H A R M O N Y

Musique et arts
 
AccueilFAQS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 J. D. SALINGER

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Bridget

avatar

Féminin Nombre de messages : 2358
Age : 65
Localisation : Paris
Date d'inscription : 13/05/2008

MessageSujet: J. D. SALINGER   Dim 29 Mar - 17:33

.

Le mystère  SALINGER    Etoile    Etoile    Etoile







L'écrivain reclus J.D. Salinger fête ses 90 ans.

L'écrivain J.D. Salinger, dont le roman «L'attrape-coeurs» a profondément marqué la littérature américaine du XXe siècle, fête jeudi ses 90 ans, une étape qui ne devrait pas faire sortir de sa réclusion un auteur notoirement jaloux de sa tranquillité.


Malgré l'énorme succès de son roman de 1951 sur la révolte d'un adolescent, Salinger n'a plus rien publié depuis 1965 et n'a accordé aucun entretien à la presse ces 28 dernières années.

Un grand mystère entoure la vie de l'écrivain depuis qu'il a décidé de se réfugier dans sa maison nichée sur une colline arborée à Cornish, un village du New Hampshire (nord-est des Etats-Unis).


Selon des récits publiés par sa fille et une ancienne amie, Salinger écrit toujours. Mais aucun de ses manuscrits n'a jamais atteint de maison d'édition depuis plus de quatre décennies, malgré le succès que rencontrerait un tel ouvrage parmi les légions d'admirateurs que compte l'écrivain.

«J'adore écrire, et je vous assure que j'écris régulièrement. Mais j'écris pour moi et je veux qu'on me laisse complètement tranquille pendant que je le fais», avait déclaré Salinger lors de son dernier entretien, en 1980 au Boston Globe.

En 1997, une information selon laquelle la dernière oeuvre publiée de Salinger, «Hapworth 16: 1924», parue dans le magazine The New Yorker, pourrait sortir en livre, avait provoqué l'effervescence dans les cercles littéraires. Mais cette publication a été depuis repoussée à de nombreuses reprises.








Jerome David Salinger est un écrivain américain, né le 1er janvier 1919 à New York.

Il commence à se faire connaître en 1948 avec des nouvelles parues dans le New Yorker, mais il est surtout célèbre pour son roman L'Attrape-cœurs (titre original : The Catcher in the Rye).






Traitant de l'adolescence et du passage à l'âge adulte, ce roman, devenu un classique du genre, connaît une popularité importante depuis sa publication en 1951. L'un des thèmes majeurs de Salinger est l'étude des esprits agiles et puissants de jeunes hommes perturbés et du pouvoir rédempteur des enfants dans la vie de tels hommes.

Salinger est également connu pour sa vie de reclus. Il n'a pas fait une seule apparition publique, donné une seule entrevue ou publié un seul écrit depuis quarante ans.







Biographie


Salinger naît le 1er Janvier 1919 à New York d'un père juif et d'une mère catholique irlandaise (bien qu'il ait cru, jusqu'à la fin de son adolescence, que sa mère aussi était juive ).


Son père, Sol, importait de la viande. Adolescent, J.D. Salinger, alors connu sous le sobriquet de Jerry, part en voyage en Pologne pour observer l'entreprise familiale d'origine. Son dégoût le conduit à un éloignement de son père, à qui, une fois adulte, il ne s'adresse plus guère.


Il fréquente l'académie militaire Valley Forge en Pennsylvanie, qui lui servira de modèle pour le collège Pencey Prep dans L'Attrape-Cœurs. Pendant ses années à l'Ursinus College à Collegeville, Pennsylvania, un de ses professeurs a dit de Salinger qu'il était « le pire étudiant d'anglais dans l'histoire du collège ».


Après avoir échoué à ses examens dans différentes écoles, Salinger suit des cours d'écriture à l'université de Columbia en 1939. Son professeur, Whit Burnett, est l'éditeur de Story Magazine, et rapidement, il devine un certain talent chez le jeune auteur.

Dans le numéro de mars-avril 1940 de Story, Burnett publie la première nouvelle de Salinger, The Young Folks, à propos de plusieurs jeunes adultes égoïstes et sans but.
Par la suite, Burnett et Salinger continuent de correspondre pendant plusieurs années, jusqu'à ce qu'un différend les oppose à propos d'un projet de recueil de nouvelles également nommé The Young Folks.


J.D. Salinger sert dans l'armée pendant la Seconde Guerre mondiale de 1942 à 1945 et il participe avec la 4e division d'infanterie US à des combats extrêmement violents. Cette expérience qui l'a sans doute affecté émotionnellement (il a été hospitalisé pour soigner un stress post-traumatique) est probablement à l'origine de certains de ses écrits, comme  Pour Esmé, avec amour et abjection où le narrateur est un soldat traumatisé.

Il continue de publier ses histoires dans des magazines tels que Collier's et le Saturday Evening Post pendant et après son engagement militaire.


À partir de 1948, il commence véritablement à se faire connaître avec la publication de nouvelles, telles que L'Oncle Wiggly du Connecticut, dans le journal New Yorker dont il devient rapidement l'un des auteurs les plus connus.

Un jour rêvé pour le poisson-banane (titre original : A Perfect Day for Bananafish) est acclamé par la critique et c'est l'une des nouvelles les plus populaires jamais publiées par ce journal.


En fait ce n'est pas sa première collaboration avec le journal, puisque c'est en 1942 que Salinger a vu une de ses nouvelles acceptée pour la première fois par le New Yorker.
Il s'agissait d'une histoire intitulée Slight Rebellion off Madison, dans laquelle apparaissait un personnage semi-autobiographique nommé Holden Caulfield. La nouvelle ne fut toutefois pas publiée avant 1946 à cause de la guerre. Son histoire faisait référence à des nouvelles antérieures concernant la famille Caulfield. Le focus sur les personnages est finalement passé du grand frère Vincent à Holden.


Salinger a confié à plusieurs personnes qu'il sentait que Holden méritait un roman et L'Attrape-Cœurs (titre original :The Catcher in the Rye) est publié en 1951.







C'est un succès immédiat, même si les premières critiques sont partagées.

Bien que cela n'ait jamais été confirmé par Salinger lui-même, on peut penser que plusieurs éléments présents dans le livre sont autobiographiques. Le roman est dominé par le caractère nuancé et complexe de Holden Caulfield, un jeune de seize ans qui cherche vainement à communiquer avec les êtres rencontrés dans la grande ville. Le roman montre l'expérience de cet adolescent en pleine crise.


Le livre devient célèbre grâce aux descriptions, au sens du détail, à la vision subtilement complexe de Salinger ; il est apprécié également pour son humour ironique et pour son atmosphère déprimante et désespérée de New York.


Le roman a été interdit dans certains pays à cause de l'utilisation d'un langage cru et offensant ; « sacré bon dieu (goddam) » apparaît pratiquement à chaque page. Le livre est toujours beaucoup lu actuellement, particulièrement aux États-Unis où il est largement étudié dans les écoles ; il est considéré comme une référence pour sa description de la colère et du désarroi propres à l'adolescence.








En 1953, Salinger réunit en un recueil sept nouvelles déjà publiées dans le New Yorker (dont le poisson-banane), ainsi que deux autres qui avaient été refusées.

Le recueil est intitulé  Nine Stories  aux États-Unis, Pour Esme, avec amour et abjection (d'après une de ses histoires les plus appréciées) au Royaume-Uni. Il sera plus tard traduit en français et publié sous le nom de Nouvelles. Le livre est un succès, bien que Salinger commence à contrôler étroitement la publicité accordée au livre et l'illustration de la jaquette.


Nine Stories est un recueil de nouvelles écrites par J. D. Salinger publié en 1953. Il inclut deux des nouvelles les plus connues de l'auteur : "A Perfect Day for Bananafish" et "For Esmé with Love and Squalor." (Nine Stories est le titre américain du livre ; dans plusieurs autres pays il est intitulé For Esmé - with Love and Squalor, and Other Stories.)


   "A Perfect Day for Bananafish" (1948)
   "Uncle Wiggily in Connecticut" (1948)
   "Just Before the War with the Eskimos" (1948)
   "The Laughing Man" (1949)
   "Down at the Dinghy (1949)
   "For Esmé with Love and Squalor" (1950)
   "Pretty Mouth and Green My Eyes" (1951)
   "De Daumier-Smith's Blue Period" (1952)
   "Teddy" (1953)


"A Perfect Day for Bananafish" (1948) : Un jour rêvé pour le poisson-banane (Titre original : A Perfect Day for Bananafish) est une nouvelle de l'écrivain américain J. D. Salinger.
Publiée pour la première fois dans la revue The New Yorker le 31 janvier 1948, elle est ensuite éditée à la fois dans un ouvrage publié par le magazine The New Yorker 55 Short Stories from the New Yorker en 1949, puis en 1953 dans Nine Stories.

C'est le premier écrit de Salinger à mettre en scène la famille Glass, à travers l'histoire de Seymour Glass et de son épouse, lors d'une seconde lune de miel, en Floride.


La nouvelle, dont le titre en anglais était initialement « A Fine Day pour Bananafish », [1] marqua une étape importante dans la carrière de Salinger.

Le New Yorker, qui à l'époque n'avait publié qu'une seule de ses nouvelles, accepta de publier le « Poisson-banane » immédiatement et, en raison de sa « singulière qualité », signa avec l'auteur un contrat leur donnant un droit de préemption sur toute nouvelle à venir.[1]

Lors de sa publication, « Un jour rêvé pour le poisson-banane » eut un succès immédiat; selon son biographe Paul Alexander, cette nouvelle constitua l'œuvre « qui changea définitivement son statut dans la communauté littéraire ».


"For Esmé with Love and Squalor" (1950) : Pour Esmé avec amour et abjection (Titre original : For Esmé with Love and Squalor) est une nouvelle de l'écrivain américain J. D. Salinger.
Publiée pour la première fois dans la revue The New Yorker le 8 avril 1950, elle fut ensuite publiée dans le recueil de nouvelles Nine Stories deux ans plus tard. La nouvelle raconte l'histoire d'un sergent de l'armée américaine qui se remémore sa rencontre avec une jeune fillette, Esmé, en Angleterre, durant la Seconde Guerre mondiale, avant d'être envoyé au combat.












Salinger publie ensuite Franny et Zooey (titre original : Franny and Zooey) en 1961 et Dressez haut la poutre maîtresse, charpentiers (titre original : Raise High the Roof Beam, Carpenters) en 1963. Tout deux sont des recueils de nouvelles publiées à l'origine dans le New Yorker.



Publiée pour la première fois dans le magazine littéraire The New Yorker en 1961, ces deux histoires seront publiées sous forme de roman en septembre de la même année. Elles racontent respectivement l'histoire de Franny et Zooey, deux membres de la famille Glass, une famille récurrente dans l'œuvre de Salinger.

La première partie, bien plus courte que la seconde, raconte l'histoire de Franny Glass, la sœur de Zooey, étudiante dans une prestigieuse université d'art, probablement le Wellesley College. Désenchantée par l'égocentrisme du monde qui l'entoure, elle tente de s'en échapper en atteignant la purification spirituelle.

Dans la seconde histoire, Zooey, frère aîné de 5 ans de Franny, tente de convaincre sa sœur qu'elle ne tend pas vers la purification spirituelle pour les bonnes raisons.








.


Dernière édition par Bridget le Mer 28 Aoû - 18:22, édité 7 fois
Revenir en haut Aller en bas
Bridget

avatar

Féminin Nombre de messages : 2358
Age : 65
Localisation : Paris
Date d'inscription : 13/05/2008

MessageSujet: Re: J. D. SALINGER   Mer 15 Avr - 14:15



.
L'Attrape-cœurs


L'Attrape-cœur (The Catcher in the Rye) est un roman de J. D. Salinger. Publié aux États-Unis en 1951, plus de 60 millions d'exemplaires ont été vendus à ce jour et il s'en vendrait environ 250 000 chaque année.


Il constitue l'une des œuvres les plus célèbres du xxe siècle et un classique de la littérature, à ce titre enseigné dans les écoles aux États-Unis et au Canada, bien qu'il soit critiqué en raison de certains des thèmes abordés (prostitution, décrochage scolaire, obsession de la sexualité) et du niveau de langue (langage familier et souvent injurieux).





Tout le roman, son contenu, son style, le caractère du personnage principal, sont inscrits dans les premières phrases.

« Si vous avez réellement envie d’entendre cette histoire, la première chose que vous voudrez sans doute savoir, c’est où je suis né, ce que fut mon enfance pourrie et ce que faisaient mes parents et tout avant de m’avoir, enfin toute cette salade à la David Copperfield, mais à vous parler franchement, je ne me sens guère disposé à entrer dans tout ça. »


Résumé



Écrit à la première personne, le roman relate les deux jours durant lesquels Holden Caulfield vit seul dans New York, après avoir été expulsé de Pencey Prep.

Dans les premiers chapitres, il nous raconte ses différends avec les étudiants de Pencey (en particulier Stradlater et Ackley), qu'il qualifie de superficiels. Après avoir été viré du collège, Holden fait rapidement ses bagages et quitte l'école en plein milieu de la nuit.

Il prend un train pour New York, mais refuse de rejoindre directement l'appartement familial; il réserve une chambre dans un hôtel sordide, "the Edmont Hotel". Il passe la soirée à danser avec trois jeunes filles de Seattle (dont seulement une est jolie selon lui) et rencontre une prostituée, avec qui Holden aura un léger malentendu: il refuse de faire quoi que ce soit avec elle, mais la paye quand même pour lui avoir accordé son temps. La prostituée, Sunny, revient plus tard dans la soirée pour lui demander plus d'argent qu'il était convenu et lorsque Holden refuse de payer, il reçoit un coup violent de la part de son proxénète.


Holden passe deux jours en ville, largement caractérisés par l'ivresse et la solitude. Au point qu'il finit dans un musée, où il compare sa vie avec celles des statues, qui sont fixées et ne changent jamais.

Il est clair pour le lecteur, mais pas pour Holden, que l'adolescent est effrayé et nerveux à l'idée de grandir, de devenir adulte. Il se pourrait que ces doutes aient, en partie, été causés par la mort de son frère, Allie.


A la fin du roman, Holden finira par faire un tour chez lui, pendant l'absence de ses parents, pour prendre des nouvelles de sa petite sœur Phoebé, "une petite crevette" de 10 ans qui se trouve être la seule personne qu'il aime littéralement et avec qui il peut communiquer aisément.
L'explication du titre est donnée dans ce chapitre, lorsque Holden et Phoebé parlent du poème de Robert Burns Comin' Through the Rye. Il s'imagine dans un champ de seigle avec des milliers de petits "mômes", il est au bord d'une falaise et doit seulement les empêcher de tomber, s'ils ne regardent pas où ils vont, s'ils s'approchent trop près du bord. Il serait "l'attrape-cœurs" ("the catcher in the rye"). On peut comprendre ce passage comme étant la plus grande envie de Holden: empêcher les enfants de grandir, de tomber de la falaise.


Extraits du livre :


- Tu connais la chanson “si un cœur attrape un cœur qui vient à travers les seigles”? Je voudrai…

- C’est "si un corps rencontre un corps qui vient à travers les seigles". C’est un poème de Richard Burns.

Remarquez, elle avait raison, c’est "Si un corps rencontre un corps qui vient à travers les seigles". Depuis, j’ai vérifié.

Là j’ai dit : "Je croyais que c’était "Si un cœur attrape un cœur". Bon, je me représente tous ces petits mômes qui jouent à je ne sais quoi dans le grand champ de seigles et tout. Des milliers de petits mômes et personne avec eux, je veux dire pas de grandes personnes – rien que moi.
Et moi je suis planté au bord d’une saleté de falaise. Ce que j’ai à faire c’est attraper les mômes s’ils approchent trop près du bord. Je veux dire s’ils courent sans regarder où ils vont, moi je rapplique et je les attrape.
C’est ce que je ferais toute la journée. Je serais juste l’attrape-cœurs et tout. D’accord, c’est dingue, mais c’est vraiment ce que je voudrai être. Seulement ça. D’accord, c’est dingue.

D’accord. Les Mr Vinson.
Une fois dépassés tous les Mr Vinson, tu vas commencer à te rapprocher de plus en plus – c’est à dire si tu le veux, si tu le cherches, si tu l’attends – du genre de savoir qui sera très cher à ton cœur. Entre autres choses, tu découvriras que tu n’es pas le premier à être perturbé et même dégoûté par le comportement de l’être humain. A cet égard, tu n’es pas le seul, et de le savoir cela t’excitera, te stimulera. Bien des hommes ont été tout aussi troublés moralement et spirituellement que tu l’es en ce moment.

Par chance, quelques-uns ont écrit le récit de leurs troubles. Si tu le veux, tu apprendras beaucoup en les lisant. De même que d’autres, un jour, si tu as quelque chose à offrir, d’autres apprendront en te lisant.

C’est un merveilleux arrangement réciproque. Et ce n’est pas de l’éducation. C’est de l’histoire. C’est de la poésie.



Après avoir quitté l'appartement, Holden décide d'aller rendre visite à un ancien professeur d'anglais, M. Antolini, qui lui propose de rester chez lui pour la nuit. Ils discutent tout deux de longs moments et le professeur pressent la "chute" de l'adolescent.
Mais durant la nuit, Holden se réveille brusquement et surprend M. Antolini qui lui caresse la tête d'une façon qui lui semble "perverse". Il quitte l'appartement de son ancien professeur et passe son dernier après-midi en ville. Il se demandera plus tard si son interprétation du geste de M. Antolini n'était pas exagérée.


Holden décide alors de s'en aller de New York, pour partir loin à l'ouest, et confie son désir à Phoebé, qui insiste pour partir avec lui, peu importe où il ira.

Il refuse de l'emmener, ne voulant pas lui avouer que lui-même ne pourrait jamais le faire. Ils vont ensuite au zoo; Holden regarde sa petite sœur sur un manège, admiratif et nostalgique à la fois.
A la fin du livre, Holden ne veut pas parler de son présent, le trouvant sans importance. Il devient clair que l'adolescent âgé de 17 ans se trouve dans une sorte d'hôpital psychiatrique (il se qualifie de "malade" et parle "du psychanalyste d'ici").


Il nous précise qu'il entrera dans un nouveau lycée au mois de septembre, et avoue que les personnes dont il a parlées dans le roman lui manquent.


Ainsi, pour ce qui est du contenu, le narrateur sait que l’on attend de lui une biographie. Mais, selon un procédé tout à fait unique, il interpelle le lecteur, pour tout de suite le prévenir qu’il ne racontera pas son histoire comme il est fait d’ordinaire, qu’il ne se pliera pas au protocole habituel et ne respectera pas les règles du genre.

S’il ne faut donc pas espérer un récit traditionnel, il s’agit pourtant bien, quand même, de l’histoire d’une vie.


Le livre n’est autre que le récit à la première personne de seulement quarante-huit heures de la vie d’un adolescent new yorkais, Holden Caulfield, quelques jours avant les vacances de Noël. Mais ce sont quarante-huit heures au cours desquelles il sort des rails qui lui étaient fixés, quarante-huit heures où se concentre toute sa vie passée et où son avenir bascule.
Le narrateur s’en défend bien : « Je ne vais pas vous faire entièrement ma saleté d’autobiographie ni rien. »


Il se contentera de raconter de façon chronologique l’emploi du temps de deux journées : le jour de son départ de l’école de Pencey et le lendemain, son errance dans la ville. Mais ce rapport heure par heure, ce compte-rendu détaillé de tous ses faits et gestes, bien qu’il soit strictement chronologique, s’ouvre vers des parenthèses et des digressions qui, finalement, constitueront bel et bien une autobiographie de Holden.


Au bout du compte, nous posséderons les renseignements qui permettent de connaître son environnement familial et social, nous saurons quelles sont ses relations à ses parents, à ses camarades, à ses professeurs, à son grand frère, désigné par les initiales D.B., qui travaille à Hollywood et roule en Jaguar, et à sa petite sœur d’une dizaine d’années, Phoebe, le seul être vivant pour lequel il semble éprouver tout à la fois de l’admiration et de l’affection, en un mot de l’amour.
Il y a aussi son petit frère, Allie, mais celui-ci est mort d'une leucémie quand il était adolescent, et sans doute est-il largement fantasmé.





.


Dernière édition par Bridget le Ven 8 Aoû - 14:07, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Bridget

avatar

Féminin Nombre de messages : 2358
Age : 65
Localisation : Paris
Date d'inscription : 13/05/2008

MessageSujet: Re: J. D. SALINGER   Jeu 28 Jan - 22:31




.
La mort de J.D. Salinger  






L'écrivain américain s'était retiré du monde en 1953 et n'avait pas publié depuis 45 ans. Il est mort mercredi à l'âge de 91 ans. Il reste un auteur mythique pour les adolescents du monde entier avec son roman L'Attrape-cœurs.

Cette fois, c'est pour de bon. J. D. Salinger avait déjà disparu en janvier 1953. L'auteur le plus célèbre des États-Unis prenait une retraite anticipée. Le succès de L'Attrape-cœurs (1951) l'avait transformé en légende vivante. Le héros, Holden Caulfield, était devenu l'idole des campus.
L'écrivain est harcelé, considéré comme une diva. Cela pèse un peu trop sur ses épaules. « Disons que j'en ai plein le dos de lutter contre cet agrandissement de mon portrait au dos de la couverture du livre. »


Avant de se retirer à Cornish (New Hampshire), Salinger accorde un dernier entretien. La presse sera sa bête noire. Salinger fut très fort, de ce côté-là : aucun journaliste ne réussira à le coincer.

Il y aura juste quelques photographies prises à la sauvette, au téléobjectif. On y voit un vieux monsieur furibard, qui brandit le poing contre ses agresseurs. Salinger était fait pour le secret. Son silence joua en sa faveur. Avoir écrit ce qu'il avait écrit et tirer la porte derrière soi, voilà la bonne méthode.

Ce type était un objet de culte. Un groupe punk, The Wynona Riders, intitula un de ses albums J. D. Salinger. Don DeLillo s'est inspiré de son personnage dans Mao II . Son ombre flotte sur le rôle de Sean Connery dans le film de Gus Van Sant A la rencontre de Forrester. Mark Chapman, l'assassin de John Lennon, avait dans sa poche un exemplaire de L'Attrape-cœurs quand la police l'a arrêté.


Malgré toutes ses précautions, on possède de menus renseignements sur Jerome David Salinger.
Il était né le 1er janvier 1919, avait grandi dans le Upper East Side de Manhattan. Famille aisée. Son père était juif, sa mère catholique.


Tout jeune, il fut amèrement blessé lorsque Oona O'Neill, la fille du dramaturge, l'abandonna pour épouser Charles Chaplin.
Durant la guerre, il est agent dans le contre-espionnage, débarque à Utah Beach, est un des premiers Américains à découvrir les camps de concentration.
Cette odeur de chair brûlée ne quittera jamais sa mémoire. Il fait une dépression nerveuse, épouse brièvement une Allemande qui était assez nazie sur les bords. Il se remarie en 1954, a deux enfants, Matt (qui est acteur) et Margaret (qui publia ses souvenirs sous le titre L'Attrape-rêves).


On disait que Salinger était resté bloqué émotionnellement à l'adolescence, ce que paraît confirmer la lecture de ses œuvres mettant en scène la famille Glass avec ses sept enfants, ses surdoués, ses suicidés.
Ça serait une critique de Mary McCarthy à propos de Franny et Zooey (1961) qui l'aurait poussé à s'exiler dans son chalet de bois. Il se serait nourri exclusivement de noix et de petits pois, se décrivait comme « un bouddhiste zen raté ». En 1995, sa maison avait brûlé. On ignore si son coffre contenait des tonnes de manuscrits inédits ou s'il avait cessé toute activité littéraire.



Sa dernière nouvelle publiée en 1965


Sa dernière nouvelle, Hapworth 16, 1924, a été publiée dans le New Yorker du 19 juin 1965. Il traînait ses biographes devant les tribunaux. Parfois, on l'apercevait au volant de sa Jeep. Ses bizarreries ne se comptaient plus. Les rumeurs circulaient. Il aurait envisagé de laisser ses enfants choisir leur prénom, aurait refusé de faire appel aux médecins, aurait tâté aux croyances les plus diverses (yoga, dianétique, homéopathie).


Il aimait les films d'Hitchcock, mais n'a jamais autorisé les producteurs à adapter L'Attrape-cœurs au cinéma. Sa troisième femme était une infirmière qui avait trente ans de moins que lui.


Il nous reste ses livres. Ils ont presque un demi-siècle. Ils sont indémodables.


À cause de lui, tous les garçons des années 1950 ont rêvé d'être renvoyés du collège trois jours avant Noël. On continuera longtemps de se demander avec Holden Caulfield où vont les canards de Central Park, quand le lac est gelé en hiver.


Ses lecteurs essayaient d'adopter son argot inimitable, cette façon de dire «vieux» à tout bout de champ, de brouiller les cartes («Je suis le plus épouvantable menteur que vous ayez vu dans votre vie»).
Quant à la phrase finale de L'Attrape-cœurs, ils la connaissent par cœur : «Ne racontez jamais rien à personne. Si vous le faites, tout le monde se met à vous manquer.»


Nous sommes des millions à avoir cru être les seuls à pouvoir comprendre vraiment Holden Caulfield. Il y a aussi ces conversations entre une mère et sa fille dans une salle de bains, ces demoiselles qui s'évanouissent dans les toilettes de restaurant, ces soldats qui se tirent une balle dans la tête, ce frère qui dit à sa sœur : «Tu as été gavée de philosophie religieuse avec une sonde gastrique.»


Salinger nous adressait des télégrammes à la fois mystérieux et personnels : «Je crois que je détesterai 1942 jusqu'à ma mort, pour des raisons de principe», «Le seul souci d'un artiste doit être de tendre à la perfection selon l'idée qu'il s'en fait lui-même, et non selon l'idée que s'en font les autres.»



250.000 exemplaires vendus par an


Ses admirateurs ne l'ont pas lâché. Ses voisins le protégeaient. Salinger est sorti intact des révélations signées Joyce Maynard dans At Home at the World, où elle racontait la liaison qu'elle avait eue avec l'écrivain quand elle avait dix-neuf ans, et lui cinquante.

Pour compléter le tableau, elle vendit aux enchères les lettres qu'il lui avait adressées à l'époque. Le bonhomme se méfiait. Il avait fait interdire les sites qui lui étaient consacrés sur Internet. En 1970, il avait remboursé à son éditeur un à-valoir de 75.000 dollars, preuve qu'il n'envisageait plus la publication.


A-t-il détruit des milliers de pages ? S'apercevra-t-on qu'elles n'existaient pas, comme les Prières exaucées de Truman Capote ?

Croisons les doigts et espérons qu'il s'agira de la plus formidable des éditions posthumes.

En attendant, L'Attrape-cœurs se vend toujours à 250.000 exemplaires par an.

« Ce qui me met vraiment K.O., c'est un livre dont vous aimeriez, lorsque vous l'avez fini, que l'auteur soit un terrible copain à vous, de manière à pouvoir l'appeler au téléphone quand vous en avez envie ? »

Nous avons tous perdu un grand frère......




.


Dernière édition par Bridget le Mer 28 Aoû - 12:57, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
Bridget

avatar

Féminin Nombre de messages : 2358
Age : 65
Localisation : Paris
Date d'inscription : 13/05/2008

MessageSujet: Re: J. D. SALINGER   Ven 29 Jan - 0:08

.




J.D. Salinger est mort. Eric Neuhoff lui avait écrit...
«Quand même, vous avez tenu le coup»


PAR ERIC NEUHOFF (ÉCRIVAIN)

http://bibliobs.nouvelobs.com/20100128/173/quand-meme-vous-avez-tenu-le-coup




Quand même, vous avez tenu le coup. Plus de quarante ans qu'on n'a plus de nouvelles de vous. Ça, on peut dire que vos voisins de Cornish protègent votre intimité.


On ne sait pas la tête que vous avez aujourd'hui. On ignore si vous avez continué à écrire. Ce mystère vous va bien. Ne lâchez pas. Poursuivez vos biographes en justice. Ne laissez pas rééditer vos textes du «New Yorker». Les gens n'ont qu'à faire comme moi, se débrouiller pour trouver ça dans la collection complète du magazine en cédérom. C'est incroyable, rien ne peut vous atteindre.


Votre fille a publié un livre où elle dit des horreurs sur vous - notre admiration reste intacte. Tous ces détails loufdingues ajoutent à votre légende.
Une fois par an, nous relisons religieusement «l'Attrape-coeurs» et l'émotion des débuts est toujours là. Il y a quelque chose de miraculeux dans ce roman. Vous avez aussi résisté - un exploit - à la nouvelle traduction d'Annie Saumont où votre héros a l'air de sortir d'un sketch de Coluche.



Soyez intraitable, empêchez que le cinéma s'attaque à votre prose.



. Si vous craquez un jour, au mépris de toutes vos résolutions, si vous réapparaissez, vieillard chenu en veste de tweed, surprenez- nous. Dites-nous, oui, que le bouddhisme vous a toujours emmerdé. Surtout, dites- nous enfin où vont les canards de Central Park, quand le lac est gelé en hiver.






.


Dernière édition par Bridget le Mer 28 Aoû - 12:54, édité 5 fois
Revenir en haut Aller en bas
Bridget

avatar

Féminin Nombre de messages : 2358
Age : 65
Localisation : Paris
Date d'inscription : 13/05/2008

MessageSujet: Re: J. D. SALINGER   Ven 5 Fév - 1:13



.


Le Figaro Littéraire d'aujourd'hui montre une photo inédite de Salinger en 1952 rapporte Gilles Klein sur son blog. «La San Diego Historical Society possédait ce portrait inédit de l'écrivain (...) L'institution s'était engagée à ne pas le diffuser avant sa mort.»

Le cliché est d'Anthony di Gesu.








Chaque image inédite de JD Salinger, l'un des écrivains américains les plus célèbres, et qui vient de mourir, sera un événement. L'auteur de L'Attrape-coeurs avait renoncé à toute vie publique, fait interdire les sites Internet le concernant, fermé sa porte aux journaliste et aux photographes, il ne recevait même pas son courrier.



Le New York Times souligne que ses voisins le connaissaient. Que d'eux son intimité était connue: ils le voyaient au quotidien, à la messe, dans ses habitudes ordinaires. Mais du grand public, il se cachait. Il était reclus. Le 1er janvier 1953, il s'était installé dans le Vermont, dans le village de Cornish. C'était le jour de ses 34 ans, on ne l'a presque jamais revu depuis.




.


Dernière édition par Bridget le Mer 28 Aoû - 12:50, édité 4 fois
Revenir en haut Aller en bas
Bridget

avatar

Féminin Nombre de messages : 2358
Age : 65
Localisation : Paris
Date d'inscription : 13/05/2008

MessageSujet: Re: J. D. SALINGER   Ven 5 Fév - 1:32

.




L'après-Salinger a déjà commencé


Adèle Smith à New York






Quelques jours seulement après la disparition du plus mystérieux des écrivains américains, les spéculations vont bon train sur l'existence de plusieurs manuscrits laissés dans un coffre-fort.



Jerome D. Salinger se réjouirait de la loyauté des siens. Parents, amis, voisins, tous refusent de parler de sa vie d'ermite à Cornish dans le New Hampshire, ces quarante-cinq dernières années.

On ne saura donc rien des œuvres que l'écrivain aurait laissées au fond d'un coffre-fort. L'auteur, disparu la semaine dernière à l'âge de 91 ans, avait fui la célébrité dans cette petite ville de la Nouvelle-Angleterre après le succès phénoménal de L'Attrape-cœurs en 1951. Mais tout laisse à penser qu'il continuait à écrire. Pour autant, à l'heure actuelle, le mystère reste entier.


Sur ses instructions, la veuve de Salinger, Colleen, n'a pas organisé de service religieux à sa mémoire. Elle a remercié les habitants de Cornish de leur discrétion. Sa fille Margaret, qui avait écrit L'Attrape-Salinger, biographie peu flatteuse de son père, dans laquelle elle parlait de la discipline quotidienne d'écriture de celui-ci, est aujourd'hui silencieuse.

Tout comme son fils, Matthew, et l'ancienne compagne de Salinger, Joyce Maynard. Celle-ci avait révélé dans une biographie parue en 1998 l'existence de deux manuscrits datant de l'époque de sa brève relation amoureuse avec l'auteur, vingt-cinq ans plus tôt.

Guère plus prolixe, l'agent de J.D. Salinger, Phyllis Westberg, dit aux journalistes depuis son bureau de Madison Avenue à New York qu'elle «ne répond pas aux questions».









Les langues commencent pourtant à se délier du côté des habitants de Cornish. Il s'agit surtout d'anecdotes sur les habitudes de l'auteur, comme le rituel mensuel du pot-au-feu à l'église locale.

On évoque volontiers cette obsession à vouloir protéger sa vie privée. Un jeu auquel se prêtaient de bonne grâce certains habitants, orientant curieux et journalistes vers de fausses adresses. D'autres s'en exaspéraient : «Quand vous le rencontriez, vous ne lui adressiez jamais la parole en premier. Il n'était pas du genre causant», se souvient le patron du café préféré de Salinger.



Lillian Ross, auteur et journaliste, amie de longue date de Salinger, confirme dans le New Yorker que l'auteur, homme particulièrement «drôle» et «original», continuait à écrire bien qu'il fût horrifié par les dérives commerciales du monde littéraire.

Il consacrait à l'écriture de «longues» heures «folles» et avait même envisagé un temps de vendre les droits de la nouvelle Jour rêvé pour le poisson-banane à Brigitte Bardot.





Hollywood à l'affût




Mais au-delà des anecdotes, une seule question intéresse ses lecteurs : va-t-on pouvoir lire de nouveaux textes de Salinger ? Les éditeurs, eux, se frottent déjà les mains, persuadés de trouver des manuscrits et d'obtenir l'accord des héritiers de les publier.

À ceux-ci, Salinger aurait laissé des consignes très strictes. Nul ne sait qui est son exécuteur testamentaire pour l'instant. La rumeur veut que l'écrivain ait souhaité voir ses œuvres publiées telles quelles après sa mort. Est-ce imaginable de la part de celui qui a tout fait pendant sa vie pour que ses livres ne soient pas publiés ?

C'est déroutant. Certains prédisent déjà la publication de plusieurs romans consacrés aux membres de la famille Glass, Seymour, Zoey, Buddy, etc., héros de nouvelles très populaires aux États-Unis, publiées après L'Attrape-cœurs.

D'autres imaginent un Salinger à la manière du personnage du Shining de Kubrick, interprété par Jack Nicholson, écrivain fou tapant en boucle sur sa machine une seule et même phrase…


Comme d'autres inconditionnels de J.D.Salinger, Roger Lathbury a des doutes sur la qualité des manuscrits. L'universitaire, responsable d'une petite maison d'édition en Virginie, est celui qui a remporté à la surprise générale les droits de publication dans les années 1990 de la dernière œuvre connue de l'auteur, Hapsworth 16 : 1924 parue dans le New Yorker en 1965.

Avant de les perdre brusquement pour une interview donnée au Washington Post juste avant la publication. La publicité occasionnée avait courroucé l'exigeant auteur. «J'ai lu toutes les nouvelles de Salinger publiées sous le manteau après L'Attrape-cœurs. Il y en avait de bonnes et d'autres très mauvaises» , estime l'éditeur, qui garde néanmoins bon espoir de publier Hapsworth 16 : 1924 .

«Salinger était très méticuleux, il avait tout supervisé de la couverture à la qualité du papier en passant par l'espacement entre les lignes, c'était incroyable.»

De son vivant, Salinger dépensait une énergie considérable pour empêcher l'adaptation de L'Attrape-cœurs au cinéma (par Billy Wilder et Steven Spielberg) et pour faire interdire par la justice la publication de biographies, de lettres, et d'une suite à son best-seller écrite par un auteur suédois.

Il a toujours gagné. Aujourd'hui, c'est une autre ère qui commence. Hollywood est à l'affût et les biographes sont prêts à noircir les pages. La bloggeuse bien informée de Hollywood, Nikki Finke, annonce la sortie prochaine d'un documentaire de deux heures réalisé par le cinéaste Shane Salermo, qu'elle a visionné.

Elle affirme que cinq minutes du film ont été coupées dans la version qu'elle a vue. S'agit-il d'un scoop que l'auteur du film veut garder secret ?

Ce pourrait être les images de la seule et dernière interview filmée de Salinger. La réponse pourrait venir lors d'une éventuelle présentation du film en version intégrale. Au prochain Festival de Cannes ?

http://www.lefigaro.fr/livres/2010/02/04/03005-20100204ARTFIG00666-l-apres-salinger-a-deja-commence-.php





.


Dernière édition par Bridget le Mer 28 Aoû - 12:48, édité 5 fois
Revenir en haut Aller en bas
Bridget

avatar

Féminin Nombre de messages : 2358
Age : 65
Localisation : Paris
Date d'inscription : 13/05/2008

MessageSujet: Re: J. D. SALINGER   Lun 17 Jan - 17:56



.
La suite de «L'Attrape-coeurs» bannie des Etats-Unis







Les Américains et les Canadiens devront ruser pour lire la suite de L'Attrape-coeurs (The Catcher in the Rye), le célèbre roman de J.D. Salinger.

Selon le site Publishers Weekly, le jeune écrivain suédois Fredrik Colting, qui avait écrit une suite «non autorisée» du livre sous le titre 60 Years Later: Coming Through the Rye, a conclu un accord avec les héritiers de Salinger lui interdisant de publier son oeuvre en Amérique du Nord avant que L'Attrape-coeurs n'entre dans le domaine public (en 2046 normalement, 95 ans après sa publication).


Il ne pourra pas non plus utiliser le titre original, dédier son livre à Salinger ou utiliser pour sa promotion un slogan comme «le livre interdit par Salinger».
En échange, les héritiers s'engagent à ne pas interférer avec la publication du roman ailleurs: l'auteur espère vendre son livre, déjà distribué au Royaume-Uni et en Suède et qui n'a pas encore été traduit en français (au contraire de la chronique de nos confrères de Slate.com, qui ont jugé le livre «bidon»), dans au moins une demi-douzaine de pays supplémentaires en 2011.


Le litige avait commencé avant même la mort de Salinger, début 2010.

L'auteur, alors âgé de 90 ans, avait intenté un procès à Colting en arguant que son livre constituait un «plagiat pur et simple» de L'Attrape-coeurs, puisqu'il raconte l'histoire d'un personnage de 76 ans, Mr C., errant dans les rues de New York à la manière de Holden Caudfield, le jeune héros du roman initial, et dialoguant avec un écrivain appelé Mr. Salinger.

Fredrik Colting s'était défendu en affirmant que son oeuvre constituait un «commentaire littéraire». La justice américaine lui avait dans un premier temps donné tort en juillet 2009, mais il avait fait appel, qui restait à juger au fond.


Depuis 1951, les ventes de L'Attrape-coeurs –dont la première traduction française était signée de Sébastien Japrisot, auteur de L'Eté meurtrier et Un long dimanche de fiançailles– sont estimées à plus de 35 millions d'exemplaires.

Le livre s'est encore classé l'an dernier 73e de la liste des best-sellers de USA Today.

Devenu légendaire pour sa réclusion loin de la foule et des médias, J.D. Salinger a toujours refusé d'en vendre les droits d'adaptation cinématographique.


La France a elle aussi connu une affaire judiciaire entourant la publication d'une suite d'un classique de sa littérature.
En 2001, l'écrivain François Cérésa avait publié une suite en deux volumes aux Misérables, Cosette ou le temps des illusions et Marius ou le fugitif, suscitant une plainte de Pierre Hugo, descendant de Victor Hugo.

En décembre 2008, au terme d'une longue procédure, la cour d'appel de Paris avait fini par donner tort au plaignant.


http://www.slate.fr/lien/32809/salinger-attrape-coeurs-suite




.


Dernière édition par Bridget le Mer 28 Aoû - 12:42, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Bridget

avatar

Féminin Nombre de messages : 2358
Age : 65
Localisation : Paris
Date d'inscription : 13/05/2008

MessageSujet: Re: J. D. SALINGER   Ven 21 Jan - 1:39



.


Salinger intime



La romancière américaine Joyce Maynard explique comment elle est tombée amoureuse, à 18 ans, de l’écrivain mythique, décédé il y a un an





Née en 1953, Joyce Maynard a collaboré avec de nombreux magazines américains. Auteur de l’excellent roman «Long Week-end» (que l’on republie ces jours-ci en 10/18), elle vit entre la Californie et le Guatemala. (© DR)



Dans l’imposant courrier (des centaines de lettres, d’amour pour la plupart) suscité par la publication, dans le « New York Times Magazine », d’un article qu’elle vient d’écrire sur la jeunesse américaine, Joyce Maynard, jeune étudiante à Yale, tire une enveloppe à laquelle elle prête d’abord peu d’attention.

La missive commence par un banal « Chère Miss Maynard », mais l’auteur de la lettre, se souvient la destinataire, précise ensuite « que la nature de ce qu’il écrit là doit rester d’ordre privé. Il me dit que, comme moi, il est à moitié juif, droitier et vit dans le New Hampshire ».

En découvrant, au bas de la lettre, les sincères salutations de J. D. Salinger, la jeune fille sursaute. Nous sommes en 1972, au printemps.


Joyce Maynard a 18 ans, « Jerry » Salinger, 53. L’une est courtisée par les magazines de la côte Est, qui voient en elle une nouvelle Sagan.
L’autre, idôle de toute la nation, fuit les éditeurs, les journalistes et les curieux de tout poil. Il se terre dans une sorte de ranch simple, avec une terrasse en bois et une vue imprenable sur le mont Ascutney.

Quand ils se rencontrent, Joyce est déjà tombée amoureuse du personnage. Bientôt, elle s’installe chez lui. Le soir venu, l’écrivain déshabille la jeunette, guère au fait des mystères de la sexualité, et tente vainement de la pénétrer. Féru d’homéopathie, il concocte des breuvages pour essayer de soigner sa jolie poupée, dont il croit avoir identifié le mal: vaginisme.



On en apprend donc de belles sur le mythique écrivain. Il ne va jamais en ville, méprise John Updike, conduit à toute allure, effectue, l’après-midi, toujours la même promenade et regarde, le soir, des films sur un projecteur 16 mm, Hitchcock en particulier.

Comment lui est venu le nom de Holden Caulfield (le héros de « l’Attrape-cœurs ») ? En apercevant ceux, au fronton d’un cinéma, de William Holden et de Joan Caulfield. «
Bien qu’il n’ait rien publié depuis 1965, raconte encore Joyce Maynard, il travaille tous les jours », méditant pendant des heures dans son cabinet de travail. Il s’est fait construire un coffre-fort « de la taille d’une chambre », dans lequel il conserve des manuscrits que personne n’a jamais lus.



Voyeurisme ? Tout au contraire. Avec un talent d’observation exceptionnel, Joyce Maynard raconte simplement, comme si elle était encore surprise, bien des années après, par leur étrange liaison, son sincère amour pour Jerry, celui-ci révélant, au fil des semaines, sa vraie nature de tyran peu sympathique.

Obsédé par leur régime alimentaire (des fruits, des légumes cuits et des noix, pour l’essentiel), Salinger, qui se porte comme un charme, ne voit pas que Joyce dépérit à vue d’œil, mangeant en douce des yaourts sur les parkings de supermarché, se jetant sur les pires aliments pour aussitôt se contraindre à vomir. Les jours passent.
Qu’un journaliste du « Time », appelant à la maison, demande à parler à Miss Maynard, et c’est aussitôt le clash. Sans parler de la galère du sexe: les fellations que Joyce exécute à contrecœur, en pleurant sous les draps. « Tant que je continuerai à faire ça, dit-elle, je sais qu’il m’aimera. »



Persuadée qu’elle vivra avec lui jusqu’à la fin de leurs jours, Joyce Maynard tombe de haut quand, un beau matin, Jerry la congédie sans lui donner plus d’explications. Elle rassemble ses affaires et s’enfuit, non sans avoir tracé, du bout du doigt, sur la buée d’une vitre, le bizarre prénom du fils qu’ils auraient aimé avoir: « Bint ». La jeune étudiante vient d’enterrer son étrange amour de jeunesse. Sa vie de femme commence.

Didier Jacob

Et devant moi, le monde, par Joyce Maynard,
traduit de l’anglais par Pascale Haas, Editions Philippe Rey, 464 p., 22 euros.


Source: "Le Nouvel Observateur" du 13 janvier 2011.



.


Dernière édition par Bridget le Mer 28 Aoû - 12:42, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Bridget

avatar

Féminin Nombre de messages : 2358
Age : 65
Localisation : Paris
Date d'inscription : 13/05/2008

MessageSujet: Re: J. D. SALINGER   Jeu 27 Jan - 19:23



.

Salinger, face cachée


Cinquante-quatre lettres inédites de l'écrivain, adressées à un ami, viennent d'être portées à la connaissance du public !!!!





Jerome David Salinger, dans l'une des rares photos existantes de l'auteur de "L'attrape-coeur" © k98 / Zuma Press/Maxppp




Un demi-siècle de silence, et il ne s'arrête plus de parler. Salinger, auteur mythique de L'attrape-coeur en 1951, a passé des décennies réfugié dans un chalet du New Hampshire, en refusant systématiquement les interviews.
Pas un mot, pas une photo : on le disait ermite, un tantinet cinglé, irréductiblement solitaire. Il aura fallu sa mort pour qu'il devienne bavard.
En mars 2010, onze lettres adressées à un ami, E. Michael Mitchell, avaient été exposées à New York.



Le voile se levait, pour la première fois, sur un personnage bien différent de ce que l'on en imaginait : intéressé par l'actualité, engagé dans le monde, capable de tendresse.


Un nouveau lot de lettres vient d'être porté à la connaissance du public, où l'on découvre que Salinger - qui signe "Jerry" - vivait, décidément.
Qu'il aimait le Burger King, les voyages aux chutes du Niagara et au Grand Canyon, les zoos et les matches de tennis.
Qu'il pouvait traverser l'Atlantique pour une soirée au théâtre, pour la visite d'une galerie.



Les courriers - cinquante tapés à la machine, quatre écrits à la main sur des cartes postales - sont adressés à un ami britannique de l'écrivain, Donald Hartog. Ils s'étaient rencontrés à Vienne en 1938, au cours de leurs études. Ils avaient l'un et l'autre 18 ans. Hartog est mort en 2007, léguant les lettres de "Jerry" à sa fille Frances. Elle les a léguées au fonds d'archives de l'université britannique d'East Anglia.


Pourra-t-on les découvrir ? Pour ne pas violer - de façon posthume - l'intimité dont Salinger était tellement jaloux, interdiction est portée de les reproduire ou de les citer. La paraphrase, elle, est permise.


http://www.lepoint.fr/culture/salinger-face-cachee-27-01-2011-132306_3.php



.


Dernière édition par Bridget le Mer 28 Aoû - 12:40, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Bridget

avatar

Féminin Nombre de messages : 2358
Age : 65
Localisation : Paris
Date d'inscription : 13/05/2008

MessageSujet: Re: J. D. SALINGER   Jeu 27 Jan - 19:30



.
Salinger, mort et heureux de l'être !



Une université britannique a dévoilé les lettres et les petits secrets de l'ermite Américain. Dans le même temps, un hommage littéraire à « l’Attrape-cœurs » tente de sortir des griffes de la justice. J.D. Salinger n'aurait sans doute pas beaucoup aimé ça






Une université britannique a dévoilé des lettres écrites par J.D. Salinger, disparu en janvier dernier. (AP/Sipa)



John David California n’est pas le vrai nom de John David California. Son prénom n’est même pas John David. En réalité, il s’appelle Fredrik Colting. Ce drôle de Suédois a sans doute choisi ce drôle de pseudonyme pour les initiales « J.D. », qui évoquent celles de Salinger.

Et pour cause : J.D. California a signé, il y a deux ans, un livre intitulé « 60 years later : Coming through de Rye », qu’on pourrait transposer ainsi : « l’Attrape-cœurs, 60 ans après ».


On y retrouve une version senior de Holden Caulfield, l’ado fugueur de Salinger, qui fuit cette fois sa maison de retraite pour à nouveau se rendre à New-York.
L’idée de cet hommage en forme de parodie a beau être sympathique, elle n’a pas été du goût de tout le monde. On se souvient que les avocats de l’écrivain-ermite avaient fait interdire ce livre aux Etats-Unis. Ils avaient considéré que California était un plagiaire, parce que les contenus et les styles des deux récits se ressemblent.

Le fait que Salinger soit même devenu un personnage du roman de Califronia avait dû les conforter dans cette idée. Les avocats sont parfois plus bêtes que les évidences.
On se penche aujourd’hui sur cette histoire pour deux raisons.


D’abord parce qu’un accord a été trouvé entre la justice américaine et Fredrik Colting : son livre pourra être publié partout, sauf aux Etats-Unis et au Canada – et ce jusqu’à expiration du copyright de « l’Attrape-cœurs », en 2046.
On pourrait donc fort bien le voir arriver en France.
En revanche, J.D. California n’aura pas le droit de dédier cette fan-fiction controversée au grand auteur, disparu en janvier dernier. Il lui sera en outre interdit de mentionner l’existence de cette péripétie judiciaire.


La seconde raison est qu’on parle beaucoup de Salinger ces jours-ci : une université britannique a dévoilé une cinquantaine de lettres écrites par l’écrivain à l’un de ses amis, Donald Hartog. Une correspondance qui s’étend sur 16 ans, dans laquelle on apprend que Salinger adore les Whopper vendus chez Burger King (un des nombreux points communs, au passage, entre Salinger et l'auteur de cet article) ; qu’il a visité le Grand Canyon et les chutes du Niagara ; qu’il n’aimait pas les joueurs de tennis allemands ; ou encore que sa maison a pris feu en 1992.

La femme de Donald Hartog a même indiqué qu’il était un homme « absolument charmant ». Et toute la presse, de l’AFP au « Times », de trouver cette déclaration extraordinaire. Il avait beau ne pas aimer les mondanités, Salinger n’était donc pas comme Céline.
Bertrand Delanoë n’aurait pas pu dire de lui qu’il était « un parfait s....... ».

Il est tout de même étonnant de voir la façon qu’on a de traiter les écrivains passés à la postérité. On fait interdire les hommages littéraires. En revanche, on se délecte de ce genre de révélations intrusives, d’autant plus lorsqu’elles concernent des personnages aussi pudiques que Salinger. La misanthropie proverbiale de l’auteur de « Franny et Zooey » trouverait une justification de plus.

Il est sans doute mieux où il est !!!


David Caviglioli  27/01/2011.


.


Dernière édition par Bridget le Mer 28 Aoû - 12:37, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Bridget

avatar

Féminin Nombre de messages : 2358
Age : 65
Localisation : Paris
Date d'inscription : 13/05/2008

MessageSujet: Re: J. D. SALINGER   Mer 28 Aoû - 12:32

.

J.D. Salinger: sa vie très secrète dévoilée dans une biographie








Secret, reclus, mystérieux... des adjectifs qui correspondent à merveille à J.D. Salinger.
Une biographie, The Private War of Salinger, à paraître en septembre, promet de lever le voile.





Entourée de mystères, The Private War of JD Salinger, la biographie sur Salinger qui paraîtra le 3 septembre prochain (en anglais) promet des révélations inédites sur la vie méconnue de l'auteur, rapporte The Guardian.


Pour arriver à leurs fins, les auteurs (Shane Salerno et David Shields) ont interrogé ses frères d'armes de la Seconde Guerre mondiale, des membres de sa famille, des amis proches, des anciennes amantes, des voisins, des éditeurs, des collègues du New Yorker (dans lequel Salinger a publié de nombreuses nouvelles) ou encore "des personnes avec qui il a eu des relations inconnues de tous, même de sa famille".




Salinger a connu son premier succès populaire en 1951 avec la publication de l'Attrape-Coeur (The Catcher in the Rye).
Il a aussi été célébré par la critique pour Franny et Zooey (1961) et pour sa nouvelle Pour Esmé, avec amour et abjection (For Esmé with Love and Squalor, 1950).

Mais après avoir publié, Hapworth 16, 1924, en 1965 dans le New Yorker, Salinger se retira dans le New Hampshire.
À partir de là et jusqu'à sa mort (27 janvier 2010), il continue d'écrire mais "disparaît" des radars médiatiques et n'accorde plus aucun intérêt aux journalistes, ni aux éditeurs.
C'est seulement après son décès que les auteurs de The Private War of JD Salinger ont commencé à rencontrer les anciens proches de Salinger.




La culture du secret




Shane Salerno et David Shields ont également épluché des journaux intimes d'anciens soldats qui ont travaillé dans la même unité de contre-espionnage que l'écrivain, ainsi que les lettres -riches en enseignements- de quatre hommes qui sont restés amis avec lui après la guerre.
Des écrits qui ont permis à Shane Salerno de comprendre par exemple que "rien ne pouvait se mettre en travers de son chemin s'il avait décidé de coucher sur papier une idée".




Les documents trouvés ont aussi permis de savoir que Salinger avait participé au débarquement en Normandie, ou à la bataille des Ardennes et qu'il avait rencontré Ernest Hemingway, alors correspondant de guerre. "Il pensait que la guerre était une expérience romantique que tout auteur devrait vivre.
En fait, elle a totalement changé sa façon d'écrire", explique encore Shane Salerno.



Difficile d'en savoir plus pour le moment, car la maison d'édition Simon & Schuster a décidé de cultiver le mystère -cher à Salinger- et a placé le livre sous un embargo strict.
Personne ne pourra donc lire cette biographie (de 704 pages) avant sa publication le 3 septembre prochain, aux États-Unis et au Royaume-Uni.
La même semaine, le documentaire Salinger sera également diffusé aux États-Unis. Voir la bande-annonce ci-dessous (en anglais):







http://www.lexpress.fr/culture/livre/j-d-salinger-sa-vie-tres-secrete-devoilee-dans-une-biographie_1275124.html

.
Revenir en haut Aller en bas
Bridget

avatar

Féminin Nombre de messages : 2358
Age : 65
Localisation : Paris
Date d'inscription : 13/05/2008

MessageSujet: Re: J. D. SALINGER   Ven 8 Aoû - 14:17

.



Oona & Salinger  de Frédéric Beigbeider











Si on parcourt la biographie d'Oona O'Neill et celle de J. D. Salinger, leur histoire d'amour tient en une, peut-être deux lignes. Parce que Salinger est surtout l'auteur fascinant, énigmatique, de L'Attrape-coeurs. Et parce que le grand amour d'Oona, ce fut Chaplin. Le grand génie du cinéma, pas l'écrivain reclus.


Mais si la fille du Prix Nobel de littérature et Salinger ne se marièrent pas et n'eurent aucun enfant, il y eut malgré tout romance. C'était en 1940, il avait 21 ans, elle 16, ils s'étaient rencontrés à New York.
Un an plus tard, un flirt d'été, une bagatelle, un amour de jeunesse. Le genre qu'on quitte sans se retourner, quand on est une belle et jeune fille bien née d'Hollywood. Le genre qu'on n'oublie jamais, quand on est un tendre, un taiseux, un tourmenté, appelé en Europe en 1942 pour combattre, et qui a besoin de s'accrocher à quelque chose de beau et de vivant pour ne pas crever.




Pendant la guerre, pendant qu'elle ne l'aimait plus, il lui a écrit sans relâche. Beigbeder a bien tenté de se procurer lesdites lettres, mais la famille lui a poliment signifié que c'était hors de question.


Alors c'est dans cet espace étroit, secret, dérisoire peut-être, mais si inspirant, de la vie d'Oona et Salinger qu'il a coulé son roman. Un roman, oui, vous n'avez pas la berlue, pas une autofiction. De Frédéric Beigbeder. Son quatorzième livre. Son premier roman romanesque (allez, le "presque premier", après Windows on the world).


Avec gros travail de documentation, personnages réels et faits historiques, d'accord ; mais avec mystères surtout, creux, silences, et donc "obligation" d'inventer les éléments manquants ou tenus cachés, de combler les brèches, à grands renforts d'imagination.



Alors d'un coup, on se fiche un peu qu'il s'agisse d'Oona et de Salinger. C'est plus large que cela, c'est le champ infini du roman.
L'histoire d'un amour humain. Éperdu, déchiré, à sens unique, à l'ancienne, quasi "courtois".
D'une quête impossible, d'une sidération amoureuse, d'une désespérance affective. L'histoire d'un songe, d'un fantasme, d'une inspiration.

Racontée par un Beigbeder que l'on savait déjà publicitaire surdoué, écrivain énervant de talent et dandy mélancolique, mais que l'on découvre ici en "fictionniste" alluré, à la fois compositeur et interprète d'une romance purement romanesque, et dans laquelle il est ce que Flaubert appelle romancier : "présent partout, visible (presque) nulle part, comme Dieu dans l'univers".



http://www.lepoint.fr/culture/rentree-litteraire-beigbeder-enterre-l-autofiction-31-07-2014-1850409_3.php






.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: J. D. SALINGER   

Revenir en haut Aller en bas
 
J. D. SALINGER
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» J. D. SALINGER

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
H A R M O N Y :: LA PLUME EST LA LANGUE DE L'AME :: COUPS DE COEUR-
Sauter vers: