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 FESTIVAL D' AVIGNON

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Bridget

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MessageSujet: FESTIVAL D' AVIGNON   Dim 5 Juil - 13:14

Créé par Jean Vilar en 1947, le Festival d’Avignon (www.festival-avignon.com) est un des plus anciens et des plus célèbres festival de théâtre au monde.

Ce Festival présente pendant trois semaines au mois de juillet, du 7 au 29, l’excellence de la création contemporaine européenne du spectacle vivant.
Il est un lieu de croisement et de confrontation d’artistes aux univers et esthétiques contrastés, d’origines et de générations différentes, à la fois un lieu d’avant garde et de référence, avec plus de 40 spectacles dans une vingtaine de lieux allant de petites chapelles de 50 places à la mythique Cour d’honneur du Palais des Papes de 2000 places en Avignon (www.avignon-tourisme.com).

Cette année, c’est Wajdi Mouawad, auteur metteur en scène libano-québécois qui donnera le ton de ce festival, sur le thème de la narration, du récit. La manifestation réunira des artistes de tous pays venus partager avec le public leurs interrogations sur l’état du monde.




Du 7 au 29 juillet, la manifestation proposera une trentaine de spectacles principaux.
La tonalité de ce rendez-vous sera méditerranéenne grâce à la personnalité de son artiste associé, le Libano-Québécois, Wajid Mouawad. Elle fera la part belle à des cinéastes.

En léger différé, (8 au 31 juillet), le Off sera riche d'un millier de productions, nombre équivalent à l'an passé en dépit de la crise économique.

Le "In" affiche également un relatif optimisme. "Dans les premiers chiffres, on est dans des réservations à peu près identiques à celles des années précédentes, qui étaient plutôt bonnes puisqu'on était à 94% de fréquentation", dit à l'AFP Hortense Archambault, codirectrice du festival. "Les gens ont besoin de sens, même s'ils prennent un peu moins de spectacles, ils sont désireux de voir des spectacles ; mais c'est aussi le résultat d'une politique culturelle", estime la responsable. Hortense Archambault et l'autre codirecteur, Vincent Baudriller, ont dialogué avec Wajdi Mouawad, 41 ans, pour préparer la 63e édition.

En écho au parcours de cet homme qui a fui le Liban en guerre, "l'expérience de la violence et de la folie humaine sera beaucoup questionnée durant ce festival", selon Vincent Baudriller. Le récit, l'histoire avec un grand ou un petit "h", seront au coeur de cette édition. Wajdi Mouawad présentera sa nouvelle création, "Ciels", dernier mouvement d'un "quatuor" ("Le Sang des promesses") dont les trois autres étapes ("Littoral", "Incendies", "Forêts") se dérouleront nuitamment dans la Cour d'honneur du Palais des papes.

Ce lieu mythique accueillera aussi "(A)pollonia", une tragédie antique et contemporaine du Polonais Krzysztof Warlikowski, puis "Casimir et Caroline" d'Ödon von Horvath, drame socio-amoureux sur fond de crise économique revisité par le Néerlandais Johan Simons.

A la Carrière de Boulbon, l'Israélien Amos Gitaï donnera "La Guerre des fils de la lumière contre les fils des ténèbres" avec Jeanne Moreau dans la distibution.

Défenseur d'un théâtre documentaire, le Suisse Stefan Kaegi sera de retour à Avignon avec "Radio Muezzin", dont la prière, venue du Caire, résonnera dans le plein air du Cloître des carmes.

En miroir avec la double identité de Wajdi Mouawad, le festival accueillera plusieurs artistes actifs à Beyrouth (Lina Saneh et Rabih Mroué, Joana Hadjithomas et Khalil Joreige) ou au Québec (Denis Marleau, Christian Lapointe, Dave St-Pierre, Renée Gagnon).

Un autre metteur en scène, Christophe Honoré montera, lui, "Angelo, Tyran de Padoue" de Victor Hugo. Les festivaliers pourront découvrir les derniers films du Palestinien Elia Suleiman et de la Libanaise Danielle Arbid.

Promenant non sans humour et poésie un regard irrévérencieux sur une humanité déclassée, le Suisse Christoph Marthaler offrira quant à lui "RiesenButzbach, eine Dauerkolonie" ("une colonie durable"): peut-être un avant-goût du Festival d'Avignon 2010, dont il sera "artiste associé" en compagnie de l'écrivain français Olivier Cadiot.


http://www.festival-avignon.com/index.php
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Bridget

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MessageSujet: Re: FESTIVAL D' AVIGNON   Ven 10 Juil - 1:12



Critique :
Une traversée de la nuit en compagnie de Wajdi Mou





AVIGNON ENVOYÉE SPÉCIALE

Dans la Cour d'honneur, il y a deux murs : celui du Palais des papes, et celui des 2 000 spectateurs (1 974 pour être précis). Dans la nuit du mercredi 8 au jeudi 9 juillet, ces deux murs se sont fait face pendant plus de onze heures. Rentré à 20 heures, le public a vu le jour se coucher, puis un nouveau jour se lever, ce qui n'était pas arrivé depuis l'intégrale du Soulier de satin, de Paul Claudel, dans la mise en scène d'Antoine Vitez, en 1987.

ENTRETIEN


Cette fois, il ne s'agissait pas d'une pièce, mais de trois, Littoral, Incendies et Forêts, écrites et mises en scène par le Libano-Québécois Wajdi Mouawad, artiste associé de la 63e édition du festival. Seul ce festival peut se permettre de telles traversées de la nuit, uniques pour ceux qui les vivent, mythiques dans le souvenir.

Presque personne n'a déserté la Cour d'honneur, où il y avait beaucoup de jeunes gens, attirés par un bouche-à-oreille qui fait de Wajdi Mouawad un des rares créateurs aptes à donner le goût du théâtre aux nouvelles générations, et à élargir le cercle du public à ceux qui d'ordinaire ne viendraient pas passer une nuit au Palais des papes, fût-elle très belle et peu venteuse, comme celle du 8 au 9 juillet.

A l'entrée, les corps étaient légers et les vêtements bariolés. Le lendemain matin, les gradins ressemblaient à un voile marron, de la couleur des couvertures dans lesquelles chacun s'était blotti. Longtemps, les applaudissements se sont fait entendre. Ils étaient émus, comme les visages aux entractes, comme le silence rare de l'écoute.

Wajdi Mouawad a le don de prendre le public par la main, et de l'embarquer dans des histoires au long cours conçues comme des romans pour la scène et portées par un désir de consolation qui nécessairement touche. Littoral, Incendies et Forêts forment les trois premières parties d'un quatuor qui s'appelle à juste titre Le Sang des promesses. Elles ont été créées en France ou au Québec en 1997, 2003 et 2006. Mais c'est la première fois qu'elles sont jouées en continu. La dernière partie du quatuor, Ciels, sera présentée, à partir du 18 juillet, à Châteaublanc. Wajdi Mouawad en réserve la primeur à Avignon.

On ne tente pas d'arrêter le cours d'un fleuve. On le regarde passer devant soi. Avec Le Sang des promesses, c'est la même chose. On ne résume pas le mouvement de la vie qui irrigue Littoral, Incendies et Forêts. Ce serait condenser ce qui ne peut l'être : des histoires d'hommes et de femmes de notre temps en quête de la terre où un fils pourrait trouver une tombe décente pour son père (Littoral), du pays lointain de la mère morte, pour ses enfants jumeaux (Incendies), des origines douloureuses d'une généalogie, pour une jeune fille (Forêts).

Pour Wajdi Mouawad, le temps et le monde n'ont pas de frontières. Il nous emmène du Québec au Liban en passant par les Ardennes, et de la guerre de 1914-1918 à la chute du mur de Berlin. À chaque fois, il s'agit de recomposer, comme on le fait d'un puzzle, une histoire familiale douloureuse et enfouie, et de se libérer ainsi d'un mal-être de vivre sans nom.

Pour Wajdi Mouawad, il n'y a pas de salut sans la vérité ni la parole. Né en 1968 au Liban, que sa famille a quitté pour fuir la guerre en 1978, il a vécu d'abord en France puis au Québec, à partir de 1983. Il a appris à se taire pour oublier, et continuer, quoi qu'il arrive. Tous ses personnages lui ressemblent. Ils cherchent leur place dans le monde, et savent inconsciemment qu'ils ne pourront la trouver tant que leur histoire familiale ne sera pas éclaircie.

Il y a beaucoup de mots dans le théâtre de Wajdi Mouawad, et tout autant de grands sentiments. Cela donne des naïvetés et du bavardage. Mais quelque chose de plus fort se dégage : une humanité touchante, quand elle n'est pas bouleversante. Rarement la Cour d'honneur du Palais des papes n'a été aussi habitée de corps jeunes et vieux, gros et maigres, laids et beaux, mais tellement vivants, normaux, présents.

Tous semblent dire aux spectateurs, dans un même élan de troupe : Non, ne lâchez pas, jamais, quoi qu'il arrive. Il y aura toujours une lumière au bout de la nuit. Le matin du 9 juillet était tendre et doux, à Avignon.

"Littoral", "Incendies", "Forêts", trois premières parties du quatuor "Le Sang des promesses". Textes et mises en scène : Wajdi Mouawad. Cour d'honneur du Palais des papes, Avignon. A 20 heures. Durée : 11 h 15. Tél. : 04-90-14-14-14. De 20 € à 50 €. Les 10, 11 et 12 juillet.


Brigitte Salino

http://www.lemonde.fr/culture/article/2009/07/09/une-traversee-de-la-nuit-en-compagnie-de-wajdi-mouawad_1217159_3246.html
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liliane
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MessageSujet: Re: FESTIVAL D' AVIGNON   Mar 27 Juil - 18:16

Au Festival d'Avignon, de vraies réussites, quelques déceptions et un succès public


AFP/ANNE-CHRISTINE POUJOULAT
L'Espagnole Angélica Liddell lors d'une représentation de sa pièce "La Casa de la fuerza" au Festival d'Avignon, le 9 juillet 2010.

Le 64e Festival d'Avignon, qui, pour sa partie "in", s'achève mardi 27 juillet avec les représentations de Richard II, de Shakespeare, d'Un mage en été, d'Olivier Cadiot, et de Délire à deux, d'Eugène Ionesco (le "off", lui, continue jusqu'au 31 juillet), a suscité débats et controverses. Comme toujours : cela fait partie de son histoire. Mais quand même un peu plus que de coutume, sans atteindre le niveau polémique de 2005.


Sur le plan du public, c'est un succès incontestable : Hortense Archambault et Vincent Baudriller, les deux directeurs, affichent un taux de fréquentation de 95 %, du jamais-vu dans l'histoire du Festival. La plupart des 122 000 places mises en vente se sont arrachées dès l'ouverture de la location, le mardi 15 juin.

Alors ? La contestation a deux raisons, qu'il faut bien distinguer, même si elles se sont fortement mêlées. D'abord, le deuxième mandat de quatre ans d'Hortense Archambault et Vincent Baudriller se termine en 2011. Le duo a fait savoir au ministère de la culture, tutelle principale, son désir de poursuivre sa mission à la tête du Festival, malgré des statuts qui, théoriquement, limitent la durée de celle-ci à deux mandats de quatre ans. Mais les statuts, cela se change, et le ministre, Frédéric Mitterrand, paraissait, au printemps, accorder toute sa confiance à l'équipe en place.

L'annonce du renouvellement du duo avignonnais, pourtant, n'est pas intervenue au début du Festival, comme on l'attendait. Le ministre est sorti fort mécontent de la première de Papperlapapp, le spectacle d'ouverture signé par l'un des deux artistes associés de cette édition, Christoph Marthaler, le 7 juillet. Une première chahutée, qui a commencé par la lecture d'un communiqué au vitriol du Syndeac (le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles), s'inquiétant des baisses de financement pour la culture, et s'est poursuivie par la prise à partie du ministre par deux éléments incontrôlés.

Le déroulement du spectacle lui-même, qui n'était pas prêt pour la première, et très en deçà de ce que peut offrir habituellement ce grand artiste qu'est Christoph Marthaler, n'a pas arrangé les choses. Une partie du public y a manifesté bruyamment son ennui et sa désapprobation, alourdissant encore une atmosphère déjà tendue. A l'issue de la soirée, Frédéric Mitterrand a ajourné sa décision et laissé le champ libre à d'autres candidats potentiels, qui ne se sont pas privés de critiquer une édition prétendument catastrophique.

Ils ont eu d'autant meilleur jeu de le faire que cette édition n'a pas tenu toutes ses promesses, accumulant, surtout en son début, nombre de déceptions, dont les deux premiers spectacles des deux artistes associés, Christoph Marthaler et Olivier Cadiot, et ceux de metteurs en scène européens importants, le Belge Guy Cassiers et l'Allemand Andreas Kriegenburg.

Pourtant, le bilan final est beaucoup plus nuancé. Il y a eu aussi, dès le début du Festival, de grandes réussites, notamment du côté de la danse, avec le très émouvant Gardenia d'Alain Platel et le sublime En Atendant d'Anne Teresa De Keersmaeker. Une découverte fracassante, avec l'Espagnole Angélica Liddell, et la confirmation d'un talent hors normes, avec Gisèle Vienne. Et, à partir du 20 juillet, une série discontinue de beaux spectacles : Richard II, que nous avons aimé (ainsi que de nombreux professionnels), même s'il a fortement divisé la critique et le public ; Schutz vor der Zukunft, chef-d'oeuvre marthalérien d'émotion et de profondeur ; Out of Context, d'Alain Platel encore ; Un mage en été, par le trio Olivier Cadiot - Ludovic Lagarde - Laurent Poitrenaux...

Il n'en demeure pas moins que cette édition a donné le sentiment d'un manque d'équilibre entre de vraies formes théâtrales, nourrissantes pour l'esprit, et des formes scéniques ou performatives séduisantes mais parfois un peu creuses. C'est la limite d'Hortense Archambault et Vincent Baudriller qui, cette année plus que d'autres - où la présence de metteurs en scène comme Thomas Ostermeier ou Krzysztof Warlikowski avait fait basculer le balancier de l'autre côté -, ont semblé réduire la modernité au travail sur le corps, à la performance, aux formes hybrides et non dramatiques.

C'est leur grosse faiblesse : avoir un peu oublié que le travail sur un répertoire toujours à questionner, à revisiter, fait aussi partie de la modernité théâtrale. Et négligé ce que la présence de véritables auteurs, utilisant les moyens du théâtre, peut avoir d'irremplaçable pour produire une parole forte sur le monde contemporain. Comme l'a prouvé une autre grande réussite de cet Avignon 2010 : My Secret Garden, signé par l'auteur allemand Falk Richter et le metteur en scène Stanislas Nordey.

Une édition moins réussie que d'autres ne doit pas pour autant faire oublier l'excellent bilan, artistique et public, du tandem avignonnais depuis 2004, lequel a d'ailleurs été souligné par un rapport d'inspection des services du ministère de la culture. Même si le choix de l'artiste associé pour 2011, le chorégraphe français Boris Charmatz, fait déjà grincer pas mal de dents.

Fabienne Darge
http://www.lemonde.fr/culture/article/2010/07/27/au-festival-d-avignon-de-vraies-reussites-quelques-deceptions-et-un-succes-public_1392607_3246.html#xtor=RSS-3208
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MessageSujet: Re: FESTIVAL D' AVIGNON   Lun 16 Aoû - 10:22

Festival d'Avignon: l'heure du choix


Avec un bilan positif en terme de fréquentation, les directeurs du festival entament la dernière année de leur mandat par un festival qu'assombrissent les deux échecs de la cour d'Honneur.


Commencé dans la cour d'Honneur du palais des Papes par un spectacle mineur de Christoph Marthaler (Papperlappap), le festival d'Avignon 2010 a achevé sa course avec le même Marthaler et sa puissante évocation des enfants et adultes handicapés qui firent l'objets d'expérimentation et d'extermination pas les nazis (Schutz vor der Zukunft).

Ainsi, mal inspiré par la Cour dont il nia la grandeur à travers des propos minuscules, l'artiste le plus attendu de la manifestation a retrouvé entre les murs du collège de Champfleury sa voix et la nécessité qui a fait de lui ce qu'il est : l'inventeur d'un langage composé de gestes dérisoires et d'ineffable musique, un langage-outil conçu pour fouiller le quotidien de la vie.

Les chiffres

Annonçant leur bilan, Vincent Baudriller et Hortense Archambault, les codirecteurs du festival d'Avignon In, se sont réjouis d'un remplissage à 95%, ce qui correspond à 116000 places "délivrées" sur une jauge de 122000 places, réparties sur 20 lieux et 50 spectacles. En 2009, 42 spectacles avaient réuni 125000 personnes sur 133000 places et dans 21 lieux.

A noter que la jauge varie d'années en années. Elle était, par exemple, de 140000 en 2006 et de 107 en 2007.

Quant aux places "délivrées", elles comprennent les places exonérées et les places vendues suivant un pourcentage non communiqué.

La mésaventure de Christoph Marthaler est symptomatique d'une programmation où la forme l'emporta souvent sur le fond, au point que l'on pu se demander si les artistes ont encore quelque chose à dire, à revendiquer, à dénoncer, à espérer, à vouloir... On se demande ainsi où est passée l'essentiel de la réflexion si riche, si profonde et si humaine de Shakespeare et de Richard II mis en scène par Jean-Baptiste Sastre. On s'interroge sur le fait qu'un écrivain aussi affûté qu'Olivier Cadiot prenne le risque de se laisser enfermer dans une forme, novatrice certes, mais qui ressemble fort à une impasse alors que sa légèreté, sa liberté et son talent pourrait être mises au service d'une pensée plus affirmée.

Pourtant, au terme de trois semaines de spectacles et faisant le compte du bon et du moins bon, la première colonne l'emporte largement. A côté de l'Allemand Falk Richter, qui agita le drapeau de la colère dans My secret garden, à côté de l'Espagnole Angelica Liddell, révélation d'Avignon 2010 avec La Casa de la fuerza, il y eut de beaux moments : la fantaisie d'Olivier Cadiot dans Un Nid pour quoi faire (mais oui, quel spectacle épatant!), la tendresse d'Alain Platel dans Gardenia, l'intelligence de L'Homme sans qualités de Musil vu par Guy Cassiers, l'excellence scénographique du Procès de Kafka, la trouble fascination de la forêt de Giselle Vienne, la fraîcheur des acrobates de Chouf Ouchouf , sans oublier les deux moments forts du festivals : côté danse, En Atendant (sic) de Anne Teresa De Keersmaeker et côté théâtre, comme nous l'avons dit plus haut, le fracassant Schutz vor der Zukunft de Marthaler.

En ce qui concerne les déceptions, elle sont peu nombreuses mais de taille puisqu'il s'agit des deux spectacles programmés dans la cour d'Honneur du palais des Papes : Papperlappap et La Tragédie de Richard II, mise en scène par Jean-Baptiste Sastre dont rien, dans les travaux précédents, ne permettait d'envisager la venue dans la cour d'Honneur qui est, justement, un honneur et une reconnaissance.

Quels sont les critères de choix qui ont abouti à offrir la cour d'Honneur à un jeune metteur en scène ayant tout à prouver et à un vieux sanglier des forêts viennoises habitué à travailler à couvert ? Et encore, pourquoi Christophe Huysmans est-il si régulièrement invité alors qu'il n'a jamais vraiment convaincu ? Au nom de l'amitié augmentée d'une forte de dose d'optimisme et d'un zeste d'angélisme ?

L'autre constatation est le curieux mélange de productions dont certaines seraient plus indiquées dans le Off comme le charmant Chouf Ouchouf de Zimmerman et de Perrot, l'évocation peu emballante du concours de l'Eurovision 1973 par Massimo Furlan, qui se crut obligé de donner des gages d'intellectualisme, où le tube du Off qu'est le Délire à deux de Ionesco.

Toutes ces questions finissent par faire naître un malaise, voire un doute sur la philosophie qui préside à l'élaboration du festival. Un festival dont sont écartés les grands metteurs en scène français dont bientôt, les festivaliers ne connaîtrons ni l'art, ni le nom. A titre d'exemple, Le Menteur de Goldoni mis en scène par Laurent Pelly sur l'eau noire d'une Venise revue façon années 1950 et ce, avec le grand comédien populaire qu'est Simon Abkarian, aurait rassemblé le public dans un immense plaisir partagé. Mais non. Lui et bien d'autres n'ont aucune chance actuellement d'être conviés dans la cité des papes.

A un an de la fin de leur deuxième mandat de quatre ans, les codirecteurs de la manifestation ont annoncé leur désir de postuler à leur propre succession. Il faudrait pour cela que les statuts de l'association qui préside à l'existence du festival soient modifiés.

Si Marie-José Roig, maire d'Avignon, est peu soucieuse de changer une équipe dont la gestion est impeccable, le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, n'a pas encore pris de décision. La rumeur dit que Laure Adler, Olivier Py, Didier Fusiller ou Jean-Michel Ribes sont sur les rangs. Mais ce qui importe aujourd'hui, avant de lancer des noms, c'est de savoir ce que l'on veut faire du festival d'Avignon : poursuivre l'opération de chirurgie esthétique jusqu'à la création d'une nouvelle identité, définitivement jeune et branchée. Où prendre soin de ne pas trancher les racines d'un festival attaché à des valeurs singulières et déjà menacées ? La réponse se trouve peut-être chez Alain Crombecque, ancien directeur disparu en octobre dernier dont l'esprit a été justement célébré, sous l'égide de France-Culture, lors d'une très belle rencontre.

LE 14 AOÛT 2010
PAR LAURENCE LIBAN
http://blogs.lexpress.fr/theatre/2010/08/festival-davignon-lheure-du-ch.php
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