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 SALSA ... LATIN JAZZ L'HISTOIRE

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Nine
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MessageSujet: SALSA ... LATIN JAZZ L'HISTOIRE   Ven 13 Fév - 12:43





Du Son’ à la Salsa : grandeur et décadence de la Musique Cubaine

Sans aucun doute, le Son’ est l’ancêtre de la Salsa.

Cette musique rurale de l’Oriente avait été ramenée à l’origine par les soldats cubains ou américains des guerres du Mexique. Le premier Son’ aurait été celui de la "Ma Théodora".



Les instruments traditionnels du son’ sont : la guitare ou le tres (à trois cordes doubles métalliques), la botija (cruche évidée dans laquelle on souffle pour les basses), la marimbula (piano à pouces africain hérité du sanza, bientôt remplacée par la contrebasse ou la basse en terre- corde attachée au sol et à une branche pour le jeu en plein air), pour les percussions le guiro (en forme de poire striée grattée), les bongos (deux petits tambours collés, un grand et un petit) et les claves (bâtonnets de bois dur entrechoqués, à l’origines des bouts de bois pris par les dockers sur les quais qui ont donné leur nom à la clave, base rythmique de la musique cubaine en 1-2-3/4-5 ou 1-2/3-4-5).

Ce Son primitif et rural de l’Oriente est appelé "son montuno" (montagnard). C’est celui que pratiquaient Compay Segundo (futur héros du film "Buena Vista Social Club" avec les Afrocuban Allstars) à ses débuts en duo avec Hierrezuelo sous le nom de Los Compadres (dont il était la seconde voix, d’où son surnom de "Secundo") ou aujourd’hui encore la Familia Valera Miranda pour sa forme rurale.

En 1929, le Son arrive avec la crise à La Havane. L’un des premiers groupes enregistré fut le Trio Matamoros de Miguel Matamoros avec son "Son De Loma". Le Son contaminera les autres musiques, devenant rumba son, boléro son, son guajira en se mélangeant à elles. Dans les années 30s, le "Sexteto Occidente" d’Ignacio Piñeirio, qui devient ensuite "Septeto Nacional" après le départ de Maria Teresa Vera sera le plus populaire de ces orchestres de Son’ urbains. Dans les années 30s, le joueur de très Arsenio Rodrigues (aveuglé dans son enfance par la ruade d’un âne) ajoute les cuivres à son "Conjunto", avec les trompettistes cubains assourdissants Chocolate et Chappotin (annoncé dans les enregistrements par son nom). Après le départ d’Arsénio Rodriguès pour les Etats-Unis (où il espérait recouvrer la vue grâce à une opération, sans succès, et mourra dans la misère alors qu’à Miami la Salsa battait son plein), le groupe continua avec le chanteur Miguelito Cuni et le pianiste Lili Martinez "Griñan", sous le nom de "Los Senores Del Son" dans les années 40s. Le groupe "Sierra Maestra" d’Adalberto Alvarèz (au nom tiré de la montagne Cubaine où se cachèrent Fidel Castro, Che Guevara et les survivants de leur débarquement manqué avant d’attaquer le régime en place de Battista) continue aujourd’hui cette tradition avec succès.

Parallèlement, beaucoup de musiciens Cubains émigraient aux Etats Unis comme Mario Bauza. Il initia Dizzy Gillespie aux rythmes afrocubains et lui présentera le joueur de congas cubain noir Chano Pozo, qui mourra assassinné après quelques années. Le beau frère de Mario Bauza Machito Grillo forma les "Afrocubans", qui jouèrent "Manguo Mangue" avec Charlie Parker (l’un des rares musiciens de be bop à être vraiment arrivé à improviser avec des Cubains, les afro-américains étant plus habitués aux rythmes 4/4). Ils faisaient du "Cubop" (musique cubaine et bebop) qui donnera lieu au Latin Jazz.

Quand Fidel Castro prit le pouvoir, il voulut aussi régenter la musique, interdit les orchestres "tipo jazzband" et le jazz (américains), le son, le guaguanco des noirs (qui devaient oublier l’esclavage), les descargas (jam sessions cubaines), le danzon (hérité des contredanses européennes de salon). Il voulait de la musique moderne et sérieuse portant le message de la révolution mais débarrassée de tout ce folklore colonial, donc de toutes les traditions populaires cubaines, tout en restant spécifiquement Cubaine ! Pour ce faire il crée un label, Egrem (studio où sera enregistré "Buena Vista Social Club") et l’Orchestre National de Musique Moderne, dont font partie le pianiste Chuco Valdès, le saxophoniste Paquito D’Rivera et le trompettiste Arturo Sandoval qui durent négocier âprement pour monter enfin leur groupe, "Irakere", ouvert aux nouvelles musiques américaines (rock psychédélique Hendrixien pour la guitare en wah wah permanent, basse carrément funk, cuivres qui hurlent avec la puissance d’un big band ou improvisent des chorus quasimment free , et pour le répertoire, des thèmes yoruba -ethnie des esclaves à l’origine du guaguanco des escaves noirs, mais modernisés, rythmés par des congas et un langage entre incantation en dialecte yoruba et débit presque rap en espagnol, une énergie extraordinaire, rendue par le live "Primeiros Exitos".)
Pour moi, le premier groupe de salsa fut Irakere à cette période, qui faisait de la Salsa sans le savoir ! Mais Paquito D’Rivera et Arturo Sandoval, lassés du régime castriste, voulaient évoluer, jouer du jazz aux Etats-Unis. Lors de la première tournée du groupe en Europe, ils restèrent en Espagne, clandestins le temps de trouver un visa pour les Etats-Unis. Chucho Valdès et Irakere existent encore mais leurs disques ne valent pas les premiers.

Il y avait de plus en plus de musiciens latinos à New York, mélangeant funk, soul et musique latine pour les barrios (quartiers latinos), comme Joe Cuba, portoricain qui crée le "Boogaloo". Le flûtiste dominicain Johnny Pachebo et Jerry Mancusi (un italo américain) pour les finances comprirent qu’il y avait là un marché, un public et de l’argent à se faire, et créèrent un label, la Fania AllStars, et un de leurs premiers disques avec l’"Orquestra Harlow", qui donna un film s’appelait "SALSA !".

Ensuite ils ont enregistré à tour de bras Célia Cruz, Tito Puente (qui par contre a toujours eu l’honnêté de dire quand on lui parlait de Salsa (sauce) : "la seule salsa que je connaisse, c’est celle que je mets sur mes spaghetti !"), tous y sont passés, chantant la gloire de leur réunion et bien sûr de la Fania, s’autoproclamant "Estrellas De Fania" (Etoiles de la Fania), avec un succès commercial évident de cette "Latin Soul" chez la population latine et dans toute l’Amérique du Sud ! Mais la Salsa c’est la sauce, même épicée, on met tout dedans quelle que soit la culture d’origine des musiciens, on fait chauffer, on sert et on récoltes les bénéfices ! Pour moi c’est quand même une forme d’appauvrissement par la répétition des mêmes recettes plus dansantes que musicales, avec la petite cloche (cowbell) pour que les danseurs(ses) ne perdent pas le tempo. Un Dj de Salsa m’a dit un jour qu’il ne pouvait pas pas passer de son’, parce que les filles n’arrivaient pas à danser sans cette cloche ! Tout ceci est toujours plus ou moins lié par les bases rythmiques cubaines simplifiées, et quelques apports rythmiques Portoricains (la "Bomba") ou Colombiens (la "Cumbia").

Et les Cubains, à cause du blocus, n’en SAVAIENT RIEN jusqu’en 1982 où Oscar D’ Léon, un Vénézuelien, donna son premier concert à Cuba, sur des rythmes...cubains bien sûrs, et en rendant hommage à cet tradition.

Ruben Gonzalès (futur pianiste du Buena Vista Social Club) a bien riposté avec un "Estrelas De Areitos" (Areito étant un label Cubain), dernier disque de Chappotin, avec Enrique Jorrin (le père du Cha Cha Cha dirigeant les violons), mais le mal était fait. Dans les années 80s, le succès commercial de Gloria Estefan "Mi Tierra" ressemble beaucoup à du Son’ et les musiciens viennent du son’ comme le contrebassiste Israël Cachao Lopez (qui a fait une seconde carrière avec un titre "El Son No Hay Muerto"). La Bande Originale du film musical "Buena Vista Social Club" de Wim Wenders, avec le guitariste américain Ry Cooder, est un album de Son’ avec des vieux musiciens de son’, arrangé pour le goût américain country avec plus de guitares que de cuivres, qui a remporté un grammy en musiques du monde en 1998. A l’origine du projet, Juan De Marcos voulait faire un disque plus cuivré, mais le producteur anglais Nick Gold a mis comme condition le succès commercial du film de Wim wenders.

Beaucoup de gens ont découvert le Son’ par ce film et ce disque. Mais leur meilleur album, reste "Toda Gusta Mi Cuba" des Afrocuban Allstars avec des cuivres pour le côté salsa, mais les rythmes des morceaux sur la pochette sont guajira son, son montuno, son gaguanco,etc....
En un sens, Son’ et Salsa coexistent aujourd’hui mais personne ne connaît plus cette histoire. On apppelle le Son’ Salsa indifféremment.

A Cuba, les jeunes musiciens qui ne font pas de la Salsa mais de la "Timba" comme "Orquestra NG" (Nueva Generacion) et en veulent aux papys allstars de leur voler leur succès. Ils ont fait un excellent morceau "La Protesta De Los Chivos" où les chevreaux supplient à grands renforts de bêêêêlements de devenir tout sauf des tambours parce que les percussionnistes tapent trop fort ! Dans la Salsa, Adalberto Alvarez fait encore de la salsa sur des rythmes son comme "El Mal De Hypcrisia".

Ce qui me chiffonne aussi dans la Salsa, c’est que tous ces pays sont dans la misère et leur population très pauvre, alors que le discours des chansons n’est pas du tout engagé, au mieux consolateur ("même si ta vie est noire, la salsa est ta consolation"), ou sexuel, à part deux Colombiens Joe Arroyo et son groupe "La Verdad" qui a fait une chanson sur les esclaves qui se sont enfuis en Colombie, "Rebellion", et Yuri Buenaventura qui déclare en concert : "Moi je suis de l’America Latina, pas celle qui fait la guerre à l’Irak !" et danse d’une manière plus énergique et tribale que sensuelle. Pour en savoir plus, je vous conseille "Musiques Cubaines", un livre disque de Maya Roy avec un disque très bien sélectionné de tous ces styles, et, pour les rapports entre le Jazz Américain et les musiques Cubaines ayant donné naissance au Latin Jazz, "CALIENTE !

Une Histoire du Latin Jazz" de Luc Delannoy.

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MessageSujet: Re: SALSA ... LATIN JAZZ L'HISTOIRE   Ven 13 Fév - 12:53

La Timba et les différents Genres de la Musique Cubaine

La Timba représente depuis ces 15 dernières années les derniers développements de la musique cubaine. C’est le genre musical, pris au sens large, qui nous réunit principalement sur Fiestacubana.net.


Toutefois, il regroupe différents courants comme la Timba hard-core (ou pura dura) représentée par La Charanga Habanera, Manolin, Paulito FG ou Bamboleo, le Son Moderno représenté par Manolito y su Trabuco ou Adalberto Alvarez, mais aussi par différents courant uniques mais héritiers d’autres rythmes anciens comme Los Van Van ou Pupy y Los Que Son Son représentant le Songo, Elito Revé y su Charangon représentant le Changui con Timba, Sur Caribe représentant la Salsa con Conga, etc.


Tout comme le reste de la musique cubaine dansée, la Timba est le résultat d’une lente distillation dans l’alambic des cultures que constitue Cuba. Ce n’est que le dernier cru (je devrais dire avant-dernier si je prends en considération le Reggeaton) d’un processus finalement extrêmement lent de trans-culturation où les rythmes et influences africaines, créoles et populaires ou paysannes, ont peu a peu pénétré au cœur de la musique officielle aux origines européennes, espagnole (la guaracha), française (le menuet) et/ou anglaise (la contredanse ou ‘country dance’).

La Timba est construite, comme la Salsa, principalement sur le Son auquel elle a souvent substitué la Clave de Rumba, rendant le rythme plus complexe, plus syncopé, et dont la danse est plus ancré dans la terre. C’est une musique d’avant-garde dont les maîtres mots sont innovation, créativité d’une part et popularité et transe d’autre part.

Les Timberos continuent la tradition des Soneros avec les « Pregon », les question–réponses, mais ils utilisent des thèmes plus contemporains, plus urbains. Ils cherchent petit à petit à faire monter la sauce jusqu'à l’apothéose, jusqu’au délire total.

Pour arriver à leur fins, ils utilisent soient les joutes verbales qui excitent le public (parfois en montant un quartier de La Havane contre l’autre comme dans « La Expresiva » de NG La Banda), soit le défi d’une scène à l’autre (Sombrilla de La Charanga Habanera traitait Mayito Rivera de Los Van Van de « négresse » ou Michel Maza se moquait ouvertement de la chanson de Carlos Manuel « La Manzana » en la parodiant en « Mango en la cabeza » ou encore Manolin chante que c'est lui le roi « Yo soy el rey »). Il n’y a quasiment pas de chansons romantiques. L’attitude est plus proche du rappeur que du crooner. Les chansons traitent souvent des difficultés de la vie quotidiennes après la « Période Spéciale » de 1993 durant laquelle les cubains ont connu la disette suite à l’effondrement du mur de Berlin et à l’arrêt de l’aide économique du grand frère russe.

NG La Banda se moque des solutions proposées par le gouvernement pour lutter contre la disette et sa promotion du soja avec la fameuse chanson « Picadillo de Soja ». Los Van Van parlent du « Cheque » envoyé par la famille de Miami ou de la belle fiancée mulâtre qui est partie se marier avec un touriste italien dans « El Chocolate ». La Charanga Habanera parle de la prostitution induite dans « La Superturitica » ou de l’opportunisme féminin : « Buscate un temba que mantenga » disent ils : « cherche-toi un quadragénaire fortuné qui t’entretienne ». NG parlent de la rudesse des sentiments dans « La Bruja », tout comme plus récemment Calle Real qui chantent « Cuadrate porque si tu no te cuadras me voy con otras porque soy sueno de muchas otras ! » = « Change de comportement ! Parce que si tu ne changes pas, je m’en vais avec une autre, car je représente le rêve de bien d’autres ».

L’attitude n’est pas aux lamentations ou larmoiements si fréquents dans la Salsa Romantica mais à l’affirmation de soi (« (Ese) Soy Yo » que bizarrement chantent la Charanga Habanera, El Clan et Maraca ou bien « Yo no me parezco a nadie » chanté par Haila avec Bamboleo et Azucar Negra) et l’affirmation de ses propres chances dans la vie (« Ya No Hace Falta » de Bamboleo dans laquelle Vannia chante pour que son ex le laisse tranquille).

Typiques de cette démarche à la fois jubilatoire et prolétarienne, les titres de 2 disques phares du groupe le plus emblématique de la Timba, La Charanga Habanera, sont très clairs « Tremendo Delirio » (on traduirait de nos jours : Grave Délire) et « Soy Cubano, Soy Popular » (Je suis Cubain, Je suis populaire (*)) !

La religion afro-cubaine, la Santeria, est aussi très présente, comme un moyen de sortir des problèmes du quotidien cubain. Même si la Santeria a toujours été une source d’inspiration dans la musique populaire cubaine, la venue du Pape Jean-Paul II dans les années 90 a permis de libéraliser la pratique de tous les cultes et les cubains se sont souvent tournés vers cette religion bien ancrée et héritée des esclaves venus du Nigeria et qui ne s’apparentent ni à la sphère d’influence des capitalistes comme le catholicisme ni à celle des communistes.

Los Van Van chantent une ode à tous les saints du panthéon Yoruba, les Orishas, dans la chanson culte de Mayito « Soy Todo – Ay Dios Amparame », dérivée d’un magnifique poème. Adalberto Alavarez fait de même avec cette dernière interprétation de « Y Que Tu Quieres Que Te Den ». Mais on retrouve aussi des références aux Orishas partout, chez Pachito Alonso « Maferfu Obatala », chez NG La Banda « Santa Palabra », chez Dan Den avec « Viejo Lazaro », chez Elio Reve « Papa Eleggua » ou encore chez la Charanga Habanera « Extranos Ateos ».

Pour exciter le public, les Timberos utilisent aussi et surtout la virtuosité rythmique et mélodique. Ils concassent et fusionnent tous le genres musicaux en interprétant du coq à l’âne dans la composition ou dans l’improvisation des succès funky de Kool & the Gang, Earth Wind & Fire. Bamboleo jouait récemment « No Woman No Cry » de Bob Marley et l’an dernier Los Van Van chantait les Beatles! Tous les coups sont permis du moment que le public est surpris et est pris de transe.

Pour atteindre cette folie, ce délire, les musiciens de Timba ont intégré de nombreux éléments empruntés au Funk, au Jazz, au Rock et au Rap. Ils usent et abusent de breaks (les bloques), de polyrythmies issues des rythmes Batas, de riffs de cuivres syncopés (les Mambos et Champolas), de références au mélodies afro-cubaines de la Santeria (Orishas : Agua pa’Yemaya, Obatala esta wini wini, Eleggua Ooo.., Papa Chango, Oggun, etc.), de choeurs (les coros) empruntés aux succès de la Salsa (« La vida es un Carnaval », « La vida te da sorpresa, sorpresa te da la vida », « la vida esta loca loca…», etc..) ou aux dictons populaires cubains (« Ay que Dios se lo dio, San Pedro se lo bendiga », « El que no tiene de Congo, tiene de Calabari », etc.).

Les musiciens Timberos sont parmi les meilleurs musiciens à Cuba, voire au monde, malgré leur jeunesse. Ils ont étudié dans les exigeantes écoles de musique de l’Etat cubain (qui leur enseignent la musique classique avec l’influence des professeurs espagnols ou russes (**)) et ils leur faut à la fois dominer la musique classique, les musiques traditionnelles cubaines (Son et Afro-cubain) tout autant que le Jazz, le Funk, le Rock, la Salsa, etc. La plupart de ces musiciens sont issus de la Escuela Nacional de Arte (ENA) et/ou de l’Instituto Superior de Arte (ISA).

Certains sont de vrai maîtres comme Lazaro Valdes, le directeur, compositeur et pianiste de Bamboleo qui nous a montré qu’il jouait aussi la contrebasse. Jose-Luis Cortes « El Tosco » directeur, compositeur, chanteur et flûtiste de NG La Banda, est un virtuose de la flûte traversière dont il fut premier prix de conservatoire classique à Cuba (la légende prétend qu’il n’aurait pas été retenu comme premier soliste dans l’orchestre symphonique de Cuba car il est noir). Ces deux derniers jouent, composent et enregistrent avec des formations de Jazz de renommée internationale. De même pour le saxophoniste Juan Manuel Ceruto (ex Paulito FG, Issac Delgado), le trompettiste Alexander Abreu (ex Paulito FG, Issac Delgado, Caros Manuel, Los Van Van, etc.), le tromboniste Amaury Perez (ex Paulito FG, Issac Delgado), le violoniste et arrangeur Joaquin Betancourt (ex Issac Delgado, Adalberto Alvarez, La Rumba Soy Yo, etc.).

D’autres ont eu une influence décisive et définitive sur l’ensemble de la musique cubaine comme Juan Formell et Cesar ‘Pupy’ Pedroso de Los Van Van, ou Elio Revé et son Charangon, Enrique Lazaga et La Ritmo Oriental, ou David Calzado et sa Charanga Habanera grâce à leurs inventions dans le domaine de l’orchestration, des arrangements et des compositions.

Enfin, et non des moindres, certains laissent un trace indélébile par leurs interprétations, leur style et leurs compositions, Issac Delgado, Manolin El Médico De La Salsa, Paulito FG. Ces 3 artistes sont de vrais génies qui se sont échangés pendant quelques années les meilleurs musiciens de Cuba tout frais sortis de l’école.

La Timba a mis au devant de la scène de véritables talents exceptionnels pour leurs voix, des Divas ou de Stentors qui renverraient notre Star Académie au bac à sable. Michel Maza, en fait Michel Maza Marquez, un jeune chanteur effronté et instable, surnommé El Menor de La Salsa à ses débuts avec la Charanga Habanera, a en fait une voix exceptionnelle de Ténor. Son père, Jose ‘Pepe’ Maza du groupe Layé du Tropicana, et sa mère, Beatriz Marquez, Diva du Boléro, sont de grands chanteurs et professeurs de chant à Cuba et leur rejeton en a bien profité pour notre plus grand plaisir. Transposé en France, ça serait un peu le Pavarotti du 93 !

Paulito Fernandez Gallo fait ses débuts dans Dan Den puis dans Opus 13 avec une Sonera exceptionnelle, Jaqueline Castellano. Il est probablement aujourd’hui l’une des plus grande voix de Cuba.
Mario ‘Mayito’ Rivera , le chanteur noir de Los Van Van, bien qu’à l’origine bassiste et percussionniste, a imposé ses talents de chanteurs et fait rocker Los Van Van sur scène. Réécoutez ‘Tim-Pop con Birdland’ dans En Vivo en El Malecon De La Habana !

Bamboleo, Azucar Negra et NG La Banda ont révélés les nouvelles Divas de la chanson cubaine : Haila Mompie, Vannia Borges, Tanja Pantejo et Yeni Valdés. Ces 4 chanteuses ont à la fois des timbres très particuliers, un coffre impressionnant, un charisme et une présence scénique qui soulève et chavire les foules.

Les musiciens adoptent des tumbao complexes et obsessionnels. Juan Carlos Gonzalez de la Charanga Habanera développe pour la première fois des Tumbaos "sales" .. L'attaque rythmique est très percussive et elle se joue de l'exactitude du tempo, les harmonies sont très riches et les dissonances souvent recherchées et revendiquées. Les claviers répondent avec des contretumbaos. Le même phénomène intervient dans les arrangements des cuivres. Ils jouent en force, avec virtuosité, mais aussi jouent avec les dissonances. Rythmiquement, le Timba déchaîne un enchevêtrement de breaks, de bloques, et construit un échafaudage de figures syncopées, de polyrythmies mélangeant afro-cubain, rumba, funk et surenchère d’improvisation. Les Timberos commettent le sacrilège de changer souvent de clave (entre la clave de Rumba et celle du Son, entre la clave 2-3 et 3-2 ) au milieu du même morceau. Juan Formell répondra ironiquement aux critiques des puristes qu’il possède depuis longtemps sa "licence de Clave". La Charanga Habanera et la Elite, l’orchestre de Paulito FG, excellent dans ces ruptures rythmiques et ces changements de braquets démultipliant la cadence ou reversant l’accentuation.

La Salsa est au Son ce que le Pointillisme et le Fauvisme sont à l’Impressionnisme. La Timba est un revolution musicale au même titre que l’apparition du Cubisme. La Timba, comme le Cubisme en peinture déstructure les perspectives, assemble les contraires et concasse les références.

Il s'agit de rompre avec la routine de la Salsa commerciale. Chaque groupe de La Havane développe un son unique, immédiatement reconnaissable et identifiable. Il n'y a pas 2 grands groupes de Timba qui sonnent de la même manière :

Bamboleo sonne comme l'apocalypse avec des harmonies solennelles et sombres (Si agua no cae, Fiebre, etc.) , Paulito FG est plus pop, reggeaton funky ou romantique , Manolin El Medico De La Salsa est carrément funky, Issac Delgado apparaît comme l'oeil du cyclone, avec un swing particulier posé sur des compositions empruntées de tradition mais au milieu d'un déchaînement rythmique et instrumental, La Charanga Habanera adopte un style ouvertement Hip-Hop mais avec une section de cuivre à la virtuosité inégalée, Juan Carlos Alfonso mélange l'héritage de la Révé avec un nouvel approche sonore des synthétiseurs et le rythme Dan Den, Los Van Van durcissent continuellement leur Songo, ils nous mettent "La Cabeza Mala" pour finir par exploser récemment avec Agua, Pupy Los que Son Son réalise une synthèse, un mur de son et de Son, en intégrant les apports de tous ces derniers groupes et en proposant une musique nouvelle et puissante.

Sous la pression, même les groupe de Son Moderno, comme Manolito y su Trabuco et Adalberto Alvarez y su Son, ou même Maraca, commencent à jouer de plus en plus dur, de plus en plus afro, et à oser des figures harmoniques, rythmiques plus périlleuses, plus afro-cubaines, plus Timbera. Maraca lance le "Castigala" (Punis la !), avec "Hablando en Serio", Manolito fait bouillir la marmite et nous sert un magma en fusion. Il fait entrer dans le groupe le Reggeaton avec un jeune Rappeur, Lazaro Miami Diaz ! L’autre chanteur, Amaray, se montre de plus en plus RnB dans ses interprétations.

La Timba utilise tous les registres de la culture et de la musique cubaine ou d’ailleurs afin d’innover et de surprendre sans cesse son public, principalement la jeunesse de 7 à 77 ans à Cuba et nous autres, les fanatiques ! C’est bien ce qui en fait son intérêt.

Nombreux sont les morceaux de Timba où l’on peut ressentir le rythme Pilon, ou un Mambo à la Perez Prado, un passage de pur Guaguanco, un détour par un Danzon-Cha-Cha-Cha. Tous trouvent leurs racines profondes dans le Son (de Compay Segundo) ou le Son Montuno (de Arsenio Rodriguez) ! L’influence de Jean-Sebastien Bach se fait sentir dans les Tumbaos de piano (re-écoutez le dernier disque de Michel Maza « Que Hablen Los Habladores » avec Sergio Noroña au piano dans la chanson « El Coleccionista »). On entend parfois dans Los Van Van « Que le den candela » ou NG La Banda des reprises de compositeurs russes comme Rimsky-Korsakof dans certaines mélodies.

Quelques projets récents montrent clairement que la Timba n’est que le prolongement naturel de la Musique Cubaine traditionnelle. Je citerai « Ese Huevo Quiere Sal » de Pascualito Cabreras y su Tumbao Habana ou « Projecto Nega – Salsa Son Timba » de Fidel Morales qui démontrent que l’on peut interpréter n’importe quel genre traditionnel cubain et l’amener à de la Timba. On peut encore citer le magnifique disque de Grupo Danson « Mi Musica ».

Toutefois les influences les plus récentes sont clairement le mélange avec le rythme de la Conga (Pupy y Los Que Son Son, Sur Caribe), avec les rythmes Bata (Los Van Van « Chapeando », Adalberto « Y que tu quieres que te den ? », Tirso Duarte, etc. ), avec le Reggeaton (Bamboleo, Manolito, La Charanga Habanera), avec la Pop Latino et le Merengue (Haila, Arnaldo y su Talisman, Manolito, Aramis Galindo), avec les Mariachis et le Rock Latino (Dayron y el Boom, El Clan), et avec tout et n’importe quoi comme des compressions du sculpteur César en France (Los Angeles De La Habana).

Le Son et la Rumba sont clairement les 2 pièces angulaires de la musique cubaine populaire. Lorsque Juan Formell a inventé le Songo pour Los Van Van avec José Luis ‘Changuito’ Quintana, Cesar ‘Pupy’Pedroso et Blas Egües, il l’a fait en fusionnant le Son, le Guaguanco avec le Rock et le Jazz.

... flower ...


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MessageSujet: Re: SALSA ... LATIN JAZZ L'HISTOIRE   Ven 13 Fév - 12:54

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Le Son et la Rumba restent très vivants à Cuba et se développent de leur cotés avec des échanges avec la Timba. Il n’était pas rare de voir à La Havane un concert de Timba avec un groupe Folklorique comme Tumbao Habana avec Yoruba Andabo, Bamboleo avec Clave y Guaguanco, ou NG La Banda accueillant el Gran Dia del Babalawo.

De même que la Timba se développe, les groupes de Rumba inventent sans cesse de nouvelle formes : le dernier disque de Clave y Guaguanco « La Rumba que no se termina » montre cette démarche d’expérimentation. Mayito Rivera de Los Van Van essaye la fusion du Guaguanco et du Negro Spirituals dans une magnifique chanson « Y Sigo Buscando » de son dernier disque en solo « Llego La Hora ». Le succès et la nomination aux Grammy de « La Rumba Soy Yo », dirigé par Joaquin Betancourt, ancien directeur musical de Opus 13 et Paulito FG, démontrent de la vivacité et de la qualité de la créativité dans le monde de la Rumba à Cuba.

Le Son aussi, même traditionnel ou populaire, se renouvelle avec de jeunes prodiges comme David Alvarez y su Juego De Mano ou Los Jovenes Clasicos Del Son et le célèbre Pedro Lugo « El Nene » (un génie de la voix à la fois Sonero et Rumbero).

Le Son Montuno est toujours porté haut et fort par le Septeto Habanero, le Septeto Nacional, Sierra Maestra ou le Conjunto Rumbavana. Le dernier disque de Rolo Martinez ‘Para Bailar Mi Son’ montre la proximité du Son Montuno et de la Timba (avec Bamboleo comme orchestre). Tout comme les magnifiques interprétations par Manolito y su Trabuco des compositions d’Arsenio Rodiguez dans « Eso si se llama Querer » ou « Hablando en Serio ».

(*) « Soy Cubano, Soy Popular » est probablement un triple jeu de mots : Je suis Cubain je suis « populaire » au sens de « du peuple » ou « célèbre » ou « Popular » (une marque de cigarette à Cuba dont « Soy Cubano soy Popular » est le slogan publicitaire)

(**) Le nouveau choriste et violoniste de Bamboleo fait une démonstration en concert de sa virtuosité dans le style russo-tzigane avant de faire une introduction orientale pour « Amor Loco » !


Afin de s’y retrouver, la musique cubaine peut être catégorisée comme suit (*):

Musique Populaire Dansante Contemporaine
- Son moderno : Adalberto Alvarez, Manolito y su Trabuco, Salsa Mayor
- Songo : Los Van Van, Pupy y Los que Son Son, Ritmo Oriental
- Salsa Cubana: Issac Delgado, Yumuri, Pedrito Calvo
- Timba : Charanga Habanera, Paulito FG, Bamboleo, Manolin, Azucar Negra, Klimax, Tirso Duarte, Tumbao Habana, etc.

Le Complexe du Son ou La Musique Cubaine traditionnelle
- Son Tradicional : Compay Segundo, Faustino Oramas,
- Nengon, Changüí : Elio Revé, Grupo Changüí de Guantánamo,
- Guarija, Guaracha, Guapacha, Punto Cubano : Celina Gonzalez, Celia Cruz,
- Son Popular: Polo Montanez, Los Jóvenes Clasicos Del Son, David Alvarez,
- Son Montuno : Arsenio Rodriguez, Conjunto Chappotin, Benny More, Roberto Faz, Rolo Martinez,
- Sucu Sucu : Isla Caribe
- Merengue / Cumbias / Bachatas Acubanadas : Manolito y su Trabuco, FeverSon, Aramis Galindo, Ritmo Oriental
- Les Charangas : Original de Manzanillo, Maravillas de Florida, Ritmo Oriental,
- Pachanga : Pacho Alonso,
- Mambo: Perez Prado,

Musique Dansante de Salon
- Contradanza,
- Danzon,
- Danzonete,
- Bolero,
- Cha Cha Cha : Orquesta Aragon,

Le Complexe de la Rumba
- Rumba (Yambu, Guaguanco, Columbia) : Clave y guaguanco, Los Munequitos de Matanzas, Yoruba Andabo, Conjunto Nacional Folklorico, Coro de voces y coro de clave,

Les Rythmes de Carnaval et de Fiesta de la Calle : les Comparsas
- Conga : Conga de los Hoyos,
- Pilon : Pacho Alonso y Enrique Bonne,
- Mozambique : Pello El Afrokan,

La musique Afro-Cubaine
- Orishas : Tambor Iyesa, Igbodu (Nigeria) ou Arara (Benin), Chekere ou Guiros : Lazaro Ros, Abbilona
- Abakua (Calabar),
- Congo : Palo, Makuta, Kinfuiti,
- Yucca,
- Tumba francesa,
- Bembe,

La Chanson Cubaine
- Cancion,
- Feeling,
- Trova,
- Nueva Trova : Pablo Milanes, Silvio Rodriguez, Francisco Cespedes,

Les autres musiques venus d’ailleurs :
la musique populaire et commerciale :
- Reggaeton : Eddy-K, Cubanito 20.02, Candyman, Clan 537, le Fres-K,
- Rap : Orishas, HEL, Eleyo, etc.
- Rock : Moneda Dura, Wena Onda,
- House, Techno,
- Funk, etc...
le jazz, le latin-jazz, la musique experimentale
la musique classique, musique sacrée


(*) Ces catégories sont indicatives et non définitives même si les musicologues cubains ne la renieraient pas. La références au groupes est elle plus discutable mais elle permet d’avoir quelques point d’ancrage afin de débuter sa quête (interminable) de la connaissance de la musique cubaine ;-).


pompomgirl


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MessageSujet: Re: SALSA ... LATIN JAZZ L'HISTOIRE   Ven 13 Fév - 12:58

EVENEMENT DE LA MUSIQUE CUBAINE :

Comme chaque année depuis 1997, CUBADISCO se tiendra à Cuba au mois de Mai.


L'édition 2008 devrait avoir lieu du 17 au 25 MAI 2008, selon une formule annoncée comme novatrice (mais je laisse les informateurs vous en dire plus... LOL).

Remise de Prix "Cubadisco" aux meilleurs albums, Promotion des enregistrements les plus récents, Concerts, Spectacles, Rencontres de collectionneurs de disques.... C'est tout cela CUBADISCO !

UN SITE CULTE POUR LES AMATEURS coeur

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MessageSujet: Re: SALSA ... LATIN JAZZ L'HISTOIRE   Ven 13 Fév - 16:17

La Salsa çà se danse aussi :



une petite demonstration !
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MessageSujet: Re: SALSA ... LATIN JAZZ L'HISTOIRE   Ven 8 Mai - 18:56

RAY BARETTO LE SEIGNEUR DE LA SALSA




Ray Barretto, (né le 29 avril 1929 à Brooklyn (New York) et décédé le 17 février 2006), est un Conguero, directeur d'orchestre, compositeur, arrangeur et producteur de salsa et de latin jazz.

Biographie

Fils de parents portoricains, Ray a été élevé dans les ghettos latins de Harlem et du Bronx, dans un environnement rempli de musique portoricaine mais avec un amour pour les groupes de swing de Duke Ellington, Count Basie et de Benny Goodman.

Le jeune Ray a commencé à jouer dans des descargas (jam sessions, "bœuf") tenues dans le club de jazz Orlando à Munich, durant les années où il remplissait le service militaire obligatoire. De retour à la vie civile en 1949, Ray a continué à jouer des percussions à New York jusqu'à ce qu'il ait obtenu son premier travail dans le Combo Latin Jazz d'Eddie Bonnemere.

Au début des années 1950 dans la salle de l'Apollo Harlem, Ray Barretto jouait des congas dans l'orchestre qui faisait la première partie de Charlie Parker, le génie du bebop. En l'écoutant, ce dernier l'invite à être intégré dans son groupe pour le concert de la nuit. Après cette rencontre, est né le cubop, mélange de bebop et de rythmes latins, lequel a nourri le latin jazz.



Puis il a fait partie du conjunto de José Curbelo, où il remplace Mongo Santamaría dans l'orchestre de Tito Puente. Barreto est resté dans cet orchestre pendant quatre ans, période où il est aussi intervenu comme musicien de studio dans des enregistrements de type « rhythm and blues » tels que Garland, Gene Ammons et brièvement, Herbie Mann.

En 1961, la maison de disques Riverside a décidé de s'attaquer au marché de la musique latine. Ils contactent Barretto qui forme un orchestre de charanga. « Pachanga with Barreto » a été le premier des deux disques que Ray a enregistrés avec eux. Mais devant le mécontentement de l'expérience, il a changé de maison de disques pour entamer une nouvelle stratégie musicale.

En enregistrant pour la maison de disques Tico, Barretto a obtenu son premier succès avec la chanson « El watusi » en 1963, première chanson latine en pénétrer le hit-parade Billboard aux États-Unis. Après plusieurs albums avec Tico, Barretto a signé avec la maison de disques UA avec l'espoir d'obtenir une plus vaste distribution de ses disques. Avec eux il effectue des productions comme « Ray Barretto Señor 007 ». Mais devant le manque d'efficacité sur le marché, il décide de signer chez Fania, récemment formée en 1967. Son premier disque pour le label, « Acid », a été une expérience de fusion avec le « rhythm and blues » qui lui a valu l'attention du public latino.
Ray Barretto en concert (1991)

Avec la Fania, Ray Barretto se lance dans la salsa. En même temps, il a pris part à des enregistrements de figures anglos-saxonnes comme Cal Tjader, Average White Band et les Bee Gees (sur Wind of Change), entre autres. Depuis 1968, il a fait partie de la Fania All-Stars, et avec des disques comme « The Message », « Power » et « Indestructible », il devient un artiste majeur de la musique tropicale. En 1973, il voit certains de ses musiciens le quitter pour former le groupe Típica’73. Un de ses grands succès dans cette période a été son disque « Barreto », qui en 1975 a obtenu une nomination aux Grammy Awards.

Pendant ces années sont passés dans son orchestre des grands chanteurs tels qu'Adalberto Santiago, Tito Allen, Rubén Blades, Tito Gómez et Ray de La Paz. Son orchestre a également disposé de talentueux musiciens comme le timbalero Orestes Vilató, le bassiste Andy González, le pianiste Oscar Hernández, le timbalero Ralph Irizarry et les trompetistes Robert Rodriguez et René López.

De 1976 à 1978, il a enregistré trois disques de jazz pour la maison de disque Atlantic Records. L'un d'eux, « Barretto Live... Tomorrow », a été nommé pour un Grammy. En 1979 il retourne chez Fania pour des enregistrements de salsa, en produisant un album considéré par les critiques comme un classique : « Ricanstruction ». Ce dernier a été proclamé par la revue Latin N.Y. comme « Meilleur Album » de 1980, et Barretto a été également distingué comme conguero de l'année.

Pendant les années 1980, Ray a éprouvé une diminution dans sa popularité. Toutefois de nouvelles nominations aux Grammy ne se sont pas fait attendre : la production « Ritmo de la Vida » et en 1990 le disque « Ritmo en el Corazón », lequel a disposé la participation de la chanteuse Celia Cruz.

Durant les années 1990, Ray Barretto a continué sa carrière en gravitant entre ses deux grandes passions - le latin jazz et la salsa - en enregistrant des disques des deux types et en voyageant par les États-Unis, l'Europe et l'Amérique du Sud.

Le 17 février 2006, il décède au Centre médical universitaire d'Hackensack (New Jersey) de complications post-opératoires liées à un quintuple pontage coronarien.



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