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 LA DOLCE VITA - 1960

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liliane
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MessageSujet: LA DOLCE VITA - 1960   Sam 28 Fév - 16:45

LA DOLCE VITA - FEDERICO FELLINI
Palme d'Or au Festival de Cannes en 1960



Genre : Étude de moeurs
Pays : Italie
Année : 1960
Durée : 174 min.





Générique

Réalisation: Federico Fellini.
Scénario: F. Fellini, Enio Flaiano, Tullio Pinelli.
Photographie: Otello Martelli.
Montage: Leo Catozzo.
Musique: Nino Rota.


Acteurs

Marcello Mastroianni (Marcello), Anita Ekberg (Sylvia), Anouk Aimée (Maddalena), Yvonne Furneaux (Emma), Alain Cuny (Steiner), Magali Noël (Fanny), Lex Barker (Robert), Nadia Gray (Nadia), Valeria Ciangottini (Paola), Annibale Ninchi (Le père de Marcello), Renée Longarini (La femme de Steiner), Jacques Sernas (Le jeune premier), Giulio Questi (Don Giulio), Laura Betti (Laura), Alan Dijon (Frankie Stout), Adriano Celentano (Le chanteur de Rock)

L'histoire



Marcello, chroniqueur mondain, sillonne Rome à la recherche du scandale et du sensationnel. Toujours entouré d’une nuée de photographes, il fréquente avec détachement les lieux les plus à la mode et la haute société romaine.
Au cours d’une tournée, il rencontre son amie Maddalena, une riche héritière désœuvrée. Ils passent la nuit dans la chambre d’une prostituée complaisante.
Le lendemain matin, Marcello trouve Emma, sa compagne régulière, inanimée auprès d’un tube vide de comprimés. Il la conduit à l’hôpital. Elle en réchappe.



A l’aérodrome de Rome, arrivée triomphale de Sylvia, grande star hollywoodienne : cortège bruyant, conférence de presse cacophonique.



D’autres événements futiles se succèdent ainsi, marques au coin de la débauche et de la désespérance. Le père de Marcello tente de retrouver sa jeunesse avec des femmes faciles mais rentre chez lui précipitamment à la suite d'un malaise.



Marcello enquête sur un miracle qui s'avère faux. L’écrivain esthète et intellectuel, Steiner, l’ami de Marcello, se suicide après avoir tué ses enfants. Marcello s’enlise de plus en plus dans un milieu en voie de décomposition.
La fin est assez pessimiste, après une nuit très agitée, il se retrouve sur une plage où s'échoue un poisson (la religion chrétienne?) monstrueux et mort depuis longtemps. Enfin, sur la dernière scène, Marcello reste insensible à l'appel d'une jeune fille pure irrémédiablement séparé de lui par une rivière dérisoire.


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MessageSujet: Re: LA DOLCE VITA - 1960   Sam 28 Fév - 17:13

LA DOLCE VITA

Film fétiche de mes années ciné-club, La dolce vita est une plongée dans la vie désabusée de la Rome des années 1960. Marcello (Marcello Mastroianni) promène sa dégaine de journaliste mondain dans la haute société romaine, abîmée dans un ennui métaphysique sans retour. L’occasion pour Fellini d’aborder le thème du « mal de vivre » à partir de séquences juxtaposées et de faire de Rome la « Babylone » de ses rêves, la « vraie star de son film ».




De la Via Veneto à la Fontaine de Trevi, en passant par les rues des quartiers excentrés ― quartiers riches où se jouent les suicides dont celui, réussi, de l’intellectuel Steiner (Alain Cuny) et de ses deux enfants, quartiers populaires où se nouent les rencontres nocturnes ―, Rome est le personnage principal de ce film. Elle est la grande prostituée irrévérencieuse que le maestro se plaît à montrer dans les moindres détails de sa déréliction. Grandiloquente et désespérée, Rome est la ville des errances de Marcello et des nuits blanches de ses amies, riches amantes névrosées (Magalie Noël, Anouk Aimée) qui jouent avec la mort et Sylvia, star hollywoodienne (Anita Ekberg) en mal de sensations nouvelles.



La dolce vita s’ouvre sur une scène burlesque : celle de l’arrivée bruyante d’une statue acheminée par la voie des airs. Un Christ ballotté par l’hélicoptère qui tourne en rond au-dessus de la Place Saint-Pierre ! Sous les regards ébahis de starlettes en maillots de bain. Autre arrivée très remarquée, celle de Sylvia, vedette hollywoodienne, accueillie à l’aéroport à grand renfort de paparazzi.



Après les scènes dramatiques du suicide manqué d’Emma (Yvonne Fourneaux), maîtresse de Marcello, et l’épisode du cirque où Sylvia se livre à un numéro de danse endiablé, après la scène tendre des déambulations au « petit chat » et la chaude sensualité du bain de minuit improvisé ― Fontaine de Trévi ― par la naïade Sylvia, après le suicide de Steiner et la scène consacrée au père du reporter, vient l’extravagant spogliarello. Exit Sylvia. Place à Nadia (Nadia Gray) pour cette scène troublante, émouvante et terrible. Qui tient le spectateur en haleine au-dessus du vide. Au centre de cette scène, celle que son divorce met au bord du gouffre. Nadia. Nadia improvise une séance de strip-tease. Orchestrée et rythmée par les encouragements des invités vautrés dans les divans et fauteuils du salon où ils sont réunis. Prise dans les entrelacs d’un désespoir sensuel, Nadia se dévêt. À moitié nue, elle poursuit son numéro d’exhibition couchée sur le sol, tandis qu’au-dessus d’elle, les coussins, lancés à pleine volée par une femme en furie, crèvent. Les plumes volent sur les invités, s’accrochent aux corps, s’agrippent aux cheveux, collent aux visages, transformant les fêtards en une gigantesque et grotesque basse-cour. Entre orgie et hystérie, la scène cruelle du « spogliarello » se termine à l’aube avec l’arrivée inopinée du maître de maison. Les invités dégrisés quittent la villa et se rendent sur la plage où gît un énorme cétacé échoué là pendant la nuit. Marcello, désœuvré et blafard, s’éloigne du groupe qu’il laisse à ses divagations. Il rencontre une jeune fille au visage d’ange. Mais il n’emporte d’elle que son sourire, symbole d’une pureté à jamais perdue.




« Réalisation à la fois flamboyante et subtile », La dolce vita est le meilleur film de Federico Fellini et l’un des grands films de l’Histoire du cinéma.

Angèle Paoli
D.R. Texte angèlepaoli

http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2008/05/index.html


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MessageSujet: Re: LA DOLCE VITA - 1960   Sam 28 Fév - 17:21

Ce film long (près de trois heures) est découpé en une série de récits disjoints dont Marcello est le seul point commun et cependant parfaitement cohérent grâce à la rigueur de l'écriture et l'unité du ton adopté.



Fellini pose le décor et les enjeux du film dès l’ouverture de celui-ci : on y voit une statue représentant le Christ, rattachée à un hélicoptère, volant au dessus et s’éloignant progressivement de Rome. Double symbole: Le Christ, emporté par la modernité, déserte et Fellini prend ses distances avec tout ce qui fondait son cinéma jusqu’alors en remettant en cause et la société dans laquelle il vit et sa manière de filmer jusqu'alors rattaché à l'école néoréaliste .
Son style évoque désormais Luis Buñuel, comme lui il décrypte les pulsions contradictoires, la décadence des mœurs mais ne porte pas de jugement, à l'image de Marcello, témoin le plus neutre possible et du jeu de Mastroianni, minimaliste..
En dépit du mouvement permanent du film, rien ne semble bouger.
Fellini déclare: "Je prends la température d’un monde malade; mais si le mercure indique 40°C au début du film, il en indique également 40°C à la fin. Rien n’a changé".
Les personnages répètent les mêmes actions, s’enferrent dans des modes de fonctionnement. A force d’en avoir trop vu, ils regardent sans voir, tel, à la fin du film, l’atroce poisson échoué sur le rivage qui contemple d’un œil mort l’immensité du ciel.
Le film n’offre pas au spectateur de personnages auquel il pourrait s’identifier tant Fellini aime nous mener par la main dans son labyrinthe cinématographique. Le film peut être considéré comme une espèce de voyage une Rome imaginée ( le film a été entièrement tourné en studio), voyage ponctué selon les moments du film par la musique, visible à l’écran par l’entremise de musiciens jouant de leurs instruments, que celle-ci soit Rock, Jazz ou bien Musique de Chambre.
La dolce Vita a provoqué des réactions violentes à sa sortie. Le succès auprès du public ne fût pas immédiat mais ample et profond.
Par contre l'Église, qui avait apprécié La Strada (1954) pour sa thématique de la rédemption, lança ses foudres contre le film, menaçant d'excommunier l'équipe du film et même les spectateurs.
Et pourtant jamais Fellini ne montre de complaisance envers ses personnages décadents et seuls les aspects les moins nobles de la religion sont attaqués, comme ce culte populaire des miracles qui confine à la superstition.


Ce film a fortement influencé à la fois la société et les acteurs:
La dolce vita a remplacé le titre français "La douceur de vivre"et est même devenue une expression courante en français.
La Via Veneto, entièrement reconstituée en studio, va s'efforcer de ressembler à son modèle fellinien, large et plate
Mastroianni, qui n'était au début pas prévu pour le rôle (dévolu à Paul Newman) est devenu l'acteur fétiche et le double de Fellini.
Lex Barker, qui joue le rôle d'un acteur américain ringard ayant joué Tarzan avit effectivement joué ce rôle à 5 reprises entre 1949 et 1953, dont Tarzan and the She-Devil de Kurt Neuman
Anita Ekberg, ex-Miss Suéde apprécia à ce point l'Italie qu'elle y poursuivît sa vie.
Un jeune musicien, Adriano Celentano, voit sa carrière lancée par le film.
Et enfin le photographe Paparazzo, qui passe son temps à harceler les vedettes, a donné son nom à tous les "paparazzi" du monde.
http://generation80.blog.toutlecine.com/2360/La-dolce-Vita-La-douceur-de-vivre-film-franco-italien-de-Federico-Fellini-sorti-en-1960/
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MessageSujet: Re: LA DOLCE VITA - 1960   Sam 28 Fév - 18:08

FEDERICO FELLINI


Réalisateur, Acteur, Scénariste, Auteur, Adaptateur italien
Né le 20 Janvier 1920 à Rimini (Italie)
Décédé le 31 Octobre 1993 à Rome (Italie)



Issu de la petite bourgeoisie italienne, Federico Fellini entame une carrière de journaliste. Puis il se lance rapidement dans l'écriture de scénarios. Il fait la connaissance d'une jeune actrice, Giulietta Masina, qu'il épouse en 1943. A la même époque, il fait deux autres rencontres déterminantes : celles de Roberto Rossellini puis d'Alberto Lattuada. Pour le premier, il co-écrit le scénario de Rome ville ouverte (1945) et pour le second celui de Sans pitié (id.). En 1948, il participe à l'écriture du film à sketches de Roberto Rossellini et Marcello Pagliero, Amore. Après ces débuts dans le drame néoréaliste, Fellini choisit le registre de la comédie pour sa première réalisation, Le Cheik blanc (1952).
Il devient célèbre avec La Strada (1954), oeuvre originale qui s'inscrit dans la veine néoréaliste qu'affectionne Fellini dans les années 50. Dans Il Bidone (1955) et Les Nuits de Cabiria (1957), il dépeint des personnages usés par la vie en quête de rédemption et d'amour. Les mélodies de Nino Rota, compositeur attitré du réalisateur, accompagnent les protagonistes dans leur dérive.

En 1960, Fellini fait scandale avec La Douceur de vivre. Marcello Mastroianni y interprète un journaliste désabusé en proie aux turpitudes de la société dans laquelle il vit. Le film remporte la Palme d'or au festival de Cannes et marque un tournant dans la carrière du réalisateur. Fellini exprime son amertume et ses angoisses. Il retrouve Mastroianni pour Huit et demi (1962), film fantasmagorique dans lequel il explore les affres de la création et du désir. Dans Satyricon (1969), il montre, au-delà de l'érotisme, la décadence et l'agonie d'un univers. Le monde de Fellini est marqué par la débauche et la démesure. Il est peuplé de femmes plantureuses et de personnages volubiles.

Les obsessions du maestro s'expliquent peut-être dans son interlude nostalgique, Amarcord (1974). Dans cette oeuvre empreinte de mélancolie et de lyrisme, Fellini dresse une galerie des personnages qui ont marqué son enfance.



Par la suite, il laisse à nouveau place au cynisme avec Casanova de Fellini (1976), dans lequel il démystifie le séducteur légendaire. La Cité des femmes (1979), explore l'univers féminin entre réalité et onirisme. Les deux films se répondent avec un certain pessimisme quant aux relations entre hommes et femmes. Fellini transfigure sa vision tragique de la vie et des relations humaines par les symboles, le merveilleux et la poésie.

Ginger et Fred (1985) et Intervista (1987) dressent le portrait pathétique de stars inspirées de Fred Astaire et Ginger Rogers. Avec ces deux films, le cinéaste approfondit le thème du temps qui passe et de la décrépitude. Ginger et Fred lui permet aussi de brosser une satire de la télévision et du star system. Dans Intervista, il évoque l'âge d'or des légendaires studios Cinecittà, auquel il a largement contribué.






Federico Fellini est un cinéaste quasi-religieux. Les nuits de Cabiria et surtout Il Bidone témoignaient à la fois de son goût pour la satire et sa fascination vis-à-vis de la religion.

A ce propos, il est amusant de noter à quel point Fellini pose le décor et les enjeux du film dès l’ouverture de celui-ci : on y voit une statue représentant le Christ, rattachée à un hélicoptère, volant au dessus et s’éloignant progressivement de la capitale Italienne. La Dolce Vita est à l’image de cette statue : Fellini va d’emblée se distancer de tout ce qui fondait son cinéma jusqu’alors en remettant en cause et la société dans laquelle il vit et sa manière d’appréhender le cinéma.



Le cinéma de Fellini n’a jamais rien raconté, ou si peu. La Dolce Vita, un de ses films les plus célèbres avec 8 1/2, ne déroge pas à la règle. Fellini nous offre d’emblée de suivre les facéties et extravagances du personnage principal de son film. En effet, Marcello, incarné avec toujours autant d’intériorité et de minimalisme par Marcello Mastroianni, se déplace dans l’espace comme le spectateur qui découvre le film. Ceci est d’autant plus frappant que son métier de journalisme lui impose d’être constamment aux aguets, à l’affût du moindre détail croustillant.

Le film, tout comme Roma par exemple, n’offre point de rattachement possible au spectateur, point de personnages sur lequel ce dernier pourrait s’identifier tant Fellini aime nous mener par le bout du nez dans son labyrinthe cinématographique. Le film peut donc logiquement être considéré comme une espèce de voyage dans le Rome actuel, voyage ponctué selon les moments du film par la musique (visible à l’écran par l’entremise de musiciens jouant de leurs instruments), qu’elle soit rock, Jazz ou bien de Chambre. 

C’est à n’en point douter le sentiment d’égarement que ressent le spectateur à la vision du film qui est à l’origine du scandale qu’il a provoqué.

Si certains ont clamé à l’époque que La Dolce Vita était un film sur la débauche, nul doute que les détracteurs du film se sont sentis gênés par la maîtrise de Fellini, et ce peut-être de façon inconsciente. Mais cette forme très éclatée ne fait en fait que refléter un fond et un propos en totale adéquation avec la mise en scène.

Comment ne pas voir en La Dolce Vita une dénonciation du fascisme, du figement de la société Italienne de l’époque? : La Dolce Vita appartient à la catégorie de film qui tentent de nous prendre par la main pour nous emmener sur des terrains inconnus; au risque de laisser nombres de spectateurs sur le bord de la route.

Film audacieux, cette qualité peut se révéler être par instants un défaut : car oui, La Dolce Vita, tantôt fascine, intrigue, ennuie.

Ces imperfections laissent supposer que le film est à considérer comme une œuvre transitoire, de celle où l’artiste se cherche afin de conquérir de nouvelles terres d’inspirations et de créations. De création, il en sera effectivement question dans son film suivant, considéré comme son plus grand, 8 ½.

La Dolce Vita ressemble donc à un disque que l’on connaît par cœur ou bien à un recueil photo de sa famille. Un objet dans lequel on aime se perdre, s’aventurer même si l’on en connaît beaucoup de détails (parfois anthologiques). Le DVD semble avoir été crée pour voir des films comme celui-ci sortir sur ce format. Le chapitrage du film épouse brillamment les courbures scénaristiques du film, le spectateur pouvant s’y aventurer comme il l’entend.

Un film que l’on peut donc voir à son gré, revoir certaines scènes sans ordre particulier, celles que l’on aime. Bref, en faisant un montage personnel, en créant sa propre Dolce Vita.
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MessageSujet: Re: LA DOLCE VITA - 1960   Sam 28 Fév - 20:04

LES CRITIQUES DE L'EPOQUE


LA DOLCE VITA
La Passion de Federico Fellini Jean de Baroncelli (Le Monde)

LA DOUCEUR DE VIVRE se présente (...) comme un vaste chapitre de la comédie humaine de notre époque. Fellini nous y décrit (...) un monde inconscient et frivole (...) dominé par le goût de l'argent, de la gloriole tapageuse et des plaisirs faciles. (Texte paru en 1960)

Le Choc violent Jean Hamelin (Le Devoir)

Il y a dans le film un comique grinçant qui est extrêmement palpable. Mais le choc des situations est tel que l'on rit d'une façon un peu coupable (...). Car LA DOUCEUR DE VIVRE est un drame effroyable dont les prolongements ne paraissent pas aussi immédiatement apparents que chez un Antonioni. (Texte paru en 1960)

Une Cruelle Leçon d'anatomie Georges Sadoul (Les Lettres Françaises)

Ce film est puissant, implacable, pesant, magnifique comme LA LEÇON D'ANATOMIE. Par delà la curée des hyènes photographes, l'angoisse contemporaine s'y exprime, comme jamais peut-être. (Texte paru en 1960)

Fellini et ses contemporains... Inconnu (Le Film Français)

LA DOUCEUR DE VIVRE constitue en quelque sorte une vivante chronique de notre temps (...). Fellini a observé avec sa caméra certains aspects scandaleux de la vie romaine actuelle et n'a pas hésité (...) à les stigmatiser sur l'écran en une suite de tableaux pris sur le vif. (Texte paru en 1960)

Un Monde et son délire Alain Toutant (La Presse)

(...) on a blâmé Fellini de braquer trop précisément sa caméra sur un monde de plaisir effréné, de compromissions, de scandales (...). Observation et constat d'un monde sans Dieu, LA DOUCEUR DE VIVRE est aussi (...) un somme de Fellini et un très grand spectacle. (Texte paru en 1963)
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MessageSujet: Re: LA DOLCE VITA - 1960   Sam 28 Fév - 21:50

Biographie d'Anita Ekberg




Surnommée 'l' iceberg' ou le 'glaçon brûlant' autant pour ses origines suédoises que pour sa beauté froide, Anita Ekberg a commencé sa carrière en défilant comme mannequin, pour accéder au titre de Miss Malmö puis de Miss Suède. Lors de l'élection de Miss Univers en 1950, elle est dans les six finalistes, ce qui lui permet d'obtenir un contrat chez Universal. Ainsi, elle reçoit des cours de comédie ou de danse.

C'est néanmoins la prolifération de revue pour hommes qui lui permet de connaître une petite notoriété : sa rencontre avec Russ Meyer lui permet de poser dans Confidential. Hollywood commence à l'employer au milieu des années 1950, et ses apparitions sont très remarquées, tant son physique supplante son talent de comédienne, plus discret. On peut citer ainsi 'Blood Alley', où elle côtoie John Wayne, le 'Guerre et Paix' de King Vidor ou encore 'A Paris tous les deux', produit par Bob Hope...



Cette carrière américaine est cependant éclipsée bien vite par son arrivée en Italie. Participant au péplum 'Sous le signe de Rome', l'actrice suédoise va connaître un succès universel en partageant l'affiche de 'La Dolce Vita' avec Marcello Mastroianni. Chef-d' oeuvre absolu, le film la montre notamment se baignant dans la fontaine de Trevi, scène qui restera dans la mémoire des spectateurs.



Fellini emploie à nouveau Anita Ekberg dans son sketch inclus dans 'Boccace 70', 'Les Tentations du docteur Antoine', où elle n'incarne nul autre que le diable. Fellini la fait apparaître dans 'Les Clowns', et la fait jouer son propre rôle dans son film réflexif, 'Intervista'. Sa carrière, en dehors des oeuvres de Fellini, décline dès les années 1970 et elle disparaît des écrans. Egérie mythique de l'un des maîtres du cinéma italien, Anita Ekberg est une icône née sur photogramme, miracle éphémère d'une scène de cinéma, quand le soleil se couche comme dans un rêve sur le Palazzo Poli.
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MessageSujet: Re: LA DOLCE VITA - 1960   Mer 21 Oct - 19:36

Les mondes rêvés de Fellini
Anthony Palou
21/10/2009




Anita Ekberg et Marcello Mastroianni, «La Dolce Vita» - 1960 Crédits photo : (Collection Fondation Jérôme Seydoux-Pathé © 1960 La Dolce Vita - Riama Film - S.N.Pathé Cinéma - Gray Film / identité de l’auteur réservée)



Alors que «La Dolce Vita» s'apprête à fêter ses 50 ans, le Musée du Jeu de paume nous invite à découvrir l'univers du génial metteur en scène italien, à partir de mardi et jusqu'au 17 janvier prochain.

Federico Fellini, ce mensonge permanent, symbolise comme personne dans le monde du cinéma la créativité. Pour lui, la réalité - qui fut la grande interrogation de son travail (il s'agit bien là d'un génial artisan) -, ce sont ses rêves qu'il s'est plu à dessiner, qu'il s'est plu à filmer. C'est moins la vérité qui l'intéresse que la manière de l'interpréter, de l'absorber tel une éponge. Il fut une projection de lui-même, toujours dans un entre-deux monde. Il ne cessa de s'inventer.

Fellini était, on ne le dira jamais assez, un cinéaste très populaire. Dès La Strada, en 1954, jusqu'en 1983, l'année d'Et vogue le navire. Ensuite, non que son œuvre déclinât (Ginger et Fred et Intervista peuvent être considérés comme des chefs-d'œuvre) mais elle fut un rude combat contre la télévision, devenue pieuvre berlusconienne.

Lors d'un entretien à propos de son Casanova, Fellini - qui considérait le célèbre Vénitien comme un «con» - donnait sa vision du cinéma : «Arriver une bonne fois à l'essence dernière du cinéma, à ce qui, selon moi, est le film total : faire d'un film un tableau. Si quelqu'un se place devant un tableau, il peut en avoir une jouissance complète et ininterrompue. S'il se place devant un écran, un film, non. Tout est dans le tableau, il suffit de le regarder pour l'y découvrir. Le film est un tableau incomplet ; ce n'est pas le spectateur qui regarde, c'est le film qui se laisse regarder par le spectateur.» Quelle lucidité !

Une grande exposition au Musée du Jeu de Paume rend hommage à celui qu'on appelait le «Maestro». Elle est le résultat de quatre années de recherche ; elle est signée Sam Stourdzé. Son objectif ? Décrypter les diverses influences de Fellini, déplier toutes les facettes de son cheminement cinématographique. Ici, pas question de brouiller les pistes, d'«intellectualiser» l'œuvre. Bien au contraire.

«Il avait tout compris de son époque»

Quatre parties bien distinctes vous invitent dans le monde du metteur en scène : «La culture populaire», «Fellini à l'œuvre», «La cité des femmes » et «L'invention biographique ». Une immense affiche (6 × 3 mètres) de La Dolce Vita vous accueille. Autant dire que nous sommes tout de suite dans le bain, via Veneto reconstitué dans le célèbre studio 5 de Cinecitta. Populaire, donc, et comme bercé par Charlie Chaplin.

Contrairement à la France, qui cantonna Fellini dans les cinémathèques, en Italie, le réalisateur des Vitelloni est dans tous les foyers, et le jour de sa mort fut un deuil national. On n'insistera jamais assez sur le fait que Fellini ne cessa de puiser ses visions dans la rue, le cirque, la magie, la bande dessinée, le roman-photo (Le Cheik blanc en est un et La Strada en deviendra un dans le magazine Nous Deux Films !), la télévision, les paparazzi - terme qu'il inventa - et même le rock'n'roll. Souvenons-nous de la fameuse scène de La Dolce Vita où l'on voit le jeune Adriano Celentano embraser le corps plantureux d'Anita Ekberg.


Dessin de Federico Fellini - Rêve du 1er avril 1975 Livre des Rêves © Fondazione Federico Fellini, Rimini


«Le principe de l'exposition, souligne son commissaire Sam Stourdzé, est de faire dialoguer les films avec les photographies ou des documents graphiques. L'expérience que nous voulons transmettre aux visiteurs, c'est la troisième dimension, l'espace, de voir les coulisses…Ce qui m'a intéressé, ici, c'est la construction par l'image.» Ainsi verrons-nous des centaines de documents : dessins de Fellini (son premier métier, on le sait, fut celui de caricaturiste, son côté potache), journaux d'époque, collections de photos que de potentiels figurants plus felliniens que Fellini lui envoyaient - une vraie cour des Miracles ! -, affiches, etc. « Ce que je voudrais, insiste Stourdzé, c'est que l'on sorte de cet adjectif “baroque” à propos de Fellini. Il est “moderne”». Pour cela, il suffit de voir La Dolce Vita, il avait tout compris de son époque.»

L'exposition s'attarde précisément sur ce film culte, démonte les rouages de sa création, explique la fameuse scène primitive de l'hélicoptère lesté d'un Christ bras en croix survolant Rome. Où l'on s'aperçoit que Fellini s'était inspiré des actualités télévisées et des magazines de l'époque. Aussi la fameuse scène du baiser entre ­Marcello Mastroianni et Anita Ekberg dans la fontaine de Trevi. À y regarder de près, contrairement à ce que l'inconscient collectif nous pousse à croire, ce couple mythique ne s'embrasse jamais. Il y re viendra, d'ailleurs, en 1987, dans le magique et mélancolique Intervista.

Fellini a déclaré lors d'un entretien avec André Delvaux au début des années 1960 que « Charlot est en quelque sorte une chose qui fait partie moins de notre patrimoine culturel que de notre patrimoine fantastique et sentimental ». Ainsi de l'immense Federico Fellini.

http://www.lefigaro.fr/culture/2009/10/19/03004-20091019ARTFIG00351-les-mondes-reves-de-fellini-.php
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MessageSujet: Re: LA DOLCE VITA - 1960   Lun 1 Nov - 19:23

"La Dolce Vita" s'offre un lifting pour ses 50 ans


"La Dolce Vita", le chef-d'oeuvre mythique sorti en salles en 1960, fête son anniversaire avec une exposition à Rome,du 31 octobre 2010 au 30 janvier 2011, sur l'univers de son réalisateur, Federico Fellini, et une opération de restauration de la copie du film, qui avait pris quelques rides.



Tourné en 1959, "La Dolce Vita" ne se limite pas à sa scène la plus connue, qui montre la blonde Anita Ekberg, en robe-fourreau noir, invitant Mastroianni d'un langoureux "Marcello" à la rejoindre pour un sensuel bain de minuit dans la fontaine de Trevi. Ce film a entraîné une véritable révolution du cinéma.

"Dans mon esprit, il y a un avant et un après La Dolce Vita. Ce film brise les règles", a commenté le réalisateur américain d'origine italienne Martin Scorsese, à l'occasion de la projection samedi au festival de Rome de la version restaurée du film. "Il n'y a pas d'histoire, pas d'intrigue et pourtant le film dure trois heures (...) Jusque là, dans les années 50 la plupart des films étaient des spectacles ("Ben Hur", "Spartacus"...)", a rappelé le cinéaste, dont la fondation, "The Film Foundation", a financé une partie de la restauration.

"La Dolce Vita", composé d'une série d'épisodes en apparence déconnectés, suit les pérégrinations de Marcello Rubini (Marcello Mastroianni), un jeune provincial aux aspirations littéraires devenu chroniqueur dans un journal à sensations. Malgré son apparence décousue, le film, Palme d'or au Festival de Cannes, offre une réflexion sur le mariage et la famille, la foi, les exigences de l'intellect et la facilité de l'hédonisme.

Un constat qui devient une évidence au vu de l'exposition "Labirinto Fellini" ("Labyrinthe Fellini"), qui souligne toute la complexité du fantasque cinéaste. Photos, extraits et décors de films, dessins et sculpltures explorent l'usine à rêves de Federico Fellini (1920-1993): outre "La Dolce Vita", on replonge dans "Casanova", "Roma", "Huit et demi" et "Satyricon".

Conçue par le scénographe Dante Ferretti sur plus de 3.000 mètres carrés dans les anciens abattoirs de Rome, l'exposition propose une excursion surprenante à Suburre, le quartier malfamé de la Rome antique: dans de petites salles peintes de fresques souillées de graffiti sont projetées des extraits du "Satyricon".

Bordels hantés de femmes plus que plantureuses, maquillages outranciers et gestes obscènes: on s'y croirait! Un peu plus loin, deux costumes du "Casanova" incarné par Donald Sutherland voisinent avec la version géante de la photo icône des photographes voraces attendant l'arrivée de la star de "La Dolce Vita" à sa descente d'avion.

C'est d'ailleurs l'un des personnages du film, le photographe Paparazzo, qui donnera son nom à cette profession emblématique d'une révolution du monde l'information et du spectacle. Les carnets de dessins, les affiches d'époque et les photos de tournages montrent à quel point l'univers de Fellini, qui aurait fêté cette année ses 90 ans, n'a pas pris une ride. (afp)

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1528/Cinema/article/detail/1177168/2010/10/31/La-Dolce-Vita-s-offre-un-lifting-pour-ses-50-ans.dhtml
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Bridget

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MessageSujet: Re: LA DOLCE VITA - 1960   Sam 13 Nov - 13:54


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La Dolce Vita retrouve son éclat




Marcello Mastoianni et Anita Ekberg dans La dolce Vita



Avec le soutien de la Film Foundation de Martin Scorsese et de la griffe Gucci, le chef-d'oeuvre magistralement restauré de Fellini a retrouvé son éclat.




Excommuniée à sa sortie par le Vatican, La Dolce Vita est devenue, cinquante ans plus tard, un monument du cinéma.

Mais un monument en péril. La pellicule originale s'étant dégradée, les copies de copie réduisaient cette fresque de trois heures, tournée surtout la nuit, à un palpitant jeu d'ombres.

Après 6 000 heures de nettoyage numérique, la restauration accomplie par Martin Scorsese et sa Film Foundation vient de lui rendre son éclat, avec des images qu'on dirait sculptées.
Une réussite de plus à l'actif de cet organisme, administré par de grands cinéastes (Francis Ford Coppola, George Lucas...), et qui a déjà sauvé cinq chefs-d'oeuvre (dont Senso et Le Guépard, de Visconti...).

Scorsese justifie son choix : "Les films de Fellini ont ouvert aux réalisateurs de multiples voies."
Le soutien massif - 1,5 million de dollars au total - apporté par Gucci à la Film Foundation va presque de soi.
L'âge d'or de la marque coïncide avec la dolce vita, cette époque (les années 1950 et 1960) où Rome, vitrine du miracle italien, s'étourdissait de fêtes luxueuses.

Dans le film, les errances de Mastroianni, journaliste people aux lunettes noires au volant d'un cabriolet nain, ballotté de raout en fiesta, de femme en femme, transposent des faits réels - orgies, rixes et meurtres défrayaient le Tout-Rome - que Fellini a édulcorés.
Les terrasses de la via Veneto ralliaient ces "incouchables" autour des acteurs américains - souvent chaussés par Gucci, comme Burt Lancaster ou Audrey Hepburn - venus tourner à Cinecitta.

Festival de toilettes couture, de blagues idiotes et d'éclats puérils, la Rome huppée de Fellini s'offre aux essaims des paparazzis, vrais héros du film.

Directrice de la création de Gucci, Frida Giannini souligne combien celui-ci "a ouvert la voie à un nouveau monde, où règne l'obsession du style, de la mode et de la célébrité."

Dans La Dolce Vita, le seul détail daté serait-il l'insouciance ?


Par Jacques Brunel L'Express

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MessageSujet: Re: LA DOLCE VITA - 1960   

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