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 CAPTEUR DE REVES

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Nine
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MessageSujet: CAPTEUR DE REVES   Mar 16 Juin - 1:00

légendes du Capteur de rêves.



Par une belle journée de printemps, un chasseur indien nommé Eau rapide partit chercher de la viande
pour sa tribu qui avait faim. En se promenant dans la forêt, il découvrit une clairière qu'il n'avait jamais
vue auparavant. Il rencontra un vieux monsieur aux apparences d'un chaman et lui dit: «Que veulent
dire les signes dans le sable?»

Le vieillard lui dit: «Ce sont des signes aux pouvoirs magiques, ils me serviront à conquérir la planète!
Je t'avertis, si tu touches à un seul de ces dessins, tu seras poursuivi par une terrible malédiction.»
Eau Rapide, terrifié, effaça les signaux et s'enfuit en courant le plus loin possible.
Rendu à une très grande distance, il se remit à chasser.

Le soir même, le guerrier fit un épouvantable mauvais rêve; ce cauchemar se répétait tous les soirs.
Puisqu'il n'arrivait plus à dormir, il ne pouvait plus aller à la chasse. Alors, il dut trouver solution à son problème. Le chaman de sa tribu avait eu beau préparer des potions à base de plantes, faire des
invocations, mais rien ne fonctionnait. Puis un jour, alors qu' il essayait de chasser avec les forces
qui lui restaient, il rencontra Mère Araignée. Eau Rapide, surpris, demanda à la déesse:
«Connaissez-vous un moyen pour me guérir de tous ces cauchemars?»

Mère Araignée lui répondit: «Oui, c'est pour cela que je suis ici! Va me chercher une branche de
frêne et tords-la pour en faire un cercle. Ensuite,donne-moi le cercle.»
Dame Araignée se mit à tisser une toile puis à la décorer de plumes et de perles. Quand elle eut fini,
elle lui dit: «Accroche ce capteur de rêves sur le bord de ta fenêtre, il filtrera les beaux rêves des
cauchemars, les mauvais rêves s'évaporeront à la chaleur du soleil.
Les rêves resteront emprisonnés dans les perles. Chaque nuit, un rêve sera relâché pour que tu
puisses le rêver.»

Le chasseur remercia la déesse puis retourna chez lui. Sur le chemin du retour, il chassa trois
perdrix et un chevreuil, de quoi nourrir toute la tribu. Sa femme l'accueilla les bras ouverts et lui
dit: «Va te coucher mon chéri, tu dois être mort de fatigue.» Ce qu'il fit très rapidement.
Depuis ce temps, cette tradition se transmet de génération en génération!

Chez les indiens, cet objet posé avant leur sommeil devait faire passer les bons rêves à l'intérieur
du cercle et les mauvais restaient tout autour.



Dernière édition par Nine le Ven 19 Juin - 14:04, édité 3 fois
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Nine
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MessageSujet: Re: CAPTEUR DE REVES   Mer 17 Juin - 0:56

Dans la culture amérindienne le capteur de rêves est l’un des objets le plus important. Ils est surtout utilisé par les tribus Ojibwas, les Sioux, les Creek, les Zunis, les Tinglits, mais les tribus du sud (Apache, Cherokee, Natchez, Napochi Algonquin etc.) et même les Hopis évoquent eux aussi des légendes concernant l'Araignée Femme.




Le capteur de rêves servait à filtrer les bons des mauvais rêves. Celui-ci laissait passer à travers les mailles les bons rêves et les songes utiles et emprisonnait dans ses mailles les cauchemars et tout ce qui pouvait perturber le dormeur et lorsque venait le jour grand père soleil détruisait toutes les mauvaises énergie à l’aide de ses rayons du soleil.

Selon la culture amérindienne le rêve est le véhicule qui permet l’échange entre les hommes et le grand esprit et l’expression des besoins de l’âme.

Il est essentiel de satisfaire les besoins de son âme comme ceux de son corps. Le rêve permet de se libèrer et assurer l’équilibre.

Le capteur de rêves est principalement de forme ronde mais dans certaines tribus comme chez les iroquois ils étaient en forme de goutte.



Le capteur de rêves était tressé d’une toile en fibre d’ortie ou de tendons d’animal, qu’ils teignaient ensuite en rouge à l’aide d’écorce de prunier sauvage.

On note que cette façon de faire concernait la période du début su siècle car de nos jours la méthode de tressage est a bien changé et les matériaux aussi surtout avec l’arrivée des homme blancs.



Au 20eme siècle, la fibre d’ortie et les tendons d’animal on été remplacés par de la fibre d’autres plantes puis quelques années plus tard par des matériaux synthétiques.
Lors de l’arrivée des hommes blancs les perles de verres sont venues ajouter une touche de couleur, mis sur des lacets de cuir elles ont d’abord servi de décors.
Puis les Amérindiens y ont inséré des plumes pour aider à guider les bons rêves sur le dormeur.

Il n’y a pas eu que l’aspect du capteur de rêves qui a changé mais aussi sa signification. Chacun interprète le capteur à sa façon (porte bonheur, aide à décrire l’avenir etc.).


Certaines personnes disent aussi que le capteur de rêves doit être surtout placé devant une fenêtre pour qu’il puisse fonctionner, mais faut bien se rappeler que les Amérindiens n’avaient pas de fenêtre dans leur tepee.
Celui-ci doit être placé de façon à avoir les premières lueurs du soleil pour que les mauvais rêves prise aux piège soient brûlés.
Il ne faut pas oublier que le capteur de rêve sert de filtre pour empêcher les cauchemars de venir trouble les dormeurs.

J'ai aussi entendu dire que les capteurs de rêves portaient bonheur. Il faut savoir qu'au départ, il ne s'agissait que d'un filtre pour empêcher les cauchemars de venir troubler les enfants qui dormaient.

Les Objibwas racontent qu'une araignée appelée "Asibikaashi" protégeait les enfants de la tribus en tissant sa toile au dessus de l'endroit où ils dormaient. Les mauvais rêves, les mauvaises pensées et les mauvaises vibrations restaient accrochés dans la toile et étaient détruis par le soleil du matin. Au fil des années, la tribu grandit et les Objibwas ont dû se dispersés sur leur territoire. Comme l'araignée n'était plus capable de visiter tous les wigwams elle demanda aux femmes de la nation de l'aider dans sa tâche. C'est ainsi que l'on vit apparaître le "capteur de rêve" que les femmes tissaient dans un cerceau de bois à l'aide de fibres végétales ou animales.

Une autre histoire tend à expliquer la tradition du piège à rêves chez les Ojibwas, celle d'une femme sioux dont l'enfant était torture par de mauvais rêves. Ne sachant que faire, elle alla s'enquérir d'une solution auprès de la femme araignée.



Cette dernière lui donna le conseil de fabriquer le cercle éternel à partir de branches de saule et un filet de vie à partir de fils de coton. Depuis ce temps, le pièges à rêves sert à nourrir la joie de rêver et la joie de vivre.

Chez les Micmacs, ont dit qu'une grand-mère qui cousait des vêtements dans la lumière tamisée de son wigwam entendit une petite voix qui pleurait dans un coin. Elle leva les yeux et demanda:

"Qui est-ce qui pleure et pourquoi pleure-tu" La petite voix répondit : "Ici, c'est moi grand-mère..."

La grand-mère leva les yeux et aperçu une petite araignée.

"Je pleure, parce que tout le monde à peur de moi. Ils disent tous que je ne sert à rien. La grand-mère fût bien peinée d'entendre ce que l'araignée avait a dire. Elle lui répondit :

Eh bien, je crois que je peux faire quelques chose pour toi. Dorénavant, quand tu tisseras ta toile au-dessus de l'endroit où l'on dort, les mauvais rêves resteront pris à l'intérieur et détruit par le soleil, ainsi, on ne fera plus que de bons rêves....





Dernière édition par Nine le Mer 17 Juin - 2:13, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: CAPTEUR DE REVES   Mer 17 Juin - 1:34

Légende lakota sioux




D'après la légende, un grand sorcier, par un soir de pleine lune, quitta son village pour se diriger vers le territoire des grands esprits. Il partit donc, d'abord en canot, remonta la rivière, puis à pied, remonta le ruisseau jusqu'à sa source. Près de la source se trouvait un grand arbre, un arbre beaucoup plus grand que tous les autres arbres de la forêt : c'était l'arbre aux souhaits.

Il entendit alors une voix qui l'appelait, venant du haut de l'arbre. Il grimpa aux branches jusqu'au faîte de l'arbre. Il y trouva une grande araignée installée dans les plus hautes branches de l'arbre. Elle lui demanda de prendre une des branches de l'arbre, d'en faire un cerceau et de l'attacher avec ses cheveux. L'araignée monta sur la branche en cerceau et commença à y tisser sa toile.

Le jour arrivait, elle ne prit aucune pause et continuait à tisser sa toile. Lorsque sa toile fut terminée, l'araignée dit au sorcier que sa vie n'était pas terminée, qu'il devait retourner à son village avec le premier capteur de rêve et qu'il servirait à protéger son village et son territoire. Elle lui dit aussi que les rêves et les songes sont des messages que nous envoient les esprits, bons et mauvais.
Pendant la nuit, les bons rêves passent jusqu'à nous en passant par le trou au centre de la toile afin d'influencer la vie du dormeur, lui apportant la chance, le bonheur et l'harmonie tout au long de sa vie. Les mauvais rêves, eux, sont retenus pendant toute la nuit dans la toile. Aux premières lueurs du jour, ils fondent comme neige au printemps, glissent le long des plumes et n'affectent pas notre vie*.

Autre version lakota:


Il y a de cela très longtemps, bien avant l'arrivée des hommes blancs, par une nuit sans lune, le vieux chef Lakota partit de son village pour se rendre sur la plus haute montagne du territoire de sa tribu. Arrivé au sommet, il installa son campement, fit un feu et se mit à chanter pour appeller ses ancêtres.
Il eut alors une vision, celle d'Iktomi, un de ses ancêtres, un grand sorcier. Iktomi commença alors à lui parler. Tout en parlant dans le langage sacré des anciens, Iktomi prit une longue branche très souple, lui donna la forme d'un cerceau et l'attacha avec du crin de cheval.
Iktomi commença alors à se transformer et prit la forme d'une araignée. Le vieux chef Lakota continuait à lui parler, et Iktomi continuait à répondre à ses questions. Le vieux chef regarda Iktomi et l'araignée commença à tisser sa toile. Iktomi expliqua que la toile représente tous les cycles de notre vie. Nous commençons notre vie enfant, expliqua-t-il, devenons adolescent, puis adulte pour devenir une personne âgée et prendre soin à notre tour de nos enfants afin de compléter le cycle.

Iktomi, tout en continuant à tisser sa toile, dit qu'à chaque seconde de notre vie, des forces, parfois bonnes, parfois mauvaises, nous attirent. Si tu écoutes les bonnes forces, dit-il, elles t'attireront dans la bonne direction, mais, si tu écoutes les mauvaises, elles t'attireront dans la mauvaise direction, pourront te faire du mal ou t'inciter à faire le mal. Donc, ces forces peuvent soit t'aider, soit te nuire dans ta recherche de l'harmonie avec la nature.

Lorsque Iktomi eut fini de parler, il reprit sa forme humaine et donna la toile à Lakota. Elle formait un cercle parfait avec un trou dans le centre. Il lui dit alors: "Utilise cette toile afin d'aider ton peuple à atteindre son but, à faire le bien, à avoir des idées et à aller au bout de leurs rêves et de leurs visions.

Si tu crois au grand esprit, la toile va retenir tes bonnes idées et va laisser passer les mauvaises par le trou du centre"*.

À son retour, le vieux chef raconta sa vision à son peuple et depuis ce temps, la légende s'est répandue et on retrouve un capteur de rêve au-dessus du lit de nombreux amérindiens, retenant les bons songes et laissant passer les mauvais afin qu'ils ne fassent plus partie de leur vie. On dit même que cette légende vient de tellement loin qu'elle est présente aussi dans d'autres pays, adaptée sous d'autres formes, et qu'elle permettrait de faire la distinction entre le bien et le mal, comme un ange gardien qui nous protège.



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MessageSujet: Re: CAPTEUR DE REVES   Mar 23 Juin - 18:31

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MessageSujet: Re: CAPTEUR DE REVES   Dim 28 Juin - 12:36



O, Grand Esprit,
aide moi à ne jamais
juger un autre
avant d'avoir chaussé
ses mocassins
pendant au moins
trois lunes

Sagesse amérindienne




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MessageSujet: Re: CAPTEUR DE REVES   Dim 28 Juin - 12:41

Tout ce que fait un indien,
il le fait dans un cercle.


Il en est ainsi parce que le Pouvoir de l'Univers
opère toujours en cercles et que toute chose
tend à être ronde. Dans les temps anciens,
lorsque nous étions un peuple heureux et fort,
notre pouvoir nous venait du cercle sacré de la nation,
et tant qu'il ne fut pas brisé, notre peuple a prospéré.
Tout ce que fait le Pouvoir de l'Univers se fait
dans un cercle. Le cercle est rond et j'ai entendu
dire que la Terre est ronde comme une balle et
que toutes les étoiles le sont aussi.
Le vent, dans sa plus grande puissance,
tourbillonne. Les oiseaux font leur nid en rond,
car leur religion est la même que la nôtre.
Le soleil s'élève et redescend dans un cercle.
La lune fait de même, et ils sont ronds l'un et l'autre.
Même les saisons, dans leur changement,
forment un grand cercle et reviennent toujours
où elles étaient. La vie d'un homme est un cercle
d'enfance à enfance, et ainsi en est-il de toute chose
où le Pouvoir se meut. Aussi nos tentes étaient rondes
comme les nids des oiseaux et toujours disposées en cercle,
le cercle de la nation, nid fait de nombreux nids
où nous couvions nos enfants selon la volonté
du Grand Esprit.


Elan Noir, indien sioux oglala
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MessageSujet: Re: CAPTEUR DE REVES   Lun 21 Sep - 1:12

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MessageSujet: Re: CAPTEUR DE REVES   Dim 27 Sep - 12:38

LA SQUAW DE PIERRE



L’heure est venue, dit le bel Indien, je pars...

Un instant encore…fit la brune Indienne, sa jeune femme, en finissant de tresser la longue natte de ses cheveux sombres.
Elle donnait l’air de se presser, mais en réalité, elle y mettait tout son temps.
Ses doigts bronzés luisaient dans le matin qui tâchait de se dépêtrer de ses haillons de brumes.

- Je ne peux plus attendre ! répéta l’Indien, le soleil monte, la brume se dissipe…

- Je viens ! Je viens ! reprit l’Indienne de sa voix flûtée,
en feignant de chercher à travers ses colliers de wampuns un objet qu’elle ne trouvait pas.

- Je pars seul alors ! fit l’Indien.

- Non ! …je t’accompagne jusqu’à la rivière…

Elle inspecta une dernière fois la tente. L’Indien, irrité, lui tira vivement le bras :

- Allons ! Tu sais bien que je dois partir ! Il avait élevé la voix.
L’Indienne le suivit, légère et discrète, à petits pas…
Il était grand en avant d’elle, avec ses deux plumes sur ses cheveux gras.
Il marchait comme un fauve. À pas feutrés.
Il glissait sur la nature, on aurait dit…c’était peut-être un dieu ?
le dieu de la chasse, son futur mari…

Les arbres ne bougeaient pas de chaque côté du sentier. Leurs feuilles se taisaient.
Pas le moindre petit frémissement sur son passage.
Seul un écureuil osa rouler, pareil à un rayon d’or, jusqu’au faîte d’un bouleau pour les voir passer. Un oiseau cria son admiration à un moment donné.
C’était peut-être une corneille bavarde, incapable de se taire,
tant elle avait trouvé l’Indien beau.

La rivière attendait au bout du layon. Toute bleue et muette.
Pas un petit clapotement sur son bord.
Que le silence de l’émerveillement absolu.
Le canot d’écorce entailla l’eau, qui laissa échapper des vaguelettes toutes tendres, débordantes de perles d’écume et de pointes d’or…

La main cuivrée de l’Indien saisit la rame.
À peine assis, il glissa, irréel et dédoublé sur le paysage inversé qui montait du fond des eaux.

Il était superbe, l’Indien, son futur mari, qui s’amenuisait de quart d’heure en quart d’heure.
Il ne fut bientôt plus qu’un point tout petit.
Cela aurait pu être un oiseau ou quelque chose qu’on ne savait pas, au loin sur l’eau...

Et la langoureuse rivière Saint-Maurice s’étendait, insouciante, avec son petit point précieux. L’Indienne, sur la rive, la guettait des yeux.
Quand le soleil se coucherait, il faudrait bien que la rivière lui rende son amant.
Une rivière n’a rien à faire la nuit d’un Indien sur son dos.

À midi, un souffle de vent passa, chuchota quelques mots à la rivière qui, du coup, se brouilla. Cela effaça jusqu’aux mirages du fond, l’eau se mit à boursoufler ici et là…L’Indienne surprit sur la berge ce qui pouvait être, soit un rire, soit un soupir.
Le sable était doux et ne voulait pas que l’Indienne traduisit.
Les feuilles aussi murmurèrent quelque chose.
Un grand oiseau battit d’une aile pour signaler qu’il avait compris.

Le vent revint. Il caressa rudement, mais caressa tout de même, le front inquiet de la femme jalouse qui épiait l’eau voluptueuse.
L’eau qui déroulait jusqu’à la rive les ondulations violentes de sa chevelure écumeuse.

Les oiseaux s’affolaient.
Ils rasaient le sol en d’habiles virages aigus.
L’Indienne voyait filer leurs ailes sans même dévier ses yeux. Le visage impassible,
elle fixait le petit point invisible au loin…

La rivière, sans doute, tentait de lui ravir son canot.
Mais il était adroit, l’Indien, son bel amoureux, il ne la laisserait pas faire !
Il survolerait les vagues, roulerait sur le tapis moutonneux, il éclaterait de rire à la face coléreuse des eaux !
La rivière aurait beau le secouer de rage,
mordre de ses dents mousseuses le fragile canot, il tiendrait !.

La mâchoire méchante glisserait sur le canot huileux.
Qu’il devait être beau ! le bel Indien, son futur mari, les cheveux brillants d’eau et la peau couverte d’écume,
à cheval sur son embarcation blanche, tout seul à combattre sur l’eau !

La pluie soudain se mit à crépiter du ciel surbaissé et noir.
Tout le corps de la rivière en fut troué. Elle se tortillait avec violence.
Des éclairs zigzagant comme des épées, brandissaient leurs lames tordues au-dessus d’elle.
L’Indienne, sans sourciller, assistait à l’assaut.
Le tonnerre faisait vibrer le sol.
Des couteaux d’or scalpaient, à tout instant, les cheveux gonflés de la rivière en panique.

Comme il devait être beau !
le bel Indien au centre de ces flèches rougeoyantes et de ces tams-tams terrifiants.

Comme il devait se sentir brave dans son canot blanc !
trempé jusqu’aux os par les larmes rageuses de la rivière épouvantée.

La pluie cessa sec, comme une fusillade au milieu d’un combat.
Le tonnerre roula son artillerie lourde vers les coins inoccupés du ciel.
Le soleil ouvrit à demi son œil rouge et descendit se coucher sur la litière piquante
et encore humide des épinettes.

L’Indienne, la chevelure ruisselante, la robe collée à sa peau brune,
continuait de fixer de ses prunelles imperturbables la rivière qui lissait tranquillement
les faux plis de ses eaux.

Comme il devait être beau ! le bel Indien, dans le canot sombre,
la silhouette de ses vastes bras ramant sur la robe noire de la nuit.

Jour après jour, sans bouger, l’Indienne attendit.
Toujours son regard immobile jaugeait durement les eaux.
Elle ne faisait ni un geste, ni un pas.
La rivière, indiscrète, venait de temps à autre lui clapoter des choses tout bas.
Mais l’Indienne, sourde aux clapotages, impassible et hautaine,
de son regard survolait les eaux.

Comme il devait être beau !
l’Indien, bientôt son mari, ramant impétueusement vers elle,
les muscles tendus et les bras durcis.
Ses cheveux d’aigle, ses yeux luisants, son corps hâlé.
Et avec sur sa tête, les deux plumes dont les barbes se défaisaient dans le vent.

Un oiseau parfois tentait de le lui dire…le plus tendrement qu’il put.
En modulant un peu pour que ce soit presque un chant.
Mais l’Indienne, sourde, demeurait là, immobile, sans regarder l’oiseau.
Le vent essaya lui aussi …
avec des airs de violons, des bruissements dans les feuilles, des sifflements tordus.
Mais l’Indienne, sans broncher, continuait de regarder au loin...

Son corps, avec le temps, durcissait.
Elle ne sentait plus sur sa peau les becs durs des aigles,
ni dans son être la morsure de la faim. Elle devenait rigide.
Ses yeux, fixes comme la pierre, continuaient de scruter la rivière.

La rivière, à ses pieds, commença à ressentir une gêne.
Elle roulait gauchement ses eaux ou bien refaisait, sans raison, la même vague.
Elle n’osait plus demeurer calme, de crainte de refléter,
avec le paysage des alentours,
le corps statufié de cette femme qui obstinément fixait l’horizon.

Le vent en était troublé lui aussi. La présence de cette Indienne, plus têtue qu’un bouleau, l’intimidait, lui le vent des orages, le faiseur de tempêtes. Par conséquent, l’inventeur des naufrages ! Avec un air de rien, il soulevait de son haleine marine les sables et les poussières de la rive, les accumulant aux pieds de la femme calcifiée. Pendant que la rivière, confuse, furtivement reculait, le vent, avec patience, s’affairait discrètement autour de l’Indienne pour l’enterrer.

Il en fallut des jours et des nuits, des ans et des siècles,
au vent pour accumuler assez d’humus et de calcaire pour enchâsser jusqu’à la nuque le corps de pierre de l’Indienne obstinée.
La rivière s’en inventa des subtilités, s’en forgea des raisons, pour reculer.
Histoire de ne pas être témoin des rides,
des entailles profondes,
que sculptait cruellement sur le visage de roc de l’Indienne fidèle le passage des ans.

C’est pourquoi la rivière Saint-Maurice coule aujourd'hui
- honteuse et les eaux basses -
en retrait de la ville.
Elle fait semblant d’ignorer que là-haut sur la colline, une grand-mère de pierre,
au visage ravagé, continue de fixer de son œil de calcaire un point invisible,
regard éternel sur l'eau...



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MessageSujet: Re: CAPTEUR DE REVES   Mer 30 Sep - 1:42

LEGENDE DES OISEAUX ABENAKIS


Au début du monde, le Créateur,
que les Indiens Abénakis appellent Tabaldak créa la terre et pour eux,
la terre devint le jardin de Tabaldak.
Depuis ce jour, la vieille terre-mère donne les plantes qui nourrissent
et les plantes qui soignent.

Tabaldak avait créé tout ce dont les hommes avaient besoin pour vivre sur terre.
Il avait tout créé ou presque, car pour les Indiens le Créateur n'est pas parfait,
sinon il aurait créé tous les Indiens parfaits.

Tous les Indiens étaient en extase devant la création
jusqu'au moment où Ours blanc décida de mettre son gros manteau blanc sur le pays
et souffla son haleine froide pour faire arriver l'hiver.


À cette époque, les Indiens vivaient la majeure partie de leur temps dans le tee pee et les petits papooses sont vite devenus bien tristes.
Ils n'avaient plus rien pour s'amuser,
sauf les cendres du feu qui paraissaient à peine tièdes tellement le froid était intense.

Durant l'été, ils avaient joué avec les feuilles de l'arbre sacré.
Ils en avaient fait des colliers, des panaches, des papillons et ils avaient aussi joué avec le ruisseau.
Mais avec la neige qui avait tout recouvert de blanc, tous leurs jouets avaient disparu et ils étaient devenus bien tristes.
Tellement tristes que grand-maman Marmotte le remarqua et décida d'aller voir Tabaldak.

Elle lui dit :

"Tu as créé de bien belles choses pour tes enfants adultes.
Tu as tout donné pour qu'ils puissent bien vivre.
Mais tu as oublié mes petits papooses".

Tabaldak réfléchit un instant et approuva grand-maman Marmotte.
Il promit d'arranger les choses.
Aussitôt que le printemps se pointa le nez, il se mit à réfléchir à ce qu'il pourrait bien créer pour leur rendre l'hiver plus agréable.
C'est alors qu'il se rappela avoir vu les enfants jouer avec les feuilles de l'arbre sacré.
Il décida donc de créer les oiseaux.
Mais dans sa hâte de faire plaisir aux enfants pour l'hiver prochain, il créa les oiseaux tous blancs, de la même couleur que l'hiver.


Les enfants furent très heureux de cette création.
Vous auriez dû les voir jouer avec les huards, les canards, les sarcelles, les perdrix, les pic-bois, les hirondelles, les parulines, les gros-becs, les roselins, les bruants, les chardonnerets, les mésanges, les merles, les moineaux et les colibris.
Les papooses ont passé le printemps,
l'été et même l'automne à s'amuser avec leurs nouveaux amis les oiseaux.


Lorsqu'Ours blanc jeta de nouveau son gros manteau blanc sur le dos de la terre-mère,
les enfants se rendirent compte que les oiseaux étaient de la même couleur que la neige et qu'ils pouvaient à peine les voir.
Même les oiseaux étaient bien embêtés pour se reconnaître entre eux.
Ils étaient tous de la même couleur.
Ils retournèrent dans leur tee pee avec encore beaucoup de tristesse.

Grand-maman Marmotte vit la tristesse des enfants.
Elle retourna voir Tabaldak et lui dit :

"Tabaldak, je crois que tu as créé les oiseaux un peu trop vite.
Tu as donné aux adultes une nature toute colorée à ton image,
mais tu as oublié que les petits enfants méritaient aussi ces mêmes couleurs pour leurs oiseaux".

Tabaldak réfléchit et finit par dire à grand-maman Marmotte :

"Tu as bien raison. Je vais réparer mon erreur.
Appelle tous les oiseaux et dis-leur de se rassembler ici devant moi".

Pendant ce temps, Tabaldak alla prendre du brun terre, du vert pelouse, du vert arbuste, du bleu ciel, du jaune soleil, du rouge feu, du gris nuage
et fabriqua de merveilleuses teintures qu'il mit dans de magnifiques pots
en écorce de bouleau que grand-maman Marmotte avait fabriqués pour lui.
Les pots sentaient bon l'écorce fraîche.
Tabaldak plaça les pots de teinture devant lui.

L'oie blanche s'avança la première près de Tabaldak et lui donna une plume
afin qu'il puisse colorer les oiseaux.

L'oie blanche lui dit :

"Prends ma plume pour faire ton travail de création.
Moi je resterai blanche afin que tes enfants s'en rappellent.
Chaque année, je passerai au-dessus de leur territoire pour qu'ils se souviennent de toi. "

Jusqu'à ce jour, l'oie blanche n'a pas encore manqué à sa parole.
Chaque printemps, de la fin mars jusqu'à la fin mai,
près d'un million d'oiseaux fréquentent les berges du lac Saint-Pierre à Baie-du-Fèbvre.
Des milliers d'ornithologues amateurs et les amants de la nature se donnent rendez-vous
le long des zones inondées pour observer le retour spectaculaire des oies blanches.

Le Créateur commença donc son travail.
Avec le rouge et le brun, il colora le merle.
Avec le bleu, il donna ses couleurs à l'hirondelle.
Avec le jaune, il colora le chardonneret et ainsi de suite,
jusqu'à ce que tous les oiseaux soient recouverts des couleurs de la nature.

Vous pourriez même, si vous prenez le temps d'observer les oiseaux,
deviner où Tabaldak a pris la teinture pour colorer chaque oiseau que vous observez.
Il n'y a pas de couleur sur un oiseau qui n'est pas dans la nature.

Pendant qu'il faisait son travail avec patience, un oiseau le dérangeait constamment.
Il criait, battait de l'aile bruyamment,
bousculait les autres et oubliait de partager la joie de ses frères.
Il alla même devant le Créateur pour l'insulter en lui disant que ses teintures étaient bien belles,
mais pas assez brillantes pour les mettre sur son magnifique plumage.
Patiemment le créateur continua son travail.
L'oiseau était de plus en plus dérangeant, battant de l'aile et criant constamment.


Il revint devant le Créateur encore une fois et d'un coup d'aile renversa tous les pots de teinture.
Les teintures en se renversant se mélangèrent et devinrent toutes noires.
Vous auriez dû voir grand-maman Marmotte derrière le tee pee.
Elle était dans tous ses états, n'en croyant pas ses yeux de voir ce que l'oiseau avait fait.


Le Créateur, dans sa grande patience,
ramassa la teinture noire et la remit dans un nouveau pot que grand-maman Marmotte avait apporté.
Il reprit sa plume et continua son travail.
L'oiseau dérangeant revint une troisième fois devant lui pour l'insulter à nouveau,
mais cette fois-ci, Tabaldak saisit l'animal par les pattes,
le plongea dans la teinture noire et le leva très haut au bout de son bras en lui disant :

"Telle est ta volonté mon bel oiseau et telle est ma volonté.
Parce que tu l'as bien voulu, tu seras toujours un oiseau dérangeant et bruyant.
Tu auras toujours un vol lourd et bruyant.
Les autres oiseaux te craindront et les animaux te fuiront.
On t'appellera le Corbeau".

Et il laissa partir l'oiseau. Mais ce n'était pas le dernier oiseau.
Le dernier oiseau arriva humblement devant Tabaldak.

Il excusa le comportement effronté du corbeau et dit au Créateur :

"Tabaldak, je regrette le geste du corbeau.
J'aurais voulu que tu couvres mes plumes de l'arc-en-ciel de ta création.
J'aurais pu, ainsi coloré, voler très haut vers le soleil et tracer de grands cercles
pour que tes enfants puissent y voir toute ta puissance.
J'aurais voulu être ton symbole pour tes enfants".

Le Créateur fut bien ému par les paroles de l'oiseau. Il dit à l'animal :

"Ouvre bien grandes tes ailes".

Il prit alors sa plume et la plongea dans la teinture noire.
Il en mit un peu sur le bout des ailes, un peu autour du cou.
Il en mit aussi un peu sur la queue et balaya tendrement le dos de l'animal en lui disant :

"Telle est ta volonté mon bel oiseau et telle est ma volonté. Tu seras mon symbole.
Tu voleras très haut pour tracer le cercle sacré.
J'y mettrai toute ma puissance et mes enfants le verront.
Tu seras le seul animal à regarder le soleil bien en face.
On t'appellera l'AIGLE.
Et pour s'en rappeler,
chaque fois qu'un de mes enfants plantera un poteau dans le sol
pour y graver ses symboles et ses totems, tout en haut il placera tes ailes pour me symboliser. Tu seras un guide pour mes enfants.
Telle est ta volonté mon bel oiseau et telle est ma volonté."

Je veux que vous sachiez que depuis ce temps-là,
les Amérindiens utilisent les plumes de l'aigle pour s'en faire de belles décorations
et qu'il y a toujours une plume d'aigle attachée à la pipe sacrée.

Cette légende est encore très vivante dans le village
Abenakis d'Odanak au Québec.



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MessageSujet: Re: CAPTEUR DE REVES   Mer 30 Sep - 1:51

Pour les Indiens, l’aigle est un animal extrêmement proche du créateur.
Il est donc particulièrement associé aux visions et aux esprits.
Il est également symbole de bravoure et de sagesse.




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MessageSujet: Re: CAPTEUR DE REVES   Jeu 15 Oct - 23:41

PLUME D AIGLE



C'était dans le temps d'avant.

Unktehi, le monstre qui vit dans l'eau, provoqua une gigantesque inondation en se battant contre les hommes.
Wanka Tanka, le Grand Esprit, laissa faire. On ne sait pourquoi.
Tout fut submergé excepté une colline
(celle qui se trouve près du la carrière où la communauté de la grand-mère indienne qui raconta cette histoire, fabrique les pipes sacrées).

Les hommes s'y réfugièrent donc. Mais ça ne dura pas, les eaux montèrent encore jusqu'à recouvrir la colline. Les rochers et les pics se renversèrent sur les hommes.
Tous périrent et leur sang se coagula en une grande mare.

C'est pourquoi ces lieux sont le tombeau des ancêtres de cette communauté.

Au cours de la catastrophe, Unktehi fut changé en pierre. C'est peut-être la punition du Grand-père Esprit pour avoir provoqué cette catastrophe.
Les os d'Unktehi sont dans les Badlands.
Son dos forme une longue crête et on peut voir ses vertèbres sur un rang de rochers rouges et jaunes.

Donc, tous périrent sauf une jeune fille qui était très belle.
Elle fut sauvée par le grand aigle Wanblee Galeshka.
Juste au moment où les eaux allaient la recouvrir, il avait volé vers elle pour qu'elle s'accroche à ses pattes.

Il la déposa à son repaire, sur la cime d'un grand arbre qui se trouvait sur le plus haut sommet des Black Hills.
C'était le seul endroit épargné par l'inondation. Aujourd'hui ce lieu est sacré.

La jeune fille resta ave l'aigle Wanblee qui en fit sa femme.
Il faut dire qu'à cette époque, ces choses-là étaient possibles
parce que les hommes et les animaux étaient bien plus proches qu'ils ne le sont aujourd'hui.
La jeune fille donna à son époux aigle deux jumeaux, un garçon et une fille, qui naquirent au sommet de cette montagne. De nouveau il y avait des hommes sur terre.

Quand les eaux se retirèrent, Wanblee descendit sa petite famille sur la terre en leur demandant de former une nation puissante, la Oyate Lakota.

Les enfants grandirent, qui firent à leur tour des enfants ainsi de suite.
Une nation était née, descendant de l'aigle.

Voilà pourquoi les Sioux portent une plume d'aigle

D'après une légende qui fut racontée par Lame Deer,
une grand-mère Santee (Winner, Dakota du Sud)

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MessageSujet: Re: CAPTEUR DE REVES   Dim 27 Déc - 12:30

LA PRIERE DU GRAND CHEF INDIEN SEATTLE




Comment peut-on vendre ou acheter le ciel ?

Comment peut-on vendre ou acheter le ciel ?
Comment peut-on vendre ou acheter la chaleur de la terre ?
Cela nous semble étrange.
Si la fraîcheur de l'air et le murmure de l'eau ne nous appartient pas,
comment peut-on les vendre ?

pour mon peuple, il n'y a pas un coin de cette terre qui ne soit sacré.
Une aiguille de pin qui scintille, un rivage sablonneux, une brume légère,
tout est saint aux yeux et dans la mémoire de ceux de mon peuple.

La sève qui monte dans l'arbre porte en elle la mémoire des Peaux-Rouges.
Les morts des Blancs oublient leur pays natal quand ils s'en vont dans les étoiles.
Nos morts n'oublient jamais cette terre si belle, puisque c'est la mère du Peau-Rouge.
Nous faisons partie de la terre et elle fait partie de nous.

Les fleurs qui sentent si bon sont nos soeurs, les cerfs, les chevaux,
les grands aigles sont nos frères ; les crêtes rocailleuses, l'humidité des Prairies,
la chaleur du corps des poneys et l'homme appartiennent à la même famille.
Ainsi, quand le grand chef blanc de Washington me fait dire qu'il veut acheter notre terre,
il nous demande beaucoup...

Les rivières sont nos soeurs, elles étanchent notre soif ;
ces rivières portent nos canoës et nourrissent nos enfants.
Si nous vous vendons notre terre,
vous devez vous rappeler tout cela et apprendre à vos enfants que les rivières
sont nos soeurs et les vôtres et que, par conséquent,
vous devez les traiter avec le même amour que celui donné à vos frères.

Nous savons bien que l'homme blanc ne comprend pas notre façon de voir.
Un coin de terre, pour lui, en vaut un autre puisqu'il est un étranger qui arrive
dans la nuit et tire de la terre ce dont il a besoin.
La terre n'est pas sa soeur, mais son ennemie ; après tout cela, il s'en va.
Il laisse la tombe de son père derrière lui et cela lui est égal !
En quelque sorte, il prive ses enfants de la terre et cela lui est égal.
La tombe de son père et les droits de ses enfants sont oubliés.
Il traite sa mère, la terre, et son père, le ciel, comme des choses qu'on peut acheter,
piller et vendre comme des moutons ou des perles colorées.
Son appétit va dévorer la terre et ne laisser qu'un désert...

L'air est précieux pour le Peau-Rouge car toutes les choses respirent de la même manière.
La bête, l'arbre, l'homme, tous respirent de la même manière.
L'homme blanc ne semble pas faire attention à l'air qui respire.

Comme un mourant, il ne reconnaît plus les odeurs.
Mais, si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler que l'air
nous est infiniment précieux et que l'Esprit de l'air
est le même dans toutes les choses qui vivent.
Le vent qui a donné à notre ancêtre son premier souffle reçoit aussi son dernier regard.
Et si nous vendons notre terre,
vous devez la garder intacte et sacrée comme un lieu où même l'homme peut aller
percevoir le goût du vent et la douceur d'une prairie en fleur...

Je suis un sauvage et je ne comprends pas une autre façon de vivre.
J'ai vu des milliers de bisons qui pourrissaient dans la prairie,
laissés là par l'homme blanc qui les avait tués d'un train qui passait.
Je suis un sauvage et je ne comprends pas comment ce cheval de fer qui fume
peut-être plus important que le bison que nous ne tuons que pour les besoins de notre vie.
Qu'est-ce que l'homme sans les bêtes ?
Si toutes les bêtes avaient disparu, l'homme mourrait complètement solitaire,
car ce qui arrive aux bêtes bientôt arrive à l'homme.
Toutes les choses sont reliées entre elles.

Vous devez apprendre à vos enfants que la terre sous leurs pieds n'est autre
que la cendre de nos ancêtres. Ainsi, ils respecteront la terre.
Dites-leur aussi que la terre est riche de la vie de nos proches.
Apprenez à vos enfants ce que nous avons appris aux nôtres :

que la terre est notre mère et que tout ce qui arrive à la terre arrive aux enfants de la terre.
Si les hommes crachent sur la terre, c'est sur eux-mêmes qu'ils crachent.
Ceci nous le savons : la terre n'appartient pas à l'homme,
c'est l'homme qui appartient à la terre.
Ceci nous le savons :
toutes les choses sont reliées entre elles comme le sang est le lien entre les membres
d'une même famille.
Toutes les choses sont reliées entre elles...

Mais, pendant que nous périssons, vous allez briller,
illuminés par la force de Dieu qui vous a conduits sur cette terre et qui,
dans un but spécial, vous a permis de dominer le Peau-Rouge.
Cette destinée est mystérieuse pour nous.
Nous ne comprenons pas pourquoi les bisons sont tous massacrés,
pourquoi les chevaux sauvages sont domestiqués,
ni pourquoi les lieux les plus secrets des forêts sont lourds de l'odeur des hommes,
ni pourquoi encore la vue des belles collines est gardée par les fils qui parlent.

Que sont devenus les fourrés profonds ? Ils ont disparu.
Qu'est devenu le grand aigle ? Il a disparu aussi.
C'est la fin de la vie et le commencement de la survivance.

Chef indien Seattle,
réponse au Président Cleveland des Etats-Unis d'Amérique, 1894
TEXTE AUTHENTIQUE.

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MessageSujet: Re: CAPTEUR DE REVES   Dim 27 Déc - 12:49

MEMOIRES INDIENNES


Sitting Bull :

«Voyez Mes frères, le printemps est venu ; la terre a reçu l'étreinte du soleil,
et nous verrons bientôt les fruits de cet amour!

Chaque graine s'éveille et de même chaque animal prend vie.
C'est à ce mystérieux pouvoir que nous devons nous aussi notre existence ;
c'est pourquoi nous concédons à nos voisins, même à nos voisins animaux,
le même droit qu'à nous d'habiter cette terre.

Pourtant, écoutez-moi, vous tous, nous avons maintenant affaire à une autre race,
petite faible quand nos pères l'on rencontrée pour la première fois,
mais aujourd'hui grande et arrogante.
Assez étrangement, ils ont dans l'idée de cultiver le sol et l'amour de posséder
est chez eux une maladie.
Ces gens-là ont établi beaucoup de règles que les riches peuvent briser mais non les pauvres.
Ils prélèvent des taxes sur les pauvres et les faibles pour entretenir les riches qui gouvernent.
Ils revendiquent notre mère à tous, la terre,
pour leur propres usages et se barricadent contre leurs voisins ;
ils la défigurent avec leurs constructions et leurs ordures.
Cette nation est pareille à un torrent de neige fondue qui sort de son lit
et détruit tout sur son passage.
Nous ne pouvons vivre côte à côte.»
( Discours prononcé en 1875 )
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