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 JOHANNES BRAHMS

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Nine
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MessageSujet: JOHANNES BRAHMS   Mer 1 Avr - 18:45




AIMEZ VOUS BRAHMS ?

Johannes Brahms est né dans les bas-fonds de Hambourg, en Allemagne, le 7 mai 1833. Son père, Johann Jakob, était un musicien, d’abord médiocre et itinérant pour la plus grande partie de sa carrière mais qui finit par obtenir un poste de contrebassiste à l’Opéra de Hambourg. Voyant que Johannes était intéressé par la musique, son père lui fit donner des leçons de piano et rapidement son fils fit d’admirables progrès. À l’âge de 14 ans, lors de l’un de ses premiers concerts en public, Johannes y a inclus une de ses propres compositions.

Comme aucun prince ne devint son protecteur et que sa famille était revêche et pauvre, il a dû gagner sa vie de façon pénible. Dans sa jeunesse, il devait jouer du piano dans les bordels du port de mer où les femmes et les marins le traitaient comme un objet de jeu. Comme conséquence, ses relations avec les femmes furent toujours aigres - du moins c’était son avis pour expliquer son aversion chronique pour le mariage. D’autre part, il gagnait sa vie en faisant des arrangements de pièces légères qu’il publiait sous différents pseudonymes. Pendant tout ce temps, il s’imposait comme compositeur et pianiste.



En 1853, ses premiers succès survinrent alors qu’il était en tournée de concerts avec le violoniste hongrois Eduard Remenyi. Celui-ci le présenta au célèbre violoniste Joseph Joachim qui fut impressionné par le jeune homme; ce fut le début d’une amitié qui allait durer pour la vie. À son tour, Joachim le présenta à Franz Liszt et à Robert Schumann. Sa rencontre avec Liszt ne se déroulera pas bien; n’aimant pas la musique de Liszt, Brahms s’endormit pendant que Liszt jouait.

L’effet de la musique de Brahms sur Robert Schumann peut être mesuré par la teneur de l’entrée que fit Schumann dans son journal le 30 septembre 1853 : « Brahms est venu me voir (un génie). » Schumann fit connaître ses convictions dans un article intitulé « Nouvelles voies » paru dans la revue Neue Zeitschrift fur Musik où il déclare que « Brahms sera une valeur sûre pour donner l’expression la plus élevée et la plus noble aux tendances de notre époque, non pas graduellement mais spontanément tout comme Minerve qui émana tout fin prêt de la tête de Zeus. » En fait, Schumann n’était que partiellement prophétique. Les premières oeuvres que Brahms présenta au compositeur, incluant ses trois sonates pour piano, représentaient l’apogée que Brahms atteindrait en regard du romantisme progressif, la tendance de l’époque. Par la suite, Brahms développera un style qui sera un long prolongement des formes traditionnelles.

Tout de même, Brahms prit la prophétie de Schumann au sérieux. Il était déterminé à poursuivre sa tradition vers « l’expression la plus élevée et la plus noble », même si cette expression était une direction plus conservatrice que pouvait soupçonner Schumann. Après avoir écrit son article, Schumann trouva un éditeur pour les œuvres de Brahms et virtuellement, l’adopta dans sa famille. Peu après, Schumann fut interné dans un asile où il demeura jusqu’à sa mort. Concerné pour la femme de Schumann, Clara, Brahms s’installa dans un appartement sis au-dessus du sien et l’accompagnera tout au long des deux terribles dernières années de la vie de son mari. Clara Schumann était une des meilleures pianistes de son temps, brillante et créative mais dépendante du jeune Brahms pour son support émotionnel. Presque inévitablement, Brahms tomba amoureux de Clara, quatorze ans son ainée.

Cette période a dû être extraordinairement pénible tant pour lui que pour Clara. Tous les deux aimaient profondément Schumann et tous les deux étaient peinés de le voir dans cet état. Mais aucun des deux ne savait que faire de la passion toujours grandissante de Brahms. Durant cette période, il écrivit à Clara : « puisse Dieu me permettre aujourd’hui… de vous répéter avec mes propres lèvres que je meure d’amour pour vous. » Bien que Brahms ait connu d’autres amours, jamais il n’utilisera de tels mots pour quelqu’un d’autre. Lorsque Robert Schumann meurt en 1856, Clara doit décider de sa réponse. Nous ne saurons jamais ce qu’elle lui a dit ni quand elle le lui a dit. Clara et Brahms restèrent des amis mais chacun alla de son côté. Souvent, au cours des quarante années qui suivirent, il y eut des tensions entre eux mais toujours il y eut ce respect pour leur relation que l’on peut qualifier d’étrange, indéfinissable et incontournable. Plusieurs fois, elle fut la première personne à entendre une nouvelle œuvre et à lui donner ses commentaires lesquels, souvent, il tenait compte; elle était son interprète préférée pour sa musique. Bien que célibataire d’âge mûr, il écrira à Clara : « Je vous aime plus que moi-même et plus que toute autre personne ou autre chose sur cette terre. »

Déjà quelques années après la prophétie de Robert Schumann, le jeune Brahms commençait à lui donner raison. Il s’était acquis un public et des admirateurs dans les hautes sphères; la comparaison talismanique avec Beethoven était évoquée. Pendant un certain temps, Johannes mena une existence péripatétique, dirigeant l’orchestra à Vienne ou ailleurs, jouant le piano, et composant avec une maturité et une force toujours croissantes. En 1863, il espérait être nommé à la direction de la Philharmonique de Hambourg. Il croyait être heureux à diriger l’orchestre de sa ville natale mais déception, il n’obtint pas le poste. Pendant des années, il restera amer de cette décision car, selon lui, ça le condamnait à mener une carrière incertaine et toujours en voyage.

La première œuvre majeure de cette période fut son Concerto # 1 en ré mineur pour piano. Brahms y tient la partition solo lors des premières, en 1859, à Hanovre et à Leipzig. De style romantique, ce concerto est associé, dans son esprit, à la dépression nerveuse de Schumann et aux douleurs qu’elle engendra. Le début étrange et tourbillonnant peut même dépeindre le plongeon suicidaire de Schumann dans le Rhin. Il a confié à Clara que le second mouvement était un portrait d’elle. Petit à petit, le concerto fit son chemin et fut accepté alors qu’un autre chœur de sifflements salua, en 1866, la première des trois premiers mouvements du Requiem allemand. Aucunement découragé par cette réaction, il complétera l’oeuvre. Ce Requiem, dédié à la mémoire de sa mère et contenant l’une des musiques chorales des plus exquises, suscita, vers 1870, une admiration dans toute l’Europe.

... ⭐...


Yehudi Menuhin
envoyé par LTT


Yehudi Menuhin plays Brahms Hungarian Dan
ce No. 5


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MessageSujet: Re: JOHANNES BRAHMS   Mer 1 Avr - 18:47




Durant les deux années où il attendit, aux côtés de Clara, la mort de Robert Schumann, il travailla sur un quatuor avec piano en do dièse mineur. Lui, Joachim et Clara étant tous insatisfaits des résultats, il décida d’en modifier la tonalité et de le laisser mûrir pendant une période de presque vingt ans avant qu’il le donne en première dans sa forme finale en tant que quatuor avec piano en do mineur. En transmettant le manuscrit à l’éditeur, il lui écrit : « Vous pouvez placer une photo sur la page couverture, notamment une tête avec un pistolet qui y est pointé. Ceci vous donne un aperçu du caractère de la musique. Je devrais, à cet effet, vous envoyer une de mes photographies. Manteau bleu, culottes jaunes et hautes bottes devraient convenir. » Cette suggestion est, avant tout, une plaisanterie mais le costume qu’il décrit est celui dépeint par Goethe pour le héros Werther qui se suicida face à un amour impossible avec la femme de son ami. Ce quatuor sobre est aussi surnommé « Werther ».

Peu après que ses espoirs pour Clara furent brisés, Brahms devient amoureux d’une jeune chanteuse du nom d’Agathe von Siebold. Il écrit des mélodies pour elle et ils jouent ensemble - musique et jeux enfantins - durant des vacances à la campagne. Clara Schumann, les voyant se promener bras dessus bras dessous, quitta la ville dans une rage jalouse. Tout le monde croyait qu’Agathe et Brahms allaient se marier puisque, secrètement, ils auraient échangé des alliances. Mais, à la dernière minute, Brahms recula. « Je vous aime! », lui écrit-il. « Je dois vous revoir! Mais je ne peux pas me sentir enchaîné. » Elle a compris le message et brisa leur engagement. Quelques années plus tard, il produisit son adieu à Agathe: le sextuor pour cordes en sol majeur, l’une des plus belles pages de musique de chambre. Le point culminant du premier mouvement provient d’un thème construit sur les lettres de son nom: A-G-A-H-E (selon le système de notation allemand, le si majeur est représenté par la lettre H). « Voilà, » dit-il à un ami, « je me suis libéré de mon dernier amour. »

En fait, il y aura d’autres idylles amoureuses, plusieurs de celles-ci avec de jeunes chanteuses mais aucune ne se terminera de la façon que s’est terminée celle avec Agathe. Brahms a eu, tout au long de sa vie, un penchant pour les prostituées sans doute un résultat de ses jeunes années passées à jouer du piano dans les bordels. Même, s’il était un célibataire endurci, il ne perdit jamais son intérêt pour les jeunes femmes.




David Oistrakh and Mstislav Rostropovich play Brahms' Double Concerto for Violin and Cello, Op. 102 with the Moscow Philharmonic led by Kirill Kondrashin.


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MessageSujet: Re: JOHANNES BRAHMS   Mer 1 Avr - 18:49

Itzhak Perlman-Brahms violin concerto(1)



Dans les années 1870, Brahms était le compositeur le plus en vue de sa génération; durant la première moitié de la décennie, il a aussi dirigé le réputé orchestre du Gesellschaft de Musikfreunde. Déjà il commençait à obtenir des honneurs académiques qui marqueront le reste de sa carrière. Sa première œuvre orchestrale majeure, les Variations sur un thème de Haydn (il existe aussi une version pour deux pianos), a été largement acclamée lors de sa première donnée, en 1873, par la Philharmonique de Vienne. Mais la question que tout le monde se posait : « Quand écrira-t-il une symphonie? »

La même question troublait aussi l’esprit de Brahms. Dans sa jeunesse, après avoir assisté à une présentation de la neuvième symphonie de Beethoven, il avait déclaré, « Je dois écrire une musique comme celle-là ». Comme pour tous les compositeurs de son temps, cette ambition de jeunesse tourna en fardeau. Il viendra à dire « Vous ne savez pas quelles sensations, nous, les compositeurs, ressentons lorsque nous entendons les lourds pas d’un géant comme Beethoven marteler derrière nous. » Sa première tentative d’écrire une symphonie survint alors qu’il était dans la vingtaine mais cet effort donna son premier concerto pour piano. Dès 1862, il avait complété un premier mouvement symphonique dont les esquisses remontent à cinq ans et dont le brouillon dormit pendant plusieurs années.

Tout ceci est caractéristique de l’homme. Il refusait de produire des œuvres de second ordre. Si les compositeurs peuvent être divisés en deux camps : les rapides (comme Mozart) et les lents, Brahms est le modèle des compositeurs lents. Il raffinait ses idées pendant des semaines et des années tant à sa table de travail qu’au piano que durant de longues promenades. Nous ne saurons jamais le nombre d’œuvres qui ont pu ainsi être détruites; probablement plus qu’il n’en a conservées. Ne voulant pas que l’histoire fouine dans son atelier, il détruisait aussi toutes ses esquisses. Toute idée prometteuse était tenacement retravaillée et reforgée tant et aussi longtemps qu’il n’en était pas satisfait. Plusieurs œuvres connurent des modifications de forme au cours de leur élaboration, et certaines, plusieurs fois. Ainsi, il commença le grand quintet avec piano en fa mineur comme un quintet à cordes avec deux violoncelles puis le révisa sous cette forme pour enfin le refaire complètement sous forme de sonate pour deux pianos, et finalement, en 1864, il prit la forme finale pour quatuor à cordes et piano. Ce processus dura deux ans. Tel que mentionné pour le quatuor avec piano en do mineur, ces types de révisions pouvaient s’échelonner sur plus d’une décennie - possiblement parce que le style de Brahms n’a pas beaucoup évolué après qu’il eut atteint la trentaine.



De Brahms mon coeur s'est arrêté ***
Brahms est sans aucun doute le compositeur favori d'Hélène Grimaud : 'Brahms a immédiatement pris une place indétrônable dans mon coeur', confie-t-elle. 'Ce quej'ai aimé si profondément dans la musique de Brahms, c'est ce qu'elle raconte, note après note : une vie volontairement retranchée, vouée exclusivement à l'essentiel ...' (' Variations sauvages', 2003).

À la manière d’une tortue, il avançait dans l’élaboration d’une symphonie. En 1876, à l’âge de 43 ans et après vingt ans de gestation, sa Première symphonie vit finalement le jour à Carlsruhe. Cette œuvre fut reçue de façon respectueuse mais mitigée. Non pour la dernière fois, certains porteront l’accusation étonnante que l’oeuvre n’était pas mélodique. Le critique conservateur Eduard Hanslick, champion de Brahms et éreinteur de Wagner, fut d’un enthousiasme réservé. Clara Schumann trouva que certaines portions étaient un peu trop académiques. Tous réalisèrent que l’œuvre, quoique conçue dans un esprit beethovénien, était un reflet du travail personnel de Brahms. Le directeur Hans von Bülow alla jusqu’à décrire cette symphonie comme étant la dixième de Beethoven; cette comparaison plût à Brahms mais aussi l’exaspéra. Peu après, la symphonie fut reprise à travers l’Europe et toujours avec des résultats similaires. Peu de spectateurs réalisèrent que cette symphonie était destinée à être l’une des plus populaires jamais écrite. Pour Brahms, maintenant qu’il avait réussi l’initiation si redoutée, les vannes symphoniques s’ouvrirent; la Seconde symphonie parût en moins d’un an, alors qu’en 1885 la Troisième et la Quatrième avaient été publiées.
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MessageSujet: Re: JOHANNES BRAHMS   Mer 1 Avr - 18:51



Après des années de pérégrinations, avec des séjours intermittents à Vienne, Brahms décida de s’installer définitivement à Vienne en 1878.

Cette ville était le centre musical de l’Allemagne et de l’Autriche ainsi que la patrie de ces ancêtres artistiques remontant à Haydn. Dans un petit appartement de trois pièces sur l’avenue Karlsgasse qui devint minable avec le temps, Brahms y a vécu, en célibataire, les dernières années de sa vie. Les matins débutaient toujours avec un café le plus fort possible. Seul dans son salon, il aimait jouer avec ses soldats de plomb. Il prenait de grandes promenades dans la ville où il était salué par ses admirateurs, où il saluait ses prostituées favorites, et où il donnait des bonbons aux enfants. Brahms achetait tout à bon marché et voyageait en troisième classe.

En ce qui concerne sa bière et ses cigares, il était plus préoccupé par la quantité que par la qualité. Il est dit que sur son bureau de travail, il conservait une gravure illustrant la charrette transportant le corps de Mozart vers une fosse commune. Probablement, cette gravure était là pour lui rappeler ce qu’il ne voulait pas qu’il lui arrive; il laissera un héritage confortable. Aussi parcimonieux qu’il pouvait paraître, il pouvait aussi être généreux. Une fois, il donna à son père une partition de Saul de Handel se disant que si son père devenait dépressif, il pourrait y trouver du soleil. Lorsque son père finalement décida de donner suite à cette suggestion, il y trouva des billets de banque entre chaque page.

Côté caractère, Brahms était brusque et sardonique la plupart du temps. Quiconque visé par ses flèches souvent assez pointues, s’en rappelait. Après une soirée de sarcasmes à l’endroit d’amis dans un café, il quitta mais retourna pour ajouter « Si j’ai oublié d’insulter quelqu’un, je m’en excuse.» En 1881, il se laissa pousser des favoris ce qui allait donner naissance à l’individu barbu qui nous est familier d’après les photographies. (Dans sa jeunesse, il était svelte, cheveux blonds, yeux bleus, traits doux, et élégant. Il n’a cependant jamais perdu son regard chaleureux et occasionnellement espiègle.) Barbu ou non, il possédait des amis loyaux des deux sexes et de tout âge et, en retour, il leur était loyal. Il était plus joyeux durant l’été alors qu’il vivait à la montagne; c’est dans cet environnement plaisant qu’il composa la plupart de ses œuvres. Ses hivers étaient consacrés à donner des concerts tant à Vienne qu’à l’extérieur.

Il étudia constamment la musique du passé tout spécialement les œuvres de Bach et de Beethoven mais aussi remontant jusqu’à Josquin; il a publié des éditions d’œuvres allant de Couperin à Dvorak. Il croyait que la musique était dans un déclin. Une fois, en jouant une sonate en do majeur de Bach avec Joachim, il jeta sa propre sonate au plancher, disant « Après une telle oeuvre, qui voudrait joué la mienne? » Jamais un compositeur aussi important que Brahms ne s’est senti aussi responsable face à l’histoire et ni aussi humble quant à sa capacité de répondre au défi. Peut-être croyait-il que la musique avait besoin d’un stimulateur tout en sachant qu’il n’était pas celui qui l’administrerait.

Comme sa musique et ses attitudes étaient de nature conservatrice, Brahms devint le héros de ceux qui dénigraient le radical Wagner. Même s’il n’est pas celui qui entretenait la querelle, Brahms fut cependant celui qui l’initia, et ce, par inadvertance. En 1860, lui, Joachim et quelques autres dressèrent un manifeste qui critiquait l’école progressive. Visant principalement Liszt, il était prévu de recueillir plusieurs signatures avant d’être rendu public. À la place, les journaux s’en emparèrent alors que le document ne comportait que quatre signatures dont celles de Brahms et Joachim; la situation fut perçue comme étant une vendetta personnelle de Brahms contre Wagner.

Ceci n’empêcha pas Brahms de rendre une visite de courtoisie à Wagner en 1864. Ce sera leur seule et unique rencontre. Quoique charmant et gracieux de sa personne, Wagner attaquera, plus tard, Brahms dans une publication. Plus Brahms devenait célèbre, plus ses ennemis devenaient féroces. Régulièrement les wagnériens organisaient des équipes de fauteurs de trouble pour perturber les prestations de Brahms.

Le chef réel de la faction anti-Wagner n’était pas Brahms mais le critique Eduard Hanslick. Ses attaques virulentes contre Wagner étaient basées non sur la qualité musicale mais sur un ensemble d’abstractions centrées sur l’idée d’une musique « absolue » ou « pure ». Par cette idée, Hanslick voulait une philosophie de la musique qui soit aussi distincte que celle de la poésie ou de la littérature et qui rejoindrait les auditeurs seulement par la relation des sons. Ses bêtes noires étaient les compositeurs de musique dramatique et de programmation - principalement Wagner et Liszt. Déplorant certainement la musique de programmation, Brahms n’était probablement pas totalement convaincu par l’idée de Hanslick car, pour Brahms, la musique avait toujours été une façon d’exprimer ses sentiments.

Il est difficile d’imaginer Brahms composant un opéra. Il a toujours été indécis quant à cette idée, s’y ralliant un moment et s’en éloignant un autre. À la fin, il se tint à l’écart de la scène comme il se tient à l’écart du mariage : « Ce serait aussi difficile pour moi d’écrire un opéra que de me marier. Mais après une première expérience, j’en entreprendrais probablement une seconde. »

En mai 1896, il apprit la terrible nouvelle de la mort de Clara Schumann qui était malade depuis quelque temps. Prévoyant cette situation, il a composé Quatre chants sérieux dont il ne put jamais se résigner à entendre. Quoique prévisible, la mort de Clara le bouleversa. Durant quarante ans, leur amour a été tissé de frustration et d’incertitude, mais tout en le soutenant. Il se précipita pour assister à son enterrement et, lors de sa mise en terre, il attrapa une grippe qui ne voulut plus guérir. Finalement, il consulta un médecin qui découvrit que Brahms souffrait d’un cancer du foie dont le stade était assez avancé; la même maladie qui avait emporté son père. On ne le mit pas au courant de cette situation mais certainement qu’il savait comment interpréter la fatigue et la douleur toujours croissantes.

Il meurt le 3 avril 1897, à l’âge de 63 ans.

Dans son art, Brahms était la réunion d’opposés : un romantique de par son expression mais un classique de par sa forme et sa technique. L’émotion qui se manifeste dans sa musique - la source de sa popularité - est restreinte tant par la forme traditionnelle et que par la logique tonale. Quoique son harmonie soit plus colorée que Beethoven, elle est moins aventureuse que celle de Wagner et Liszt. Quelques fois, les contraintes de cette approche paradoxale sont apparentes dans des développements où ceux-ci ont un sens au point de vue musical mais qui ne sont pas fructueuses au niveau émotionnel; les sentiments subjectifs semblent lutter contre les contraintes objectives de leur forme. La plupart du temps, Brahms maîtrise ce conflit de loyauté et forge une forme de résolution. De toute façon, ce fut la seule approche qui pouvait convenir à sa personnalité - impassibilité, bourgeoisie, sensibilité, et réticence. La tonalité exquise et crépusculaire que l’on retrouve dans une grande partie de son œuvre est due à ses goûts et sa nostalgie d’un monde irrévocablement passé. Dans la musique de Brahms, toute la tradition musicale occidentale, de Palestrina à Schumann, se retrouve dans une sommation personnelle et éloquente. Après lui, la tradition a dû se trouver de nouvelles avenues.



Requiem de Brahms illustré par des tableaux de Kandinsky ⭐


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MessageSujet: Re: JOHANNES BRAHMS   Mer 1 Avr - 19:34



Le Concerto pour Piano et Orchestre N° 2 de Brahms avec ici pour interprétes Daniel Barenboïm, au Piano et Sergiu Celibidache qui dirige le Philh. de Munich .

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MessageSujet: Re: JOHANNES BRAHMS   Mer 1 Avr - 21:54

Une très chère amie

Johannes Brahms vers 1853




Clara Schumann vers 1853

À Düsseldorf, Brahms fait la connaissance de Robert Schumann, et également celle de son épouse Clara. Mère de six enfants, elle est de quatorze ans plus âgée que Brahms qui a déjà acquis une réputation européenne, et elle le fascine. Suite à l’aide apportée par Robert Schumann à la publication de ses œuvres pour piano, Brahms écrit à son mentor : « Puis-je mettre le nom de votre épouse au début de ma deuxième œuvre ? »

Après l’internement de Robert Schumann dans un hôpital psychiatrique à Endenich, près de Bonn, la relation entre Clara Schumann et Brahms s’intensifie. Ils vivent dans la même maison à Düsseldorf. Les échanges d’idées avec Clara et Robert Schumann transparaissent dans ses variations pour piano op. 9 sur un thème de Robert Schumann, qui a pu les écouter à Endenich et les a trouvées magnifiques.

Dans les mesures 30–32 de la dixième variation, apparaît dans la voix du milieu, un thème de Clara, que Robert Schumann avait également repris dans son op. 5. Entre 1854 et 1858, Clara Schumann et Brahms échangent de nombreuses lettres, témoignages qu’ils se sont ensuite accordés à détruire presque entièrement. Il nous reste encore aujourd’hui quelques lettres de Brahms ; elles reflètent l’image d’une passion grandissante. Au début, il lui écrit « vous » (« Sie »), « chère madame » (« Verehrte Frau »), puis « très chère amie » (« Teuerste Freundin »), et finalement « mon amie bien-aimée » (« Innigst geliebte Freundin »), et à la fin « Ma bien-aimée Madame Clara » (« Geliebte Frau Clara »). Dans une lettre du 25 novembre 1854, il écrit soudainement :

« Très chère amie, comme le « tu » intime me regarde tendrement ! Mille merci pour cette lettre, je ne peux pas m’arrêter de la regarder et de la relire, comme si je la lisais pour la première fois ; rarement les mots ne m’ont autant manqué que lorsque j’ai lu votre dernière lettre".

Lui, le plus jeune qui n’avait pas osé suggérer le tutoiement, y est à présent confronté. Il s’habituera progressivement à cette intimité. Dans une lettre du 31 mai 1856, il écrit très clairement :

« Ma bien-aimée Clara, je voudrais, je pourrais t’écrire tendrement combien je t’aime et combien je te souhaite de bonheur et de bonnes choses. Je t’adore tellement, que je ne peux pas l’exprimer. Je voudrais t’appeler par des « chérie » et d’autres termes affectueux sans en être rassasié, pour te courtiser. (…) Tes lettres sont pour moi comme des bisous."

Cette lettre sera la dernière avant l’évènement prévisible et pourtant soudain qui bouleversera la nature même de leur liaison : le décès de Robert Schumann le 29 juillet 1856. En octobre de la même année, Brahms qui nourrit encore l’espoir de pouvoir consoler « sa » Clara pendant cette période de deuil, devra pourtant se résigner. Elle s’éloigne peu à peu de lui. Les lettres échangées perdent de leur passion. Le 17 octobre 1857, Brahms finira par résumer ainsi dans une de ses missives :

« Les passions n’appartiennent pas aux hommes comme des choses naturelles. Elles sont toujours des exceptions ou des exagérations. Celui chez qui elles dépassent les bornes, doit se considérer comme malade et songer à un remède pour sa vie et sa santé. (…) Les passions doivent vite s’estomper, ou alors, il faut les chasser. »

Par la suite, Brahms restera en liaison avec Clara toute sa vie durant. Il lui écrit ainsi en 1896, peu avant sa mort :

« Si vous croyez devoir attendre le pire, accordez-moi quelques mots, avec lesquels je peux venir voir s’ouvrir encore les beaux yeux, avec lesquels beaucoup se refermera pour moi."


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MessageSujet: Re: JOHANNES BRAHMS   Mer 1 Avr - 23:29

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MessageSujet: Re: JOHANNES BRAHMS   Jeu 2 Avr - 1:07

Clara, un film de Helma Sanders-Brahms
(2008). Au cinéma: le 13 mai 2009



par Tristan Montségur

Portrait de Clara

Le film de Helman Sanders -Brahms est une indiscutable réussite. Plus psychologique que spectaculaire, plus intime et tendu voire allusif que narratif ou mécaniquement chronologique, le regard de la réalisatrice sur le couple Schumann est avant tout sélectif, fragmentaire, et finalement synthétique. Celui d'une femme qui parle d'une autre femme. Elle sélectionne ou grossit certains faits de l'histoire du couple, voire invente et réécrit la trame de l'action réelle.
Peu importe si Clara, immense virtuose, pianiste plus célébrée que ne le fut son époux comme compositeur, dirigea dans les faits, les musiciens de l'orchestre de Düsseldorf. C'est l'engagement et la passion musicale d'une très grande musicienne qui sont exprimés dans ce parti cinématographique. Dans le film, l'épouse dirige avec son mari, la création de la Symphonie n°3 "Rhénane"... Clara est une femme forte, mère et instrumentiste, épouse amoureuse mais hélas peu à peu dépassée par les troubles mentaux de son époux, Robert. Helma Sanders-Brahms raconte aussi la dérive d'une relation conjugale... dont la scène théâtrale se déroule effectivement à Düsseldorf à partir de 1850.
Les historiens se concentrent sur le destin certes tragique de Robert. Mais combien se sont-ils penchés sur le ressentiment de son épouse, démunie, déconcertée (et de surcroît enceinte à nouveau) au moment où Robert s'effondre et abdique, désirant être interné...? Le fait que Clara ne visite pas son époux hospitalisé pendant de nombreux mois, est révélateur de ce qu'a pu éprouver la jeune femme. Que frappe à sa porte Johannes Brahms, tel un jeune prince inespéré, pendant cette période difficile et déroutante pour elle, est une provocation perpétrée par un destin facétieux voire cynique...

Ainsi, à l'écran, que paraisse le jeune Brahms, jeune homme fougueux et aussi enfantin (ce que montre aussi le film): et la sensibilité ardente de la femme de 30 ans redouble d'ivresse et d'acuité. La scène centrale qui est aussi celle du visuel de l'affiche, où les trois musiciens l'une des plus belles du film- se retrouvent comme fusionnés par la musique, où chacun, Clara au piano, en action, déchiffre la 2ème Sonate de Brahms, met en lumière tout ce qu'ont en partage Johannes et Clara... chant des gestes exaltés par la musique enivrante et irrésistible. La musique réalise le désir secret des deux coeurs. Or mariée à Robert, même après la mort de ce dernier, Clara ne rejoindra jamais Brahms ... pour lequel cependant Clara reste la seule femme de sa vie.
Etait-il nécessaire pour autant de représenter ce voeu d'intouchabilité que prononce Brahms à l'encontre de sa muse inaccessible dans cette chambre improbable où ils se retrouvent seuls ? Le principe de la suggestion qui avait conduit l'écriture fictionnelle jusque là aurait dû se résoudre jusqu'au terme de l'action. En particulier dans cette scène.

Que Brahms et Clara Schumann aient réellement consommé leur évidente attirance reste conjecture. Seule importe cette fascination partagée pour la musique que le film du début à la fin exprime avec finesse et justesse.
Dans les yeux de Clara se lit la secrète espérance d'un amour véritable où la pianiste adulée, qui est aussi compositrice, pourrait déployer librement son désir d'écriture et d'engagement supérieur dans la musique. On devine que dirigeant l'orchestre, elle se réalise enfin musicienne, offrant à l'interprète le vertige de la création. "C'est assez que tu sois pianiste" lui dit Robert. Un compositeur par famille suffit ainsi dans une société misogyne. On pense à la considération de Félix Mendelssohn vis à vis de sa soeur, Fanny, qui souhaitait pourtant écrire et composer comme son frère cadet... Bonne épouse, remarquable pianiste mais pas compositrice. L'acte d'écriture ne peut être que masculin.



Trois comédiens formidables

Ainsi Clara vit par procuration, par son mari interposé, son désir de création. Quand elle joue les partitions du jeune Brahms qui lui sont d'ailleurs dédiées, la jeune femme éprouve d'autant plus l'intensité avec laquelle elle est capable de vivre la musique... Film sur Clara, le drame privilégie le regard de l'héroïne. Mais pour autant, toutes les étapes clés des 6 dernières années de la vie de Robert ne sont pas atténuées. Les scènes de folie et d'autodestruction qui rongent Robert Schumann, jalonnent le fil de la narration. Ses hallucinations mentales et auditives, ses maux de tête, ses efforts vains pour se faire respecter des musiciens de l'orchestre dont il a été nommé directeur musical, son effondrement psychique... tout est clairement exprimé. Dans la réalité, effectivement, arrivé en septembre 1850, Schumann ne dirigera l'orchestre que jusqu'à la fin 1852: les instrumentistes après cette date ne pourront plus suivre sa direction étrange et fantasque...

L'approche de la réalisatrice sait éviter tout pathos décoratif, si facile pourtant en terres romantiques, dans l'évocation de surcroît d'une comédie dramatico-sentimentale. Ce huit clos qui repose sur un trio impossible demeure fidèle par l'esprit à ce que put être la relation entre Clara, Johannes et Robert. Pudeur, mesure, tendresse orchestrent le regard de Helma Sanders-Brahms vis à vis de ses acteurs. Trois comédiens formidables, jamais suractifs ni maniérés.
Découverte pour nous dans le film culte "La vie des autres" où elle incarne l'épouse de l'écrivain suspecté par l'agent de la Stasi, Marina Gedek est Clara: jeu intérieur et profond d'une lumineuse sensibilité; à l'inverse, Pascal Greggory offre de Robert son époux, un portrait magistral, s'abîmant inéluctablement dans les ténèbres, un être évanescent, inadapté, habité par une réalité invisible, dévoré de l'intérieur. Le jeune Malik Zidi a quant à lui, la fraîcheur et la candeur du jeune homme passionné, venu de Hambourg, saisi par la beauté de Clara, femme musicienne, véritable égérie dont le fluide s'écoule par la beauté de son âme et la souplesse de ses doigts agiles...

Nous garderons longtemps en mémoire la course effrénée, seule, de Clara exaltée par les partitions qu'elle vient de jouer (celles de Brahms): libre soudain, la jeune femme se jette à terre et contemple simplement le ciel, immense et insondable comme cet élan qui la porte contre toute attente. Puis, tout en jouant le Concerto de son époux, son doux visage regarde Brahms qui vient de ramasser l'alliance que vient de perdre Robert, lointain, éteint, comme hébété, saisi dans ses songes obsédants... Ce tableau du début dit tout, sans paroles, dans la musique, de la tragédie à naître, de la métamorphose qui peut jaillir... Anéantissement inéluctable du mari génial, ardeur juvénile d'un jeune compositeur plein de talent... qui attend son heure et l'occasion de vivre le seul amour auquel il s'est voué corps et âme.

Quant à la fin, si l'on regrette que l'aveu d'un amour platonique ait été prononcé, réduisant la force de l'écriture suggestive et pudique du début dont nous avons souligné la force métaphorique, toute l'immense tendresse muette qui unit Clara à Johannes demeure le sujet principal du film. Consommé et figuré à l'écran, leur amour aurait fini en épisode anecdotique. Cet amour qui dépasse la fusion des corps et se réalise dans la musique est l'objet de leur idylle. Le film s'achève dans cette irrésolution magique, suspendue, éternelle comme tous les grands mythes amoureux. Sans rien atténuer de sa force, le film de Helma Sanders-Brahms brosse un portrait tendre de Clara, un acte de fraternité pour une âme admirable dont la partition se déroule dans le chant de la musique. Un chant magnétique qui sut aimanter deux immenses compositeurs parmi les plus essentiels de l'histoire de la musique romantique. Le premier qui l'épousa, lui vouera une tendresse éperdue jusqu'à sa mort; le second, de la génération suivante, lui témoignera toujours un amour pur et limpide, indestructible et "fort comme le diamant". Clara méritait bien un film digne de sa personnalité. Voilà qui est fait.

Clara, un film de Helma Sanders-Brahms (2008, 1h50). Sortie annoncée: mercredi 13 mai 2009.


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MessageSujet: Re: JOHANNES BRAHMS   Jeu 2 Avr - 1:17



Il a reçu de nombreuses distinctions d'Allemagne, d'Autriche et d'Angleterre

1873 : l'ordre Maximilien de Bavière des sciences et des arts
1877 : La médaille d'or de la société Philarmonique de Londres
1886 : La présidence d'honneur de la Tonkünstlerverein à Vienne
1889 : La crosse royale de l'ordre impériale autrichien de Leopold
1889 : La "Liberté" de Hambourg
1889 : Il est membre d'honneur de la Maison de Beethoven à Bonn
1895 : Il est récipendiaire de L'ordre autrichien des arts et sciences.
1876 : Il décline le titre de docteur Honoris Causa de Cambridge, ne voulant pas
effectuer le voyage en Angleterre.
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MessageSujet: Re: JOHANNES BRAHMS   Jeu 2 Avr - 1:28

Leonid Kogan playing Hungarian Dance by Brahms (Kreisler version) in F sharp minor. Naum Walter PIANO




Nouveaux chemins (Neue Bahnen) – sous ce titre est paru le 25 octobre 1853 dans le journal Le nouveau journal de la musique (Neue Zeitschrift für Musik) fondé par Robert Schumann et distribué à Leipzig, le premier article sur Johannes Brahms. Schumann écrit :

« Il est venu cet élu, au berceau duquel les grâces et les héros semblent avoir veillé. Son nom est Johannes Brahms, il vient de Hambourg… Dès qu’il s’assoit au piano, il nous entraîne en de merveilleuses régions, nous faisant pénétrer avec lui dans le monde de l’Idéal. Son jeu, empreint de génie changeait le piano en un orchestre de voix douloureuses et triomphantes. C’étaient des sonates où perçait la symphonie, des lieder dont la poésie se révélait, des pièces pour piano, unissant un caractère démoniaque à la forme la plus séduisante, puis des sonates pour piano et violon, des quatuors pour instruments à cordes et chacune de ces créations, si différente l’une de l’autre qu’elles paraissaient s’échapper d’autant de sources différentes… Quand il inclinera sa baguette magique vers de grandes œuvres, quand l’orchestre et les chœurs lui prêteront leurs puissantes voix, plus d’un secret du monde de l’Idéal nous sera révélé…[2] »

Schumann demande à l’éditeur Breitkopf & Härtel de publier quelques œuvres de Brahms. Son engagement personnel pour Brahms a permis de le rendre très rapidement célèbre en Allemagne. L’article, au retentissement important, sera un lourd fardeau pour ce jeune homme de vingt ans. Beaucoup de mélomanes veulent l’entendre, voir ses notes, ou en savoir plus sur son talent. Cet empressement effraie Brahms : dans une lettre à Schumann, il exprime son appréhension de ne pas pouvoir répondre à toutes les attentes du public. Après une auto-critique trop sévère, il brûle même quelques-unes de ses œuvres.

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MessageSujet: Re: JOHANNES BRAHMS   Jeu 2 Avr - 1:51

Ecrite pour Clara certainement



celà vous rappellera Baby alone in Babylone de Serge Gainsbourg.


La Mort des Amants

Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères,
Des divans profonds comme des tombeaux,
Et d'étranges fleurs sur des étagères,
Ecloses pour nous sous des cieux plus beaux.

Usant à l'envi leurs chaleurs dernières,
Nos deux coeurs seront deux vastes flambeaux,
Qui réfléchiront leurs doubles lumières
Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.

Un soir fait de rose et de bleu mystique,
Nous échangerons un éclair unique,
Comme un long sanglot, tout chargé d'adieux;

Et plus tard un Ange, entr'ouvrant les portes,
Viendra ranimer, fidèle et joyeux,
Les miroirs ternis et les flammes mortes.

BAUDELAIRE LES FLEURS DU MAL
Etoile




Amoureux de Clara Schumann, femme de son ami Robert Schumann, Johannes Brahms resta célibataire. Il ne la demanda pas en mariage après le décès de son mari.


Dernière édition par Nine le Jeu 2 Avr - 11:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: JOHANNES BRAHMS   Jeu 2 Avr - 2:27


Cycle Johannes Brahms
[Musique - Classique & Opéra]

Lieu : Salle Pleyel - Paris
Dates : du 27 Septembre 2008 au 19 Juin 2009

Prochaine date : 19/06/2009 » Salle Pleyel - Paris (75008)

D'influences diverses, marquée par une grande science du contrepoint et de la polyphonie, l'esthétique de Johannes Brahms reste, dans ses formes classiques, profondément marquée par la nostalgie de l'époque romantique, mais d'une troublante originalité, avec des couleurs magnifiques, des mélodies inventives et des rythmes surprenants par leur superposition. Le cycle de concerts proposé par la salle Pleyel donne un panorama de l'oeuvre symphonique et concertante de ce compositeur, avec quelques incursions dans sa musique de chambre.
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