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 JEAN LOUIS MURAT

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Nine
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MessageSujet: JEAN LOUIS MURAT   Ven 18 Sep - 1:19

Le Cours Ordinaire des Choses



Le nouvel album de Jean-Louis Murat baptisé "Le Cours ordinaire des choses" a été enregistré à Nashville cet hiver, et sortira le 21 septembre prochain chez V2/Universal.

Jean-Louis Murat expatrié à Nashville avec des musiciens d'exception, pour nous livrer un album très musical et varié où la poésie se mêle à de grandes chansons. Un disque, malgré son titre, peu ordinaire et résolument à part dans l'œuvre du barde prolixe.

Un an et demi après le précédent album, voici le moment idéal pour que Murat reprenne sa place de grand de la chanson française.
Le premier single Comme un incendie annonce la couleur.

Un brûlot aux envolées guitaristiques incandescentes, dont le refrain donne son titre à l'album, Le cours ordinaire des choses.



L'édition limitée comprend un documentaire-fiction de 45 min sur la genèse de l'album réalisé par Laetitia Masson avec JLM à Nashville et Elsa Zylberstein.

MYSPACE:
http://www.myspace.com/jlmurat

Ont participé à l'enregistrement en février 2009 :

Ilya Toshinskiy (mandoline, guitare acoustique, banjo), Dan Dugmore (pedal steel, guitare électrique, steel guitar), John N. Hobbs (piano, B3, wurlitzer, rhodes), Cherie Oakley (chœurs), Shannon Forrest (batterie, percussions), Eddie Bayers (batterie, percussions), Mike Brignardello (basse), Michael Rhodes (basse), Carl Marsh (arrangements cordes), Larry Franklin (violon)...

Ces musiciens exceptionnels ont travaillé notamment avec Linda Ronstadt, Linda Taylor, Crosby Stills Nash and Young, Alison Krauss, Taylor Swift, Jerry Garcia, Willie Nelson, John Fogerty, Roy Orbison, Randy Travis, Dolly Parton, Lynyrd Skynyrd, Al Green, R.E.M, ou bien encore Dusty Springfield.




Les prochains concerts de Jean Louis Murat

• 10/04 : Jean Louis Murat à Montpellier (Centre Rabelais) › 26.80 €
• 14/05 : Jean Louis Murat à Besancon (Theatre Musical) › 20.70 €
• 14/05 : Jean Louis Murat à Besancon (Theatre Musical) › 19.70 €
• 23/05 : Jean Louis Murat à St Jean De Vedas (Chai Du Terral) › 26.80 €
• 25/07 : Jean Louis Murat à Hauterives (Palais Ideal Du Facteur Cheval) › 27.00 €



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MessageSujet: Re: JEAN LOUIS MURAT   Ven 18 Sep - 1:32

Falling in love again


« Comment ça commence, une chanson ? »

Pour tenter de percer ce mystère, la cinéaste Laetitia Masson s’est envolée à Nashville, Tennessee, sur les pas de Jean-Louis Murat.

C’est en effet dans la capitale de la country music, vieux rêve enfin réalisé, que ce dernier a enregistré son nouvel album, « Le Cours ordinaire des choses ».

Prétexte à cette ballade filmée, à la fois documentaire musical onirique et essai sur la solitude banale dans un monde qu’on dit moderne.

Une fable à deux personnages :
le Chanteur, présence à la fois mystérieuse et charnelle, et Solange, une jeune parisienne désabusée en quête de sens, interprétée par Elsa Zylberstein.

D’emblée, le décor est planté :

le studio Ocean Way, sorte de cathédrale boisée, hérissée d’une forêt de micros goupillons, de consoles autels et de cabines confessionnaux. Un lieu mystique et mythique, parmi la centaine de studios que compte une ville pas plus grande que le Clermont-Ferrand natal du chanteur.

Le Chanteur, L’Homme de Dos. Qu’on aperçoit déambulant dans la cité, entre supermarchés aseptisés et prédicateurs télévisés, ou se recueillant à travers des reflets vitrés, casqué comme un chevalier errant, caressant une guitare acoustique sous le regard attentif de Christophe Dupouy, son fidèle ingénieur du son.

Au fil de ce road movie immobile, plutôt film de rôdeur émouvant, s’ébauchent les chansons du nouvel album, comme un puzzle qui prendrait forme, une toile aux couleurs esquissées jusqu’à devenir tableau de maître.

Une genèse commentée par la voix off de Laetitia Masson, qui filme, comme elle dit,
« les indiens au travail » : une tribu de musiciens locaux, artisans à la simplicité virtuose, ajoutant ici une griffe de steel guitar, là des gouttelettes de piano, ailleurs des bruissements de maracas.
D’Orcival à Nashville, l’oeuvre prend corps. Et âme.

Comment ça commence une chanson ?

Sans doute ainsi : rien que le cours ordinaire des choses.

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MessageSujet: Re: JEAN LOUIS MURAT   Ven 18 Sep - 1:45

La biographie



Jean-Louis Bergheaud dit Murat est né en 1952 en Auvergne
(la date exacte et le lieu varient au gré des interviews).

D'une enfance passée dans une ferme isolée de la région de Clermont-Ferrand, il conserve une fascination pour le monde paysan qui transparaîtra plus tard tout au long des ses disques.
Après avoir exercé plusieurs petits boulots à Avoriaz puis sur la côte d'Azur, il regagne sa région natale en 1977, décidé à se consacrer entièrement à la musique.

Avec des amis, il forme le groupe Clara au sein duquel il chante et joue du saxophone.
En dépit du soutien de William Sheller, intrigué par ses premières compositions, la formation ne laisse pas un souvenir impérissable.

Il faut attendre 1981 pour que Murat publie un premier 45T qui est boudé par les médias en raison de la noirceur du texte. Dans la foulée, deux albums (Murat et Passions privées) sortent dans le commerce. Mais les ventes ne dépassent pas le cap des 2 000 exemplaires.

La maison de disque (EMI) mécontente, le contrat de Murat est rompu en 1984.

A l'issue de 3 années de doutes et d'errances, Virgin lui offre un nouveau départ.

Un 45T voit le jour en 1987: Si je devais manquer de toi lui permet d'obtenir la reconnaissance du public et de la critique.

Cheyenne Autumn, un album bourré de tubes (L'Ange Déchu, Te garder près de moi …) s'écoule à plus de 100 000 exemplaires. La carrière de Jean-Louis Murat est remise sur les rails.

Avec l'album suivant, Le manteau de pluie (1991), le style Murat s'affine : guitares minimalistes sur nappes de synthé, le tout relevé par la frappe métronomique du batteur Neil Conti (Prefab Sprout).


Le train bleu
La qualité des nouvelles compositions (Col de la Croix-Morand, Le Lien défait, Cours dire aux hommes faibles) vaut à l'Auvergnat l'éloge de l'ensemble de la presse musicale tandis qu'un duo avec Mylène Farmer est mal accueilli par les fans purs et durs.

Enregistré en 6 jours dans une ferme du Puy de Dôme, Vénus, le cru 1993, reflète le culte que voue JLM à Neil Young et à son Crazy Horse. A l'occasion de la sortie de l'album, l'Auvergnat se lance dans une tournée marathon de plusieurs mois, entouré par 6 musiciens.

Les concerts dévoilent un nouveau Murat, homme de scène, distillant son spleen à l'aide de sa six-cordes devant des spectateurs envoûtés. Cette série de concerts permet également à Murat d'obtenir un premier rôle au cinéma (celui d'un chanteur) avec le tournage du film de Pascale Bailly, Mademoiselle Personne.

En vue de préparer l'album suivant, Jean-Louis s'exile à Londres pendant l'été 1995.

Tim Simenon (producteur-remixeur de Bomb The Bass, Depeche Mode, Simple Minds) l'initie au logiciel Pro-Tools et aux différentes techniques de sample.

Dolores voit le jour en septembre 1996. Même si les singles (Fort Alamo, Le train bleu, A quoi tu rêves ?) ne deviennent pas les succès espérés, Murat reste un chanteur-auteur-compositeur admiré et respecté. Il est même considéré comme le parrain de la nouvelle scène musicale française incarnée par Silvain Vanot, Dominique A. ou Miossec.

Avec la tournée Live in Dolores (97-98), JLM devient réalisateur. Il filme plusieurs court-métrages destinés à être projetés pendant les shows. Au cours de cette nouvelle série de concerts, Murat à la guitare acoustique et Clavaizolle (son fidèle collaborateur) aux claviers livrent des versions étirées et minimalistes des chansons de l'album Dolores.


Murat connaît une phase de créativité intense au printemps 1999.

Il embarque pour les Etats-Unis afin d'y enregistrer ses nouvelles chansons. A New-York il fait connaissance avec le guitariste Marc Ribot et avec Jennifer Charles, la chanteuse d'Elysian Fields.

A Tucson (Arizona), il rencontre le groupe Calexico, espoir du rock indé U.S.. Tous participent au très réussi Mustango, un nouvel opus aux accents folk-rock. Jim, Au Mont Sans-Souci ou Polly-Jean (hommage à PJ Harvey) deviennent instantanément des classiques du répertoire Muratien.


Depuis octobre 1999, Murat et ses 3 musiciens sillonnent l'hexagone (et aussi la Belgique, la Suisse et le Quebec) avec le Mustango Tour.

En concert, Murat élargit sa palette de sons et d'ambiances avec des guitares plus brutales, des claviers moins tempérés : ses chansons sont tour à tour techno (Belgrade, Washington), noisy (Nu dans la crevasse et son final qui n'est pas sans rappeler My Bloody Valentine) ou pop minimaliste (Polly Jean).

Loin du bruitisme de la scène techno, Murat crée son propre langage, fruit du bidouillage synthétique et de l'expérimentation. Muragostang, sorti en octobre 2000, est le témoignage sur CD de cette tournée.

Jamais là où on l’attend, JLM surprend une nouvelle fois son monde en publiant au printemps 2001 un album mi-folk, mi-baroque, fruit de la découverte sur le marché de Clermont des œuvres complètes d’une poétesse oubliée du XVIIème siècle.

La comédienne Isabelle Huppert prête sa voix à Madame Deshoulières sur fond de d’instruments baroques (luths, clavecins et violes de Gambe) mélangés aux sonorités plus contemporaines des guitares et autres orgues mini-moog.


Un documentaire avec Claire Denis sur la musique égyptienne, un disque avec Jean-Louis Trintignant, la mise en musique de 12 poèmes d’Isabelle Ledoeuf , une jeune inconnue habitant Marseille … les projets parallèles se multiplient sans hélas voir le jour.

Fin 2001, Bernard Lenoir passe en boucle dans son émission l’album Golden couillas (en téléchargement sur Vitaminic.fr), pochade musicale signée par un nouveau groupe auvergnat, les Rancheros, sorte de Crazy Horse laid-back puisant son inspiration du côté de Licence IV.

Le groupe est mené par un certain Mornac, nouvelle incarnation - selon certains- de l’homme du Col de la Croix-Morand. A ce jour le mystère reste entier …

Quand il ne fait pas de la peinture, " comme un dingue " et jusqu’à plus d’heure, JLM pose les jalons de son prochain album qu’il souhaite d’abord enregistrer en égypte, puis dans plusieurs capitales européennes, avant de se décider à partir pour Memphis (afin de travailler dans les règles de l’art du r’n’b).

Le drame du 11 septembre vient contrarier cette dernière option. Finalement Murat se retranche dans un studio de la côte landaise où il convoque Fred Jimenez (basse) emprunté au groupe de Bertrand Burgalat et Jean-Marc Butty (batterie), collaborateur de PJ (Harvey).

En un temps record, le trio couche sur bande l’essentiel du Moujik et sa femme, disque conçu selon un " dogme " que ne renierait pas Lars Von trier : " une chanson apprise, répétée et enregistrée en deux trois prises live maximum ".

Source site off.


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MessageSujet: Re: JEAN LOUIS MURAT   Ven 18 Sep - 1:57

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MessageSujet: Re: JEAN LOUIS MURAT   Ven 18 Sep - 2:08

Un soir, Jean-Louis Murat...



Les mains glissent sur le manche de la Fender Telecaster.
Une Fender au corps noir, brillant.
Les doigts caressent les cordes.

Un tabouret, haut. Deux lampes d'appartement diffusent une lumière discrète. Tapis de salon au sol, un de ces tapis élimés à motifs persans qui font le décor d'un chez soi.
Mais on n'est pas chez soi. L'ampli derrière un paravent bas, dont on devine qu'il est là pour éviter les larsens. Un micro, d'enregistrement, derrière son filtre rond. Un pupitre haut. Une liasse de feuilles, paroles. Et sous le casque noir, une masse de cheveux longs, d'un noir tirant vers le gris.
Une silhouette longue, à moitié assise sur ce tabouret de bar.
Jean-Louis Murat. Studio Davout.
Hier soir.

Moment privilégié.
Pas le cours ordinaire des choses pour le chroniqueur.
Un artiste livre l'intégralité de son dernier album devant un public restreint volontairement.
Seul à la guitare. Guitare-voix, une formule pure, avec juste ce qu'il faut d'écho pour une atmosphère d'église.

Les 11 chansons de l'album.
Enregistré à Nashville, Tennessee, "Le cours ordinaire des choses".

Murat c'est le texte. L'évocation poétique. L'allusion. Le cryptique.
C'est le culte d'un mec discret. Qui se plie à l'exercice promotionnel, parce que la musique, c'est un business.
Mais peut-on, doit-on parler business, quand on est embarqué dans un moment de grâce pure.

L'artiste dans le studio.
Derrière la vitre, Aymeric, ingénieur du son, le complice.
Celui dont Jean-Louis Murat dira en fin de rencontre qu'il lui doit tout, qu'il est son double. Le seul dont il accepte qu'il l'arrête quand la voix n'est pas juste, l'enregistrement pas parfait.

Il y a dans ses mots une forme de tendresse.
Tendresse et passion lorsqu'il évoque l'expérience de Nashville.

Pour beaucoup, Nashville, c'est la country. Nashville c'est la musique, dans ce qu'elle a de séminal et de si américaine.

Les musiciens ont migré de New York vers le Tennessee, après le 11 septembre. Pour retrouver les racines.
Le studio des origines. Les magnétos à bande.

Une forme d'authenticité, loin des bidouillages numériques.

Protool n'est pas bienvenu. L'accordeur non plus.
Le musicien a l'oreille absolue. Est hyper-pro.
Passe ses journées en studio. Ses nuits dans les clubs.
Jouer, toujours jouer.
Progresser. Etre au top, toujours.
Car Nashville, c'est l'Amérique, dans son perfectionnisme et sa dureté.
Si tu n'es pas là, un autre prendra ta place.
If you snooze, you lose.
C'est la règle.

Un français à Nashville. Un musicien, qui rencontre d'autres musiciens.

Des mecs qui te glissent au détour d'une conversation qu'ils ont joué avec Neil Young, un name-dropping sans frime.
Qui pigent tout à la première écoute de tes démos.
Qui te proposent, parce qu'ils ont un moment libre dans leur agenda du lendemain, de revenir faire une partie de guitare, une ligne de basse.
Comme ça, just in case. Pour améliorer le résultat final.

Deux prises maximum par instrument. Au studio Ocean Way.
Ancienne église, dont l'ancien taulier, un pasteur frappadingue avait gardé, son épouse décédée dans un congélateur, au sous-sol. Que sa nouvelle épouse avait débranché.
Murat se marre en racontant l'anecdote.

Onze morceaux joués ce soir, nus. Onze morceau enregistrés dans cette atmosphère d'ancienne église.

habillés de slide guitar, de claviers, de cordes, pour un son moelleux. Habillant des textes où Murat laisse libre-cours à son interprétation poétique de la vie, du sexe et de la mort, des femmes.

Le cours ordinaire des choses me va comme un incendie... Le mantra, titre de l'album. Me va comme un incendie. Brûler d'un feu intérieur. Cramé par la vie.

Une vie d'amours recommencés, Falling in Love again. D'errances, chanter est ma façon d'errer. De sexe, la tige d'or dans son glacier.
La terre, ses espaces, sainte Taïga.

Quelques femmes, caricatures. Dont une Philomène, impro, pas sur l'album. Mots de douceur, mots violents. Les exégètes se pencheront sur le sens profond des mots.
Chercheront les codes. Chercheront le sens au regard des opus passés, de la construction de l'oeuvre. La magie des mots, portés par la musique. On se laisse emporter par la musique des mots, par la mélopée.
Par un élan de guitare énervée.

Je connaissais peu Jean-Louis Murat, au travers de quelques morceaux glanés ça et là, au fil du temps.

J'ai découvert un artisan des mots. Au sens noble de l'artisanat, aux antipodes de la musique industriellement mise en place dans les linéaires des centres commerciaux, du Protool shit dont parlent les musiciens de Nashville.

Un artisan sans triche, sans frime. Avec l'attitude, pas la posture.
Un type qui suit sa ligne. A la hauteur des grands.
D'un Neil Young, d'un Leonard Cohen.
D'un Dylan, qui sait. D'un Johnny Cash, période American Recordings.

L'album sort le 21 septembre.
Il est beau.


Enjoy!

Rédaction de Dubuc


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MessageSujet: Re: JEAN LOUIS MURAT   Ven 18 Sep - 2:22

INTERVIEW DE JEAN-LOUIS MURAT


Après la sortie de son album 'Tristan' en mars 2008, Jean-Louis Murat repart sur les routes seul avec sa guitare pour une tournée de deux mois en France, avant de revenir à la Cigale de Paris en mai 2009.

Malgré le bon accueil critique de chacun de ses albums ('Tristan' a notamment reçu de nombreuses louanges), le respect de la profession et du public, Jean-Louis Murat est un écorché vif.Artiste à part dans le petit milieu du music business, il n'hésite pas à dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas.

Notre entrevue ne déroge pas à la règle, et il ne prend pas de pincettes pour parler des maisons de disques et des producteurs de spectacles. Il revient aussi sur ses inspirations, l'enregistrement de son album, et sa tournée. Entretien avec un attachant rebelle.




Votre label a été racheté par la major Universal. Quelles ont été les conséquences ? Plus largement, n'y a-t-il plus d'alternative aux "grosses machines" commerciales ?

Le tableau est très noir. Quand je faisais des albums chez V2, je bossais avec 17 personnes. Universal a racheté et a licencié tous les gens de moins de 35 ans. Ils n'en ont gardé que deux, les personnes les plus anciennes et les mieux payées, à cause des indemnités de licenciement… Mais on pourrait sortir de ce système.
Je ne comprends pas pourquoi personne n'organise des anti-Victoires de la musique, par exemple, ou des Victoires de la musique indépendante.
Nous vivons dans un pays où il n'y a pas de culture alternative. Il n'y pas de marge, il n'y a plus de petits labels, plus de médias indépendants...
Tout ce qui était marginal a été bouffé en cinq ans.

Par ailleurs, que pensez-vous de la crise du disque ?

La conséquence de cette crise est que les maisons de disques prennent de moins en moins de risques. Tous les gens intéressants quittent le navire.
Quand j'ai commencé en 1977, les artistes trouvaient très facilement des dates de concert. On assiste à un assèchement culturel terrible.
Sans compter qu'on n'a plus le droit de fumer, de dire qu'un mec est noir… (rires) Le business a gagné, dans ce sens.


Vous vouliez enregistrer 'Tristan' en Irlande, avant le rachat de votre maison de disques…

Oui, les gens de mon précédent label V2 étaient d'accord. Mais ils ont été rachetés et il n'en a plus été question. Ils ont réorganisé le label. Du coup, j'ai enregistré seul chez moi, sans avoir de comptes à rendre.
Et j'ai fait écouter le résultat à des potes, qui m'ont dit de continuer, que ça sonnait bien.
J'ai donc joué de tous les instruments et enregistré toutes les parties.

Cette méthode d'enregistrement donne un côté artisanal au résultat. L'assumez-vous complètement ?

La volonté n'était pas de faire croire qu'il y avait plein de musiciens et des conditions d'enregistrement grandioses. On voulait simplement faire un truc vrai, sans utiliser les logiciels qui lissent et enlèvent tous les défauts de ta musique, qui donnent des résultats sans humanité. Dans 90 % des cas, on a gardé la première prise.

A part ce côté authentique, comment vous situeriez-vous musicalement ? Avez-vous un genre de prédilection ?

Je suis un vagabond, je suis dans l'errance. Je peux faire du folk, utiliser des machines… Je n'ai pas de dogme. Je ne suis pas un obsédé de la forme. Mais c'est vrai que ma culture française ressort dans l'importance que j'accorde aux mots. Si tu n'écris pas de beaux textes, soit tu es un génie comme Boby Lapointe, soit tu tombes dans la variété pourrie. Il faut apporter un soin extrême à la langue. Cela apporte un côté culturel à la chanson. Je ne vais pas me mettre à chanter en anglais comme plein de nouveaux groupes !


Pourquoi avoir donné le titre 'Tristan' à cet album ?

Quand je me suis mis à l'écriture de l'album, je commençais à lire beaucoup de choses sur la légende de Tristan et Iseult. Comme je n'écrivais que des chansons d'amour, ça collait pas mal. Donc j'ai logiquement appelé mon album 'Tristan'.
Pour moi, cette légende est le début des histoires d'amour occidentales. 'Amour, gloire et beauté', c'est Tristan et Iseult, ni plus ni moins…
Son histoire personnelle me plaisait aussi. Il s'appelle Tristan car il a été conçu dans la tristesse. Il porte le malheur de ses géniteurs, il est biologiquement triste, pourrait-on dire.


La légende de Tristan et Iseult a-t-elle été une source d'inspiration ?

Non, pas vraiment. C'est plutôt Baudelaire qui m'a influencé, car j'enregistrais mon précédent album 'Charles et Léo' au moment où j'écrivais les textes de 'Tristan'.
Donc mon niveau d'exigence était très élevé…
Les mélodies de Ferré avec les textes de Baudelaire, ça amène à un niveau de langue rare. Donc je suis allé franchement dans le côté très littéraire du texte.


Vos inspirations viennent souvent du passé : Tristan et Iseult, Baudelaire mais aussi Béranger, Madame Deshoulières…

Ces thèmes m'interpellent. Les références d'aujourd'hui sont très pauvres, je trouve. Lire beaucoup, en particulier sur ces sujets historiques, me permet de faire les études que je n'ai jamais faites.
Je suis vraiment un autodidacte. Donc à force de m'instruire, je deviens un spécialiste d'une époque, d'un thème. Je dévore tout ce qui le concerne. Puis je passe à autre chose.


A l'inverse, la pochette de ce disque est très moderne. Qui l'a réalisée ?

C'est M/M, Michael Amzalag et Mathias Augustyniak, des designers qui ont exposé à Beaubourg il y a peu. Ils ont fait les clips de Björk ou de Madonna pour une fortune, mais comme ils aiment mes disques, ils sont venus en studio, ont dessiné pendant que je leur jouais les morceaux et ont conçu la pochette presque gratuitement.
Je leur ai laissé carte blanche. Avant, je les faisais moi-même, mais j'ai arrêté. Là, ils gèrent tout : clips, pochettes, affiches…
Ils sont devenus des amis, même si ça me gêne qu'ils le fassent quasiment sans que je les paie.


Comment envisagez-vous votre nouvelle tournée ?

Je vais faire ça tout seul. Trois lampes, une guitare, une chaise, un harmonica.
Je me suis disputé avec tous les producteurs de spectacles de France, je pense…
Il ne m'en reste qu'un, avec qui ça a failli péter aussi !
Du coup ça fait quinze ans que je change de tourneur tous les ans.
Cette profession est un peu une mafia… Bref, je vais tourner seul avec mes instruments et ça sera très bien comme ça !

Propos recueillis par Rémy Pellissier pour Evene.fr - Octobre 2008


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MessageSujet: Re: JEAN LOUIS MURAT   Ven 18 Sep - 2:51

Une mise en images de l'hommage de Jean-Louis Murat
au photographe Henri Cartier-Bresson

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MessageSujet: Re: JEAN LOUIS MURAT   Ven 18 Sep - 3:16

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MessageSujet: Re: JEAN LOUIS MURAT   Jeu 24 Sep - 17:44

Nouvel album de Jean-Louis Murat dans les bacs, "Le cours ordinaire des choses". L'occasion d'un entretien paru dans Paris Match, dans laquelle le chanteur parle de ses prestations à la télé.


Il faudrait, ironise-t-il, qu'il démarre une psychanalyse pour comprendre ce que signifie être bon en télé. "ça t'ouvre des abîmes sous les pieds. Tu arrives sur un plateau et un triple con avec un prompteur lit une chronique et te détruit la gueule". C'est ce qui lui est arrivé sur Canal+ une fois. L'émission de Bern qui était proposée vers 20 heures, il me semble ? Murat évoque dans cette émission un "imbécile" qui s'est mis à parler de ses parents, ne sachant pas sa situation. Il n'a aucune raison de subir ça, dit-il, soulignant que c'est une question d'amour propre. "On ne me fait pas chier".


Jean-Louis Murat ne veut pas être de la chair à saucisses pour comiques minables. Il se souvient avoir apostrophé une fois le public qui ricanait, ces "abrutis" par paquets de douze, voulant absolument passer à la télé, avec tantine qui magnétoscope le truc et eux qui essaient de se revoir. "C'est eux, la merde !" ...


Entretien complet à découvrir dans Match sorti ce jeudi.


Pour écouter des extraits des 11 morceaux de l'album Le cours ordinaire des choses enregistré à Nashville, clic (lien Fnac). "J'aime enregistrer aux Etats-Unis, car j'aime l'absence de fatigue. En France, les mecs sont tous claqués. C'est un hospice de vieux, ce pays !"


http://www.leblogtvnews.com/article-36452224.html
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MessageSujet: Re: JEAN LOUIS MURAT   Jeu 24 Sep - 19:34

Le chanteur-poète décrypte sans langue de bois trois textes de son nouvel album Le Cours ordinaire des choses, enregistré à Nashville. Un disque frondeur, énervé, puissant.
Chanter est ma façon d'aimer
"Chanter est ma façon d'être au monde
Chanter est ma façon d'aimer
Mon coeur est sorti de la ronde
Chanter est ma façon d'errer [...]
Allons à l'inimaginable
Où beauté cesse d'exister
Amour j'ai perdu ton image
Aimer est chercher ton reflet [...]"
"On me reproche souvent de ne pas être très sympa sur scène, trop concentré, peu bavard, en colère. Ma façon d'aimer le public, c'est de chanter comme il le faut, avec une grande générosité et une impudeur totale, comme si je faisais un strip-tease. Dans ce texte, j'emploie des mots que je reprends volontairement ailleurs pour dessiner un circuit souterrain à l'intérieur du disque et qu'un morceau en éclaire un autre. Parmi ces six ou sept mots-clés, il y a "déchet". Je me sens l'éboueur de la chanson française, j'ai l'impression que son histoire est terminée et qu'il ne reste qu'à cuisiner les restes des Ronsard, Hugo, Racine ou Baudelaire. Ce n'est pas négatif : Aragon l'a bien fait avec Villon ou Rutebeuf. La chanson française, qui n'est que roucoulade et diplomatie, pousse à l'inertie. On parle de la chose sans en parler, comme au xviiie siècle. Du coup, pratiquant la métaphore, je me dois d'être subversif. C'est une responsabilité de tout faire exploser."
La Tige d'or
"Que fait cette tige
D'or dans ton glacier
Qui a fait ce fond de ravin
Dans ma verdure
Quel ténébreux
Conduit bouleverse
Ma nature
Que sert d'aimer
Une entourée de pluie
Qui a chaque instant
Coupe une grappe de vie [...]"
"Musicalement, cela ressemble à du Bill Withers (Just the Two of Us), un artiste sous-estimé que j'adore. Le texte est clairement érotique, mais pas seulement. J'y pointe quelques dérives féministes. Un chanteur n'est pas là pour assurer le fond sonore d'une époque, mais aussi pour intervenir. Moi dont le public est aux deux tiers composé de filles et qui ai tellement défendu les femmes, je trouve qu'elles se comportent aujourd'hui en glacier. C'est Eros et Dionysos qu'elles tuent en nous dévirilisant. Il est donc temps de redevenir machiste, en tout cas quelquefois, d'aimer les corridas, de pincer les fesses des filles ou de leur dire "ta gueule"."
La Mésange bleue
"Passent passent les semaines
Amours s'en vont
Amours s'en viennent
Passent les jours
Passent les saisons
Vont les nuits pleines de rêves [...]
On ne pense plus chanter
Le frisson froid nous a trouvés
Toujours on doute que faut-il payer
On s'amuse d'amours soudaines
Sous la mitraille amours sont vaines [...]"
"Je parle de l'amour qui passe inexorablement, de cette marche du temps, de ma façon d'enchanter ma vie. J'ai deux jeunes enfants, et c'est en pensant à eux que j'ai retiré toutes les complaisances noires de ce disque. Etre positif, c'est presque une qualité de père. En interprétant ce titre très classique, il me semblait entendre, avec un léger décalage, la voix de Leonard Cohen chantant Le Chant des partisans. Je suis arrivé à Nashville les mains dans les poches. J'ai demandé une guitare au patron, les musiciens se sont placés en cercle autour de moi et je leur ai dit avant de jouer : "Ce n'est pas la peine que je vous traduise mes textes, vous les lirez sur mon visage.""

http://www.lexpress.fr/culture/musique/chanson/jean-louis-murat-commente-trois-chansons_789869.html
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MessageSujet: Re: JEAN LOUIS MURAT   Ven 14 Oct - 20:18

GRAND LIEVRE



Après deux ans sans album, Jean-Louis Murat revient avec Grand Lièvre.

Enregistré en quelques jours dans le sud de la France, ce nouvel opus propose dix titres aux musiques et textes magnifiques, autour de thèmes récurrents dans l'oeuvre du chanteur français, tels que la nature, la dérision de la condition humaine, le doute, l’amour ou la solitude, magnifiés ici, nimbés de mélodies tournoyantes, à la fois familières et surprenantes, agrémentées de bruissements, bruitages et dialogues mystérieux, et, nouveauté, de chœurs hypnotiques et lumineux.

Du Murat au sommet de son art, intime et immédiat, secret et universel. A savourer avec de grandes oreilles.



TRACK LIST

1 / Qu’est-ce que ça veut dire
2 / Sans pitié pour le cheval
3 / Rémi est mort ainsi
4 / Alexandrie
5 / Haut Arverne
6 / Je voudrais me perdre de vue
7 / Vendre les prés
8 / Le champion espagnol
9 / Les rouges souliers
10 / La lettre de la pampa
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MessageSujet: Re: JEAN LOUIS MURAT   Sam 10 Déc - 14:42

.


Jean-Louis Murat : "Ça me plaît assez qu'on ne m'aime pas"




Alors que sort son nouvel album "Grand Lièvre", le plus individualiste des chanteurs s'est confié au Point.fr. Interview au lance-flammes.






Jean-Louis Murat sur le plateau de Frédéric Taddéi en septembre dernier.
© Lejeune / PhotoPQR/Le Parisien




Propos recueillis par Michel Revol




Jean-Louis Murat travaille comme les paysans dont il célèbre l'existence. D'abord il compose, retiré dans les monts d'Auvergne, puis il enregistre, puis il joue, puis il se terre à nouveau pour reprendre le cycle de sa vie d'artiste. C'est méticuleux, régulier, et toujours talentueux, comme il le prouve avec son dernier album, un petit bijou d'écriture et de mélodie baptisé Grand Lièvre . Jean-Louis Murat, un homme rare, mais disert.


Le Point.fr : Vous vous tenez en marge du système. Pourquoi refuser de participer aux opérations caritatives, comme Les Enfoirés ?


Jean-Louis Murat : Je trouve ce système dégoûtant. Les jolis coeurs, les plus-généreux-que-moi-tu-meurs, je n'y crois pas du tout. Tous ces artistes sont des monstres d'égoïsme. La vraie générosité, elle est silencieuse. Tu fais, mais tu fermes ta gueule. Ça ne doit pas devenir un élément de promotion.


Les artistes qui y participent n'ont aucune volonté d'aider une cause, selon vous ?


Non, ils font de la promo. N'importe quelle maison de disque te dira que la meilleure émission de variétés, c'est "Les Enfoirés", et qu'il serait bien d'y être. Tout est dit.


Même pas un soupçon d'altruisme ?...


Moi, toutes ces qualités-là, l'altruisme, le machin, je m'en bats les c... Ces hommes de gauche patentés, je connais leur mode de fonctionnement. Le plus grand des jolis coeurs, Renaud, je l'ai vu faire un truc qui te conduit normalement en prison. Il est devenu mon ennemi de base, même si on ne tire pas sur une ambulance.
J'ai vu aussi des hérauts de la gauche jouer au poker une petite nana perdue, une nana de 16 ou 17 ans. "Elle est pour toi ou elle est pour moi ?"
Je les ai vus faire ça, ces mecs qui hurlent à la mocheté du monde dès qu'un chien se fait écraser. Dans le business, c'est pire. C'est un milieu où il faut se taire. Ils ne peuvent pas me supporter, je le leur rends bien. Je n'ai pas d'amis là-dedans.


C'est pourquoi vous avez choisi de vivre et travailler en Auvergne ?


Oui. Je ne suis jamais arrivé à me faire à ce milieu. Au début, j'avais un appartement à Paris, parfois je me mélangeais un peu, mais c'était une catastrophe. Je me souviens d'une fois où j'ai mangé avec le patron d'une maison de disque et sa grande vedette. Je n'ai pas passé l'entrée. Je leur ai dit : "Je n'ai rien à voir avec vous, je vous emmerde, au revoir, je me casse."


Vous dénoncez aussi l'engagement politique des artistes.


C'est le triomphe de l'hypocrisie. Les chanteurs se mettent toujours du côté du manche. La vie d'artiste est beaucoup plus confortable si tu es vaguement contre. Ils essaient de se placer sous une sorte de lumière marxiste. Ils disent : Je suis un rebelle, je suis socialiste. Tous les cons font ça.


Tous ne sont pas de gauche !


Non. Tu peux aussi faire une carrière de lèche-cul à la Souchon. C'est le plus grand stratège de la chanson française. Il est passé de Pompidou à Sarkozy sans broncher. C'est un centriste, si on veut. Souchon, c'est le Lecanuet de la chanson, ou alors, pour être plus moderne, c'est le Bayrou de la chanson. Un exemple à suivre si on veut vendre des disques.


Vous ne vous reconnaissez dans aucun parti ?


Je n'ai jamais été de gauche une seule minute dans ma vie, mais je n'ai jamais été de droite non plus. L'engagement, c'est différent, c'est le pont plus loin. Si tu t'engages, tu dois faire abstraction du fait de savoir si tu es de droite ou de gauche.
Ou alors il faut faire de la politique comme Flaubert, c'est-à-dire déceler la connerie, sortir le détecteur. C'est un spectacle tellement ridicule qu'il faut jeter un regard neuf dessus. On aurait besoin de Blake Edwards pour mettre en scène la clownerie de l'accord passé ces derniers jours entre les Verts et le PS, par exemple !


L'artiste n'a rien à dire politiquement ?


Mais quelle est la valeur de l'artiste dans la société ? Qu'est-ce que c'est que ces petits chanteurs de variétés qui font des trucs à la con de trois minutes avant de disparaître, et qui d'un seul coup ont des consciences de Prix Nobel de la paix ? Ça n'est pas sérieux.


Vous faites malgré tout des choix politiques, comme tout le monde...


Idéologiquement, j'aime beaucoup Léon Bloy, Bernanos. Ils ont une façon de penser dans laquelle je me retrouve. Ce sont des pré-communistes, des pro-chrétiens. Si je doute de quelque chose, il suffit de quelques pages de Bernanos, ça me remet à cheval ! Mais ce n'est pas tellement de la politique, c'est plutôt une façon d'envisager la vie et l'individu.


Donc, vous ne vous engagerez pas pour une cause ?


Jamais. L'idéologie chez les artistes, c'est une funeste blague. Ce qu'ils portent vraiment, c'est dans leurs chansons et leur comportement.


Et vous, pourquoi faites-vous des chansons ?


Pour moi. Si elles rencontrent des gens, très bien. Mais je n'ai jamais pensé à quelqu'un d'autre que moi en écrivant une chanson. Même dans la chanson populaire, même Bruant, même Pierre Perret, ils pensent d'abord à leur gueule.


C'est de l'égocentrisme !


Non, c'est la nature des choses. Je ne pense pas qu'un artiste puisse amener quoi que ce soit. Je pense que les enjeux sont ailleurs. Ils sont à l'extrême intérieur, dans le saint des saints de chacun. La seule idée que j'aimerais faire passer, c'est que chacun a en soi une énergie quasi infinie.


C'est ce que vous démontrez sur scène, où vous semblez comme possédé ?


Sur scène, je vais dans une sorte de château-fort intérieur. S'il y a quelque chose qui peut être exemplaire chez l'artiste, c'est ce chemin sportif qui mène vers ce "Fort-Boyard" dans lequel je me mets sur scène. Ce chemin a du sens.
Un concert, c'est un meeting d'athlétisme. Je ne l'envisage que comme ça. Je fais un disque tous les ans parce que je défends une idée quasi héroïque de l'énergie. Je peux reg
arder quinze fois un sprint d'Usain Bolt, et ça me sert pour écrire mes chansons. Je suis dans quelque chose de primitif, d'où vient l'énergie, le feu sacré.


En revanche, vous ne parlez pas pendant un concert. Les spectateurs ont l'impression que vous les méprisez...


Je ne dis plus rien parce que tout le monde filme. Cinq minutes après, tu te retrouves sur Internet. Pourtant, j'ai eu des moments très spectaculaires. Le lundi qui suit la défaite de Jospin en avril 2002, par exemple, je suis en concert à la Cigale. J'attaque par une blague où je dis : 80 ans de communisme, 80 millions de morts, on est bien débarrassé !

Silence de cathédrale dans la salle. Le public ne supporte pas ce genre de truc ! En fait, j'aime beaucoup déclencher le rire jaune, j'aime bien aller à la limite. Il faut être créatif.


Qui sont vos héros personnels ?


Les sportifs, comme Usain Bolt ; peu d'artistes, ou alors des morts. J'aime Proust, par exemple. En musique, j'en ai très peu. J'aime bien les gagnants, mais aussi les losers. Je trouve qu'il y a une abnégation incroyable chez Van Morrison, chez Tony Joe White, chez JJ Cale. Ils ne sont jamais arrivés en haut mais ils s'en foutent, ils rament !


Ils ont cette fameuse énergie, ce feu sacré ?


Voilà ! J'aime aussi les gens qui, comme Bernanos, vont vers le surnaturel ou le mysticisme. Hector, Achille, Léon Bloy, Bahamontès et Usain Bolt, c'est un mélange de tout ça. Mais j'aime pas les lopettes, ce qui semble être la particularité du monde politique : fabricant de lopettes. Même Proust pouvait provoquer quelqu'un en duel et aller au coin du bois. Dans le monde politique d'aujourd'hui, pas un seul serait capable de le faire !


L'une de vos chansons, sur votre dernier album, proclame ceci : "Dans ce monde moderne je ne suis pas chez moi". Vous êtes misanthrope ?


Je dis ensuite : "Merci pour tant de peine, mais je ne t'aime pas." C'est ce que je pense vraiment. C'est même vicieux, puisque ça me plaît assez qu'on ne m'aime pas. Être une vedette dans ce monde pourri, je n'apprécierais pas tellement ! C'est plutôt un honneur d'être détesté. Mais je ne suis pas suicidaire. Je suis un mec simple. Je garde les valeurs paysannes : se lever tôt, travailler. Et ce que les autres en pensent, à vrai dire, on s'en fout.



(1) Grand Lièvre, Jean-Louis Murat, V2 Music/Polydor




http://www.lepoint.fr/musique/jean-louis-murat-ca-me-plait-assez-qu-on-ne-m-aime-pas-09-12-2011-1405699_38.php

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MessageSujet: Re: JEAN LOUIS MURAT   Sam 17 Mar - 21:14

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