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 Enquête Les "disques concepts" au secours du classique

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Bridget

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MessageSujet: Enquête Les "disques concepts" au secours du classique   Lun 4 Mai - 20:00



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Le violoniste Laurent Korcia fait son entrée au catalogue d'EMI Classics avec un programme de musique de films intitulé Cinéma ; la violoncelliste Sonia Wieder-Atherton, attachée quelque temps à RCA/BMG, signe son premier "récital" chez Naïve avec l'album Chants d'Est ; le ténor Roberto Alagna, lancé par EMI, est depuis quelques années chez Deutsche Grammophon où, après le tonitruant succès de son hommage à Luis Mariano, il grave Sicilien, un récital de mélodies italiennes populaires aux arrangements sucrés.

Un mot, si possible en latin ou en italien, suffit désormais : les récents récitals Haendel de Natalie Dessay et Joyce DiDonato, chez Virgin Classics, sont baptisés Delirio et Furore ; le dernier récital du contre-ténor Philippe Jaroussky, également chez Virgin, s'appelle Opium, etc. Est-ce une nouvelle recette de marketing de la musique classique, dont les ventes ne sont pas florissantes, ou tout simplement une mode ?

Alain Lanceron, président de Virgin Classics et directeur d'EMI France, résume ainsi la situation : "Aujourd'hui, il est indispensable, dans ce marché difficile, où quasiment tout du répertoire a été enregistré, de faire de chaque enregistrement un événement. Lui donner un titre évocateur permet de frapper mieux et plus rapidement les esprits." Mais, selon Alain Lanceron, Cinéma ne préfigure pas la seule voie à suivre. "Ce projet nous a été proposé par le producteur de Laurent Korcia. Le disque suivant sera un grand concerto du répertoire", assure-t-il.

Laurent Korcia, qui a déjà conçu deux albums du même type que Cinéma pour Naïve, nie vouloir tirer profit d'un filon : "Je sais que les artistes disent tous cela, mais j'ai voulu véritablement ce projet, même si j'aime aussi jouer Bartok ou Tchaïkovski ! J'adore ces musiques, et les mélanger au classique permet parfois de faire découvrir un territoire musical inconnu aux novices."

Même discours chez Sonia Wieder-Atherton : "Aucun de mes disques ne m'a été imposé ; on discute, mais je reste libre." Pour la violoncelliste, il ne s'agissait pas, avec Chants d'Est, "de varier le panorama, mais d'unir des musiques très variées vers un centre qui leur est commun". Peut-être s'agit-il tout simplement "d'une autre manière d'étiqueter un récital", reconnaît-elle...

Didier Martin, directeur du répertoire classique chez Naïve, oppose la compilation au "disque concept" : "Je reconnais que les compilations de la série "Esprit" (Esprit sacré, Esprit Zen, etc.) sont marketées de telle sorte qu'elles incitent le grand public à aller plus loin dans la découverte de notre catalogue. Mais le disque de Sonia répond à une vraie nécessité artistique.Tant mieux s'il attire cependant un public plus vaste !"

Naïve a déjà éprouvé la recette du disque concept avec les deux albums sobrement intitulés Transcriptions, d'Accentus et de son chef, Laurence Equilbey, qui ont fait un tabac inattendu (100 000 et 30 000 exemplaires en France, quand 5 000 constituent un très beau score pour un disque classique...). De même, l'enregistrement des pièces chorales de Pascal Dusapin par les mêmes interprètes a atteint, sous le nom de Requiem(s), l'étonnant chiffre de 15 000 ventes.

Alain Lanceron distingue lui aussi compilation et disque concept : "Tandis que nous faisons paraître, chez Virgin, à l'occasion de l'année Haendel, un assemblage très intelligemment conçu par Ivan Alexandre d'extraits d'opéras sous le titre Un'Opera Immaginaria, nous sortons aussi The Anniversary Edition, une compilation plus basique de la musique d'Haendel."

Si les albums classiques à thème ont toujours existé (Chansons de mon pays, Bel canto, Olé !...), la "recette" semble avoir été remise au goût du jour par la diva Cecilia Bartoli. Autrefois, un chanteur enregistrait des opéras, des récitals et, de temps en temps, une "fantaisie".

Mais la mezzo se consacre désormais chaque année à un projet phare, comme le dernier paru, Maria, un hommage à Maria Malibran : "Cecilia, qui est une artiste unique, maîtrise totalement son processus créatif et choisit vraiment ses projets, qu'elle veut rares et marquants", assure Yann Ollivier, le patron d'Universal Classics France. Au point de refuser ces projets dits crossover, qui associent plusieurs genres musicaux. "Ce qui marche pour Roberto Alagna, grâce à son aisance à passer d'un répertoire à l'autre, ne fonctionnerait pas forcément pour Cecilia", ajoute M. Ollivier. Il reconnaît d'ailleurs avoir suggéré le projet Sicilien à Roberto Alagna.

Pour gagner de l'argent, ce que les 350 000 albums déjà écoulés depuis la sortie du disque, le 10 novembre 2008, lui garantissent déjà ? "Avant tout parce que c'est son histoire, s'insurge M. Ollivier. Roberto chantait ces mélodies avant de commencer sa carrière lyrique. On peut toujours dire que le disque d'hommage à Luis Mariano est un succès facile, car il a totalisé 500 000 ventes. Mais il aide à financer Le Jongleur de Notre-Dame, de Massenet, son prochain disque, dont personne n'attend des ventes aussi élevées."

Renaud Machart

Le Monde 04/05/09
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