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 ROMAN POLANSKI ARRETE EN SUISSE

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Bridget

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MessageSujet: Re: ROMAN POLANSKI ARRETE EN SUISSE   Ven 23 Avr - 13:24

Les États-Unis ouvrent la voie à une extradition de Polanski !!!


Une cour d'appel de Californie a rejeté la demande du cinéaste, accusé de «relations sexuelles illégales» avec une mineure en 1977, de pouvoir être jugé par contumace.

La justice américaine a rejeté jeudi la demande de Roman Polanski de pouvoir être jugé par contumace. Le cinéaste, qui fait l'objet d'une demande d'extradition des Etats-Unis depuis son arrestation en Suisse le 26 septembre dernier, devra donc être présent à l'audience qui déterminera sa peine pour abus sexuel sur mineure en 1977, a estimé une cour d'appel de Californie. Une précédente demande de jugement par contumace avait déjà été rejetée par un juge de Los Angeles en janvier dernier.

Les autorités suisses avaient indiqué en février qu'elles ne statueraient pas sur l'extradition du cinéaste franco-polonais avant une décision définitive de la justice américaine sur un jugement par contumace. Ce jugement ouvre donc la voie à cette extradition, même si les autorités hélevétiques avaient averti que la procédure pourrait prendre jusqu'à un an, compte tenu des différents recours susceptibles d'être engagés par le cinéaste.

Samantha «victime du système judiciaire»

La cour d'appel du 2e district a également rejeté jeudi la demande d'abandon des poursuites à l'encontre de Roman Polanski présentée par sa victime, Samantha Geimer, âgée de 13 ans au moment des faits. Une requête basée sur des allégations de vices de procédure dans l'instruction de l'affaire à l'époque des faits. Samantha Geimer a réclamé à de nombreuses reprises l'abandon des poursuites contre Roman Polanski, aujourd'hui âgé de 76 ans, assurant vouloir tourner la page une fois pour toutes, plus de trente ans après l'affaire.

Dans sa requête, présentée en mars, l'avocat de Samantha Geimer déclarait ainsi qu'après avoir été «victime de Polanski», elle était maintenant «victime du système judiciaire» qui, en maintenant les poursuites, impose à sa cliente de revivre inlassablement son calvaire. Mais dans sa réponse, le procureur a estimé que Samantha Geimer «n'a aucune légitimité pour dicter le cours d'une affaire criminelle, tout comme elle n'est pas habilitée à examiner les preuves détenues par l'accusation ou la défense».

En mars 1977, le réalisateur de «Rosemary's baby», alors âgé de 43 ans, avait eu une relation sexuelle avec Samantha, en marge d'une séance de photographie. La jeune fille, alors apprentie mannequin, s'était présentée dans une villa de Hollywood de l'acteur Jack Nicholson pour une séance photos et dit avoir été forcée à boire du champagne et consommer des stupéfiants. Poursuivi et jugé pour viol, le cinéaste s'était finalement enfui des Etats-Unis avant le prononcé du verdict, craignant d'être lourdement condamné. Il n'a jamais remis les pieds aux Etats-Unis depuis.

Par Flore Galaud

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/04/23/01016-20100423ARTFIG00277-les-etats-unis-ouvrent-la-voie-a-une-extradition-de-polanski-.php


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Bridget

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MessageSujet: Re: ROMAN POLANSKI ARRETE EN SUISSE   Dim 2 Mai - 18:38

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Roman Polanski brise le silence par ce texte confié à Bernard-Henri Lévy, directeur de La Règle du jeu.











Depuis 7 mois, le 26 septembre 2009, date de mon arrestation à l’aéroport de Zurich où je me rendais pour recevoir des mains du représentant du Ministère de la Culture Suisse un hommage pour l’ensemble de mon travail, je n’ai pas souhaité m’exprimer et j’ai demandé à mes avocats de limiter leurs commentaires à l’indispensable.

Je voulais que les Autorités Judiciaires de Suisse et des États-Unis ainsi que mes avocats puissent faire leur travail sans polémique de ma part.

J’ai décidé de rompre le silence pour m’adresser directement à vous sans intermédiaires et avec mes propres mots.

Comme chacun d’entre nous j’ai eu, dans ma vie, ma part de drames et de joies et je ne vais pas essayer de vous demander de vous apitoyer sur mon sort, je demande seulement d’être traité comme tout le monde.

C’est vrai : il y a 33 ans j’ai plaidé coupable, j’ai exécuté une peine à la prison de droits communs de Chino, pas dans une prison de VIP, qui devait couvrir la totalité de ma condamnation. A ma sortie de prison le juge a changé d’avis et a prétendu que le temps passé à Chino n’était pas l’exécution intégrale de ma condamnation et c’est ce revirement qui a justifié mon départ des États-Unis.

Cette affaire a été sortie de sa torpeur de trente ans par une cinéaste qui a voulu faire un documentaire et qui a recueilli les témoignages des personnes concernées à l’époque sans que je ne participe ni de près ni de loin à ce travail. Ce documentaire a mis en lumière le fait que j’avais quitté les États-Unis parce que je n’avais pas été traité équitablement ; et il a, aussi, déclenché la vindicte des autorités judiciaires de Los Angeles qui se sont senties attaquées et ont décidé de demander mon extradition à la Suisse où je me rends régulièrement depuis plus de trente ans, sans jamais avoir été inquiété.

Aujourd’hui je ne peux plus me taire !

Je ne peux plus me taire parce que les Autorités judiciaires Américaines viennent de décider, au mépris de tous les arguments et dépositions de tierces personnes, de ne pas accepter de me juger hors ma présence, alors que la même Cour d’appel avait recommandé le contraire.

Je ne peux plus me taire car la victime a été déboutée par la Cour de Californie dans sa énième demande d’arrêter, une fois pour toutes, les poursuites à mon égard et pour cesser d’être harcelée chaque fois que l’on reparle de cette affaire.

Je ne peux plus me taire car mon affaire vient de connaître un énorme rebondissement : le 26 Février dernier Roger Gunson le procureur chargé de l’affaire en 1977, aujourd’hui à la retraite, a déclaré sous serment devant le juge Mary Lou Villar, en présence de David Walgren, le procureur actuel qui avait tout loisir de le contredire et de l’interroger, que le 19 Septembre 1977 le juge Rittenband avait déclaré à toutes les parties que ma peine de prison au pénitencier de Chino correspondrait à la totalité de la peine que j’aurais à exécuter.

Je ne peux plus me taire car la demande d’extradition aux Autorités Suisses est basée sur un mensonge : dans cette même déposition le procureur Roger Gunson a ajouté qu’il était mensonger de prétendre, comme le fait l’actuel procureur dans sa demande d’extradition, que le temps passé à Chino a été un temps consacré à des examens psychologiques.

Dans cette demande il est dit que je me suis enfui pour ne pas subir une condamnation de la justice Américaine ; or dans la procédure « plaider coupable » j’avais reconnu les faits et j’étais retourné aux États-Unis pour exécuter ma peine : il ne restait plus que de faire entériner cet accord par le Tribunal avant que le juge décide de renier l’accord pris pour se faire une notoriété médiatique à mes dépens.

Je ne peux plus me taire car, depuis plus de 30 ans, ce sont mes avocats qui ne cessent de répéter que j’ai été trahi par le juge, que le juge s’est parjuré, et que j’ai exécuté ma peine ; aujourd’hui c’est le procureur de l’affaire, à la réputation irréprochable, qui sous la foi du serment, a confirmé tous mes dires et cela a une toute autre portée et projette sur cette affaire une tout autre lumière.

Je ne peux plus me taire car aujourd’hui les mêmes causes produisent les mêmes effets et le nouveau procureur qui s’occupe de cette affaire et qui a demandé mon extradition est lui aussi en campagne électorale et a besoin de notoriété médiatique..!

Je ne peux plus me taire parce que les États-Unis continuent de réclamer mon extradition plus pour me livrer en pâture aux médias du monde entier que pour prononcer un jugement sur lequel un accord a été pris il y a 33 ans.

Je ne peux plus me taire parce que je suis assigné à résidence à Gstaad au prix du versement d’une très grosse caution que je n’ai pu recueillir qu’en hypothéquant l’appartement que j’habitais depuis plus de 30 ans, que je suis loin de ma famille et que je ne peux plus travailler.

Voilà ce que j’avais à vous dire en restant dans l’espoir que la Suisse reconnaîtra qu’il n’y a pas lieu à extradition et que je pourrai retrouver la paix et ma famille en toute liberté dans mon pays.

Roman Polanski
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MessageSujet: Re: ROMAN POLANSKI ARRETE EN SUISSE   Jeu 6 Mai - 20:55

La prison de Roman Polanski, par Milan Kundera


Je n'ai jamais rencontré Roman Polanski, je ne le connais que par son oeuvre que j'aimais depuis ses premiers films et parce ce que j'ai pu savoir de sa vie qui me paraissait toujours exemplairement européenne vu son expérience précoce de l'antisémitisme, ses émigrations, sa classique et belle affinité polono-française.

Pourtant, sans le connaître personnellement, je ne pense, dans les huit derniers mois, à personne d'autre plus qu'à lui. Je l'imagine enfermé et surveillé dans un chalet en Suisse où il essaye de travailler et je sais bien qu'il ne peut pas. L'homme accusé est toujours en prison. L'accusation occupe entièrement sa tête, l'empêche de penser à quoi que se soit d'autre, le prive de vie.

Je ne dirai pas un seul mot sur l'aspect juridique de tout cela. Je veux dire par contre que c'est l'art européen, sa littérature, son théâtre qui nous ont appris à déchirer le rideau des règles juridiques, religieuses, idéologiques, et à voir l'existence humaine dans toute sa réalité concrète.

Fidèle à cette culture, je refuse d'être aveugle face à l'absurdité de la situation de Polanski, persécuté pour un acte qui a eu lieu il y a trente-trois ans, qui est depuis longtemps pardonné par tous les acteurs du drame et dont le procès prolongé à l'infini n'apportera rien de bien à personne, à personne, à personne.

Si l'Europe est encore Europe, si elle est encore héritière de sa propre culture, elle ne pourra pas supporter en silence l'absurdité de cette cruelle pantomime qui se joue dans un chalet suisse.

Milan Kundera

Le Monde

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/05/06/la-prison-de-roman-polanski-par-milan-kundera_1347555_3232.html
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MessageSujet: Re: ROMAN POLANSKI ARRETE EN SUISSE   Sam 8 Mai - 18:47

"Il y a danger pour Polanski", souligne l'un de ses pairs de l'Institut


"Il y a danger pour Polanski", a souligné le compositeur Michaël Levinas, membre de l'Institut de France comme le cinéaste franco-polonais, après l'avoir rencontré samedi à Gstaad (Suisse), où il est assigné en résidence depuis plus de cinq mois.

Les compositeurs François-Bernard Mâche et Michaël Levinas, membres de l'Académie des beaux-arts à l'instar de Roman Polanski, lui ont rendu une visite de "près de quatre heures", alors que le réalisateur est menacé d'extradition vers les Etats-Unis pour une affaire de moeurs remontant à 1977.

"Nous avons rendu une visite à l'homme seul, qui s'imposerait à tout homme dans une telle situation", a déclaré à l'AFP M. Levinas.

"Nous avons évoqué son histoire, qui a été celle du Juif enfermé dans le ghetto de Cracovie. Il est certain qu'à 76 ans, après avoir vécu les drames du XXe siècle dans la situation la plus exposée, cette épreuve de plus, qui montre l'absurdité du droit quand il est aveugle, il n'est pas sûr de la supporter", a affirmé le compositeur.

"Il y a danger pour Polanski, nous avons eu une réelle inquiétude", a-t-il précisé après sa rencontre avec "un homme fort, courageux mais éprouvé".

Michaël Levinas et François-Bernard Mâche ont rendu cette visite à Roman Polanski en leur "nom propre, après en avoir informé l'Académie et dans l'esprit d'une motion de soutien votée par l'Académie au moment de son arrestation". Ils étaient accompagnés d'Olivier Corpet, directeur de l'Institut Mémoires de l'édition contemporaine (Imec).

Poursuivi aux Etats-Unis en 1977 pour des relations sexuelles avec une mineure, Roman Polanski affirme avoir conclu à l'époque, après 42 jours en prison, un accord avec la justice et avoir été contraint à l'exil en France après une volte-face du juge.

Arrêté sur mandat international américain le 26 septembre à son arrivée à Zurich pour un festival de cinéma, il a été libéré le 4 décembre sous caution et assigné à résidence.

Dans une interview publiée samedi par le journal alémanique Neue Zürcher Zeitung, la ministre suisse de la Justice, Eveline Widmer-Schlumpf, a assuré qu'elle examinerait elle-même la réponse de l'Office fédéral de justice à la demande d'extradition américaine.

Elle n'a pas précisé quand la décision serait prise: "Cela dépend de quand nous disposerons des documents dont nous avons besoin pour juger la demande d'extradition", a-t-elle expliqué.

http://www.commeaucinema.com/afp/il-y-a-danger-pour-polanski-souligne-l-un-de-ses-pairs-de-l-institut,182527
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MessageSujet: Re: ROMAN POLANSKI ARRETE EN SUISSE   Mar 11 Mai - 11:54

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Polanski: nouvelle déconvenue pour la défense américaine du cinéaste

(AFP) – Il y a 9 heures



LOS ANGELES — La défense américaine de Roman Polanski a subi un nouveau revers lundi, la justice californienne ayant refusé de rendre public le témoignage à huis-clos d'un procureur, que les avocats jugeaient décisif pour empêcher le cinéaste d'être extradé par la Suisse.

La teneur de ce témoignage est inconnue, mais les avocats de Roman Polanski, arrêté en Suisse en septembre sur mandat américain pour "relations sexuelles illégales" avec une mineure, assurent qu'il contient des informations que la Suisse devrait connaître avant de se prononcer sur l'extradition du cinéaste.

Chad Hummel, l'avocat de Roman Polanski, a ainsi estimé lundi devant la Cour supérieure de Los Angeles que le maintien sous scellés du témoignage du procureur Roger Gunson, attaché depuis 25 ans à l'affaire Polanski, ne "défendait aucun intérêt justifiable" et que "l'information présentée aux Suisses par l'accusation était incomplète".

Mais le juge Peter Espinoza a considéré au contraire que les autorités suisses disposaient de "toute l'information nécessaire" pour prendre leur décision et qu'elles n'avaient jamais réclamé le témoignage de M. Gunson.

Si elles ont besoin d'information supplémentaires, elles peuvent toujours les demander, a-t-il ajouté en substance.
Le procureur adjoint David Walgren a observé dans des documents remis à la Cour qu'un autre juge avait déjà refusé à trois reprises de fournir les transcriptions du témoignage de M. Gunson.

Pour M. Walgren, Roman Polanski, 76 ans, "voyant s'épuiser les chances d'éviter une extradition, lance des allégations irresponsables et sans fondement, orchestrées dans le cadre d'une campagne de relations publiques et non sur des bases légales ou factuelles".

En mars 1977, le réalisateur du "Pianiste" avait eu une relation sexuelle avec Samantha Geimer, alors âgée de 13 ans, en marge d'une séance de photos.

Poursuivi et jugé, le cinéaste s'était enfui des Etats-Unis avant le prononcé de la condamnation, craignant un revirement de l'accusation et une condamnation plus lourde que prévu. Il n'a jamais remis les pieds aux Etats-Unis depuis.

Fin avril, la justice californienne avait refusé de juger le cinéaste par contumace.
Copyright © 2010 AFP. Tous droits réservés.


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MessageSujet: Re: ROMAN POLANSKI ARRETE EN SUISSE   Mar 11 Mai - 12:02

CANNES - Les cinéastes de la Croisette se mobilisent pour Roman Polanski


Le cinéaste franco-polonais Roman Polanski a reçu la Palme d'or à Cannes en 2005 pour son film "Le Pianiste" ©ABACA

Défendre l'art et l'homme. C'est la mission de la pétition qui sera publiée à l'ouverture du 63e Festival de Cannes, pour soutenir le réalisateur Roman Polanski.
À l'origine de cette initiative, annoncée mardi sur Europe 1 , plusieurs cinéastes concourant dans la sélection officielle de la quinzaine. La pétition sera mise en ligne quelques heures avant le coup d'envoi officiel de la compétition, mardi dans la soirée, sur le site de Bernard-Henri Lévy " La règle du jeu ".
Sur ce même site avait été diffusée, début mai, la lettre ouverte de Roman Polanski à la justice suisse.

Palme d'or en 2005 avec Le Pianiste, le cinéaste franco-polonais reçoit donc un soutien très médiatique de la profession. Arrêté le 26 septembre 2009 à son arrivée à Zurich sur mandat d'arrêt américain, il est accusé d'avoir eu, en mars 1977, une relation sexuelle avec Samantha Geimer, alors âgée de 13 ans, en marge d'une séance de photos.
Poursuivi et jugé, Roman Polanski s'était enfui des États-Unis avant le prononcé de la condamnation, craignant un revirement de l'accusation et une condamnation plus lourde que prévu. Il n'a jamais remis les pieds aux États-Unis depuis. Fin avril, la justice californienne avait refusé de juger le cinéaste par contumace. Il fait depuis l'objet d'une demande d'extradition des États-Unis.


http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2010-05-11/soutien-cannes-les-cineastes-de-la-croisette-se-mobilisent-pour-roman/920/0/453288


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liliane
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MessageSujet: Re: ROMAN POLANSKI ARRETE EN SUISSE   Mer 12 Mai - 10:32

Frédéric Mitterrand inquiet pour la santé de Roman Polanski

Le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand s'est déclaré mercredi "inquiet pour la santé" du cinéaste Roman Polanski, tout en soulignant que son attitude en tant que ministre devait être "une attitude réservée".
Interrogé sur I-Télé sur la pétition de cinéastes présents au Festival de Cannes en faveur de Roman Polanski, Frédéric Mitterrand a répondu : "Je ne l'ai pas signée, je suis ministre".

"Toute intervention du ministre dans cette situation contribue à compliquer les choses, à les rendre plus difficiles. Donc je pense que mon attitude doit être une attitude réservée", a déclaré M. Mitterrand. "Je suis inquiet pour sa santé", a néanmoins reconnu le ministre.

Le ministre avait exprimé un soutien appuyé au cinéaste après son interpellation en septembre dernier en Suisse. Libéré le 4 décembre sous caution, Roman Polanski est actuellement assigné à résidence.

Frédéric Mitterrand a par ailleurs évoqué l'absence à Cannes d'un des membres du jury, le cinéaste Jafar Panahi, arrêté le 1er mars à Téhéran.

"On va beaucoup parler du jury ce soir, mais dans le jury il en manque un, c'est le cinéaste iranien qui devait faire partie du jury, qui avait été choisi, et qui est en prison actuellement à Téhéran", a déclaré le ministre.

"Quand je viens dans un studio de télévision, je pense aux deux journalistes qui sont en Afghanistan et quand je vais au Festival de Cannes, je penserai au juré qui n'est pas là", a-t-il ajouté.

Le Festival de Cannes s'ouvre mercredi soir.

http://www.commeaucinema.com/afp/frederic-mitterrand-inquiet-pour-la-sante-de-roman-polanski,182707
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MessageSujet: Re: ROMAN POLANSKI ARRETE EN SUISSE   Dim 16 Mai - 21:44

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Justice au singulier

Le blog de Philippe Bilger



Polanski ne fait pas de cinéma

Un billet ancien sur Polanski, cela ne suffit plus. Les autorités américaines auraient pu mettre en oeuvre une application intelligente de l'Etat de droit. En effet, la loi ne se grandit pas en n'étant qu'une massue, sans devenir comme il convient au regard de certaines circonstances, finesse, adaptation et même mansuétude.

La situation n'a fait qu'empirer. Roman Polanski, assigné en résidence en Suisse, n'est intervenu publiquement qu'à une seule reprise, pour exprimer un point de vue qu'on sentait découragé, désespéré. Il est perçu aujourd'hui comme une victime, même par ceux qui n'estimaient pas sa cause.

Quand Yann Moix avait publié un livre en sa faveur, dénonçant une justice spéciale dont le but était de nuire systématiquement à Polanski sans lui laisser aucune chance, j'avais trouvé son propos excessif, outrancier.

Aujourd'hui, j'incline à croire qu'il avait raison. Personne ne conteste le fait que Roman Polanski devait être traité comme tout le monde. Force est de constater qu'aujourd'hui, tout le monde serait traité mieux que lui.

Il n'est plus temps, comme je l'ai fait, de nous attacher à l'accessoire - les ministre, politiques, artistes, cinéastes et écrivains qui semblaient défendre Polanski par une sorte de corporatisme de la célébrité - au détriment de l'essentiel, qui est de savoir si ce "lynchage" qui dure et surtout cette obstination à ne rien vouloir entendre de l'argumentation en défense de Polanski est acceptable.

Une procédure d'extradition toujours en cours, le refus de prendre en compte les déclarations capitales d'un procureur américain intègre en fonction en 1977 et soutenant que Polanski a été "trahi", la volonté trop systématique manifestée par un autre procureur américain de se "payer" Polanski et de le faire venir coûte que coûte alors que les circonstances mêmes de l'affaire (les incertitudes juridiques sur la nature de la poursuite, le probable accord scellé à l'époque, le retrait de plainte) auraient déjà dû le conduire à modérer son action, sauf à considérer qu'elle relèverait plus d'une vanité personnelle, politique et médiatique que d'un souci authentique de la vérité.

Que Roman Polanski soit tombé en dépression n'est pas le plus grave. Qu'il subisse les effets psychologiques de ces péripéties bouleversantes où le droit a sa part mais à l'évidence pas toute la part, notamment dans les relations entre la Suisse et les USA, ne pouvait qu'advenir.

Cette justice qui lui dit toujours non et dont je crains qu'elle persiste dans sa surdité, me fait peur. Ce refus général est le signe inquiétant d'institutions qui se préoccupent plus de leur victoire sur un homme que de la sauvegarde des valeurs dont elles sont les garantes. Il n'est pas normal qu'on objecte à tout alors qu'on pourrait saisir, au contraire, les opportunités d'éclairer ce qui fait encore problème. Mais a-t-on envie de permettre à Polanski une expression qui pourrait lui bénéficier ? Ses amis comme ses adversaires -notamment Michael Douglas soutenant à Cannes la position américaine- parlent sans se gêner mais lui, qui l'écoute ? A un certain niveau d'application autarcique et vindicative, le droit perd son sens et ne sert plus qu'à faire mal. Il y a du sadisme derrière tout puritanisme, de la cruauté derrière telle noblesse affichée. La marque d'un pouvoir judiciaire digne de ce nom, c'est précisément sa capacité, devant la complexité du réel et de l'humain, à savoir exploiter tous ses registres.

Le risque le plus angoissant est de voir apparaître, parce que Polanski est défait, à terre, toutes les surenchères de la bassesse et de l'incongruité, comme cette plainte étrange de l'actrice Charlotte Lewis qui aurait été violée à l'âge de 16 ans par Polanski dans les années 80. Après ce viol allégué, deux années plus tard, elle aurait pourtant travaillé avec ce même cinéaste. Je suis persuadé que d'autres personnes vont se manifester car rien n'attire plus les mensonges qu'une personne désarmée. On se défoule sur elle de ses impuissances, de ses fragilités et de ses déséquilibres.

J'aime les Etats-Unis. J'admire le président Obama. Si leur justice se déshonore trop souvent par des condamnations à mort, encore récemment en exécutant un condamné ayant passé 26 années dans le couloir de la mort, il n'empêche qu'on a le droit d'exiger d'elle rigueur, honnêteté, tolérance et bon sens, précisément parce que chaque citoyen français normalement constitué a de l'Amérique en lui.

Roman Polanski est un coupable qui a payé. On est en train de faire de lui ce qu'il n'a jamais voulu être, ce qu'il n'est pas : un malheureux.

C'est scandaleux parce que c'est injuste.


http://www.philippebilger.com/blog/2010/05/polanski-ne-fait-pas-de-cin%C3%A9ma.html


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MessageSujet: Re: ROMAN POLANSKI ARRETE EN SUISSE   Dim 16 Mai - 21:51

Jack Lang: «La Suisse que j'aime ne peut pas extrader Polanski»


Interviewé à Paris, l’ex-ministre a très à cœur de donner sa position sans blesser la Suisse.

La Suisse va peut-être livrer Roman Polanski à la justice américaine

Ariane Dayer - le 15 mai 2010, 20h20
Le Matin Dimanche

Quel sentiment cela vous inspire-t-il?
D'abord, je veux dire que Roman Polanski est un immense créateur, qui honore le cinéma. Il est à la fois Polonais, Français, Suisse, il est profondément européen. Ensuite, la Suisse est un pays de civilisation et de civilité, une démocratie authentique, qui a un sens profond d'ouverture au monde, aux droits individuels, à la dignité. Je m'exprime ici à la fois en tant qu'homme de culture, professeur de droit et admirateur de la Suisse. Je ne veux pas naturellement m'immiscer dans ses affaires intérieures mais je ne peux pas croire que la Suisse prendra la décision d'extrader Roman Polanski.

Les autorités suisses semblent penser qu'on ne peut pas refuser une extradition. Vous soutenez qu'on peut?
Bien sûr. Ce n'est pas une compétence liée - comme on dit en droit - il y a une part d'appréciation qui repose sur l'analyse du dossier. Or, la justice américaine refuse, ici, de communiquer toutes les pièces. Une autorité ne peut pas prendre une décision d'extradition sans les connaître. J'admire les institutions suisses, c'est le pays le plus démocratique d'Europe. Je ne peux pas imaginer que la Suisse que j'aime puisse livrer à la justice américaine Roman Polanski dans ces conditions. Votre ministre de la Justice est une femme de haute conscience, elle aura à coeur d'apprécier en tenant compte et du droit et de l'équité. Je fais confiance aussi à la sagesse des autorités juridictionnelles.

Le problème, c'est que Roman Polanski est coupable.
Il a payé, il a été emprisonné. Il a déjà répondu de ses actes devant la justice américaine il y a trente ans. Un accord a été conclu avec la famille, et la victime elle-même souhaite que ce dossier ne soit plus rouvert. Il faut respecter sa volonté.

Oui mais le dossier a été rouvert par la justice américaine.
L'affaire avait été considérée close. Un juge a rouvert le dossier pour se faire de la publicité sur le dos de Polanski. C'est contraire à l'idée que l'Europe se fait de la justice, qui doit être au-dessus des factions, des sectarismes et de l'esprit partisan. Imaginez aussi qu'un candidat à la fonction d'attorney general a tenu, récemment, une soirée où il appelait les donateurs à financer sa campagne. Son argument principal: s'il est élu il s'acharnera contre Polanski. On voit bien que, dans ce dossier, il y a des manipulations, des dysfonctionnements. Cela suffit à démontrer que si Roman Polanski était envoyé aux Etats-Unis, il serait livré à un système qui n'est pas le plus juste du monde.

Vous pensez que les Etats-Unis le mettraient en prison?
Je l'ignore, mais on peut tout craindre. Ce serait trop injuste, trop inhumain et trop contraire à l'esprit du droit.

Cette Suisse humaniste que vous louez a tout de même tendu un piège à Polanski. Elle l'a mis en prison alors qu'elle l'avait invité pour lui remettre un prix. Cela vous a épouvanté?
Je refuse d'utiliser des mots pareils. J'ignore ce qui s'est vraiment passé. Il arrive dans n'importe quel pays qu'un faux pas puisse être commis, qu'un excès de zèle puisse se traduire par une décision inattendue. C'est vrai que ça a surpris. Voilà un homme qui vient en Suisse en permanence, qui aime ce pays, qui y achète une maison, qui a confiance pleinement dans l'hospitalité de la Suisse. Voilà que, invité par un festival qui allait lui remettre un prix, il se retrouve arrêté. C'est une situation étonnante.

Il s'agit tout de même d'un cas d'abus sur une fille de 13 ans, c'est grave!
Je suis évidemment contre tout acte de violence. Mais il y a eu, selon la procédure américaine, un accord conclu entre la famille de la jeune fille, le magistrat et Roman Polanski. Et cet accord a été ensuite remis en cause. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond, qui offense le bon sens.

Cela ne tourne pas rond dans la tête de ce juge ou dans la justice américaine en général?
Le système judiciaire américain peut parfois avancer comme une machine infernale, qui broie les gens. Ne généralisons pas, il y a des juges honnêtes et justes. Mais les excès ne sont pas rares.

Une nouvelle plainte vient d'être déposée par une actrice qui affirme avoir été abusée par Polanski quand elle avait 16 ans. Ça commence à faire beaucoup, non?
C'est à l'évidence une nouvelle manipulation. Cette personne, qui n'a jamais porté plainte, surgit en pleine campagne d'élection des juges. On sait aussi qu'elle a continué ultérieurement à tourner avec Roman Polanski. Ce nouvel épisode confirme mon sentiment que la chasse à l'homme est organisée sur un arrière-fond de manigances politiciennes, Plus que jamais, il convient de garder sa sérénité et son calme.

La justice ne doit-elle pas être la même pour tout le monde?
Naturellement. Je ne demande pas un privilège particulier pour Roman Polanski. Mais il ne faudrait pas, à l'inverse, prendre le risque qu'il soit victime de sa célébrité. C'est un homme qui a 77 ans. Cela ne veut pas dire qu'il doit bénéficier d'avantages particuliers mais il a droit à un peu de respect.

Marine Le Pen dénonce la «caste protégée du showbiz». N'a-t-elle pas raison?
Je n'ai pas le sentiment que Roman Polanski soit protégé. Pour le moment, il est inquiété, contraint et vit sous le coup d'une menace. Qui supporterait cela? Ne voyez pas en moi quelqu'un qui serait favorable à je ne sais quel privilège. Je passe ma vie à défendre des personnes qui ne sont pas connues, qui n'ont pas pignon sur rue. Des sans-papiers qui sont menacés d'expulsion. Si un cas du même genre se présentait pour quelqu'un d'inconnu, je le ferai avec la même conviction. L'injustice est quelque chose qui me touche, c'est la raison de mon action civique depuis toujours. Je me suis engagé quand j'étais lycéen, j'avais 15 ans, pendant la guerre d'Algérie, parce que je ne supportais pas qu'on porte atteinte à la dignité des personnes.

Connaissez-vous personnellement Roman Polanski?
Oui.

Lui avez-vous rendu visite à Gstaad?
Non, je lui parle au téléphone. Je pense aller le voir bientôt.

Il a quand même un avantage: s'il n'était pas Polanski, il serait en prison et pas dans son chalet?
Avec des si, on peut faire beaucoup de raisonnements. S'il n'était pas Polanski, peut-être que le juge américain ne l'aurait-il pas pourchassé de cette manière.

Imaginer le créateur que vous admirez avec un bracelet au pied, cela vous choque?
Ça me fait mal.

Avez-vous appelé Eveline Widmer-Schlumpf, notre ministre de la Justice?
Je n'ai pas osé. Je ne veux pas que cela soit ressenti comme une immixtion dans les affaires d'un pays que je respecte. Je préfère m'exprimer dans cette interview, comme citoyen attaché au respect de la dignité et du droit.

Parlez-vous aujourd'hui parce que vous êtes inquiet pour lui?
Le temps passe. J'imagine que Roman Polanski vit une situation douloureuse. C'est un homme courageux mais il y a un moment où la situation devient difficile à vivre.

Auriez-vous pu imaginer qu'un jour Polanski soit arrêté?
Absolument pas.

Vous n'étiez pas inquiet pour lui?
Nullement. Il n'était pas inquiet lui-même, il était en permanence en Suisse.

Que lui souhaitez-vous?
Cet homme a beaucoup apporté à l'art, à la culture, à l'Europe. Je souhaite qu'il puisse continuer à travailler librement. Et à inventer. Son dernier film est un nouveau chef-d'oeuvre. Votre pays se grandirait en permettant à Roman Polanski de poursuivre librement son travail au service de l'art et de la culture. Comme citoyen attaché au respect de la dignité et comme ami de votre pays, je souhaite de tout mon coeur que la Suisse nous apporte une bonne nouvelle.


Connaissez-vous la Suisse?
Oui, j'y suis venu très souvent adolescent. Nous allions en camp de vacances avec mes frères et soeurs. J'ai appris l'allemand à Zurich et à Saint-Gall. Récemment, ma fille Valérie, qui est comédienne, a joué plusieurs mois à Lausanne, dans ce magnifique endroit du théâtre de Vidy. J'ai été élevé dans l'idée que la Suisse est un pays humain en qui on peut avoir confiance. Quand on vient en Suisse, on se sent protégé.

Vous aussi?
Bien sûr. J'ai une admiration profonde pour les créateurs suisses. J'étais à Berlin la semaine dernière, invité par les «Theatertreffen». Dans mon discours, en allemand, j'ai beaucoup parlé du théâtre suisse, de Dürrenmatt, Max Frisch, Marthaler et de beaucoup d'autres. C'est vraiment un pays que j'aime beaucoup. Pour moi, la Suisse, c'est la culture, l'humanité, l'ouverture d'esprit, l'hospitalité. Un art de vivre, une incroyable diversité, le multilinguisme.

Une image d'Epinal!
Vous croyez? Eh bien disons que c'est une belle image.

C'est aussi un pays qui considère les gens de culture comme une caste privilégiée. Un trait qui ressort dans les courriers de lecteurs sur l'affaire Polanski...
On peut aimer ou ne pas aimer un intellectuel, une catégorie sociale ou une série d'individus. Mais il faut éviter que quelqu'un ne soit victime de sa notoriété, de son appartenance à la vie intellectuelle. De même qu'on ne va pas pénaliser quelqu'un parce qu'il est chef d'entreprise, ouvrier ou paysan. Nous devons tous lutter contre les préventions. La justice n'a un sens que si elle est capable de s'élever au-dessus des préjugés.

http://www.lematin.ch/actu/suisse/jack-lang-suisse-aime-ne-extrader-polanski-275909
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MessageSujet: Re: ROMAN POLANSKI ARRETE EN SUISSE   Mar 18 Mai - 23:35


Communication des avocats américains de Roman Polanski
Doug Dalton, Burt Dalton et Chad Hummel.



12 mai 2010 – Roman Polanski tient à s’assurer que la demande d’extradition remise au gouvernement suisse s’appuie sur un exposé complet et fiable des faits se rapportant à son procès. Ce qui n’est pas le cas, actuellement.

En effet, aujourd’hui, les autorités suisses ont annoncé que « la Suisse attend toujours un supplément d’informations de la part des américains [et… ] n’a rien reçu. » Cette déclaration contredit totalement celle du Bureau du Procureur à la Cour de Californie lundi dernier.

Le fait est que la demande d’extradition officielle, préparée pour le ministère de la Justice par le procureur de Los Angeles, ne mentionne pas que le juge du procès originel de cette affaire, Laurence Rittenband, s’est engagé à ce que la durée de la peine de Monsieur Polanski en prison, pour y subir ce que le juge a qualifié publiquement d’expertise, soit sa seule sanction dans ce procès.

Tout ce que nous demandons pour le compte de Monsieur Polanski, c’est que les autorités suisses soient informées par les États-Unis de ce fait, un fait avéré par tous les procureurs en charge de cette affaire jusqu’à maintenant : dans une interview donnée en 2005 pour le film documentaire à propos de ce procès, l’ancien Procureur Adjoint Roger Gunson, (qui a été le procureur en charge de ce dossier pendant plus de 20 ans), a déclaré que le Juge « avait promis que les 90 jours de prison à fin d’expertise seraient sa seule sentence. »

Monsieur Gunson a confirmé, dans sa déclaration sous serment l’an dernier, que « après les arguments en défense de Monsieur Polanski en août 1977, le Juge Rittenband avait informé à la fois l’avocat de Monsieur Polanski, Douglas Dalton, et moi-même, que Monsieur Polanski serait envoyé à la Prison d’Etat de Chino en application de la section 1203.03 du Code pénal pour exécuter sa peine. A cette époque, j’ai fait remarquer au Juge Rittenband que l’expertise n’était pas destinée à se substituer à la sentence mais le juge Rittenband a répondu ; je le ferai quoi qu’il arrive. »

Monsieur Gunson a confirmé ces déclarations dans sa récente audition conditionnelle qui, malheureusement, reste sous scellés. Le Procureur s’étant ingénié à garder ce témoignage secret.

Dans son interview de février 2005 pour le même documentaire, l’actuel Procureur Adjoint de Los Angeles, Richard Doyle, qui a repris la relève de Monsieur Gunson dans l’affaire Polanski et a enquêté sur les faits à la demande du Procureur Steve Cooley en 2002, a déclaré : « D’après moi, le Juge Rittenband a commis des erreurs, d’après ce qu’on m’a dit, comme d’utiliser l’article 1203.03 non pas à fin d’expertise mais comme sanction … Sa promesse était qu’il ne le condamnerait pas à la prison après qu’il ait accompli le 1203.03 »

Contrairement aux déclarations du Procureur qui a qualifié nos protestations « d’infondées et d’irresponsables », elles ont été, en fait, confirmées par les procureurs dans leurs propres bureaux. Rien de tout cela n’a été divulgué aux autorités suisses dans la demande d’extradition. Nous ne pouvons en déduire que la seule raison de l’omission délibérée de cette information par le Procureur dans la demande d’extradition, c’est la crainte que ce fait indéniable, s’il était porté à la connaissance des autorités suisses par les Etats-Unis, ne les incite à conclure que cette extradition n’est pas légalement justifiée.

En décembre dernier, voici ce qu’a écrit la Cour d’Appel de Californie :

« Si Polanski présente une preuve recevable incitant le tribunal à conclure que le Juge Rittenband s’est engagé à ce que l’expertise soit l’entière sanction de Polanski, il est difficile d’imaginer que le tribunal n’honorera pas cet engagement aujourd’hui [… ] Si, après en avoir la preuve, la Cour considère que les allégations de Polanski sont exactes et que le juge d’origine avait accepté que la peine de prison pour expertise constituerait l’entière sanction de Polanski, une condition que Polanski a remplie, le tribunal pourrait considérer que la justice requiert que cet engagement soit honoré et que Polanski soit condamné à la durée déjà effectuée [… ] Nous pensons, avec confiance, que le tribunal pourrait énoncer une sentence qui ne devrait pas occasionner une autre incarcération pour Polanski. »

Notre accord international avec la Suisse exige qu’aucune incarcération complémentaire ne soit supérieure à six mois.

Si, après une audience juste en Suisse, au cours de laquelle l’historique entier du procès est présenté avec les faits véridiques, les autorités suisses concluent que l’extradition est justifiée, Monsieur Polanski se soumettra évidemment à un ordre d’extradition légal et retournera en Californie pour affronter judiciairement les conséquences de ses actes et être finalement jugé conformément à la Loi. Un tel ordre légal devrait être établi à partir de l’historique intégral de la procédure californienne et non l’historique actuel partiel et trompeur.

Nous restons à la disposition des représentants des autorités suisses ou américaines pour les rencontrer et leur présenter toutes les preuves.

(traduit de l’anglais par Sylvie Lévy)


http://laregledujeu.org/2010/05/17/1538/les-avocats-americains-de-roman-polanski-exigent-une-demande-d%E2%80%99extradition-assortie-des-faits-circonstancies/


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MessageSujet: Re: ROMAN POLANSKI ARRETE EN SUISSE   Mar 18 Mai - 23:50

Avec Polanski, plus que jamais

Bernard-Henri Lévy

Sur l’affaire Polanski, je ne veux plus polémiquer.

Ni avec Tim Burton qui, interrogé sur la situation de son camarade, n’a rien trouvé d’autre à répondre qu’un vague « nous sommes tous pour la liberté d’expression, on se bat pour ça tous les jours » – ce qui, dans le meilleur des cas, ne veut rien dire et, dans le pire, s’appelle se défaussser et botter en touche.

Ni avec Michael Douglas à qui RTL demandait s’il comptait signer la pétition de cinéastes que nous venions de lancer avec Jean-Luc Godard et qui, soit dit en passant, se contentait de demander la communication à la justice suisse de tous les éléments dont elle avait besoin pour décider de donner suite ou non à la demande d’extradition californienne, et qui a répliqué par un développement embarrassé d’où il ressortait qu’il « admirait » Polanski mais qu’il s’agissait là de « quelque chose de judicaire » qui devait être « affronté de façon interne ».


Ni même avec Gilles Jacob, président du Festival, dont il faut bien dire qu’il a eu, lui aussi, toujours sur la même antenne, une réaction qui ne lui ressemble pas : « il y a le cinéaste et le citoyen ; le cinéaste est un immense cinéaste ; mais il y a le citoyen et personne n’est à l’abri des lois » – non, cher Gilles Jacob ! pas vous ! pas ça ! je ne peux croire que vous ne soyez, vous, informé de l’état exact du dossier et du fait que votre ami Roman Polanski n’est justement pas, depuis trente trois ans, à l’abri des lois !


Je n’ai même pas envie de m’emporter contre les quelques uns – peut-être cinéastes « immenses » mais, à coup sûr, médiocres et pleutres « citoyens » – qui nous ont fait savoir que « oui, bien sûr, la pétition pour Polanski… la justice… le droit… mais mes intérêts de cinéaste ? est-ce qu’un cinéaste peut, par amour de la justice et du droit, risquer de passer à côté d’un hochet cannois ?

et est-ce que c’est bien le moment de s’afficher aux côtés de ce prestigieux collègue, Palme d’or 2005 pour le Pianiste, mais devenu désormais, en vertu du seul caprice d’un procureur californien en mal de publicité et en campagne électorale, un personnage infréquentable ?

Non. Je veux juste rappeler à qui veut et peut encore les entendre, des vérités de fait et de bon sens.

Polanski, d’abord, n’a pas « fui » la justice américaine comme le répète partout l’Opinion pavlovisée : il est rentré aux Etats-Unis ; il était en France et il est rentré aux Etats-Unis pour y purger, au pénitencier de Haute Sécurité de Chino, la peine de prison convenue, comme il est d’usage aux Etats-Unis, entre les parties – son avocat, celui de sa victime, le district attorney de l’époque ainsi que, naturellement, le juge qui les réunissait et prenait acte de l’accord.


Polanski, du coup, a payé ; il a commis, certes, un délit, mais il a payé pour ce délit ; et il a payé, soit dit en passant, alors qu’aucun des délinquants sexuels convaincus, la même année, dans le même comté de Los Angeles, de délits de même sorte n’a jamais, contrairement à lui, et contrairement à ce que répètent, à nouveau, les justiciers du dimanche annonant à l’envi que sa célébrité l’a protégé, passé un seul jour, je dis bien un seul jour, derrière les barreaux.


L’affaire Polanski, en d’autres termes, naît à l’instant très précis où le juge de l’époque, sous la pression de l’opinion et d’une presse chauffée à blanc par la notoriété sulfureuse de l’auteur de Rosemary’s Baby, choisit de déchirer l’accord ou, plus exactement, de ne pas l’homologuer ; et elle renaît il y a sept mois quand un procureur, en mal de publicité et, encore une fois, en campagne électorale, décide, comme dans les westerns et comme il l’annoncera d’ailleurs, bien imprudemment, lors d’une réunion de « fund raising », de ramener Polanski mort ou vif à ses électeurs – et quand il convainc la Suisse où le cinéaste se rendait, trois fois par an, depuis des années, pour y passer, en famille, dans un chalet acquis avec la bénédiction des autorités, toutes les vacances scolaires, de l’appréhender comme un terroriste.


Et quant au dernier rebondissement enfin, quand à l’actrice anglaise qui, sous la pression, elle, d’une avocate bien connue à Los Angeles et qui a notamment à son tableau de chasse le scalp de Tiger Woods, quand à cette Charlotte Lewis qui retrouve la mémoire au bout de vingt cinq ans pour venir réclamer, à la dernière minute, son quart d’heure de célébrité ou, peut-être, ses trente deniers et qui, par parenthèse, donnait, il y a dix ans, dans une interview à News of the World, une toute autre version de l’affaire (pas 16 ans, mais 17… « je voulais être sa maîtresse »… sans parler de la partie de la confession qui soulève le cœur et qui, évoquant la période antérieure à la rencontre avec le réalisateur de Pirates, raconte une enfant de 14 ans vendant ses charmes à « des hommes plus âgés » et avouant qu’elle « ne sait plus » avec « combien d’hommes » elle a « couché à l’époque pour de l’argent »), quant à ces prétendues « révélations » donc, quant à cette prétendue « nouvelle affaire » reprise aussitôt en boucle, sans l’ombre d’une vérification, par les medias du monde entier, tout cela confirme bien qu’il s’agit dans cette histoire, non de droit, mais de chasse à l’homme.


J’ai déclaré, dès dimanche, que ce pathétique chantage n’ébranlait pas d’un iota ma détermination à défendre Polanski.


Et s’il ne l’ébranle pas c’est que j’ai le sentiment, ce faisant, de défendre, non un ami (je répète, pour la énième fois, que je ne connaissais, avant l’affaire, pas encore Roman Polanski) mais le Droit.


http://laregledujeu.org/2010/05/18/1550/avec-polanski-plus-que-jamais


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MessageSujet: Re: ROMAN POLANSKI ARRETE EN SUISSE   Lun 12 Juil - 15:30



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LIBRE

La Suisse refuse d'extrader Polanski, les Etats-Unis ne peuvent pas faire appel




BERNE — La Suisse a refusé d'extrader le cinéaste franco-polonais Roman Polanski vers les Etats-Unis, où il a eu en 1977 des relations sexuelles avec une mineure âgée de 13 ans, et qui est désormais libre de ses mouvements, a annoncé lundi le gouvernement helvétique.

"Les Etats-Unis ne peuvent pas faire appel de la décision de la Suisse" de rejeter leur demande d'extradition du cinéaste Roman Polanski, a annoncé lundi à Berne la ministre suisse de la Justice, Mme Eveline Widmer-Schlumpf lors d'une conférence de presse à Berne.

Le réalisateur du "Pianiste", arrêté sur mandat international américain le 26 septembre à son arrivée à Zurich pour un festival de cinéma, "ne sera pas extradé vers les Etats-Unis et les mesures de restriction de sa liberté sont levées", a déclaré au cours d'une conférence de presse à Berne la ministre suisse de la Justice et de la Police, Eveline Widmer-Schlumpf.

"Les clarifications approfondies qui ont été menées à bien n'ont pas permis d'exclure avec toute la certitude voulue que la demande d'extradition américaine présentait un vice", a expliqué la ministre.

L'avocat de Roman Polanski ainsi que les ambassadeurs américain, français et polonais ont été informés de la décision des autorités suisses.

Le cinéaste, aujourd'hui âgé de 76 ans, avait été libéré contre une caution de 4,5 millions de francs suisses (trois millions d'euros) le 4 décembre. Muni d'un bracelet électronique, il était depuis lors assigné à résidence dans son chalet de la station huppée de Gstaad, dans le centre de la Suisse.

L'annonce des autorités helvétiques a mis fin à un long suspense. La Suisse, qui avait jusqu'à présent toujours refusé de donner des indications sur sa décision, avait officiellement reçu la demande d'extradition américaine en octobre.

Les avocats de Roman Polanski se démenaient depuis des mois pour tenter d'éviter un jugement aux Etats-Unis. Ils soulignaient que leur client y a déjà purgé une peine de prison de 42 jours il y a plus de trente ans dans le cadre d'un accord à l'amiable démenti par la suite par le juge américain chargé de l'affaire.

L'arrestation du réalisateur en Suisse avait provoqué un tollé dans les milieux du cinéma et même jusque dans les rangs des gouvernements français et polonais.

Le ministre français de la culture, Frédéric Mitterrand, s'était ainsi attiré des critiques en apportant un soutien appuyé au cinéaste.

L'écrivain français Bernard-Henri Lévy s'était montré le plus fervent soutien de Roman Polanski mais cette affaire a profondément divisé les milieux du cinéma de part et d'autre de l'Atlantique, les uns prenant fait et cause pour le cinéaste couronné par un Oscar, les autres préférant garder leurs distances.


De André LEHMANN (AFP) –


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MessageSujet: Re: ROMAN POLANSKI ARRETE EN SUISSE   Lun 12 Juil - 17:08

Roman Polanski a de très bons avocats et a la chance d'avoir été arrêté en Suisse.

Les Suisses semblent avoir, ces derniers temps, retrouvé leur bon sens habituel.
C'est réconfortant. Je partage la réaction de Jacek Bromski néanmoins.

"C'est une nouvelle très heureuse. Elle est toutefois doublée d'un sentiment d'amertume, si l'on songe aux dix mois de vie ôtés à Roman", a déclaré le réalisateur Jacek Bromski, président de l'Association des cinéastes polonais.

"Sa détention était illégitime dès le début, tout le monde le savait, et pourtant on laissait jusqu'ici des magistrats de bas niveau décider du sort de cet homme", a-t-il ajouté.



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