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 JOHANNES BRAHMS

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Nine
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MessageSujet: JOHANNES BRAHMS   Mer 1 Avr - 18:45




AIMEZ VOUS BRAHMS ?

Johannes Brahms est né dans les bas-fonds de Hambourg, en Allemagne, le 7 mai 1833. Son père, Johann Jakob, était un musicien, d’abord médiocre et itinérant pour la plus grande partie de sa carrière mais qui finit par obtenir un poste de contrebassiste à l’Opéra de Hambourg. Voyant que Johannes était intéressé par la musique, son père lui fit donner des leçons de piano et rapidement son fils fit d’admirables progrès. À l’âge de 14 ans, lors de l’un de ses premiers concerts en public, Johannes y a inclus une de ses propres compositions.

Comme aucun prince ne devint son protecteur et que sa famille était revêche et pauvre, il a dû gagner sa vie de façon pénible. Dans sa jeunesse, il devait jouer du piano dans les bordels du port de mer où les femmes et les marins le traitaient comme un objet de jeu. Comme conséquence, ses relations avec les femmes furent toujours aigres - du moins c’était son avis pour expliquer son aversion chronique pour le mariage. D’autre part, il gagnait sa vie en faisant des arrangements de pièces légères qu’il publiait sous différents pseudonymes. Pendant tout ce temps, il s’imposait comme compositeur et pianiste.



En 1853, ses premiers succès survinrent alors qu’il était en tournée de concerts avec le violoniste hongrois Eduard Remenyi. Celui-ci le présenta au célèbre violoniste Joseph Joachim qui fut impressionné par le jeune homme; ce fut le début d’une amitié qui allait durer pour la vie. À son tour, Joachim le présenta à Franz Liszt et à Robert Schumann. Sa rencontre avec Liszt ne se déroulera pas bien; n’aimant pas la musique de Liszt, Brahms s’endormit pendant que Liszt jouait.

L’effet de la musique de Brahms sur Robert Schumann peut être mesuré par la teneur de l’entrée que fit Schumann dans son journal le 30 septembre 1853 : « Brahms est venu me voir (un génie). » Schumann fit connaître ses convictions dans un article intitulé « Nouvelles voies » paru dans la revue Neue Zeitschrift fur Musik où il déclare que « Brahms sera une valeur sûre pour donner l’expression la plus élevée et la plus noble aux tendances de notre époque, non pas graduellement mais spontanément tout comme Minerve qui émana tout fin prêt de la tête de Zeus. » En fait, Schumann n’était que partiellement prophétique. Les premières oeuvres que Brahms présenta au compositeur, incluant ses trois sonates pour piano, représentaient l’apogée que Brahms atteindrait en regard du romantisme progressif, la tendance de l’époque. Par la suite, Brahms développera un style qui sera un long prolongement des formes traditionnelles.

Tout de même, Brahms prit la prophétie de Schumann au sérieux. Il était déterminé à poursuivre sa tradition vers « l’expression la plus élevée et la plus noble », même si cette expression était une direction plus conservatrice que pouvait soupçonner Schumann. Après avoir écrit son article, Schumann trouva un éditeur pour les œuvres de Brahms et virtuellement, l’adopta dans sa famille. Peu après, Schumann fut interné dans un asile où il demeura jusqu’à sa mort. Concerné pour la femme de Schumann, Clara, Brahms s’installa dans un appartement sis au-dessus du sien et l’accompagnera tout au long des deux terribles dernières années de la vie de son mari. Clara Schumann était une des meilleures pianistes de son temps, brillante et créative mais dépendante du jeune Brahms pour son support émotionnel. Presque inévitablement, Brahms tomba amoureux de Clara, quatorze ans son ainée.

Cette période a dû être extraordinairement pénible tant pour lui que pour Clara. Tous les deux aimaient profondément Schumann et tous les deux étaient peinés de le voir dans cet état. Mais aucun des deux ne savait que faire de la passion toujours grandissante de Brahms. Durant cette période, il écrivit à Clara : « puisse Dieu me permettre aujourd’hui… de vous répéter avec mes propres lèvres que je meure d’amour pour vous. » Bien que Brahms ait connu d’autres amours, jamais il n’utilisera de tels mots pour quelqu’un d’autre. Lorsque Robert Schumann meurt en 1856, Clara doit décider de sa réponse. Nous ne saurons jamais ce qu’elle lui a dit ni quand elle le lui a dit. Clara et Brahms restèrent des amis mais chacun alla de son côté. Souvent, au cours des quarante années qui suivirent, il y eut des tensions entre eux mais toujours il y eut ce respect pour leur relation que l’on peut qualifier d’étrange, indéfinissable et incontournable. Plusieurs fois, elle fut la première personne à entendre une nouvelle œuvre et à lui donner ses commentaires lesquels, souvent, il tenait compte; elle était son interprète préférée pour sa musique. Bien que célibataire d’âge mûr, il écrira à Clara : « Je vous aime plus que moi-même et plus que toute autre personne ou autre chose sur cette terre. »

Déjà quelques années après la prophétie de Robert Schumann, le jeune Brahms commençait à lui donner raison. Il s’était acquis un public et des admirateurs dans les hautes sphères; la comparaison talismanique avec Beethoven était évoquée. Pendant un certain temps, Johannes mena une existence péripatétique, dirigeant l’orchestra à Vienne ou ailleurs, jouant le piano, et composant avec une maturité et une force toujours croissantes. En 1863, il espérait être nommé à la direction de la Philharmonique de Hambourg. Il croyait être heureux à diriger l’orchestre de sa ville natale mais déception, il n’obtint pas le poste. Pendant des années, il restera amer de cette décision car, selon lui, ça le condamnait à mener une carrière incertaine et toujours en voyage.

La première œuvre majeure de cette période fut son Concerto # 1 en ré mineur pour piano. Brahms y tient la partition solo lors des premières, en 1859, à Hanovre et à Leipzig. De style romantique, ce concerto est associé, dans son esprit, à la dépression nerveuse de Schumann et aux douleurs qu’elle engendra. Le début étrange et tourbillonnant peut même dépeindre le plongeon suicidaire de Schumann dans le Rhin. Il a confié à Clara que le second mouvement était un portrait d’elle. Petit à petit, le concerto fit son chemin et fut accepté alors qu’un autre chœur de sifflements salua, en 1866, la première des trois premiers mouvements du Requiem allemand. Aucunement découragé par cette réaction, il complétera l’oeuvre. Ce Requiem, dédié à la mémoire de sa mère et contenant l’une des musiques chorales des plus exquises, suscita, vers 1870, une admiration dans toute l’Europe.

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Yehudi Menuhin
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Nine
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MessageSujet: Re: JOHANNES BRAHMS   Mer 1 Avr - 18:47




Durant les deux années où il attendit, aux côtés de Clara, la mort de Robert Schumann, il travailla sur un quatuor avec piano en do dièse mineur. Lui, Joachim et Clara étant tous insatisfaits des résultats, il décida d’en modifier la tonalité et de le laisser mûrir pendant une période de presque vingt ans avant qu’il le donne en première dans sa forme finale en tant que quatuor avec piano en do mineur. En transmettant le manuscrit à l’éditeur, il lui écrit : « Vous pouvez placer une photo sur la page couverture, notamment une tête avec un pistolet qui y est pointé. Ceci vous donne un aperçu du caractère de la musique. Je devrais, à cet effet, vous envoyer une de mes photographies. Manteau bleu, culottes jaunes et hautes bottes devraient convenir. » Cette suggestion est, avant tout, une plaisanterie mais le costume qu’il décrit est celui dépeint par Goethe pour le héros Werther qui se suicida face à un amour impossible avec la femme de son ami. Ce quatuor sobre est aussi surnommé « Werther ».

Peu après que ses espoirs pour Clara furent brisés, Brahms devient amoureux d’une jeune chanteuse du nom d’Agathe von Siebold. Il écrit des mélodies pour elle et ils jouent ensemble - musique et jeux enfantins - durant des vacances à la campagne. Clara Schumann, les voyant se promener bras dessus bras dessous, quitta la ville dans une rage jalouse. Tout le monde croyait qu’Agathe et Brahms allaient se marier puisque, secrètement, ils auraient échangé des alliances. Mais, à la dernière minute, Brahms recula. « Je vous aime! », lui écrit-il. « Je dois vous revoir! Mais je ne peux pas me sentir enchaîné. » Elle a compris le message et brisa leur engagement. Quelques années plus tard, il produisit son adieu à Agathe: le sextuor pour cordes en sol majeur, l’une des plus belles pages de musique de chambre. Le point culminant du premier mouvement provient d’un thème construit sur les lettres de son nom: A-G-A-H-E (selon le système de notation allemand, le si majeur est représenté par la lettre H). « Voilà, » dit-il à un ami, « je me suis libéré de mon dernier amour. »

En fait, il y aura d’autres idylles amoureuses, plusieurs de celles-ci avec de jeunes chanteuses mais aucune ne se terminera de la façon que s’est terminée celle avec Agathe. Brahms a eu, tout au long de sa vie, un penchant pour les prostituées sans doute un résultat de ses jeunes années passées à jouer du piano dans les bordels. Même, s’il était un célibataire endurci, il ne perdit jamais son intérêt pour les jeunes femmes.