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 DANIEL DARC

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Nine
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MessageSujet: DANIEL DARC   Sam 17 Mai - 13:09

Daniel DARC



Le destin de cette icône du rock français des eighties a longtemps été menacé par les excès
et l’autodestruction.
Des rencontres lumineuses en décidèrent autrement et Daniel Darc est aujourd’hui devenu
une référence pour toute une génération de chanteurs.


le son indémodable et mythique des taxi girl

Daniel Rozoum, dit Daniel Darc, naît le 20 mai 1959 à Paris.
En 1976, il reçoit, grâce au groupe punk anglais The Sex Pistols,
un choc musical qui va complètement bouleverser sa vie.
En 1978, alors qu'il est au lycée Balzac à Paris, il rejoint le groupe Taxi Girl, fondé par quatre amis:
Mirwais Stass (guitares), Laurent Sinclair (claviers),
Stéphane Erard (bassiste) et Pierre Wolfsohn (batteur).

Très influencé par le rock littéraire américain de Patti Smith
et par l’attitude provocatrice des punks et d’Iggy Pop,
Daniel Darc se lance à corps perdu dans cette aventure artistique et humaine qui durera huit ans.
Inédite en France, la musique de Taxi Girl doit autant au rock urbain et noir du Velvet Underground
qu’à la musique électronique de Kraftwerk.
Grâce à ses prestations musicales sur le fil et à l’attitude jusqu’au-boutiste de son chanteur
(il s’ouvre les veines sur scène en première partie d’un concert de Talking Heads en novembre 1979),
Taxi Girl acquiert très vite une réputation sulfureuse qui fait hésiter les maisons de disques.

C’est finalement avec EMI qu’ils enregistrent en 1980 un premier simple "Mannequin"
suivi par un deuxième "Cherchez le garçon".
Cette chanson froide, synthétique mais dansante,
va connaître un immense succès dans l’Hexagone avec plus de 300.000 exemplaires vendus
et impose le style Taxi Girl marqué par la voix blanche de Daniel Darc et des synthés,
très influencés par ceux de The Doors.

Tout arrive très vite pour eux mais, trop de bruit, de concerts et de drogues
n’aident pas les membres de Taxi Girl à lutter avec leurs démons intérieurs.
Le bassiste Stéphane Erard décide de quitter le groupe et quelque mois plus tard,
en juillet 1981, le batteur, Pierre Wolfsohn meurt d’une overdose de cocaïne.

En 1982, Taxi Girl sort son premier véritable album "Seppuku",
produit par le bassiste des Stranglers Jean-Jacques Burnel.
Pour l’occasion, Daniel Darc s’est inventé un double, Viviane Vog,
pour signer une partie de ses textes plutôt morbides (meurtres, dépression, suicides…)

Malgré des bonnes critiques et des prestations scéniques impressionnantes
(le Casino de Paris en 1982 et une tournée française avec Indochine en première partie),
les ventes ne suivent pas et en avril 1983, Laurent Sinclair abandonne le trio.
Taxi Girl publie en mai 1983 un mini-album
"Quelqu’un comme toi" et quelques simples jusqu’en
1986 mais le duo ne retrouve pas le succès de ses débuts et se sépare, épuisé.

Darc en solo

Daniel Darc - "La seule fille sur Terre"
envoyé par danieldarc. - Regardez la dernière sélection musicale.


Seul, Daniel Darc a du mal à surmonter ses problèmes de dépendance à l’alcool et à la drogue
mais la vie va mettre sur son chemin quelques bonnes fées.
La première s’appelle Jacno avec lequel il va réaliser son premier album solo,
"Sous Influence Divine" qui sort en 1987 :
huit titres qui tournent autour du thème de l’amour impossible.
Moins provocateurs, ses textes gagnent en poésie et en mélancolie
mais l’album ne touche que les aficionados et le grand public passe à côté malgré
une reprise de Françoise Hardy, "Comment te dire adieu".

En 1988, nouvelle rencontre, celle d’Etienne Daho qui produit "La Ville",
une chanson plus apaisée et la même année,
Daniel Darc enregistre "Parce que", douze titres co-écrits avec l’anglais Bill Pritcharddont
une reprise de Charles Aznavour ("Parce que"):
le courant passe à merveille entre ces deux ultrasensibles et l’album,
même s’il ne connaît qu’un succès d’estime,
reste aujourd'hui une œuvre mythique et précieuse pour ses fans.

Fan de littérature, l’ex-chanteur de Taxi Girl publie aussi en parallèle quelques recueils de textes
("Mélancolie d’Edie" et "Energie dramatique de la rue" en 1991,
"A love supreme" en 1998 en hommage à une de ses idoles John Coltrane
et "Le Drugstore du ciel" en 2000 ).
Sur la recommandation de Patrick Eudeline,
il s’essaie à la critique musicale dans le magazine Best
et traduit aussi quelques livres de William Burroughs.

Toujours démangé par la musique, Daniel Darc réitère l’expérience en 1994 avec "Nijinsky",
deuxième album solo enregistré avec le groupe The Weird Sins et réalisé
par son ami du groupe Pure Sins, Georges Betzounis
qui ne rencontre pas plus de succès que ses précédentes tentatives.

Marqué par la déveine commerciale, Darc enchaîne les collaborations diverses:
textes pour Marie-France ou Marc Minelli, reprises ("She's so untouchable" de Johnny Thunders,
"Les Champs-Elysées" de Joe Dassin en compagnie de Bertrand Burgalat)
et conseils aux groupes Diabologum et Brent.

2004 : "Crève cœur"

La fin des années 1990 le voit errant dans Paris,
brûlé par une vie marquée par les abus (qui l'ont amené à faire quelques semaines de prison)
et les échecs commerciaux.
La sortie du tunnel a lieu grâce encore à une rencontre en 2003 avec le compositeur Frédéric Lo
qui lui propose d’écrire un texte pour le nouvel album de la chanteuse Dani.
Daniel Darc signe celui de "Rouge Rose" et mis en confiance par Lo,
décide de prolonger l’expérience en enregistrant douze nouvelles chansons composées par celui-ci.

Dédié au chanteur country Johnny Cash, décédé la même année,
"Crève Cœur" sort début 2004 chez Mercury :
le chant de Darc a mué vers un talk over très gainsbourien
et raconte avec un désenchantement et une sensibilité inimitables,
des histoires d’amour, de rédemption et d’amitié.
Cette fois-ci, le succès est au rendez-vous:
les médias célèbrent le retour d’un talent unique qu’on croyait perdu
et le public succombe aux mélodies subtiles
("Je me souviens, je me rappelle", "Mes amis") de Frédéric Lo.
Emu par tous ces témoignages,
Daniel Darc semble enfin avoir fait la paix avec ses démons intérieurs:
comme il l’a souvent dit, le rock lui a sauvé la vie.

Pour couronner ce grand retour, "Crève cœur"
est élu Album révélation de l'année aux Victoires de la musique 2005.
En mai de la même année, Daniel Darc démarre sa tournée avec des passages en France,
en Belgique et en Espagne.
Jouant notamment au premier étage de la Tour Eiffel à Paris en juin !
Il multiplie aussi les collaborations avec différents artistes :
un duo avec Cali sur son album "Menteur",
l'écriture de chansons pour l'acteur Tcheky Karyo ou pour de jeunes chanteurs comme
Elisa Tovati, Thierry Amiel et même Alizée.

2008 : "Amours suprêmes"

Du 11 au 18 janvier 2007, il accompagne Richard Kolinka,
Raphaël, Alain Bashung ou encore Jean-Louis Aubert
sur la tournée "Les Aventuriers d'un autre monde".
Puis il se penche sur son nouvel album, "Amours suprêmes",
qui sort en janvier 2008.
Le titre est un hommage à John Coltrane et son célèbre "A love supreme".

Comme pour "Crève Cœur", il en a confié la composition et la réalisation à Frédéric Lo,
qui semble déchiffrer mieux que personne la fibre artistique de Daniel Darc.

Musicalement, le disque est plus riche, les ambiances différentes d'un titre à l'autre.
Pour les textes, Daniel Darc se montre toujours aussi inspiré, entre fragilité et noirceur.
Sur "Amours suprêmes", on retrouve des invités de choix :
Alain Bashung pour un duo en anglais, "L.U.V.", Robert Wyatt dans "Ça ne sert à rien",
et la chanteuse de Cocoon, Morgane Imbeaud dans "J'irai au Paradis".
Une tournée à travers al France est organisée dès le mois d'avril.
© RFI Musique
son mypsace ici :
http://www.myspace.com/danieldarc
le site :
http://www.danieldarc.com/?page=presses


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MessageSujet: Re: DANIEL DARC   Sam 17 Mai - 13:28

Amours suprêmes
[Album CD - 2008 - Mercury]


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MessageSujet: Re: DANIEL DARC   Sam 3 Déc - 19:41

L’éternel rescapé du rock français parvient encore une fois à nous crever le coeur. Critique et écoute


Le sachant séparé artistiquement de Frédéric Lo, qui orchestra son retour parmi les vivants avec le splendide Crèvecoeur (2004) et le moins aimé Amours suprêmes (2008), on ne donnait pas cher de la peau tatouée de Daniel Darc. C’était mal connaître la force de résistance et l’appétit de combat de celui qui, depuis Taxi Girl, défie en parallèle les lois de la médecine et celles de l’attraction pour toujours se sentir férocement en vie quand de la plupart de ses semblables des années poudreuses ne restent que des cendres.

Désormais en tandem avec Laurent Marimbert, revenu quant à lui d’enfers encore plus terribles (2B3, Jenifer et la plupart des purges musicales de la télé réalité), Darc en reprend pour quelques saisons et convoque le Céline de Mort à crédit – C’est moi le printemps, single enjoué – pour mieux enfoncer le clou d’une renaissance perpétuelle qui intrigue autant qu’elle ravit.

Malgré un départ engourdi (Ira), ce nouveau tour de force se déploie bientôt en une suite majestueuse de chansons-travellings entrecoupées de Variations parfois cocasses, dialogues de films ou de studios dans lesquels Darc n’est jamais plus émouvant que lorsqu’il s’amuse de sa légende cabossée. C’était mieux avant est en l’espèce un sommet, poignant et hilarant à la fois – “J’ai peur des noix de coco depuis Keith Richards, j’irai en enfer avec Richard Hell”.

Et Marimbert, qui a aussi oeuvré pour Christophe et pour le cinéma, a su trouver l’équilibre parfait entre chanson sous influence divine, BO de film et rock racé (My Baby Left Me, Quelqu’un qui n’a pas besoin de moi), épousant chaque pas de ce rôdeurparleur- chanteur comme si la musique avait été taillée à même sa carnation, sa démarche et sa diction si particulières. Du très léger Les filles aiment les tatouages au plus profond Sois sanctifié, c’est sans doute l’album qui révèle le mieux Daniel Darc, son âme de maudit et son âme d’enfant entremêlées. Taille XXL.
http://www.lesinrocks.com/musique/musique-article/t/73721/date/2011-12-01/article/daniel-darc-ame-xxl/
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MessageSujet: Re: DANIEL DARC   Lun 16 Jan - 10:45

Daniel Darc : « Je pense être un animal »



Revenu des enfers sur le devant de la scène rock avec « Crève-cœur » en 2003, Daniel Darc semblait avoir perdu la flamme sur le disque suivant, « Amours Suprêmes », en 2008. Mais l’ex-Taxi Girl prouve avec le très beau « La taille de mon âme » que l’envie est toujours là. Rencontre avec le chanteur avant le début de sa tournée.

Daniel Darc arrive, très souriant, au QG de Sony. Il embrasse tout le monde, s’enthousiasme de tout, note frénétiquement des noms et des impressions sur son agenda. Quand il s’assoie, finalement, après une difficile respiration, il s’excuse de son retard et avale des médicaments. Il n’a pas dormi, alors il bredouille un peu et parle de ses insomnies chroniques. Mais quand on évoque La taille de mon âme, Daniel Darc s’anime comme un adolescent : Elvis, Tom Waits, les films de Cassavetes, son album, Dieu, Laurent Marimbert (son bras-droit sur La taille de mon âme) sont autant de sujets qui font toujours battre le cœur de Daniel Darc.

Vous donnez un concert au Palace le 7 février pour présenter votre dernier album La taille de mon âme. Comment appréhendez-vous ce retour sur scène ?

J’ai toujours très peur de monter sur scène et quoi qu’il arrive, je suis toujours terrorisé. Avant, je vomissais systématiquement avant les concerts, mais maintenant ça a l’air d’aller mieux. Mais une heure avant, il ne faut pas me parler, je reste dans un coin. Dès qu’on arrive dans la ville du concert, j’angoisse. Je fais quand même de la scène, parce que c’est ce que je préfère. La plupart des gens disent « quand je commence à chanter, ça va mieux », mais moi j’ai peur tout du long.

Vous avez refait surface il y a un peu moins de 10 ans, en 2003, avec Crève-cœur. Comment définiriez-vous votre évolution entre Crève-cœur, Amours Suprêmes et La taille de mon âme ?

À chaque fois que je fais un album, ça colle au moment où j’en suis dans ma vie. Beaucoup de gens ont préféré Crève-cœur à Amours Suprêmes, peut-être qu’ils ont raison… C’est sûrement parce qu’à l’époque de Crève-cœur, je n’avais rien sorti depuis longtemps, il y avait plus de choses à dire par rapport à Amour Suprêmes. Forcément, La taille de mon âme est mon préféré, parce que c’est le dernier que je viens de faire et que c’est celui qui colle à mon âge, à ma vie telle qu’elle est.

J’ai lu que vous n’aimiez plus trop Amours Suprêmes…

Au moment où on l’a sorti, je l’adorais. Puis, avec le temps, je trouve qu’on a perdu beaucoup d’énergie. Pour Crève-cœur on n’avait pas d’argent, pas forcément de moyens… Le matériel n’était pas exceptionnel et on faisait avec. Pour Amours Suprêmes, on a eu plus d’argent, plus de temps, et entre Frédéric Lo et moi il n’y avait plus le coup de foudre du premier disque. Je crois que ça se sent. Et puis on avait invité beaucoup de gens comme Robert Wyatt, que j’adore, mais qui finalement n’a pas fait grand-chose par notre faute. Nos envies entre Frédéric et moi étaient tellement divergentes qu’il fallait que quelqu’un ferme sa gueule et ça a été moi, parce que je suis très timide. Le disque a été produit presque uniquement par Frédéric Lo donc il y a aussi des gens qui ont été invités comme les musiciens d’Elvis Costello… Et je déteste la musique d’Elvis Costello ! Je préférais quand on était à deux à faire notre truc…

Sur ce disque, vous avez collaboré avec Laurent Marimbert, qui a composé toutes les musiques. Est-ce lui qui vous a permis de retrouver l’étincelle de Crève-cœur ?

Pour Amours Suprêmes, on s’était embarrassés de personnes dont on n’avait pas besoin, et en essayant de faire quelque chose de plus produit, on a perdu beaucoup. Là, il y a eu un vrai coup de cœur entre Laurent et moi. Ça se passait vraiment bien. Il a beaucoup écouté mes envies, on est resté 8 à 14 heures ensemble en studio chaque jour donc on a appris à se connaître et à savoir ce qu’on voulait tous les deux. On s’est respecté, on s’est aimé et on s’aime toujours. C’est mon disque et c’est le sien. J’espère refaire quelque chose avec lui.

Comment s’est passée la rencontre ? Il a un parcours un peu spécial, à priori assez éloigné de votre univers, il a beaucoup travaillé avec des gagnants de télé-crochets comme la Star Academy.

Il a fait beaucoup de choses bizarres avant, il a travaillé avec les 2be3, et avec des artistes de variété que je ne connais pas trop… C’est le chanteur Christophe qui m’a appelé pour me dire qu’il fallait que je rencontre un des ses amis avec qui il a travaillé. Je suis allée chez Christophe et Laurent était là, il était très timide. Il y avait un piano, alors il a commencé à jouer et j’ai trouvé ça super. On a décidé de se voir en studio, je ne savais pas ce qu’il avait fait avant. Le lendemain, je devais faire un texte sur une musique qu’il m’avait jouée et que je trouvais sublime. Je n’ai pas fait le texte, je ne l’ai toujours pas fait d’ailleurs. On a fait d’autres chansons entre temps et on était content tous les deux. Pendant l’enregistrement de La taille de mon âme, il a été vraiment respectueux de ce que j’aimais, de ce que je lui disais. « Ana », par exemple, ce n’était pas vraiment une chanson. Le micro était branché tout le temps, et par moments il me disait « vas-y, chante ce que tu veux, je ne suis pas prêt », ce qui était vrai ou non d’ailleurs. Et « Ana » pour moi c’était quelque chose comme ça, entre deux chansons. On se disait que c’était peut-être la maquette d’une chanson ou quelque chose qu’on virerait. On ne cherchait pas à faire des chansons, on avait envie de faire une espèce de BO d’un film qui n’existerait pas. C’est un peu prétentieux de dire un « concept album » parce que c’était un concept album sur rien. Flaubert disait : « mon rêve, c’est d’écrire un roman sur rien ». C’est un peu ça.

L’album comporte beaucoup de passages parlés. Avez-vous pensé à ce que ça va donner sur scène ?

t. Laurent m’a dit : « je vais faire des trucs, tu me diras si ça te va ou pas. » J’ai écouté et j’ai dit : « oui c’est bien », mais je parle de Dieu tout le temps, c’est chiant. Sur scène je ne sais pas. Il y aura des improvisations et il y aura des chansons qui seront différentes de ce qu’il y a sur disque. Moi j’écoute surtout de la musique live d’Eric Dolphy, de John Coltrane… J’ai des disques pirates de Coltrane dans lesquels il joue « My Favorite Things » en boucle pendant 1h30. J’ai envie que ça soit comme ça, que les gens puissent être un peu désarçonnés. Il faut que je respecte un peu les paroles quand même. Dylan par exemple change ses chansons au dernier moment. Rien ne m’ennuie plus que les concerts qui sont tous les jours bien mais tous les jours pareils. Autant aller au cinéma.

Vous avez évoqué il y a quelques temps un album de reprises. Est-ce que c’est toujours d’actualité ?

J’ai voulu faire un disque de reprises, avec des jazzmen, un quartet. J’aimerais des versions françaises, car j’ai un accent qui n’est ni Maurice Chevalier ni bien. Mais j’aimerais bien reprendre des morceaux de Cole Porter, de Gershwin, des gens comme ça. Avec Laurent Marimbert, pour Noël prochain, on fera un album avec un ou deux titres originaux et sinon des standards, comme « White Christmas » ou « Little Drummer Boy ».


Écrivez-vous toujours des nouvelles ? Où en est votre projet de recueil ?

Je publierai peut-être un recueil de nouvelles. Je suis surtout en train d’écrire une autobiographie avec Bertrand Dicale, que j’aime beaucoup. C’est plutôt moi qui vais réécrire ce qu’il écrit, ce qui n’est pas du tout la démarche habituelle. Je lui parle beaucoup, et d’autres gens lui parlent de moi. Il y a des passages qui sont de moi et d’autres qu’il écrit et que je vais réécrire avec ma façon de voir. Je n’ai pas envie de faire un livre avec la mention « avec la participation de Bertrand Dicale » alors que c’est lui qui a tout fait. Ce n’est pas une question de prétention, mais ça me semble important que ce soit autant son travail que le mien.

Votre nouveau clip vient de sortir. L’image vous intéresse autant que le son ?

J’aimerais bien faire un jour un clip avec des mecs que j’aime, mais ils sont presque tous morts. J’aurais voulu faire des clips ou des films avec Cassavetes, Sergio Leone, Scorsese… Je peux être une personnalité à l’écran… Pleurer, foutre un pain à un mec, je peux. Je suis un truc brut, une sorte d’animal... C’est ça, je pense être un animal.

Propos recueillis par Pauline Le Gall
http://www.evene.fr/musique/actualite/interview-daniel-darc-nouvel-album-la-taille-de-mon-ame-750138.php


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MessageSujet: Re: DANIEL DARC   Lun 16 Jan - 13:43



Ouais
Je t’emmènerai sur le Scénic railway

Si c’est ce que tu veux
C’est facile
Ouais
Je t’emmènerai sur le Scénic railway
On verra ça demain
C’est promis
Mais ne te sens-tu pas
Quelque peu inconsciente
Tout ce qu’aimer veut dire
Le sauras-tu un jour
Ouais
Je t’emmènerai sur le Scénic railway
Tu n’as que ça en tête
C’est terrible

Ouais
Je t’emmènerai sur le Scénic railway
Mais ces émotions-là
C’est facile
Ouais
Je t’emmènerai sur le Scénic railway
Et cesse de bouder
C’est d’accord
Je t’y verrai ainsi
Que je te veux cruelle
Agrippée à mon bras
Par tes ongles blessé
Ouais
Je vais te sembler un peu cynique ouais ouais
Y a pas que les machines
Pour s’envoyer en l’air ...

S. GAINSBOURG

Daniel Darc est rare.

Rare, car depuis sa séparation d'avec Taxi-Girl, il n'a sorti que très peu d'albums ;
et rare, car revenu de tout.
Il dégage une sensibilité qui le rapproche de l'innocence.
Daniel Darc a donc choisi le parti des vivants.
Trop de regrets pour une seule vie, mais assez d'espoirs pour réussir sa résurrection.

Son dernier album, La Taille de mon âme, est dans les bacs depuis novembre 2011.
Des textes "gainsbouriens" et une collaboration avec Christophe en font un album intimiste,
élégant et généreux, à l'image de l'homme…


Un timbre suave et fantomatique,
des chansons pop folk qui parlent d'amour perdu et d'un passé familial bien trouble :
GreenShape, c'est un peu tout ça en même temps.

Fraîchement signé sur le label Sober & Gentle (Hey Hey My My,Cocoon, Kid Bombardos),
le chanteur de GreenShape, qui suit une carrière de boxeur en amateur,
vous délivre ses compositions qui vous arrachent le cœur sans douleur,
qui ramènent tous vos souvenirs les plus émouvants à la surface,
avec l'envie d'en redemander encore.

La réalisation de l'album a été confiée à Tore Johansson (Franz Ferdinand,
The Cardigans, Emiliana Torini...).
Cette collaboration vous livre un album d'une rare intensité, dans les bacs depuis octobre 2011.
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MessageSujet: Re: DANIEL DARC   Lun 23 Jan - 0:25

The cool side of the (Daniel) Darc

Toujours debout, Daniel Darc part sur les routes avec La Taille de mon âme, son récent album clair et radieux. Comme lui, qui s’est mis au vélo et au tai-chi, qui veut se marier et lit la Bible tous les jours : rencontre.



Il commence par vouloir enlever son T-shirt Rosa Parks pour vous l’offrir. Daniel Darc n’a pas changé. Il y a trente ans, c’était une paire de sandales de plomb, servant à se muscler les abdos, dont il vous faisait cadeau. Taxi Girl venait d’enregistrer Seppuku, album maudit du rock français produit par Jean-Jacques Burnel, bassiste des Stranglers et ceinture noire de karaté. Entre deux prises au studio Aquarium, Burnel racontait ses stages d’endurance au Japon où il fallait se lever à 4 heures du matin et partir courir pieds nus dans la neige.

Dans la foulée, Daniel et moi nous sommes inscrits aux cours de maître Ignacio, rue du Faubourg-Poissonnière à Paris. Deux à trois fois par semaine, on se retrouvait là, à suer dans un dojo qui servait aussi de salle de danse. Daniel trimballait dans son sac de sport les oeuvres de Yukio Mishima, qui à l’adolescence s’était mis à pratiquer l’haltérophilie et les arts martiaux pour endurcir un corps défaillant. De manière assez solidaire, rock et arts martiaux nous semblaient constituer la meilleure voie pour procéder à ce que l’écrivain japonais appelle, dans Le Soleil et l’Acier, “la vérification ultime de l’existence”.

Le culte du corps, de la pureté, de la puissance infinie dopait nos âmes chétives et vacillantes. Parvenu au sommet de son potentiel physique, préférant la mort au déclin, Mishima s’était finalement suicidé en 1970, à l’âge de 45 ans, selon le rituel propre aux samouraïs, le seppuku. Au fond, Daniel aurait bien aimé en faire autant. “Mais ça n’a pas marché. Alors je me suis dit : autant aller jusqu’au bout.”

A 52 ans, et malgré un corps abîmé, il se sent encore loin du bout. “Quand je me lève le matin, je me dis que c’est du bonus, que chaque jour qui commence est une bénédiction.” Depuis quelques mois, il a repris l’exercice physique, parcourt à vélo la distance entre Bastille et le parc Monceau, pratique le tai-chi et le krav-maga (close-combat israélien). Du coup, vous n’imaginez pas son déplaisir lorsqu’on le tarabuste encore sur l’épisode pathétique du Palace en 1979. Cette fameuse première partie des Talking Heads où il se trancha les veines sur scène… Au Daniel Darc tragique et suicidaire, il aimerait bien offrir des vacances.

La meilleure preuve de sa farouche envie de vivre, il l’a sans doute donnée la fois où, au réveil d’une nuit en gruyère, il a basculé de la mezzanine de son appartement et s’est retrouvé sur le carreau avec deux vertèbres lombaires explosées. “Je suis con de te dire ça. J’ai toujours prétendu que j’avais eu un accident de moto.” Au diable le prestige dylanien. La vérité, quoique plus crue, n’est pas moins héroïque. “Je suis resté immobile pendant deux jours sans pouvoir atteindre le téléphone. Incapable de prévenir quiconque, j’ai même dû boire ma pisse pour ne pas crever de soif.”

Jeune, il ressemblait à Alain Cuny dans Les Visiteurs du soir de Marcel Carné. Depuis son accident, il marche un peu voûté comme le Quasimodo de Notre-Dame de Paris. Lui qui adore les églises et le son des cloches ne saurait s’offusquer. Au demeurant, il semble enfin avoir trouvé son Esmeralda. Elle s’appelle Sophie. Il l’a connue il y a un an et demi. Elle a quinze ans de moins et ça le panique un peu. Il a fait graver leurs deux prénoms sur les bagues en or blanc qu’ils se sont échangées lors des fiançailles. Grand fan d’Elvis Presley, membre du fan-club, il espère célébrer leur mariage à Graceland. “Sauf qu’elle s’en fout d’Elvis, déplore-t-il, elle, c’est plutôt Metallica qui la branche.”

A part ça, il revient de loin, du côté de l’alcool, des drogues dures, de l’autodestruction, de la pulsion de mort, de tout ce qui tourne autour de la “grande fêlure existentielle”. Inutile de préciser qu’être encore de ce monde l’étonne. “Je me suis shooté avec des mecs qui, depuis, sont morts du sida et je ne suis même pas séropositif. J’ai bien une hépatite C, mais elle s’est endormie.” Comme le Daniel de la Bible, il a même survécu à la fosse aux lions après une condamnation pour deal et un passage en prison à Bois-d’Arcy. “Je partageais ma cellule avec un Antillais particulièrement odieux avec moi. Jusqu’au jour où il m’a demandé ce que je faisais. Quand j’ai dit chanteur, il a voulu que je lui chante quelque chose. J’ai commencé Redemption Song de Bob Marley. A la fin, il s’est mis à pleurer et m’a dit : si quelqu’un te touche, je serai là pour te protéger.”

Métaphore d’une vie où la musique l’a souvent sorti du trou et veille encore à son salut. Ainsi La Taille de mon âme, son nouvel album, serait presque une manière d’ex-voto, une offrande en remerciement d’une grâce obtenue, d’une prière exaucée. Sur la photo du disque, Darc est agenouillé dans l’allée d’une église, coude posé sur une valise, poitrine recouverte d’un tatouage représentant un coeur surmonté d’une croix. “Je me le suis offert avec les royalties de Coeur sacré, une chanson écrite pour Thierry Amiel”, glisse-t-il, sourire espiègle aux lèvres. Un de ses nouveaux titres, Les filles aiment les tatouages, s’en inspire.

Sauf que Daniel ne se contente pas d’exhiber ses tattoos ou de prendre la pose. Il s’est vraiment converti, a même été baptisé en juillet 1997, quelques mois après la mort de son père, et fait depuis partie d’une fraternité protestante. “J’essaie d’aller au temple tous les dimanches. Je lis la Bible tous les jours.” Cela étant, La Taille de mon âme ne se répand pas spécialement en bondieuseries, sauf peut-être à la fin avec l’absolution de Sois sanctifié : “Sois pardonné, ta douleur te bénit/ Sois ordonné saint parmi les maudits de l’amour.”

Quelques mots sur un chapelet de notes au piano qui en disent long sur la difficile remontée des abysses vers la lumière. Car lumière il y a dans cet album, et même joie de vivre et humour. On est loin du Daniel d’Inutile et hors d’usage sur Crève-coeur (2004), de ces aveux désespérés : “Déjà en moi je sens l’automne qui doucement ronge mon corps.” Non, aujourd’hui, il chante sur un ton un peu folâtre C’est moi le printemps, avant d’éclater de rire.

Laurent Marimbert, qui a réalisé le disque et coécrit les chansons, parle d’une “belle rencontre”, d’une “superbe aventure”. “On riait beaucoup en studio. Un matin, près de la machine à café, je lui ai dit qu’une chanson joyeuse serait la bienvenue. Comme il est du mois de mai et moi aussi, il a commencé à fredonner ‘C’est moi le printemps…’ C’est venu comme ça.” Pour une première collaboration, ce travail étalé sur toute une année fut du bonheur pour l’un et l’autre. “Je n’ai jamais connu une telle complicité, excepté aux débuts de Taxi Girl”, insiste Daniel.

Quand l’émulation se teinte de respect et d’affection, le rendu est souvent imparable. L’habillage évoque parfois le Gainsbourg des années Initials B.B. (My Baby Left Me), voire celui plus tardif d’Aux enfants de la chance (Ira), avec cette voix devenue plus profonde avec les années : “Les épreuves sont là, gravées. Personnellement, je la préfère comme ça.” Question de tessiture et d’attitude. Plus relâché, parfois goguenard, Daniel se fait moins dark et plus “crade”, cet autre lui-même.

Préférant ironiser sur son déclin et prendre le parti d’en rire, il détricote l’histoire de sa vie, celle d’un enfant du paradis (“du purgatoire aussi”) qui a trouvé amour et foi en chemin. Avec les années, la mélancolie a perdu en âpreté (Seul sous la lune). Dans ce monde imparfait, Daniel semble avoir enfin trouvé sa place. Celle incertaine des foudroyés dont Kafka dans son journal disait qu’elle est “extorquée à l’incompréhension, à la pitié, à la lâcheté, à la vanité et où seul un mince ruisselet digne d’être appelé amour coule dans les profondeurs du sol”. Quant à ce corps dont il faisait jadis grand cas, qu’il glorifiait par la contrainte et l’endurance, il le réduit aujourd’hui à que dalle : “Si tu savais mes bras… rien. Si tu savais mes jambes… rien”. Mais si vous saviez la taille de son âme…

Francis Dordor

http://www.lesinrocks.com/musique/musique-article/t/76265/date/2012-01-19/article/the-cool-side-of-the-daniel-darc/
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