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 MARTIAL SOLAL

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Nine
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MessageSujet: MARTIAL SOLAL   Mar 24 Fév - 7:38




19/02/2009

Martial Solal, un roi au Village Vanguard

On ne se pose pas devant le lecteur de CD pour écouter le disque du grand pianiste Martial Solal sorti cet hiver. On s'embarque. Les premières notes de l'enregistrement en solo dans la petite salle du légendaire Village Vanguard de New York, m'ont transporté sur un banc de ces petits trains à crémaillière qui tanguent le long des pentes de la Cordillière des Andes.

Le Français né en 1927 à Alger prend tellement de risques en jouant, emprunte de telles bifurcations au-dessus du vide qu'il vaut mieux abandonner l'idée de conserver une pulsation normale. J'ai failli foncer chez un spécialiste du cœur. Après ce fourmillement d'idées, ces explosions de mélodies, ces levers de soleil, ces embrasements soudains, ces aplombs vertigineux, ces vallées déconcertantes, et toujours ce retour au langage connu de la tradition, il a fallu que je reprenne mon souffle.

Aucun virtuose ne propose des territoires aussi originaux. Solal m'a avoué au téléphone avoir produit un effort pour rendre la syntaxe confortable. C'est vrai. On le soupçonne immédiatement, du reste, puisque la salle semble se fondre dans les thèmes, connaître les paroles. “J'ai eu envie d'explorer un matériau archi-rebattu, explique le créateur. J'ai pioché dans le patrimoine américain la cinquantaine de morceaux retenus pendant ces huit concerts du début octobre 2007 au Vanguard.” Il a parlé le langage du public, lequel ne s'est pas gêné pour stimuler l'artiste. Survolté par les mythes que le lieu recèle, Solal a fait pourtant office pédagogique. Les mélodies de ces standards du jazz sont exposés longuement. L'improvisation progresse, aboutit, puis revient à l'exposition initiale. Son expression unique en devient plus lisible. Il en ressort du Méga-Solal : quelque chose de somptueux, de différent : à la fois classique et imprévisible! Aucun musicien ne m'a trimballé dans des territoires aussi déroutants. Je suis ressorti du wagon les yeux écarquillés. Le “Village”, comme l'appellent les amateurs, était bourré de spécialistes. Le célèbre critique américain Dan Morgenstern a écrit que Solal était l'un des pianistes les plus importants de l'histoire du jazz. "Ne le répétez pas, m'a répondu Solal, mais je trouve qu'il a raison." Ce “Live at the Village Vanguard” (sur le label CamJazz, distribué par Harmonia Mundi), rend compliquée dorénavant l'idée même vague de le contredire.

A l'occasion de huit concerts en solo (deux par soirée, à 20h et 22h) du 25 au 28 mars prochain, Martial Solal règnera sur le Duc des Lombards pour les vingt-cinq ans du club.



INTERVIEW

Martial Solal m'avait reçu chez lui, à Chatou, en plein été 2003. Le "Boss" des pianistes de jazz s'est ouvert comme rarement sur son violon d'Ingres : rigoler. La maison, achetée il y a vingt ans, se dresse au fond d'un jardin ombragé. Il l'a retapée lui-même: les mains du Maestro quittent donc parfois le clavier? Il me met à l'aise avec une pointe d'humour : 'j'avoue avoir pris quelques coups de marteau". L'humour, l'une des portes d'entrée de l'univers Solal.

Certaines voix qualifient encore votre musique de fermée. Votre réaction ?

C'est bien le problème. On ne rentre pas dans ma musique aussi facilement. Ecouter ma musique demande du temps : cela s'apprend. Une seule écoute ne suffit pas pour une œuvre. Beaucoup d'auditeurs passent à côté. J'ai toujours refusé la manifestation gratuitement ostensible du feeling. Je camoufle ma pudeur derrière l'intelligence du jeu et le refus de la banalité. Quand la sensualité d'une musique se montre avec trop d'évidence au premier degré, elle perd très vite de son charme. Je souffre lorsque quelqu'un ne comprend pas ma musique. C'est une souffrance à gérer. Ceci dit, je fais tout pour que le public rentre dans ma musique. Je ne recherche pas la complication, et je peux vous assurer que les classiques qui m'écoutent ne trouvent aucune sophistication dans mes morceaux! J'ai un penchant pour l'histoire du jazz. Je la parcoure de A à Z... et de Z à A! J'adore le Dixieland. J'adore Fats Waller. Personne n'a d'arguments pour reprocher à ma musique de manquer de fondations! Il est vrai que le jazz a tellement évolué que beaucoup de gens les ont perdu les fondations de vue.




Que retenez-vous des USA ?

Le public apprécie le jazz. Ils connaissent tous les standards. Ils prennent beaucoup de plaisir aux concerts. Les salles sont remplies d'habitués. Mais aujourd'hui c'est pareil en Europe. Si j'avais un conseil à donner : ici les étudiants en jazz devraient travailler davantage leurs standards.

Les titres de vos morceaux sont souvent des jeux de mots. C'est un dada?

Ah oui, j'adore les chercher. Parce que pour les trouver, il faut vraiment les chercher. Je vois souvent des jeux de mots composés uniquement d'une association sonore. C'est insuffisant. Il faut deux sens à l'énoncé, sans tomber dans la facilité. Exemple sur un de mes titres : "l'Allée Thiers et le Poteau laid". Un autre exemple? Je suis allé voir un soir le spectacle de Francis Blanche. Il parlait de l'école. Il a conclu : "Pour que l'école dure, amis, donnez !" Fabuleux, non ?

Quelle est votre définition de l'humour ?

Le fait de ne pas se prendre au sérieux. C'est tellement humain de se prendre en dérision. Je suis timide, mais quand il s'agit d'en sortir une drôle, je me mets toujours en avant. J'ai toujours envie de dire des bêtises. En famille, je fais le clown. Ma mère disait : "tu fais l'intéressant"! J'ai un faible pour le couple Pierre Dac/Francis Blanche, et pour les Marx Brothers. J'ai lu l'intégrale de San Antonio. Tous les 5 livres, je lis un San-A. Quelle maîtrise du style! Frédéric Dard rédige une phrase splendide, puis la tord immédiatement. Imaginez mon goût à le lire! De surcroît, ses intrigues sont toujours intéressantes. J'aime l'humour décalé, qui tord le cou à la réalité. Vian venait souvent à Saint-Germain-des-Prés. Pas vraiment le type triste. Il ne pouvait pas s'exprimer sans faire de calembour. Je déteste l'humour qui critique les autres.

Quelles sont les autres qualités importantes ?

A vrai dire, l'humour représente davantage qu'une qualité. Cela fait partie de la vie. La gravité me paraît importante, dans la musique notamment. Je n'aime guère le mélange des genres, mais gravité et humour peuvent se côtoyer - en alternance - dans un même morceau.

On dit que vous travaillez l'instrument du matin au soir. Est-ce le cas ?

Oui, le travail permet d'acquérir son contrôle total. Pour improviser, il faut penser vite et posséder la technique. Dans ce cas, la création devient vraiment instantanée.

Merci Martial pour les propos. J'aimerais que vous me dédicaciez ce vinyle, "Jazz à Gaveau", enregistré en 1962 avec Daniel Humair et Guy Pedersen. C'est mon préféré.

Bien sûr. C'est ce qu'il y aura eu de moins fatiguant à faire aujourd'hui. Bruno, cela s'écrit bien B-R-U-N-E-A-U ?

Oui, Martial.

Signé : Bruneau Pfeiffer etoile scintillante


Dernière édition par Nine le Mar 24 Fév - 7:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: MARTIAL SOLAL   Mar 24 Fév - 7:48





Pianiste, Compositeur, Arrangeur et Chef d'orchestre français - Alger, 23 aout 1927

Martial SOLAL débute le piano à l'âge de six ans et se passionne pour le jazz qu'il étudie avec le saxophoniste Lucky STARWAY.
Dès 1945, Martial SOLAL devient musicien professionnel.
Il joue à la Radio d'Alger puis se fixe à Paris en 1950 où il débute dans les orchestres de Benny BENNET et Aimé BARELLI.

L'année 1953 marque le début de sa carrière en tant que soliste et il se produit au Club Saint Germain et au Blue Note.
Il enregistre en 1956 son premier disque en solo ainsi qu'un album avec grand orchestre.

A la fin des années 50, il constitue un quartette avec Roger GUERIN, Paul ROVERE et Daniel HUMAIR et cette formation remportera un énorme succès.
En 1962, il crée son propre grand orchestre et participe en 1963 au Festival de Newport.

Puis sa carrière se déroule de plus en plus en solo à l'exception du duo qu'il forme avec Lee KONITZ entre 1977 et 1982.
A partir des années 1980, Martial SOLAL collabore avec des compositeurs contemporains tels que Marius CONSTANT qui écrit pour lui son Concerto pour trio de jazz et orchestre en 1981 et sa Fantaisie pour deux orchestres en 1984.

Grand musicien mais aussi homme de radio talentueux, Martial SOLAL participe également aux émissions de Radio France. En 1997, à l'occasion de la Fête de la Musique, il crée à Radio France Coexistence, concerto pour piano associant son Dodécaband à l'Orchestre National de France.




En tant que pianiste, Martial SOLAL se révèle à la fois très original etperfectionniste, allant même jusqu'à prendre des cours avec le concertiste classique Pierre SANCAN afin de parfaire sa technique. Expert en l'art d'approfondir toute la palette sonore de son instrument, il fait preuve également d'un remarquable talent d'improvisateur. Il enregistre des disques avec les plus grands et particulièrement Django REINHARDT, Sidney BECHET, Art FARMER, Lee KONITZ, Stéphane GRAPELLI, Daniel HUMAIR et Michel PORTAL.

Compositeur original, il affiche sa singularité dès 1959 avec sa Suite en ré bémol pour quartette de jazz. Hétéroclite, il reçoit des commandes d'interprètes aussi divers que la claveciniste Elisabeth CHOJNACKA, l'accordéoniste AZZOLA, les PERCUSSIONS DE STRASBOURG ou le joueur d'orgue de barbarie Pierre CHARIAL.

Il compose également de nombreuses musiques de films telles qu' "A Bout de souffle" en 1959, "Léon Morin prêtre" en 1961 et "Echappement libre" en 1964.

Orchestrateur autodidacte, Martial SOLAL dépasse très vite la synthèse qu'il opérait en 1956 et 1962 entre les esthétiques contradictoires de Count BASIE et Stan KENTON pour aboutir à une écriture totalement personnelle.

Martial SOLAL est un musicien de génie dont le rôle dépasse largement les frontières du jazz et celles de l'Europe. Etoile Etoile
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MessageSujet: Re: MARTIAL SOLAL   Mar 24 Fév - 8:08


Découvrez Martial Solal!



:malelovies: L'HOMME DE LA MUSIQUE DU FILM A BOUT DE SOUFFLE

Martial Solal, un des pianistes majeurs de notre pays, au style très personnel et innovant (phrasé et travail des notes), est aussi réputé pour ses talents de chef d'orchestre.
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