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 NICOLAS PEYRAC AGREABLE RETOUR

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Nine
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MessageSujet: NICOLAS PEYRAC AGREABLE RETOUR   Ven 30 Jan - 13:39

NOUVEL ALBUM "CASE DEPART"
SORTIE LE 26 JANVIER 2009



PROCHAINS CONCERTS

Le 21/03/09 Pennautier (11)
Théâtre Na Loba dans le cadre
du festival "La folle Semaine"

Le 09/05/09 Xertigny (88)

Après 15 ans d'exil au Canada.
Le 14/05/09 Sin le Noble (59)

Le 30/05/09 Vandoeuvre (54) flower

so far away from L.A.", "Je pars" ou encore "Et mon père"..., ce sont quelques uns des succès de Nicolas Peyrac, auteur-compositeur-interprète qui a marqué les années 70 par sa plume et ses compositions. Il revient aujourd’hui avec un nouvel album "Case départ", son 18e album.


Dernière édition par Nine le Lun 2 Fév - 19:04, édité 1 fois
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Nine
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MessageSujet: Re: NICOLAS PEYRAC AGREABLE RETOUR   Lun 2 Fév - 18:53

Nicolas Peyrac


Découvrez Nicolas Peyrac!




Difficile de démarrer une carrière sur les chapeaux de roue ! Après quelques tubes dans les années 70, Nicolas Peyrac a eu du mal à poursuivre sereinement un parcours nuageux tant au plan professionnel que personnel. Pourtant, Peyrac est un auteur-compositeur qui a marqué sa génération et certains de ses titres sont des classiques de la chanson française.


De son vrai nom Jean-Jacques Tazartez, Nicolas Peyrac naît le 6 octobre 1949 à Rennes. Avec ses frères, il est élevé en Bretagne par une famille de médecins. Quand ses parents divorcent au début des années 60, Nicolas s'envole pour New York avec sa mère. Il y réside environ une année avant de revenir vivre avec son père en Bretagne. Déjà très épris de chanson, il a commencé très tôt à écouter les grands classiques du patrimoine, de Ferré à Brel. Il apprend seul la guitare et écrit quelques textes et poèmes comme tout adolescent un peu tourmenté. De plus, il découvre la musique anglo-saxonne qui enrichit son inspiration et sa culture musicale.
Artiste

Jeune homme, il semble de plus en plus évident que sa fibre artistique est fort sensible. Mais il cède cependant aux pressions familiales qui le mènent tout droit à la faculté de médecine. Il démarre donc des études parallèlement à ses premiers pas dans le milieu musical. Et ce n'est pas le musicien qui émerge en premier, mais le photographe. Autant doué pour l'art visuel (il pratique aussi la peinture) que pour la musique, il est l'auteur de pochettes de disques, entre autres pour Gilbert Bécaud.

En 1971, il part vivre quelques temps avec sa mère, physiologiste en Afrique. Il continue ses études mais ses contacts dans le métier lui permettent de rencontrer en 72 Patrick Legrand, frère de Michel, et éditeur de musique. Nicolas lui présente quelques textes et a le plaisir quelques mois plus tard d'en entendre un chanté par Marie Lafôret. Le succès de ce 45 tours lui vaut un contrat immédiat avec Pathé-Marconi.

Cette fois, c'est comme interprète que Nicolas démarre enfin dans la chanson. Mais ses deux premiers 45 tours sont des échecs. Sa maison de disques hésite à le garder quand, en 75, il sort "So far away from L.A.". Pathé-Marconi oublie alors toutes ses velléités de renvoi. En effet, ce titre rencontre une réussite publique et critique immédiate et par la même occasion, Peyrac devient une vedette du jour au lendemain. Il abandonne ses études de médecine pourtant proches de leur terme (il est en 6ème année). Son succès lui prend tout son temps d'autant plus que le 45 tours suivant, "Et mon père" se transforme aussi vite en tube. Pour ce titre, la Sacem (Société des Auteurs Compositeurs) lui décerne l'Oscar de la chanson française en 75. En quelques mois, Nicolas Peyrac intègre le cercle des chanteurs les plus doués de sa génération.

Scène(s)

La réussite discographique entraîne une intense et immédiate activité scénique. En 76, Nicolas Peyrac passe au Théâtre de la Ville à Paris et tourne en première partie de Serge Lama. Mais son succès le mène jusqu'au Japon, destination presque obligée pour un artiste français qui réussit. Déjà auteur de deux albums, il en sort un troisième en 76 "Quand pleure la petite fille", puis un quatrième en 77, "Et la fête est finie".

Quant à la scène, il ne la quitte guère. En 77, il tourne avec Marie-Paule Belle, et prend la route en vedette tout l'été. Mais en décembre, il monte trois semaines sur la prestigieuse scène de l'Olympia en première partie de Dalida mais il faudra attendre 79 avant qu'il n'y soit présenté en tête d'affiche. 77 est aussi l'année de deux nouveaux succès : "Je pars" et "le Vin me soûle".

Après la naissance de sa fille Amanda en 77, il perd sa mère en 1978. C'est à elle qu'il dédie son album "J't'aimais, j'ai pas changé". Ce décès marque un passage à vide pour l'artiste qui part alors quelques temps en Californie. C'est à cette occasion qu'il fait la connaissance du chanteur et auteur Will Jennings avec qui il travaillera plusieurs fois dans les années 80.

Aléas

Tournées, albums, l'activité artistique de Nicolas Peyrac continue de plus belle au début des années 80. Mais le succès ne suit pas forcément le même rythme. Le temps des tubes semble déjà être du passé. Il continue de tourner avec une escale parisienne à Bobino en 1981. Tous les ans, ses concerts le mènent aux antipodes : le Pacifique sud en 82, la Corée en 83, l'Afrique (Gabon, Burundi) en 84, Océan indien et Canada en 85. Il sort de la même façon quatre albums entre 80 et 85 : "Fait beau chez toi" (80), "Elle sortait d'un drôle de café" (82), "Flash back" (83, co-écrit à Los Angeles avec Will Jennings) et "Neuvième" en 84.

En dépit d'un emploi du temps fort rempli, Nicolas Peyrac ne se sent pas très bien dans son métier et dans sa vie personnelle. Ses textes sont chantés par les plus grands : "Je n'oublierai jamais" par Johnny Hallyday en 82 et "les Eaux du Mékong" par Placido Domingo en 85. Mais sa propre carrière perd du terrain sur l'actualité musicale et sur l'intérêt du public. Il se replie alors sur lui-même.

Il en profite pour cultiver ses autres passions. Dès 86, en vacances chez son ami Michel Berger, il démarre l'écriture d'un roman. Puis, il réalise un documentaire pour la télévision sur les sportifs de haut niveau. La fin des années 80 est vraiment difficile. Rupture sentimentale, difficultés professionnelles, Nicolas perd pied et sombre dans une dépression longue et douloureuse.

Sursaut

Un album sort en 89, "J't'aimais trop, j't'aimais tellement", très empreint de ses problèmes les plus personnels ("J'l'aime quand elle s'en va", "Et tous ces matins sans elle"). On n'entend plus guère parler de Nicolas Peyrac pendant quelques années. De façon contradictoire, c'est le décès soudain de Michel Berger qui marque un tournant dans cette période difficile. Profondément bouleversé par cette disparition qui survient en août 92, Nicolas réagit par une forte envie de se reprendre en main. Il se remet à écrire, voyage un temps à Cuba, et produit un nouvel album "Tempête sur Ouessant". Dès 90, il avait commencé à travailler sur ces nouveaux titres mais sans pouvoir en venir à bout. Entouré de musiciens et amis français (Sébastien Santa Maria, Philippe Chauveau) et américains (Bruce Gaitsch), cet album marque un retour de Nicolas sur le devant de la scène. Mais tout n'est pas si simple et il lui faut encore du temps pour se remettre sur pieds.

En 93, aidé par son père, le chanteur décide d'émigrer au Québec. Il s'installe donc à Montréal où il retrouve un nouveau souffle et une nouvelle motivation. C'est là qu'il termine et publie son roman en 94 sous le titre "Qu'importe le boulevard où tu m'attends". Puis, chez son père en Bretagne, il écrit une grande partie d'un nouveau disque, "J'avance", qui voit le jour en 95.

Nicolas a une nouvelle compagne, Pascale, et reprend au Québec une intense activité scénique. On le voit lors des grands festivals (Festival d'Eté de Québec, FrancoFolies de Montréal) ou lors de tournées à travers la province.

Puzzle

C'est un grand retour sur une scène parisienne et même française que Nicolas Peyrac effectue en 1996. En mai, il s'installe pour quelques jours au Casino de Paris entouré de 7 musiciens et d'une formation de 13 cordes. L'événement sort sous un album, "Puzzle", qui paraît l'année suivante. Neuf mois après le Casino, il retrouve aussi Bobino du 16 janvier au 1er février 97.

Deux ans après "J'avance", des divergences artistiques éclatent entre le chanteur et sa maison de disques Une musique qui refuse de produire son album.
Meurtri mais combatif, Nicolas retourne quand même aux studios du Bras d'or à Boulogne. Accompagné de ses plus proches fidèles, en travaillant sur de nouvelles chansons, ils décident de reprendre entièrement "Autrement", disque pourtant presque terminé. Malheureusement, Une musique persiste et signe : le CD ne sortira pas...du moins pas chez eux. Presque seul, sans contrat, un album fini en poche, le chanteur se résigne à publier "Autrement" sur un label indépendant. Petite structure oblige, malgré un succès critique indéniable, cet opus passe inaperçu aux yeux du public.

Rebonds

Nicolas Peyrac n'en perd pas sa plume pour autant. Pendant trois ans, très inspiré, il écrit texte sur texte et enregistre maquette sur maquette. En 2002, grâce à un ami, il rencontre Pierre Illias qui devient son manager. Celui-ci se révèle plus qu'efficace. En février de la même année, il signe un contrat pour quatre albums avec la major BMG. Il retourne alors en studio et une année plus tard, en mars 2003, arrive "Seulement l'amour", un disque simple, respirant la sérénité d'un auteur épanoui. flower
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Nine
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MessageSujet: Re: NICOLAS PEYRAC AGREABLE RETOUR   Ven 20 Fév - 17:21

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kalou50



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MessageSujet: Re: NICOLAS PEYRAC AGREABLE RETOUR   Mar 24 Fév - 21:22

Tout d'abord un immense merci à vous Nine pour toutes ces infos sur "notre" artiste sur votre forum consacré à :17742: !!! Un tel respect force l'admiration !!!!

Soyez les bienvenus chez nous Association Autour de Nicolas Peyrac
si vous avez envie d'en découvrir un peu plus sur l'artiste

N'hésitez pas à cliquer sur son Myspace http://www.myspace.com/nicolaspeyrac
pour découvrir les nouvelles chansons

Et si le coeur vous en dit de venir avec nous l'applaudir quelque part en france :

21 Mars PENNAUTIER – Théatre Na loba ( 11 ) – Trio

5 Mai : XERTINY ( 88 ) / Salle des fêtes Full band
14 Mai : SIN LE NOBLE ( 59 ) / Salle Henri Martel – Full band
31 Mai : St Herblain ( 44 )


5 Juin : PARIS ALHAMBRA – Full band


8 Aout : MOUTIERS EN RETZ ( 44 ) / Plein air – Full band

19 Septembre : SAINT AUBIN DU CORMIER (35)/ Espace Bel air – Trio

2 Octobre : SECLIN ( 59 ) – Salle des fêtes. Trio
3 Octobre : SALIVES ( 21 ) / L’abreuvoir – Trio


6 Novembre : VANDOEUVRE – Full band
21 Novembre : VIARMES / Salle St Louis ( 95 ) - Trio

A très bientôt et encore merci pour relayer sur votre espace toutes ces infos !!!!

bisous musique11
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Nine
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MessageSujet: Re: NICOLAS PEYRAC AGREABLE RETOUR   Mer 25 Fév - 19:49

DEDICACE A KALOU 50



Bienvenue Kalou 50, c'est moi qui te remercie pour ton attention, je suis ravie de partager avec toi l'univers de ce bel artiste qui a écrit une belle page de la chanson Française, n'hésite pas a nous tenir informés de son actualité , son retour en france est un réel plaisir et bien sûr que si il passe dans ma région, j'aurai plaisir a aller l'applaudir.

Notre Forum traite de la musique, bien sûr sous toutes ses formes et également sur l'art dans sa globalité, je te souhaite une bonne lecture et du plaisir à entendre quelques arpèges de guitare sur SO FAR AWAY flower

A BIENTOT, et je reste à ta disposition.
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Nine
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MessageSujet: Re: NICOLAS PEYRAC AGREABLE RETOUR   Mar 3 Mar - 10:47

Nicolas Peyrac, "je me suis enfin trouvé"



Il nous semblait so far away de nous et pourtant, à l’écoute de son dernier album Case Départ, Nicolas Peyrac et ses plus de trente années de carrière au compteur, n’a jamais été aussi proche.

En dépit d’un parcours artistique chaotique dû aux bouleversements de l’industrie discographique qui ne l’a cependant pas empêché de continuer à écrire mais dont les albums n’ont pas embrassé le succès qu’ils auraient mérité, Nicolas Peyrac n’a rien perdu de sa superbe et de sa verve sensible, intelligente, lucide et surtout tolérante.

De So far away from L.A. à Case départ d’aujourd’hui, il n’a de cesse de chroniquer en chansons son chemin d’homme avec, en filigrane, le désir d’aller plus loin que son image de gentil chanteur, de variéteux en mineur.

Un Peyrac libre, plus interrogateur et profond que séducteur, retrouvant, dans ce nouvel opus, la verve acoustique des guitares de ses débuts qui l’ont fait connaître, alors qu’il revient en France, dans la maison de son enfance, après avoir vécu quinze ans à Montréal. Un retour aux sources qui n’a jamais autant nourri son flot.
Rencontre chez lui dans la maison de son père en Bretagne.


Dominique Parravano © ParuVendu

*******************************

Vous revenez avec un nouvel album, très acoustique et aux antipodes du précédent Vice Versa qui était très produit. Ce précédent album est pour moi le plus abouti et réussi de votre carrière. Or, il n’a pas embrassé le succès qu’on aurait pu espérer... Pour quelle raison ?

Tout à fait car la maison de disques n’a pas fait son travail et n’en a pas mis en magasin alors que cet album a été encensé pa¬r la critique. Je ne suis pas aigri pour autant mais c’est vrai que je me suis mis en sommeil pendant un an. J’avais perdu l’envie jusqu’à ce nouvel album qui sort.


Votre nouvel album s’appelle Case départ. Pourquoi ce retour à un album plus acoustique dans la veine de So far Away from LA ?

Je ne me suis pas posé la question, de prime abord. En fait, cela a coïncidé avec la mort de mon père et où se posait la question de la revente de notre maison familiale dans laquelle il avait vécu depuis cinquante ans en Bretagne. Et, je ne pouvais pas concevoir de voir partir cette maison dans d’autres mains. Je l’ai donc rachetée et de manière concomitante l’envie d’écrire et de composer m’est revenue. Dans ce disque, j’ai pris le contrepied du précédent album. Je suis revenu à quelque chose de plus organique et acoustique dans la veine de So far Away from LA de mon premier album. J’ai travaillé sur cet album de manière solitaire, je voulais me retrouver. C’est comme si c’était la suite du premier album, plus de 33 ans après. C’est comme si c’était mon deuxième album! Acoustique ne voulait pas dire régression, retour en arrière et ne signifiait pas réécrire So far Away from LA, trente ans après. Il est juste dans sa forme le reflet de ce que je suis devenu.


C’est également votre retour en France, dans la maison bretonne de votre père, après avoir vécu quinze ans à Montréal...

Oui, tout à fait et je me suis rendu compte à quel point cette maison était un point d’ancrage, de repères, que j’y avais écrit et vécu beaucoup de choses, que j’y avais lu mon premier roman à mon père. Cette maison est chargée de souvenirs, de bouffées d’enfance et il était hors de question de la céder.

Cela vaut la belle chanson qui ouvre l’album Ma vie est ici...
Oui, cette chanson s’est imposée comme une évidence. En dépit de tous les voyages que j’ai pu faire, ma vie est ici. Mes racines sont là. Et, je souhaitais par-dessus tout que ma petite fille ait une éducation française.

En vieillissant, pensez-vous qu’on éprouve le besoin de revenir à ses racines ? Vous dites : “Retrouver mes marques et mes ailes d’avant, tant de concerts à faire, de mots à écrire encore, vous croiser”...

Bien sûr et le temps passe vite ! J’avais envie de me retrouver, de retrouver la vraie vie, mes racines, mes frères, un enracinement et des bouffées d’enfance. Quand on est jeune, on est plus nombriliste, égoïste, on veut découvrir la vie, d’autres endroits mais au final on revient toujours chez soi.

Pourquoi êtes-vous si souvent parti ?

C’était une forme de fuite en avant parfois. J’ai éprouvé le besoin de changer d’horizon compte tenu d’une strate de galères que j’ai rencontrées dans ma vie personnelle et notamment une séparation très longue et douloureuse. Je voulais retrouver l’envie de créer, de vivre.

Les mirages de la célébrité, je connais et j’ai donné. L’important est de réussir sa vie et d’être dans la création.
Une renaissance qui s’était alors incarnée, on s’en souvient, avec l’album J’avance, résolument plus positif, et qui était, je crois, dédié à votre père, aujourd’hui décédé...

Oui, il était dédié à mon père car sans lui, je ne crois pas que j’aurais survécu à l’année 93 qui fut pour moi une année désespérée. Mon père m’a aidé à déménager au Québec. Ma mère n’étant plus là, il fut mon seul point de repère. Avec cet album, je voulais casser cette image de chanteur triste qui me collait à la peau. J’ai cessé de penser que seuls les sentiments tristes amenaient à l’écriture.

Aujourd’hui, votre père n’est plus là. Vous êtes dans sa maison. En quoi, ce disque là fait-il écho à votre père ?

Mon père est fondamentalement là, dans ce disque et dans cette maison où il est présent partout. Ce disque est à part pour moi résolument dans ma carrière.

Vous avez beaucoup voyagé. Dans vos chansons, vous parlez souvent de voyages. Là, beaucoup moins. On sent que vous vous posez...

Absolument. Là, je me pose davantage. La plupart des voyages dont je parle sont basés sur des souvenirs vécus. Avec ma mère, quand j’étais gamin, j’ai eu la chance de bouger beaucoup. Elle n’était pas du genre à vouloir posséder des choses, et donc elle avait tendance à dépenser le peu d’argent qu’elle avait dans les voyages. J’ai vécu un an à New-York, deux ans en Côte d’Ivoire, je suis allé en Australie... Le voyage est quelque chose que j’ai hérité d’elle et qui m’a nourri.

Dans votre précédent album, dans la chanson Vice Versa, vous évoquez “jamais la vie qu’on veut, on veut l’autre vie qu’on a pas, toujours plus beau l’envers quand on a que l’endroit...”. Est ce que vous avez eu la vie que vous vouliez ?

Oui, cela nous est tous arrivé de voir une pub de voyage et de rêver et aspirer à une autre vie. C’est vrai que l’on aspire et court après une vie que l’on a pas et qu’on voudrait avoir. J’ai eu la vie que j’ai voulue et si je n’avais pas eu ce chemin de vie avec tous ces pleins et ces déliés, je n’en serais pas là et je ne serais pas tout aussi épanoui que je le suis aujourd’hui.

On a l’impression que ce disque est un instantané de votre vie actuelle…

C’est l’inventaire de ma vie actuelle, il reflète mon état d’esprit.

Lequel ? Celui d’un homme libre et apaisé ?
Celui de quelqu’un qui ne court après plus rien, qui fait son métier avec exigence et qui s’est enfin accompli. Je me suis enfin trouvé.

Dans cet album, certains de vos textes ont une dimension politique. On se souvient de Il neige sur Madrid, Quand elle dort ou From Argentina to South Africa et dans votre précédent album de Ne me parlez pas de couleurs sur la différence, sorte de manifeste partisan qui incite à l’écoute de l’autre quelle que soit sa race, son sexe, sa religion. Là, on retrouve un peu la suite avec Une peau que t’as pas. Est-ce à dire que vous ne désarmerez jamais ?

Jamais. Sûrement pas. Et, je ne comprends même pas le racisme. Ne me parlez pas de couleurs est une sorte de réquisitoire contre la bêtise, la connerie et l’intolérance qui m’est absolument étrangère. Je me suis toujours érigé contre le racisme, l’exclusion de l’autre et le non-respect. Je l’ai déjà beaucoup fait par ailleurs, comme vous le dites, avec Il neige sur Madrid, Quand elle dort ou From Argentina to South Africa que j’ai chanté devant François Mitterrand et un parterre de dictateurs dans un sommet franco-africain. Il faut savoir que Ne me parlez pas de couleurs a été beaucoup censurée par les médias et elle fait toujours un carton sur scène. Pour la chanson Une peau que t’as pas, je voulais faire au départ une chanson sur les sans papiers sans enfoncer de portes ouvertes, sans qu’elle soit caricaturale, ni militante. Elle est politiquement incorrecte et prône la tolérance. C’est un passeport pour la dignité des êtres humains. C'est l’histoire d’une petite fille arrachée à sa vie, à ses parents, à son école, à ses rêves, parce que quelqu’un quelque part l’a décidé, au nom d’on ne sait quoi. Ce pourrait être Anne Franck, ou une enfant de “sans papier”, ou une parmi tous ces visages qui fuient depuis des siècles les horreurs du monde.

Cette chanson fait un peu écho également à la chanson de votre précédent album Et je t’aimais déjà, sur cet amour tout nouveau, tout beau, qui change tout : celui de l’enfant que vous avez adopté…

Oui, j’ai adopté il y quatre ans une petite chinoise qui m’émerveille et m’embellit la vie au quotidien. Et, c’est vrai qu’elle a changé ma vie et que ma vie d’aujourd’hui tourne beaucoup autour d’elle. J’ai une autre grande fille dont je ne me suis pas assez occupé car j’étais jeune et que je regardais trop mon nombril à l’époque. Ce fut un vrai ratage et là, je n’ai pas envie de passer à côté d’elle.

L’amour est très présent dans cet album sous toutes ses facettes : ses bonheurs, ses blessures, ses désillusions, ses questionnements et dans plusieurs chansons : Entre elle et lui, Elle s’en fout, J’aimerais mieux qu’on s’aime, Pour toi…

Oui, plus que jamais car qu’est-ce qu’il y a de plus important que l’amour ? C’est ce qui nous porte et nous nourrit. Moi, je ne fonctionne qu’à l’affectif. Dans la chanson Elle s’en fout, je parle d’un mannequin qui est adulé mais elle se retrouve seule dans sa chambre. Et, elle s’en fout de cela finalement...

Le titre Tomber, Tomber, c’est un peu la suite de votre chanson Les fantômes de Sunset Boulevard de votre précédent album, sur les mirages des métiers de lumière…
Tout à fait. C’est une chanson qui met en garde contre les miroirs aux alouettes de ce métier quelle que soit la discipline.

La chanson Chanter, c’est un hymne à la chanson, à ses vertus ?

C’est une chanson pour signifier que la chanson n’est pas un art mineur suite à des témoignages forts que j’ai eus comme ces personnes qui étaient dans des camps de réfugiés et qui entendaient à la radio ma chanson Elle disait et, pour eux, c’était un signe d’appartenance à ce camp. Et aussi, une femme qui venait de perdre son fils et qui a retrouvé des cassettes de moi et elle m’a dit quand les écoutant, elle avait finalement appris beaucoup de son fils. Voilà, les chansons, je pense, peuvent être utiles, faire avancer, réfléchir. Elles ont une force.
Ma vie est ici, c’est sûr, j’en suis convaincu après avoir beaucoup voyagé. Avant, je voulais voir des choses, aujourd’hui je veux montrer la vie à ma fille.

Dans votre précédent album, vous aviez fait une chanson Pourquoi pas dans laquelle vous tapiez fort : “s’il faut vendre son âme au diable, pour survivre, s’il faut mettre un genou à terre, et tout faire pour leur plaire, c’est sans moi, s’il faut renier ceux qu’on aime, c’est sans moi, si le seul repère c’est la gloire, si la télé c’est le graal, plus on te voit, plus t’es génial, c’est sans moi...”, chantez-vous... C’est votre côté libre, rebelle et irrévérencieux ?

Sans aucun doute. Libre surtout. Je suis un homme libre, humaniste et rebelle. Cette chanson me ressemble. Je ne suis pas un homme de n’importe quelle concession. Je ne veux pas me montrer pour me montrer. Cela n’a aucun intérêt. Je ne vendrais pas mon âme au diable. Je suis quelqu’un pétri de valeurs et engagé. J’ai envie d’être en accord avec moi-même et pouvoir me regarder dans la glace. Je n’ai pas envie de me renier. Si, comme je le dis, le seul repère c’est la gloire et si la télé c’est le graal, plus on te voit, plus t’es génial, c’est pas mon truc. La vie est ailleurs. C’est le sourire et le regard de ma fille adoptive qui est le plus important aujourd’hui. Les mirages de la célébrité, je connais et j’ai donné. L’important est de réussir sa vie et d’être dans la création.

Ce qui ne s’est jamais tu finalement chez vous, c’est le désir d’écrire. En témoignent, vos deux romans Qu’importe le boulevard où tu m’attends et J’ai su dès le premier jour que je la tuerais. À quand le prochain ?

L’écriture est ma nourriture. Je suis un artiste polyvalent comme Charlélie Couture. Mon troisième roman devrait paraître à la rentrée.

Vous allez avoir cette année 60 ans et avez plus de trente trois ans de carrière avec une œuvre souvent injustement passée sous silence. Quel regard vous portez sur votre carrière inégale mais de 1980 à 1989 où vous avez connu une vraie traversée du désert ?

On m’a perdu de vue durant une dizaine d’années. Je suis revenu avec l’album J’avance, paru en 1995. J’ai perdu dix ans à cause des maisons de disques en fait. Vous savez, quand vous êtes dans une multinationale et que du jour au lendemain le PDG s’en va... J’ai fait CBS, Warner, EMI, à chaque fois j’avais un album qui démarrait bien et on fichait les gens dehors parce qu’une nouvelle équipe était nommée. J’imagine que je ne devais pas représenter un intérêt commercial assez évident. Mais, je n’ai jamais cessé d’écrire et suis vraiment sans aigreur aucune.

On vous réduit souvent aux quatre grands succès de vos débuts mais est-ce que ce ne sont pas des chansons comme J’écrirai, J’avance, Je pars, J’irai jusqu’au bout, Toujours une route... qui vous caractériseraient ?

Mais, tout à fait. Vous avez tout compris. Ces chansons sont vraiment celles qui me caractérisent même si je le redis j’ai toujours plaisir à chanter ces succès. Toutefois, j’ai envie de faire connaître mes nouvelles créations et heureusement que la scène est encore là pour cela.

Vous avez fait une chanson 16 ans j’vis en Bretagne. Près de 43 ans après, vous revenez y vivre. La boucle est bouclée ou y’a-t-il toujours une route ?

C’était une envie, un besoin de parcourir ce bout de route acoustique pour revenir à la case départ. Ma vie est ici, c’est sûr, j’en suis convaincu après avoir beaucoup voyagé. Mais, toutefois, y’aura toujours une route. Celle du partage avec ma fille pour lui faire découvrir le monde, aux Maldives, sur l’Île de Pâques, faire un safari au Kenya. Avant, je voulais voir des choses, aujourd’hui je veux montrer la vie à ma fille.
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MessageSujet: Re: NICOLAS PEYRAC AGREABLE RETOUR   Mar 3 Mar - 10:50

.../... avis de Dominique Pavarrano

***À MON AVIS...
Nouvel album Case départ, un retour aux sources comme au matin d’un nouveau départ...
À un âge où le libre tracé de sa vie ne s’écrit qu’à la seule pointe du plaisir de voir les yeux de sa fille adoptive, Nicolas Peyrac fait un double retour : en France, d’abord, dans sa maison d’enfance en Bretagne, après avoir fait tant de chansons qui, en pernicieux contrepoint, ne cesseront de sous-tendre que sa course effrénée des voyages n’était qu’illusion et fuite en avant.
Mais, un retour musical surtout, avec un nouvel opus plus acoustique, dans la veine épurée de So Far away from LA. Un florilège de chansons finement troussées. Le disque d’un homme au cœur tendre qui lui ressemble car Nicolas Peyrac a suffisamment d’années de métier et de voyages au compteur pour être en accord avec lui-même, ne plus rien avoir à prouver et aller là où son cœur le porte.
“Je me suis enfin trouvé”, aime t-il à dire. Et, là, où son cœur l’a toujours porté, c’est l’écriture. Chez lui, c’est une affaire de viscères. Car, il a une conception exigeante de la littérature (il a écrit trois romans) et de la musique.
Il tient cette dernière en respect, connaissant les statues du commandeur de la chanson coulées dans le bronze de la respectabilité. La musique, Nicolas Peyrac l’aime comme une intelligence tenue à cœur et à hauteur d’homme, évoluant au cœur d’une poésie où les mots s’habillent de profondeur et de fraternité.
Car, on l’oublie trop souvent : certaines de ses chansons sont des classiques de la chanson française. Seulement voilà, trop de ses œuvres ont été passées injustement sous silence, victimes des fusions, restructurations, changements d’équipes de l’industrie discographique et de l’impéritie de ses dirigeants issus d’école de commerce et de marketing, plus préoccupés à l’élevage en batterie de chanteurs formatés. Nicolas Peyrac est un grand artiste qui fait de la variété dans ce qu’elle a de plus noble, avec pour point d’orgue, l’album Vice Versa, trésor oublié, sorti en 2006, le plus abouti de sa carrière, sabordé une fois encore, par sa maison de disques.
Nicolas Peyrac fait partie de ces rares artistes dont l’art sait marier poésie et politique face au concerto déconcertant et panélisé dont on nous rabat les oreilles à longueur d’ondes et à la normalisation érigée en toute-puissante... Un alter humaniste, dénonciateur des errements de notre monde, s’identifiant à la chanson populaire française humaniste et tolérante, pour lui rendre la palpitation de la vie.
Ne l’encageons pas à quelques tubes (So far away from L.A., Et mon père ou Je pars,) taillés pour surfer ad vitam aeternam sur les ondes de Radio Nostalgie. Car, son œuvre est aussi un superbe déroulé de tableautins, habillés des sonorités d’un beau tissu mélodique, une ribambelle de chansons glanées sur les sentiers de traverse d’un solitaire itinéraire, à l’instar de Ceux qui nous aiment, Maintenant, J’avance, Les vocalises de Brel, Sébastien, Il y aurait du soleil, Mais comment t’appelles-tu ? mais aussi et surtout Taos, Mississippi Rivers, Il neige sur Madrid, Quand elle dort ou From Argentina to South Africa, et les plus récentes, Ne me parlez pas de couleurs, Pouquoi pas. De la chanson humaniste à fleur de chair qui ausculte les palpitations contemporaines et les bleus universels.
Son nouvel album Case Départ comporte suffisamment de sève pour figurer parmi l’un des nouveaux temps forts de sa carrière. Un opus à la tendresse sincère, avec toujours cette voix de soie, donnant chair à une musique personnelle.
Bref, Nicolas Peyrac a inventé une façon à la fois légère et viscérale d’éprouver les beautés et les poids de la vie et de l’amour, cherchant des fleurs sous les piquants, des espérances sous le cynisme d’un monde souvent intolérant et inhumain. Sa musique parle au cœur, celle du cliquetis des horloges intimes. C’est toute une vie d’homme qui bat dans ces chansons pour mieux se jouer de la laideur du monde.
Ce nouvel album est comme un résumé des courants personnels qu’il a traversés, suivis ou remontés depuis ses débuts, jusqu’à ce retour aujourd’hui aux guitares du départ et dans cette maison bretonne qui l’a vu naître.
Un retour aux sources qui n’a jamais autant nourri son flot. On le croit de retour, peut-être n’est-il qu’au matin d’un nouveau départ ? ***


En concert à L’Alhambra le 5 juin.
Où ? 21 rue Yves Toudic, Paris 10e. M° République.
Réservation : 01 40 20 40 25, points de vente habituels et sur www.alhambra-paris.com
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NICOLAS PEYRAC AGREABLE RETOUR
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