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 MERCE CUNNINGHAM

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Bridget

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MessageSujet: MERCE CUNNINGHAM   Lun 27 Juil - 21:42

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Merce Cunningham, l'homme qui a réinventé la danse



Photo Annie Leibovitz


Le chorégraphe américain, décédé dans la nuit de dimanche à lundi à l'âge de 90 ans, a modelé son œuvre sur les lois du hasard. Ce parti pris a fait de lui un géant.

Merce Cunningham avait toujours un dé en poche. Avec ce petit accessoire, il avait, en s'amusant beaucoup, repoussé un peu plus loin les limites de la création.


Plutôt que de tâtonner en assemblant les choses et de s'estimer au final insatisfait, il vaut mieux s'en remettre au hasard. En plus, c'est un moyen de faire apparaître des combinaisons auxquelles on n'aurait pas pensé. En fait, je crois que le hasard rend les idées plus claires et ouvre l'imagination» , disait-il, son œil noir frisant de malice sous ses boucles blanches.


Et il jouait aux dés une large part de ses créations : l'ordre des phrases de danse, l'entrée en scène des danseurs, la succession des séquences de musique… Une révolution qui le tenait en haleine et l'entraînait chaque jour dans de nouveaux essais : à 90 ans, il créait encore.
«La danse ne vous donne rien en retour, ni manuscrit à vendre, ni peinture à mettre sur les murs, ni poème à imprimer, rien que cette sensation unique de se sentir vivant»
, estimait-il. Jamais d'ailleurs il ne s'était vraiment résolu à quitter la scène.
Il s'y glissait encore certains soirs, grand oiseau un peu bancal, quand l'arthrose le lâchait un peu.





Merce Cunningham (deuxième en partant de la droite) interprète «Quartet», en 1986, avec des danseurs de sa compagnie.
Crédits photo : AP



Martha Graham engage en 1939 ce jeune danseur nouvellement ­sorti de la Cornish School. La papesse de la modern'dance lui écrit des chorégraphies inspirées par les grandes figures de la mythologie ou de l'aventure humaine. Il s'agit d'exprimer sur scène l'élan qui ­­les a traversées. Une émotion, un mouvement.
Cunningham quitte la compagnie en 1945 pour mener une aventure diamétralement opposée : pour lui la danse est ­abstraite, elle ne raconte rien, mais fait éclore une beauté inédite.



L'Europe en a le souffle coupé

C'est John Cage, rencontré à la Cornish School, qui lui communique l'émerveillement de la composition aléatoire.
Seule la mort de ce dernier en 1992 séparera les deux compagnons. Ensemble, ils créent le premier happening en 1952.
Cunningham danse, Cage parle, David Tudor joue du piano, Robert Rauschenberg projette des diapositives de ses tableaux.

Le public assis sur la scène ne sait où donner de la tête. Douze ans plus tard, ils inventent l'«Event» : les danseurs interprètent des séquences de ballets et les musiciens des phrases musicales, chacun dans l'ordre qui lui plaît.





» Merce Cunningham, en 1964, lors du permier «Event» :



Cunningham n'a alors aucun succès en Amérique. Mais toute l'Europe branchée, Paris en tête, suit ses travaux le souffle coupé.
Cunningham coupe le lien entre le mouvement et l'émotion. Libère la danse de la musique, l'inscrit dans le temps intérieur des danseurs, sans relation avec le rythme. ­­De même il demande à chacun de ­ses interprètes d'être son propre centre.
Les artistes plasticiens sont captivés. Andy Warhol, Marcel Duchamp, Bruce Nauman signent des décors pour des pièces dont ils ne connaissent ni la musique ni la chorégraphie. Rauschenberg, puis en 1968 Jasper Johns, se succèdent comme directeurs artistiques de la compagnie créée en 1953 sur un principe jamais démenti : chaque pièce doit être une expérience visuelle et sonore réalisée avec des compositeurs et plasticiens vivants.





Pond Way - Merce Cunningham (music Brian Eno)



À partir des années 1990, ­Cunningham qui puisait sa gestuelle dans la danse classique et les mimiques des animaux, se passionne pour l'informatique. Le logiciel Lifeforms lui donne de nouvelles possibilités de mouvements et les combinaisons apparaissent plus riches encore qu'en jouant la danse aux dés du Yi King, le grand livre d'oracles chinois.
Son invention culmine dans Biped créé pour ses 80 ans sur la musique de Gavin Bryars : les danseurs y dialoguent avec leur image grâce à des capteurs placés sur leur corps. «Avec Cunningham, on a l'impression de contempler le monde au septième jour alors que tout est neuf. C'est la beauté dépourvue de raisons d'exister et ­qui s'assume pleinement comme telle », notait un critique.






http://www.lefigaro.fr/culture/2009/07/27/03004-20090727ARTFIG00409-merce-cunningham-l-homme-qui-a-reinvente-la-danse-.php


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MessageSujet: Re: MERCE CUNNINGHAM   Lun 27 Juil - 23:09




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photo by Richard Rutledge



Merce Cunningham a grandi entre un père avocat d'une ville modeste, sa manière à lui de plaider toutes les causes, et une mère habituée à disparaître de la maison, des échappées belles qui ont forcèment marquées ce jeune rêveur.


Il y aura les premiers pas -de claquette!- puis la Cornish School of Performing Arts de Seattle, la rencontre avec Martha Graham, prêtresse du ballet moderne, et le coup de foudre pour New York : Merce Cunningham dévore tout, enrichit son inspiration au même titre que son interprétation



La révolution culturelle américaine de l'après guerre bouillonne, il s'en délecte. Fait feu de tout bois, interroge son corps et ses prolongements dans une société qui se remet en cause.
Le danseur animal au saut prodigieux prend enfin son envol : Cunningham a fait une rencontre, celle du musicien John Cage. Ils formeront dès lors LE couple de l'avant-garde Outre Atlantique.


1944, premiers solos, 1953, première compagnie fondée au Black Mountain College, formidable espace de liberté. Cage en est le directeur musical, le peintre Robert Rauschenberg, le conseiller artistique.





John Cage and Merce Cunningham




Toujours ce goût des échanges, cette ouverture sur d'autres arts -et d'autres mondes. En 1959, Merce Cunningham ouvre sa propre école à New York que nombre de jeunes pousses de la danse française viendront, un jour ou l'autre, fréquenter.


En 1964, la compagnie présente son premier Event à Vienne, au Musée d'Art Contemporain : encore une contribution majeure, la danse dans d'autres lieux, une dé-construction chorégraphique et alléatoire.


La même année, une partie du public du Théâtre de l'Est Parisien reçoit la compagnie Cunningham... avec tomates et œufs. "Heureusement nous étions assez agiles pour les éviter" dira bien plus tard Merce Cunningham sans rancune.


Entre temps, la modernité de Cunningham a trouvé la consécration. Merce Cunningham ne croit pas qu'il était en avance sur son temps, il préfère penser que le public a été un peu pris de vitesse. Jolie mentalité ou politesse exquise.


Depuis Merce Cunningham filait le parfait amour avec la France, se sentait comme chez lui au Théâtre de la Ville, une dizaine de rendez-vous et autant de créations, à Montpellier Danse -où il donne Ocean, un chef d'œuvre démesuré- ou à la biennale du Val de Marne que sa compagnie a honoré cette année encore.









Avec presque 200 pièces à son compteur, dont certaines au répertoire d'autres compagnies (le Ballet de l'Opéra de Lyon par exemple), Merce Cunningham a travaillé toutes les facettes de son talent : pourtant en créant à partir du logiciel informatique Lifeforms, il a su à nouveau démultiplier ses points de vue chorégraphiques.


Biped (1999) création de Cunningham avec les artistes digitaux Shelly Eshkar, Paul Kaiser est une réussite majeure. Le chorégraphe a toujours travaillé avec des artistes contemporains. Une évidence pour lui. "Si j'étais né à l'époque de Bach j'aurais écrit mes pas sur sa musique " nous confia t-il un jour. Mais comme il était de la génération Cage, c'est avec ce dernier qu'il fera un bout de chemin. Sans oublier les peintres Rauschenberg ou Jasper Johns.





Une scène du ballet de la Merce Cunningham Dance Company, "Biped", à Budapest, le 2 mai 2006.



Autre constante chez Cunningham : le hasard, à l'image de sa pièce Rondo. "Jeter les dés a quelque chose de merveilleux qui fait appel à l'imaginaire.
Un quart de seconde plus tard, les dés sont de nouveaux immobiles, l'esprit lui toujours en mouvement.


Essayez vous-même!" résumait le chorégraphe. Ces dernières années Radiohead et Sigur Ros, deux groupes parmi les plus influents de la scène musicale internationale actuelle, avaient croisé la trajectoire de Merce Cunningham en signant les musiques de Split Sides (2003).





"Split Sides" feat. music by Radiohead & Sigur Rós




En avril dernier, Merce Cunningham dévoilait Nearly Ninety, sa dernière pièce. Nous y étions. Dans la Brooklyn Academy of Music comble 4 jours durant, on retrouvait l'intelligence du maître : trio à la grâce irréelle, travail sur l'équilibre, grande transversale sur le plateau.


Outre ses interprètes, la pièce réunissait son fidèle musicien Takehisa Kosugi, John Paul Jones et les quatre fantastiques de Sonic Youth pour un live explosif qui fit trembler les murs. On devrait découvrir ce programme à Paris au Théâtre de la Ville/Festival d'automne en décembre prochain.






Il y a quelques semaines, Merce Cunningham révélait les dispositions qu'il avait prises pour gérer ses créations après sa mort.

Deux ans de tournée d'adieu, un fond budgétaire pour couvrir les salaires de ses danseurs, une fondation pour remonter certaines chorégraphies. Et un final à New York avec des places à 10 dollars!

C'est dans son sommeil que Mister C s'est éteint. Lui qui n'avait cessé un seul instant de glorifier le mouvement nous laisse un héritage chorégraphique sans égal. On avait pleuré à cette matinée de la BAM de New York, Le 19 avril dernier. De joie. Aujourd'hui, nos larmes ne sont que de tristesse.

Merci Merce.


http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/1248707940/article/deces-du-choregraphe-americain-merce-cunningham


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MessageSujet: Re: MERCE CUNNINGHAM   Sam 10 Oct - 13:42


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La collection de Merce Cunningham et de John Cage mise en vente




NEW YORK (ETATS-UNIS) [23.09.09] – La collection du célèbre chorégraphe Merce Cunningham est mise en vente le 10 et 11 novembre 2009. Plusieurs pièces de Jasper Johns, Robert Rauschenberg et Philip Guston seront proposées.

C’est avant tout une collection formée autour d’un cercle d’amis. Merce Cunningham, décédé en juillet 2009, et son ami le compositeur John Cage, mort en 1992, avaient un important groupe d’amis : parmi eux, on peut citer Jasper Johns et Robert Rauschenberg.

Selon le New York Times, cette collection très intime est mise en vente par le Merce Cunningham Trust, la fondation du défunt. Cela permettra aux administrateurs de lever des fonds pour faire fonctionner la fondation chargée de gérer les droits du chorégraphe et de perpétuer sa mémoire.


Quelques-unes des œuvres ont été spécialement créées pour Cunningham ou pour Cage et certaines pièces ont des histoires particulières. La plupart des toiles et dessins sont dédicacés par les artistes et comportent des messages personnels.
Par exemple « No.1 » de Rauschenberg, une peinture noire reprises plusieurs fois par l’artiste à l’occasion de ses visites à ses amis. Cette pièce est estimée entre 800 000 et 1,2 millions d’euros (entre 540 000 et 811 000 euros). Le clou de la vente est une œuvre de Jasper Johns, « Dancers on a Plane » , estimée entre 1,5 et 2 millions d’euros (entre 1 et 1,3 millions d’euros).


Mais ni Merce Cunningham ni John Cage ne s’intéressait à la valeur économique de leurs œuvres. En 1988, leur comptable s’est rendu compte que la collection n’était pas assurée. Leur demandant ce qu’ils feraient si un incendie détruisait tout, ils répondirent que leurs amis peindraient de nouveaux tableaux pour eux.


La vente se tiendra du 10 au 11 novembre 2009 chez Christie’s.
artclair.com





John Cage, musician; Merce Cunningham, and Robert Rauschenberg, artist, New York, May 2, 1960
Copyright © 2008 The Richard Avedon Foundation




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MessageSujet: Re: MERCE CUNNINGHAM   Sam 5 Déc - 0:59




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Le Festival d'Automne rend hommage à Merce Cunningham, immense chorégraphe américain disparu cet été, avec plusieurs manifestations.

Sa dernière création, Nearly 90 2, à l'affiche du Théâtre de la Ville, démontre son inépuisable quête du mouvement juste.









Un mois après l'annonce du décès soudain de Pina Bausch, la disparition de Merce Cunningham le 26 juillet dernier avait assombri plus encore un été décidément bien sinistre pour la danse contemporaine, qui voyait s'évanouir là deux de ses figures majeures. La question de l'héritage s'est immédiatement posée pour l'une comme pour l'autre.
A 90 ans, Merce Cunningham était toujours à la tête de la Merce Cunningham Dance Company (MCDC), avec laquelle il venait de présenter sa dernière création, Nearly Ninety.



L'après-Cunningham avait été déjà planifié : le Legacy Plan prévoit une tournée mondiale de deux ans et un archivage des pièces en dossiers digitaux, les Dance Capsules, avant la dissolution de la compagnie. L'école, où l'artiste enseignait encore deux jours par semaine quelque temps avant sa mort, reste. Rien n'aura donc été laissé au hasard, jusqu'au bout, malgré le goût du chorégraphe pour l'indéterminé...



La pièce ultime


Amputée de son décor et de la vidéo pour l'adapter à la tournée, Nearly Ninety est devenue Nearly 90 2. Pièce de 90 minutes, elle n'épargne rien aux danseurs — endurance, précision, rythme, tension.

Sur le plateau nu rétro-éclairé par une lumière colorée qui peu à peu envahit le fond de scène comme une apothéose solaire, quatorze danseurs et danseuses évoluent en équilibres tendus, en mouvements suspendus et en associations imprévisibles sur une musique vibratoire et hypnotique interprétée live dans la fosse par le guitariste John King (qui remplace John Paul Jones, bassiste de Led Zeppelin) et le compositeur de musique expérimentale Takehisa Kosugi, collaborateur de Cunningham depuis trente ans.










On retrouve là les infinies combinaisons de mouvements propres au vocabulaire du chorégraphe, la beauté expressive du geste abstrait et la perception du corps comme module vitruvien aux infinies déclinaisons possibles. La fluidité de la danse de Cunningham nous rappelle que chaque mouvement est à la fois la mort du précédent et la naissance du suivant. Comme la musique de la pièce, la chorégraphie se pare de suspensions, d'absences : le silence aussi est musique, comme l'a si bien démontré le compagnon de route John Cage.






Hommages


Couple extra-ordinaire que celui de Cunningham et Cage, l'un comme l'autre révolutionnant son art. L'artiste anglaise Tacita Dean leur rend hommage dans une installation de films, Merce Cunningham performs STILLNESS, présentée au Centquatre.
Sur plusieurs écrans de taille différente, on y voit Cunnigham, sous divers angles, assis dans le célèbre studio de Westbeth à New York, face à un danseur (presque) immobile, interprétant STILLNESS, chorégraphie réalisée à partir de la célèbre composition 4’33’’ de John Cage. Seuls des sons « non-écrits » — ceux de la vie extérieure — nous parviennent. Le temps est suspendu, l'œuvre reste indéfiniment ouverte.


A découvrir également dans ce Festival d'Automne, les pièces de deux chorégraphes français qui s'emparent du mythe Cunningham. Boris Charmatz revisite 50 ans de danse, dans ce qu'il nomme un « event méta-cunninghamien », qui prend la forme d'un assemblage en continu des mouvements du chorégraphe, tandis que Jérôme Bel offre au danseur Cédric Andrieux l'opportunité de revenir sur sa carrière qui le mena de Brest à la MCDC, puis à l'Opéra de Lyon. Jérôme Bel qui exprime ce que beaucoup, chorégraphes, danseurs ou spectateurs, pensent au sujet du grand Merce : « S'il n'avait pas fait ce qu'il a fait, je ne serais pas la personne que je suis ».







Hommage à Merce Cunningham par le Festival d'Automne, à Paris :


Au Théâtre de la Ville : . Merce Cunningham Dance Company, Nearly 902, du 2 au 12 décembre (puis au Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence, du 17 au 19 décembre, au Monaco Dance Forum les 17 et 18 avril, et au Festival Montpellier Danse du 18 au 20 juin)
. Boris Charmatz, 50 ans de danse, du 8 au 12 décembre (site des Abbesses) (puis au Théâtre des Eaux-vives, Genève, les 17 et 18 décembre)
. Jérôme Bel, Cédric Andrieux, du 14 au 16 décembre (avant-premières du 1er au 4 décembre au Théâtre des Eaux-vives, Genève, et le 12 décembre au LIFE de Saint-Nazaire)


Au Centquatre : l'installation de Tacita Dean, Merce Cunningham performs STILLNESS, jusqu'au 4 décembre

A la Cinémathèque française : projection du film Merce Cunningham de Charles Atlas le 13 décembre à 16h et 18h

www.festival-automne.com

A voir : les « Mondays with Merce », leçons du lundi de Merce Cunnigham, et l'agenda de la MCDC sur le site www.merce.org


Magali Lesauvage

http://www.fluctuat.net/6979-Merce-Cunningham-Nearly-90-2



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MessageSujet: Re: MERCE CUNNINGHAM   Sam 5 Déc - 1:06




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"Nearly 902", le testament dansé de Merce Cunningham

Critique LE MONDE 04.12.09



Plus joueur, difficile de trouver. Sans artifice ni volonté de "créer l'événement", comme on dit, le chorégraphe Merce Cunningham, mort le 26 juillet à 90 ans, aura tenu son pari d'invention permanente jusqu'au bout.

Son ultime spectacle, Nearly Ninety, présenté le 16 avril à la Brooklyn Academy of Music de New York pour fêter son anniversaire, n'a vécu que le temps d'un gâteau. Un gros gâteau il est vrai, aussi énorme que le décor de soucoupe volante multicolore signé par l'architecte italienne Benedetta Tagliabue. Si imposant qu'il a fallu s'en débarrasser. C'est donc Nearly 902, une version allégée, qui se pose au Théâtre de la Ville, à Paris, dans le cadre du Festival d'automne, jusqu'au 12 décembre.







Que s'est-il donc passé ? En quoi consiste cette nouvelle mouture ? Plus rien à voir avec le spectacle originel. Exit donc le décor métallique sur lequel étaient projetées des vidéos. Lors de la présentation du spectacle à Madrid en mai, le transport de la chose - 9 tonnes - et son installation sur le plateau - il a fallu la découper en trois morceaux - ont nécessité trois jours de travail. Trop compliqué, trop cher aussi...



Merce Cunningham a revu son projet à la baisse et au plus juste de son art. Avec une idée maîtresse : que la pièce puisse voyager et être vue par le plus grand nombre de spectateurs. D'où le plateau vide de Nearly 902, simplement habillé de lumières (rose, bleu, jaune...) projetées sur un écran en fond de scène. Exit Sonic Youth aussi. C'est l'ancien bassiste de Led Zeppelin, John Paul Jones, qui a composé la musique avec le "sound designer" de la compagnie, Takehisa Kosugi, en direct comme toujours.


Que devient alors la danse dans ce remaniement de fond en comble ? Elle reste, paraît-il, identique. Sauf qu'à New York la pièce était composée de deux parties, aujourd'hui réunies en une seule, d'une durée d'une heure trente. Merce Cunningham en a cousu main le point de jonction, une semaine avant de mourir. On en reconnaît évidemment des bribes, des éclats. Sauf qu'on la voit enfin, vraiment, dans son ensemble et dans les détails, avec ses qualités rythmiques spécifiques, sa façon de glisser d'un songe éveillé à une intense floraison de mouvements. Le son et lumière new-yorkais a cédé la place à une partition d'une richesse inouïe, la plus longue aussi - il l'a travaillée exceptionnellement pendant un an - dans l'oeuvre de Cunningham.




Nearly 902 peut se lire comme un testament dansé du maître américain. Foi dans le mouvement, et encore dans le mouvement. Son écriture explose, semblant ne jamais se répéter, ni dans les pas ni dans les trajectoires des treize danseurs. On reconnaît évidemment les petits pas qui picorent le plateau, les avancées glissées en grands pliés, les attitudes bras en couronne...

On pointe aussi les bases classiques de Cunningham. Les traversées du plateau tracent des géométries sans cesse renouvelées dans l'espace. Rosaces, cercles enchevêtrés, intersections multiples de lignes... Cunningham soulève parfois le bout de son compas dans des portés sculpturaux.


Innovation : son travail sur le couple, quasiment absent de son oeuvre. Les pas de deux, très lents, réinventent des postures et des déséquilibres incroyables. L'homme et la femme s'accrochent l'un contre l'autre et se soutiennent grâce à d'infimes et bizarres appuis. Leur douceur et leur tranquillité sont contagieuses. Leur pacte de confiance, au sein d'une oeuvre plutôt basée sur le danseur solitaire - centre du monde et du plateau où qu'il soit -, lance un message de sérénité.


La saveur de Nearly 902 tient aussi dans son amplitude temporelle. Le friselis de guitare devient ruissellement, les sons multiples bruités en direct par Kosugi enflent comme une lame de fond. Ils se dilatent dans l'espace, soulevant une danse de plus en plus vive. Jusqu'à cet instant ensoleillé et planant. Ce dernier coup de chaud signé Cunningham.


Nearly 902, de Merce Cunningham. Théâtre de la Ville, place du Châtelet, Paris 4e. Jusqu'au 12 décembre, à 20 h 30. Tél. : 01-42-74-22-77. De 23 € à 30 €. Durée : 1 h 30. sur Internet : www.theatredelaville-paris.com. En tournée : Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence, du 17 au 19 décembre.

Rosita Boisseau

http://www.lemonde.fr/culture/article/2009/12/04/nearly-902-le-testament-danse-de-merce-cunningham_1276239_3246.html#ens_id=1276320



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MessageSujet: Re: MERCE CUNNINGHAM   Sam 5 Déc - 1:10

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La compagnie Cunningham en tournée mondiale

De janvier 2010 jusqu'en décembre 2011, le World Tour de la compagnie Cunningham partira à l'assaut de la planète.

C'était la volonté du chorégraphe, consignée dans son Living legacy plan ("testament"), rendu public en juin. Cunningham y annonçait la dissolution de la troupe après cet ultime tour de piste, et précisait, entre autres, comment il désirait que ses oeuvres lui survivent.

Pour réaliser ce programme testamentaire, une campagne de levée de fonds de 8 millions de dollars (5,30 millions d'euros) a été lancée. A chaque passage dans un théâtre, les directeurs sont aussi sollicités pour soutenir le legacy plan en participant financièrement à la recréation d'une pièce disparue du répertoire, qu'ils pourront ensuite présenter.

Ainsi le festival Montpellier-Danse, entre autres, soutiendra le remontage de Roaratorio, créée en 1980, sur une musique de John Cage.

http://www.lemonde.fr/culture/article/2009/12/04/nearly-902-le-testament-danse-de-merce-cunningham



DECEMBER 2009

1 Septet
Conservatoire de Paris
New York, NY (Merce Cunningham Studio)

1-4 Suite for Five & BIPED (excerpts)
Jerome Bel
Geneva, Switzerland (ADC)

7 (see above)
Paris, France
(Théâtre de la Ville)

12 (see above)
St. Nazaire, France (LIFE)

14-16 (see above)
Paris, France
(Théâtre de la Ville)

21 Totum Ancestor
Luk Vaes
The Hague, Netherlands (Korzo Theatre)



JANUARY 2010

28-30 MinEvent
Beloit College
Beloit, WI (Laura Aldrich Neese Theater)



FEBRUARY 2010

13 Septet
Conservatoire de Paris
Lagny sur Marne, France (Espace Charles Vanel)

27 Septet
Conservatoire de Paris
Lagny sur Marne, France (Espace Charles Vanel)




http://www.merce.org/thecompany.html


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MessageSujet: Re: MERCE CUNNINGHAM   Ven 16 Déc - 11:40


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Merce Cunningham : salut à sa compagnie








Le 31 décembre, à minuit, la compagnie du chorégraphe Merce Cunningham mettra définitivement les clés sous le tapis de danse. Champagne !


Le réveillon aura lieu dans l'espace gigantesque et somptueux du Park Avenue Armory, à New York. Trois immenses scènes spécialement montées pour l'occasion sous un décor de nuages blancs et noirs signé par le plasticien Daniel Arsham verront défiler une série de pièces du maître américain interprétées par les quatorze danseurs de la troupe.


Le public - on attend 1 500 personnes pour cette soirée - pourra déambuler entre les plateaux tout en grignotant des petits fours, en fonction du "New Year's Eve package" qu'il aura acheté. Une soirée avec DJ fera péter les bouchons jusqu'au petit matin.
Ce coup d'éclat mettra un point final à deux ans de tournée dans plus de 50 villes du monde, comme l'avait prévu "Mister" Merce dans son testament. Mort le 26 juillet 2009, à 90 ans, Cunningham ne voulait pas que sa troupe perpétue son oeuvre sans lui.



La rigueur et l'invention féroces avec lesquelles cet "Einstein de la danse", comme certains l'avaient rebaptisé, a pendant soixante ans forcé les limites de son art est aussi à l'oeuvre dans son testament.
Son legacy plan ("plan de succession") se révèle d'une incroyable méticulosité. Jusqu'à la reconversion de ses danseurs et des musiciens de la troupe y est évoquée et financée, ancienneté comprise, pendant un an !
"Il ne se manifestait pas beaucoup, trop pudique pour ça, glisse Bénédicte Pesle, l'amie et administratrice française de la compagnie depuis ses débuts dans les années 1960. Mais il aimait beaucoup ses interprètes."



Le legacy plan a tout d'une merveilleuse anomalie dans le monde de la danse. Pour la première fois, un chorégraphe anticipe sa disparition. Et comment ! Les "dance capsules" imaginées par Cunningham et son équipe sont des bombes.

Sortes de "valises pédagogiques numériques" très outillées, elles contiennent tous les documents concernant un spectacle : captation-vidéos, notes et dessins de Cunningham, musiques, indications des décors, costumes, lumières...
Tout, tout, tout, pour que des compagnies, des danseurs ou des chercheurs puissent remonter une pièce s'ils le désirent.



Depuis deux ans, le nombre de "dance capsules", qui sera de 80 au total (le répertoire comptait près de 200 pièces), a augmenté au rythme de la tournée.
C'est le Merce Cunningham Trust qui se charge de leur gestion. "Un sondage a d'abord été mené auprès des danseurs de la compagnie par Patricia Lent, ancienne interprète et membre du Trust, pour savoir quels étaient les spectacles qui leur semblaient les plus pertinents à conserver, commente Julie George, collaboratrice de Bénédicte Pesle. La liste et le nombre ont ensuite été établis à partir des choix de toute la compagnie."



Certains chefs-d'oeuvre comme Ocean (1994) ou encore Summerspace (1958) ont fait l'objet de productions spécifiques pendant la tournée. "On a profité de certaines présentations pour remonter sept spectacles en vue d'en faire des capsules, précise Julie George. C'est grâce par exemple au festival Montpellier Danse, au Festival d'automne et au Théâtre de la Ville, à Paris, que Roaratorio, qui n'avait été présenté que cinq fois au public depuis sa création en 1979 sur une musique de John Cage, a pu faire l'objet d'un film."



Merce Cunningham Ocean, Minnesota 2008





Le 1er janvier 2012, un site Internet rassemblant les 80 capsules sera ouvert. Une entreprise qui exige un financement savant. Sur le site de la compagnie Merce Cunningham, le slogan "Join us" accroche l'oeil.
Dans le contexte économique américain, l'Etat les soutient très peu. C'est dire les mille et une astuces que Trevor Carlson, directeur de la compagnie, a dû déployer pour boucler les différents volets du testament. Les fans de Cunningham peuvent ainsi devenir co-sponsors d'une capsule.



http://www.merce.org/about/



L'ultime étape avant New York est Paris. C'est dans le cadre du Festival d'automne, au Théâtre de la Ville, où il se sentait "comme à la maison", selon Bénédicte Pesle, que ses danseurs présenteront deux programmes de pièces couvrant plus de cinquante ans de danse. Un ultime feu d'artifice pour l'une des figures les plus palpitantes et inventives de la scène chorégraphique.


"Cela n'a pas toujours été facile, se souvient Bénédicte Pesle. La première fois que nous avons joué au théâtre de l'Est parisien, grâce aux chorégraphes Françoise et Dominique Dupuy, Merce, qui avait 35 ans - ce qui était vieux pour un danseur à l'époque -, avait reçu des tomates et demandait aux interprètes qui l'accompagnaient s'ils avaient encore le courage de danser avec lui. En sortant de scène, il m'avait demandé ce qu'il fallait faire et je lui avais répondu : "On continue, let's prepare the next one !" C'était notre mot de passe."


Le coup d'accélérateur qui va faire basculer Cunningham porte le nom de Michel Guy (1927-1990), directeur du Festival d'automne, à Paris, qui le soutient dès 1972. "Il a programmé régulièrement la compagnie, même si le succès public n'était pas toujours au rendez-vous, glisse Bénédicte Pesle. Il faut dire que l'abstraction, en peinture, mais encore plus dans la danse n'a jamais été le fort des Français. Ils préfèrent indéniablement qu'on leur raconte des histoires."


C'est pour les raconter autrement, sans doute, qu'au tournant des années 1980, les chorégraphes Jean-Claude Gallotta, Angelin Preljocaj, entre autres, futurs chefs de file de ce que l'on appellera la nouvelle danse française, défilent dans le studio new-yorkais de Bethune Street.


Dans ce lieu modeste devenu mythique, dont tout le mobilier sera donné ou vendu d'ici avril 2012, ils apprennent la technique et les principes Cunningham dont celui, fameux et perturbant, de l'indépendance de la danse et de la musique, qui se construisent chacune de leur côté avant de se cogner le soir de la première.

Elaboré avec son complice, le compositeur et musicien John Cage (1912-1992), que Cunningham avait rencontré au début des années 1940 et avec lequel il fonda sa compagnie en 1953, ce moteur artistique a fait exploser les codes des artistes nourris au ballet et à la narration.


"Le clash de l'indépendance de la danse et de la musique a donné des idées à ceux qui se cherchaient à l'époque des outils de travail, pointe Henry Pillsbury, ancien directeur de l'American Center, à Paris. Parallèlement, l'idée d'une énorme discipline du corps, mais aussi d'une authenticité humaine, expliquent l'attrait qu'ont suscité et suscitent toujours les travaux de Cunningham et Cage." Un "package" qui, celui-là, passera le réveillon.


Rosita Boisseau


http://www.lemonde.fr/culture/article/2011/12/14/merce-cunningham-salut-a-sa-compagnie_1618430_3246.html




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MessageSujet: Re: MERCE CUNNINGHAM   Mer 14 Nov - 18:28





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Merce Cunningham La danse en héritage




Mercredi 14 novembre de 22:20 à 23:20 sur Arte










Il a révolutionné la danse contemporaine : le danseur et chorégraphe américain Merce Cunningham, disparu en 2009 à l'âge de 90 ans, a enchaîné les créations avant-gardistes en associant, à la manière d'un Diaghilev, les plus grands artistes contemporains : Andy Warhol, Robert Rauschenberg, Jasper Johns ou encore John Cage.


D'«Antic Meet» à «CRWDSPCR», ses pièces mêlent audace et humour. Mais comment préserver ce patrimoine exprimé par les corps le temps d'un spectacle ? Avant sa mort, il a laissé un «testament». La réalisatrice a filmé les derniers mois de sa compagnie avant sa dissolution, engagée dans une ultime tournée dans cinquante villes du monde avant «the last show» à New York, le 31 décembre 2011.

Elle fait également le point sur le projet des «Dance Capsules», un bouquet numérique contenant la documentation complète du maître.




Le 31 décembre 2011, à Park Avenue Armory, à New York, deux ans après la mort de Merce Cunningham (1919-2009), un incroyable réveillon réunissait tous les danseurs de sa compagnie, les fans, les amis et les curieux, pour fêter la fin officielle de la troupe telle que l'avait désirée le chorégraphe.
Champagne jusqu'au bout de la nuit pendant que des spectacles de Cunningham étaient présentés sur trois plateaux ! Une effervescence à la mesure de cet esprit téméraire que la lucidité n'a jamais quitté, jusque dans l'élaboration de son testament.



Après une ultime tournée mondiale, les danseurs, lestés d'un budget de reconversion, sont repartis vers de nouvelles aventures tandis que le Cunningham Trust gère l'héritage du chorégraphe.


Au plus près de la compagnie, la réalisatrice Marie-Hélène Rebois réussit à croiser les thèmes de l'héritage et de la survie de l'oeuvre, tout en revenant sur la fulgurante pensée esthétique de Cunningham. Elle a inséré avec beaucoup de finesse des images d'archives excitantes.


Voir le plasticien Andy Warhol lancer du haut d'un balcon ses fameux coussins d'argent qui serviront de décor à la pièce Rainforest (1968), observer Merce Cunningham en train de danser dans une explosion de gestes nerveux, mais aussi l'entendre s'exprimer avec la simplicité profonde qui était la sienne à propos des relations entre la danse et la musique est un véritable régal. Un paquet-cadeau extra pour un artiste toujours diablement vivant. —






Merce Cunningham. La danse en héritage par Telerama_BA




Rosita Boisseau Télérama





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