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 EDGAR ALLAN POE

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Nine
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MessageSujet: EDGAR ALLAN POE   Ven 27 Fév - 13:02

EDGAR ALLAN POE


(1809-1849)
"Pour être heureux jusqu'à un certain point,
il faut que nous ayons souffert jusqu'au même point".

Poète et conteur américain, auteur d'Histoires extraordinaires,
dont l'imaginaire exubérant et macabre marqua profondément le genre fantastique.

Son oeuvre :

- Sonnets
- Elégies
- Le Débat de Folie et d'Amour

Vie d'un «poète maudit»

Né à Boston le 19 janvier 1809, fils de comédiens ambulants,
Edgar Poe perdit ses parents très tôt et fut recueilli à l'âge de deux ans par un riche négociant,
John Allan. Après des études en Angleterre (1815-1820) puis dans un collège prestigieux de Virginie,
il se querella avec son père adoptif, qui lui reprochait sa vie «!dissolue!».
Sommé par lui de trouver un emploi lucratif, il s'enfuit,
s'engagea dans l'armée et publia à ses frais son premier recueil de vers,
Tamerlan et autres poèmes (1827). En 1829, il trouva refuge chez une tante sans fortune,
Maria Clemm, mère d'une petite fille, Virginia, qu'il épousa lorsque celle-ci eut quatorze ans.
La même année, il publia un second recueil, Al Aaraaf.

Renonçant à la carrière militaire, il commença à composer et à publier des contes à partir de 1831.
Le Manuscrit trouvé dans une bouteille (1833) obtint un prix et le fit connaître au sein de la coterie littéraire de Baltimore. En 1835, il collabora activement à une revue de Richmond en y rédigeant des critiques, des comptes rendus et des éditoriaux ainsi que de nouveaux contes et poèmes. Mais Poe vit bientôt cette collaboration s'interrompre, peut-être en raison de son intransigeance et de son comportement caractériel.

Il s'installa alors à New York avec Maria Clemm et Virginia (1837), dans l'espoir d'y faire une belle carrière littéraire. Réduit à la pauvreté, il continua à écrire et à publier des contes, notamment les Aventures d'Arthur Gordon Pym, Ligeia, la Chute de la maison Usher, William Wilson et le Scarabée d'or, qui finirent par lui apporter une certaine considération auprès d'un public choisi. En effet, en 1845 son poème le plus célèbre, le Corbeau, lui valut enfin le succès. Cependant, épuisé par un rythme de travail inhumain et surtout considérablement affecté par la maladie puis par la mort de son épouse Virginia (1847), il se mit à boire.

Malgré un amour impossible pour Mrs Annie Richmond, épouse d'un industriel, il poursuivit pendant les dernières années de sa vie une existence instable et pauvre. Il composa durant cette période une série de poèmes et d'essais, parmi lesquels un poème resté célèbre, «!Ulalume!» (1847), et l'essai intitulé Eurêka (1848), donnant aussi plusieurs conférences sur la poésie.

Edgar Poe mourut à l'hôpital le 7 octobre 1849, à la suite d'une crise de delirium tremens. Bientôt entouré d'une légende de poète maudit, il fut en son temps considéré tantôt comme un fou, tantôt comme un gentleman tranquille et travailleur.

Rigueur et imagination
Poésies


Dans la production poétique de Poe, une douzaine de textes se distinguent par une construction littéraire parfaite, l'envoûtement procuré par les thèmes et la métrique, et par un lyrisme convaincant. Dans le Corbeau (1845), Poe est submergé par la mélancolie et les présages de la mort. Sa maîtrise du rythme et des sonorités se révèle avec un éclat particulier dans les Cloches (1849), qui semble faire écho à la résonnance de ces instruments métalliques. Dans le Dormeur (1831), il reproduit à la perfection l'état de somnolence. Quant à Lénore (1831) et Annabel Lee (1849), il s'agit de lamentations sur la mort d'une belle jeune femme tendrement aimée. L'œuvre poétique de Poe est tout entière marquée par l'influence de Milton, Keats, Shelley, Coleridge, et par un intérêt romantique pour l'occulte et le satanique.

Baudelaire, qui fit connaître en France l'œuvre de Poe, disait de sa poésie qu'elle était «!quelque chose de profond et de miroitant comme le rêve, de mystérieux et de parfait comme le cristal!» et qualifiait l'auteur de «vaste génie, profond comme le ciel et l'enfer».

Nouvelles

Edgar Poe est connu avant tout pour ses nouvelles fantastiques. Rassemblées aujourd'hui sous le titre d'Histoires extraordinaires et de Nouvelles Histoires extraordinaires, elles furent révélées en France à partir de 1848 grâce aux traductions, plus poétiques qu'exactement fidèles, qu'en fit Charles Baudelaire. Ce dernier, qui voyait en Poe un «!génie fraternel!», lutta vigoureusement pour le faire reconnaître!; ses traductions contribuent d'ailleurs encore aujourd'hui au prestige d'Edgar Poe. D'autres contes, moins connus et plus humoristiques, jouant davantage sur le grotesque, furent rassemblés sous le titre Histoires grotesques et sérieuses.

Inspirées notamment par le roman gothique anglais (voir Noir, roman), ces nouvelles captivantes baignent dans un climat sombre et ténébreux à souhait!; cependant, l'intrigue y est caractérisée par une savante gradation et par une rigueur quasi mathématique. Certains récits ont d'ailleurs pour ressort des principes scientifiques, physiques ou techniques. Dans d'autres, le conte fantastique rejoint parfois l'énigme policière .

Mais dans la plupart, c'est la mort qui plane, omniprésente, avec son cortège de terreurs et d'angoisses. Ces récits font alors intervenir d'inexplicables et terrifiants phénomènes paranormaux. Châteaux sinistres, paysages désertiques, eaux dormantes et abîmes sans fond constituent les décors familiers de cet univers de cauchemar peuplés de revenants et de vampires.

Procédés narratifs

Le Manuscrit trouvé dans une bouteille est un bon exemple des procédés narratifs auxquels Poe avait recours pour construire ses récits. Dans cette nouvelle, le narrateur commence par exposer avec précision les péripéties ordinaires d'un voyage qu'il fait sur un navire dans les mers du sud : il place ainsi le cadre d'une normalité rassurante. À la suite d'un soudain déchaînement des éléments, le narrateur se retrouve seul survivant, avec un vieux Suédois, à bord du bateau qui, pendant cinq jours et cinq nuits, file à une allure vertigineuse vers le pôle. Le récit quitte alors progressivement le réalisme du voyage pour se faire de plus en plus étrange et inquiétant, tandis que l'incertitude du lecteur est soigneusemet ménagée. Perdus dans un angoissant enfer liquide, les voyageurs sont heurtés par un navire fantôme «!condamné à côtoyer éternellement le bord de l'éternité!».

Le narrateur, projeté au milieu d'un équipage énigmatique, commence à rédiger le manuscrit qui constitue la nouvelle : le lecteur se retrouve alors dans un récit tout à fait fantastique, d'autant plus inquiétant et troublant que, le manuscrit étant en cours de rédaction, l'issue n'est pas donnée et que la dérive du narrateur semble ne jamais devoir prendre fin.

L'œuvre d'Edgar Poe eut une influence sensible, en particulier en France auprès de Baudelaire mais aussi de Mallarmé et de Paul Valéry. Elle ne connut pas la même reconnaissance outre-Atlantique où ses contes furent souvent considérés avec dédain, et ses intrigues savantes comme d'habiles mais simples procédés de construction. Au XXe siècle, les Histoires extraordinaires furent adaptées un nombre considérable de fois au cinéma.


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MessageSujet: Re: EDGAR ALLAN POE   Ven 27 Fév - 13:25

Il était une fois ...


Le Corbeau (titre original : The Raven)
est un poème de l'écrivain américain Edgar Allan Poe, et compte parmi les textes les plus forts de ce poète, établissant sa réputation dans son pays et en Angleterre. Il paraît pour la première fois le 29 janvier 1845, dans le New York Evening Mirror. D’une grande musicalité et à l'atmosphère irréelle, obéissant à une métrique stricte, le poème raconte l'histoire d'une mystérieuse visite que reçoit le narrateur, alors amoureux éperdu, celle d'un corbeau perché en haut de sa porte, répétant inlassablement « Jamais plus ».
Le poème fut traduit en français en deux versions, l'une de Charles Baudelaire, et l'autre de Stéphane Mallarmé.

************************************
Le Corbeau
(traduction de Beaudelaire)

Une fois, par un minuit lugubre, tandis que je m'appesantissais, faible
et fatigué, sur maint curieux et bizarre volume de savoir oublié, tandis
que je dodelinais la tête, somnolant presque, soudain se fit un heurt,
comme de quelqu'un frappant doucement, frappant à la porte de ma
chambre, cela seul et rien de plus

Ah! distinctement je me souviens que c'était en le glacial décembre :
et chaque tison, mourant isolé, ouvrageait son spectre sur le sol.
Ardemment je souhaitais le jour; vainement j'avais cherché d'emprunter
à mes livres un sursis au chagrin - au chagrin de la Lénore perdue -
de la rare et rayonnante jeune fille que les anges nomment Lénore -
de nom! pour elle ici, non, jamais plus!

Et de la soie l'incertain et triste bruissement en chaque rideau purpural
me traversait, m'emplissait de fantastiques terreurs pas senties
encore : si bien que, pour calmer le battement de mon coeur, je
demeurais maintenant à répéter : C'est quelque visiteur qui sollicite
l'entrée, à la porte de ma chambre; quelque visiteur qui sollicite l'entrée
à la porte de ma chambre; c'est cela et rien de plus

Mon âme se fit subitement plus forte et, n'hésitant davantage :
"Monsieur, dis-je, ou madame, j'implore véritablement votre pardon ;
mais le fait est que je somnolais, et vous vîntes si doucement frapper,
et si faiblement vous vîntes heurter, heurter à la porte de ma chambre,
que j'étais à peine sûr de vous avoir entendu." Ici j'ouvris grande
la porte : les ténèbres et rien de plus

Loin dans l'ombre regardant, je me tins longtemps à douter, m'étonner
et craindre, à rêver des rêves qu'aucun mortel n'avait osé rêver encore ;
mais le silence ne se rompit point et la quiétude ne donna de signe ;
et le seul mot qui se dit, fut le mot chuchoté "Lénore!" je le
chuchotai et un écho murmura de retour le mot "Lénore!" purement
cela et rien de plus

Rentrant dans la chambre, toute l'âme en feu, j'entendis bientôt un
heurt en quelque sorte plus fort qu'auparavant.
"Sûrement, dis-jesûrement c'est quelque chose à la persienne de ma fenêtre.
Voyons doncce qu'il y a et explorons ce mystère ;
que mon coeur se calme un momentet explore ce mystère ;
c'est le vent et rien de plus

Au large je poussai le volet, quand, avec maints enjouement et agitation
d’ailes, entra un majestueux corbeau des saints jours de jadis. Il ne
fit pas la moindre révérence, il ne s’arrêta ni n’hésita un instant : mais,
avec une mine de lord ou de lady, se percha au-dessus de la porte de
ma chambre ; se percha sur un buste de Pallas, juste au-dessus de la
porte de ma chambre ; se percha, siégea et rien de plus


Alors cet oiseau d’ébène induisant ma triste imagination au sourire,
par le grave et sévère décorum de la contenance qu’il eut : "Quoique
ta crête soit chenue et rase, non! Dis-je, tu n’es pas, pour sûr, un
poltron, spectral, lugubre et ancien Corbeau,
errant loin du rivage deNuit
- dis-moi quel est ton nom seigneurial au rivage plutonien deNuit.
" Le Corbeau dit : "Jamais plus."

Je m’émerveillai fort d’entendre ce disgracieux volatile s’énoncer aussi
clairement, quoique sa réponse n’eût que peu de sens et peu d’à-propos ;
car on ne peut s’empêcher de convenir que nul homme vivant n’eut
encore l’heur de voir un oiseau au-dessus de la porte de sa chambre
- un oiseau ou toute autre bête sur le buste sculpté au-dessus de la porte
de sa chambre -,
avec un nom tel que : "Jamais plus."

Mais le Corbeau perché solitairement sur ce buste placide,
parla ce
seul mot comme si son âme, en ce seul mot, il la répandait.
Je ne proféraidonc rien de plus ; il n’agita donc pas de plume,
jusqu’à ce que jefis à peine davantage que marmotter :
"D’autres amis déjà ont prisleur vol,
demain il me laissera comme mes espérances déjà ont prisleur vol.
" Alors l’oiseau dit : "Jamais plus."

Tressaillant au calme rompu par une réplique si bien parlée ;
"Sansdoute, dis-je ce qu’il profère est tout son fonds et son bagage,
pris àquelque malheureux maître que l’impitoyable Désastre
suivit de prèset de très près suivit jusqu’à ce que ses chansons comportassent un
unique refrain ; jusqu’à ce que les chants funèbres de son Espérance
comportassent le mélancolique refrain de
"Jamais - jamais plus."

Le Corbeau induisant toute ma triste âme encore au sourire,
je roulaisoudain un siège à coussins en face de l’oiseau, et du buste,
et de laporte ; et m’enfonçant dans le velours,
je me pris à enchaîner songerieà songerie, pesant à ce que cet augural oiseau de jadis,
à ce quece sombre, disgracieux, sinistre,
maigre et augural oiseau de jadissignifiait en croissant :
"Jamais plus.

Cela, je m’assis occupé à le conjecturer,
mais n’adressant pas une syllabe
à l’oiseau dont les yeux de feu brûlaient, maintenant,
au fond de monsein ; cela et plus encore, je m’assis pour le devine,
ma tête reposantà l’aise sur la housse de velours des coussins
que dévorait la lumièrede la lampe,
housse violette de velours qu’Elle ne pressera plus,
ah ! jamais plus.

L’air, me sembla-t-il, devint alors que dense,
parfumé selon unencensoir invisible balancé par les Séraphins dont le pied,
dans la chutetintait sur l’étoffe du parquet.
"Misérable! m’écriai-je, ton Dieu t’aprêté ; il t’a envoyé par ces anges le répit,
le répit et le népenthès dansta mémoire de Lénore!
Bois! oh! bois ce bon népenthès
et oublie cettelénore perdue!" Le Corbeau dit :
"Jamais plus.

"Prophète, dis-je, être de malheur! prophète, oui, oiseau ou démon!
Que si le Tentateur t’envoya ou la tempête t’échoua vers ces bords,
désolé et encore tout indompté, vers cette déserte terre enchantée,
versce logis par l’horreur hanté : dis-moi véritablement,
je t’implore! y a-t-ildu baume en Judée? Dis-moi, je t’implore.
" Le Corbeau dit :
"Jamais plus!"

"Prophète, dis-je, être de malheur! prophète, oui, oiseau ou démon!
Par les cieux sur nous épars, et le Dieu que nous adorons tous deux,
dis à cette âme de chagrin chargée si, dans le distant Eden,
elle doitembrasser une jeune fille sanctifiée que les anges nomment Lénore
- embrasser une rare et rayonnante jeune fille que les anges nomment Léonore.
" Le Corbeau dit : "Jamais plus!"

"Que ce mot soit le signal de notre séparation, oiseau ou malin
esprit" hurlai-je en me dressant.
"Recule en la tempête et le rivageplutonien de Nuit!
Ne laisse pas une plume noire ici comme un gage
du mensonge qu’a proféré ton âme. Laisse inviolé mon abandon!
quittele buste au-dessus de ma porte!
ôte ton bec de mon coeur et jette taforme loin de ma porte!"
Le Corbeau dit : "Jamais plus!"

Et le Corbeau, sans voleter, siège encore,
siège encore sur le buste pallidede Pallas, juste au-dessus de la porte de ma chambre,
et ses yeux onttoute la semblance des yeux d’un démon qui rêve,
et la lumière de lalampe, ruisselant sur lui, projette son ombre à terre :
et mon âme,de cette ombre qui gîte flottante à terre ne s’élèvera
- jamais plus -


Once upon a midnight dreary, while I pondered, weak and weary,
Over many a quaint and curious volume of forgotten lore,
While I nodded, nearly napping, suddenly there came a tapping,
As of some one gently rapping, rapping at my chamber door.
'' 'Tis some visitor,'' I muttered, ''tapping at my chamber door-
Only this, and nothing more.''
Petit court métrage en hommage au magnifique poème d'Edgar Allan Poe,
sur une musique du groupe Alan Persons Project,
étant également un hommage au poète et à son corbeau.


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MessageSujet: Re: EDGAR ALLAN POE   Ven 27 Fév - 13:31


... Un chat noir qui passe ...

Le Chat Noir
D'après une nouvelle d'Edgar Allan Poe
Réalisé par Yannick Leider
Produit par Cow Prod, Guillaume Cossat et Yannick Leider
Bande originale Moriarty


Directeur de la photographie : Juan Siquot
Montage : Vincent Van Maggelem
Assistante réalisateur : Rachel Dupuis
Son : Céline Bakyaz

LE CHAT NOIR la nouvelle à lire ici je vous recommande ce lien :
http://pagesperso-orange.fr/chabrieres/translations/poe_black_cat.html
Bonne lecture
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MessageSujet: Re: EDGAR ALLAN POE   Ven 27 Fév - 13:36

Un coeur revelateur ... mystères


Le Cœur révélateur (The Tell-Tale Heart) est une nouvelle publiée par Edgar Allan Poe en 1843.

Elle raconte l'histoire d'un personnage de sexe inconnu qui est le majordome d'un vieil homme.
Ce personnage essaie de convaincre le lecteur de sa lucidité et de sa rationnalité
mais le lecteur n'aura d'autre choix que de croire le contraire.
Le peu de détails entourant les deux protagonistes de l'histoire entraîne le lecteur dans le mystère.

Cette nouvelle a été traduite en français par Charles Baudelaire.

Vrai ! — je suis très nerveux, épouvantablement nerveux, — je l’ai toujours été ; mais pourquoi prétendez-vous que je suis fou ? La maladie a aiguisé mes sens, — elle ne les a pas détruits, — elle ne les a pas émoussés. Plus que tous les autres, j’avais le sens de l’ouïe très fin. J’ai entendu toutes choses du ciel et de la terre. J’ai entendu bien des choses de l’enfer. Comment donc suis-je fou? Attention ! Et observez avec quelle santé, — avec quel calme je puis vous raconter toute l’histoire.

Il est impossible de dire comment l’idée entra primitivement dans ma cervelle ; mais, une fois conçue, elle me hanta nuit et jour. D’objet, il n’y en avait pas. La passion n’y était pour rien. J’aimais le vieux bonhomme. Il ne m’avait jamais fait de mal. Il ne m’avait jamais insulté. De son or je n’avais aucune envie. Je crois que c’était son œil ! Oui, c’était cela ! Un de ses yeux ressemblait à celui d’un vautour, — un œil bleu pâle, avec une taie dessus. Chaque fois que cet œil tombait sur moi, mon sang se glaçait ; et ainsi, lentement, — par degrés, — je me mis en tête d’arracher la vie du vieillard, et par ce moyen de me délivrer de l’œil à tout jamais.

Maintenant, voici le hic ! Vous me croyez fou. Les fous ne savent rien de rien. Mais si vous m’aviez vu ! Si vous aviez vu avec quelle sagesse je procédai ! — avec quelle précaution, — avec quelle prévoyance, — avec quelle dissimulation je me mis à l’œuvre ! Je ne fus jamais plus aimable pour le vieux que pendant la semaine entière qui précéda le meurtre. Et, chaque nuit, vers minuit, je tournais le loquet de sa porte, et je l’ouvrais, — oh ! si doucement ! Et alors, quand je l’avais suffisamment entrebâillée pour ma tête, j’introduisais une lanterne sourde, bien fermée, bien fermée, ne laissant filtrer aucune lumière ; puis je passais la tête. Oh ! vous auriez ri de voir avec quelle adresse je passais ma tête ! Je la mouvais lentement, — très, très lentement, — de manière à ne pas troubler le sommeil du vieillard. Il me fallait bien une heure pour introduire toute ma tête à travers l’ouverture, assez avant pour le voir couché sur son lit. Ah ! un fou aurait-il été aussi prudent ? — Et alors, quand ma tête était bien dans la chambre, j’ouvrais la lanterne avec précaution, — oh ! avec quelle précaution, avec quelle précaution ! — car la charnière criait. — Je l’ouvrais juste assez pour qu’un filet imperceptible de lumière tombât sur l’œil de vautour. Et cela, je l’ai fait pendant sept longues nuits, — chaque nuit juste à minuit ; — mais je trouvai toujours l’œil fermé ; et ainsi il me fut impossible d’accomplir l’œuvre ; car ce n’était pas le vieil homme qui me vexait, mais son Mauvais Œil. Et chaque matin, quand le jour paraissait, j’entrais hardiment dans sa chambre, je lui parlais courageusement, l’appelant par son nom d’un ton cordial, et m’informant comment il avait passé la nuit. Ainsi, vous voyez qu’il eût été un vieillard bien profond, en vérité, s’il avait soupçonné que chaque nuit, juste à minuit, je l’examinais pendant son sommeil.

La huitième nuit, je mis encore plus de précaution à ouvrir la porte. La petite aiguille d’une montre se meut plus vite que ne faisait ma main. Jamais, avant cette nuit, je n’avais senti toute l’étendue de mes facultés, — de ma sagacité. Je pouvais à peine contenir mes sensations de triomphe. Penser que j’étais là, ouvrant la porte, petit à petit, et qu’il ne rêvait même pas de mes actions ou de mes pensées secrètes ! A cette idée, je lâchai un petit rire ; et peut-être m’entendit-il, car il remua soudainement sur son lit, comme s’il se réveillait. Maintenant, vous croyez peut-être que je me retirai, — mais non. Sa chambre était aussi noire que de la poix, tant les ténèbres étaient épaisses, — car les volets étaient soigneusement fermés, de crainte des voleurs, — et, sachant qu’il ne pouvait pas voir l’entrebâillement de la porte, je continuai à la pousser davantage, toujours davantage.

J’avais passé ma tête, et j’étais au moment d’ouvrir la lanterne, quand mon pouce glissa sur la fermeture de fer-blanc, et le vieil homme se dressa sur son lit, criant : — Qui est là ?

Je restai complètement immobile et ne dis rien. Pendant une heure entière, je ne remuai pas un muscle, et pendant tout ce temps je ne l’entendis pas se recoucher. Il était toujours sur son séant, aux écoutes ; — juste comme j’avais fait pendant des nuits entières, écoutant les horloges-de-mort dans le mur.

Mais voilà que j’entendis un faible gémissement, et je reconnus que c’était le gémissement d’une terreur mortelle. Ce n’était pas un gémissement de douleur ou de chagrin ; — oh ! non, — c’était le bruit sourd et étouffé qui s’élève du fond d’une âme surchargée d’effroi. Je connaissais bien ce bruit. Bien des nuits, à minuit juste, pendant que le monde entier dormait, il avait jailli de mon propre sein, creusant avec son terrible écho les terreurs qui me travaillaient. Je dis que je le connaissais bien. Je savais ce qu’éprouvait le vieil homme, et j’avais pitié de lui, quoique j’eusse le rire dans le cœur. Je savais qu’il était resté éveillé, depuis le premier petit bruit, quand il s’était retourné dans son lit. Ses craintes avaient toujours été grossissant. Il avait tâché de se persuader qu’elles étaient sans cause ; mais il n’avait pas pu. Il s’était dit à lui-même : — Ce n’est rien, que le vent dans la cheminée ; — ce n’est qu’une souris qui traverse le parquet ; — ou : c’est simplement un grillon qui a poussé son cri. — Oui, il s’est efforcé de se fortifier avec ces hypothèses ; mais tout cela a été vain. Tout a été vain, parce que la Mort qui s’approchait avait passé devant lui avec sa grande ombre noire, et qu’elle avait ainsi enveloppé sa victime. Et c’était l’influence funèbre de l’ombre inaperçue qui lui faisait sentir, — quoiqu’il ne vît et n’entendît rien, — qui lui faisait sentir la présence de ma tête dans la chambre.

Quand j’eus attendu un long temps très patiemment, sans l’entendre se recoucher, je me résolus à entrouvrir un peu la lanterne, — mais si peu, si peu que rien. Je l’ouvris donc, — si furtivement, si furtivement que vous ne sauriez l’imaginer, — jusqu’à ce qu’enfin un seul rayon pâle, comme un fil d’araignée, s’élançât de la fente et s’abattît sur l’œil de vautour.

Il était ouvert, — tout grand ouvert, — et j’entrai en fureur aussitôt que je l’eus regardé. Je le vis avec une parfaite netteté, tout entier d’un bleu terne et recouvert d’un voile hideux qui glaçait la moelle dans mes os ; mais je ne pouvais voir que cela de la face ou de la personne du vieillard ; car j’avais dirigé le rayon, comme par instinct, précisément sur la place maudite.

Et maintenant, ne vous ai-je pas dit que ce que vous preniez pour de la folie n’est qu’une hyperacuité des sens ? — Maintenant, je vous le dis, un bruit sourd, étouffé, fréquent, vint à mes oreilles, semblable à celui que fait une montre enveloppée dans du coton. Ce son-là, je le reconnus bien aussi. C’était le battement du cœur du vieux. Il accrut ma fureur, comme le battement du tambour exaspère le courage du soldat.

Mais je me contins encore, et je restai sans bouger. Je respirais à peine. Je tenais la lanterne immobile. Je m’appliquais à maintenir le rayon droit sur l’œil. En même temps, la charge infernale du cœur battait plus fort ; elle devenait de plus en plus précipitée, et à chaque instant de plus en plus haute. La terreur du vieillard devait être extrême ! Ce battement, dis-je, devenait de plus en plus fort à chaque minute ! — Me suivez-vous bien ? Je vous ai dit que j’étais nerveux ; je le suis en effet. Et maintenant, au plein cœur de la nuit, parmi le silence redoutable de cette vieille maison, un si étrange bruit jeta en moi une terreur irrésistible. Pendant quelques minutes encore je me contins et restai calme. Mais le battement devenait toujours plus fort, toujours plus fort ! Je croyais que le cœur allait crever. Et voilà qu’une nouvelle angoisse s’empara de moi : — le bruit pouvait être entendu par un voisin ! L’heure du vieillard était venue ! Avec un grand hurlement, j’ouvris brusquement la lanterne et m’élançai dans la chambre. Il ne poussa qu’un cri, — un seul. En un instant je le précipitai sur le parquet, et je renversai sur lui tout le poids écrasant du lit. Alors je souris avec bonheur, voyant ma besogne fort avancée. Mais, pendant quelques minutes, le cœur battit avec un son voilé. Cela toutefois ne me tourmenta pas ; on ne pouvait l’entendre à travers le mur. À la longue il cessa. Le vieux était mort. Je relevai le lit, et j’examinai le corps. Oui, il était roide, roide mort. Je plaçai ma main sur le cœur, et l’y maintins plusieurs minutes. Aucune pulsation. Il était roide mort. Son œil désormais ne me tourmenterait plus.

Si vous persistez à me croire fou, cette croyance s’évanouira quand je vous décrirai les sages précautions que j’employai pour dissimuler le cadavre. La nuit avançait, et je travaillai vivement, mais en silence. Je coupai la tête, puis les bras, puis les jambes.

Puis j’arrachai trois planches du parquet de la chambre, et je déposai le tout entre les voliges. Puis je replaçai les feuilles si habilement, si adroitement, qu’aucun œil humain, — pas même le sien ! — n’aurait pu y découvrir quelque chose de louche. Il n’y avait rien à laver, — pas une souillure, — pas une tache de sang. J’avais été trop bien avisé pour cela. Un baquet avait tout absorbé, — ha ! ha !

Quand j’eus fini tous ces travaux, il était quatre heures, — il faisait toujours aussi noir qu’à minuit. Pendant que le timbre sonnait l’heure, on frappa à la porte de la rue. Je descendis pour ouvrir avec un cœur léger, — car qu’avais-je à craindre maintenant ? Trois hommes entrèrent qui se présentèrent, avec une parfaite suavité, comme officiers de police. Un cri avait été entendu par un voisin pendant la nuit ; cela avait éveillé le soupçon de quelque mauvais coup ; une dénonciation avait été transmise au bureau de police, et ces messieurs (les officiers) avaient été envoyés pour visiter les lieux.

Je souris, — car qu’avais-je à craindre? Je souhaitai la bienvenue à ces gentlemen. — Le cri, dis-je, c’était moi qui l’avais poussé dans un rêve. Le vieux bonhomme, ajoutai-je, était en voyage dans le pays. Je promenai mes visiteurs par toute la maison. Je les invitai à chercher, et à bien chercher. À la fin, je les conduisis dans sa chambre. Je leur montrai ses trésors, en parfaite sûreté, parfaitement en ordre. Dans l’enthousiasme de ma confiance, j’apportai des sièges dans la chambre, et les priai de s’y reposer de leur fatigue, tandis que moi-même, avec la folle audace d’un triomphe parfait, j’installai ma propre chaise sur l’endroit même qui recouvrait le corps de la victime.

Les officiers étaient satisfaits. Mes manières les avaient convaincus. Je me sentais singulièrement à l’aise. Ils s’assirent, et ils causèrent de choses familières auxquelles je répondis gaiement. Mais, au bout de peu de temps, je sentis que je devenais pâle, et je souhaitai leur départ. Ma tête me faisait mal, et il me semblait que les oreilles me tintaient ; mais ils restaient toujours assis, et toujours ils causaient. Le tintement devint plus distinct ; — il persista et devint encore plus distinct ; je bavardai plus abondamment pour me débarrasser de cette sensation ; mais elle tint bon, et prit un caractère tout à fait décidé, — tant qu’à la fin je découvris que le bruit n’était pas dans mes oreilles.

Sans doute je devins alors très pâle ; — mais je bavardais encore plus couramment et en haussant la voix. Le son augmentait toujours, — et que pouvais-je faire ? C’était un bruit sourd, étouffé, fréquent, ressemblant beaucoup à celui que ferait une montre enveloppée dans du coton. Je respirai laborieusement, — les officiers n’entendaient pas encore. Je causai plus vite, — avec plus de véhémence ; mais le bruit croissait incessamment. — Je me levai, et je disputai sur des niaiseries, dans un diapason très élevé et avec une violente gesticulation ; mais le bruit montait, montait toujours. — Pourquoi ne voulaient-ils pas s’en aller ? — J’arpentai çà et là le plancher lourdement et à grands pas, comme exaspéré par les observations de mes contradicteurs ; — mais le bruit croissait régulièrement. Oh ! Dieu ! que pouvais-je faire ? J’écumais, — je battais la campagne, — je jurais ! J’agitais la chaise sur laquelle j’étais assis, et je la faisais crier sur le parquet ; mais le bruit dominait toujours, et croissait indéfiniment. Il devenait plus fort, — plus fort ! — toujours plus fort ! Et toujours les hommes causaient, plaisantaient et souriaient. Était-il possible qu’ils n’entendissent pas ? Dieu tout-puissant ! — Non, non ! Ils entendaient ! — ils soupçonnaient ! — ils savaient, — ils se faisaient un amusement de mon effroi ! — je le crus, et je le crois encore. Mais n’importe quoi était plus tolérable que cette dérision ! Je ne pouvais pas supporter plus longtemps ces hypocrites sourires ! Je sentis qu’il fallait crier ou mourir ! — et maintenant encore, l’entendez-vous ? — écoutez ! plus haut ! — plus haut ! — toujours plus haut ! — toujours plus haut !

— Misérables ! — m’écriai-je, — ne dissimulez pas plus longtemps ! J’avoue la chose ! — arrachez ces planches ! c’est là, c’est là ! — c’est le battement de son affreux cœur !


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MessageSujet: Re: EDGAR ALLAN POE   Ven 27 Fév - 15:04

LA DORMEUSE



A minuit, au mois de Juin, je suis sous la lune mystique :
une vapeur opiacée, obscure, humide, s'exhale hors de son contour d'or et,
doucement se distillant, goutte à goutte, sur le tranquille sommet de la montagne,
glisse, avec assoupissement et musique, parmi l'universelle vallée.
Le romarin salue la tombe, le lys flotte sur la vague ;
enveloppant de brume son sein, la ruine se tasse dans le repos :
comparable au Léthé, voyez ! le lac semble goûter un sommeil conscient et, pour le monde,
ne s'éveillerait.
Toute Beauté dort : et repose, sa croisée ouverte au ciel, Irène, avec ses Destinées !

Oh ! dame brillante, vraiment est-ce bien, cette fenêtre ouverte à la nuit ?
Les airs folâtres se laissent choir du haut de l'arbre rieusement par la persienne ;
les airs incorporels, troupe magique, voltigent au dedans et au dehors de la chambre,
et agitent les rideaux du baldaquin si brusquement - si terriblement -
au-dessus des closes paupières frangées où ton âme en le somme gît cachée,
que, le long du plancher et au bas du mur, comme des fantômes s'élève et descend l'ombre
. Oh ! dame aimée, n'as-tu pas peur ? Pourquoi ou à quoi rêves-tu maintenant ici ?
Sûr, tu es venue de par les mers du loin, merveille pour les arbres de ces jardins !
Etrange est ta pâleur ! étrange est ta toilette !
étrange par dessus tout ta longueur de cheveux, et tout ce solennel silence !

La dame dort ! oh ! puisse son sommeil, qui se prolonge, de même être profond.
Le Ciel la tienne en sa garde sacrée ! La salle changée en une plus sainte,
ce lit en un plus mélancolique, je prie Dieu qu'elle gise à jamais sans que s'ouvre son oeil,
pendant qu'iront les fantômes aux plis obscurs.

Mon amour, elle dort !
oh ! puisse son sommeil, comme il est continu, de même être profond.
Que doucement autour d'elle rampent les vers !
Loin dans la forêt, obscure et vieille, que s'ouvre pour elle quelque haut caveau
- quelque caveau qui souvent a fermé les ailes noires de ses oscillants panneaux,
triomphal, sur les teintures armoriées des funérailles de sa grande famille - quelque sépulcre,
écarté, solitaire, contre le portail duquel elle a lancé, dans sa jeunesse,
mainte pierre oisive
- quelque tombe hors de la porte retentissante de laquelle
elle ne fera plus sortir jamais d'écho, frissonnante de penser, pauvre enfant de péché !
que c'étaient les morts qui gémissaient à l'intérieur.

EDGARD ALLAN POE
"La mélancolie est le plus légitime de tous les tons poétiques. ”




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MessageSujet: Re: EDGAR ALLAN POE   Ven 27 Fév - 15:12

NOBLE DE LA NOUVELLE !

« Ainsi, dans la construction d'une intrigue, dans une fiction littéraire,
nous devrions nous efforcer d'arranger les incidents de telle façon qu'il fût impossible
de déterminer si un quelconque d'entre eux dépend d'un autre quelconque ou lui sert d'appui.
Prise dans ce sens, la perfection de l'intrigue est,
dans la réalité, dans la pratique, impossible à atteindre,
simplement parce que la construction dont il s'agit est l'œuvre d'une intelligence finie.
Les intrigues de Dieu sont parfaites. L'univers est une intrigue de Dieu. », Eureka ”

Une ambiance musicale pour l'univers de l'auteur !.

Auteur américain connu surtout pour ses contes.
Edgar Poe qui a donné à la nouvelle ses lettres de noblesse
et est considéré comme l’inventeur du roman policier ne fait pas mentir le proverbe
qui dit que nul n’est prophète en son pays.
Edgar Poe a d’abord été reconnu et défendu par des auteurs français, Baudelaire et Mallarmé en tête.
Ces auteurs créent une vogue autour de Poe parmi l'avant-garde littéraire française,
tandis qu'il est alors ignoré dans son pays natal.

Le conte est bon

Edgar Poe qui, dans son enfance lisait Byron, dont l'influence devait marquer ses premiers poèmes,
est un auteur prolifique, qui laisse deux romans, de nombreux contes et poèmes,
outre ses essais, ses critiques littéraires et son abondante correspondance.
Charles Baudelaire traduit une grande partie des contes de Poe et plusieurs de ses poèmes.
Cette traduction de grand style crée une vogue autour de Poe parmi l'avant-garde littéraire française,
tandis qu'il est alors ignoré dans son pays natal.
Idéaliste, il était aussi très ambitieux, ce qu'il ne cachait pas.
Il écrit ainsi :
« J'aime la gloire, j'en raffole ; je l'idolâtre ; je boirais jusqu'à la lie cette glorieuse ivresse ;
je voudrais que l'encens monte en mon honneur de chaque colline et de chaque hameau
et de chaque ville et de chaque cité sur terre ».


Edgard Poe et ses œuvres par Jules Verne

« Voici, mes chers lecteurs, un romancier américain de haute réputation ;
vous connaissez son nom, beaucoup sans doute, mais peu ses ouvrages.
Permettez-moi donc de vous raconter l'homme et son œuvre ;
ils occupent tous les deux une place importante dans l'histoire de l'imagination,
car Poë a créé un genre à part, ne procédant que de lui-même,
et dont il me paraît avoir emporté le secret ; on peut le dire chef de l'Ecole de l'étrange ;
il a reculé les limites de l'impossible ; il aura des imitateurs.
Ceux-ci tenteront d'aller au-delà, d'exagérer sa manière ;
mais plus d'un croira le surpasser, qui ne l'égalera même pas. […]
Je ne tenterai pas de vous expliquer l'inexplicable, l'insaisissable,
l'impossible produit d'une imagination que Poë portait parfois jusqu'au délire ;
mais nous suivrons celui-ci pas à pas ;
je vous raconterai ses plus curieuses nouvelles, avec force citations ;
je vous montrerai comment il procède, et à quel endroit sensible de l'humanité il frappe,
pour en tirer ses plus étranges effets. »

Influences multiples

L'influence de Poe a été et demeure importante, aux États-Unis comme dans l'ensemble du monde,
non seulement sur la littérature,
mais également sur d'autres domaines artistiques tels que le cinéma et la musique.
Nombre d'histoires d'Edgar Poe appartiennent au registre de la parodie et comprennent,
dans les textes tragiques comme dans les textes comiques, de nombreux jeux de mot
Poe est souvent considéré comme l'inventeur du genre policier,
avec les trois aventures du chevalier Auguste Dupin,
la plus célèbre étant Double assassinat dans la rue Morgue.
En France, Émile Gaboriau a été très influencé par Poe, de même que Gaston Leroux,
qui reprend la figure de la Mort rouge dans une scène de son roman Le Fantôme de l'Opéra

Enquete sur Edgar Allan Poe

Pendant longtemps, l'image d'Edgar Poe fut tronquée, voire falsifiée.
En France même, où ses œuvres ont connu très tôt un large écho,
grâce essentiellement aux efforts de Charles Baudelaire,
nombre d'études témoignent d'une méconnaissance assez large du poète américain.
Savoir ce qu'il en fut pour de vrai de la vie d'Edgar Poe,
à propos de laquelle courut jusqu'à nos jours une légende noire
(folie, drogue, délire alcoolique, cruauté morbide),
importe peut-être au moins autant au lecteur de langue française
qu'à celui de New York ou de Boston …

Poe a également profondément influencé le développement
des débuts de l'auteur de science-fiction Jules Verne.
Auteur de science-fiction renommé,
Ray Bradbury, qui s'est largement inspiré de Poe et ne s'est jamais caché de son adoration.
H. P. Lovecraft affirme ainsi avoir été profondément influencé par l'œuvre de Poe.

La théorie de l'effet unique

Edgar Poe a laissé d'importants écrits théoriques.
Il affirme notamment qu’en littérature, l'unité doit l'emporter sur toute autre considération.
D'où la théorie de l'effet unique qu'il développe dans Philosophie de la composition
(traduit sous le titre Genèse d'un poème)
Dans son travail, il se méfiait du premier jet, du spontané.
Pressé par le besoin d'argent,
il livrait le plus souvent des contes non revus
aux journaux ou revues auxquels ils étaient destinés. Toutefois, lors des republications,
il apportait à ceux-ci d'importants changements,
toujours dans le sens d'un meilleur resserrement du texte.


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MessageSujet: Re: EDGAR ALLAN POE   Ven 27 Fév - 16:41


THE PIT AND THE PENDULUM rediscovers Edgar Allan Poe's classic tale of judgment,
condemnation, hope and redemption.
Official site: http://www.thepitandthependulumshortfilm.com


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MessageSujet: Re: EDGAR ALLAN POE   Ven 27 Fév - 16:49


Trailers From Hell Xtra showcases classic previews of past movie attractions.
The first in Roger Corman's profitable series of Edgar Allan Poe adaptations,
this 1960 excursion into quality from AIP starred Vincent Price.


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MessageSujet: Re: EDGAR ALLAN POE   Jeu 12 Mar - 10:19



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MessageSujet: Re: EDGAR ALLAN POE   Jeu 8 Oct - 1:32

MIEUX VAUT TARD
QUE JAMAIS !



« Il ne me reste que peu de temps pour rêver à ma destinée ! »
Edgar Allan Poe

Plus d'un siècle et demi après sa mort,
l'écrivain américain Edgar Allan Poe va enfin avoir les funérailles
qu'un auteur de sa stature aurait mérité après son décès en 1849.

Il y a 160 ans, Poe a été découvert délirant devant une taverne de Baltimore
(nord-est des Etats-Unis),
incapable d'expliquer ce qui lui était arrivé après son départ de Richmond, en Virginie,
une semaine plus tôt.
Il a ensuite passé quatre jours dans un hôpital avant de mourir à l'âge de 40 ans.

Son cousin, Neilson Poe,
n'avait pas annoncé publiquement son décès
et moins de dix personnes avaient assisté à ses obsèques organisées à la hâte.

Mais dimanche, des funérailles dignes de ce nom seront organisées
pour le célèbre auteur du 19e siècle, avec deux services religieux à Baltimore
qui devraient attirer environ 350 personnes chacun,
soit la capacité maximale de l'ancienne église située près de sa tombe où ils se dérouleront. Des acteurs figurant des contemporains de Poe et des écrivains et artistes morts depuis longtemps rendront hommage à l'auteur en lisant des éloges funèbres.

"Nous suivons le protocole adéquat pour les funérailles.
Nous voulons qu'elle soient aussi réalistes que possibles",
a expliqué Jeff Jerome, conservateur d'un musée dédié à Poe, le "Poe House and Museum".

Les billets mis en vente pour assister aux funérailles ont tous été vendus.
Des admirateurs de Poe venant d'aussi loin que du Vietnam feront le déplacement.

Ces funérailles constituent l'événement le plus marquant de cette année de commémorations du 200e anniversaire de la naissance de Poe, en 1809.

Le Musée d'art de Baltimore propose également une nouvelle exposition dédiée à Poe,
avec notamment des illustrations de son poème "The Raven" ("Le Corbeau")
réalisées par le peintre français Edouard Manet.

7/10/2009
AGENCE PRESSE


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MessageSujet: Re: EDGAR ALLAN POE   Mer 6 Jan - 10:13

UN RÊVE DANS UN RÊVE



Tiens ! ce baiser sur ton front ! et, à l'heure où je te quitte, oui, bien haut, que je te l'avoue :
tu n'as pas tort, toi qui juges que mes jours ont été un rêve ;
et si l'espoir s'est enfui en une nuit ou en un jour - dans une vision ou aucune,
n'en est-il pour cela pas moins PASSÉ ?
Tout ce que nous voyons ou paraissons, n'est qu'un rêve dans un rêve.

Je reste en la rumeur d'un rivage par le flot tourmenté et tiens dans la main des grains du sable d'or
- bien peu ! encore comme ils glissent à travers mes doigts à l'abîme,
pendant- que je pleure - pendant que pleure !
O Dieu !
ne puis-je les serrer d'une étreinte plus sûre ?
O Dieu !
ne puis-je en sauver un de la vague impitoyable ?

TOUT ce que nous voyons ou paraissons,
n'est-il qu'un rêve dans un rêve ?

EDGARD POE


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MessageSujet: Re: EDGAR ALLAN POE   Mer 6 Jan - 10:14

CHANSON



Je te vis le jour de tes noces, quand te vint une brillante rougeur,
quoique autour de toi fût le bonheur, le monde tout amour devant toi.
Et dans ton oeil une lumière embrasante (quelle qu'elle pût être)
fut tout ce que sur Terre ma vue douloureuse, eut à voir de Charme.

Cette rougeur, peut-être, était ce virginale honte
(pour telle elle peut bien passer),
bien que son éclat ait soulevé une plus fougueuse flamme
dans le sein de celui, hélas !

Qui te vit ce jour de noces,
quand cette profonde rougeur te voulut venir, quoique le bonheur fût autour de toi,
le monde tout amour devant toi.

Edgar Allan Poe – Traduit par Mallarmé


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MessageSujet: Re: EDGAR ALLAN POE   Mer 6 Jan - 10:58

LE PORTRAIT OVALE
(traduit par Charles Baudelaire)
LE château dans lequel mon domestique s'était avisé de pénétrer de force, plutôt que de me permettre, déplorablement blessé comme je l'étais, de passer une nuit en plein air, était un de ces bâtiments,
mélange de grandeur et de mélancolie, qui ont si longtemps dressé leurs fronts sourcilleux
au milieu des Apennins, aussi bien dans la réalité que dans l'imagination de mistress Radeliffe.
Selon toute apparence, il avait été temporairement et tout récemment abandonné.

Nous nous installâmes dans une des chambres les plus petites et les moins somptueusement meublées.
Elle était située dans une tour écartée du bâtiment.
Sa décoration était riche, mais antique et délabrée. Les murs étaient tendus de tapis-
series et décorés de nombreux trophées héraldiques de toute forme,
ainsi que d'une quantité vraiment prodigieuse de peintures modernes,
pleines de stylél dans de riches cadres d'or d'un goût arabesque.
Je pris un profond intérêt, - ce fut peut-être mon délire qui commençait qui en fut cause, -
je pris un profond intérêt à ces peintures qui étaient suspendues non-seulement
sur les faces principales des murs,
mais aussi dans une foule de recoins que la bizarre architecture du château rendait inévitables ;
si bien que j'ordonnai à Pedro de fermer les lourds volets de la chambre,
- puisqu'il faisait déjà nuit, -d'allumer un grand candélabre à plusieurs branches ;
placé près de mon chevet, et d'ouvrir tout grands les rideaux de velours noir garnis de crépines
qui entouraient le lit.
Je désirais que cela. fût ainsi, pour que je pusse au moins, si je ne pouvais pas dormir,
me consoler alternativement par la contemplation de ces peintures et parla lecture d'un petit volume
que j'avais trouvé sur l'oreiller et qui en contenait l'appréciation et l'analyse. ..

Je lus longtemps, - longtemps;
- je contemplai religieusement, dévotement; les heures s'envolèrent, rapides et glorieuses,
et le profond minuit arriva. La position du candélabre me déplaisait,
et, étendant la main avec difficulté pour nepas déranger mon valet assoupi,
je plaçai l'objet de manière à jeter les rayons en plein sur. le livre.

Mais l'action produisit un effet absolument inattendu.
Les rayons des nombreuses bougies (car il y en avait beaucoup)
tombèrent alors sur une niche de la chambre que l'une des colonnes du lit avait jusque-là ,
couverte d'une ombre profonde.
J'aperçus dans une vive lumière une peinture qui m'avait d'abord échappé.
C'était le portrait d'une jeune fille déjà mûrissante et presque femme.
Je jetai sur la peinture un coup d'œil rapide, et je fermai les yeux.
Pourquoi ? - Je ne le compris pas bien moi-même tout d'abord.
Mais pendant que mes paupières restaient closes,
j'analysai rapidement la raison qui me les faisait fermer ainsi.
C'était un mouvement involontaire pour gagner du temps et pour penser,
- pour m'assurer que ma vue ne m'avait pas trompé,
- pour calmer et préparer mon esprit à une contemplation plus froide et plus sûre.
Au bout de quelques instants, je regardai de nouveau la peinture fixement

Je ne pouvais pas douter, quand même je l'aurais voulu, que je n'y visse alors très-nettement,
car le premier éclair du flambeau sur cette toile avait dissipé la stupeur rêveuse
dont mes sens étaient possédés, et m'avait rappelé tout d'un coup à la vie réelle.

Le portrait, je l'ai déjà dit, était celui d'une jeune fille.
C'était une simple tête, avec des épaules, le tout dans ce style,
qu'on appelle en langage technique Style de vignette,
beaucoup de la manière de Sully dans ses têtes de prédilection.
Les bras, le sein, et même les bouts des cheveux rayonnants,
se fondaient insaisissablement dans l'ombre vague mais profonde qui servait de fond à l'ensemble.
Le cadre était ovale, magnifiquement doré et guilloché dans le goût moresque.
Comme oeuvre d'art, on ne pouvait rien trouver de plus admirable que la peinture elle-même.

Mais il se peut bien que ce ne fût ni l'exécution de l'œuvre, ni l'immortelle beauté de la physionomie,
qui m'impressionna si soudainement et si fortement.
Encore moins devais-je croire que mon imagination, sortant d'un demi-sommeil,
eût pris la tête pour celle d'une personne vivante..
- Je vis tout d'abord que les détails du dessin, le style de vignette, et l'aspect du cadre auraient immédiatement dissipé un pareil charme, et m'auraient préservé de toute illusion même momentanée.
Tout en faisant ces réflexions, et très- vivement, je restai, à demi étendu, à demi assis,
une heure entière peut-être, les yeux rivés à ce portrait.
A la longue, ayant découvert le vrai secret de son effet, je me laissai retomber sur le lit.
J 'avais deviné que le charme de la peinture était une expression vitale
absolument adéquate à la vie elle-même, qui d'abord m'avait fait tressaillir,
et finalement m'avait confondu, subjugué, épouvanté.
Avec une terreur profonde et respectueuse, je replaçai le candélabre dans sa position première.
Ayant ainsi dérobé à ma vue la cause de ma profonde agitation,
je cherchai vivement le volume qui contenait l'analyse des tableaux et leur histoire.
Allant droit au numéro qui désignait le portrait ovale, j'y lus le vague et singulier récit qui suit :

" C'était une jeune fille d'une très-rare beauté, et qui n'était pas moins aimable que pleine de-gaieté.
Et maudite fut l'heure ou elle vit, et aima, et épousa le peintre.
Lui, passionné, studieux, austère, et ayant déjà trouvé une épouse dans son Art;
elle, une jeune fille d'une très-rare beauté,
et non moins : aimable que pleine de gaieté : rien que lumières et sourires,
et la folâtrerie d'un jeune faon ; aimant et chérissant toutes choses;
ne haïssant que l'Art qui était son. rival ; ne redoutant que la palette et les brosses,
et les autres instruments fâcheux qui la privaient de la figure de son adoré.
Ce fut une terrible chose pour cette dame que d'entendre le peintre parler du désir de peindre
même sa jeune épouse.
Mais elle était humble et obéissante, et elle rassit avec douceur pendant de longues semaines
dans la sombre et haute chambre de la tour,
où la lumière filtrait sur la pâle toile seulement par le plafond.
Mais lui, le peintre, mettait sa gÎoire dans son œuvre, qui avançait d'heure en heure et de jour en jour.

- Et c'était un homme passionné, et étrange, et pensif, qui se perdait en rêveries;
si bien qu'il ne voulait pas voir que la lumière qui tombait si lugubrement
dans cette tour isolée desséchait la santé et les esprits de sa fernrne,
qui languissait visiblement pour tout le monde,, excepté pour lui.
Cependant, elle souriait toujours, et toujourssans se plaindre,
parce qu'elle voyait que le peintre (qui avait un grand renom)
prenait un plaisir vif et brûlant dans sa tâche, et travaillait nuit et jour
pour peindre celle qui l'aimait si fort, mais qui devenait de jour en jour plus languissante et plus faible.
Et, en vérité, ceux qui contemplaient le portrait parlaient à voix bassede sa ressemblance,
comme d'une puissante merveille et comme d'une preuve non moins grande
de la puissance du peintre que de son profond amour pour celle qu'il peignait si miraculeusement bien.

Mais, à la longue, comme la besogne approchait de sa fin,
personne ne fut plus admis dans la tour; car le peintre était devenu fou par l'ardeur de son travail,
et il détournait rarement ses yeux de la toile, même pour regarder la figure de sa femme.
Et il ne voulait pas voir que les couleurs qu'il étalait sur la toile étaient tirées des joues de celle
qui était assise près de lui.

Et quand bien des semaines furent passées et qu'il ne restait plus que peu de chose à faire,
rien qu'une touche sur la bouche et un glacis sur l'œil,
l'esprit de la dame palpita encore connue la flamme dans le bec d'une lampe.
Et alors la touche fut donnée, et alors le glacis fut placé;
et pendant un moment le peintre se tint en extase devant le travail qu'il avait travaillé;
mais une minute après, comme il contemplait encore,
il trembla et il devint très pâle, et il fut frappé d' effroi ; et criant d'une voix éclatante :
" Envérité, c'est la Vie elle-même! "
- il se retourna brusquement pour regarder sa bien-aimée :
- elle était morte ! "

EDGAR ALLAN POE
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MessageSujet: Re: EDGAR ALLAN POE   Mer 6 Jan - 16:33

NEW YORK
Vente record d'un recueil de Poesies



Une édition originale de 1827 de poèmes d'Edgar Allan Poe a été vendue
662.500 dollars (446.400 euros) aux enchères vendredi à New York.
Edgar Allan Poe a écrit Tamerlan et autres poèmes à 18 ans
et avait fait publier ces textes anonymement sous le nom de Un Bostonien.
(Reuters/Finbarr O'Reilly)

Il s'agit d'un record pour un recueil de poésie du 19e siècle, a précise Christie's.

Poe a écrit "Tamerlan et autres poèmes" à 18 ans, alors qu'il venait de quitter le domicile
de sa famille d'accueil en Virginie pour retourner à Boston, sa ville natale.

Il a fait publier ces textes anonymement sous le nom de "Un Bostonien".
Ils sont fortement inspirés de l'auteur britannique Lord Byron.

Par Reuters,
publié le 04/12/2009

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MessageSujet: Re: EDGAR ALLAN POE   Mer 6 Jan - 16:52

SPIRITS OF THE DEAD
1837
Music: Frederic Chopin, Prelude No. 4 in Em
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MessageSujet: Re: EDGAR ALLAN POE   Mar 2 Fév - 18:08

LE MASQUE DE LA MORT ROUGE
FILM D'ANIMATION



Le Masque de la Mort Rouge

Nouvelle traduite en Français par Charles Baudelaire
L'Adaptation Animée de la Nouvelle "Le Masque de la Mort Rouge"
d'Edgar Allan Poe
par Jean Monset et Tim.
le site :
http://masque.mort.rouge.free.fr/


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MessageSujet: Re: EDGAR ALLAN POE   Mar 2 Fév - 18:24

Le masque de la mort rouge (1842)
et autres nouvelles fantastiques - Edgar Allen Poe

Image Au travers de dix-neuf nouvelles,
Edgar Allan Poe pose les bases du fantastique et ses ressorts qui feront date par la suite.

Précurseur du genre, il nous invite à découvrir ce nouveau genre,
à l’époque, qui nous fait encore frissonner de plaisir… ou de peur.
Je tiens à faire remarquer que c’est, entre autre,
Charles Baudelaire qui a traduit ces œuvres en français et qui a fait,
je trouve, un travail remarquable.

Le fil conducteur de toutes ces nouvelles est l’obsession qu’entretient
d’Edgar Allan Poe envers la mort.
Au cours des divers récits fantastiques, celle-ci se cache sous le masque de la maladie,
de la vieillesse, d’accident « fantastiques ».
Les héros sont souvent tourmentés, empreints d’une souffrance omniprésente,
et baignés dans une ambiance macabre et mystérieuse.



Inspiré vraisemblablement par la mort de sa mère adoptive,
de sa femme, ainsi que l’une de ses admiratrices,
ces dernières ayant été affligées par la maladie,
Edgar Allan Poe côtoie depuis très jeune la mort.
Il échappera à l’épidémie de choléra vers 1831,
dont le souvenir est très présent dans sa nouvelle Le Masque Rouge de la Mort.
Bref, Edgar Allan Poe a fréquenté la mort et la maladie de très prêt,
et nous fait ici part de ses angoisses, ses peurs, sa vie.

Afin de plonger son lecteur dans l’horreur,
il rédige ses nouvelles à la première personne, n’hésitant pas à l’interpeller,
comme s’il témoignait ce qui lui était arrivé,
ajoutant ainsi à ses histoires, une touche d’authenticité.
On ne peut que frémir à la lecture tant les descriptions sont sombres et pesantes,
tant le malaise est présent.
L’ambiance est des plus morbides et glauques,
les situations ont un je-ne-sais-quoi de bizarre et pourtant, si tangible.

Mais attention de ne pas lire ces histoires le soir, seul dans votre chambre,
où chaque bruit pourrait trahir la présence de la Mort derrière votre porte …


le texte intégral a lire ici :
http://www.ac-nancy-metz.fr/enseign/lettres/transver/nouvelle/nouvfan/poemas.htm
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MessageSujet: Re: EDGAR ALLAN POE   Mer 7 Avr - 17:39

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