes tous les deux. Il jouait à Pleyel. J'étais fauchée.
La femme de Boris, Michelle Vian, m'avait fait entrer par les coulisses.
J'ai aperçu ce mec de profil. Très beau visage.
Il jouait soit de manière concave, soit de manière convexe.
En arrière, puis en avant. Très penché (elle l'imite). Bizarre.
Je ressentais une harmonie entre le personnage, la gestuelle, et le son de la trompette.
Pas besoin d'être diplômée pour ressentir qu'il jouait dans la cour des grands.
On est sortis dîner en bande. Je ne parlais pas sa langue, ni lui la mienne.
Et voilà... le miracle de l'amour!
J'aurais pu essayer de chanter avec lui. Mais j'avais pas le goût des standards.
Pourquoi, du reste, alors que de grandes vocalistes,
comme Ella Fitzgerald, l'auraient fait mille fois mieux que moi?

Miles est-il venu à l'un de vos récitals?

Oui, bien plus tard, à New York. La production m'avait retenu une suite au Waldorf-Astoria.
Il est venu dîner avec moi au resto en haut du building.
Pour que je n'aie pas l'air d'une pute avec un Noir,
il a emmené le pianiste John Lewis avec ses deux enfants.
Ils ont dû traverser un calvaire dans l'ascenseur.
Je ne vous raconte pas la mine défaite du maître d'hôtel quand le groupe est entré.
Le garçon a mis deux heures avant de nous servir les plats, et encore, servir n'est pas le mot; ils nous les a quasiment balancés à la gueule, comme si l'on était des chiens qui allaient mordre.
Miles ne supportait pas que j'assiste à ces scènes de racisme.
Son pays lui faisait honte. Je conserve un souvenir douloureux de cet épisode.
Je crois que c'est pour cela qu'il n'a pas voulu que je le rejoigne aux USA.

Comme vous, Miles a fréquemment donné leur chance aux jeunes à la fin de sa carrière...

Certes. Mais dans la chanson la concurrence est terrible.
Allez défendre celle d'un jeunot derrière "Jolie môme" ou "Mathilde".

J'ai pourtant l'impression que vous vous sentiez plus à l'aise hier soir avec les vers slamés.

(Sur un ton confidentiel, empruntant un air complice).
Ne le répétez pas: c'est plus facile...

Bruno Pfeiffer

Lire aussi : "Gréco", de Bertrand Dicale, aux Editions Lattès.
La bio de référence.

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MessageSujet: Re: HOMMAGE A JULIETTE GRECO   Jeu 8 Oct - 0:53

Juliette Gréco intime dans Empreintes




Diffusion: Vendredi 9 octobre à 20:35 sur France 5


Juliette Gréco fête ses soixante ans de carrière.
Dans ce nouveau numéro de la collection«Empreintes»,
elle remonte le fil de sa vie riche et intense. Se dévoile un peu, aussi…

Muse de l’existentialisme, icône de Saint- Germain-des-Prés, elle fut l’amie de Sartre, des poètes et des musiciens, Vian, Ferré, Prévert, Miles Davis, etc.
Elle n’a jamais cessé également d’être une femme libre, indépendante, insolente et engagée.

Visage pâle, oeil égyptien, voix grave, silhouette gracieuse, Juliette Gréco ne mâche toujours pas ses mots.



Est-ce difficile de se raconter avec une vie aussi riche que la vôtre ?
Mon intention n’était pas de me déshabiller.
Il y a des choses que je n’ai pas voulu expliquer, délayer, mettre en exergue.
Elles m’appartiennent comme à ceux que j’ai connus et qui ne sont plus là.

Vous dites «Je voulais parler avec mon corps, ouvrir la bouche ne me semblait pas très utile». Pourtant, ce sont les mots que l’on retient de vous…
Les mots des autres !
Je choisis ce qui semble correspondre à ce que je suis.
Mais ce n’est jamais complètement moi, il y a une certaine part de jeu
et de référence à d’autres.

Quel est pour vous le plus beau mot de la langue française ?
Merci. Je me le dis en m’endormant et en me réveillant.
Merci pour la vie qui m’a été offerte, l’amour qui m’a été donné.
Il y eut des douleurs, des larmes, des désespoirs…
Mais aussi des joies, alors merci.
Merci pour les rencontres bouleversantes, superbes.

Alain Delon évoque souvent son passé avec nostalgie. Vous, c’est tout le contraire…
Ce n’est pas dans ma nature ! Je suis une désespérée pleine d’espoirs.
Il y a plus important que le malheur. La vie n’est pas faite pour ça ;
mais plutôt pour rencontrer, découvrir, apprendre.
Je continue d’apprendre, sinon je n’avance pas, je recule.

Sartre, Beauvoir, Sagan, Ferré : ce fut une sacrée école du soir !
Saint-Germain fut un creuset formidable…
Tous avaient un désir d’entendre, de découvrir,
de regarder avec un formidable appétit de liberté. Il y avait peu de gens tièdes.

Le doc porte le titre de votre premier disque : «Je suis comme je suis».
Dans votre vie, il y a eu plus de refus que d’acceptation?
Oh que oui. Après les bottes (allemandes), on a vécu, on était libres.
Ma mère m’a toujours dit que mon premier mot prononcé ne fut ni papa ni maman mais non. Et cela continue, c’est une évidence ! Je suis incorruptible.

Dans le rétroviseur, que retenez- vous de ces 60 ans de scène?
Je ne me suis même pas aperçue que soixante ans avaient passé.
Je vois les visages de ceux que j’ai aimés, connus, rencontrés, j’entends leurs rires.
Car nous n’arrêtions pas de rire. Nous étions enfantins.
Tous avaient une fraîcheur extrême, un désir d’enfance,
sans doute parce que la guerre nous avait volé quelque chose.
Ce passé est comme un coffre-fort que j’ouvre régulièrement
et mes trésors me remontent dans les yeux.

Vous dites : «Je suis riche de mes trésors, mes chansons».
Si vous deviez n’en retenir qu’une, quelle serait-elle?
Chanter est un acte d’amour et si je ne chante plus je meurs.
Mais je dirais Le temps des cerises.
Il y a tout dans cette chanson, l’amour, la mort, le combat.

Pour vous, aujourd’hui encore, chanter est-il un acte d’amour et d’engagement ?
La vie est un combat difficile, cruel parfois.
J’ai toujours vécu ma vie sans concession, dangereusement, passionnément.

Fréquentez-vous toujours Saint- Germain-des-Prés ?
Je continue d’aller dans ce quartier avec joie.
J’y ai connu tant de bonheurs et tant pis si les paysages sont gâchés,
je continue d’aller chez Lipp, au Flore, aux Deux Magots…
De me promener dans les petites rues, même si elles sont parfois d’une excessive modernité. L’âme de tous ceux que j’ai connus plane au-dessus de ce quartier unique.

Dans le doc, vous évoquez une toile de Gainsbourg que vous possédez. Quel rapport entretenez- vous avec la peinture ?
Très étroit depuis l’âge de 8 ans, voire passionnel.
Je suis une grande amoureuse de la peinture : Van Gogh, Paul Klee, Chagall, Renoir, César. J’aime les peintres, les artistes.
Sans eux, je n’aurais jamais su que le ciel pouvait être mauve !

A chaque chanson, vous vous emparez des mots avec passion. Quelles sont vos lectures ?
Lorsque je travaille, je ne lis rien et me consacre à mon travail mais en vacances,
j’aime m’enrouler dans les auteurs, relire Maupassant, les Russes,
retomber sur Beauvoir, Yourcenar…

Vous, l’interprète, quel est votre sentiment sur la loi Hadopi 2 ?
J’ai été insultée, traitée de vieille conne mais je m’en fous,
parce que je suis pour une loi qui protège ce que nous avons de plus précieux,
notre patrimoine, la littérature, la musique, les artistes.

Interview de Nathalie Jacquet
Télécâble Sat Hebdo


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MessageSujet: Re: HOMMAGE A JULIETTE GRECO   Jeu 8 Oct - 1:02

JOLIE MOME


Juliette Greco - Jolie Mome
envoyé par val6210.
LEO FERRE
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MessageSujet: Re: HOMMAGE A JULIETTE GRECO   Jeu 8 Oct - 19:43

L’interprète de Boris Vian et la muse de l'existentialisme de Saint-Germain des Près a reçu la Médaille d'or de la Sacem.




Elle a chanté les plus grands, Boris Vian évidemment, Léo Ferré, Robert Desnos, Raymond Queneau, Georges Brassens, Charles Trenet, Jacques Brel ou encore Serge Gainsbourg, Juliette Gréco, aujourd’hui âgée de 82 ans, s’est vue récompenser la Médaille d'or de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique hier, mercredi.
C’est Claude Lemesle, le président du directoire de la Sacem qui lui a remis son insigne.
Toujours en hommage à Juliette Gréco, un documentaire, « Je suis comme je Suis », réalisé par Bertrand Dicale et Brigitte Huault Delannoy a été projeté en avant première, à cette occasion.


Icône inter générationnelle

Au-delà de la vie publique de l’interprète de « Déshabillez-moi », « Je hais les dimanches », « La Javanaise » ou encore de « Jolie Môme », c’est l’aspect privé de cette légende de la chanson française que les auteurs nous font découvrir.
Le film sera d’ailleurs diffusé demain soir, vendredi, sur France 5.


Pour son dernier opus, « Je me souviens de tout » (avril 2009), l’éternelle insoumise s’est entourée de la jeune génération : Olivia Ruiz, Miossec, Adrienne Pauly ou encore Abd Al Malik qui lui ont signé des textes
Son époux, le pianiste Gérard Jouannest, a, lui, composé la musique.

Caroline LEBENBOJM

http://www.nostalgie.fr/musique-422/actu-musique-449/article/233974-juliette-greco-honoree.html[center]
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