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 BJORK LE RETOUR VOLCANIQUE

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Nine
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MessageSujet: BJORK LE RETOUR VOLCANIQUE    Mar 3 Mar - 11:16

Björk est de retour

avec un nouvel album intitulé Voltaïc et qui s'annonce déjà volcanique !

http://www.bjork.fr/Voltaic.html


La chanteuse islandaise Björk publie le 2 mars prochain un double CD/DVD live intitulé Voltaïc chez Barclay/Universal.

Prévu depuis plus d’un an, le coffret regroupant des sessions live, les remixes et tous les clips de la période Volta pourrait débouler en 2009. En effet, une page de pré-commande vient d’être mise en ligne sur le site japonais HMV. Exit donc Volta revisited, l’objet intitulé Voltaic etait annoncé pour le 16 février. Le site publie également une tracklist des 4 volumes.



Ce coffret est composé de l\'album Volta en live aux studios Olympic, d\'un disque de 12 titres remixés, d\'un DVD comprenant les clips de l\'album ainsi que d\'un concert Live à l\'Olympia et des titres acoustiques enregistrés en Islande.

Björk a présenté en mai 2007 Volta chez One Little Indian/Barclay. L\'album est composé de 10 titres dont Dull Flame of Desire et My Juvenile, deux titres que la chanteuse interprète avec Antony Hegarty, le chanteur du groupe Antony and the Johnsons.

Le rappeur Timbaland a également produit trois titres, Innocence, Hope et Earth Intruders.

Björk, Voltaïc
Sortie : 2 mars 2009
Label : Barclay/Universal Music France
Site officiel : www.bjork.com

une video : Découvrez le nouveau clip évènement de Björk extrait de son dernier album \"Volta\", actuellement disponible.



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MessageSujet: Re: BJORK LE RETOUR VOLCANIQUE    Mar 3 Mar - 11:27

COURRIER INTERNATIONAL

ISLANDE • Björk met de l'éthique dans l'économie


La plus célèbre des Islandaises, la chanteuse Björk, a décidé d'apporter sa contribution au redressement de son pays, en quasi-faillite depuis l'automne 2008. Elle a récemment lancé un fonds d'investissement éthique à son nom, explique le Christian Science Monitor. Ce fonds "investira dans des entreprises socialement et écologiquement durables qui utilisent les riches ressources en eau et en énergie verte".

Selon la cofondatrice de la société qui gère ce fonds, citée par le quotidien américain, les secteurs privilégiés sont la pharmacie innovante, les entreprises de logiciels et les sociétés qui favorisent le passage à une société fondée sur les énergies propres. Dernière particularité du fonds Björk, il est entièrement géré par[/center] des femmes.


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MessageSujet: Re: BJORK LE RETOUR VOLCANIQUE    Mar 3 Mar - 11:35

BJÖRK RACONTE VOLTA



Björk raconte Volta sur lesinrocks.com

Sortie des expérimentations, l'Islandaise reviendra en mai avec un album nettement plus pop. En exclusivité, elle nous donne des nouvelles de son étrange et prolifique cerveau. Entretien exclusif (originellement paru dans les Inrockuptibles n°591, paru fin mars 2007) à quelques jours de la sortie de l'album Volta et du hors série Inrocks 2 qui est consacré à l'islandaise.
Créé le 23 avril 2007 - par JD Beauvallet

Comment a démarré ton nouvel album ?

Björk ? Il n'y a pas eu d'événement précis, juste de la lassitude. Je venais d'enregistrer trois albums dans ma chambre, après avoir découvert qu'on pouvait travailler seul avec un ordinateur portable ? et j'ai peut-être abusé. Pour moi, c'était merveilleux d'enregistrer à mon rythme, dans mon intimité. Ça m a permis de continuer à travailler tout en ayant un bébé : j'employais à la fois une baby-sitter et un ingénieur du son à la maison, je passais de l'un à l'autre. Mais au bout d'un moment, j'ai commencé à étouffer, à me sentir à l'étroit. Il était temps de sortir, de rencontrer des gens, de redevenir un peu plus physique. Il fallait que je me remette en danger, que je laisse revenir à moi l'inconnu. Pendant des mois, pendant que j'allaitais, je n'ai pas vu plus loin que le bout de mon sein (rires)?


Tes albums ont toujours équilibré le physique et le cérébral. Sur Medúlla, le précédent, le cérébral avait l'air de l'emporter.

Pour moi, c'était un disque incroyablement physique, j'allaitais tout en psalmodiant, c'était très dur. J'explorais littéralement mon corps en tant qu'instrument de musique. Je voulais m éloigner des rythmes' C'était la fin d'un cycle, des beats primitifs, des montages très complexes sur informatique, je voulais un disque de voix. Dans le petit monde des programmateurs de rythmes de la planète entière, j'étais devenue le trophée à décrocher : ils faisaient la queue pour que je vienne les chercher, pour que je décide ce qui serait le truc des mois à venir Mes rythmes étaient presque devenus un accessoire de mode et, par réaction, j'ai fait un disque uniquement vocal, sans le moindre rythme. C'était ma rébellion : un doigt d'honneur à IBM et à la dance-music intellectuelle . J'ai démissionné de ce mouvement pour faire un disque à la Manhattan Transfer (rires)?


As-tu aussi arrêté de danser ?

Oh non, ça, jamais. J'écoute de la pop-music constamment, et je danse sans cesse. Grâce à iTunes, je me suis mise à faire le DJ : dans mon salon ou dans un petit bar de Reykjavík.


Ton nouvel album a-t-il été enregistré plus vite que d'habitude ?

Il m a fallu, comme à chaque fois, environ un an et demi. Il me faut des mois car la plupart du temps, je ne fais rien. J'ai la chance d'être ma propre patronne : si je ne me sens pas inspirée, je ne travaille pas. Déjà, quand j'étais adolescente et que je jouais dans des groupes punk, je ne supportais pas de gâcher mon temps à répéter. Ça rend la musique routinière, laborieuse. Moi, je débarquais en studio, j'écrivais rapidement une mélodie, une structure et je me cassais. Les autres membres des Sugarcubes se moquaient sans arrêt de moi car en studio, je passais ma vie à bâiller C'est sans doute pour ça que les choses se passent très vite quand je me retrouve en studio avec mes invités : je veux que ces rencontres soient intenses et brèves. Quitte à passer, ensuite, un an sur mon ordinateur à découper, recoller, réorganiser Pour moi, ce travail n'est pas fastidieux mais apaisant, comme de la broderie C'est un mélange idéal : l'énergie brute, instinctive, est sur les bandes. A moi de jouer avec.


Tu te sers des musiciens comme de la chair à ordinateur, des cobayes ?

Moi y compris. Je sais ce que je veux et je ne laisse qu'une place limitée aux gens avec qui je bosse. Par exemple, sur Vespertine, les garçons de Matmos ne sont arrivés qu'en toute fin d'enregistrement, car j'avais besoin d'eux pour parasiter les beats, les percussions. Je venais de passer trois ans seule sur les rythmes et ils ont compris ce que j'attendais d'eux. Pour Medúlla, Mark Bell est arrivé alors que les chansons étaient finies : il n'a passé que quelques heures à la maison pour régler des détails. Je ne voulais plus travailler ainsi, je voulais qu'on me sorte de mes habitudes, de mon confort.

Nous n'avions, par exemple, absolument rien préparé quand j'ai retrouvé Timbaland en studio. Trois heures plus tard, nous avions quatre chansons. Que j'ai ensuite passé un an à triturer. Quand j'enregistre en direct, je suis totalement libérée, je ne pense pas aux enjeux, c'est strictement instinctif : c'est l'hémisphère droit du cerveau qui s'exprime. Du coup, je ne pense pas à la logique, à la structure de la chanson. Je m'empêche ensuite de retravailler ou même de réécouter ces enregistrements avant plusieurs jours. Puis, l'hémisphère gauche prend le relais : ?Voyons, voyons, qu'est-ce que nous avons à analyser aujourd'hui ?? (rires)?

C'est cette partie du cerveau qui transforme ces moments créatifs en chansons. Plus on vieillit, plus on fait confiance à l'hémisphère gauche. C'est lui qui nous dicte l'organisation, le rangement. Mais, malheureusement, toutes les informations envoyées par l'hémisphère droit restent lettre morte. Il doit être frustré à l'arrivée (rires)? J'essaie de maintenir l'équilibre entre les deux en trichant avec l'hémisphère gauche, en lui racontant des bobards. C'est le seul moyen de débrancher l'intelligence pour retrouver l'instinct. Quand je veux faire un truc dangereux, j'endors mon hémisphère gauche en lui envoyant des prévisions fausses et, au dernier moment, je change mes plans et je fonce dans une autre direction. Si je n'avais plus accès à mes pulsions, je ne ferais plus de musique. Je serais de la viande froide.


Sur Volta, tu collabores avec le Malien Toumani Diabaté et le New-Yorkais Antony

J'écoute Toumani Diabaté depuis des années, notamment l'album New Ancient Strings, un mélange plutôt cradingue entre les cordes, les rythmes tribaux, les cuivres, la kora Ça m avait déjà influencée sur Vespertine, où j'avais sali le son des instruments trop angéliques, comme la harpe ou le glockenspiel' Sur Volta, j'ai utilisé trois instruments à cordes : un ancêtre médiéval du clavecin, un luth très ancien de Chine et la kora africaine Des instruments au son très vibrant, jamais très net, jamais clinique. Quant à Antony, nous avons des amis communs à New York et nous avons déjà chanté ensemble en Islande.


Sur Medúlla, tu écrivais ?Ni Bush ni Ben Laden?. Tu le ressens de manière encore plus urgente aujourd'hui ?

Ça fait quatre mille ans qu'on nous terrorise avec ces religions organisées ! La Terre existe depuis plus de quatre milliards d'années, elle peut quand même se défendre contre ces minuscules quatre mille ans' Cette idée selon laquelle on ne peut vivre qu'aux ordres de l'hémisphère gauche du cerveau, en négligeant totalement sa partie animale, païenne, physique, naturelle est absurde. Comment a-t-on pu à ce point négliger la nature pour se laisser embobiner par la Bible ou le Coran ? Comment a-t-on pu accepter docilement ce calendrier ridicule de douze mois, avec des mois dont on ne sait même pas s'ils ont 28, 29, 30 ou 31 jours ? Le corps, lui, sait qu'il y a treize mois : les femmes saignent treize fois par an, il y a treize pleines lunes. Mais le christianisme ne tolère pas le 13? En supprimant ce nombre, il s'est imaginé plus fort que la nature. Les gratte-ciel, à New York, n'ont pas de treizième étage : ça en dit long sur l'influence de la religion sur ce pays. Même en Islande, les hommes ont fini par s'imaginer plus forts que la nature et commencent à construire de vastes barrages, dans ce qui était jusqu'alors le pays le plus pur d'Europe

Volta, c'est un film d'horreur comique : j'y rêve qu'un jour la nature va se révolter Je la vois, marchant lourdement et bruyamment dans les rues de New York, entrant dans chaque bâtiment pour ajouter à la main ?13? dans les cages d'ascenseur Ça fait quatre mille ans qu'elle dort et se laisse faire. Mais là, il y en a marre : il faut finir par admettre que nous ne sommes qu'une tribu, qui doit vivre avec la nature, oublier ses prétentions de civilisation et de propreté. Nous sommes fondamentalement des païens, il va falloir le prendre en compte.


Site officiel : w
ww.bjork.com


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MessageSujet: Re: BJORK LE RETOUR VOLCANIQUE    Mar 3 Mar - 12:57

Comment comprendre l'univers particulier de BJORK ..
Une artiste rare et originale



Björk Gudmundsdottir naît le 21 novembre 1965 à Reykjavik, capitale de l'islande.

Fille de Hildur Runa Hauksdotir, vivant dans une communauté Hippie et de Gudmundur, électricien.
Björk signifie bouleau en français, un arbre qui était sacré à l'époque des vikings. Björk est également le nom d'un signe runique qui signifie renaissance ou résurrection.
Peu de temps après sa naissance, Hildur décide de vivre avec Saevar Arnarson qui faisait partie d'une communauté hippie. Il est guitariste dans un groupe, Pops, qui ne joue que des reprises de Eric Clapton et Jimi Hendrix.

Au sein de la communauté de ses parents, Björk acquiert rapidement une indépendance qui lui permet de diriger vers une éducation musicale.
" Pendant longtemps, j'ai considéré que vivre dans la communauté hippie où j'étais représentait vraiment une chance : voir des gens qui me racontaient des histoires pendant 6 heures, m'apprenaient la peinture, etc. Et puis, vers l'âge de 6 ou 7 ans, je me suis dit : " Mais pourquoi ne vous levez vous pas pour AGIR, faire quelque chose, au lieu de raconter des histoires qui ne mènent à rien ! " C'est à partir de ce moment que je suis devenue très active. C'est quelque chose que les gens autour de moi peuvent constater : ma volonté. Je crois que je suis vraiment faite d'acier. "

DECOUVERTE DE LA MUSIQUE...

En peu de temps, elle étudie le solfège, la flûte et le piano. Elle s'intéresse aussi beaucoup à la musique classique, au jazz et au folk en partie pour se démarquer du rock et de la pop psychédélique alors en vogue et qui ne l'intéressaient pas. Son éducation musicale est très variée. Björk désire tout connaître de la musique.

A onze ans, un petit label, Falkinn, contacte sa mère pour lui proposer un contrat d'enregistrement. Elle a donc eu l'occasion de faire quelques essais de voix : elle a chanté pour la principale radio d'Islande la chanson Love to Love.


Plus tard, grâce à l'aide de son beau père Saevar, elle enregistre son premier disque. Il sortira à la fin de l'année 1977, en même temps que les fêtes de Noël. Cet album rassemble des reprises internationnales comme Stevie Wonder, es Beatles, Melanie, mais également des chansons traditionnelles islandaises et même une chanson écrite par Björk en hommage à un artiste-peintre islandais Johannes Kjarval. " La musique de cet album était très joyeuse, une pop gentillette. A la fois " bubble gum " et " fofolle ". Il s'agissait plutôt de chansons pour enfants, mais aussi de choses que j'avais écrites moi-même. L'album s'est vendu à 7000 exemplaires, ce qui correspond à un disque de platine en Islande.

Deux ans après cette première expérience discographique en 1979, elle forme un groupe avec deux amis, Exodus, qui se contentera d'éditer quelques démos sans grande importance, leur musique se rapprochant d'une sorte de mix de pop et de new wave. Cela donnera en tout cas l'occasion à Björk de passer brièvement à la télé islandaise.

TAPPI TIKARRASS...

Après l'épisode Exodus, au début des années 80, elle reprend sa vie en main en vivant de petits boulots. Elle travaille à l'usine Coca Cola, dans une poissonnerie, chez un antiquaire et tout ça en même temps !

Elle monte alors un nouveau groupe, Tappi Tikarrass, en compagnie du bassiste d'Exodus, Jakob Magnusson. UN premier mini-LP, Bitid Fast I Vitid sort rapidement sur le label Spor de Reykjavik, en septembre 1981. Le groupe connaît un bon succès et passe même dans un documentaire télévisé, Rokk I Reykjavik. Cette émission donnera à Björk l'occasion de découvrir d'autres groupes islandais qui possèdent des affinités avec elle. Des membres de ces groupes collaboreront ultérieurement ave Björk : Einar Gulli et Siggi entre autres. De ce documentaire réalisé par Fridrik Thor Fridrikson, sera tirée une compilation qui donne une idée très fidèle de la scène rock islandaise de cette époque.

En 1983, à 17 ans, et après un dernier album de Tappi Tikarrass, Miranda, Björk se sépare de ce groupe pour rejoindre ses amis de la scène alternative islandaise : Siggi et Gulli de Peyr, ainsi que Einar, vieil ami de Björk. A cet effet, deux des groupe les plus importants de cette scène, Peyr et Purrkurr Pillnikk, se sabordent en même temps que Tappi Tikarrass…
C'est le début d'une nouvelle aventure pour un nouveau groupe, Kukl, qui entame son aventure en passant à un show radio durant l'été de cette année, une émission nommée Afangar, qui est un reflet de la scène new wave islandaise.

KUKL...

A cette époque, la relation de Björk, Einar et Siggi s'intensifia au point qu'ils envisagèrent de monter un nouveau groupe. C'est ainsi que naquit Kukl (sorcier en islandais) avec Björk comme chanteuse, Einar Orn Benediktsson aux cuivres et au chant; Sigtryggur Baldursson dit Siggi à la batterie et Thor Eldon Jonson à la guitare. Quelque temps après, Gud Krist, guitariste énigmatique, Birgir à la basse et Melax au clavier vinrent s'ajouter au groupe.

Ils enregistrèrent ensemble deux albums qui sortirent ensuite en Grande Bretagne : The eye en 1984 et Holidays in europe en 1985. Encouragés par cette série de fantaisies romantiques et aventureuses qui obsèdent les cerveaux des adolescents, les membres de Kukl décidèrent de quitter l'ennuyeuse Islande pour mettre le cap sur la Grande Bretagne, non sans avoir financièrement tapé les membres de leurs familles.

Là, ils achetèrent une voiture, symbole maximum du bien-être capitaliste et se consacrèrent à jouer et à survivre... Björk se souvient: "On étaient très pauvres. Notre seul objectif était de jouer de ville en ville, de café en café. Pour nos déplacements, on volait l'essence des réservoirs des voitures. On ne mangeait que du sucre, par petits morceaux..."

Le 14 septembre 1984, les musiciens de Kukl se produisent à Paris où ils enregistrèrent une cassette (éditée par le labelVisa) qui circula dans les magasins de disques les plus outsiders d'Europe sous le titre explicite de Kukl à Paris. Comme d'authentiques missionnaires, les membres de kuklretournèrent au pays avec une auréole de prédicateurs de la culture anticonformiste islandaise.

Leur choix musical était dense et imposant. Soutenus par lerock gothique et sinistre de Killing Joke et par l'after-punk de The Fall, le groupe composa des morceaux d'une construction sonore blindée dont les guitares rappelaient les moments les plus fantastiques de King Crimson.

THE SUGARCUBES

Le passage de kukl aux Sugarcubes fut planifié de façon froide et rationnelle. Malgré les protestations de Björk qui regrettait la dissolution du groupe. Einar Or, l'idéologue du groupe proposa de faire table rase et de repartir à zéro, selon un concept pop, pour assainir leur économie et prnendre un peu de recul avant l'étape suivante. Thor, Siggi, Bragi et Björk le suivirent, mais pas Gulli... Conscients du changement radical, ils renoncèrent au nom antérieur et se rebaptisèrent Sykurmolarnir, c'est à dire The Sugarcubes.

Leur intention suprême était de placer au second plan le caractère idéologique et intercaler des passages de pop de consommation pour devenir, selon la chanteuse, un "cliché vivant".


Selon la version officielle, le groupe se forma le 8 juin 1986 avecEinar, Siggi, Thor, Bragi, Björk et einar Melax qui sera rapidement remplacé par Margret Ornolfsdottir dite Magga. Cohérents avec leur rôle d'aristes et d'agitateurs conceptuels, The Sugarcubes créèrent une marque propre, Bad Taste et ils montèrent une librairie de poésies, une station de radio, une galerie d'art et, finalement, une maison de disques. Tout un holding anticonformiste.


Björk se maria avec Thor Eldon et se retrouva enceinte; en même temps. TheSugarcubes commencèrent à montrer leurs griffes de super groupe islandais, à la projection internationale. Leur premier single, encore enregistré sous le nom de Skyurmolarnir -Sugarcubes en islandais- fut Einn mol' a mann, édité en cinq cents exemplaires; il fut suivi, alors que le groupe était définitivement rebaptisé en anglais, de Birthday en septembre 1987. La presse britannique acceuillit la chanson avec beaucoup d'enthousiasme. Melody Maker choisit mêmem la chanson comme single de la semaine.

Le boom arriva avec le premier album, Life's too good, édité en mai 1988; les éloges de la presse britannique donnèrent des ailes aux prétentions internationales d'Einar et de ses collègues. Un écrasant mixage de pop, rock, funk et même jazz, fit de l'album une rareté de la scène indie des années 80. Pour couronner le tout, il reçut un accueil très favorable du public:
150 000 exemplaires se vendirent sur le dur marché britannique... et près d'un demi million sur le marché encore plus difficile des Etats-Unis.

Le succès de The Sugarcubes commença à diminuer à partir de l'édition de leur deuxième album. Hère today, tomorrow next week!, en octobre 1989.

Mais l'imagination illimitée de Life's too good semble s'être diluée dans une collection routinière de chansons irrégulières. L'accueil discret de Hère Today, tomorrow next week! décida Björk et ses compagnons à retourner en Islande et à ouvrir une parenthèse dans leur travail en commun.


Björk prit un peu de repos. En septembre 1990, elle se proposa d'enregistrer dix-sept chansons avec le pianiste vétéran Gudmundur Ingolfsson, qui mourut peu de temps après. Il s'agissait de thèmes traditionnels islandais de jazz ainsi que trois versions, Ruby baby et les standards de jazz / can't help loving that man et Pad sést ekki saetari mey. Les musiciens Gudmundur Steingrimsson et Pördur Högnason participèrent aussi à l'enregistrement d'un album signé Björk Gudmundsdöttir & Trio Gudmundar Ingolfssonar, paru vers la fin de l'année 90, sous le titre de Gling-glo.

Le regard à nouveau tourné vers la Grande Bretagne, elle prit contact avec divers musiciens. Elle collabora avec le groupe de Manchester 808 State en mai 1991sur les chansons Ooops et Qmart.

Mais Björk pensait toujours à The Sugarcubes qu'elle considérait comme son groupe, comme un projet non terminé. Alors le sextuor se réunit à New York pour préparer les chansons de son album posthume, Stick around for joy, édité en février 1992 et précédé du single Hit. Malgré la qualité de leur travail, les musiciens de TheSugarcubes étaient en proie à d'importants remous internes et se dirigeaient vers un abîme.
Curieusement, il n'y eut pas de communiqué officiel de la dissolution du groupe The Sugarcubes, mais c'était déjà de l'histoire ancienne. Pendant quelque temps, Björk insista, dans ses déclarations, sur le fait que son projet de chanter comme soliste était complémentaire à sa carrière avec le groupe.

.../... la suite çà vaut le coup !


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MessageSujet: Re: BJORK LE RETOUR VOLCANIQUE    Mar 3 Mar - 12:59



DEBUT
Dès le premier titre de Début, Human Behaviour, l'ambiance est installée : Björk a atteint une indéniable maturité. Human Behaviour est un chef-d'œuvre de délicatesse, une magnifique ode légèrement " groovy ", comme Björk saura en écrire ensuite, un merveilleux pied de nez à sa carrière des Sugarcubes, un changement de direction à 180°.

Cependant, Björk ne sait pas encore où elle va avec cet album. Tout s'est passé très vite depuis la fin des Sugarcubes, Le petit ami " 1992 " de Björk, Dom T, est un ami de Nellee Hooper, célèbre producteur-gourou de Soul II Soul et Massive Attack. Dom T persuade Hooper de rejoindre Björk pour l'aider dans sa toute nouvelle carrière solo. Björk, qui s'installe dès 1993 à Londres, pour côtoyer " l'industrie " au plus près : les maisons de disques, les concerts, les studios... Reykjavik est bien loin.

Intéressé par le potentiel vocal de Björk, Nellee Hooper accepte la donne : il produira l'album solo de Björk. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que Björk, outre la présence importante de Hooper, est très bien entourée. Marius de Vries aux programmations, Talvin Singh aux tablas, Howie B. à la coproduction pour n'en citer que quelques-uns.

Björk ne sait pas très bien où elle va, et ses textes s'en ressentent presque avec des allusions curieuses, comme dans Human Behaviour (There's definitely no logic/to human behaviour/but yet so irresistible) ou Big Time Sensuality ('don't know my future after this week-end and I don't want to), et l'album aussi, avec de multiples directions musicales. Si Venus as a Boy sonne " oriental " avec la présence des arrangements de cordes de Talvin Singh, There's More to Life Than This est une hilarante tentative de disco enregistrée... des toilettes d'un bar, tandis que Come to Me fait appel aux tablas de Singh pour une belle chanson d'amour que l'on croirait presque dédiée au fils de Björk, Sindri. Citons enfin Violently Happy, ritournelle house parfaite, qui servira de conclusion à ses concerts, transformant les salles en rave parties endiablées ! Les tentatives sont diverses, mais le travail reste identique ; un gros effort est fait sur la production et les arrangements, comme en témoigne la superbe composition The Anchor Song, fondée sur des arrangements de cuivres, ou Aeroplane, petite envolée exotique sur tapis de cuivres, ou un autre sommet de l'album, la reprise de la chanson de Burke/Van Heusen, Like Someone in Love, qui nous fait goûter du " Earing guitar like someone in love " sur fond de... harpe !

POST

Lorsque Post parait en 1995, le défi est grand: il s'agit de faire mieux que Debut! Il semble réussi puisque Post frôle la perfection. Elle implique dans cet album Nellee Hooper,Howie B., Graham Massey qui avaient déja travaillé sur Debut mais invite également Eumir Deodato, célèbre arrangeur brésilien, et Tricky qui coécrit avec elle deux titres, Enjoy et Headphones.
En retour, Tricky invitera Bjôrk sur deux titres de son projet Nearly God.

Post se présente comme un prolongement de Début, avec une instrumentation plus élaborée et des idées d'arrangements encore plus audacieuses. On quitte un peu plus les béats parfois house de Début pour ne connaître qu'une sorte de bain musical étonnant, entre cordes, cuivres, harpe et programmations.

Les instants a priori faibles de l'album sont très peu nombreu,. les instants de génie, de purs moments de bonheur musical, sont eux très nombreux. À commencer par les morceaux en partie arrangés par Deodato, tels Hyperballad, superbe dérive sur tapis de cordes et synthés, It's Oh So Quiet, alternant douceur et folies, et sa belle progression ou encore I Miss You, une jolie composition cosignée Howie B. Même les morceaux travaillés de manière plus " brut " sont irrésistibles, comme l'impressionnant Army of Me, réfléchi dans ses moindres détails.

Cette volonté de partir dans différentes directions se remarque également au niveau de la production. Plus de quasi-contrôle de la part du gourou Nellee Hooper : ici, pratiquement chaque artiste, arrangeur ou producteur qui apporte sa touche à telle ou telle composition est invité de même à sa pro- duction.

Grande toile expressionniste, Post se nourrit ainsi des touches de couleurs d'une multitude d'artistes. Le désir de Björk de rencontrer des artistes, des compositeurs, et de passer au travers sa propre œuvre, trouve ici son apogée. Jamais l'idée de correspondance (Post) n'avait paru aussi véritable...

L'album est une fois de plus un succès critique et public. Les grandes salles s'ouvrent dorénavant à la petite Islandaise, nouvelle reine promue des années 90.

TELEGRAM

Telegram, album de remixes, se voulait être un album de fête et de célébration, une manière pour Björk de remercier tous les remixeurs qui ont ardemment travaillé sur ses compositions.

En ce mois de novembre 1996, il sort en réalité dans un contexte assez difficile. 1996 n'aura pas été une année aisée pour Björk, entre son combat avec une journaliste anglaise dans l'aéroport de Bangkok et la tentative de meurtre d'un fan fou par colis piégé interposé, tentative heureusement déjouée par la police londonienne, mais qui conduira au suicide du fan... Sans oublier les affaires de cœur de la belle, qui s'achèveront par un pugilat stupide entre Goldie et Tricky, deux ex-amants, à la fin de l'année.

Telegram est un album passionnant. C'est également un combat qui n'était pas gagné d'avance pour un album entièrement dédié à des remixes, étant donné les quantités de travaux parfois insipides qui peuplent les maxi sortant chaque année! Quel était le contexte musical lors de la sortie de Tele-gram ? Björk est depuis trois ans à Londres. Elle se sent bien dans la capitale anglaise. Elle pense que ses albums reflètent plusieurs émotions, ou plutôt des phases émotionnelles qui tentent d'établir une connexion avec ses propres émotions.

En prolongement de ces recherches, Björk s'est depuis longtemps intéressée au travail des remixers, ces " artistes associés " qui deviennent complices de l'Islandaise le temps d'un titre. Elle a voulu leur consacrer un album : Telegram, correspondant " postal " de Post, comme un post-scriptum ajouté à une longue tirade. Telegram pousse donc encore plus loin les passerelles qu'avait lancées Björk sur Post : arrangements de cordes, drum and bass, ambient, techno hardcore ou quatuor cohabitent sur cet album riche et développé dans de multiples directions.

L'album débute par Possibly Maybe remixé par Mark Bell de LFO, un ami de longue date de Björk, qui avait effectué des remixes de Hyperballad. Possibly Maybe est dans la lignée des productions de LFO, soit une techno sobre et racée. Hyperballad, superbe montée en puissance de Post, est ici revisité par le Brodsky Quartet, un quatuor à cordes, dans une belle envolée lyrique qui a tant enchanté Björk qu'elle en a réenregistré les paroles. Enjoy est le fruit d'une collaboration avec Outcast, qui a traité la chanson de Björk et Tricky sur le mode hard-core, dans la lignée des travaux d'un Alec Empire.
Sur My Spine, la seule collaboration originale de l'album, Björk s'est adjoint les services d'Evelyn Glennie, une percussionniste surdouée, sourde à 90 %... Le résultat est étonnant de simplicité et de cohésion. Le titre a été enregistré en... dix minutes, le courant étant très bien passé entre les deux jeunes femmes. I Miss You, titre coécrit avec Howie B., est remixé par un de ses amis, Dobie. L'habillage du titre est digne de l'univers Pussy Foot, l'écurie d'Howie B. Isobel et You've Been Flirting Again sont de brillants exemples de la participation d'Eumir Deodato, Cover Me est la tentative drum and bass de Dilinja. Une réussite totale... Army of Me est un pari. Le titre avait été coécrit par Graham Massey, le mentor de 808 State. Enfin, l'album s'achève avec ce qui est sans doute le remix le pls intriguant de l'album, celui de Headphones réalisé par Mika Vaino.

Au final, Telegram se révèle passionnant et riche d'enseignements. Non seulement il crédibilise le travail des remixers les plus talentueux, mais il illustre le principe de collaboration entre artiste-compositeur et artiste-arrangeur...

HOMOGENIC

Ainsi donc, après les "relations épistolaires " qui avaient dirigé la marche à suivre des premiers albums, Début, Post et Telegram, Björk semble se recentrer sur elle-même. Telegram avait conclu en beauté la trilogie des premiers albums, Homogenic est un nouveau départ. L'album a été enregistré dans le studio résidentiel de Björk, situé à El Madronal, dans le sud de l'Espagne. Une sorte de retour à une certaine simplicité pour celle qui avait traversé l'année 1996 dans la tourmente.
L'adage " on ne change pas une équipe qui gagne " semble avoir guidé Björk dans ses choix de personnel, puisque l'on retrouve Mark Bell de LFO à la production, et une grande aide d'Eumir Deodato sur les arrangements de cordes du Icelandic String Octet. Ceci pour les constatations générales, outre le fait que l'on retrouve au mixage Howie B. et... RZA du Wu Tang Clan.

Homogenic est une merveilleuse prolongation de Post, comme si une nouvelle dimension avait été apportée au précèdent album studio. On retrouve sur Homogenic une variété de sons impressionnante, allant d'un énorme travail sur la voix de Björk à un ensemble de rythmiques proprement époustouflantes. Les arrangements de cordes s'avèrent parfaits, et l'inventivité qui ressort des compositions est constamment présente, des titres lents aux plus percussifs.

Les textes de Björk ont également sensiblement changé, prenant un tour plus pessimiste que sur album précédent, comme si les événements de 1996 l'avaient
Homogenic commence tout d'abord avec une série de titres mélodiquement très réussis, et comportant un important travail d'écriture harmonique.

Hunter est une nouvelle pierre blanche de l'album, vaste fresque martiale, accompagnée par des staccatos, et une série d'infra basses énormes ! On sent une menace lourde tout au long de ce morceau exemplaire, qui joue une fois de plus avec l'extraordinaire voix de Björk. C'est avec ce type de composition qu'on se rend compte de l'incroyable pouvoir "cinématographique" des chansons de Björk, capable de créer un vrai récit musical en l'espace de trois minutes.

Joga, le premier single, modèle de long développement à base de béats, de filtres, et de cordes agencées à merveille. Dès ce premier titre, la voix de Björk est éclatante de maturité

Unravel nous présente une collaboration de Howie B., à la production, dans un titre très ambient, qui met en valeur une rythmique lente, un orgue sobre et des trouvailles techniques comme plusieurs bandes inversées...

Bachelorette est un nouveau sommet de l'album (il y en a tant...), qui mise, comme Joga, sur une union parfaite entre l'acoustique (harpe, violons, violoncelles, timbales, accordéon!) et une rythmique menée de main de maître par Mark Bell.

All Neon Like, développe un nouveau jeu sur les rythmes, propulsant la chanson sur un tempo bondissant! Les variations des tons de la voix de Björk sont une fois de plus impressionnantes. De plus, l'agencement des instruments est tel que l'on a l'impression qu'ils " font la cour " à la voix de Björk ...

Five Years pousse encore plus loin les traitements sonores, avec un nouveau filtrage des voix particulièrement audacieux. Björk pousse sa voix jusqu'à rugir, et une fois de plus les arrangements de cordes de Deodato sont une merveille, sans parler d'une nouvelle utilisation de filtres de distorsion, qui se rapproche du son d'un groupe comme Outcast, avec qui Björk a déjà collaboré.

Immature se présente dans la lignée de Post, avec nappes de synthés et boucles avec piano. Une voix en écho nourrit une composition calme.

Alarm Call est un curieux mélange de composition ambient mixée avec des chœurs, le tout baignant dans la luxuriance d'une multitude de "bruits" d'ambiance .. La rythmique ici curieusement, est plus classique.

Pluto nous dévoile encore un étonnant travail de rythmique, totalement déjanté, qui se marie à merveille avec les sonorités très brutales des synthés. Nous sommes une fois de plus dans une lignée " LFO ", avec une série de breaks impressionnants, qui s'achèvent avec la voix littéralement habitée de Björk .

Enfin, nous terminons en beauté avec le magnifique All Is Full of Love, s'écroulant dans le déluge d'un refrain entêtant (un appel à la rédemption?), nourri de harpe, de violons et de la voix douce et éthérée de Björk.

SELMASONGS

Un court album (37 min), juste histoire de faire patienter jusqu'au réel quatrième album...

Il s'agit bien entendu de la bande originale de Dancer in the dark, film réalisé par Lars Von Trier et dont Björk a obtenu le premier rôle. Ce film a reçu la palme d'or au festival de Cannes en 2000 et le prix d'interprétation féminine pour Björk.

Il se trouve que la chanteuse a rencontré de graves problèmes pour la postproduction de cet album, pour laquelle on ne lui a pas accordé de contrôle. Elle avait de son propre aveu écrit huit minutes de musique en moyenne pour chaque thème. Ces thèmes ont été ramenés à quatre minutes en moyenne... Nous héritons donc d'un album franchement tronqué, qui aurait pu avoisiner l'heure d'écoute. La bande sonore de Dancer in the Dark reprend les principaux thèmes développés par la chanteuse durant le film.

Encadrées par deux très beaux développements instrumentaux (Overture et New World), les cinq chansons présentent chacune des caractères sensiblement différents.

Cvalda est chanté en duo avec Catherine Deneuve (qui joue précisément le rôle de Cvalda dans le film), avec de premières et sérieuses incursions dans le domaine de la chanson rythmée du type comédie musicale.

I've Seen It All, en duo avec Thom Yorke (Radiohead) est sans doute la chanson la plus poignante de l'album, une évocation de la cécité grandissante de Selma dans le film. Un thème scandé de manière subtile par les bruits d'un train circulant (par ailleurs l'une des scènes les plus remarquables du film).

Scatterheart et In the Musicals reproduisent les recettes chères à Björk : chant amplifié ou mutin, subtilité des arrangements et belle présence orchestrale, avec cette omniprésence de rythmes parfois scandés.

107 Steps est un court pont vers le final de la bande originale, New World.

Si le film avait pu agacer par une certaine propension, de la part de Von Trier, à verser dans le " pathos " et le larmoyant, il faut reconnaître à Björk, outre un excellent talent d'actrice, une présence irradiante sur cette bande originale, qui la place parmi les interprètes de la pop les plus intrigantes et les plus fascinantes. C'est plus que jamais sur cet album que l'on découvre sa voix envoûtante, tour à tour mutine, lascive ou menaçante. De plus, son talent de chanteuse se double ici d'un magnifique sens de la composition, aidé en cela par le producteur Mark Bell et le chef d'orchestre Vincent Mendoza. Une phase de transition (après Homogenic) qui augurait du meilleur pour son album à venir, Vespertine.

.../... ET ENCORE


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MessageSujet: Re: BJORK LE RETOUR VOLCANIQUE    Mar 3 Mar - 13:00

***

Vespertine évoque, bien entendu, les vêpres, la religion et donc la prière. Cette période religieuse assimilée au crépuscule, durant laquelle le croyant invoque par la prière la paix de son âme, avant que la nuit ne s'enfonce. Même si Björk elle-même ne se reconnaît aucun sentiment religieux (elle aime à dire que l'Islande a toujours été une terre païenne), la quiétude mystique qui baigne cet album est en ce point totalement frappante.

Vespertine est une ode au travail, la réalisation de cet album fut l'occasion de tester ses chansons sur ordinateur. En ce sens, l'album est aussi un hommage à l'utilisation intelligente de la technologie.

Comme elle le dit elle-même, Vespertine est ainsi une déclaration d'amour à son ordinateur portable... Pour la première fois de sa carrière, la chanteuse islandaise semble avoir abordé un album dans sa totalité, elle qui était très attachée au format pop de la " chanson qui dit tout en trois minutes ". Ici, et c'est sans doute pour cela que cet album sera le plus difficile à aborder pour ses fans, tout doit être pris dans son intégralité.

Même si Hidden Place ressemble à une sorte de single que l'on peut extraire de Vespertine, les onze autres thèmes de l'album sont difficilement dissociables. Hidden Place prend place dans le lit de la chambre à coucher. De cette chambre, on ne sortira à vrai dire pas trop tout au long de l'album. Vespertine est une ode au home studio, une déclaration d'amour faite au travail effectué à la maison. Et Hidden Place, avec ses premiers chœurs issus du paradis et ses béats organiques, plante déjà le décor d'une réalisation toute personnelle et intérieure. À cette occasion, on redécouvre le chant susurré de Björk, cette intonation timide et mesurée que l'on n'avait pas retrouvé depuis les Sugarcubes.

Cocoon porte bien son nom : une sorte de comptine délimite un
territoire dans la chambre (il neige dehors) et les percussions minimales enrobent une sorte de chant de Noël, qui est aussi un véritable hommage à l'enfant. La voix de Björk s'élève de nouveau pour cette mélopée qui semble se diriger vers la cheminée, et accueillir des cadeaux ima- ginaires. De nouveau, Bjôrk susurre et gémit, comme si un ange céleste s'était saisi de sa personnalité.

Avec le titre suivant, It's Not up to You, c'est le duo Matmos, groupe techno bruitiste discret de Los Angeles, qui fait son apparition. Et de nouveau, un miracle s'opère. D'un côté, le triturage du rythme et des béats, de l'autre, les envolées de cordes. Le tout réunit dans une sorte de nouvelle célébration de la comédie musicale, mais d'une manière plus bancale, plus vicieuse.

Undo le titre suivant,se construit avec une mélodie minimale et une harpe imposantePour justifier le côté céleste, un chœur imposant fait de nouveau une apparition, se manifestant dans une version nouvelle d'un "sang, sueur et larmes", mais apaisé et rayonnant de bonté.

Pagan Poetry, le dernier chant que Björk a travaillé en studio, est l'un des sommets émotionnels de l'album. Cette poésie païenne prend de nouveau appui sur une harpe céleste et des béats organiques qui labourent le chant en suspension de la chanteuse.

Frosti, doux instrumental qui semble accompagner la chute des flocons, est une transition rêvée pour marquer la moitié de l'album.

Celui-ci reprend avec Aurora, qui débute avec des pas dans la neige. De nouveau, les expérimentations sonores de l'Islandaise font des merveilles. Nouvelle union des cordes, de la voix et du rythme doux, Aurora pourrait illustrer n'importe quelle campagne publicitaire pour le tourisme islandais tant cette musique et ce texte colle à une ambiance boréale. On se dit que cet ensemble est si parfait que la voix de Björk pourrait habiter à elle seule cette nouvelle composition magique.

Nouvelle plongée dans l'univers intérieur de la chanteuse, à la lumière de la bougie, sur An Echo, A Stain, comme si les ensoleillements discrets des précédents thèmes avaient déjà donné trop de lumière. Un chœur mystérieux issu des abysses, des entrelacs de cordes, une voix suspendue : c'est le mélange prenant de cette composition qui célèbre une communion des corps dans un clair-obscur cotonneux.

Sun in My Mouth présente un texte de l'Américain E.E. Cumings qui évoque une vision panthéiste d'une nature sauvage et mystérieuse. Ce " soleil dans la bouche " rappelle curieusement les paroles de Björk à l'occasion de la sortie de cet album, quand elle déclarait qu'elle avait redécouvert son Islande, après le tournage de Dancer In the Dark, en... mangeant de la neige, comme si elle devait se réapproprier physiquement un élément indispensable à son propre équilibre.

Après ce court thème, l'exploration Björkienne se poursuit avec Heirloom, qui fait redémarrer l'album sur les chapeaux de roues. On pourrait dire ici qu'il s'agit d'un titre dance... qui ne se danse pas. Björk, jamais à court d'une invention, crée ici le groove du surplace, avec cette ritournelle qui se déplace sur elle-même, comme un électron fou qui changerait sans cesse de trajectoire. De nouveau, l'inventivité des rythmiques et des habillages sonores fait envie : son univers sonore n'est finalement pas délimité. Björk encourage bien une création à son paroxysme, délimitant de manière très lâche des idées de mélodies et d'arrangements.

Harm of Will illustre la notion d'extase tran-quille que Bjôrk a réussi à produire sur Vespertine. Uni-son est le deuxième sommet émotionnel de l'album, après Pagan Poetry. Cette ode à l'indépendance se déroule dans une ambiance tranquille et sereine, la tête relevée vers le soleil, comme si c'est seulement à ce moment de l'album qu'elle osait ouvrir la porte de sa maison pour prendre un peu d'air. Se noyant dans les cordes et les chœurs.

Unison est une conclusion idéale à cette production apaisée et tranquille, qui augure d'une artiste ayant retrouvé son univers intérieur. De nouveau, elle s'appuie sur la confrontation tranquille entre les cordes et les pro-grammations électroniques pour poser un univers qui lui est totalement personnel. Ce miracle de la création est définitivement la marque de fabrique de Bjôrk, qui est réellement l'une des très rares artistes actuelles à pouvoir créer un univers de toutes pièces.

Source : www.allbjork.com/...///www.allbjork.com/fr/bio/index.php
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MessageSujet: Re: BJORK LE RETOUR VOLCANIQUE    Ven 19 Mar - 2:03

De la 3D pour Bjork et le réalisateur Michel Gondry



Björk et Michel Gondry se retrouveront pour travailler sur un nouveau projet.
Même si peu d’informations ont filtrées, l
e réalisateur français a néanmoins confié qu’il s’agissait d’une sorte
de comédie musicale scientifique.
"C'est un film, mais peut-être fait plus pour les musées.
Comme un projet IMAX en 3D de 40 minutes", explique-t-il.
Cependant, on ne sait pas encore quelle sera la nature du rôle
que Björk tiendra dans ce projet.

Björk

La dernière apparition de la chanteuse islandaise dans un projet cinématographique
remonte à 2000. Björk jouait alors dans le film Dancer in The Dark de Lars Von Trier,
et avait par ailleurs remporté le prix d’interprétation au Festival de Cannes.

Björk et Michel Gondry ont l’habitude de travailler ensemble.
Leurs collaborations dans le passé ont donné naissance à des clips des plus originaux,
comme en témoigne "Human Behaviour", "Joga", "Hyperballad", "Bachelorette"
ou encore "Declare Independance".



Le réalisateur français, musicien dans les années 80 au sein
du groupe rock alternatif loufoque Oui Oui et frère d'un ex musicien des Ludwig Von 88,
a à son palmarès de nombreux clips pour
White Stripes, The Vines, Noir Desir, Kylie Minogue, Les Wampas,
Chemical Brothers, Rolling Stones, Massive Attack, Radiohead et Wyclef Jean.

A juste titre, Michel Gondry est considéré comme un des clippers les plus inventifs
et doués de sa génération.
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MessageSujet: Re: BJORK LE RETOUR VOLCANIQUE    Mer 14 Sep - 22:48


Biophilia


Date de sortie : 10 octobre 2011



Biophilia est une exploration multimédia aussi extraordinaire qu’innovante de la musique, de la nature et de la technologie par la musicienne Björk.

Comprenant musique originale, œuvres d’art interactives et pédagogiques, mais aussi artefacts musicaux, Biophilia est disponible sous la forme de dix In-App auxquelles vous pouvez accéder en volant à travers une galaxie en trois dimensions qui accompagne la chanson thème de l’album, Cosmogony.

Tous les titres de l’album seront peu à peu accessibles en tant qu’aventures interactives au sein de Biophilia. Le premier single extrait de l’album, Crystalline, en sera le premier titre disponible. via apple




Artiste majeure de l’avant-garde pop depuis le début des années 1990, Björk s’est lancé un nouveau défi avec Biophilia. Ce septième album solo de la chanteuse islandaise, âgée de 45 ans, qui doit paraître le 26 septembre, se double d’applications (une par chanson) destinées aux smartphones et tablettes numériques proposant, outre l’écoute de morceaux à dominante cyber-folk, la transcription visuelle et ludique de chaque univers musical, les partitions et textes des titres ainsi que leurs analyses scientifique et musicologique.


Conçu avec une pléiade d’artistes et de créateurs multimédias, ce projet - dont la transcription en concert a été proposée fin juin au Festival international de Manchester - pourrait ouvrir de nouvelles portes à une industrie du disque moribonde.

Cheveux roux, chemisier multicolore, courte jupe et collant de dentelle noire, l’étoile polaire s’est confiée au Monde, mi-juillet, avec un enthousiasme d’exploratrice.


Quelle a été la genèse du projet "Biophilia" ?


Tout a commencé avec ma découverte des ordinateurs et synthétiseurs à écran tactile. Nous en avions utilisé en concert lors de la tournée "Volta", entre 2006 et 2008. Je m’étais dit que j’aimerais composer avec cette technologie, que ce serait une façon de régénérer mon écriture. Elle m’offrait de nouvelles possibilités, comme de connecter ma musique avec des éléments visuels pouvant, par exemple, représenter les forces de la nature.

Avec l’écran tactile Lemur et l’algorithme adéquat, j’ai pu ainsi donner la forme d’un éclair à une ligne de basse ou associer cycle lunaire et musique électronique, et manipuler tout ça du bout du doigt. Ces écrans ont aussi réveillé la professeure qui sommeille en moi.






De quelle façon ?


Enfant, j’ai étudié dans une école de musique entre l’âge de 5 et 15 ans. J’étais très intéressée par la musicologie mais frustrée par l’enseignement de la technique instrumentale, comme si l’école se devait de fournir uniquement des musiciens pour orchestre symphonique.
Deux ou trois fois par an, l’école proposait aux élèves de s’exprimer avec leurs instruments. Cela me semblait très insuffisant, j’aurais voulu ne faire que ça.


Entre 5 et 7 ans, les enfants vivent une période incroyablement créative, mais souvent, on ne leur donne pas les bons outils pour apprendre ou exprimer leur créativité. Je me suis toujours dit que j’aimerais un jour ouvrir ma petite école de musique et contribuer de manière différente à cet épanouissement.

En découvrant les écrans tactiles, je me suis dit qu’ils pourraient devenir d’excellents outils pédagogiques. C’est pour cela que Biophilia est aussi un projet éducatif.


Par quelles étapes êtes-vous -passée pour parvenir à un album dont chaque chanson est déclinée en application pour smartphone et tablette numérique ?



Au début, en 2008, j’ai pensé ouvrir une maison dans laquelle chaque pièce, équipée d’écrans tactiles, correspondrait à une chanson. C’est la vue de toutes ces maisons abandonnées en Islande après le krach bancaire qui m’avait donné cette idée.
Puis, j’ai reçu une proposition de collaboration du National Geographic. Cela cadrait bien avec ma volonté d’associer chaque chanson aux éléments et forces naturels. Ils m’ont proposé de produire un film en 3D.


Nous avons commencé à travailler avec mon ami réalisateur Michel Gondry. C’était difficile. Michel avait tendance à intégrer dans le décor des éléments à échelle humaine, des objets du quotidien, alors que je voulais montrer des planètes, des atomes, une séquence d’ADN... Puis Michel a été monopolisé par le montage de son film The Green Hornet. C’est à ce moment-là qu’est sorti le premier iPad.








Vous avez compris dès le départ que les tablettes numériques correspondaient à votre projet ?


En 2008, j’avais entendu parler d’un objet à venir, à la croisée du smartphone et de l’ordinateur portable, mais je ne pensais pas que ça toucherait autant de monde. J’avais sous la main deux ans de travail. Toutes les chansons étaient écrites, les algorithmes étaient programmés, chaque "pièce" et son interactivité étaient définies.


Avec mon manageur, nous avons fait une liste des créateurs d’applications avec lesquels nous rêvions de collaborer. Et nous les avons appelés. Personne ne voulait financer ce projet. Les concepteurs d’applications ont alors accepté de le faire gratuitement. Nous partagerons les profits en deux. J’avais l’impression de revenir à la vieille époque du do it yourself ("faites-le vous-même") punk.

Est-ce pour vous une façon de trouver une solution à la crise de l’industrie du disque ?



Tous les vieux modèles ne fonctionnent plus, il faut en faire table rase, tenter autre chose. C’est dans cette logique que je voulais développer ce concept d’écran tactile. Mais je ne suis pas pour autant la sauveuse de l’industrie musicale. L’urgence date du début des années 2000, et j’ai mis du temps à réagir.




D’où vient cette volonté de lier le thème de chaque chanson à un élément scientifique ou naturel ?




Je suis obsédée par les sons. Pour moi, la meilleure façon de décrire comment la musique fonctionne est de la mettre en rapport avec les lois de la nature et de la physique. La manière dont les sons se propagent se rapproche de la structure des atomes ou des galaxies. C’est le sujet du disque et, aussi, des représentations visuelles des chansons qu’on trouve dans les applications.









"Biophilia" est-il aussi le fruit d’une démarche écologiste ?



Il se trouve que je sortais à ce moment-là de trois ans de combat pour l’environnement en Islande. Je m’étais jurée de ne jamais mélanger musique et politique. Mais j’ai été révoltée par la façon dont certains hommes politiques ont voulu vendre les ressources énergétiques islandaises à l’industrie internationale de l’aluminium.

Notre pays est la plus grande zone naturelle d’Europe, tout cela pourrait être détruit en cinq ans. J’ai décidé de me mobiliser pour ça en organisant des concerts, en faisant signer une pétition, en organisant aussi des colloques et en soumettant des propositions pour faciliter la création d’entreprise en Islande, pour trouver des alternatives à ces projets industriels destructeurs. Cela a forcément eu une influence sur l’album.



Vos nouvelles démarches technologiques ont-elles aussi influé sur votre façon de chanter ?



Je n’ai pas eu le choix. À la fin de ma dernière tournée, j’ai perdu ma voix à cause de nodules sur les cordes vocales. J’ai cru ne jamais pouvoir rechanter. J’ai mis trois ans à apprendre une nouvelle technique de chant. Comme pour tout le reste, les vieilles méthodes ne marchaient plus. J’ai été forcée de sortir de ma zone de confort pour trouver une autre voie.


Propos recueillis par Stéphane Davet

publié dans lemonde.fr - 24.08.2011



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