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 RICHARD HAWLEY

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Nine
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MessageSujet: RICHARD HAWLEY   Ven 2 Oct - 17:50

RICHARD HAWLEY



Photo : Mathieu Zazzo
http://www.myspace.com/richardhawley

A la suite ses deux premiers albums solos en 2001 et 2003,
le chanteur anglais Richard Hawley sort son dernier opus Cole’s Corner en septembre 2005.
L’ex membre des Longpigs et guitariste de Pulp a été bercé dès sa plus tendre enfance par les accords de guitare de son père qui avait croisé la route d’Eddie Cochran.
Le chanteur de Sheffield nous revient avec un album aux accents mélancoliques et emprunt de son hypersensibilité. On y croise des morceaux tantôt intimistes tantôt expansifs,
mêlant envolées instrumentales et ballades rock,
dont certains ont été enregistrés en une seule prise.
Deux ans plus tard, Richard Hawley livre Lady's Bridge,
dont le titre reprend le nom du centre de la ville de Sheffield.



Auteur de chansons intensément cinématographiques,
Richard Hawley, ce fantôme romantique, modeste,
de Sinatra et Johnny Cash réunis, nous revient, lui et son spleen

avec un nouvel album le 5 Octobre 2009
Truelove's Gutter.

Et au classicisme très américain de Coles Corner ( 2005)
et Lady's Bridge (2007), Richard Hawley d'ajouter de nouvelles
touches sonores avec l'arrivée "d'instruments étranges"
(Cristal Baschet, waterphone, ondes Martenot, lyre enchantée et glass harmonica )

Tracklist de Truelove's Gutter

01. As The Dawn Breaks
02. Open Up The Door
03. Ashes On The Fire
04. Remorse Code
05. Don't Get Hung Up In Your Soul
06. Soldier On
07. For Your Lover, Give Some Time
08. Don’t You Cry

Le summum émotionnel à travers ce titre en vidéo
For your Lover Give some Time





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Nine
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MessageSujet: Re: RICHARD HAWLEY   Ven 2 Oct - 18:11

Richard Hawley
"Truelove’s Gutter"




Par Cyril Cossardeaux

Nous nous sommes quelquefois gaussés, avec ô combien de tendresse et d’admiration,
de ces songwriters surdoués mais chanteurs plus incertains.

Voilà bien le genre de critique qu’on ne peut pas adresser à Richard Hawley.

On a coutume de dire des grands comédiens qu’ils seraient capables de captiver leur audience en récitant l’annuaire du téléphone.

Richard Hawley, lui, saurait bien nous émouvoir aux larmes en interprétant l’intégrale des compositions du trio infernal Aitken, Scott, Waterman,
celui qui officiait notamment pour Kylie Minogue (I Should be so Lucky, c’est eux),
avant qu’elle n’accède au statut de hit girl
(en même temps, on n’a pas du tout envie de le voir relever le défi).

Probablement plus que tout autre chanteur aujourd’hui, Richard Hawley est THE Voice,
comme on a pu le dire de Frank Sinatra durant quelques décennies.
Comme son glorieux aîné, il aurait pu faire un crooner irrésistible.

C’est d’ailleurs souvent comme ça que cet ancien membre de Pulp
(qu’il a quitté bien avant la mise en sommeil - définitive ? – du groupe de Jarvis Cocker)
est un peu paresseusement présenté.
Il a d’ailleurs flirté avec le genre quelquefois dans ses précédents albums
(tous hautement recommandables) mais, ici, c’est quand même autre chose qui se joue.

Richard Hawley

Par tradition historique, un crooner est d’abord un interprète
(et le plus souvent uniquement cela),
chargé de faire frissonner, pleurer ou tomber amoureux avec les mots des autres.

Hawley, lui, est aussi auteur.
Et quel auteur, même si on pourrait presque estimer qu’aucune composition ne peut se hisser à la hauteur de sa voix, ce qui serait parfaitement injurieux pour une pure splendeur comme
For your Lover Give some Time
(rassurez-vous, les sept autres chansons de l’album sont seulement juste un micro cran en dessous).

Et ce double statut d’auteur-compositeur fait une sacrée différence, particulièrement sur un album qu’il reconnaît lui-même avoir écrit dans une période de sa vie assez compliquée émotionnellement
(dont le titre, Truelove’s Gutter, est certainement un écho direct).

Plus d’une fois, on pense à une autre référence citée à son propos, avec davantage de pertinence, celle de Scott Walker.
L’art de Richard Hawley n’atteint jamais l’emphase géniale de l’Américain, tout simplement parce qu’il ne la recherche pas.
Mais les chansons les plus orchestrées (rares, ici)
peuvent parfois rappeler les plus belles réussites des Walker Brothers alors que les plus dépouillées ne sont pas sans évoquer les cinq premiers albums solo de Walker,
particulièrement l’intouchable Scott 4.

Ailleurs (comme sur Ashes on the Fire ou Don’t Get Hung up in your Soul),
on n’est pas loin des balades chantées par ces cow-boys à la voix de velours
dans des westerns qui n’oubliaient pas de charmer aussi les dames.

Elvis et son Love me Tender, évidemment, mais plus encore Rick Nelson,
dont Richard Hawley retrouve la sensibilité plus fragile.

Et dire que cet artisan magicien des mots et des notes
qu'il nous vient de Sheffield,
l’une des villes les plus tristement industrielles de l’Angleterre…

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Nine
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MessageSujet: Re: RICHARD HAWLEY   Ven 2 Oct - 18:22

Ne passez pas à côté du dernier Richard Hawley !


"Chanteur cabossé en humble quête de rédemption
par la recherche de la mélodie parfaite et du ton juste."


Le génial mercenaire-crooner de Sheffield publie un album irradiant d'impudeur touchante
et d'orfèvrerie musicale.
Indispensable.

"J'ai eu besoin de m'isoler de la nuisance des écrans pour ce disque.
Pas de télévision, pas d'internet.
Au bout de quelques semaines, je me suis senti mieux"


Richard Hawley, interview à VoxPop, septembre 2009.

hawley Pesons nos mots et respirons un grand coup !

car voici un disque dénué d'artifices ou de velléités de parts de marché,
qui n'a pour autre ambition que de parler à l'âme et au cœur de l'auditeur.
"Truelove's Gutter" est l'œuvre d'un Richard Hawley en état de grâce.
La voix est très en avant. Intense, d'un éclat superbe.
Un micro vintage années 40 de fabrication allemande
serait l'explication technique du pouvoir que cette voix va exercer sur vous dès la touche
"Play" enclenchée.

Les chansons ici sont contemplatives de plusieurs points de vue.

Celui des relations hommes-femmes bien sûr (Open Up Your Door)
mais aussi le reflet du miroir, dans un style d'auto-analyse tantôt amère tantôt amusée.

C'est bien sûr dans ces espaces troubles et impudiques que Hawley touche le plus (Ashes On Fire, For Your Lover Give Some Time).
Sans suffisance, Hawley évoque ses faiblesses, ses lacunes, ses doutes.

Le mérite des chansons tient dans la parfaite mise à distance du texte par rapport à la musique.
C'est du songwriting d'un très haut niveau :
un message passe mais la richesse de la musique apporte encore plus de sens aux mots. Chaque chanson est subtilement orchestrée mais sans artifices. Le guitariste ne se met pas en avant, plus que jamais, ses chansons sont les vedettes.
Néanmoins, la très longue mais sublime Remorse Code se développe sur une des parties de guitare les plus passionnantes couchée sur bandes ces dernières années.


Ce disque devient obsessionnel et génère de nombreuses écoutes
pour son confort comme pour les questions importantes qu'il amène à se poser sur l'importance de la musique aujourd'hui.

Pourquoi n'y a-t-il pas plus de disques aussi dignes, purs, et justes ?

C'est du niveau du Lou Reed de Coney Island Baby, et pourquoi pas,
de Bashung dernière période.

Richard Hawley aime lui aussi sa posture de chanteur cabossé.
Il est l'une des dernières personnes suffisamment libres dans ce milieu pour poursuivre une quête d'idéal musical sur le format de la chanson
sans avoir de formule à renouveler, de légende à cultiver, de record quelconque à battre.

Cet album est à la fois humble et monumental, il est possible que vous n'ayez pas eu de telles expériences d'écoute à cœur ouvert depuis longtemps.
Ce serait dommage de passer à côté d'une expérience pareille.

Texte : Benjamin Durand
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liliane
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MessageSujet: Re: RICHARD HAWLEY   Sam 10 Oct - 23:04


L’automne lui va bien :
on retrouve avec joie la mélancolie lumineuse de Richard Hawley,
immense crooner anglais à qui ne manque qu’un public digne de chansons qui rendent fou.
Créé le 09 octobre 2009
- par Serge Kaganski


Si la carrière solo de l’ex-guitariste de Pulp demeure à un stade confidentiel en France, il en va tout autrement dans son Angleterre, où ses deux chefs-d’oeuvre précédents (Coles Corner et Lady’s Bridge) se sont taillé un joli succès. On ne sait pas ce qu’il faudrait pour que la France tombe pour Hawley. Ce type a tout en magasin : l’inspiration mélodique, une voix de crooner à éteindre tout Las Vegas, une culture musicale grande ouverte mais jamais cuistre, du style et du chien (de race), de la facilité dans le talent. Tout chez lui paraît sans effort, touché par la grâce. Voilà un rockeur en costume d’alpaga et gants blancs qui, tel un héros de cinéma cool, semble ne jamais transpirer. Peut-être lui manque- t-il juste un physique à la Johnny Depp, une gueule d’amour à la Ricky Nelson.

En discutant avec lui dans un palace parisien baroque, on se demande comment un tel talent a pu rester si longtemps dans l’ombre des autres. “J’ai toujours écrit des chansons, depuis l’âge de 14 ans, raconte le chanteur d’une voix aussi tranquille et classe que sur ses disques. Et j’ai toujours écrit des chansons douces. Ça ne cadrait pas avec l’ambiance et les goûts du nord de l’Angleterre. Moi et ma musique étions des outsiders. Je n’avais pas suffisamment confiance en moi pour une carrière solo. Puis mon père est mort, il était musicien… Je suis arrivé à un point où il fallait que je chante mes chansons, ce n’était plus un choix, mais une nécessité.” Une nécessité qui, avec des albums comme Coles Corner, en est également devenue une pour l’auditeur. Truelove’s Gutter ne se donne pourtant pas à la première écoute. Dans ce collier de chansons lentes et mélancoliques, de ballades taillées dans des étoffes précieuses, toutes marquées d’un sceau sombrement romantique, on pourrait déceler de prime abord une certaine monotonie. Mais la richesse mélodique s’insinue progressivement, l’ample et subtile palette des arrangements se dévoile petit à petit, et après trois ou quatre écoutes, plus de doute : Hawley a signé un nouveau chef-d’oeuvre addictif. “Avec ma musique, j’espère échapper au manège emballé qu’est devenu le monde. Il faut ralentir, putain ! C’est super de ralentir, tout le monde devrait essayer de temps en temps. Coles Corner et Lady’s Bridge ont eu beaucoup de succès en Angleterre, ç’aurait été facile pour moi d’enchaîner un autre album dans la même lignée, avec un mélange de ballades et de rock. Mais je ne voulais pas être pris en flagrant délit de lâcheté artistique !”

Ecouter Hawley, c’est penser à Elvis, Sinatra, Roy Orbison, Scott Walker,Willie Nelson, Johnny Cash, Chris Isaak, c’est un volume de rock et de country pour dix volumes d’élégance satinée et une pincée de psychédélisme. Le chanteur reconnaît toutes ces influences, mais les trouverait presque trop évidentes. En érudit amoureux de musique, il affine son paysage intérieur. Il a certes été marqué par les premiers Elvis, mais surtout pour le son : “Ce son Sun était tellement brut, vivant… C’est souvent par la texture sonore que les disques m’affectent. Le son, c’est essentiel, peut-être plus que les mélodies ou les textes. Quand on entend les disques Sun, c’est plus que de la musique, il y a autre chose, une dimension mystérieuse.” S’il admet aimer le format pop de trois minutes (“on peut mettre tellement de choses dans ces trois minutes”), il avoue son désir de s’en éloigner de plus en plus, d’exploser justement les formats, comme il le fait si brillamment dans le nouvel album, en donnant du temps au temps et de l’espace aux chansons.

Que ce soit par ses disques, son tempérament artistique, la teneur de sa conversation, les textes de ses chansons, on sent bien que Hawley ne se sent pas très à l’aise dans son époque. Tel un dandy qui ne ferait pas exprès de l’être, il décrit son peu d’appétence pour notre temps, avec calme, sans la moindre aigreur. “J’aime la quiétude, la nuit, les ambiances nocturnes. La solitude n’est pas désirable tout le temps, mais la capacité à être seul sans s’ennuyer est importante. Récemment, j’ai eu une période où j’ai voulu arrêter l’internet, juste passer du temps avec ma femme, mes trois enfants, mes vieux amis, savourer les choses simples de l’existence. Mais c’est très difficile de couper complètement. Aujourd’hui, nous vivons dans une culture où on lit les gros titres plutôt que les livres. Je n’aime pas ça. Depuis tout petit, j’ai ce sentiment d’être décalé, de ne pas appartenir à mon temps.”

Une fois lancé par-delà les murs de la timidité, on n’arrête plus Richard Hawley, musicien qui voit et pense plus loin que le bout de son médiator. “Sais-tu que c’est Pythagore qui a découvert qu’il y avait douze notes ? Il y a trois mille ans ! Il y a des choses fondamentales dont l’être humain a besoin depuis toujours. Par contre, il n’a pas forcément besoin de toute la camelote qu’on essaie de nous vendre. Si la musique ne te donne pas l’envie de baiser, de boire, de danser, de pleurer, c’est de la merde.”

http://www.lesinrocks.com/musique/musique-article/t/1255082820/article/trueloves-gutter/


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MessageSujet: Re: RICHARD HAWLEY   Lun 12 Oct - 13:55


.
Truelove's Gutter








Le titre a l'air de jeter l'amour sincère à l'égout mais il honore une fois de plus Sheffield - murs de brique moins noir-cis de fumée désormais, pubs increvables où marinent chômeurs et crooners que le temps oublie.

Depuis Lowedges, Richard Hawley met ses albums à l'enseigne d'un coin de sa ville.
Chacun pourtant ouvre et déplie la carte inconnue d'un voyage, au long de fleuves immémoriaux, de voies sans autre issue que la nuit.

Dans leurs chansons jusqu'ici clignotaient les néons, les sentiments grands et petits. Truelove's Gutter commence à l'aube (As the dawn breaks) et nous laisse à la berceuse consolante de Don't you cry.
Il est cependant noyé d'ombre.
On y entre à tâtons pour trouver des formes familières, mélodies travaillées jusqu'à l'épure et remises en perspective.


Hawley, jusqu'à présent, s'y entendait à donner le vertige par touches inattendues. Il fait ici un assemblage presque sans coutures de chants arrachés aux ténèbres. La durée s'y fait moins sentir que les ruptures et les reliefs. Des sons ­bizarres les hantent, plainte sourde, écho liquide (ondes Martenot, cristal Baschet, waterphone...). Les guitares sont fidèles et les cordes vont si bien à la voix de velours bleu. Un lent crescendo mène à la charnière de Remorse Code. Après, l'éblouissement gagne : Soldier on, soudain fracassé en deux, décolle.


Avare de grandes phrases, Richard Hawley semble être allé puiser profond ces mots qu'il rend si proches et lyriques : For your lover give some time, ballade où le plus douteux repentir (« maybe I'll drink a little less »...) devient le plus doux murmure, finit par un lent grésil de notes lunaires. On ne sait plus dire alors si son effet vient du fond des âges ou du nouveau Richard Hawley
- son album le plus fier, le plus beau de l'année dans un genre où très peu s'aventurent.

François Gorin
Télérama n° 3117


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MessageSujet: Re: RICHARD HAWLEY   Lun 12 Oct - 20:15



.

Richard Hawley, crooner paradoxal







Avec son miraculeux dernier album, le chanteur et guitariste britannique acquiert une dimension nouvelle.



«Si je devais mourir demain, je serais fier d'au moins une chose : ce disque», affirme Richard Hawley en s'excusant platement de nous avoir fait attendre une poignée de minutes.

La veille, il retrouvait son camarade Jarvis Cocker, qui vit à Paris depuis quelques années. «Je suis resté debout tard la nuit dernière. Ce sont des moments précieux», glisse-t-il en guise d'explication.


L'ancien leader de Pulp est de ceux qui lui ont permis de s'affranchir d'une existence de guitariste dans des groupes secondaires (qui se souvient des Longpigs ?).

D'abord en l'invitant à rejoindre Pulp sur les tournées, ensuite en l'encourageant à enregistrer ses propres disques.
Désormais âgé de 42 ans («Je suis vieux», déplore-t-il), Richard Hawley publie cette semaine Truelove's Gutter, son sixième album solo.


Si ses précédentes productions nous avaient déjà sensibilisés à ses immenses qualités d'écriture et d'interprétation, celui-ci constitue un véritable miracle.
Avant de pouvoir livrer ces huit chansons en suspension, Richard Hawley a pris le temps de se mettre à l'écart du monde moderne.

«En décembre dernier, à la fin de ma tournée, j'ai pris une décision radicale : plus de télévision, plus de connexion Internet pendant deux mois.
Juste le chien, la maison et les bois. Je voulais voir ce qui en sortirait.»


Il en a tiré une des plus belles collections de titres que l'on ait pu entendre cette année. « J'avais écrit quarante chansons pour ce disque. S'il n'y en a que huit à l'arrivée, c'est parce qu'il fallait qu'elles soient toutes dans le même esprit. J'ai conçu ce disque comme une expérience apaisante.»



Orchestration raffinée


À l'heure du téléchargement de morceaux à l'unité, Richard Hawley a conçu un cycle de compositions qui s'écoutent du début à la fin.

« Je ne crois pas à la culture du morcellement. Quand j'étais gamin, aller acheter un disque, c'était presque comme se rendre à un mariage. »
Il se souvient ainsi avoir attendu dès potron-minet pour être parmi les premiers acheteurs d'Ocean Rain, chef-d'œuvre du groupe Echo & the Bunnymen, en 1984.


Vingt-cinq ans après, le majestueux Truelove's Gutter sonne comme un cousin éloigné de cet album.
Ce qui le distingue de la production actuelle, c'est son orchestration aussi raffinée que recherchée.
Instruments rares (cristal Baschet) et cordes complètent une instrumentation rock traditionnelle.
« J'ai utilisé les cordes avec parcimonie afin d'éviter les pièges de ce genre d'orchestration, mais elles se sont imposées sur certains titres. J'avais des idées très précises en tête en préparant ce disque. Si j'avais une guitare avec moi, je pourrais vous montrer ça très clairement… »


Fils et petit-fils d'ouvrier, Hawley a eu à cœur sur cet album de chroniquer les vies difficiles de certains de ses amis de Sheffield.

Très attaché à sa ville, il n'a jamais envisagé de s'installer ailleurs. «C'est un trou postindustriel, mais c'est le mien !»

Après des années d'autodestruction, il a trouvé l'équilibre auprès de son épouse, ses trois jeunes enfants, son chien et ses guitares. « Je prenais des tonnes de drogue par le passé.

Aujourd'hui, il suffit d'un café pour me mettre dans tous mes états », explique-t-il. Paru il y a deux semaines en Grande-Bretagne, Truelove's Gutter a trouvé place parmi les vingt meilleures ventes de disques.


De quoi redonner de l'espoir en l'époque à ce faux pessimiste. «En le faisant, je m'étais fait à l'idée que personne n'en voudrait… Ça m'a permis de réévaluer la situation », dit-il dans un immense éclat de rire.

Truelove's Gutter (Mute/EMI).

Olivier Nuc Le Figaro


.


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Nine
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MessageSujet: Re: RICHARD HAWLEY   Ven 23 Oct - 14:41

Nuages Hawley



Le sixième CD bourdonnant d’un héros de Sheffield.
Par BAYON

«True Love’s Gutter»
Richard Hawley


True Love’s Gutter (l’égout de l’amour ?) reconduit avec bonheur la formule maison Richard Hawley de Sheffield.
Depuis sept ans et cinq albums, ce Joaquin Phénix producteur chanteur propose des complaintes de zinc au chic esquinté vieille Angleterre, hantées par Presley, Cliff Richard, Engelbert Humperdinck et consorts glamour Edwyn Collins.

Le bourdon barytonnant est à la fête. La vie s’écoule, mousse, les guitares de la collec vieux garçon prennent la pose, entre deux vestes. Les décennies passent, écroulées avec charme en chansons de geste du coude et fredaines, fredonnées sur l’air des cendres tièdes (Ashes On The Fire), des adieux (Don’t You Cry), des bleus à l’âme (Don’t Get Hung Up In Your Soul).

Entre country blues d’appartement vide et folk de quartier désolé avec apparat, nursery rymes de regrets, c’est une psalmodie philosophique, drapée de violons à l’occasion (Open Up Your Door), à la lisière de la guimauve larmoyante.

Hawley perpétue une tradition prolo de chanson rocky british, dans les eaux d’un Chris Isaak surfer muté éboueur. Au passage, l’arrangeur étoffe et chamarre ; le tout servi lent et tiède, sans entorse à l’abattement dodelinant ménagé. C’est une ligne de fuite yogi sonique, en mantras beurrés berceurs. Remorse Code, la longue plage de «frippertronics» revues Dire Straits matiné de Durutti Column (groupe new wave), fait un point d’orgue à l’édition. 9 mn 51 s de glissandos lamento.

La mort lo-fi n’est pas loin, en torpeur soutenue ; jusqu’à un genre de suspension du souffle amniotique, idéal comateux sur l’air asthénique de Soldier On ( «for so long…»), catatonie de romance a cappella.

Alternant caresses de guitares western et langueurs de carrousel, évanescences d’orgue de patinoire rétro (Don’t You Cry), l’album varie huit thèmes sentimentaux de durée évasive. 4 mn 17 s pour le refrain le plus laconique, 10 mn 40 s le plus généreux, au finale. Huit fois «la noblesse de l’échec», huit nuages Hawley hydrophiles, écrits, composés et ouvragés, épongés, joués, chantés en voix de gorge, accompagnés et surproduits, autistiquement, par Richard Hawley.

Les textes sont reproduits en photos exprès floues, rayées, délavées : décor de ruines neuves sur fond de montres à gousset molles, bonbons fondus, miettes, feuilles mortes effritées, fleurs fanées, amours défuntes. En notes de pochette, on lit, maniaquement classé, au chapitre de l’instrumentarium Hawley :
«12 cordes, Atkin, Jumbo, Fender, Gibson, Manelectro, Gretsch
(Gretsch 6120W, Gretsch G6118T-LTV125th)»

En attendant le retour du même d’ici deux ans, ce sixième Hawley immobile égale presque en stase rockab la petite chanson mort-née de Return To The Scene Of The Crime (du fantôme binaire At Swim Two Birds alias Roger Quigley)
- qui est une autre histoire, dolente et belle.

LIBERATION

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MessageSujet: Re: RICHARD HAWLEY   Dim 1 Nov - 14:49




.
[center]Richard « Olé » Hawley







Depuis près d'une décennie, Richard Hawley sort en toute discrétion les plus beaux albums du monde.

Un culte grandit, ses admirateurs, de plus en plus nombreux, reconnaissant en lui un talent très rare... Hawley vit dans un autre monde.

A Sheffield, en Angleterre, il conçoit ses disques en artisan et échappe à son époque. Comme si, pour lui, la musique s'était arrêtée avant les sixties.

D'où ce romantisme de crooner qui emprunte autant à Dean Martin qu'aux grands spécialistes de ballades du rock and roll fifties (Gene Vincent, Roy Orbison, voire Elvis).


Autant être clair : Hawley est le chanteur le plus fascinant du moment ; sa voix de baryton pourrait interpréter la chanson de La Nuit du chasseur et faire passer Mitchum pour Mika.

Sur ce nouvel album, le magicien se vautre avec volupté dans des tempos d'une lenteur inouïe et déroule sa mélancolie de titre en titre avec une puissance surnaturelle.

Ce type est sans aucun doute le seul être humain capable d'hypnotiser via une paire d'enceintes.


NICOLAS UNGEMUTH

30/10/2009

http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2009/10/31/01006-20091031ARTFIG00184--richard
-ole-hawley-.php

.


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MessageSujet: Re: RICHARD HAWLEY   Mer 4 Nov - 2:03

Somptueux.



Pas la peine de s’éterniser sur un disque qui semble, lui, promis à l’éternité :
le dernier Richard Hawley est peut-être LE disque que j’attendais impatiemment
depuis cette année.
Un disque à la fois simple et grandiose, touchant et audacieux,
d’une classe folle mais aussi beau à pleurer.
Truelove’s gutter condense tout cela à merveille,
et place enfin Hawley parmi les musiciens et chanteurs anglais incontournables.

Dès le premier morceau, sa voix de crooner dandy mais fatigué, semble sortir de limbes sonores, des nappes de synthés douces et mélancoliques.
Il nous caresse dès le début,
affole nos sens qui se perdent dans l’émotion franche de Open up your door,
chanson presque conventionnelle et déjà entendue
si ne s’y mêlaient pas une orchestration aux petits oignons, avec montée en puissance déchirante et parfaite.
Déjà, Mister Hawley côtoie Elvis, Scott Walker et Sinatra.
Mais ce sont aussi Roy Orbison ou même Willie Nelson et Tim Hardin
qui semblent des présences fantômes sur le troisième et splendide Ashes on the fire.

Je peux continuer tout l’album ainsi tant tout est majestueux,
sans fausse note, parfait, de la première à la dernière note
(le final Don’t you cry de plus de dix minutes, tout aussi grandiose que les autres titres).

L’ex-guitariste de Pulp a peut-être enfin atteint le climax de son oeuvre,
dans ce « caniveau du véritable amour »,
à la fois sombre et délicat, à l’instar de la pochette,
où son visage dans l’obscurité offre une légère lueur sur la crête de son profil.
Dans les huit titres qui composent ce chef-d’oeuvre,
sous la noirceur des propos et la lenteur magnifique des morceaux qui s’offrent patiemment, on trouve toujours la trouée d’échappement, le souffle d’air chaud,
le hublot coloré qui évite à l’ensemble de tomber dans l’ennui ou le morbide.
La classe, tout simplement.

« Si la musique ne te donne pas l’envie de baiser, de boire, de danser, de pleurer,
c’est de la merde.«


Holy Richard. Il donnerait presque envie de croire en Dieu.
Et pour cause :
sa musique côtoie en
fin et pour longtemps les cieux.

Jean-François Lahorgue
BENZINE


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MessageSujet: Re: RICHARD HAWLEY   Mer 4 Nov - 2:15



- - -

Where would you wake up?
I know this is cheesy, but probably in bed next to my wife, like I wake up most mornings. That would be just enough.

What would there be left to achieve on your last day?
Hopefully you’ve achieved what you’ve wanted to achieve already. My granddad used to say to me, ‘when is enough enough?’ He was talking about money and things, you know, to know when enough’s enough. I hope I would be able to rest easy in the morning over breakfast knowing that at least I’ve got somewhere near to being happy.

Who would you invite for your final dinner?
Can I have a party as well? What would be really ace is to be able to go out for a really nice family meal and then probably ruin it all by inviting all my mates and their wives back to mine for the mother of all parties to have a really good laugh with friends. Go out to a nice restaurant, and then pile back to mine for loads of Guinness and ace music!

What would be on the menu?
Anything from a good, old school Italian restaurant.

What would be your greatest regret?
Too few to mention, as the song once said. There’s not one I can pick out, but it’s better to look forward than back. Everybody has little regrets. If you look back it’s too negative; you’re always facing the future with the back of your head.

What would be the last album you’d listen to?
Santo And Johnny [Brooklyn rock ‘n’ roll duo]. Anything by them.

Who is the last person you would kiss?
That’s tricky because I’ve got three kids as well as the wife. I’d have to demand four, one for each of my kids and then one for the missus. Also, I’d have to have a pat on the head for the dog!

Which lifelong secret will you admit to before you go?
Lifelong secret? (Laughs) I’m not telling you!

How would you like to snuff it?
Probably when I’m not looking. “How would you like to snuff it?” It’s a bit of a different question to ‘How would you like your eggs to be cooked’ isn’t it! (Laughs) Actually, seeing as I’d drunk so much Guinness and I’m really pissed, probably just quietly in my sleep, that’d be the easy way out! (Laughs).

What would your final words be?
‘Thank you and goodnight.’

What song would you play at your funeral?
‘One Day Like This’, that Elbow tune. It’s just so celebratory of life, there’s a bitter sweetness to it. There’s a million pieces of music that I could play but it’s those lines, “Throw those curtains wide / One day like this a year would see me right”. Hopefully my last day on Earth would be like the day in the song.

What would it say on your gravestone?
My manager, in his wisdom, found a gravestone from 1690-something on the Internet, in Salem, which said, “Here lies Richard Hawley”, and to see your own name on a gravestone is really creepy - my name’s not exactly John Smith is it! I’d probably let other people write it, but then it’d be a bit of a worry if someone you didn’t like wrote it. What would I like people to write? Hopefully they’d write ‘We miss you!’

Which dead star would welcome you at the Pearly Gates and why?
I lost my dad recently, and he was a great musician/ I know it’s cheesy again, but I’d hope he would be waiting for me there. Someone famous? Billy Lee Reilly’s only just died, so it’d be nice if he were up there to show me the chords to a song of his that I’ve never been able to fucking learn!

If you were resurrected the day after tomorrow, who or what would you come back as?
A seahorse. They’re the strangest creatures on Earth, and I’ve always longed for a life under the sea, I think that would be quite interesting!

Words by Ben Homewood
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MessageSujet: Re: RICHARD HAWLEY   Ven 6 Nov - 2:39

OPEN UP YOUR DOOR

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MessageSujet: Re: RICHARD HAWLEY   Sam 7 Nov - 13:32

Richard Hawley : « Je n’ai voulu laisser que ce qui était nécessaire»


Richard Hawley à Paris en 2009, photo de Mathieu Zazzo


On ne dira jamais assez de bien de l’excellence du dernier Richard Hawley « Truelove’s Gutter» . Découvrons en interview combien son auteur est comme son disque : touchant, sensible et précieux.


De mémoire d’intervieweur, on rencontre souvent des musiciens gentils, intéressants ou rigolos. Richard Hawley est dans une catégorie différente. Attentif, sensible, gentleman. Le genre de personne qui va commencer par parler de sa famille avant de rentrer dans le vif du sujet de son album…

« Mes enfants sont les plus belles choses qui me soient arrivées. Quand tu as des enfants, un tas de préoccupations deviennent obsolètes. Plein de merdes qui te polluent la tête disparaissent. Tu en viens à te dire « mais comment ces conneries ont-elles pu me pourrir la vie toutes ces années» .

Est-ce aussi le moment où, quand on est musicien avec la vie de nomade et de fêtard qui va avec, les concepts de « maison» et « foyer» prennent tout leur sens ?

Absolument. En plus de ça, ma femme n’est pas n’importe qui. Elle est extrêmement forte. Elle sait me reprendre si je dis de la merde où si je vais trop loin dans mes conneries.
Croyez-moi je suis très fort pour ça ! (rires) Par le passé j’étais impossible. Je picolais et je prenais trop de drogues. Ce n’est pas très bon. Mais c’est humain, quand même ! La défonce par les produits chimiques ou l’alcool est une quête humaine aussi vieille que le monde.
Même les singes savent quels fruits manger pour s’exploser la tête, ils en ont besoin. Je crois que chercher à sortir de son enveloppe charnelle par ces moyens est une expérience indispensable.
Après coup, on ressent la vie autrement, plus sereinement. Se retrouver comme une merde le lendemain d’excès en descente ou avec la gueule de bois, paradoxalement ça te fait du bien humainement (rires).

Heureusement, ce n’est plus tous les jours pour moi. Ça l’a été. Maintenant, j’aime juste une fois par semaine aller au pub, boire un coup avec mes copains, jouer aux fléchettes ou faire un billard.
Auriez-vous pu faire un album tel que celui-ci à l’époque de vos excès, et parvenir à exprimer aussi justement votre sensibilité ?

Je ne crois pas que ce soit possible. Il faut du temps pour concevoir pareille musique. Une des choses les plus amusantes que j’ai faites, une fois ma dernière tournée achevée en décembre, a été de ne pas regarder trop la télé ou me servir d’internet.
J’avais besoin de virer tous ces parasites électroniques de ma tête. En tournée, on mate la télé, on passe du temps sur internet pour rien ou sur le portable. Là j’ai voulu me consacrer exclusivement à mon entourage direct.
A l’exception des journaux ou de la radio, je voulais me débarrasser des médias. Tu réalises à quel point c’est dur d’y arriver, dans le monde actuel. J’ai essayé de le faire assez longtemps.
Je n’ai toujours pas regardé une émission de télé depuis Noël. Je regarde des films. Tu te rends vite compte que tu n’as pas besoin de tout ça et à quel point on est bombardé d’images et d’informations.
J’ai besoin de temps pour me remettre de la lecture d’un livre et pour l’apprécier. On vit à une époque où la culture et l’information demandent à être assimilées en un claquement de doigts (il fait le geste). Ça me rend fou. Ça me déprime tellement que ça me donne envie d’aller au pub (sourire).
C’est plus fort que moi, j’ai besoin d’être un pécheur. Ce dont je suis heureux, c’est que ça s’entend sur le disque. J’ai voulu en tous cas proposer une musique qui cherche à absorber l’auditeur. Le silence y tient un rôle très important.

Pour « For Your Lover Give Some Time» , cette absence d’artifice cette volonté d’aller à l’essentiel c’était le point de départ non ?

Oui c’est une chanson sur l’égoïsme masculin, et féminin aussi par certains aspects (rires). Je n’ai voulu laisser que ce qui était nécessaire. Ça parle de comment l’amour varie dans une relation de longue durée.
L’intensité du début a laissé place à un couple qui connaît les faiblesses de l’autre sur le bout des doigts. C’est une chanson sarcastique. Je me rends compte à quel point c’est l’humour qui permet de faire tenir un couple. C’est capital de rire l’un de l’autre. Ma femme et moi c’est ce que nous faisons. Ça aide de rire de soi.
Personnellement, je suis très conscient de mes faiblesses, d’où : « Je vais laisser tomber cette cigarette. Et sans doute boire un petit peu moins» . Et bien sûr, je ne l’ai jamais fait. C’est très simple, ça me semble tellement important d’être honnête envers soi-même. Parfois c’est dur de se regarder dans le miroir et ça aide quand quelqu’un le tient pour vous.

Votre femme s’est-elle sentie honorée par cet album vu sa présence plus ou moins implicite dans beaucoup de chansons ?

Elle l’a écouté et m’a dit : « C’est bien» . Point. De sa part, ça équivaut à la Médaille d’Honneur. Elle a enchaîné sur : « Dis-donc, tu ne passerais pas un coup de jet sur la voiture ? Et puis faudrait laver le chien quand même !» .
Mais bon, sa réaction en direct était la plus significative. Elle ne connaît tout cela que trop bien. Je la regardais notamment rire quand ces chansons évoquaient des vérités sur le couple où des anecdotes que nous connaissons bien.

Un peu comme votre compatriote Paul Weller, vous cherchez le secret d’une manière idéale d’aimer quand on arrive à la maturité. Avez-vous en tête de bons exemples de chansons qui ont parfaitement su en rendre compte ?

Celle qui symbolise le mieux cela pour moi est une chanson de Little Anthony & The Imperials, « Hurt So Bad» . Dès que tu écoutes ça, ta tête explose tellement c’est magnifique. Ça part tout simplement d’une basse, d’un piano et d’une batterie discrète. Mais très vite, il y a comme la fanfare d’Alexandre Le Grand qui arrive pour s’interposer et là, c’est juste splendide. Ça s’apparente au Mur du Son de Phil Spector, c’est magnifique. Allez écouter et vous aimerez, maudissez-moi si ce n’est pas le cas.

LITTLE ANTHONY AND THE IMPERIALS – « HURT SO BAD» (1964)



Êtes-vous toujours en train de courir après la production du disque de vos rêves ?

Mis à part quand je promène le chien, oui, tout le temps. J’ai récemment écrit une chanson pour Shirley Bassey (immortelle interprète de plusieurs thèmes de James Bond, dont « Goldfinger» ) destinée à son nouvel album. Elle a 70 ans maintenant mais c’est incroyable comme c’est une interprète dont la justesse fait mouche dès la première prise.
Quand j’ai réécouté ce qu’on avait fait à la maison, j’étais très fier. Dans tous mes albums, j’ai essayé de trouver la formule parfaite. J’espère m’en être approché sur celui-ci. Mais sur ce disque, j’avais à cœur d’atteindre certains objectifs.
Le Graal reste évidemment la chanson parfaite de 3 minutes. Je pense que toute ma vie je courrai après. Il faut trouver le ton juste, ne pas être distrait par la télé ou internet. J’ai eu la chance de bénéficier du soutien de mon label Mute (le label historique de Depeche Mode ou Nick Cave & The Bad Seeds, ndlr).
Je pense sans arrêt à écrire la chanson pop parfaite de trois minutes. Le paradoxe est que ça ne peut plus passer à la radio aujourd’hui. J’ai la chance d’avoir un label qui comprend ça. C’est quand même fou ce fascisme du format radio qui t’impose toute une série de contraintes de productions. Je ne veux pas de compromis.
J’ai su que je m’embarquais pour des chansons qui dureraient 10 minutes. Je peux vous garantir que je me suis appliqué à ce qu’elles soient bonnes histoire de ne pas sombrer dans du prog rock de merde !
Comment vous sentez-vous au sein de la scène musicale anglaise ? Comme un marginal ?

Je ne suis pas dans les journaux. Je ne pense pas trop à ça, sinon j’en serais à me préoccuper de mode, de style, je chercherais à savoir qui pense quoi, je serais aux aguets pour savoir qui a dit quoi. Fuck Off.
C’est fou combien les gens sont préoccupés par cela. Moi, c’est la justesse qui m’importe. J’ai eu cette expérience de travailler avec des groupes « in» , ce que j’en ai retiré c’est que tout a toujours une fin.
Si ton objectif est d’avoir ta Ferrari, ta piscine et une villa à LA, et bien c’est tout ce que tu obtiendras au final ! Pas de problème. Si tu veux du pognon, il n’y a bien que ça que tu auras. Il y a quand même mieux à faire. Je ne veux pas me retrouver sur mon lit de mort pour me dire « Et merde ! Qu’est ce que j’ai fait de ma vie?»
Le plus important est d’être, non pas fier – la fierté est un sentiment pervers – mais satisfait d’être resté humble. Il faut me comprendre, je descends d’une tradition de travailleurs de l’acier qui gagnaient leurs droits en militant dans les syndicats. Je ne pourrais jamais les imaginer tous se retourner dans leurs tombes en assumant la trahison de leurs principes.

Il me semble que c’est important de résister à la compromission puisque si tu te compromets, tu ne fait plus ce que tu veux, ça devient autre chose, et ce que tu fais n’a plus de sens.
Prends le Velvet Underground. Tu connais tout sur eux, toutes les histoires et les mythes, mais tout ça, c’est de la merde.
Ils ont crée “Candy Says“ et “Pale Blue Eyes“ qui sont sans doute les plus belles chansons qui ont pu être écrites, toutes périodes et toutes cultures confondues. Pourquoi ? Parce qu’elles sont sans compromis. Quand tu te compromets, tu trahis tout ce pourquoi tu restes debout. Voilà ce qui pourrait être ma définition de la vérité.

http://www.voxpopmag.com/fr/pop-up/12366-richard-hawley-interview-voxpop-1.php/2
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MessageSujet: Re: RICHARD HAWLEY   Sam 7 Nov - 13:44



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Richard Hawley

« La seule musique que je méprise c’est celle uniquement destinée à faire du fric»


Richard Hawley - Paris - 09/2009 © Mathieu Zazzo


Richard Hawley l’historien, le politique, il nous a tout fait lors de cet entretien passionnant. Si comme nous vous aimez « Truelove’s Gutter» , plusieurs clés de ce disque se trouvent à la fin de cette interview…



Comment vouliez-vous entendre votre voix sur ce disque ? Par rapport aux disques précédents, votre voix avait-elle un rôle plus important à jouer ?



Je ne m’étais jamais considéré comme un chanteur jusqu’à maintenant. Je me sentais surtout songwriter ou guitariste. Pour moi les voix, c’était un peu la cinquième roue du carrosse. C’est vraiment idiot de ma part.

Mais voilà, j’apprends tout le temps. J’ai eu l’occasion de discuter de ça avec le crooner anglais Tony Christie, il n’est pas très connu mais c’est un chanteur magnifique.
Il m’a donné beaucoup de conseils d’écoute de morceaux remontant parfois à il y a soixante ans.

J’ai recherché des micros datant des années quarante car les enregistrements de cette époque m’intriguaient. Celui que j’ai choisi était le meilleur mais aussi le plus cher (rires).

Enfin bon, je l’ai acheté pour ma voix mais au final, je l’ai aussi utilisé pour la guitare et la batterie.
Ce micro est incroyable. Il enregistre la vérité. Il est même assez impitoyable dans un sens. J’ai le sentiment que c’est la première fois que je pouvais entendre comment je sonnais.

Après il n’y a pas de secret, Jim Morrison, Sinatra ou Lou Reed, tous ont utilisé ce micro, ce que j’ai découvert après.
Ça a tout changé pour moi d’obtenir un résultat d’une telle proximité entre ma voix et l’oreille de l’auditeur.

J’ai hésité à utiliser de l’écho, mais non, je voulais que ça sonne réel.
Les chansons étant elles-mêmes réduites à l’essentiel. Sur le premier morceau « As the Dawn Breaks» , ça a l’air un peu sophistiqué alors qu’il n’y a que ma guitare, une mégabasse (8 cordes), un cristal baschet et ma voix.

Sur « For Your Lover Give Some Time» , pareil, il n’y a qu’une guitare espagnole et des cordes.
Sur « Remorse Code» (lien sur cet excellent blog ), on a été un peu dépassé par les événements.
Tout ce que vous entendez est enregistré live. J’ai seulement réenregistré les voix a posteriori. Mon batteur a été très inspiré en jouant à mains nues plutôt que d’utiliser des baguettes ou des balais. Il avait un groove phénoménal, et j’adore le rendu.

Ça s’est passé comme ça et on s’est retrouvé avec un morceau de 10 minutes sur les bras ! Je n’avais aucune idée de comment cette chanson devait être ou pas.
C’est très simple et en même temps, ça sonne massif.



RICHARD HAWLEY : « SOLDIER ON» (2009)




Etait-ce la première fois que vous improvisiez de la sorte ?


Euh oui. Disons que j’avais déjà improvisé une chanson pour l’enregistrer dans la foulée mais là, c’était la toute première fois qu’un enregistrement définitif est une improvisation. Quel pied c’était !

Les musiciens avec qui je travaille sont des pointures au niveau mondial. Je ne les laisse jamais trop savoir ce que j’ai en tête. Ils sont tellement bons que si je les faisais jouer deux ou trois fois les morceaux, ils ne feraient plus attention à ce qui se passe.

Je suis content de les écouter chercher leurs repères dans les morceaux, jouer en se demandant tout le temps : « Merde, c’est quoi l’accord suivant déjà ?» .
L’atmosphère était électrique dans le studio. Je n’oublierai jamais l’enregistrement de cette chanson : live en une prise !



En tant que père et musicien mature, vous sentez-vous un rôle à jouer pour les nouvelles générations ?



Ils n’en ont pas besoin. Ils disposent déjà de toutes les informations nécessaires.
Mais c’est fou ce qu’ils peuvent ingurgiter comme conneries. Je le sens avec ma fille de 15 ans. J’ai peur pour sa sagesse.
Mais j’aime les nouveaux groupes, ils me bluffent à chaque fois.

J’étais dans ce bar à Paris l’autre jour, le Truskel, il y avait un groupe de jeunes qui jouait et c’était génial. Ils étaient très roots. Ils étaient à 110%, je revois la tronche du batteur, il était à donf. J’ai adoré. Le bassiste était monté sur piles comme Wilko Johnson de Dr Feelgood. Le guitariste jouait de la guitare comme on tape avec un marteau, je plaignais ses doigts.

C’était fou, ils avaient le truc ces gamins. Tout ça pour dire que définir qui on est à travers son âge me semble assez stupide. Si un groupe est connu et n’a de l’intérêt que parce que ses membres sont jeunes, combien de durée de vie peut-on espérer pour eux ? Un an, deux ans ?

L’âge n’a pas d’importance pour moi. J’apprends autant de gens beaucoup plus jeunes que moi que de gens de mon âge. Je pense qu’il est plus important d’écouter que de parler. J’aime écouter ce que disent mes enfants. C’est parfois si innocent, parfois si sage.



Vous pensez qu’il est plus difficile d’être jeune aujourd’hui que ça l’était quand vous l’étiez ?



Je ne sais pas, je ne suis pas jeune aujourd’hui. Je lisais l’autre jour comme souvent, et c’était un texte qui mettait en pièces la jeunesse genre : « Les jeunes d’aujourd’hui n’ont plus de savoir vivre, ils s’habillent n’importe comment, n’ont rien à foutre de la politique» . Vous savez qui était l’auteur ? Sophocle !



Et votre fille du coup, elle l’a écouté l’album ?


Je lui ai demandé « alors, alors ?» . Elle m’a dit : « Oh c’est pas mal !»
Et elle est repartie écouter Lady Gaga ou je ne sais quelle connerie du genre. Je connais ça. De toute façon c’est indispensable d’au moins connaître ce genre de chose.

C’est pareil pour la politique.
Quand je vois la montée du BNP en ce moment (l’extrème droite anglaise, ndr), je m’intéresse à ce qui se passe et à ce qu’ils racontent. Je ne les méprise pas en tous cas. C’est terrifiant hein, et je sais que chez vous il y a aussi ce qu’il faut dans le genre.

Des gens parlent de l’interdire. Moi je suis pour qu’ils existent et justement pour qu’on soit conscient de ce qu’ils sont pour les contredire. Plus ils parlent plus ils disent des conneries et moins ils sont crédibles.




Vous auriez aimé votre disque quand vous étiez ado ?



Oui, j’ai toujours aimé la musique douce. J’aime bien sûr le rock’ n’ roll et plein de genres de musiques.
La seule musique que je méprise c’est celle uniquement destinée à faire du fric. Je visualise ça comme un cartoon avec des notes de musiques qui défileraient sur l’écran, sauf qu’à la place des notes et des clés, il n’y a que les symboles des Euros ou des Livres Sterling.

Cette musique là n’apporte rien, elle ne cherche qu’à te faire les poches.




Truelove’s Gutter est à nouveau un lieu à Sheffield ?


C’est assez spécial. Je suis sûr que ça vous est arrivé aussi souvent qu’à moi de sortir de chez vous acheter des chaussures et revenir avec un chapeau. C’est ce qui m’est arrivé pour le titre de l’album.

Je suis passionné par l’histoire de Sheffield. Je suis tombé sur un livre du XVIIIe siècle racontant l’histoire des rues de la ville. C’est un livre superbe avec des calligraphies et tout.

J’imagine que plein de gens trouvent ça ennuyeux, moi ça m’intéresse. Je n’avais pas de titre pour mon disque mais je ne cherchais pas vraiment là-dedans jusqu’à ce que je trouve ce nom: “Truelove’s Gutter“ (traduction littérale: « Le caniveau de l’amour vrai» , ndlr).

J’ai fait : « Parfait c’est ça !» .

Ce nom était donné en référence à un type nommé Thomas Trulove. C’était sur ce qui est désormais Castle Street.
En fait je voulais rompre avec ma tradition de donner le nom de lieux de Sheffield à mes disques. Il n’y a que des ruptures avec le passé sur ce disque, je voulais qu’il en soit ainsi aussi pour le titre.

Mais là, quand j’ai eu sous les yeux cette juxtaposition de mots : « Truelove’s Gutter» , c’était trop beau.
Mais attendez, il y a encore d’autres coïncidences incroyable !
Sur ce disque, je joue du Glassharmonica une invention de Benjamin Franklin de 1756.
Figurez-vous que c’est de la même année que datait mon bouquin sur les rues de Sheffield.

Dernière coïncidence amusante, je vais faire un tour au musée de la musique à Londres et sur quoi je tombe, la date de naissance de Mozart, 1756 ! Voilà !

Tout ça pour dire que voilà un disque sur lequel j’ai vraiment voulu aller de l’avant, et finalement, il m’a personnellement ramené loin dans le passé.

Voilà pourquoi les gens qui parlent de rétro sont ridicules à mes yeux. Il ne se rendent pas compte à quel point le genre humain, sa nature profonde, a peu évolué depuis l’âge des cavernes.

Tout ce que nous avons connu depuis 60 ans, ce n’est finalement que de la consommation de masse. Mais moi je me sens contemporain des enregistrements des années 20. Ce n’est pas par amour du rétro, c’est parce que j’y trouve une authenticité qui m’intrigue.

Notre époque prône le « toujours plus vite» . C’est inquiétant quand on voit les effets sur la politique. On se préoccupe plus de qui les habille plutôt que de leur action. C’est des pop stars. Merde ! Comment mon père peut-il comprendre ça ?

C’était un syndicaliste. Dans les débats politiques en Angleterre aujourd’hui, je vois les hommes politiques pleurnicher : « Pourquoi les gens ne nous font pas confiance ?» « Parce que vous n’êtes que des tas de merde !» j’ai envie de leur répondre.

Rien de ce qu’ils racontent n’a une quelconque valeur. Rien de ce qu’ils disent n’a de sens profond et concernant.
Tout ce qu’ils font, c’est apprécier leur pantalon dans la glace. C’est la montée en puissance des branleurs insipides.
Voilà pourquoi, aujourd’hui plus que jamais, il est primordial de savoir à quoi on croit et d’honorer nos principes.


Entretien mené par Benjamin Durand et Mathieu Zazzo
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MessageSujet: Re: RICHARD HAWLEY   Lun 23 Nov - 0:52

L'épure absolue



Richard Hawley
“Truelove's Gutter” Mute/EMI
Depuis huit ans, Richard Hawley fait la plus belle musique du monde, mais il semble que peu de gens le sachent.

Depuis “Late Night Final” inaugurant sa carrière solo jusqu’à ce “Truelove’s Gutter”, l’homme n’a pas bougé d’un iota, à l’exception du précédent, “Lady’s Bridge”, son seul album à moitié raté. Il tient la barre et ne dévie pas.

Entre-temps, nous avons eu les Strokes, les White Stripes, un groupe avec un chanteur à tête de rat (Muse), un autre à tête de nœud (Coldplay), Keane, Arcade Fire, MGMT, etc.

Tout ce beau monde se décarcasse avec plus ou moins de talent pour laisser sa petite empreinte dans un rock and roll qui commence à sentir l’arthrite.

Hawley fait tout le contraire et c’est pour ça qu’il durera plus que les autres. Hors du temps, hors du monde, l’homme de Sheffield chante des berceuses trouvant leur source à une époque que personne n’a réellement connue.

Hawley, dans le fond, est comme Dylan : ses références sont toutes hors d’âge. De Gene Vincent à Hank Williams, de Dean Martin à Faron Young, il s’auto-alimente, en toute autarcie, avec les disques qu’écoutaient son père et le père de ce père, et le père de ce père.

Rien d’autre n’est venu polluer ses oreilles. Depuis huit ans, il laboure le même sillon.

Son art est dans la chanson d’amour, reposant sur presque rien. On trouve, en fouinant bien, du céleste, de la guitare baryton, du vibrato, de l’écho, de la batterie jouée aux balais. Mais pour le reste, c’est le vide. Hawley, Miles Davis, du rock, fait ses disques de manière silencieuse.

Ce sont les mêmes accords qui l’obsèdent d’album en album et, à vrai dire, le musicien travaille toujours la même chanson. Celle-ci est pleine d’écho, de vent, et chiche en notes. C’est la chanson de “La Nuit Du Chasseur” mais en version positive, en version anesthésiante...

C’est l’épure absolue. Chez ce romantique vivant dans un monde pré-Beatles, à l’esthétique fifties pleine d’innocence, il n’y a pas une note en trop. Il y a même des fantômes de note. De la guitare liquide, des sons fantasmatiques, des ectoplasmes !

Et puis, le voici qui ouvre la bouche, s’empare du micro, et sort ce truc... cette voix !

Du baryton dément, plus beau encore que ceux de Lee Hazlewood et Scott Walker réunis.

Lorsque Richard Hawley chante, la beauté du monde paraît. C’est un révélateur, un magicien. Qui gère son talent avec une infinie grâce : voir, par exemple, le crescendo hallucinant de “Soldier On”.

Un moment rare, un frisson violent, un émerveillement. Tout le monde est tenté, après s’être enfilé cinquante fois de suite les huit morceaux de “Truelove’s Gutter”, de dire qu’il s’agit de son plus bel album. A vrai dire, non. “Late Night Final” était parfait. “Cole’s Corner” aussi. “Lowedges” idem.

Celui-ci est seulement aussi beau que les précédents, et ce n’est pas une mince affaire. Alors que le monde tourne, s’agite, se pose des questions inutiles (Oasis reformé ? déformé ?), Richard Hawley traîne sa Gretsch et sa mélancolie, chante l’homme de tous les jours, ce working class hero dont il se sent si proche, et continue de sortir méticuleusement des disques comme on n’en fait plus, qui n’ont d’ailleurs jamais vraiment existé avec lui...

Et, de chanson en chanson, au fil des ans, atteint la perfection suprême. Et avec lui est retrouvé le plaisir adolescent de la quête : voici enfin un auteur dont on attend chaque nouvel album en trépignant. Par conséquent, la vraie question est : comment pourrions-nous vivre sans les albums de cet homme ? Durement, sans doute.

Nicolas Ungemuth


http://www.rocknfolk.com/site/disquedumois.php


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MessageSujet: Re: RICHARD HAWLEY   Mer 2 Déc - 10:18

La Session live: Richard Hawley

VIdéo : Le crooner britannique interprète un titre de son dernier album
et une reprise d'Elvis Presley.


Sa meilleure expérience? "La rencontre de [sa] femme sous acide",
dit-il dans une interview donnée à Libé. Mi-crooner, mi-psyché,
le britannique Richard Hawley, accompagné à la guitare et à la mandoline,
interprète un titre de son dernier album et une reprise de Crawfish,
chanson popularisée par Elvis Presley.

http://www.liberation.fr/musique/06011451-la-session-live-richard-hawley
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MessageSujet: Re: RICHARD HAWLEY   Jeu 10 Déc - 14:11


RICHARD HAWLEY en concert à Paris le 10/02/2010



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MessageSujet: Re: RICHARD HAWLEY   Mar 22 Déc - 1:35

HAWLEY, Richard - Truelove's gutter

/ paru le 20-12-2009 /



Après "Coles Corner" et "Lady’s Bridge",
"Truelove’s gutter" est le 6e album de ce natif de Sheffield, ex-guitariste de Pulp.
C’est bien simple, Hawley produit à chaque fois des disques magistraux,
et "Truelove’s gutter" n'échappe pas à la règle mais va encore plus loin
en nous renvoyant l’encéphalogramme sonore du coeur en charpie d’un crooner
qui a trop badiné avec l’amour, à l’encontre des modes et styles musicaux actuels.

Au-delà de la déclaration d’amour,
Hawley rend hommage à une époque où les chanteurs n’avaient pas peur du ridicule
en dévoilant leurs tripes sans retenue à travers leurs textes.
On pense bien évidemment à Roy Orbison, Frank Sinatra, Burt Bacharach...
On peut même dire que "Truelove’s gutter" est un album-concept
autour de l’obsession amoureuse, qui s’affranchit de tous les standards habituels
(huits titres seulement, dont un frôlant les dix minutes).

Cela commence dès l’aube: "As the dawn breaks", avec ses chants d’oiseaux,
ouvre l'album comme une douce rêverie.
Tout est-il pour autant aussi noir que le suggère la pochette du CD,
où juste une petite partie du visage du chanteur sort de l’obscurité ?

Sur "Open up your door" les violons progressent dans un crescendo tragique,
superbe de maîtrise orchestrale, comme un hommage à Burt Bacharach.
"Remorse code" s’étend sur plus de neuf minutes, au fil des arpèges d’une guitare Gretsch.
La scie musicale de "Don’t get hung up in your soul" renforce cette impression de flottement.
Et puis il y a le grand morceau de l’album "Soldier on",
qui commence très lentement puis explose littéralement dans un torrent mêlant
violons et guitares électriques, nous laissant KO, un solo presque floydien.

Au-delà du cliché de l’amour qui fait souffrir, cet album d’une très grande beauté,
servi par un son irréprochable,
est aussi le regard d'un artiste porté sur un monde qui a perdu sa capacité
d’émerveillement pour des choses simples.

Olivier Dahon
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MessageSujet: Re: RICHARD HAWLEY   Mar 22 Déc - 1:47

THE OCEAN

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MessageSujet: Re: RICHARD HAWLEY   Mer 3 Fév - 2:34

Richard Hawley à Paris



Auteur de l'un des plus beaux disques de 2009,
Richard Hawley viendra retranscrire toute l'émotion extatique
de Truelove's Gutter sur la scène de :

l'Alhambra à Paris le 10 février prochain.

Star national en Angleterre, le crooner s'inscrit dans la veine d'un Johnny Cash un peu loser,
se détachant des formats pop consensuels pour étirer les sons jusqu'aux étoiles.

Alors que les chansons paraissent simples et dénudées,
il règne comme un mystère et une âme spéciale sur Truelove's Gutter.
C'est le disque de quelqu'un à qui on a dit :
"Fais l'album que tu as toujours rêvé de faire, ne réfléchit pas aux singles,
aux formats, laisse toi aller."

Etirant les minutes et se libérant de ses maîtres (Johnny Cash, Roy Orbison),
Richard Hawley compose son plus beau disque à ce jour :
des ballades de crooner de 9 minutes qui prennent leur temps,
à une époque où plus personne n'a le temps de rien.
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Bridget

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MessageSujet: Re: RICHARD HAWLEY   Jeu 4 Fév - 21:17

Emission 338 3/5 - Richard HAWLEY - MYTARATATA.COM
TARATATA N°338 (Tour. le 12/11/09 / Diff. France 4 le 03/01/10 & France 2 le 05/01/10)






OCEANA / Richard HAWLEY : Crawfish / Baby one more time - MYTARATATA.COM
TARATATA N°338 (Tour. le 12/11/09 / Diff. France 4 le 03/01/10 & France 2 le 05/01/10)
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Bridget

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MessageSujet: Re: RICHARD HAWLEY   Ven 5 Fév - 20:27




.

Richard Hawley, un roi à Paris !






Le génial crooner rock de Sheffield Richard Hawley est en concert à Paris à l’Alhambra le 10 février.

King Richard is in town ! De nombreux référendums des meilleurs albums de l’année 2009 ont placé en tête son dernier album, Truelove’s Gutter. Aujourd’hui, place à la scène avec la venue parisienne de Richard Hawley, mercredi 10 février à l’Alhambra.

Avec ce sixième album, l’intemporel Richard Hawley a signé un des plus beaux disques de ballades de ces dernières années. Un chef d’œuvre superbement passéiste mais pourtant bien de son temps. Une fois de plus, avec lui, c’est back to the future !

Il ne chante pas vraiment dans la même division et, pourtant, Richard Hawley trimballe son armure de Roy Orbison des temps modernes avec une démentielle classe qui lui est propre… Depuis 2000, l’ancien guitariste de tournée de Pulp enchaîne des disques somptueux d’orfèvrerie intemporelle, chéris par les fans de Scott Walker et Morrissey.


Et sa sixième livraison, Truelove’s Gutter, est tout bonnement son chef d’œuvre ! Aucun excès dans ce qualificatif galvaudé tant le chanteur guitariste de Sheffield démontre ici un sommet de maîtrise d’écriture et un raffinement ultime dans le choix de l’instrumentarium.

Après Richard Hawley (2000), Late Night Final (2002), Lowedges (2003), Coles Corner (2005, qui décrochera le Mercury Music Prize en 2006) et Lady’s Bridge (2007), ce nouvel opus, plus velours que jamais, offre la facette la plus romantique de son auteur.

Uniquement composé de ballades lovées dans des cordes, de la scie musicale (si ! si !) et même du glassharmonica, ce recueil comme échappée d’une décennie passée (50’s ? 60’s ?) sonne pourtant très contemporain. « Je ne fais pas de la taxidermie !, acquisse Hawley. C’est ce que je pense aussi. La musique est un truc de famille chez moi. Mes parents, mes oncles et tantes, tout le monde en faisait, sans barrière. Country, rock, blues, rockabilly, tout ce qui pouvait se faire en trois accords ! Trois accords qui ont toujours fait office de fondation. Et maintenant que je ne fais plus de sessions pour les autres, que je me concentre sur ma propre musique, je veux explorer ça, et rien d’autre ! »


Richard Hawley est également bien conscient du danger de jouer avec le feu des violons. Surtout en matière de pop. « Les cordes dans la pop et le rock se manipulent comme de la nitroglycérine ! Ceux qui les utilisent le font souvent pour faire briller leurs albums, non pour leur donner une puissance supplémentaire.
Le problème est souvent là. Les cordes, c’est quelque chose de très émotionnel qui peu rapidement anéantir une chanson. Des tas de groupes de rock tombent dans le panneau. Et au final c’est l’effet Spinal Tap garanti ! Vous devez laisser de l’espace dans la musique pour intégrer des violons. »


L’autre obsession de cet esthète : les guitares ! Et les guitaristes ! « Tous ceux des 50’s. Surtout Santo & Johnny. Sinon je vénère Link Wray et surtout son album de 1970 pour Polydor intitulé Link Wray. Un truc qui vient de mars ! Et je suis sûr que les Stones ont piqué des trucs à cet album… »


Derrière ces décors et costumes classieux à souhait, Richard Hawley aligne avant toute chose des… chansons ! Des compositions simplement magiques pour ne pas dire parfaites. On sent chez lui la quête permanente de la chanson ultime. « C’est une obsession ! Je cherche cette perfection sans cesse. Et je saurai le jour où je l’aurai trouvée, j’en suis sûr… Stardust d’Hoagy Carmichael, c’est fantastique ! Mais en général, la compo elle-même ne suffit pas, le son est essentiel. Et j’ai réalisé aussi que vous pouvez avoir des paroles, une mélodie et une instrumentation mais aucun d’entre eux n’a la magie de la voix humaine. Juste le son de cette voix. Même s’il lisait le bottin, Nat King Cole serait démentiel. Idem pour Elvis, Roy Orbison, Lee Hazlewood, Fats Domino ou Buddy Holly. »

Vivement le bottin de Sheffield et sa région lu par le roi Richard Hawley !

http://www.qobuz.com/info/MAGAZINE-ACTUALITES/SUR-SCENE/Richard-Hawley-un-roi-a-Paris38422


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Nine
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MessageSujet: Re: RICHARD HAWLEY   Sam 6 Fév - 20:55

DECLARATION D' ANTOINE DE CAUNES



J'ai découvert Richard Hawley en 2005 pour son troisième album,
en fouinant chez mon disquaire préféré.
Toute de suite, j'ai été saisi par la qualité des morceaux, le timbre de sa voix.
Il y a quelque chose de très simple, de basique et de fondamental dans sa musique,
qui me rappelle ce qu'il y a de mieux dans la country music. La vraie, la plus simple,
celle des chansons sentimentales. Une telle qualité d'ensemble m'évoque Roy Orbison.

Je suis très sensible à cette forme de mélancolie, c'est du bon blues blanc,
avec, chez lui, une écriture très cinématographique, très inspirante.
Je l'imagine comme quelqu'un d'assez noir. On est loin de l'Angleterre de Mary Poppins.
Je connais mal Sheffield, sa ville natale
. J'y suis allé une fois, pour interviewer Joe Cocker, originaire, lui aussi, de cette ville.
C'était dans les années 1980, pour "Les Enfants du rock", à l'époque de Thatcher.
L'Angleterre industrielle n'était pas drôle, mais j'imagine que ça ne s'est pas amélioré.

L'humeur de ses disques est très liée à celle des villes anglaises,
et quand on quitte le gai London, c'est vite déprimant.
Pourtant, ses chansons ne vous plombent pas un instant.
Non, elles vous accompagnent dans la vie, c'est une musique joyeusement triste.

J'ai toujours confié la musique de mes films à des musiciens de rock.
Peter Gabriel, Stefan Eicher...
J'aimerais bien travailler avec Richard Hawley.
Si je devais le rencontrer, je lui parlerais du côté très cinématographique de sa musique,
bien sûr, mais aussi de choses plus pratiques, comme la qualité de la bière à Sheffield.
J'ai l'impression qu'il s'y connaît."

http://www.lemonde.fr/culture/article/2010/02/06/antoine-de-caunes_1301990_3246.html


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MessageSujet: Re: RICHARD HAWLEY   Jeu 11 Fév - 17:17

Hello Hawley !
Le 11 février 2010 à 17h00

Hier soir, l’Alhambra accueillait le Rossignol de Sheffield, qui a égrené pratiquement l’intégralité des chansons nocturnes de son dernier album. D’un seul coup, grâce à Richard Hawley, Paris semblait moins froid…

Quand Richard Hawley se met à chanter sur la scène de l'Alhambra, le froid glacial et la laideur du monde sont loin, là-bas, dehors. Un nouveau jour se lève, As the dawn breaks, les horloges s'arrêtent et la nuit nous appartient. Le rossignol de Sheffield s'est mis sur son 31 : cheveu gominé, large cravate et trois-pièces gris à l'élégance très nord-anglaise. Toujours un air de prolo endimanché et c'est bien ainsi. Avec lui quatre équipiers, dont le fidèle Shez Sheridan et un mystérieux claviériste caché derrière un genre de bahut lorrain. Ces mousquetaires suffiront-ils à restituer les nuances fines, les complexes tessitures sonores de Truelove's Gutter ?

La réponse ne tarde pas : Hawley choisit de jouer l'intégrale (moins un) de son dernier album, puisant aussi dans les deux précédents pour faire bonne mesure. Il n'y manque rien, et sa présence vocale rend plus émouvantes encore les confidences réverbérées de Remorse Code ou Ashes on the fire. Il a de fort belles guitares, un arsenal de demi-caisses à faire défaillir les marchands de Pigalle, et dans chacune plusieurs oiseaux, certains tutoyant le fantôme de Hank Marvin, d'autres hurlant à déterrer Hendrix. Parfois rougissant de ses envolées lyriques, le crooner voit sa modestie subir les acclamations prolongées d'un public aux anges. On jure avoir entendu des cris d'extase au moment où Soldier on, commencé moderato, décolle à la verticale.

Même quand elle tient le vertige à distance, la musique de Richard Hawley a la profondeur des longs oublis. Sa sobriété est celle des gens qui ont beaucoup bu. Traversées d'échos tour à tour inquiétants et familiers, ces chansons nocturnes ont l'étonnant pouvoir de donner forme au souvenir de ce qu'on n'a pas connu. Sans la gueule d'ange qui susciterait le malentendu, lui seul aujourd'hui en chante de pareilles. Elles étreignent longtemps. Au moment de saluer, lunettes embuées, Hawley paraît lui-même ne pas en revenir. Le royaume à ses pieds n'est pas immense, mais il est roi.

François Gorin

http://www.enmusique.fr/goto/34128
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MessageSujet: Re: RICHARD HAWLEY   Jeu 11 Fév - 18:57

An evening with Richard Hawley



Le chanteur anglais jouait hier soir à l’Alhambra. Une soirée magique.

Un ange noir plane ces temps-ci au-dessus de la planète pop-rock. En France, peu de gens l’ont remarqué, mais de plus en plus quand même, si l’on juge par un Alhambra plein jusqu’aux cintres.

Avec cette unique date française, Richard Hawley venait présenter sur scène son dernier chef-d’œuvre, le sublime Truelove’s gutter, album tellement noble, élevé et précieux que notre époque ne le mérite pas.

Gentleman Hawley offre et délivre, déroulant presque toutes les dorures patinées de son traité de la balade océanique (Ashes on fire, For your lover give some times, Remorse code...), rehaussé de pépites chéries prélevées dans les albums précédents (Lady Solitude, Run for me, l’indispensable The Ocean...) et de reprises brillantes (Crawfish, ou comment survoler en apesanteur le bayou de King Creole).

Epaulé par un groupe impressionnant de finesse et de précision, le crooner de Sheffield a déployé les ailes gigantesques de ses mélodies et de sa voix avec une assurance tranquille, une intensité quasi-religieuse, réincarnation vibrante de Sinatra, Orbison, Elvis ou Cash, se permettant même quelques audacieuses embardées vers un psychédélisme au bord du noisy.

Une science de l’atmosphère (on était à deux pas de l’Hôtel du Nord), des variations d’intensité et des contrastes qui fait penser que Richard Hawley est peut-être le David Lynch de la musique.

On entendrait bien ses chansons orner les cauchemars magnifiques du Lost Highway man.

L’Alhambra prenait tour à tour des airs de club chic des années quarante, de ballroom des fifties, de paradis pour ex-fan des sixties. Mais Hawley était bien là, au présent, et ses mots sombrement romantiques sont éternels.

Un concert qui ferait croire que la perfection est de ce bas monde et qui encourt un seul reproche : c’était trop court ! Il n’a pas fait Valentine, ni Dark road, ni Roll river roll, ni Born under a bad sign, ni The sea calls... etc.

Grosse claque, grande classe. A la sortie, Paris avait revêtu son manteau blanc et des flocons d’or tombaient des visages de chaque spectateur ensorcelé.

Le temps était venu de redescendre sur terre, empli de la bonne fortune d’avoir vécu ce moment unique.

http://www.lesinrocks.com/musique/musique-article/t/1265882641/article/an-evening-with-richard-howley/
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MessageSujet: Re: RICHARD HAWLEY   Dim 21 Fév - 2:03

AU BATACLAN LE 25 MAI 2010



Que tout ceux qui auraient manqué le concert du crooner de Sheffield à l'Alhambra
se rassurent :

Richard Hawley revient jouer dans la capitale le 25 mai prochain, au Bataclan.

L'occasion de (ré)entendre sur scène les charmes romantiques de son dernier album,
Truelove's Gutter.
A vos marques les amis, car les places seront mises en vente demain dès 10h.
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