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 LE LAC DES CYGNES

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liliane
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MessageSujet: LE LAC DES CYGNES   Jeu 26 Mar - 17:08



Alors qu'en 1872 il se trouvait avec sa soeur Alexandra Davidova à Kamenka, en Ukraine, Tchaïkovsky s'amusa à imaginer, pour une exécution en famille, un petit ballet fondé sur le conte allemand intitulé "Le lac des cygnes". Chacun, et Tchaïkovsky entre autres, devait se rappeler l'évènement avec tendresse.

Aussi le compositeur fut-il enchanté lorsque, quatre ans plus tard, on lui demanda d'écrire, sur le même sujet, un ballet de grande envergure.

Comme il le raconta à Rimsky-Korsakov, il accepta "d'abord parce qu'il avait besoin d'argent", mais aussi "parce qu'il désirait depuis longtemps s'essayer à ce genre de musique". Fin août 1875, trois mois après l'acceptation de la commande, il avait complètement esquissé deux actes. La partition d'orchestre fut achevée au cours du mois d'avril suivant.


Avant de commencer son travail, Tchaïkovsky consacra quelques temps à l'étude d'autres ballets. Le compositeur qu'il admirait vraiment, dans ce domaine, était Léo Delibes (ultérieurement, il devait déclarer à Nadejda Von Meck que, comparé à "Sylvia", son "Lac des cygnes" n'était qu'une pauvre chose...). Chez Delibes il admirait l'élégance et les qualités mélodiques, mais aussi l'habileté avec laquelle la narration et les danses toujours colorées (et souvent d'origines différentes) se trouvaient intégrées à un même schéma créateur. Mais Tchaïkovsky avait mieux à offrir. Il possédait un don mélodique supérieur à celui de Delibes. Il était l'auteur de trois symphonies. Pour lui, l'univers de la musique de danse représentait le moyen agréable, fantastique, d'oublier la cruelle réalité. Tchaïkovsky ne pouvait arriver, avec la musique symphonique, à l'évasion désirée. "Le lac des cygnes" est beaucoup plus symphonique que les deux ballets qui viendront après lui : "La belle au bois dormant" et "Casse noisettes".



La création du Lac des cygnes eut lieu à Moscou en 1877... et fut un échec, en raison d’une mise en scène et d’une chorégraphie - de Wenzel Reisinger - jugées médiocres par la critique. Il fallut attendre la reprise du Lac à Saint-Pétersbourg, dans une production de Marius Petipa et Lev Ivanov, pour que la partition de Tchaikovski soit enfin mise en valeur. C’était en 1895 : gloire posthume pour le compositeur, mort deux ans plus tôt.

L'histoire du "Lac des cygnes" en tant que ballet à succès commence donc en 1895, à l'époque où le grand Marius Petipa, l'un des pères fondateurs du ballet russe moderne, décida de remonter l'oeuvre en hommage à Tchaïkovsky.

Petipa conçut un plan, demanda à Ivanov, un collègue expérimenté, de faire la chorégraphie des actes II et IV, s'occupa de régler lui-même celle du reste de l'ouvrage.

Le chef Riccardo Drigo apporta des modifications à la partition, Modeste Tchaïkovsky (frère du compositeur) révisa le "scénario".

Après le succès du deuxième acte, lors d'une représentation à la mémoire de Tchaïkovsky, le ballet fut refondu par les mêmes collaborateurs et redonné en janvier 1895. Les critères actuels ne permettent plus de prendre la défense de ce qu'il était alors. En effet, des centaines de mesures de la partition originale avaient été abandonnées au profit de l'ineffable Drigo lequel, bien entendu, avait totalement dénaturé le schéma tonal soigneusement mis au point par Tchaïkovsky.

Néanmoins, le succès auprès du public eut pour effet de mettre "Le lac des cygnes" dans la position de chef d'oeuvre reconnu du ballet russe. Depuis lors, il y eut de nombreuses versions revenant, de plus en plus, aux concepts essentiels de Tchaïkovsky et non à ceux de ses premiers chorégraphes. Car ce conte de fées, débutant dans l'imagination du compositeur comme divertissement pour des neveux et nièces, est, véritablement, et de bout en bout, le premier drame musical dansé.




DE PETIPA A GRIGOROVITCH

En 1969, le Ballet du Théâtre Bolchoï devait présenter, en tournée à Londres, Spartacus, Casse-Noisette et Le Lac des cygnes. Jamais remonté depuis 1956, la Direction artistique du Bolchoï jugea nécessaire de réaliser une nouvelle production du Lac des cygnes.

Le ballet souffrait de l’accumulation de différentes versions : une surabondance de détails et une emphase excessive. Iouri Grigorovitch, chorégraphe principal du Bolchoï depuis 1964, fut chargé de remonter le ballet. Soucieux de se rapprocher au plus près de la partition de Tchaikovski, il proposa une relecture complète de l’oeuvre. Conformément aux indications du compositeur, son Lac des cygnes se terminait sur une note tragique ; le héros principal était le Prince Siegfried ; et le ballet était conçu comme un drame lyrico-psychologique. Cependant, la nouvelle production déplut au Ministère de la culture et ce fut l’ancienne version qui fut présentée à Londres. La même année, Grigorovitch apporta quelques corrections à son Lac. Il supprima notamment le final tragique mais parvint à conserver l’esprit de la création. La première eut lieu le 25 décembre 1969 avec - dans les principaux rôles - Natalia Bessmertnova, Nikolaï Fadeyechev et Boris Akimov. Son unité dramatique et les innovations chorégraphiques - fidèles à la musique et aux idées du compositeur - furent à l’origine du succès de l’oeuvre (qui devait rester au répertoire du Théâtre Bolchoï jusqu’en 1997).

Dans la version qu’il remonte au Bolchoï en 2001, Grigorovitch réinsère les passages chorégraphiques et le final qu’il avait dû supprimer en 1969. Cette version, qui est présentée à l’Opéra de Paris, est conforme au voeu de Tchaikovski : un poème lyrique au contenu philosophique.




LE LAC DES CYGNES DE IOURI GRIGOROVITCH

« Ma version du Lac des cygnes a d’abord été créée au Théâtre Bolchoï de Moscou en 1969. J’ai dû, par la suite, la remonter à plusieurs reprises - en Russie et à l’étranger - en jugeant nécessaire de la rendre, à chaque fois, un peu plus précise et parfaite, mais rien de plus : les principes de base sont restés inchangés. L’un de mes principaux soucis, pour le nouveau livret, était de faire glisser Le Lac des cygnes du conte de fées vers un drame romantique. J’ai gardé la structure, en quatre scènes, de la partition de Tchaikovski. Mon ballet alterne monde réel et monde fantastique. Ces mondes ne sont pas cloisonnés : ils se fondent l’un dans l’autre, comme cela se produit dans l’esprit du Prince.

Le ballet comporte, dans la mesure du possible, les meilleurs passages chorégraphiques de mes prédécesseurs - Marius Petipa, Lev Ivanov et Alexandre Gorski. J’ai retravaillé la scène 1, sauf le pas de trois de Gorski (où j’ai cependant inséré une variation pour le Prince). La scène 2 reprend les chorégraphies des trois auteurs : l’entrée et la valse, l’adage du Prince et d’Odette, la variation des quatre cygnes et la coda des cygnes sont de Ivanov ; la variation des trois cygnes est de Gorski ; tous les passages chorégraphiques du Prince et du Mauvais Génie sont de moi-même. La scène 3 a été retravaillée. J’ai cependant gardé le célèbre pas de deux du Prince et d’Odile de Marius Petipa. La chorégraphie de la dernière scène et le nouveau final sont également mes compositions. Plusieurs autres caractéristiques propres au ballet ne sont pas insignifiantes. Le Mauvais Génie a subi un changement radical : il est passé d’un personnage de conte de fées à la personnification du destin. Il attire Siegfried vers un monde merveilleux et lointain. Il lui fait croire en un ailleurs idéal et le conduit finalement à un dénouement tragique et au désespoir. Le rôle du Prince a été également considérablement étoffé : c’est désormais un véritable héros de ballet. »


Iouri Grigorovitch


La juxtaposition du rêve et de la réalité s’incarne en sourdine dans la production de Grigorovitch. Le conflit est passé du monde extérieur au monde intérieur : le Prince Siegfried aspire à un amour pur et idéal, mais reste attiré par les tentations terrestres. Grigorovitch a également retravaillé le personnage de Rothbart. Véritable Mauvais Génie, il représente le destin, le sort du héros et, peut-être aussi, la partie sombre de son âme. Cette extension des rôles masculins ne réduit en rien l’importance des rôles féminins. Odette et Odile sont présentées comme les différentes facettes de la femme.



Dernière édition par liliane le Ven 27 Mar - 16:51, édité 1 fois
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liliane
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MessageSujet: Re: LE LAC DES CYGNES   Jeu 26 Mar - 17:33




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liliane
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MessageSujet: Re: LE LAC DES CYGNES   Dim 18 Avr - 9:41

Je suis très touchée par ta participation. J'aime aussi énormément ce ballet que j'avais vu, quand j'étais très très très jeune et qui a été pour moi une sorte de "révélation" de la danse et de la musique.

merci
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Nounouka

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MessageSujet: Re: LE LAC DES CYGNES   Dim 18 Avr - 12:25

Merci Liliane,j'avais vu aussi petite à l'Opéra le Lac des cygnes avec ma Maman!J'ai toujours aimé la danse classique!Sans en avoir fait,à part un peu de danse comme beaucoup de petite fille en club!J'aime en autre le Lac des Cygnes,que j'ai eu la joie de voir il y a 3 ans à Versailles!Les photos sont celles prises par mon Mari!Nous aimons aussi la musique classique! flower
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