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 ERNST BEYELER

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Bridget

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MessageSujet: ERNST BEYELER   Jeu 21 Mai - 23:49

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Le grand collectionneur et galeriste Ernst Beyeler mis sous tutelle.







BÂLE (SUISSE) [19.05.09] – Ernst Beyeler, dont la collection pourrait valoir 2 milliards d’euros, a été mis sous tutelle à l’âge de 88 ans. L’avenir de la fondation et de la galerie est en question.


Le galeriste bâlois Ernst Beyeler n’aurait pas surmonté depuis juillet 2008 le décès de sa femme Hildy qui l’avait toujours accompagné dans cette entreprise. Se déplaçant de plus en plus en chaise roulante et ayant du mal à s’exprimer, le co-fondateur de la foire d’art de Bâle, ne serait plus capable de gérer ses affaires. Il a été placé sous la tutelle judiciaire de Edgar Fluri, économiste à l’Université de la ville.



La fondation Hildy et Ernst Beyeler, ouverte au public depuis 1997, accueille chaque année environ 300 000 visiteurs. Selon le 24h Lausanne, la vente brutale de la collection aurait de quoi faire s’effondrer le marché de l’art. Les œuvres recueillies, de Van Gogh à Rothko, sont en effet de très grande qualité.


Le contenu du testament de Ernst Bayeler n’est toujours pas connu. Les deux époux n’ayant pas eu d’enfant, le destin de la galerie et de la fondation dont l’ensemble des collections est évalué entre 1,3 et 2 milliards d’euros suscite des interrogations.

artclair.com


http://www.artclair.com/site/breves/e-docs/00/00/FF/11/document_breve.php?limite=10&offset=30#pagi


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MessageSujet: Re: ERNST BEYELER   Ven 22 Mai - 0:27

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La Fondation Beyeler






Galeristes et collectionneurs, Hildy et Ernst Beyeler ont rassemblé au cours d'une cinquantaine d'années des oeuvres particulièrement représentatives de l'art moderne. La collection comprend aujourd'hui environ 200 tableaux et sculptures, témoignant d'un regard à la fois personnel et connaisseur sur les grands classiques de l'art moderne.


Outre des oeuvres de Cézanne, Picasso, Rousseau, Mondrian, Klee, Ernst, Matisse, Newman, Bacon, Dubuffet, Baselitz et autres, la collection comprend vingt-cinq pièces représentant les arts d'Afrique, d'Alaska et d'Océanie et entretenant un dialogue étroit avec les peintures et sculptures de l'art moderne.




Inaugurée en octobre 1997, la collection Beyeler dispose désormais d'un très beau musée public, conçu par l'architecte italien Renzo Piano. Presque 4.000 m2 sont réservés à des expositions temporaires de portée internationale.






Hildy et Ernst Beyeler ont collecté de nombreuses oeuvres d'art moderne, soit une manne de 200 peintures et sculptures à ce jour. La collection est devenue fondation en 1982. Elle a été présentée au public pour la première fois au Centro de Arte Reina Sofía à Madrid, en 1989.




La Fondation Beyeler, inaugurée en 1997, est à présent un musée public, dont l'architecte est Renzo Piano, architecte également du Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou à Beaubourg (Paris).


Ce musée est placé dans un parc, où se trouve un mobile de Calder (L'arbre). Un étang baigné de nénuphars affleure les vitres de trois salles du musée.




Calder . L' arbre


La collection rassemble des oeuvres impressionnistes, post-impressionnistes et cubistes du début du siècle (Monet, Cézanne, Rousseau, Picasso, Miró...), ainsi qu'actuellement des oeuvres de l'art américain des années 50 (Ellsworth Kelly, Barnett Newman, Mark Rothko...)

La Fondation Beyeler réalise régulièrement de grandes expositions temporaires (récemment sur Edvard Munch, Picasso etc.).

Quelques oeuvres .........





Wassily Kandinsky. Fuga, 1914.




Paul Cézanne . Route tournante en haut de chemin des laves, 1904-1906.





Claude Monet . Nymphéas, 1916 - 1919.




Henri Rousseau . Le liont ayant faim se jette sur l’antilope, 1905.




Paul Klee .Waldhexen, 1938.




Alberto Giacometti . L’homme qui marche sous la pluie, 1948.




Andy Warhol . Self-portrait, 1967


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MessageSujet: Re: ERNST BEYELER   Sam 23 Mai - 13:07




.Ernst Beyeler souvenirs d’un marchand de tableaux




Pablo Picasso and Ernst Beyeler . Mougins 1969



Marchand d’art de réputation internationale, Ernst Beyeler expose à Bâle depuis une cinquantaine d’années les plus grands artistes modernes etcontemporains. Parmi eux, Picasso, qu’il a connu et visité à plusieurs reprises à Mougins. Souvenirs en direct.

A Bâle, en plein centre ville, la façade de l’immeuble du 9, Baümleingasse ne se distingue en rien de ses voisines. Seule l’enseigne qui mentionne : « Galerie Beyeler » fait la différence.
Voilà donc plus de cinquante ans que le marchand d’art Ernst Beyeler occupe cette petite maison particulière qui se développe sur trois étages. Une adresse dont Beyeler a porté la réputation au plus haut d’une reconnaissance internationale à force d’expositions plus prestigieuses les unes que les autres.


C’est là, plutôt qu’à la fondation qu’il a créée il y a cinq ans à Riehen, dans la périphérie de Bâle, qu’il reçoit plus volontiers ses visiteurs. Question de convivialité et de mémoire. L’homme est grand, le teint hâlé, le cheveu blanc, l’œil vif. Quelque chose d’une douce chaleur se dégage de lui, de son attitude, de son attention. Il parle un français quelque peu guttural qui nous rappelle, si c’était nécessaire, que nous sommes en Suisse allemande.


Ernst Beyeler est un homme heureux. Il a passé sa vie dans l’art, il a travaillé avec de très nombreux artistes, parmi lesquels Picasso, Giacometti, Miró, Tinguely...
Et il est entouré de chefs-d’œuvre, de Monet à aujourd’hui. S’il dit avoir eu beaucoup de chance tout au long de sa carrière, il la doit autant à sa passion qu’au travail et à sa grande simplicité.
Naturellement, la rencontre qu’il fait avec Picasso au début des années 60 compte parmi les meilleurs souvenirs de sa vie professionnelle.


« J’avais un représentant et ami à Paris qui s’appelait Jean Planque et qui, rendant visite un jour à Picasso, lui a dit qu’il travaillait pour moi. Le peintre lui a répondu qu’il connaissait la galerie parce qu’il en recevait les catalogues et qu’il avait été frappé par la qualité des œuvres qui s’y vendait. » Beyeler, qui n’attendait pas de la part de l’Espagnol un commentaire aussi flatteur, décide d’accompagner son ami la fois suivante à Mougins.


Ernst Beyeler se rappelle avec une forte émotion son arrivée chez Picasso. Il était terriblement intimidé et n’a pas osé trop parler, mais le peintre, qui s’est montré très accueillant, l’a mis tout de suite en confiance.
La discussion tourna autour de questions générales sur l’art, sur certains grands maîtres du passé et sur les expositions du moment.
Tout à la fois impatient de savoir s’il pouvait espérer disposer d’œuvres et soucieux de ne pas importuner Picasso à ce sujet, Beyeler est encouragé d’insister auprès de l’artiste par Jacqueline, la femme du peintre, et par Miguel, son secrétaire.


« Après être revenu à la charge ainsi cinq ou six fois, raconte-t-il comme s’il revivait la scène, Picasso m’a pris par le bras et m’a emmené dans un grand local dans lequel il y avait bien cinq à six cents œuvres.
Il me les a montrées d’un geste ample et m’a dit : “Choisissez.” »


J’ai tout d’abord hésité parce qu’il y avait beaucoup à fouiller mais, comme il l’a remarqué, il s’est écrié : “Faites comme Vollard, choisissez et mettez ce que vous voulez de côté”. »


Pris au dépourvu, Beyeler n’a qu’à s’exécuter. Picasso laisse le jeune marchand tout seul, ne voulant pas induire son choix d’une façon ou d’une autre. Il revient juste un instant pour faire sortir une caisse dans laquelle se trouvaient une trentaine de superbes petits tableaux.
Beyeler en tire une baigneuse, un nu couché et un petit paysage. S’il lui fallait agir vite, il devait aussi tenir compte de ses moyens financiers. Choisir est une chose, payer en est une autre. Au bout de deux bonnes heures, Beyeler avait sélectionné pas moins de quarante-cinq œuvres.

Picasso, de retour, lui dit : « Revenez me voir demain, je vous dirais ce que je peux vous laisser. » Le lendemain, comme convenu, Picasso avait fait le tri. Il avait éliminé certains tableaux de famille ou d’amis et laissait le marchand emporter vingt-six des quarante-cinq tableaux qu’il avait choisis.

« Pour moi, c’était déjà considérable et avec ce dont je disposais à la galerie, j’ai pu faire deux superbes expositions de Picasso. » Les tableaux que ramenait Ernst Beyeler étaient pour l’essentiel des tableaux des années 20-30, parmi lesquels de très belles figures féminines dans le style ingresque, un grand tableau de femme dessiné au fusain, et le fameux Sauvetage qu’il a gardé pour lui et que l’on peut voir à la fondation de Bâle.


Ernst Beyeler a ainsi rendu visite une huitaine de fois au maître de Mougins. A deux ou trois reprises, Picasso lui donne encore des œuvres, comme ce lot de soixante-dix dessins qui, ajoutés à d’autres, lui permait de faire une exposition de quatre-vingt-dix dessins pour le 90e anniversaire du peintre.

Et Picasso de s’écrier alors : « Pourquoi pas cent sculptures pour mon centenaire ! »


De ces visites, Ernst Beyeler a tout plein de souvenirs en tête et il aime se les remémorer. Ce jour, par exemple, où, arrivé comme à l’habitude vers cinq heures de l’après-midi, il trouve Picasso encore au travail, occasion rare pour lui de le voir à l’œuvre.

« Il était installé derrière une table, revêtu d’un tablier bleu qui était beaucoup trop grand pour lui. Il était en train de graver une planche de cuivre à l’aide d’un burin. Il m’a dit : “Vous savez, quand vous décidez de faire telle chose à tel endroit, c’est une décision terrible parce que c’est irréversible. C’est plus difficile que de mettre Versailles dans une boîte d’allumettes !” »



Une autre fois, Beyeler apporte au peintre un tableau non signé de 1909, au motif d’une femme accoudée, pour savoir si c’était bien une œuvre de lui. « J’ai posé par terre le tableau qui était enveloppé dans du papier ; il ne s’y est pas intéressé et il m’a parlé de toute autre chose.
J’ai insisté pour le lui montrer et j’ai défait le paquet. Il a regardé le tableau, l’a trouvé magnifique et l’a signé. Je lui ai demandé pourquoi il n’avait pas voulu l’ouvrir tout de suite et il m’a répondu : “Vous savez, on me montre tant de choses qui sont des déceptions que, quelquefois, j’ai peur de les regarder !” » Et il a ajouté : « Dernièrement, on m’a apporté un tableau qui était si restauré que j’ai dit qu’il n’était plus de moi. »

Fort des rapports qu’il entretient avec le peintre, Ernst Beyeler aura l’occasion de pouvoir en faire profiter William Rubin, le directeur du Museum of Modern Art de New York. Comme celui-ci était à la recherche d’une sculpture de Picasso, le marchand suisse lui laissa entendre que si le MoMA était prêt à faire un échange contre un petit Van Gogh, il était sûr de pouvoir obtenir ce qu’il voulait parce que Picasso rêvait d’avoir une œuvre du Hollandais dans sa collection.


Faute de disposer d’un Van Gogh, William Rubin propose un magnifique petit Cézanne. Picasso accepte de le recevoir. A peine Rubin, Beyeler et un membre du trustee sont-ils arrivés qu’il les entraîne dans une cave où se trouvait toute une foule de petites sculptures que Picasso n’avait jamais voulu laisser à la main d’un marchand, parce qu’il les considérait comme ses enfants.

Il en sort une du lot, une magnifique Mandoline, la première sculpture construite datée 1911, et la propose à William Rubin, ivre de joie. De retour à l’atelier, Picasso prend le Cézanne et le restitue au directeur du MoMA, lui disant qu’il avait été très touché par l’idée de cet échange et, qu’en signe de reconnaissance, il était heureux d’offrir sa sculpture au musée. Quand Ernst Beyeler se rend à New York, il dit ne jamais manquer d’aller la voir.

Piguet Philippe

http://www.artclair.com/oeil/archives/e-docs/00/00/B4/58/document_article.php
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MessageSujet: Re: ERNST BEYELER   Sam 27 Fév - 16:52




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Le grand collectionneur bâlois est mort jeudi à Bâle. Le monde entier lui rend hommage





Au lendemain des Cendres, tandis que le Carnaval s’évanouit des rues de Bâle, un homme s’efface définitivement. Ernst Beyeler vient de s’éteindre à 88 ans.

Grand Bâlois comme on dit Grand d’Espagne tant le personnage, parti de rien, portait beau et aristocratique, il a marqué la cité rhénane et les arts plastiques du XXe siècle de son empreinte. Ses concitoyens comme les milieux artistiques du monde entier n’ont qu’un mot pour qualifier cette perte: immense.

Terme correct pour définir le rôle de celui qui, grand marchand, galeriste brillant et collectionneur perspicace, a su animer la scène bâloise, étendre et renforcer son rayonnement international par les leviers de l’art et de son commerce, sachant habilement irriguer l’un par l’autre.

Ultime et considérable mérite: Ernst Beyeler a pris soin de se retirer progressivement de ses différentes responsabilités, toujours avec panache, en laissant un merveilleux héritage: sa collection personnelle, propriété de la fondation qui porte son nom, installée dans un musée construit et scénographié pour elle par Renzo Piano, dans la ville de Riehen, en périphérie de Bâle.
Un ouvrage inspiré qui témoigne de la fertilité du dialogue entre le commanditaire, particulièrement exigeant et raffiné, et l’architecte. Dans les salles lumineuses du Musée Beyeler, le meilleur de l’art impressionniste et moderne, ainsi que des œuvres africaines et océaniennes remarquables, se trouvent exposés.

Loin de figer l’institution dans la célébration de sa collection, Ernst Beyeler a voulu en faire une maison vivante. Et en effet, depuis son inauguration en octobre 1997, les visiteurs ont défilé par centaines de milliers chaque année devant des expositions souvent anthologiques: Mark Rothko, Monet, Calder-Miró, Francis Bacon, Anselm Kiefer, Henri Matisse, Giacometti, entre autres.

En juin 2007, «parce qu’il faut savoir garantir l’avenir», il confie les rênes de sa fondation et le pilotage du musée à Samuel Keller, de 45 ans plus jeune, faisant de lui son héritier spirituel. Or ce dernier avait excellemment fait ses preuves à la tête d’Art Basel, autre entreprise d’envergure qui doit en bonne partie à Ernst Beyeler et son existence et son extraordinaire développement. De son grand marchand, Bâle a donc reçu en legs l’un des plus beaux musées d’Europe et la foire qui fait d’elle, ville de haute tradition intellectuelle, une capitale mondiale et incontestée du marché de l’art.






E. Beyeler et l'Homme qui marche A. Giacometti.



La carrière d’Ernst Beyeler s’est déroulée tout entière derrière une façade ancienne de la Baumleingasse, ruelle tranquille du vieux Bâle. Enseigne discrète, escaliers en bois luisant qui craquent sous les pas, pièces d’exposition sur deux étages et un sous-sol.

C’est là, depuis un bureau dérobé, orné de statuettes primitives, de photographies d’artistes qu’il a connus et aimés – Chagall, Picasso – et d’œuvres auxquelles il tient, que le marchand a progressivement entrepris son ascension, ponctuée de «coups» mémorables. Dont l’achat des meilleures œuvres de l’importante collection Thompson de Pittsburgh; puis la vente de 88 Paul Klee en Rhénanie, qui ont constitué le fonds de base du musée de Düsseldorf. Enfin celle d’un imposant ensemble de Giacometti à Zurich.


Entré à l’époque de ses études comme assistant d’un marchand de livres anciens, il reprend l’affaire à la mort de celui-ci. Très vite, les tableaux remplacent les bouquins. Au départ, travail sur commission; les artistes lui confiaient leurs toiles. Puis, autofinancement. «Ma technique? Vendre un tableau, en racheter deux. L’argent ne m’a jamais servi qu’à développer la collection et à monter des expositions.»

Dès la première, en 1951, le ton et l’orientation, résolument modernes, sont donnés: un paysage de Matisse actuellement au musée de Bâle, un Picasso Bleu, Bonnard… Les expositions se succèdent ensuite sans interruption; on en dénombre 250 jusqu’en 2008.
Dont, courageuses et mémorables, celles qu’il consacre à la «Sculpture au XXe siècle», organisées en plein air: en 1981, quelque 200 œuvres de Rodin à Serra, dressées dans le Wenkenpark de Riehen et, en 1984, 220 œuvres de Bourdelle à Beuys, dans le Merian-Park de Bâle. Le marchand, qui se double d’un collectionneur passionné, réunit, au fil des ans, un trésor incomparable, évalué par le magazine Bilanz à quelque 2 milliards de francs.


L’habileté, le succès d’Ernst Beyeler n’auraient pas suffi à lui valoir l’estime et le respect unanimes, ni les titres honorifiques, n’était sa façon très particulière, à la fois effacée et active d’être Bâlois. Usant de son influence et de ses relations, il apporte un appui indéfectible au Kunstmuseum, le musée d’art de Bâle.

Dans la légende, il reste l’homme qui a contribué à faire de la cité rhénane la «ville des Picasso». En 1966, le peintre autorise le marchand à choisir 25 œuvres dans son atelier. Il les montre aussitôt en deux expositions qui font forte impression. Le gouvernement bâlois accorde un crédit de 6 millions de francs pour l’achat des «Deux frères» (1905) et de «L’Arlequin assis» (1923). Les 2,4 millions manquants doivent être fournis par des particuliers. Une campagne mobilise la population; Ernst Beyeler y joue un rôle actif. Fêtes, actions publiques, votation: les Bâlois sauvent les deux Picasso pour leur musée.




Picasso. Arlequin assis. 1923.


En 1971, lui qui n’apprécie pas les grandes manifestations publiques et ne croit guère à «l’art popularisé», fait partie des fondateurs de la Foire de l’art bâloise, renommée ensuite Art Basel, intervention décisive pour qu’elle puisse démarrer. Il mesure l’apport et l’aiguillon qu’elle représente pour la ville.

Réaliste et pragmatique, il s’adapte à l’évolution du marché et l’infléchit. L’essor de la foire actuelle confirme l’intuition du marchand au-delà de toute espérance. On voit, année après année, sa haute silhouette, celle d’un seigneur en son domaine, déambuler dans les travées d’Art Basel.

Distingué, affable, légèrement distant tout de même, il fait les honneurs de son stand, le plus prestigieux de tous. Après la mise en place de son successeur, après la disparition de son épouse Hilty en 2008, il se retire. La gestion de ses affaires est confiée à un juriste. Début février, il apparaît encore au dernier vernissage de sa galerie, pour l’exposition «Rodtchenko Photography». Il meurt peu de semaines après. Pour Bâle endeuillée, mélancolique, une très belle page se tourne.


http://www.letemps.ch/Page/Uuid/5a59f128-231f-11df-aedb-83fc0a8d2610|0


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MessageSujet: Re: ERNST BEYELER   Sam 27 Fév - 17:14


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Son style, une vision pacifiée de l’art






Degas Trois danseuses ( jupes bleues , corsages rouges ) vers 1903.



L’expression moderne-classique semble être inventée pour le collectionneur marchand disparu.


Dans sa galerie bâloise qui avait encore l’air d’un appartement de collectionneur, dans ses stands d’Art Basel qui défiaient par leur calme le chaos de la foire, dans sa fondation où l’architecture était mise au service de ce qu’il faut appeler un style, les accrochages d’Ernst Beyeler avaient quelque chose qui les distinguait de presque tous les autres.

L’air qui circulait autour des tableaux, le confort dont ces derniers semblaient disposer pour rayonner de leur éclat, un respect pour les œuvres ou mieux, une volonté de les grandir.


Car, dans l’histoire culturelle de la deuxième partie du XXe siècle, les choix de Beyeler sont l’expression d’une conception de la peinture qui est à contre-courant de son évolution.

Et en même temps, une manière de lui permettre de briller de tous ses feux alors qu’elle est en train de perdre la première place qu’elle occupait depuis la Renaissance.
Pour qualifier les sculptures et les tableaux de la première partie du XXe siècle, et dans une moindre mesure des décennies suivantes, le marché de l’art a inventé une expression qui semble faite pour qualifier le goût d’Ernst Beyeler, moderne clas sique.



L’œil de Beyeler


A la fin du XIXe et au début du XXe siècle, les artistes ont remis en question les règles héritées de l’académie, la construction, la couleur, jusqu’à la manière de vivre l’art. La modernité était une manière de se précipiter en avant.

Dire que cette modernité peut être classique, c’est la rattacher à la tradition. Et revoir comme une suite du passé ce qui avait été conçu à l’origine par les artistes en tant qu’instruments de rupture.

L’impressionnisme s’est dressé contre le conformisme de l’art officiel. Le fauvisme doit son nom à un critique qui qualifia de «cage aux fauves» la salle qui était consacrée à de jeunes peintres au Salon d’automne de 1905.


En 1915, le cubisme était considéré comme un art destructeur sauf par quelques amateurs avisés.


Le dadaïsme, le surréalisme, l’art abstrait heurtaient la sensibilité générale. Ces mouvements n’avaient rien de classique. Il fallut du temps pour qu’ils le deviennent. Et des amateurs, des collectionneurs, des marchands pour soutenir qu’ils l’étaient.


L’œil de Beyeler, c’était la capacité de discerner avec certitude parmi les œuvres d’un artiste celles qui entraient dans sa vision pacifiée de l’art. Grâce à ses choix, il a défait le nœud destructeur de l’art moderne pour rendre ce dernier à l’histoire, pour faire de tableaux qui s’insurgeaient contre la «grande» peinture une continuation de la grande peinture.


Il fait partie de ceux qui ont désamorcé la bombe moderne pendant qu’une autre mèche était allumée, celle de l’art contemporain. Mais nul doute qu’il l’aurait aussi désamorcée, au nom de l’universalité de l’art et du plaisir partagé de la contemplation.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/c9e32aaa-231f-11df-aedb-83fc0a8d2610|0



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MessageSujet: Re: ERNST BEYELER   Mer 11 Mai - 10:59

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La légendaire Galerie Beyeler ferme, vend sa collection chez Christie’s






Par: ARTINFO

Publié: 9 Mai 2011


C’était un dernier souhait des grands collectionneurs et marchands Ernst et Hildy Beyeler : après leur mort, la galerie historique qui portait leur nom des devait fermer et les recettes de la vente de ses œuvres d’art - dont des chef d’œuvres et autres pièces importantes Impressionnistes et Modernes - devaient aider la Fondation Beyeler et le musée fondé par le couple.


Vœu respecté, vendredi dernier, avec l’annonce que la Galerie Beyeler de Bâle fermait ses portes, suivie d’une déclaration de la maison d’enchères Christie’s que celle-ci organiserait la vente de nombreuses œuvres de la galerie, les incluant dans sa vente du 21 et 22 juin prochain, à Londres.


La vente présentera des œuvres décrochées des murs de la maison privée du couple suisse, ainsi que du stock de la galerie, dont des pièces de Monet, Gauguin, Renoir, Matisse, Toulouse-Lautrec et Pablo Picasso, un ami proche de Ernst Beyeler, qui donnait au marchand une liberté de choix unique dans son atelier de Mougins.
Le marchand et grand négociateur était rentré avec un prêt de 46 œuvres après une visite en 1966 - en achetant finalement 26.



« Le gout de plusieurs générations de spécialistes et collectionneurs ont été formés par le regard de Beyeler. En achetant chez Beyeler, on achetait le meilleur, le grand modernisme du 20ème siècle », a déclaré Jussi Pylkkänen, le président de Christie’s pour l’Europe, le Moyen-Orient et la Russie, dans le communiqué.



Selon Christie’s, la vente présentera des « petit joyaux » que le couple Beyeler n’avait pas eu le cœur à vendre de son vivant, entre-eux le Wood Stabile de Alexander Calder, présent sur le bureau de Ernst Beyeler pendant toute sa carrière, l’aquarelle Parklandschaft (1920) de Klee et un Portrait de James Lord de Giacometti.


La vente offrira aussi un grand Nymphéas de Monet, de sa période tardive entre 1916 et 1919, le Buste de Françoise coloriste de Picasso (1946), Le Vallon, Tahiti (1892) de Gauguin, la Miss May Belfort (1895) de Toulouse-Lautrec, un Nu allongé (1902) de Renoir et Le Drapeau (1919) de Fernand Léger.





Paul Gauguin, 'Le Vallon, Tahiti', 1892 Photo : Christie's Images Ltd 2011



Ernst Beyeler est mort le 25 février 2010, à l’âge de 88 ans. Son épouse Hildy est décédée deux ans auparavant, et le couple n’avait pas eu d’enfants.


Ernst Beyeler avait ouvert sa galerie en 1945, reprenant le boutique de livres antiques et de vieilles estampe ou il avait développé sa passion pour l’art.
Quelques 16,000 œuvres seraient passées par les portes du Bäumleingasse 9 pendant ses 65 ans d’opération, durant lesquels le galeriste avait livré plus de 300 expositions majeures, présentant souvent des œuvres importantes obtenues directement des studios, grâce a son travail de rapprochement avec les artistes. En 1970, Ernst Beyeler avait aussi aidé à fonder Art Basel. Selon le magazine économique suisse Bilanz, la valeur de la collection Beyeler aurait atteint plus de 1.2 milliards de dollars.


Depuis 1982, les Beyeler s’étaient aussi investit dans leur propre fondation, à laquelle ils ont laissée des centaines d’œuvres, et dont le budget quotidien et le planning futur bénéficiera maintenant de la vente Christie’s. Le fondation gère son désormais fameux musée, signé Renzo Piano, qui accueille actuellement une double-exposition de grandes sculptures de Constantin Brancusi et Richard Serra.


Les désireux de la provenance Beyeler n’auront toutefois pas à attendre juin : le lot de couverture de la vente d’Art contemporain cette semaine chez Christie’s New York est un Autoportrait rouge de Andy Warhol, qui avait été acheté chez Ernst Beyeler en 1996.



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