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 LEGENDES DE PROVENCE

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Nine
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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Mer 29 Juil - 0:14

L'OLIVE FRUIT DU SOLEIL



“Un aïeul pour le planter, un père pour le tailler et toute une descendance pour récolter…”.

La légende dit que l’olivier est immortel.
Il est vrai que des pousses reconstituent l’arbre quand le tronc est détruit, lui donnant une longévité exceptionnelle:

jusqu’à 5000 ans !

Ce sont les Phéniciens et les Grecs qui en firent la culture, puis les Romains l’implantèrent au fur et à mesure de leurs conquêtes.

Partageant avec le chêne vert le titre d’arbre méditerranéen, l’olivier aime les altitudes moyennes, une grande luminosité et des températures oscillant entre 16 et 20 degrés C. Il supporte difficilement les trop fortes chaleurs, les froids intenses et craint l’humidité.

Jusqu’à l’âge de sept ans, l’arbre ne produit pas de fleurs, et c’est seulement entre 35 et 55 ans qu’il arrive à pleine maturité.

Il existe environ 140 variétés d’oliviers dont une quinzaine est plus particulièrement vouée à la production d’olives de table.

Les fleurs apparaissent entre mars et mai selon les régions :

C’est le vent qui transporte les pollens et seule une fleur sur vingt sera fécondée et donnera naissance au “fruit du soleil”.

La Tapenade

Citation d'un Connaisseur :

"On ajoute de l'huile d'olive vierge à goût prononcé (si on en a pas, ajouter des olives noires et de l'huile sans goût, c'est-à-dire commerciale; j'espère avoir mis dans cette phrase assez de mépris pour qu'on s'en tienne à l'huile vierge)"
Jean GIONO

Huile de Provence AOC visite d'un moulin:
http://www.moulin-cornille.com/v2/index.html


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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Mer 29 Juil - 0:56

UN GOUT DE PROVENCE




Miette, notre cuisinière provençale, nous explique comment préparer LA TAPENADE, un mets très apprécié en Provence, elle nous fait voir les différentes manières de l'utiliser en cuisine et nous prépare la recette la plus gourmande, à base de poivrons et de la fameuse tapenade :
la tarte tatin aux poivrons.
Tous nos films sont visibles sur http://provencetv.fr

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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Dim 9 Aoû - 0:19

JE VEUX DU SOLEIL



Artiste: Au P'tit Bonheur
Chanson: J'veux Du Soleil

Je suis resté qu'un enfant
Qu'aurait grandi trop vite
Dans un monde en super plastique
Moi j'veux retrouver... Maman !
Qu'elle me raconte des histoires
De Jane et de Tarzan
De princesses et de cerfs-volants
J'veux du soleil dans ma mémoire.

{Refrain:}
J'veux du soleil

2 - J'veux traverser des océans
Et devenir Monte-Christo
Au clair de lune
M'échapper de la citadelle
J'veux devenir roi des marécages
Me sortir de ma cage
Un Père Noël pour Cendrillon
Sans escarpin...

3 - J'veux faire danser Maman
Au son clair des grillons
J'veux retrouver mon sourire d'enfant
Perdu dans le tourbillon
Dans le tourbillon de la vie
Qui fait que l'on oublie
Que l'on est resté des mômes
Bien au fond de nos abris.

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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Dim 9 Aoû - 23:11

JEAN GIONO UNE PLUME DE PROVENCE

« La Provence que je décris est une Provence inventée et c’est mon droit... C’est un Sud inventé comme a été inventé le Sud de Faulkner. J’ai inventé un pays, je l’ai peuplé de personnages inventés et j’ai donné à ces personnages inventés des drames inventés ; le pays lui-même est inventé. Tout est inventé. Rien n’est fonction du pays que j’ai sous les yeux » J.GIONO




POEME DE L'OLIVE

Ce temps des olives. Je ne connais rien de plus épique.

*
De la branche d'acier gris jusqu'à la jarre d'argile, l'olive coule entre cent mains, dévale avec des bonds de torrents, en tasse sa lourde eau noire dans les greniers, et le vieilles poutres gémissent sous son poids dans la nuit. Sur les bords de ce grand fleuve de fruits qui ruissellent dans les villages, tout notre monde assemblé chante.

*
Il y a d'abord les blondes chansons des jours clairs et le basson des vieilles femmes, et celle qui détonne, et tous ceux des vergers crient : « Oh là, oh, là, quel mal d'oreilles », crient à en faire sonner la colline et les derniers, là-haut, vers les bois sauvages, lèvent les bras pour montrer qu'ils ont entendus. Il y a la limpide clarinette des jeunes filles et les garçons à peine mûrs qui chantent comme des scies, mais, tout ça, tant bien marié que c'en est comme du petit lait et des sorbes.

De ce temps, Virgile est là dans les olivettes avec sa palme, se promenant à petits pas, un mot doux pour chaque chose, l'âne gris qui se frottes les poils dans les chardons, la mule un peu folle qui fait les quatre cents coups pour le cheval de Marius, et le cheval ne la regarde même pas; la verdelette petite herbe qui sera le blé; le poil en brosse des haies mortes avec une fleur rouge au cœur, une fleur dont on ne sait pas le nom parce qu'il y a tant d'épines et qu'on ne peut pas la prendre. Il y a Virgile et ce bel habit de fil de lin, une chose tant propre qu'on voudrait avoir le cœur fait de ça : un coup de savon, un plongeon au ruisseau, et net et beau, plus de soucis. Si l'air est âpre c'est tant pis. Ça c'est le temps de la cueillette, le temps où l'on trait l'arbre comme on ferait pour traire une chèvre, la mais à poignées sur la branche, le pouce en l'air, et puis, cette pression descendante. Mais, au lieu de lait, c'est l'olive qui coule.

*
Après, il y a la chanson rouge et noire qui gémira dans le bourg tout au long des nuits, sans arrêt, sourde, comme souterraine. De grands coups tapés au fond de la terre comme un volcan qui tressauterait, cognant de son poing de feu contre la paroi de roche. Une longue plainte avec une tête de fer pointue ondule et vrille l'oreille, entre, et tout son serpent gémissant vient se lover dans la courgette du crâne, sous le bonnet de coton. Alors, comme on écoute, là-bas, dans le fin fond des caveaux, dans toute cette éponge de caves et de cuves sur laquelle le bourg est bâti, sonne la grave mélopée d'un chant qui vient de l'enfer. Ça, pour la pleine nuit, mais, à l'heure de chien et chat, on a dit aux petites couturières : « Ne passez plus par la ruelle de la Vieille-Boucherie » - ou bien : « N'allez pas à la rue Sans-Nom. » - Ah, va, sitôt qu'on a dégrafé le ciseau et qu'on s'est epeluché des fils blancs, sitôt sur la place, les voilà agglutinées bras à bras, à se chuchoter et à rire, et à pouffer, et à se pousser, et se chatouiller, et se dire : « On est grandes quand même. » Tant que d'une à l'autre, l'élan venant comme d'une eau balancée, les voilà dans l'ombre à tâter les murs; les voilà sur la pointe des pieds.

La rue sent la vieille bête sauvage. C'est comme une bauge chaude où dort le crique-croque qui écrase les petites filles en s'y roulant dessus à la façon des vieux sangliers. Le cœur leur remonte à la gorge et, tout d'un coup... Ah, tout d'un coup, une porte claque, un jet de vapeur, un ruissellement de lumière. Là-bas, au fond, des hommes nus tout luisants, de grandes vis luisantes aussi qui descendent du plafond et s'enfoncent dans la terre, des hommes nus cramponnés à des barres comme des désespérés et qui tirent avec tout l'arc de leurs reins.

Un grand chant grave, chaud et poisseux leur souffle son haleine de lion, et les voilà comme des hirondelles éparpillées, toutes en cris.

C'est le temps du pressoir, le temps où, autour du pressoir, la dure peine écrase l'homme sous ses chaînes. Dans l'ombre Dante frappe de son poing sec sur un grand chaudron de cuivre.

Jean Giono

La veritas es comme l'oli, vèn toujours au dessus.
(La vérité est comme l'huile, elle remonte toujours au-dessus).

Un lien pour le découvrir :
http://www.artmony.biz/ecrivains-et-poetes-f94/jean-giono-une-plume-de-provence-t2268.htm

Les provences de Jean Giono

Quelques clés pour pénétrer une œuvre foisonnante, lyrique et poétique, dont les pistes ont été brouillées à loisir par un magicien du verbe éperdu de sensations.

En cheminant dans le dédale des collines arides, des vallées fertiles, des champs d'oliviers, dans la confusion d'un siècle brutalisé par l'histoire, on découvre une Provence qui, loin de la réduction régionaliste, est partie intégrante du vaste univers méditerranéen, toujours rattachée par mille liens au monde antique, celui de Virgile et celui d'Homère.

Comme Janus, la Provence a deux visages : celui, âpre et nu des hauts plateaux balayés par le vent, terre de grande solitude qui invite aux élans spirituels ;
et celui des plaines aux moissons riches, aux vergers bien irrigués, où le cycle des saisons entraîne autour des villages de pierres rousses, des labeurs ancestraux, grandes fêtes et petits drames.

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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Dim 9 Aoû - 23:42

"L'Homme qui plantait des arbres"

Narrateur Philippe Noiret sur un conte phylosophique de Jean Giono.
Un court métrage magique de Frédéric Back.


1ère partie.
******************************************

2ème partie.
*******************************************

L'Homme qui plantait des arbres est une nouvelle de Jean Giono pour
« aimer à planter des arbres »
selon les termes de l'auteur.
Il y raconte la vie d'un homme en Provence, qui redonne vie à une terre aride en y semant des glands de chêne.
L'auteur a volontairement mis le texte dans le domaine public à sa création, et a été traduit dans de nombreuses langues.
Cela a inspiré plusieurs replantations de forêt, notamment, en Provence (France), et au Canada.

Jean Giono, écrivain et cinéaste, a grandi en Provence, et en décrit les différentes facettes dont la population, les paysages et la vie. Son rapport avec l'environnement, son passé, sa participation en tant qu'appellé durant la Première Guerre mondiale, ainsi que l'exode rural dont il a été témoin dans la Provence, l'on conduit à cette œuvre, et à d'autres œuvres humanistes et écologistes.
*********************************************************
à écouter :
http://www.frequencemistral.net/Jeandemanosque.html

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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Ven 14 Aoû - 10:01

LES ARENES D'ARLES



L'Amphitéatre d'Arles, ou Arènes d'Arles, a été construit aux environs de 80/90 après Jésus Christ.
Des combats de gladiateurs ainsi que des spectacles s'y tenaient.
La ville subissant à la fin du VIème siècle de nombreuses attaques, les habitants se réfugièrent dans son enceinte, dotant l'édifice de quatre tours, plus de 200 habitations et deux chapelles y prennent place.

Cette fonction résidentielle se perpétue dans le temps avant que l'expropriation commencée dès la fin du XVIIIe siècle n'aboutisse définitivement en 1825 sous l’impulsion du maire de l’époque, le baron de Chartrouse.

Aujourd’hui les arènes abritent de nombreux spectacles, en particulier des corridas, auxquelles il faut ajouter théâtre et spectacles musicaux.

L'amphithéâtre fut classé monument historique dès 1840 sur l’initiative de l'écrivain Prosper Mérimée et en 1981, inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO.
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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Ven 21 Aoû - 0:21


Histoires et légendes de la reine Jeanne en Haute-Provence.


La reine Jeanne est la Lady Diana des Provençaux, leur reine de cœur.

À l’instar des fées bâtisseuses, d’innombrables édifices lui sont attribués.
Dans le seul département des Alpes-de-Haute-Provence deux ponts portent son nom. Le premier passe inaperçu, abandonné en bordure de la N. 202 à la frontière des Alpes-Maritimes.

la légende de la Reine Jeanne

Jeanne 1ére
Reine de Naples et Comtesse de Provence

Il y a moins de 150 ans (une goutte d'eau dans l'océan de l'Histoire), Nissa était la capitale d'un comté qui portait son nom. Celui-ci était né de vieilles querelles qui l'avaient opposé aux comtes de Provence à l'aube du millénaire précédent. Le détachement définitif eu lieu à l'issue d'une guerre civile déclenchée par les multiples maladresses de la Reine Jeanne, Reine de Naples et Comtesse de Provence.
Celle-ci épousa André de Hongrie qui fut assassiné. Accusée de ce meurtre par sa belle-famille Hongroise, Jeanne se réfugia en Provence.

On raconte qu'elle vint séjourner dans le village de Rocasparvièra où elle avait un château. Ce village, situé entre la vallée du Paillon, au-dessus de Coaraze, et la vallée de la Vésubie, au-dessus de Duranus, était une étape obligatoire pour les commerçants qui passaient ainsi d'une vallée à l'autre.
Il comptait plus de 300 habitants à son apogée ainsi que de nombreuses institutions administratives et religieuses.

Selon la légende, l'arrivée de la Reine Jeanne fut une difficile épreuve pour les villageois. La Reine était accompagnée de ses deux enfants, de leur nourrice, d'un prêtre et de ses gardes. La terre ne donnait pas beaucoup de ressources sur cette crête aride et les troupeaux ne bénéficiaient que de pauvres pâturages.
Ainsi le ravitaillement de la Reine et de son escorte pesait lourdement sur les habitants. Mais bientôt des espions au service de la cour de Hongrie retrouvèrent la piste de Jeanne et arrivèrent à Rocasparvièra sous l'apparence de commerçants.
Ils sympathisèrent discrètement avec les habitants et les ravitaillèrent en vivres, les soulageant ainsi des ponctions de la Reine.

Les espions, connaissant les faiblesses du prêtre pour le bon vin, commencèrent leur discret travail de vengeance. Les semaines passèrent et le prêtre prit pour habitude de se rendre chaque après-midi dans une étable non loin du village pour déguster sans modération sa boisson favorite en compagnie de ses généreux "amis".
Il s'en retournait ensuite titubant vers le château. Sous prétexte de malaise pour cacher son état d'ébriété, le prêtre ne participait plus au repas du soir et fut bientôt incapable de célébrer la messe.

À l'approche du soir de Noël, la Reine se résolut donc à assister à la messe de Minuit en l'église de Coaraze. Le prêtre, profitant de l'absence de la Reine, attendit que la nourrice ait couché les enfants et se soit endormie pour laisser entrer ses "amis" en vue d'une soirée bien arrosée...
À son retour, la Reine trouva ses enfants servis sur un plateau posé sur une table, un poignard planté dans chacun d'eux, et le prêtre affalé dans un fauteuil, plongé dans un profond sommeil.

Au petit matin, la Reine reprit le chemin de la fuite lançant une malédiction sur le village :
"Rocca, rouquina, Un jou vendra Que aqui non cantèra Plus ni gal ni galina".

Cette malédiction ne devait plus quitter le village, qui fut fortement endommagé en 1564 puis en 1612 et en 1618 par une série de séïsmes.
Par la suite la population déserta le village au profit de Duranus et l'Engarvin.

Pauvre Reine Jeanne, la légende lui a prêté le bonheur d'avoir eu les enfants dont l'histoire l'a privée.
Cette absence d'héritiers directs est à l'origine de la guerre civile qui se solda par la dédition du futur Comté de Nice en faveur des Comtes de Savoie.

Ma aqui si fermà la Légenda per laissà plaça à l'Istòria ...


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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Lun 7 Sep - 0:01

L'ACCENT

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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Lun 7 Sep - 0:15


C'est en septembre



"Les oliviers baissent les bras
Les raisins rougissent du nez
Et le sable est devenu froid
Au blanc soleil
Maitres baigneurs et saisonniers
Retournent à leurs vrais métiers
Et les santons seront sculptés
Avant Noël

C'est en septembre
Quand les voiliers sont dévoilés
Et que la plage tremble sous l'ombre
D'un automne débronzé
C'est en septembre
Que l'on peut vivre pour de vrai

En été mon pays à moi
En été c'est n'importe quoi
Les caravanes le camping-gaz
Au grand soleil
La grande foire aux illusions
Les slips trop courts, les shorts trop longs
Les hollandaises et leurs melons
De Cavaillon

C'est en septembre
Quand l'été remet ses souliers
Et que la plage est comme un ventre
Que personne n'a touché
C'est en septembre
Que mon pays peut respirer

Pays de mes jeunes années
Là où mon père est enterré
Mon école était chauffée
Au grand soleil
Au mois de mai, moi je m'en vais
Et je te laisse aux étrangers
Pour aller faire l'étranger moi-même
Sous d'autres ciels

Mais en septembre
Quand je reviens où je suis né
Et que ma plage me reconnaît
Ouvre des bras de fiancée
C'est en septembre
Que je me fais la bonne année

C'est en septembre
Que je m'endors sous l'olivier."

Gilbert Becaud/ M.Vidalin


Dernière édition par Nine le Sam 3 Oct - 12:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Sam 3 Oct - 12:27

LE PISTOU



Pistou est le nom de Provençal pour une sauce à basilic ail olive huile,
et on le répand tellement largement,
dans la région de l'au-delà que vous trouverez beaucoup de restaurants de Pistou, et le pistou figure sur les menus dans beaucoup de restaurants.

Le basilic a un fond mystique et sacré.
En Europe médiévale le basilic a été considéré l'herbe d'un sorcier et a été étroitement associé au belladone (belladone) et au digitale (digitale, digitale).
En Inde antique, le basilic a été considéré une usine sacrée consacrée à Krishna, et dans les pays orthodoxes, le basilic a été employé pendant qu'une usine rituelle et ne pourrait pas être employé pour la cuisine.
Le basilic est originaire des Indes Orientales et de la Chine.
Cette plante herbacée annuelle est très répandue dans toutes les zones tempérées. Il en existe de nombreuses espèces différant par leur taille, la forme de leurs feuilles et la teinte de leurs fleurs.
Le basilic commun qui exhale une odeur suave et aromatique est, depuis le 12ème siècle, très cultivé dans les jardins de la région méditerranéenne.
Mesurant environ 30 cm il se développe en petit buisson,
mais pousse également en pot.

Sa racine brune est dure, fibreuse.
Ses tiges droites, rameuses, charnues, opposées, pétiolées, ovales, lancéolées, d'un beau vert foncé.
Ses fleurs blanches ou un peu purpurines sont disposées en épis simples verticillés, terminaux.
Ses fruits sont des tétrakènes ovales, brunâtre, logés au fond du calice.
Parties utilisées : les feuilles cueillies avant la floraison et mises très rapidement à sécher au soleil.

L’été et la soupe au pistou en Provence



Terre de soleil, de saveurs et de senteurs,
c´est sans nul doute dans sa cuisine que l´on goûte le mieux tout le charme de la Provence.

Non pas à travers des recettes sophistiquées aux ingrédients élaborés, mais par l´utilisation de produits simples et variés issus du terroir, préparés pour que
chaque goût, chaque couleur, chaque parfum soient exaltés.

Point de légende dorée à l´origine de la soupe au pistou, seulement l´ingéniosité des femmes provençales à utiliser au mieux les produits que la saison, mais surtout la terre leur offraient.

La cuisine provençale est une cuisine de gens simples dans laquelle prédominait les légumes, les légumineuses telles que pois chiches et haricots ainsi que des céréales comme l´épeautre ; la viande, à l´exception du gibier, ne jouait pas un rôle prépondérant dans l´alimentation.

Mais ce qui la caractérise surtout,
c´est l´usage des herbes et des condiments qui permet de rehausser des produits de base « pauvres », ainsi que l´huile d´olive.

Pour les Provençaux
se réunir autour d´une table ce n´est pas seulement bien s´alimenter,
c´est « un art de vivre ».
La soupe au pistou est un concentré de cet art de vivre provençal,
mais c´est aussi une affaire de famille.
D´abord parce qu´il y a quasiment autant de recettes que de clans, avec quelques secrets jalousement gardés, cela va de soi !
Ensuite parce que la belle saison ne saurait l´être sans que petits et grands se réunissent sous la tonnelle pour sa dégustation.

Combien de fois n´a-t-on entendu :

« Demain soir je fais le pistou si ça vous dit... ».

Et là en général pas besoin de carton d´invitation, pas de vagues excuses pour échapper au repas familial, tous ceux à qui l´invite est tombée dans l´oreille sont là. On surprend même les enfants demander à leurs parents :

« Alors ce pistou, on se le fait quand ? ».

Vous l´avez compris, la soupe au pistou c´est l´in-con-tour-na-ble de l´été.

LA RECETTE AUTHENTIQUE

Ingrédients :
200g d’haricots plats
300g d’haricots verts
300g d’haricots rouges (coco)
200g d’haricots blancs (coco)
4 petites pommes de terre
4 belles tomates
1 belle tête d’ail
1 petite tranche de courge
1 bouquet de basilic
150g de coquillettes
Du gruyère râpé ou du parmesan râpé
Sel, poivre,1/2 verre d’huile d’olive


Première étape :

Prendre un grand panier et se promener sur le marché.
Ouvrir bien grand les yeux, humer les étals et choisir avec les mains un peu de tous les légumes qui s´offrent à vous, des haricots verts, des haricots plats, des cocos rouges, des blancs, des pommes de terre, des tomates...
A ne pas oublier, une belle tête d´ail, un beau pied de basilic évidemment
– au fait savez-vous que pistou est le nom provençal du basilic
- et une huile d´olive aux reflets ensoleillés.

Deuxième étape :

A plusieurs si possible, mais cette étape-là peut encore se réaliser seul,
commencer à éplucher, écosser, couper menu les légumes du marché en étant attentif à l´harmonie et à l´équilibre des couleurs, mettre le tout dans une grande marmite, recouvrir largement d´eau,(environ deux litres) assaisonner et laisser cuire.(pendant 1 h 30) En cours de cuisson on peut mettre une poignée ou deux de pâtes, souvent des « coquillettes »

Troisième étape :

Quand un délicieux parfum se répand dans toute la maison, il est temps alors de préparer le pistou.
Pour cela, on sort le pilon et le mortier dans lequel on va broyer l´ail et le basilic avec le sel ou bien direction dans un mixer on y ajoute les tomates qui seront pelées et épépinées
et on verse doucement l´huile d´olives tout en continuant à manier le pilon, jusqu´à ce que la pommade soit suffisamment épaisse .

On ajoute plus de la moitié de cette mixture dans la cocotte,et cuire doucement
pendant 15 minutes,tout est terminé.



pommade de pistou

Quatrième étape :

Dresser la table sous la treille à l´heure où les couleurs changent.
Remplir les assiettes de soupe - qu´elle soit chaude, tiède ou froide c´est le même régal.
Puis chacun, selon son goût ou son humeur, rajoutera du pistou, du parmesan ou du gruyère râpé.
Sans oublier de verser dans les verres un rosé bien frais.
Tavel ou Mas de la Dame ou Bandol.

Cinquième étape :

Enfin se laisser aller, déguster, goûter, discuter, se resservir,
rire, raconter des histoires, se resservir encore...
L´important étant de respirer l´instant, de le laisser couler, de s´en délecter.
************

(La pommade de pistou avec ou sans tomates peut aussi se déguster
avec des pâtes... les fameuses et delicieuses PATES AU PISTOU
choisir des gros spaguettis de préférence.)



Bon appétit !
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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Jeu 19 Nov - 13:37

VERS DE CAMARGUE



L'admirable magie de l'art y fait tenir la prière d'un peuple.
Ne croyez pas que le poète qui aime tant à se perdre dans son peuple
trace le portrait d'une imagerie pour les touristes.
Sinon,
lisez l'appel du « Gardien » philosophe à quelque « Gardienne »

Viens dans ma maison, vierge provençale
qui as rêvé l'amour et ne le connais pas.
De mon seuil toujours ouvert comme un nid tu verras
passer les oiseaux des pays lointains, à grands coups d'ailes.

Viens, la maison est blanche comme un lys de mer ;
tout t'appartiendra : voici les clefs de la panetière,
la table de noyer, le pétrin, les chaises,
la grande armoire a le parfum du romarin.

Si la maison est petite, je suis roi d'un grand royaume :
(fais-moi un baiser d'amour, donne-moi ton anneau)
je veux te conquérir des royaumes si beaux
qu'on ne parle plus des rois d'Arles ou de Dom Jaime.

Je suis roi. J'ai des juments là-bas vers le golfe,
maître d'un troupeau de taureaux avec ses bœufs conducteurs,
et j'ai des brebis, les pâtres nourrisseurs
me gardent mille agneaux au milieu de la Crau.

Les vagues de la mer, qui baignent mes rivages
chantent comme une voix de l'aube au crépuscule ;
le grand soleil de mon pays fait éclore
en l'air, de bleus étangs et des sources de mirage.

Viens, je te donnerai mon plus beau cheval,
il est blanc comme la neige, doux comme un enfant,
tu le pousseras, tu verras au choc de ses sabots
l'eau des marais rejaillir comme une flamme.

La nuit, en écoutant l'écho des clarines,
la voix des gardeurs et le cri de mes taureaux,
nous irons au clair de lune vers la maison
et je t'apprendrai le nom des bêtes et des étoiles.

Hors des lois et des villes, Dieu m'a fait roi ;
si je suis agenouillé aux pieds d'une fillette,
c'est que sa volonté pour te plaire me donne
la beauté des jeunes gens et la sagesse des vieillards.

JOSEPH D'ARBAUD
Poète de Camargue


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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Jeu 19 Nov - 18:15

QUE LA CAMARGUE EST BELLE !

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MessageSujet: Ma Provence   Mar 2 Fév - 8:12

Ma Provence



Longtemps
j'ai marché sur les plages de sable fin
à la recherche de mon "Astre"
à écouter le chant des Etoiles...

Au creux de mes mains dormait , encore, le
Silence opaque, presqu'ineffable.

Puis, l' aurore a couché son pinceau sur le rivage
esquissé le ciel d'azur,
fait danser les flots,
accroché du vert
aux aiguilles luisantes des pins parasols.

l'alizé s'est mis à chuchoter ,doucement
glissaient les voiliers.

C'était un jour de mai, dindouletto
revenait des terres chaudes de l'Afrique.
La Provence rayonnait de douceur.

Errante, je marchais
dans la garrigue, j'allais cueillir des bouquets
thyms, romarins, sauges et l'ail sauvage

j'aimais flâner
sur les chemins arides, parsemés de roches
et croiser çà et là
le lézard ocellé et le lézard vert.
j'ai même vu se faufiler la couleuvre
de Montpellier.

L'Estérel trônait , le pic de l'ours
dentelait le ciel d'un bleu saphir,
sur ses flancs
s'accrochaient en longues rangées
les vignes caressées de soleil.

Parfois au crépuscule, je retrouvais la
compagnie des chauves souris
nichées dans les vieux oliviers creux.
J'étais captivée par la magnificence
d'un coucher de soleil
embrasant les roches rouges de porphyre,
dans la baie d'Agay.

Mai nuançait les couleurs de son ciel
avant que ne vienne le bel été.
Les cigales endormies, attendaient
juin et la chaleur pour renaître.

ainsi,

Défilaient les secondes sur la
bobine du temps, comme un film qui passe ou
repasse les images fixées sur la pellicule
des saisons...

De Marie-Jo
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Nine
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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Mar 25 Mai - 0:00

Lacroix voleur de lumières



Enquête

La corrida est un théâtre :
l’arène, les toreros cuirassés de soie, d’or et d’argent.
La vie, la mort, des costumes éclatants…
Le plus sudiste des grands couturiers remonte à la source de son inspiration
jusqu’à sa couleur fétiche, le rouge sang.

Arles, printemps 2010.
Journée particulière, rencontre précieuse amorcée en tête à tête dans la salle
vide du restaurant Lou Marques et poursuivie longtemps
sur une terrasse ensoleillée.
Christian Lacroix est sur ses terres, dans ses souvenirs,
dans ses émotions et la conversation, pudique, généreuse,
restitue l’itinéraire de l’enfant qu’il est encore un peu.
L’habit du torero, c’est un totem, un des premiers costumes,
un des premiers dessins. Symbole familier.
Toujours bien en vie.

Quand on grandit près des arènes d’Arles,
pas besoin de Zorro ou Batman pour s’envoler.
L’habit de lumière, l’inimitable traje de luces des Espagnols
(luces peut se traduire par paillettes),
est à la fois vêtement liturgique et seconde peau des hommes
qui s’obstinent à combattre et tuer des taureaux.
Les éditions du Rouergue (depuis peu dans le giron d’Actes Sud)
viennent de publier un petit livre inspiré sur le fameux uniforme et l’an dernier,
les éditions Atelier Baie avaient concocté, sur le même thème,
le beau catalogue d’une exposition du musée taurin de Nîmes.
Prétexte idéal pour croiser le plus sudiste des grands couturiers.

Dandys fêtards

On le sait, l’habit ne fait pas le moine
Celui-là, si. Etre torero, c’est d’abord se glisser dans cette tenue étrange,
outrancière, raffinée.
Ils l’ont dit et redit, sur tous les tons et on doit les croire,
eux, les officiants, les tueurs de fauves, les centurions ou artistes des arènes.
Sans l’habit, pas de prêtre.
Et sans prêtre, au diable la liturgie.
Christian Lacroix le couturier n’a jamais rêvé d’être torero
mais l’enfant d’Arles a dessiné très tôt ces héros scintillants,
ces rescapés de combats surgis de l’antique.
Et cet habit d’or et de satin est resté point de repère,
source d’inspiration et de reconnaissance.

Lacroix l’homme du Sud exilé à Paris a retrouvé d’instinct
les arabesques cousues d’or,
les broderies empruntées aux Vierges andalouses,
les motifs en brassées de fleurs ou la passementerie orientaliste
des habits vus et revus dans les arènes d’Arles.
Il en a restitué à sa main l’élégance aristocratique,
la splendeur baroque et cela n’avait rien à voir avec le hasard
ou les logiques de la mode du temps.

Cet habit-là, la mode, il s’en moque, depuis toujours.
Et pour cause. Ballerines en cuir souple et noir, bas rose bonbon,
pantalon court et serré à s’étouffer, gilet haut et ouvert genre bolero,
le tout dévoré d’or et d’argent :
la panoplie n’a pratiquement pas évolué depuis sa création au XVIIIe siècle,
l’époque où, jusqu’alors réservée aux cavaliers,
la tauromachie se résigna enfin à poser pied à terre.
Dans cette période où le «modèle français»
imposait sa loi dans le vêtement espagnol, les majos de Madrid,
sortes de dandys excentriques et fêtards,
arborèrent avec ostentation les tenues de la résistance.
Pantalons serrés jusqu’aux genoux, ceintures d’étoffes précieuses,
gilets courts surchargés de broderies,
chevelure ramassée sur la nuque dans un filet...
Les majos, habitants du quartier madrilène de Maravillas (devenu Malasañas),
fournirent aussi le gros des combattants de rue contre les soldats
de Napoléon et Goya les peignit dans de nombreux tableaux,
dont le célèbre Dos de Mayo, évocation de la révolte du peuple de Madrid
contre l’occupant français le 2 mai 1808.

Dès 1830, sous l’influence du torero Francisco Montes, dit Paquiro
- l’homme qui codifia les règles strictes
du combat tauromachique toujours en vigueur -,
l’habit de lumière reprend les codes de la tenue arborée par les majos,
les élégants rebelles de Madrid.
Il y ajoute la montera, bicorne de laine bouclée serrée façon astrakan,
couvre-chef bizarre et disproportionné que les maestros se doivent
d’enfoncer au ras des sourcils,
devenu lui aussi l’un des emblèmes identitaires de la profession.
Les majos chers à Goya et partisans anti-Français ont bien inspiré
le costume de scène des matadors et on peut donc oser une hypothèse étonnante.
Le taureau pourrait bien être, à l’origine,
la représentation symbolique de l’envahisseur venu du nord des Pyrénées…

Un autre combat cruel, encore pratiqué lors de la fête du Sang (Yawar)
dans certains villages des Andes péruviennes,
oppose un condor et un taureau,
allégorie sans détour de la lutte à mort entre l’Inca et le conquistador espagnol.
Avec ces histoires de taureaux, c’est toujours la même chose :
le rituel masque à chaque fois des secrets troublants, des mystères qui dérangent.

Gitanes et Arlésiennes



Christian Lacroix, lui, se revoit tout gamin près des arènes,
à l’âge où on ne lui permettait pas encore d’assister au spectacle.
Enfin, pas celui du public massé dans les gradins.
«Je traînais autour du monument avec ma grand-mère
et on venait voir les dépouilles des taureaux hissées avec des chaînes.
On les émasculait, il y avait du sang partout et tous les gamins
qui rôdaient là ne riaient pas du tout.
Moi, ce sang me fascinait et après, avec les autres,
on jouait aux toreros mais aussi aux Romains.»

Dans Qui est là ?
son album intime publié au Mercure de France, il va plus loin :
«J’étais pris dans un rituel trop viscéral pour qu’il me fît peur.
Passage initiatique :
on me jugeait prêt à assister au combat, aux paillettes,
à la muleta au feutre rouge inégalable, à la cape shocking et or,
aux fesses serrées dans tous les satins de la terre, sauf le jaune porte-malheur.»

Dans ces années-là, dans l’autre siècle, Il revoit Arles en noir et blanc.
Avec les «humains en majesté», comme il les appelle, les toreros,
les gitanes croisées jusqu’aux Saintes-Maries-de-la-Mer
ou les Arlésiennes en costume traditionnel,
c’est l’irruption de la couleur, dont ce rouge devenu fétiche.
Couleurs de vie ou de mort. Couleurs de la beauté.
«Elégance, ma notion intime :
la cousine élégante en Arlésienne, la gitane avec son élégance primitive,
le hiératisme du torero.»
Et quand il dit cela, il a les yeux qui brillent.
On est tous deux sur cette terrasse d’Arles,
il fait presque chaud et son petit monde émerge en douceur.

Cohorte de reines



Ce n’était pas un spectacle mièvre, c’est le moins qu’on puisse dire,
et quand les hommes vêtus d’or étaient portés en triomphe,
la foule un peu hystérique essayait de frôler de la main les broderies souillées.
Ces toreros crevaient l’écran, voilà tout.

Christian Lacroix se souvient des premières corridas vécues aux côtés
de l’homme «intimidant, silencieux», son père,
et c’est peut-être l’une des seules choses qu’ils ont tous deux vraiment partagées.
Il y a des images qui marquent.
Luis Miguel Dominguin est en blanc sur la piste,
son éternel rival Antonio Ordoñez le défie, lui, dans un habit noir.
On doit être en 1956. Peut-être 1957.
Qui avait vaincu ce jour-là ? Peu importe.

«Je me revois à l’hôtel Nord Pinus, avec sa célèbre patronne Germaine,
et Dominguin débarque, son habit blanc tâché de sang,
avec à ses côtés son épouse magnifique, Lucia Bosé.»
Saga hollywoodienne. Les toreros et les stars.
Lucia Bosé, l’ancienne Miss Italie, a triomphé dans la Dame sans camélia,
d’Antonioni, ou la Mort d’un cycliste, de Bardem,
avant de succomber au charme de Dominguin.
Elle est la première diva de Lacroix,
avant la cohorte des reines qui ont marqué sa vie, son inspiration,
son désir de créer :
Maria Callas l’extraterrestre, Jacky Kennedy au port de cygne,
l’amie Inès de la Fressange mais aussi les vierges d’Andalousie,
les statues cousues d’or et d’argent, plus vraies que nature.
«La diva des divas, murmure-t-il,
c’est la Macarena de Séville, avec ses larmes de cristal.»

La corrida est un théâtre,
comme la vie, et Christian Lacroix fouille et refouille le passé, le rhabille,
le réinvente à sa main, à sa fantaisie, cherche tous les chemins de traverse,
détournés, buissonniers.
Et parmi tous ces costumes de scène qu’il a d’abord imaginés en rêve,
ou croqués à la hâte sur ses petits carnets, ce sont ceux de ses dieux sudistes,
fantômes d’une enfance vouée à tout observer en silence,
qui ont fini par s’imposer.

«Dans mes moments de spleen à Paris, dit-il,
me revenait aux tripes la chaleur des corridas et des fêtes d’Arles.»
Quand il étouffe, là-haut, il entend l’écho des paso dobles
et peut pleurer en visionnant pour la énième fois la trilogie de Pagnol.
C’est difficile à débusquer, les sources,
mais il y avait bien des arcs-en-ciel à naître dans le cercle de l’arène.
Le drôle d’habit de poupée des toreros,
à lui seul, est un kaléidoscope, un fleuve bariolé.

Le jaune, jamais !

Chez les derniers tailleurs taurins de Madrid
(cinq ateliers ont préservé la tradition, dont la célèbre maison Fermin),
parmi les éblouissements de motifs brodés ou de passementerie tarabiscotée,
les nuanciers d’étoffes sont à eux seuls palette d’exception.
Par exemple, la gamme des verts :
bouteille, émeraude, amande, céladon, tilleul, jade, bronze, absinthe,
pistache, olive, Véronèse…
Ou le perle, l’écume de mer, le cramoisi, le sang de taureau (bien sûr),
l’ardoise, le plomb, le mercure et le très solennel «obispo y azabache»,
violet évêque et noir de jais,
dont raffole le torero artiste Morante de la Puebla.

Mais le jaune, jamais. Superstition tenace :

dans le mundillo taurin, on ne badine pas avec ces choses-là.
Ces couleurs d’habits, elles sont points de repère et parfois
restent seules dans les souvenirs.

Paco Ojeda est une silhouette en blanc,
Rafael de Paula est en grenat et or,
Emilio Muñoz bombe son torse bleu nuit
et Nimeño II repose parmi les fleurs dans son habit myosotis…
Chacun a ses manies, ses marottes,
sa Vierge ou son Christ brodés sur la cape d’apparat arborée lors du paseo,
le défilé d’ouverture de la course.
La couleur est un signe distinctif et intime, la couleur est un défi.
Et ces habits de dix kilos qui peuvent coûter 5 000 ou 6 000 euros pièce
sont à eux seuls des trophées,
des pièges à lumière ou à rêves que les acteurs tués en scène
emportent avec eux dans leur tombe.

Parfois, tout se déglingue et l’habit du mythe se défait.
Alain Steva s’est jeté en 1965 avec son cheval dans un canal en Camargue.
Suicide : il s’était attaché les mains derrière le dos.
L’ancien facteur de Saint-Martin-de-Crau avait démissionné de la Poste
pour être torero et rien n’avait marché.
Il n’a pas toléré la grisaille, l’échec, et on l’a enterré selon ses désirs,
dans son unique habit de lumière vert pomme et or.
La poisse jusqu’au bout :
quelque temps plus tard, des inconnus ont profané sa tombe
et volé le costume brodé, laissant à ciel ouvert un cadavre anonyme…

Le monde des taureaux regorge de ces histoires
à dormir debout et Christian Lacroix
- qui n’est pas expert en corridas et a toujours refusé l’étiquette
de «couturier taurin», «pas question d’être épinglé comme un papillon»,
dit-il - aime d’abord ces petits faits divers, les à-côté, les coulisses,
les terrains vagues, les marges de l’univers des taureaux.
De l’univers tout court.

Les illusions de l’enfance sont tenaces et ces drôles d’habits
compliqués n’ont pas lâché prise.
Dès ses débuts couronnés d’un dé d’or dans la maison Patou,
il signe une collection toreros mais ce n’est qu’un clin d’œil,
juste l’écho d’une caricature de Sem représentant Jean Patou en matador.
Mais les références à l’Espagne (Goya, Carmen, Manolete)
s’imposent d’elles-mêmes, parmi mille autres images glanées
au fil de l’enfance arlésienne, et balisent l’imaginaire.
Vers 1985, avant les grandes collections où son style triomphe,
Christian Lacroix signe discrètement
son premier «vrai» habit de lumières pour le torero arlésien Paquito Leal.
Costume rouge foncé, broderies noires, orné de signes camarguais.
Un costume sobre, traditionnel, respectueux des normes.

Chamaco, Picasso, Dominguin

Il dessine à nouveau d’autres habits taurins pour l’opéra Carmen
qu’Antoine Bourseiller met en scène dans les arènes de Nîmes en 1989
et surtout croise la route du jeune novillero Chamaco.
Un phénomène, star de la fin des années 80 au style inclassable,
tour à tour traité de génie ou de clown. Mad Max ou Noureïev, c’est selon…
Mais le gamin irrespectueux fait courir les foules
et pour son alternative dans les arènes de Nîmes,
il veut un habit Lacroix, sinon rien !

«Je suis allé à Huelva,
je l’ai rencontré en famille et c’était un voyage intime, un peu magique,
à cause de ces liens que nous avons tous ici avec l’Andalousie.
Après, je me suis enfermé pendant des jours pour jeter sur le papier
des dizaines d’esquisses.
Je voulais coller au personnage transgressif,
à son côté punk tout en respectant la forme ou la coupe de l’habit traditionnel.»
Et le 6 juin 1992, l’entrée de Chamaco sur la piste de Nîmes fait sensation :
son habit blanc aux broderies à dominante noire et camaïeus multicolores
évoque à la fois l’art médiéval du vitrail et la luxuriance de Picasso.

Picasso, justement :
habitué d’Arles et de ses arènes, ami de Luis Miguel Dominguin,
connu, ici même en 1950, par l’entremise de Cocteau,
la légende veut qu’il ait lui aussi dessiné un habit de lumière
au fameux torero séducteur.
Mais l’ami Jacques Durand, l’écrivain des choses taurines
et auteur d’un film sur Luis Miguel (réalisé par Marianne Lamour),
n’a jamais retrouvé la trace de l’habit picassien.
D’après ce qu’il sait, ce serait plutôt le poète du Puerto de Santa Maria,
Rafael Alberti, qui aurait créé le fameux costume.
L’habit de Chamaco, que quelques jaloux avaient qualifié de «pizza géante»,
s’est lui aussi fait la malle et serait,
paraît-il, enfoui maintenant dans les réserves du musée taurin de Séville.
Chamaco lui-même, météore oublié de la scène taurine, s’est, dit-on,
reconverti au business immobilier avec l’embonpoint
et le crâne dégarni de ceux qui ont le bon goût de se résigner.

Les habits vivent leur vie et les étoiles finissent un jour par pâlir.
Entre une armada de costumes de théâtre ou d’opéra,
passion née de ce temps où il redessinait un à un tous les vêtements
et décors des spectacles ou films auxquels il venait d’assister,
Christian Lacroix a retrouvé le chemin de Picasso par hasard.
Cette fois, c’est le torero danseur Javier Conde,
l’artiste fantasque condamné à la transe,
qui lui a commandé son dernier costume,
un habit de lumière pour la corrida «picassienne» de Malaga,
la ville natale du peintre, organisée en mars dernier.
Christian Lacroix a utilisé l’étoffe blanche comme toile de peintre,
a délaissé les chenilles de velours rouge et noir ou les paillettes d’or chauffées, admirablement façonnées pour l’habit de Chamaco
par le Parisien François Lesage, dernier génie de la broderie.
L’époque a changé. Chamaco était un feu de paille.

Javier Conde arbore maintenant une palette chamarrée de mauves,
lilas, verts bronze et flammes en forme de tourbillon bordé de noir.
Vêtement de tempête. Et Javier Conde remettra l’habit signé Lacroix
ce dimanche 23 mai à Nîmes pour un duel matinal,
l’un des sommets annoncés de la Feria, avec un autre torero mirobolant,
Morante de la Puebla.

Garbo, Callas, Oum Kalthoum

Habiller des toreros, cela pourrait signifier habiller des divas.
Comme il l’écrit lui-même,
ce serait alors «un travail de thuriféraire,
celui d’une vestale entretenant le feu sacré, d’un officiant,
responsable de cette seconde peau qui tient de l’armure,
de la parure sacerdotale».

Les toreros peuvent être artistes inspirés,
combattants héroïques ou même kamikazes un brin mystiques.
Mais divas, non. Les divas, ses déesses,
sont des femmes surnaturelles, proprement tombées du ciel,
qui, selon ses mots,
«doivent nous mettre la fièvre dans le sang,
comme à Naples se liquéfie par miracle chaque année
dans son ampoule celui de San Gennaro ;
nous mettre des papillons dans le ventre à chaque apparition,
à la première intonation».

C’est pour elles, ces femmes au-delà des femmes, les Dietrich, Garbo, Callas,
La Macarena, Oum Kalthoum, que le gamin d’Arles rêveur et timide,
voleur d’images et de lumières, lui l’homme du Sud païen et si religieux,
«réfractaire avec révérence», a osé redessiner le monde.
Pour les rendre plus belles encore.

Et puis, il a un sourire un peu espiègle, la voix plus douce encore :
«L’habit de lumière, c’est d’abord un vêtement de travail»,
suggère-t-il. Un bleu de chauffe, la tenue magique ?
Mais alors en beaucoup plus compliqué et coloré,
beaucoup plus cher aussi. Bon, il se moque, voilà tout.
Et dans le fond, il a raison. Il faut toujours se méfier des uniformes.
Ne jamais les prendre au pied de la lettre.
Surtout lorsqu’ils scintillent au premier rayon de soleil…

JACQUES MAIGNE

http://www.liberation.fr/culture/0101636971-lacroix-voleur-de-lumieres



Dernière édition par Nine le Mar 25 Mai - 2:18, édité 6 fois
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nounouka



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MessageSujet: Re: LEGENDES DE PROVENCE   Mar 25 Mai - 0:31

Merci Nine!C'est MAGNIFIQUE!!! bisous
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LEGENDES DE PROVENCE

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